LES DROITS DES PERSONNES EN SITUATION DE HANDICAP
Aurore BOUSQUET : Juriste-consultante-formatrice / Droit de la santé-de l'action (médico-)sociale
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Objectifs de la formation
- Maîtriser le cadre juridique du droit du handicap issu de la loi du 11 février 2005 et ses évolutions
Identifier les droits fondamentaux
Reconnaître et appliquer les principes d'égalité, de non-discrimination et d'inclusion dans votre pratique quotidienne.
Comprendre les lois et réglementations nationales et internationales qui garantissent les droits des personnes en situation de handicap.
- Optimiser l'accompagnement
Connaître les voies de recours
Mieux connaître son rôle ainsi que ceux des différents interlocuteurs des personnes accompagnées Nourrir sa réflexion éthique et analyser ses pratiques au regard du droit des personnes en situation de handicap
Informer et orienter efficacement les personnes vers les mécanismes de protection et de défense de leurs droits en cas de besoin.
Développer des stratégies d'accompagnement adaptées, favorisant l'autonomie et la participation sociale des personnes.
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Pourquoi ?
Comment ?
II-MOBILISONS LES RESSOURCES FONDER,INDIVIDUELLEMENT ET COLLECTIVEMENT, SA PRATIQUE PROFESSIONNELLE SUR LES PRINCIPES JURIDIQUES
- Mobiliser les normes juridiques pour favoriser la qualité de l'accompagnement, des personnes en situation de handicap
NOURRIR ,INDIVIDUELLEMENT ET COLLECTIVEMENT, SA PRATIQUE PROFESSIONNELLE DES PRINCIPES ETHIQUES
- Partager une vision commune de l'éthique de l'accompagnement des personnes en situation de handicap
- Mobiliser les principes éthiques pour favoriser la qualité de l'accompagnement, des PSH
Programme sommaire de la formation
I-PARTONS SUR LES MEMES BASES FAIRE CULTURE JURIDIQUE COMMUNE
- S'initier au droit pour comprendre les droits des personnes en situation de handicap
- Maîtriser le cadre juridique du droit du handicap issu de la loi du 11 février 2005 et ses évolutions: notion de handicap, textes et droits fondamentaux
FAIRE CULTURE ETHIQUE COMMUNE
- Partager une notion commune de l'éthique
- Identifier les principes éthiques applicables à l'accompagnement des personnes (en situation de handicap)
Quoi ?
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Avant de démarrer notre formation…
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I- LA NOTION DE HANDICAP
- Une notion évolutive à la recherche d'une définition commune (OMS 2001) précisée en 2007 par la CIDPH
- Une notion réceptionnée en droit français par la loi du 11 février 2005
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Une notion évolutive à la recherche d'une définition commune
-1980- La classification internationale de handicaps (CIH) de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS)
-2001- La révision : la classification internationale du Fonctionnement, du handicap et de la santé (CIF)
Invalidation résultat d'une interaction entre les possibilités d'un individu et son environnement. Rencontre entre une déficience, une situation de la vie courante, et les incompatibilités que cela implique du fait d'unenvironnement inadapté.
Selon l'OMS: terme générique qui englobe les déficiences (problèmes dans les fonctions ou structures corporelles), les limitations d'activités (difficultés à réaliser une tâche) et les restrictions de participation (problèmes rencontrés dans l'implication dans des situations de vie).
Déficience
Fonction organique
- Anomalie, altération structurelle ou fonctionnelle
- Fonctionnement corporel (fonction mentale, sensorielle,,digestive)
Structure anatomique
Incapacité
- Structure du système nerveux, structure liée au mouvement...)
- Réduction, restriction partielle ou
totale d’une capacité
Facteurs environnementaux
- Produit et système technique, soutien et relation qui relie aux facteurs extérieurs potentiellement handicapants.
Désavantage
- Handicap à proprement parler
:impact social, scolaire, professionnel de la déficience et/ou de l’incapacité (d’orientation, d’autonomie, de mobilité …)
L'activité et la participation
- Activité de communication, de mobilité qui identifie les fonctionnements concernés.
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Une notion réceptionnée en droit français par la loi du 11 février 2005
« Constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d'activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d'une altération substantielle, durable ou définitive d'une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d'un polyhandicap ou d'un trouble de santé invalidant. » article L. 114 CASF issu de l'article 2 de la loi de 2005
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Une définition précisée par la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées (CIDPH) de 2007
« Par personnes handicapées, on entend des personnes qui présentent des incapacités physiques, mentales, intellectuelles ou sensorielles durables dont l’interaction avec certaines barrières peut faire obstacle à leur pleine et efficace participation à la société sur la base de l’égalité avec les autres »
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II- LA STRUCTURATION D'UN "DROIT DU HANDICAP"
- Des droits affirmés historiquement à l'international
- Un droit articulé autour de la hiérarchie des normes
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Des droits affirmés historiquement à l'international
- De l'émergence des droits de l'Homme...
- … à l'affirmation des droits de la personne en situation de handicap
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De l'émergence des droits de l'Homme en passant par le droit des personnes ...
Charité (réponse religieuse)
Solidarité nationale (réponse politique)
Avant le handicap, la personne
1947 : "Code" de Nuremberg : information, autonomie, consentement, indemnisation des risques sanitaires
27 octobre 1946 : Constitution de la IVe République : droit constitutionnel à la santé
Loi du 29 juillet 1994 relative au respectdu corps humain et destinée à l’encadrement des pratiques biomédicales : Article 16 du Code civil
1789 : Déclaration des droits de l'homme et du citoyen
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… à l'affirmation des droits de la personne en situation de handicap
L’international précurseur des combats pour l’empowerment
Une affirmation toujours en dialogue avec l'international
1975 : ONU Déclaration sur les droits des personnes handicapées
1980 OMS : Classification internationale des handicaps (Modèle Docteur P.Wood)
1986 OMS Charte d’Ottawa: promotion de la santé publique
1991 : ONU Principes pour la protection
1994 : ONU Règlementpour l’égalité des chances
2002 : rapport Charzat ...
1989 Colloque international Nîmes
ONU 1981 : Programme d’action concernant les personnes handicapées
2001 : Convention internationale +Classification Internationale du handicap (eev en 2008)
1993 : Guide barème pour l’évaluation des déficiences et incapacités des PsH Reconnaissance du handicap psychique
Loi du 30 juin 1975 relative aux institutions sociales et médico-sociales : 1ère reconnaissance française
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Pour débloquer la pause : une mission ! Parmi les outils proposés, mettez-vous d’accord, pour sélectionner les outils les plus pertinents pour respecter les droits des personnes en situation de handicap ! Vous voulez corser l’expérience ? Activons le chronomètre !
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E M P A T H I E
P A T I E N C E
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Un droit articulé autour de la hiérarchie des normes
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Les droits des personnes en situation de handicap, au coeur, de la norme juridique
- Constitution actuelle Ve République 1958
- Préambule de la Constitution de 1946 ;
- Charte de l’environnement de 2004.
« Bloc de CONSTITUTIONNALITE »
- Accords et traités internationaux ex : Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme
- Droit européen.
Que faire ?
« Bloc de CONVENTIONNALITE »
- Loi du 2 janvier 2002
- Loi du 11 février 2005
- Loi du 5 mars 2007
« Bloc de LEGALITE»
JURISPRUDENCE:
ensemble des décisions de justice rendues par une juridiction suprême, dans le même sens.
Ex : décrets d'application loi 2005, Charte de la personne accompagnée ...
« Bloc REGLEMENTAIRE»
Comment faire ?
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Les droits des personnes en situation de handicap, au-delà, de la norme juridique
« Bloc de CONSTITUTIONNALITE »
« Bloc de CONVENTIONNALITE »
« Bloc de LEGALITE»
JURISPRUDENCE
« Bloc REGLEMENTAIRE»
« DROIT SOUPLE » Pouvoir d’influence Documents qualité : procédure, protocole, recommandations de bonnes pratiques professionnelles HAS …
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III-L'AUTONOMISATION D'UN "DROIT DU HANDICAP"
- Un droit du handicap ancré dans les normes internationales
- Un droit du handicap consacré dans les normes nationales
Un droit du handicap ancré dans les normes internationales
- Zoom : La charte sociale européenne (1996) et la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (2000)
- Focus : La convention internationale relative aux droits des personnes handicapées (CIDPH) du 30 mars 2007
Zoom : La charte sociale européenne (1996)
Les Parties doivent :
Prendre toutes mesures nécessairespour fournir auxpersonnes handicapées une orientation, une éducation et uneformation professionnelles « de droit commun » en priorité. Siimpossible : adaptées.
Favoriser leur accès à l’emploi en « milieu ordinaire ». Si impossible : emplois protégés
Prendre toute mesures y compris des aides techniquespour surmonter les obstacles liés à l’accès aux moyens decommunication, logement, loisirs, vie sociale
Zoom : La charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (2000)
Un engagement réaffirmé avec la déclaration de 2025
Interdiction des discriminations (art. 21)
Intégration des personnes handicapées (art. 26) :
•« L’Union reconnaît et respecte le droit des personnes handicapées à bénéficier de mesures visant à assurer leur autonomie, leur intégration sociale et professionnelle et leur participation à la vie de la communauté"
Focus : La convention internationale relative aux droits des personnes handicapées (CIDPH) adoptée par l'ONU de 2007
Reconnaissance internationale des droits des personnes en situation de handicap
Définition interactive du handicap
Principe général de non-discrimination
•Le refus d’aménagement raisonnable en est une
Principe général d’accessibilité
Comité des droits des personnes handicapées chargé de surveiller l'application de la convention par les Etats
Zoom : La convention internationale relative aux droits des personnes handicapées (CIDPH) expliquée aux personnes en situation de handicap
« La Convention ONU expliquée aux personnes handicapées » –
Un droit du handicap consacré dans les normes nationales
- Focus : Les acteurs institutionnels des politiques du handicap
- Focus : La tentative d'exhaustivité de la loi du 11 février 2005
Une définition française et juridique du handicap partagée et l'obligation de solidarité collective consacrée Les mécanismes visant à compenser la situation de handicap : l'essentiel droit à compensation et son corolaire indispensable : le droit au parcours de vie Les mécanismes visant à inclure la PSH à la société : l'égal accès à l'instruction, à l'emploi ou au travail et aux soins Les mécanismes visant à adapter la société aux situations de handicap : l’accessibilité des lieux, des transports et l'accessibilité numérique
Zoom : Les principaux acteurs institutionnels autour des personnes en situation de handicap
Conseils Départementaux
Maison départementales des personnes handicapées (MDPH)
Pilotes des politiques d'autonomie et de solidarité, ils financent et contrôlent doe nombreux établissements et services pour les personnes âgées et handicapées.
Guichet unique pour toutes les demandes relatives au handicap, évaluation des besoins et attribution des aides et prestations.
Défenseur des droits
Agence régionale de santé (ARS)
Haute autorité de santé (HAS)
Autorité administrative indépendante.Veille au respect des libertés et des droits des citoyens notamment par l'action contre les discriminations
Régule l'offre de soins et médico-sociale, finance les établissements et services de santé et élabore les politiques de santé régionales.
Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA)
Associations Représentatives
Établissements et Services
Actrices clés de la défense des droits, de l'information, de l'accompagnement et du soutien des personnes handicapées et de leurs familles.
Structures d'accueil, d'hébergement, de travail ou de soins spécialisés (Foyers de Vie, ESAT, FAM, MAS...) offrant un accompagnement direct.
Confcap droits
Démarche scientifique et citoyenne
Zoom : La Haute autorité de santé et la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie et la question du handicap
La tentative d'exhaustivité de la loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées
Une loi indissociable de la loi de 2002 rénovant l'action sociale et médico-sociale
Les 5 piliers de la loi de 2002 :
- Affirmer et promouvoir les droits des usagers
- Diversifier les missions et les offres en adaptant les structures aux besoins
- Améliorer le pilotage des dispositifs handicap : articulation, planification, programmation, allocation de ressources, évaluation.
- Instaurer une coordination entre les différents acteurs
- Fonder les outils de la relation usager- établissement (livret d'accueil; charte des droits et libertés de la personne accueillie; contrat de séjour conclu entre l'usager et l'établissement; personne qualifiée; conseil de la vie sociale; règlement de fonctionnement; projet d'établissement ou de service).
L'obligation de solidarité collective consacrée
« Toute personne handicapée a droit à la solidarité de l'ensemble de la collectivité nationale, qui lui garantit, en vertu de cette obligation, l'accès aux droits fondamentaux reconnus à tous lescitoyens ainsi que le plein exercice de sa citoyenneté. L'Etat est garant de l'égalité de traitement des personneshandicapées sur l’ensemble du territoire et définit des objectifs pluriannuels d'actions. » Art. L. 114-1 du CASF issu de la loi de 2005
Les mécanismes visant à compenser la situation de handicap
Focus : L'essentiel droit à compenser sa situation de handicap
« La personne handicapée a droit à la compensation des conséquences de son handicap quels que soient l'origine et la nature de sa déficience, son âge ou son mode de vie. Cette compensation consiste à répondre à ses besoins, qu'il s'agisse de l'accueil de la petite enfance, de la scolarité, de l'enseignement, de l'éducation, de l'insertion professionnelle, des aménagements du domicile ou du cadre de travail nécessaires au plein exercice de sa citoyenneté et de sa capacité d'autonomie, du développement ou de l'aménagement de l'offre de service, permettant notamment à l'entourage de la personne handicapée de bénéficier de temps de répit, du développement de groupes d'entraide mutuelle ou de places en établissements spécialisés, des aides de toute nature à la personne ou aux institutions pour vivre en milieu ordinaire ou adapté, ou encore en matière d'accès aux procédures et aux institutions spécifiques au handicap ou aux moyens et prestations accompagnant la mise en œuvre d’une mesure de protection juridique. Ces réponses adaptées prennent en compte l'accueil et l'accompagnement nécessaires aux personnes handicapées qui ne peuvent exprimer seules leurs besoins. » Art. L. 114-1 du CASF issu de la loi de 2005
Zoom : Un droit cristallisé dans la mission des maisons départementales des personnes en situation de handicap (MDPH)
P.C.H
R.Q.T.H
A.A.H
Usager
M.D.P.H
Service d’accompagne -ment médico- social 9
Zoom: Un droit rendu effectif par l'accès aux droits et prestations sociales
PCH
AAH
APA
MVA
Pension d'invalidité
Toute l'actu des aides et prestations ouvertes aux personnes en situation de handicap
A vos quiz !
Zoom : L'allocation adulte handicapé (AAH)
- pour couvrir les dépenses de la vie quotidienne
- Durée d’instruction de la demande : 4 mois
Décret n° 2003-576 du 27 juin 2003 Guide-barème pour l’évaluation des déficiences et incapacités : 8 catégories
en milieu ordinaire
fonction du nombre d'enfant(s) à charge
Zoom : La prestation de compensation du handicap
Art. L. 245-1 et s. CASF
difficultés « absolues » ou « graves » pour la réalisation d’activités du quotidien (évaluées en fonction du référentiel pour l’accès à la PCH)
La pension d’invalidité
Montant : Fixé selon :
- salaire de référence de la personne
- catégorie d’invalidité
Conditions d’attribution :
- Age : Moins de 62 ans
- Médicale : Capacité de travail réduite (au moins des 2/3)
- Administrative : être immatriculé à la
Sécurité sociale
- Cumul partiel avec l’AAH
Acteur : Attribuée par la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) sur décision du médecin-conseil
Recours : saisine de la commission de recours amiable de la CPAM
Majoration pour la vie autonome (MVA)
- 104,77 €/mois
- Conditions :
- Bénéficier de l’AAH (ou de l’ASI)
- Avoir un taux d’incapacité permanente d’au moins 80 %
- Vivre dans un logement indépendant
- Percevoir une aide au logement
Allocation personnalisée d’autonomie (APA)
Article L. 232-3 et s. CASF
L’APA peut prendre 2 formes:
- APA à domicile
- APA en établissement
Conditions d'attribution :
- Age : Plus de 60 ans
- Être en perte d’autonomie (attestée par la grille AGGIR)
( Pas de conditions de revenus bien que le montant pris en charge par el plan d'aide en dépende).
- L’APA ne se cumule pas avec la PCH
Focus : Le droit à la compensation positivé par la logique du parcours de vie
Le plan personnalisé de compensation (PPC : Article R146-29 CASF) et la formulation de son projet de vie par la personne en situation de handicap : des outils puissants
A compter des lois de 2002, la personne en situation de handicap replacée au cœur des dispositifs de compensation
Les mécanismes visant à inclure les personnes en situation de handicap à la société
- L'égal accès à l'instruction
- L'accès à l'emploi ou au travail
- L'accès aux soins
L'égal accès à l'instruction : éducation inclusive et formation tout au long de la vie
L’égal accès à l’instruction constitue une liberté fondamentale (Conseil d'Etat, 27 novembre 2013)
Elle doit être garanti à toutes les personnes en situation de handicap, tout au long de leur parcours de vie. Cela implique une orientation, prise sur la base du projet personnalisé de scolarisation élaboré par la MPDH :
- en milieu ordinaire (à titre individuel ou collective (ULIS)) ou en établissement médico-social: institut médico-éducatif (IME) lorsque le handicap est à prédominance
intellectuelle ou en institut d’éducation motrice lorsqu'il est moteur ou en instituts thérapeutiques, éducatifs et pédagogiques (ITEP) en cas de troubles graves du comportement ou en institut d’éducation sensorielle (IES) lorsque le handicap est visuel ou auditif ou en EPEAP en cas de polyhandicap
- à domicile : scolarisation à distance.
Droit à l'éducation inclusive :Article L. 112-1 du Code de l’éducation
Parcours de formation personnalisés
Pour tout individu, droit d'accéder à un enseignement adapté et inclusif, de la petite enfance à l'âge adulte, favorisant son épanouissement et son autonomie.
Mise en place de programmes et de méthodes pédagogiques sur mesure pour répondre aux besoins spécifiques de chaque apprenant, incluant l'utilisation d'outils et de supports adaptés.
Apprentissage en foyer de vie
Partenariats éducatifs renforcés
Développement d'activités éducatives et formatives au sein même des foyers de vie, permettant aux résidents d'acquérir de nouvelles compétences et de maintenir leurs acquis dans un environnement familier.
Collaboration étroite avec les institutions éducatives, les centres de formation spécialisés et les entreprises pour créer des opportunités d'apprentissage et d'insertion professionnelle concrètes.
Une obligation de résultat de l’Etat (arrêt Laruelle, CE 8 avril 2009) Une vigilance forte de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) sans substituer son appréciation à celle des professionnels de santé dès lors qu’une proposition sérieuse visant à garantir le droit à l’éducation de l’enfant a été proposée.
L'accent est mis sur l'éducation spécialisée et la formation continue, essentielles pour une pleine participation sociale et professionnelle.
L'accès à l'emploi et au travail
L'évolution des ESAT Conditions d’accueil (art. R. 243-1 CASF)
- Avoir une capacité de travail inférieure d’1/3 de celle d’unepersonne valide ou supérieure mais avec des besoins spécifiques
Passerelles vers le milieu ordinaire :
- Possibilité d’être mis à disposition d’une entreprise en milieu ordinaire (art. L. 344-2-4 CASF) => signature d’une convention d’appui
- Possibilité de cumuler un temps partiel en milieu ordinaire tout en
- conservant l’accompagnement par l’ESAT d’accueil
- Droit au retour en cas de rupture du contrat de travail avec l’entreprise en milieu ordinaire
Faciliter l'accès à l'emploi est crucial pour l'autonomie et l'inclusion sociale des personnes en situation de handicap. Explorer les différentes voies est essentiel pour une intégration réussie et épanouissante dans le monde du travail.
ESAT (Établissements et Services d'Aide par le Travail)
Milieu Ordinaire avec Accompagnement
Entreprises Adaptées (EA)
Ces structures médico-sociales offrent une activité professionnelle adaptée et un soutien médico-social et éducatif, pour les personnes dont les capacités de travail ne permettent pas l'accès au milieu ordinaire.
Des entreprises du milieu ordinaire dont la mission est d'employer majoritairement des travailleurs handicapés (au moins 55% de leur effectif de production), favorisant leur insertion professionnelle durable.
L'intégration directe en entreprise classique, soutenue par des dispositifs comme Cap Emploi ou SAMETH qui aident à l'adaptation du poste et des missions, pour une inclusion pleine et entière.
Le foyer de vie joue un rôle central dans cette démarche en proposant des ateliers pré-professionnels, en développant des partenariats avec les structures d'insertion et en accompagnant les résidents dans la construction de leur projet professionnel individualisé.
L'obligation d’emploi des personnes handicapées (OETH) et l'obligation de réaliser des aménagements raisonnables
L'obligation de réaliser des aménagements raisonnables (article L. 5213-6 du code du travail) Champ d’application : TRQTH, AT/MP, titulaires d’une pension d’invalidité, titulaire de l’AAH… Durant l’ensemble du parcours professionnel de la personne … sousréserve que les consécutives à l’aménagement raisonnablene soient pas « disproportionnées » compte tenu :
- de la taille et des ressources financières de l’entreprise
- du coût financier des aménagements,
- des aides sollicitées par l’employeur
- de l’impact de l’aménagement sur l’organisation de l
- ’entreprise
En pratique, cette obligation demeure méconnue, floue et peu respectée.
L'obligation d’emploi des personnes handicapées (OETH)
- Principe « La mobilisation en faveur de l’emploi des TH concerne tous les employeurs » (art. L. 5212-1 CT)
- En réalité :
-l’obligation d’emploi ne concerne que les employeurs qui franchissent le seuil de 20 salariés pendant 12 mois depuis 5 ans
- Cette obligation d’emploi peut être mise en œuvre selon 3 modalités :
- Emploi direct des intéressés (6 % des effectifs)
- Conclusion d’un « accord collectif agréé »
- S’acquitter d’une cotisation versée au Fonds de développement pour l’insertion
professionnelle des personnes handicapées
- En revanche, obligation déclarative pour tous les employeurs issue de la loi PACTE de 2019
Zoom: L'accès aux soins
L'accès aux soins est un droit fondamental pour toute personne, y compris celles en situation de handicap.
Droits fondamentaux aux soins
Toute personne en situation de handicap a le droit d'accéder à l'ensemble des services de santé nécessaires à son état. Cela inclut la prévention, le diagnostic, les traitements curatifs et palliatifs, sans aucune discrimination. Les professionnels doivent s'assurer que ces droits sont pleinement respectés.
Parcours de soins coordonnés
Il est crucial de mettre en place un parcours de soins individualisé et coordonné. Ce parcours doit assurer la continuité entre les différents intervenants (médecins traitants, spécialistes, paramédicaux) et les structures de soins, afin de garantir une prise en charge globale et cohérente des besoins de la personne.
Consentement éclairé et information
Le consentement libre et éclairé de la personne est indispensable avant tout acte médical. L'information doit être délivrée de manière claire, loyale et adaptée à ses capacités de compréhension. Si la personne n'est pas en mesure de donner son consentement, ses représentants légaux (tutelle, curatelle) ou la personne de confiance désignée doivent être consultés.
Le rôle central des foyers de vie
Accompagnement médical quotidien : accès régulier aux médecins généralistes et spécialistes, suivi des traitements, gestion des rendez-vous et coordination avec les équipes soignantes externes, pour garantir le bien-être et la santé des résidents, conformément au code de l'action sociale.
Enjeux et défis :
- Communication adaptée: Nécessité d'utiliser des outils et méthodes de communication (pictogrammes, supports visuels, langage simplifié) pour s'assurer que l'information est comprise par la personne.
- Représentation légale: Rôle essentiel des tuteurs, curateurs ou personnes de confiance dans les décisions médicales, en veillant à défendre au mieux les intérêts et la volonté présumée de la personne.
Zoom : le droit fondamental à la santé ancré dans la loi du 4 mars 2002 sur les droits des usagers
INFORMATION
CONSENTEMENT
Droit à la santé
Accès au dossier médical
Participation/association
Responsabilité
Non-discrimination
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Zoom: Professionnels et aidants : les alliés de la prise en soin
La possibilité de désigner un aidant formé
La formation : droit et obligation
« Une personne durablement empêchée, du fait de limitations fonctionnelles des membres supérieurs en lien avec un handicap physique, d'accomplir elle même des gestes liés à des soins prescrits par un médecin, peut désigner, pour favoriser son autonomie, un aidant naturel ou de son choix pour les réaliser. La personne handicapée et les personnes désignées reçoivent préalablement, de la part d'un professionnel de santé, une éducation et un apprentissage adaptés leur permettant d'acquérir les connaissances et la capacité nécessaires à la pratique de chacun des gestes pour lapersonne handicapée concernée. Lorsqu'il s'agit de gestes liés à des soins infirmiers, cette éducation et cet apprentissage sont dispensés par un médecin ou un infirmier. » (article L. 1111-6-1 du CSP créé par la loi de 2005)
« Les professionnels de santé et du secteur médico-social reçoivent, au cours de leur formation initiale et continue, une formation spécifique concernant l'évolution des connaissances relatives aux pathologies à l'origine des handicaps et les innovations thérapeutiques,technologiques, pédagogiques, éducatives et sociales les concernant, l'accueil et l'accompagnement des personnes handicapées, ainsi que l'annonce du handicap. » (Article L. 1110-1-1 du code de la santé publique CSP créé par la loi de 2005)
Les mécanismes visant à adapter la société aux situations de handicap
- L’accessibilité des lieux : des établissements recevant du du public au logement privatif
- L'accessibilité des transports
- L'accessibilité numérique
Zoom : La loi de 2005 : objectif accessibilité des lieux, transports et outils numériques.
Le bilan mitigé de la loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées
La loi de 2005 en synthèse
IV- L'EMANCIPATION DU "DROIT DU HANDICAP" PAR LES DROITS DE L'HOMME ET LIBERTES FONDAMENTALES
- Les constellations du "droit du handicap" : des droits et libertés en réponse aux multiples statuts et besoins de la personne en situation de handicap
- Focus : la capacité et la protection juridique des personnes en situation de handicap
- Zoom d'actualité : le droit de vote des personnes en situation de handicap
- Focus: le respect de la vie affective et sexuelle
Les droits des personnes en situation de handicap : à vous de jouer !
Des droits et libertés en réponse aux multiples statuts et besoins de la personne en situation de handicap
Logement
PATIENT
Formation
Emploi
Habiletés relationnelles
CITOYEN
Accès aux droits
Vie affective et sexuelle
USAGER/ BENEFICIAIRE
PERSONNE
Suivi thérapeutique
EN SITUATION DE HANDICAP
Les constellations du" droit du handicap"
Tous en fonction d’advocacy
Répit des aidants
Citoyenneté
Protection sociale-Prestations et minimaux sociaux
Accessibilité
Consentement libre et éclairé
Protection de la vulnérabilité/dignité
Vie privée, familiale
Information
Un droit, aux multiples sources, toujours convergent dans ses objectifs
Les 3 piliers d'un "droit du handicap"
Accessibilité
Participation
Non-discrimination
Focus : « Des incapables aux personnes vulnérables*»
Depuis 2007 : Tous capables ! Une vision partagée de la mesure de protection juridique Dialogue des juges nationaux et européens et convergence des législations nationales et européennes
Décision juridique, de représentation légale ou d’ assistance, ordonnée par un juge dans l’intérêt d’une personne souffrant d’une altération attestée de ses facultés personnelles qui crée une situation de vulnérabilité.
Certains épisodes de la vie (maladie, handicap, accident) peuvent altérer nos facultés et nous rendre difficilement capable de protéger nos intérêts. Pour atténuer les conséquences de cette vulnérabilité, il est possible de décider, en association avec un juge et un médecin, qu’une mesure de protection serait bénéfique. Elle permet à une autre personne d’aider la personne en situation de vulnérabilité à se protéger. Il peut s’agir d’un membre de la famille ou d’un tiers professionnel : un mandataire judiciaire à la protection des majeurs protégés.
Au sens du Code civil, titulaire de droits et devoirs. Investie de la capacité juridique
- Historiquement, le placement sous mesure de protection juridique faisait entrer la personne dans un régime d’incapacité juridique. La philosophie de l’instrument juridique et le vocabulaire juridique ont évolué en droit international comme en droit interne : protéger en respectant liberté, dignité, autonomie.*
- Aujourd’hui, depuis la loi du 5 mars 2007, chaque personne est présumée capable (article 414 du Code civil issu de la loi du 5 mars 2007)
- Convention de La Haye du 13 janvier 2000 sur la protection internationale des adultes entrée en vigueur en France le 1er janvier 2009
- Code civil- Loi n° 2007-308 du 5 mars 2007 portant réforme de la protection juridique des majeurs
- Code pénal
Au sens du droit international repris en droit interne : Altération ou insuffisance des facultés personnelles de laquelle découle une impossibilité de pourvoir seuls à ses intérêts (personnels ou patrimoniaux).
* HAUSER, Des incapables aux personnes vulnérables, Dr. fam. 2007. Étude 14.
Un panel de mesures de protection juridique guidé par trois principes cardinaux : nécessité, subsidiarité, proportionnalité
Mesure de représentation légale destinée à protéger une personne majeure et/ou tout ou partie de son patrimoine si elle n'est plus en état de pourvoir seule à ses intérêts, par la représentation d'un tuteur dans les actes de la vie civile.
TUTELLE - renforcée - simple
Devoirs du responsable de la mesure juridique Il s’engage à une bonne gestion, sans quoi, sa responsabilité peut être recherchée
En un coup d’œil :
- Mesures de protection juridique d’intensité croissante (article 440 du Code civil).
- Une capacité décisionnelle conservée : la loi présume que tout adulte est capable et apte juridiquement à prendre des décisions.
On appelle cela une présomption de capacité (article 414 du Code civil et Loi du 5 mars 2007).
Mandat de protection future
Créé par décret d’application de la loi de 2007 no 2008-1276 du 5 décembre 2008 : articles 477 à 494 et 1984 à 2010 du Code civil + articles 1258 à 1260 du code de procédure civile
Article 440 du Code civil
Mesure d’assistance destinée à protéger une personne majeure et/ou tout ou partie de son patrimoine, si elle n'est plus en état de veiller sur ses propres intérêts, grâce à l'assistance d'un curateur « dans les actes importants de la vie civile ».
Acte juridique par lequel la personne préoccupée par sa vulnérabilité potentielle ou bien les parents d’une personne vulnérable choisissent une personne de confiance pour la représenter si il ne peut plus pourvoir seul à ses intérêts en raison d'une altération de ses facultés ou du décès de ses parents. .
CURATELLE - renforcée - simple
Article 440 du Code civil
Durée de validité : jusqu'à révocation, décès, rétablissement
Mesure de protection juridique temporaire, décidée pour le cours de l’instance, destinée à protéger une personne majeure et/ou tout ou partie de son patrimoine si elle n'a plus la capacité de le faire seule et qu'aucun moyen moins contraignant ne suffit à défendre ses intérêts.
3 principes fondamentaux :
- La NÉCESSITÉ
- La SUBSIDIARITÉ
- La PROPORTIONNALITÉ
Durée maximale 5 ans, renouvelable 5 ans (articles 441 et 442 du Code civil) excepté l’habilitation familiale et le mandat de protection future.
SAUVEGARDE DE JUSTICE
Article 433 du Code civil
Habilitation familiale
Mesure de représentation légale qui permet à un membre ou plusieurs de la famille d’assurer la représentation d’un proche dans certains ou tous les actes de leur vie. Fixée pour une durée de 10 ans elle et peut être renouvelée après présentation d’un certificat médical circonstancié.
Articles 494-1 à 494-12 du Code civil issus de l’ordonnance n°2015-1288 du 15 octobre 2015 et loi n° 2015-177 du 16 février 2015
Durée de validité : 10 ans
Aurore Bousquet_Juriste consultante et formatrice_Tous droits réservés
Zoom: en l'absence de nécessité point de mesure de protection : mainlevée et non-lieu
Une juridiction doit ordonner la mainlevée d’une curatelle renforcée si elle constate à la fois l'absence d'altération des facultés mentales du majeur protégé et de nécessité d’être assistée ou contrôlée de manière continue dans les actes importants de la vie civile. Dans cette affaire, la cour d’appel de Bordeaux avait, par un arrêt du 23 mai 2013, confirmé un jugement de première instance rejetant la demande présentée par une personne placée sous curatelle renforcée tendant au prononcé de la mainlevée de la mesure de protection. Pour en justifier, les juges d’appel avait retenu, tout d’abord, que la demanderesse devait rapporter la preuve d’une évolution notable de sa situation, preuve qu’elle ne rapportait pas, ensuite, que le certificat médical produit, qui était succinct et n’émanait pas d’un médecin inscrit, faisait part de la compatibilité de l’état de santé de la personne protégée avec la mainlevée de la curatelle et, enfin, que le rapport du curateur était assez « sombre », faisant état de dettes, de l’opposition au dialogue du compagnon de la personne protégée, du refus de celui-ci d’indiquer le montant de ses ressources, mais aussi de la signature d’un bail sans l’accord du curateur.
Cour de cassation, 1ere chambre civile,15 avril 2015, F-P+B, n° 14-16.666
En application des articles 425, alinéa 1er, et 440, alinéa 1er, du code civil, l'ouverture d'une mesure de curatelle exige la constatation par les juges du fond, d'une part, de l'altération, médicalement constatée, soit des facultés mentales de l'intéressé, soit de l'altération de ses facultés corporelles de nature à empêcher l'expression de sa volonté, et, d'autre part, de la nécessité pour celui-ci d'être assisté ou contrôlé de manière continue dans les actes importants de la vie civile. Dès lors, viole ces textes une cour d'appel qui, fonde le maintien de la curatelle renforcée d'une personne en situation de handicap sur la nécessité qu'elle a d'utiliser un matériel informatique , installé par une tierce personne, pour communiquer.
Aurore Bousquet_Juriste consultante et formatrice_Tous droits réservés
Zoom d'actualité : le droit de vote des personnes en situation de handicap
CEDH, Alajos Kiss c. Hongrie 20 mai 2010
Un droit de vote devenu inconditionnel
Depuis une réforme du Code électoral portée par la loi n° 2019-222 du 23 mars 2019 de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice, (article 5 abrogeant l'article L. 5 du code électoral), les personnes sous mesure de protection juridique peuvent voter sans conditions. Or, les obstacles subsistent notamment par méconnaissance du droit.
Faits
•1991 : diagnostic troubles psychiatriques chez le requérant. •Mai 2005 : placé sous tutelle partielle en vertu du code civil. •Février 2006 : son nom ne figure pas sur les listes électorales établies en vue du scrutin législatif.•Avril 2006 : privé de participer au suffrage.
Procédure
•Plainte, en vain, auprès du bureau électoral. •Saisine du tribunal de district, débouté en mars 2006
Solution
•Violation de l’article 3 (droit à des élections libres) du Protocole n° 1 : Retrait systématique des droits de vote, sans évaluation judiciaire personnalisée et sur le seul fondement d’un handicap psychique nécessitant une tutelle partielle, est incompatible avec les motifs légitimes de restriction du droit de vote. •L’État doit avoir des raisons très solides pour appliquer une restriction des droits fondamentaux à un groupe particulièrement vulnérable de la société, tel celui des personnes atteintes de handicap psychique, lequel risque d’être l’objet de stéréotypes législatifs, sans une évaluation personnalisée de leurs capacités et besoins.
Cf aussi : Gajcsi c. Hongrie, arrêt du 23 septembre 2014 ; Harmati c. Hongrie, arrêt du 21octobre 2004. Strøbye et Rosenlind c. Danemark 2 février 2021
L'exercice du droit de vote soutenu par la Cour européenne des droits de l'homme
Le respect de la vie relationnelle, affective ou sexuelle des personnes en situation de handicap
Article L1411-6-4 CSP Version en vigueur depuis le 28 février 2025 Création LOI n°2025-199 du 28 février 2025 - art. 62 Les femmes en situation de handicap résidant dans un établissement mentionné aux 2°, 7° et 12° du I de l'article L. 312-1 du code de l'action sociale et des familles bénéficient de consultations longues de suivi gynécologique et en santé sexuelle. Les personnes handicapées résidant dans des établissements médico-sociaux mentionnés au premier alinéa du présent article bénéficient de séances d'éducation à la vie sexuelle et affective et de sensibilisation aux violences sexuelles et sexistes.
Un respect garanti par les juridictions internes et internationales
Cour administrative d'appel de Bordeaux, 6 novembre 2012, n°11BX01790
•Patient hospitalisé, sans son consentement, (au sein d'une unité d’un centre hospitalier spécialisé) a demandé à son directeur d'abroger les dispositions du règlement intérieur de cette unité qui interdisaient les relations sexuelles.
Faits et prétentions
•27 octobre 2008 : rejet du directeur • 11 mai 2011, Tribunal administratif de Bordeaux: rejet de la demande d'annulation de la décision administrative
Procédure
Un droit nouveau à l'éducation soutenu par le plan d'actions 2026-2027 pour la vie-intime, affective et sexuelle des PSH
Solution
•CAA annule décision (illégalité) et jugement :« l'ingérence dans l'exercice du droit d'une personne atteinte de troubles mentaux, hospitalisée sans son consentement, au respect de sa vie privée qui constitue une liberté individuelle et dont le respect de la vie sexuelle est une composante, par une autorité publique, ne peut être légale que si elle répond à des finalités légitimes et qu'elle est adéquate et proportionnée au regard de ses finalités » (…). Ici,« l'interdiction […] s'impose à tous les patients de l'unité, quelle que soit la pathologie dont ils souffrent, son degré de gravité et pendant toute la durée de leur hospitalisation, présente un caractère général et absolu ; une sujétion excessive / stipulations article 8 CEDH et dispositions CSP".
Focus : Le recours au Défenseur des droits
Article L.1110-3 du CSP : « Aucune personne ne peut faire l'objet de discriminations dans l'accès à la prévention ou aux soins. » Le Défenseur des droits a pour mission d’accompagner les victimes de discrimination dans leurs démarches. (ex. : un patient qui se voit refuser des soins par un professionnel ou un établissement de santé du fait de sa pathologie ou de son régime de protection sociale) Médiation avec les services publics : Le Défenseur des droits a pour mission de résoudre les litiges des usagers avec les autorités publiques. Il examine au cas par cas l’inadaptation de certains textes ou procédures, les excès de certains comportements Il propose des solutions sur mesure et des réformes de fond
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IV- LA PERFECTION DU DROIT DU HANDICAP PAR LES PRINCIPES ETHIQUES
- L’ÉTHIQUE : UN QUESTIONNEMENT UNIVERSEL
- L’ÉTHIQUE : UN PROCESSUS DE DÉLIBÉRATION COLLECTIVE
- Focus : La boussole éthique : dessiner un chemin parmi les tensions/ conflits de valeurs avec les principes éthiques pour points cardinaux
CAFÉ DU MONDE : ETHIQUE ET PRATIQUE d'ACCOMPAGNEMENT de la PERSONNE EN SITUATION de HANDICAP
- Quelle est votre définition de l'éthique ?
- Selon vous, quel(s) en est/sont les enjeu(x) en pratique d'accompagnement (des personnes en situation de handicap) ?
- Quelles ressources éthiques identifiez et/ou mobilisez-vous dans votre pratique ?
L’éthique : un questionnement universel
6 Morale (mos, mores), Mœurs, manière de conduire sa vie, règles de comportement (ethos)
L’éthique est une réflexion qui vise à déterminer le bien agir en tenant compte des contraintes relatives à des situations déterminées » (J. Nillès in « Le questionnement éthique dans les établissements et services, ANESM)
L’éthique est une attention
« le souci de soi, le souci de l’autre et le souci de l’institution » (P. Riceur) Tout ce qui est possible est-il souhaitable ? (H.Jonas)
L’éthique est une interrogation, une inquiétude, un « sursaut » devant les situations où la personne humaine est menacée dans sa dignité et celles où l’injustice bafoue la solidarité » (Pr François Blanchard)
L’éthique est une intention
« Visée d’une vie accomplie sous le signe des actions estimées bonnes, c’est-à-dire « le souhait d’une vie accomplie - avec et pour les autres -dans des institutions justes (P. Ricoeur)
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« L'éthique, c'est l'esthétique du dedans » (Pierre Reverdy)
L’éthique : un processus de délibération collective
L’éthique est une réflexion qui vise à déterminer le bien agir en tenant compte des contraintes relatives à des situations déterminées » J. Nillès in « Le questionnement éthique dans les établissements et services, ANESM)
… au profit d’une discussion collective
L’éthique permet une délibération…
Que voulons-nous faire ?
… pour aboutir à une décision collégiale
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L'éthique au carrefour… du droit … de la morale … et de la déontologie
Droit
Morale
Ethique
Déontologie
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Distinguer éthique, droit et morale :
Madame Bonheur, 58 ans, accompagnée en foyer de vie depuis 2 ans, refuse de s’alimenter.
Monsieur Gymnaste, accueilli en séjour temporaire en foyer de vie, partage sa chambre avec Monsieur Malenpoint. Ce dernier a subi une violente attaque cardiaque. Tous les matins, à 5h45 tapant, tel un coq fermier, il allume la radio et fait les exercices recommandés par son médecin ». Or, le même médecin a prescrit à M.Malenpoint « beeeaauuucoup de repos .
Droit
Madame Partage, éducatrice spécialisée depuis peu, travaille nouvellement avec des personnes en situation de handicap mental et psychique. C’est bien difficile de leur expliquer quoi que ce soit et de savoir s’ils les comprennent.
Morale
Ethique
Focus : La boussole éthique : dessiner un chemin parmi les tensions/ conflits de valeurs
Droits garantis et obligations faites à toute personne ou à un corps de métiers/une profession. --> Dimension sociétale et normative
Droit
Obligations faites à chacun des membres d'un corps de métier/ d'une profession. --> Dimension collective et contraignante
ETHIQUE
Responsabilité institutionnelle : règles, normes, directives de l'établissement
Morale
Déontologie
Bien versus Mal --> Dimension individuelle et non contraignante
Responsabilité personnelle : dimension relationnelle du soin "colloque singulier"professionnel-patient
Responsabilité-légitimité professionnelle : union du savoir-faire et du savoir-être dans la mission.
« L’éthique est donc de l’ordre de la recherche individuelle et collective »*
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Questionnement collégial autour de principes d’action, l’éthique est une recherche, une possibilité, de décision efficace et légitime.
Focus : Les principes éthiques pour points cardinaux
Dignité
Les 4 principes éthique Childress et Beauchamp
Autonomie
Proportionnalité
Bienfaisance/ Non-nuisance
Justice/Equité
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La méthode éthique pour école
Délibérer/Lister les possibilités offertes
Exposer, de façon neutre, la situation
Echanger, dans la collégialité et la pluridisciplinarité
Identifier les conflits/tensions de valeurs/principes éthiques, en présence
1-Qualifier la situation
Combattre la routine-les automatismes
•S'agit-il d'un problème éthique ? Certainement, s'il bouleverse un ou plusieurs patient/ professionnels et/ou ne peut être résolu par les données scientifique
2-Clarifier, pour soi et en équipe pluridisciplinaire
•En routine, on évite la liberté du questionnement et la remise en cause …•Ex: entrer sans frapper, téléphoner en présence d’un patient, tutoyer …
•Distinguer les opinions, les faits et les valeurs en présence
3-Problématiser la situation
Prendre de la distance
•dans un énoncé et /ou une question simple
4-Récolter les informations, (personne, maladie, cadre déontologique et légal) et associer les ressources humaines, pertinentes
•Données : scientifiques cliniques, juridiques, sociales, ressentis du patient et de ses proches;•Médecin prescripteur, soignants
Clarifier le conflit intérieur - Identifier la problématique
5-Dégager les éventuelles actions à mener
6-Adapter, le plan de soins, avec le patient
•Passer en revue les données du dossier clinique (diagnostic, pronostic, options de prise en charge : avantages et inconvénients, etc.).•Parfois une simple mise à jour « technique» suffira d’où l’utilité d’actualiser ses connaissances
7-Evaluer, de façon continue, le plan de soins
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L'art de synthétiser avec les chapeaux de Bono :
Repartons, ensemble, sur les mêmes bases, portez le chapeau et adoptez la tendance ! Passer, tour à tour, par ces 6 différents modes de pensée, va nous aider à faire le bilan des connaissances partagées et à identifier les perspectives d'amélioration.
Avant de terminer notre formation…
N’oubliez pas de :
- Réaliser votre post-test d’évaluation
- Remplir votre questionnaire de satisfaction
- Télécharger votre certificat de réalisation et les supports pédagogiques
Merci à tous ! Rendez-vous sur nos réseaux sociaux @panaceaconseil
Cas pratiques
Explorons ensemble des situations concrètes pour approfondir notre compréhension des droits et des défis en foyer de vie.
Refus de soins
Un résident refuse un traitement médical essentiel. Comment équilibrer son droit à l'autonomie avec le devoir de protection de l'établissement?
Conflits familiaux
Des membres de la famille ont des avis divergents sur la prise en charge. Comment l'équipe peut-elle faciliter le dialogue et trouver un consensus dans l'intérêt du résident?
Projet personnalisé
Comment s'assurer que le projet personnalisé est réellement centré sur la personne, y compris celles ayant des troubles cognitifs importants?
Sorties et loisirs
Un résident souhaite sortir seul, mais l'équipe juge la situation risquée. Comment gérer cette demande tout en garantissant sa sécurité et son droit à la liberté?
Questions pour réflexion en groupe
Chaque cas sera présenté, suivi d'un échange et d'une analyse des différentes approches possibles, en s'appuyant sur les principes des droits des personnes handicapées.
Aurore
Created on June 22, 2026
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Transcript
LES DROITS DES PERSONNES EN SITUATION DE HANDICAP
- 20 mars 2026 -
Aurore BOUSQUET : Juriste-consultante-formatrice / Droit de la santé-de l'action (médico-)socialeAurore Bousquet_Tous droits réservés
Objectifs de la formation
Identifier les droits fondamentaux
Reconnaître et appliquer les principes d'égalité, de non-discrimination et d'inclusion dans votre pratique quotidienne.
Comprendre les lois et réglementations nationales et internationales qui garantissent les droits des personnes en situation de handicap.
Connaître les voies de recours
Mieux connaître son rôle ainsi que ceux des différents interlocuteurs des personnes accompagnées Nourrir sa réflexion éthique et analyser ses pratiques au regard du droit des personnes en situation de handicap
Informer et orienter efficacement les personnes vers les mécanismes de protection et de défense de leurs droits en cas de besoin.
Développer des stratégies d'accompagnement adaptées, favorisant l'autonomie et la participation sociale des personnes.
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Pourquoi ?
Comment ?
II-MOBILISONS LES RESSOURCES FONDER,INDIVIDUELLEMENT ET COLLECTIVEMENT, SA PRATIQUE PROFESSIONNELLE SUR LES PRINCIPES JURIDIQUES
- Mobiliser les normes juridiques pour favoriser la qualité de l'accompagnement, des personnes en situation de handicap
NOURRIR ,INDIVIDUELLEMENT ET COLLECTIVEMENT, SA PRATIQUE PROFESSIONNELLE DES PRINCIPES ETHIQUESProgramme sommaire de la formation
I-PARTONS SUR LES MEMES BASES FAIRE CULTURE JURIDIQUE COMMUNE
- S'initier au droit pour comprendre les droits des personnes en situation de handicap
- Maîtriser le cadre juridique du droit du handicap issu de la loi du 11 février 2005 et ses évolutions: notion de handicap, textes et droits fondamentaux
FAIRE CULTURE ETHIQUE COMMUNEQuoi ?
Aurore Bousquet_Tous droits réservés
Avant de démarrer notre formation…
JE CRÉÉ MON ESPACE STAGIAIRE
I- LA NOTION DE HANDICAP
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Une notion évolutive à la recherche d'une définition commune
-1980- La classification internationale de handicaps (CIH) de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS)
-2001- La révision : la classification internationale du Fonctionnement, du handicap et de la santé (CIF)
Invalidation résultat d'une interaction entre les possibilités d'un individu et son environnement. Rencontre entre une déficience, une situation de la vie courante, et les incompatibilités que cela implique du fait d'unenvironnement inadapté.
Selon l'OMS: terme générique qui englobe les déficiences (problèmes dans les fonctions ou structures corporelles), les limitations d'activités (difficultés à réaliser une tâche) et les restrictions de participation (problèmes rencontrés dans l'implication dans des situations de vie).
Déficience
Fonction organique
Structure anatomique
Incapacité
- Réduction, restriction partielle ou
totale d’une capacitéFacteurs environnementaux
Désavantage
- Handicap à proprement parler
:impact social, scolaire, professionnel de la déficience et/ou de l’incapacité (d’orientation, d’autonomie, de mobilité …)L'activité et la participation
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Une notion réceptionnée en droit français par la loi du 11 février 2005
« Constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d'activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d'une altération substantielle, durable ou définitive d'une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d'un polyhandicap ou d'un trouble de santé invalidant. » article L. 114 CASF issu de l'article 2 de la loi de 2005
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Une définition précisée par la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées (CIDPH) de 2007
« Par personnes handicapées, on entend des personnes qui présentent des incapacités physiques, mentales, intellectuelles ou sensorielles durables dont l’interaction avec certaines barrières peut faire obstacle à leur pleine et efficace participation à la société sur la base de l’égalité avec les autres »
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II- LA STRUCTURATION D'UN "DROIT DU HANDICAP"
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Des droits affirmés historiquement à l'international
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De l'émergence des droits de l'Homme en passant par le droit des personnes ...
Charité (réponse religieuse)
Solidarité nationale (réponse politique)
Avant le handicap, la personne
1947 : "Code" de Nuremberg : information, autonomie, consentement, indemnisation des risques sanitaires
27 octobre 1946 : Constitution de la IVe République : droit constitutionnel à la santé
Loi du 29 juillet 1994 relative au respectdu corps humain et destinée à l’encadrement des pratiques biomédicales : Article 16 du Code civil
1789 : Déclaration des droits de l'homme et du citoyen
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… à l'affirmation des droits de la personne en situation de handicap
L’international précurseur des combats pour l’empowerment
Une affirmation toujours en dialogue avec l'international
1975 : ONU Déclaration sur les droits des personnes handicapées
1980 OMS : Classification internationale des handicaps (Modèle Docteur P.Wood)
1986 OMS Charte d’Ottawa: promotion de la santé publique
1991 : ONU Principes pour la protection
1994 : ONU Règlementpour l’égalité des chances
2002 : rapport Charzat ...
1989 Colloque international Nîmes
ONU 1981 : Programme d’action concernant les personnes handicapées
2001 : Convention internationale +Classification Internationale du handicap (eev en 2008)
1993 : Guide barème pour l’évaluation des déficiences et incapacités des PsH Reconnaissance du handicap psychique
Loi du 30 juin 1975 relative aux institutions sociales et médico-sociales : 1ère reconnaissance française
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Pour débloquer la pause : une mission ! Parmi les outils proposés, mettez-vous d’accord, pour sélectionner les outils les plus pertinents pour respecter les droits des personnes en situation de handicap ! Vous voulez corser l’expérience ? Activons le chronomètre !
A.Bousquet-Tous droits réservés
E M P A T H I E
P A T I E N C E
Aurore Bousquet_Tous droits réservés
Un droit articulé autour de la hiérarchie des normes
Aurore Bousquet_Tous droits réservés
Les droits des personnes en situation de handicap, au coeur, de la norme juridique
« Bloc de CONSTITUTIONNALITE »
Que faire ?
« Bloc de CONVENTIONNALITE »
« Bloc de LEGALITE»
JURISPRUDENCE:
ensemble des décisions de justice rendues par une juridiction suprême, dans le même sens.
Ex : décrets d'application loi 2005, Charte de la personne accompagnée ...
« Bloc REGLEMENTAIRE»
Comment faire ?
Aurore Bousquet_Tous droits réservés
Les droits des personnes en situation de handicap, au-delà, de la norme juridique
« Bloc de CONSTITUTIONNALITE »
« Bloc de CONVENTIONNALITE »
« Bloc de LEGALITE»
JURISPRUDENCE
« Bloc REGLEMENTAIRE»
« DROIT SOUPLE » Pouvoir d’influence Documents qualité : procédure, protocole, recommandations de bonnes pratiques professionnelles HAS …
Aurore Bousquet_Tous droits réservés
III-L'AUTONOMISATION D'UN "DROIT DU HANDICAP"
Un droit du handicap ancré dans les normes internationales
Zoom : La charte sociale européenne (1996)
Les Parties doivent :
Prendre toutes mesures nécessairespour fournir auxpersonnes handicapées une orientation, une éducation et uneformation professionnelles « de droit commun » en priorité. Siimpossible : adaptées.
Favoriser leur accès à l’emploi en « milieu ordinaire ». Si impossible : emplois protégés
Prendre toute mesures y compris des aides techniquespour surmonter les obstacles liés à l’accès aux moyens decommunication, logement, loisirs, vie sociale
Zoom : La charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (2000)
Un engagement réaffirmé avec la déclaration de 2025
Interdiction des discriminations (art. 21)
Intégration des personnes handicapées (art. 26) :
•« L’Union reconnaît et respecte le droit des personnes handicapées à bénéficier de mesures visant à assurer leur autonomie, leur intégration sociale et professionnelle et leur participation à la vie de la communauté"
Focus : La convention internationale relative aux droits des personnes handicapées (CIDPH) adoptée par l'ONU de 2007
Reconnaissance internationale des droits des personnes en situation de handicap
Définition interactive du handicap
Principe général de non-discrimination
•Le refus d’aménagement raisonnable en est une
Principe général d’accessibilité
Comité des droits des personnes handicapées chargé de surveiller l'application de la convention par les Etats
Zoom : La convention internationale relative aux droits des personnes handicapées (CIDPH) expliquée aux personnes en situation de handicap
« La Convention ONU expliquée aux personnes handicapées » –
Un droit du handicap consacré dans les normes nationales
- Focus : Les acteurs institutionnels des politiques du handicap
- Focus : La tentative d'exhaustivité de la loi du 11 février 2005
Une définition française et juridique du handicap partagée et l'obligation de solidarité collective consacrée Les mécanismes visant à compenser la situation de handicap : l'essentiel droit à compensation et son corolaire indispensable : le droit au parcours de vie Les mécanismes visant à inclure la PSH à la société : l'égal accès à l'instruction, à l'emploi ou au travail et aux soins Les mécanismes visant à adapter la société aux situations de handicap : l’accessibilité des lieux, des transports et l'accessibilité numériqueZoom : Les principaux acteurs institutionnels autour des personnes en situation de handicap
Conseils Départementaux
Maison départementales des personnes handicapées (MDPH)
Pilotes des politiques d'autonomie et de solidarité, ils financent et contrôlent doe nombreux établissements et services pour les personnes âgées et handicapées.
Guichet unique pour toutes les demandes relatives au handicap, évaluation des besoins et attribution des aides et prestations.
Défenseur des droits
Agence régionale de santé (ARS)
Haute autorité de santé (HAS)
Autorité administrative indépendante.Veille au respect des libertés et des droits des citoyens notamment par l'action contre les discriminations
Régule l'offre de soins et médico-sociale, finance les établissements et services de santé et élabore les politiques de santé régionales.
Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA)
Associations Représentatives
Établissements et Services
Actrices clés de la défense des droits, de l'information, de l'accompagnement et du soutien des personnes handicapées et de leurs familles.
Structures d'accueil, d'hébergement, de travail ou de soins spécialisés (Foyers de Vie, ESAT, FAM, MAS...) offrant un accompagnement direct.
Confcap droits
Démarche scientifique et citoyenne
Zoom : La Haute autorité de santé et la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie et la question du handicap
La tentative d'exhaustivité de la loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées
Une loi indissociable de la loi de 2002 rénovant l'action sociale et médico-sociale
Les 5 piliers de la loi de 2002 :
L'obligation de solidarité collective consacrée
« Toute personne handicapée a droit à la solidarité de l'ensemble de la collectivité nationale, qui lui garantit, en vertu de cette obligation, l'accès aux droits fondamentaux reconnus à tous lescitoyens ainsi que le plein exercice de sa citoyenneté. L'Etat est garant de l'égalité de traitement des personneshandicapées sur l’ensemble du territoire et définit des objectifs pluriannuels d'actions. » Art. L. 114-1 du CASF issu de la loi de 2005
Les mécanismes visant à compenser la situation de handicap
Focus : L'essentiel droit à compenser sa situation de handicap
« La personne handicapée a droit à la compensation des conséquences de son handicap quels que soient l'origine et la nature de sa déficience, son âge ou son mode de vie. Cette compensation consiste à répondre à ses besoins, qu'il s'agisse de l'accueil de la petite enfance, de la scolarité, de l'enseignement, de l'éducation, de l'insertion professionnelle, des aménagements du domicile ou du cadre de travail nécessaires au plein exercice de sa citoyenneté et de sa capacité d'autonomie, du développement ou de l'aménagement de l'offre de service, permettant notamment à l'entourage de la personne handicapée de bénéficier de temps de répit, du développement de groupes d'entraide mutuelle ou de places en établissements spécialisés, des aides de toute nature à la personne ou aux institutions pour vivre en milieu ordinaire ou adapté, ou encore en matière d'accès aux procédures et aux institutions spécifiques au handicap ou aux moyens et prestations accompagnant la mise en œuvre d’une mesure de protection juridique. Ces réponses adaptées prennent en compte l'accueil et l'accompagnement nécessaires aux personnes handicapées qui ne peuvent exprimer seules leurs besoins. » Art. L. 114-1 du CASF issu de la loi de 2005
Zoom : Un droit cristallisé dans la mission des maisons départementales des personnes en situation de handicap (MDPH)
P.C.H
R.Q.T.H
A.A.H
Usager
M.D.P.H
Service d’accompagne -ment médico- social 9
Zoom: Un droit rendu effectif par l'accès aux droits et prestations sociales
PCH
AAH
APA
MVA
Pension d'invalidité
Toute l'actu des aides et prestations ouvertes aux personnes en situation de handicap
A vos quiz !
Zoom : L'allocation adulte handicapé (AAH)
Décret n° 2003-576 du 27 juin 2003 Guide-barème pour l’évaluation des déficiences et incapacités : 8 catégories
en milieu ordinaire
fonction du nombre d'enfant(s) à charge
Zoom : La prestation de compensation du handicap
Art. L. 245-1 et s. CASF
difficultés « absolues » ou « graves » pour la réalisation d’activités du quotidien (évaluées en fonction du référentiel pour l’accès à la PCH)
La pension d’invalidité
Montant : Fixé selon :
Conditions d’attribution :
- Age : Moins de 62 ans
- Médicale : Capacité de travail réduite (au moins des 2/3)
- Administrative : être immatriculé à la
Sécurité socialeActeur : Attribuée par la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) sur décision du médecin-conseil
Recours : saisine de la commission de recours amiable de la CPAM
Majoration pour la vie autonome (MVA)
Allocation personnalisée d’autonomie (APA)
Article L. 232-3 et s. CASF
L’APA peut prendre 2 formes:
Conditions d'attribution :
- Age : Plus de 60 ans
- Être en perte d’autonomie (attestée par la grille AGGIR)
( Pas de conditions de revenus bien que le montant pris en charge par el plan d'aide en dépende).Focus : Le droit à la compensation positivé par la logique du parcours de vie
Le plan personnalisé de compensation (PPC : Article R146-29 CASF) et la formulation de son projet de vie par la personne en situation de handicap : des outils puissants
A compter des lois de 2002, la personne en situation de handicap replacée au cœur des dispositifs de compensation
Les mécanismes visant à inclure les personnes en situation de handicap à la société
L'égal accès à l'instruction : éducation inclusive et formation tout au long de la vie
L’égal accès à l’instruction constitue une liberté fondamentale (Conseil d'Etat, 27 novembre 2013)
Elle doit être garanti à toutes les personnes en situation de handicap, tout au long de leur parcours de vie. Cela implique une orientation, prise sur la base du projet personnalisé de scolarisation élaboré par la MPDH :
- en milieu ordinaire (à titre individuel ou collective (ULIS)) ou en établissement médico-social: institut médico-éducatif (IME) lorsque le handicap est à prédominance
intellectuelle ou en institut d’éducation motrice lorsqu'il est moteur ou en instituts thérapeutiques, éducatifs et pédagogiques (ITEP) en cas de troubles graves du comportement ou en institut d’éducation sensorielle (IES) lorsque le handicap est visuel ou auditif ou en EPEAP en cas de polyhandicapDroit à l'éducation inclusive :Article L. 112-1 du Code de l’éducation
Parcours de formation personnalisés
Pour tout individu, droit d'accéder à un enseignement adapté et inclusif, de la petite enfance à l'âge adulte, favorisant son épanouissement et son autonomie.
Mise en place de programmes et de méthodes pédagogiques sur mesure pour répondre aux besoins spécifiques de chaque apprenant, incluant l'utilisation d'outils et de supports adaptés.
Apprentissage en foyer de vie
Partenariats éducatifs renforcés
Développement d'activités éducatives et formatives au sein même des foyers de vie, permettant aux résidents d'acquérir de nouvelles compétences et de maintenir leurs acquis dans un environnement familier.
Collaboration étroite avec les institutions éducatives, les centres de formation spécialisés et les entreprises pour créer des opportunités d'apprentissage et d'insertion professionnelle concrètes.
Une obligation de résultat de l’Etat (arrêt Laruelle, CE 8 avril 2009) Une vigilance forte de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) sans substituer son appréciation à celle des professionnels de santé dès lors qu’une proposition sérieuse visant à garantir le droit à l’éducation de l’enfant a été proposée.
L'accent est mis sur l'éducation spécialisée et la formation continue, essentielles pour une pleine participation sociale et professionnelle.
L'accès à l'emploi et au travail
L'évolution des ESAT Conditions d’accueil (art. R. 243-1 CASF)
- Avoir une capacité de travail inférieure d’1/3 de celle d’unepersonne valide ou supérieure mais avec des besoins spécifiques
Passerelles vers le milieu ordinaire :Faciliter l'accès à l'emploi est crucial pour l'autonomie et l'inclusion sociale des personnes en situation de handicap. Explorer les différentes voies est essentiel pour une intégration réussie et épanouissante dans le monde du travail.
ESAT (Établissements et Services d'Aide par le Travail)
Milieu Ordinaire avec Accompagnement
Entreprises Adaptées (EA)
Ces structures médico-sociales offrent une activité professionnelle adaptée et un soutien médico-social et éducatif, pour les personnes dont les capacités de travail ne permettent pas l'accès au milieu ordinaire.
Des entreprises du milieu ordinaire dont la mission est d'employer majoritairement des travailleurs handicapés (au moins 55% de leur effectif de production), favorisant leur insertion professionnelle durable.
L'intégration directe en entreprise classique, soutenue par des dispositifs comme Cap Emploi ou SAMETH qui aident à l'adaptation du poste et des missions, pour une inclusion pleine et entière.
Le foyer de vie joue un rôle central dans cette démarche en proposant des ateliers pré-professionnels, en développant des partenariats avec les structures d'insertion et en accompagnant les résidents dans la construction de leur projet professionnel individualisé.
L'obligation d’emploi des personnes handicapées (OETH) et l'obligation de réaliser des aménagements raisonnables
L'obligation de réaliser des aménagements raisonnables (article L. 5213-6 du code du travail) Champ d’application : TRQTH, AT/MP, titulaires d’une pension d’invalidité, titulaire de l’AAH… Durant l’ensemble du parcours professionnel de la personne … sousréserve que les consécutives à l’aménagement raisonnablene soient pas « disproportionnées » compte tenu :
- de la taille et des ressources financières de l’entreprise
- du coût financier des aménagements,
- des aides sollicitées par l’employeur
- de l’impact de l’aménagement sur l’organisation de l
- ’entreprise
En pratique, cette obligation demeure méconnue, floue et peu respectée.L'obligation d’emploi des personnes handicapées (OETH)
- Principe « La mobilisation en faveur de l’emploi des TH concerne tous les employeurs » (art. L. 5212-1 CT)
- En réalité :
-l’obligation d’emploi ne concerne que les employeurs qui franchissent le seuil de 20 salariés pendant 12 mois depuis 5 ans- Cette obligation d’emploi peut être mise en œuvre selon 3 modalités :
- Emploi direct des intéressés (6 % des effectifs)
- Conclusion d’un « accord collectif agréé »
- S’acquitter d’une cotisation versée au Fonds de développement pour l’insertion
professionnelle des personnes handicapéesZoom: L'accès aux soins
L'accès aux soins est un droit fondamental pour toute personne, y compris celles en situation de handicap.
Droits fondamentaux aux soins
Toute personne en situation de handicap a le droit d'accéder à l'ensemble des services de santé nécessaires à son état. Cela inclut la prévention, le diagnostic, les traitements curatifs et palliatifs, sans aucune discrimination. Les professionnels doivent s'assurer que ces droits sont pleinement respectés.
Parcours de soins coordonnés
Il est crucial de mettre en place un parcours de soins individualisé et coordonné. Ce parcours doit assurer la continuité entre les différents intervenants (médecins traitants, spécialistes, paramédicaux) et les structures de soins, afin de garantir une prise en charge globale et cohérente des besoins de la personne.
Consentement éclairé et information
Le consentement libre et éclairé de la personne est indispensable avant tout acte médical. L'information doit être délivrée de manière claire, loyale et adaptée à ses capacités de compréhension. Si la personne n'est pas en mesure de donner son consentement, ses représentants légaux (tutelle, curatelle) ou la personne de confiance désignée doivent être consultés.
Le rôle central des foyers de vie
Accompagnement médical quotidien : accès régulier aux médecins généralistes et spécialistes, suivi des traitements, gestion des rendez-vous et coordination avec les équipes soignantes externes, pour garantir le bien-être et la santé des résidents, conformément au code de l'action sociale.
Enjeux et défis :
Zoom : le droit fondamental à la santé ancré dans la loi du 4 mars 2002 sur les droits des usagers
INFORMATION
CONSENTEMENT
Droit à la santé
Accès au dossier médical
Participation/association
Responsabilité
Non-discrimination
Aurore Bousquet_Tous droits réservés
Zoom: Professionnels et aidants : les alliés de la prise en soin
La possibilité de désigner un aidant formé
La formation : droit et obligation
« Une personne durablement empêchée, du fait de limitations fonctionnelles des membres supérieurs en lien avec un handicap physique, d'accomplir elle même des gestes liés à des soins prescrits par un médecin, peut désigner, pour favoriser son autonomie, un aidant naturel ou de son choix pour les réaliser. La personne handicapée et les personnes désignées reçoivent préalablement, de la part d'un professionnel de santé, une éducation et un apprentissage adaptés leur permettant d'acquérir les connaissances et la capacité nécessaires à la pratique de chacun des gestes pour lapersonne handicapée concernée. Lorsqu'il s'agit de gestes liés à des soins infirmiers, cette éducation et cet apprentissage sont dispensés par un médecin ou un infirmier. » (article L. 1111-6-1 du CSP créé par la loi de 2005)
« Les professionnels de santé et du secteur médico-social reçoivent, au cours de leur formation initiale et continue, une formation spécifique concernant l'évolution des connaissances relatives aux pathologies à l'origine des handicaps et les innovations thérapeutiques,technologiques, pédagogiques, éducatives et sociales les concernant, l'accueil et l'accompagnement des personnes handicapées, ainsi que l'annonce du handicap. » (Article L. 1110-1-1 du code de la santé publique CSP créé par la loi de 2005)
Les mécanismes visant à adapter la société aux situations de handicap
Zoom : La loi de 2005 : objectif accessibilité des lieux, transports et outils numériques.
Le bilan mitigé de la loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées
La loi de 2005 en synthèse
IV- L'EMANCIPATION DU "DROIT DU HANDICAP" PAR LES DROITS DE L'HOMME ET LIBERTES FONDAMENTALES
- Les constellations du "droit du handicap" : des droits et libertés en réponse aux multiples statuts et besoins de la personne en situation de handicap
- Focus : la capacité et la protection juridique des personnes en situation de handicap
- Zoom d'actualité : le droit de vote des personnes en situation de handicapLes droits des personnes en situation de handicap : à vous de jouer !
Des droits et libertés en réponse aux multiples statuts et besoins de la personne en situation de handicap
Logement
PATIENT
Formation
Emploi
Habiletés relationnelles
CITOYEN
Accès aux droits
Vie affective et sexuelle
USAGER/ BENEFICIAIRE
PERSONNE
Suivi thérapeutique
EN SITUATION DE HANDICAP
Les constellations du" droit du handicap"
Tous en fonction d’advocacy
Répit des aidants
Citoyenneté
Protection sociale-Prestations et minimaux sociaux
Accessibilité
Consentement libre et éclairé
Protection de la vulnérabilité/dignité
Vie privée, familiale
Information
Un droit, aux multiples sources, toujours convergent dans ses objectifs
Les 3 piliers d'un "droit du handicap"
Accessibilité
Participation
Non-discrimination
Focus : « Des incapables aux personnes vulnérables*»
Depuis 2007 : Tous capables ! Une vision partagée de la mesure de protection juridique Dialogue des juges nationaux et européens et convergence des législations nationales et européennes
Décision juridique, de représentation légale ou d’ assistance, ordonnée par un juge dans l’intérêt d’une personne souffrant d’une altération attestée de ses facultés personnelles qui crée une situation de vulnérabilité.
Certains épisodes de la vie (maladie, handicap, accident) peuvent altérer nos facultés et nous rendre difficilement capable de protéger nos intérêts. Pour atténuer les conséquences de cette vulnérabilité, il est possible de décider, en association avec un juge et un médecin, qu’une mesure de protection serait bénéfique. Elle permet à une autre personne d’aider la personne en situation de vulnérabilité à se protéger. Il peut s’agir d’un membre de la famille ou d’un tiers professionnel : un mandataire judiciaire à la protection des majeurs protégés.
Au sens du Code civil, titulaire de droits et devoirs. Investie de la capacité juridique
Au sens du droit international repris en droit interne : Altération ou insuffisance des facultés personnelles de laquelle découle une impossibilité de pourvoir seuls à ses intérêts (personnels ou patrimoniaux).
* HAUSER, Des incapables aux personnes vulnérables, Dr. fam. 2007. Étude 14.
Un panel de mesures de protection juridique guidé par trois principes cardinaux : nécessité, subsidiarité, proportionnalité
Mesure de représentation légale destinée à protéger une personne majeure et/ou tout ou partie de son patrimoine si elle n'est plus en état de pourvoir seule à ses intérêts, par la représentation d'un tuteur dans les actes de la vie civile.
TUTELLE - renforcée - simple
Devoirs du responsable de la mesure juridique Il s’engage à une bonne gestion, sans quoi, sa responsabilité peut être recherchée
En un coup d’œil :
- Mesures de protection juridique d’intensité croissante (article 440 du Code civil).
- Une capacité décisionnelle conservée : la loi présume que tout adulte est capable et apte juridiquement à prendre des décisions.
On appelle cela une présomption de capacité (article 414 du Code civil et Loi du 5 mars 2007).Mandat de protection future
Créé par décret d’application de la loi de 2007 no 2008-1276 du 5 décembre 2008 : articles 477 à 494 et 1984 à 2010 du Code civil + articles 1258 à 1260 du code de procédure civile
Article 440 du Code civil
Mesure d’assistance destinée à protéger une personne majeure et/ou tout ou partie de son patrimoine, si elle n'est plus en état de veiller sur ses propres intérêts, grâce à l'assistance d'un curateur « dans les actes importants de la vie civile ».
Acte juridique par lequel la personne préoccupée par sa vulnérabilité potentielle ou bien les parents d’une personne vulnérable choisissent une personne de confiance pour la représenter si il ne peut plus pourvoir seul à ses intérêts en raison d'une altération de ses facultés ou du décès de ses parents. .
CURATELLE - renforcée - simple
Article 440 du Code civil
Durée de validité : jusqu'à révocation, décès, rétablissement
Mesure de protection juridique temporaire, décidée pour le cours de l’instance, destinée à protéger une personne majeure et/ou tout ou partie de son patrimoine si elle n'a plus la capacité de le faire seule et qu'aucun moyen moins contraignant ne suffit à défendre ses intérêts.
3 principes fondamentaux :
- La NÉCESSITÉ
- La SUBSIDIARITÉ
- La PROPORTIONNALITÉ
Durée maximale 5 ans, renouvelable 5 ans (articles 441 et 442 du Code civil) excepté l’habilitation familiale et le mandat de protection future.SAUVEGARDE DE JUSTICE
Article 433 du Code civil
Habilitation familiale
Mesure de représentation légale qui permet à un membre ou plusieurs de la famille d’assurer la représentation d’un proche dans certains ou tous les actes de leur vie. Fixée pour une durée de 10 ans elle et peut être renouvelée après présentation d’un certificat médical circonstancié.
Articles 494-1 à 494-12 du Code civil issus de l’ordonnance n°2015-1288 du 15 octobre 2015 et loi n° 2015-177 du 16 février 2015
Durée de validité : 10 ans
Aurore Bousquet_Juriste consultante et formatrice_Tous droits réservés
Zoom: en l'absence de nécessité point de mesure de protection : mainlevée et non-lieu
Une juridiction doit ordonner la mainlevée d’une curatelle renforcée si elle constate à la fois l'absence d'altération des facultés mentales du majeur protégé et de nécessité d’être assistée ou contrôlée de manière continue dans les actes importants de la vie civile. Dans cette affaire, la cour d’appel de Bordeaux avait, par un arrêt du 23 mai 2013, confirmé un jugement de première instance rejetant la demande présentée par une personne placée sous curatelle renforcée tendant au prononcé de la mainlevée de la mesure de protection. Pour en justifier, les juges d’appel avait retenu, tout d’abord, que la demanderesse devait rapporter la preuve d’une évolution notable de sa situation, preuve qu’elle ne rapportait pas, ensuite, que le certificat médical produit, qui était succinct et n’émanait pas d’un médecin inscrit, faisait part de la compatibilité de l’état de santé de la personne protégée avec la mainlevée de la curatelle et, enfin, que le rapport du curateur était assez « sombre », faisant état de dettes, de l’opposition au dialogue du compagnon de la personne protégée, du refus de celui-ci d’indiquer le montant de ses ressources, mais aussi de la signature d’un bail sans l’accord du curateur.
Cour de cassation, 1ere chambre civile,15 avril 2015, F-P+B, n° 14-16.666
En application des articles 425, alinéa 1er, et 440, alinéa 1er, du code civil, l'ouverture d'une mesure de curatelle exige la constatation par les juges du fond, d'une part, de l'altération, médicalement constatée, soit des facultés mentales de l'intéressé, soit de l'altération de ses facultés corporelles de nature à empêcher l'expression de sa volonté, et, d'autre part, de la nécessité pour celui-ci d'être assisté ou contrôlé de manière continue dans les actes importants de la vie civile. Dès lors, viole ces textes une cour d'appel qui, fonde le maintien de la curatelle renforcée d'une personne en situation de handicap sur la nécessité qu'elle a d'utiliser un matériel informatique , installé par une tierce personne, pour communiquer.
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Zoom d'actualité : le droit de vote des personnes en situation de handicap
CEDH, Alajos Kiss c. Hongrie 20 mai 2010
Un droit de vote devenu inconditionnel
Depuis une réforme du Code électoral portée par la loi n° 2019-222 du 23 mars 2019 de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice, (article 5 abrogeant l'article L. 5 du code électoral), les personnes sous mesure de protection juridique peuvent voter sans conditions. Or, les obstacles subsistent notamment par méconnaissance du droit.
Faits
•1991 : diagnostic troubles psychiatriques chez le requérant. •Mai 2005 : placé sous tutelle partielle en vertu du code civil. •Février 2006 : son nom ne figure pas sur les listes électorales établies en vue du scrutin législatif.•Avril 2006 : privé de participer au suffrage.
Procédure
•Plainte, en vain, auprès du bureau électoral. •Saisine du tribunal de district, débouté en mars 2006
Solution
•Violation de l’article 3 (droit à des élections libres) du Protocole n° 1 : Retrait systématique des droits de vote, sans évaluation judiciaire personnalisée et sur le seul fondement d’un handicap psychique nécessitant une tutelle partielle, est incompatible avec les motifs légitimes de restriction du droit de vote. •L’État doit avoir des raisons très solides pour appliquer une restriction des droits fondamentaux à un groupe particulièrement vulnérable de la société, tel celui des personnes atteintes de handicap psychique, lequel risque d’être l’objet de stéréotypes législatifs, sans une évaluation personnalisée de leurs capacités et besoins.
Cf aussi : Gajcsi c. Hongrie, arrêt du 23 septembre 2014 ; Harmati c. Hongrie, arrêt du 21octobre 2004. Strøbye et Rosenlind c. Danemark 2 février 2021
L'exercice du droit de vote soutenu par la Cour européenne des droits de l'homme
Le respect de la vie relationnelle, affective ou sexuelle des personnes en situation de handicap
Article L1411-6-4 CSP Version en vigueur depuis le 28 février 2025 Création LOI n°2025-199 du 28 février 2025 - art. 62 Les femmes en situation de handicap résidant dans un établissement mentionné aux 2°, 7° et 12° du I de l'article L. 312-1 du code de l'action sociale et des familles bénéficient de consultations longues de suivi gynécologique et en santé sexuelle. Les personnes handicapées résidant dans des établissements médico-sociaux mentionnés au premier alinéa du présent article bénéficient de séances d'éducation à la vie sexuelle et affective et de sensibilisation aux violences sexuelles et sexistes.
Un respect garanti par les juridictions internes et internationales
Cour administrative d'appel de Bordeaux, 6 novembre 2012, n°11BX01790
•Patient hospitalisé, sans son consentement, (au sein d'une unité d’un centre hospitalier spécialisé) a demandé à son directeur d'abroger les dispositions du règlement intérieur de cette unité qui interdisaient les relations sexuelles.
Faits et prétentions
•27 octobre 2008 : rejet du directeur • 11 mai 2011, Tribunal administratif de Bordeaux: rejet de la demande d'annulation de la décision administrative
Procédure
Un droit nouveau à l'éducation soutenu par le plan d'actions 2026-2027 pour la vie-intime, affective et sexuelle des PSH
Solution
•CAA annule décision (illégalité) et jugement :« l'ingérence dans l'exercice du droit d'une personne atteinte de troubles mentaux, hospitalisée sans son consentement, au respect de sa vie privée qui constitue une liberté individuelle et dont le respect de la vie sexuelle est une composante, par une autorité publique, ne peut être légale que si elle répond à des finalités légitimes et qu'elle est adéquate et proportionnée au regard de ses finalités » (…). Ici,« l'interdiction […] s'impose à tous les patients de l'unité, quelle que soit la pathologie dont ils souffrent, son degré de gravité et pendant toute la durée de leur hospitalisation, présente un caractère général et absolu ; une sujétion excessive / stipulations article 8 CEDH et dispositions CSP".
Focus : Le recours au Défenseur des droits
Article L.1110-3 du CSP : « Aucune personne ne peut faire l'objet de discriminations dans l'accès à la prévention ou aux soins. » Le Défenseur des droits a pour mission d’accompagner les victimes de discrimination dans leurs démarches. (ex. : un patient qui se voit refuser des soins par un professionnel ou un établissement de santé du fait de sa pathologie ou de son régime de protection sociale) Médiation avec les services publics : Le Défenseur des droits a pour mission de résoudre les litiges des usagers avec les autorités publiques. Il examine au cas par cas l’inadaptation de certains textes ou procédures, les excès de certains comportements Il propose des solutions sur mesure et des réformes de fond
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IV- LA PERFECTION DU DROIT DU HANDICAP PAR LES PRINCIPES ETHIQUES
CAFÉ DU MONDE : ETHIQUE ET PRATIQUE d'ACCOMPAGNEMENT de la PERSONNE EN SITUATION de HANDICAP
L’éthique : un questionnement universel
6 Morale (mos, mores), Mœurs, manière de conduire sa vie, règles de comportement (ethos)
L’éthique est une réflexion qui vise à déterminer le bien agir en tenant compte des contraintes relatives à des situations déterminées » (J. Nillès in « Le questionnement éthique dans les établissements et services, ANESM)
L’éthique est une attention
« le souci de soi, le souci de l’autre et le souci de l’institution » (P. Riceur) Tout ce qui est possible est-il souhaitable ? (H.Jonas)
L’éthique est une interrogation, une inquiétude, un « sursaut » devant les situations où la personne humaine est menacée dans sa dignité et celles où l’injustice bafoue la solidarité » (Pr François Blanchard)
L’éthique est une intention
« Visée d’une vie accomplie sous le signe des actions estimées bonnes, c’est-à-dire « le souhait d’une vie accomplie - avec et pour les autres -dans des institutions justes (P. Ricoeur)
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« L'éthique, c'est l'esthétique du dedans » (Pierre Reverdy)
L’éthique : un processus de délibération collective
L’éthique est une réflexion qui vise à déterminer le bien agir en tenant compte des contraintes relatives à des situations déterminées » J. Nillès in « Le questionnement éthique dans les établissements et services, ANESM)
… au profit d’une discussion collective
L’éthique permet une délibération…
Que voulons-nous faire ?
… pour aboutir à une décision collégiale
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L'éthique au carrefour… du droit … de la morale … et de la déontologie
Droit
Morale
Ethique
Déontologie
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Distinguer éthique, droit et morale :
Madame Bonheur, 58 ans, accompagnée en foyer de vie depuis 2 ans, refuse de s’alimenter.
Monsieur Gymnaste, accueilli en séjour temporaire en foyer de vie, partage sa chambre avec Monsieur Malenpoint. Ce dernier a subi une violente attaque cardiaque. Tous les matins, à 5h45 tapant, tel un coq fermier, il allume la radio et fait les exercices recommandés par son médecin ». Or, le même médecin a prescrit à M.Malenpoint « beeeaauuucoup de repos .
Droit
Madame Partage, éducatrice spécialisée depuis peu, travaille nouvellement avec des personnes en situation de handicap mental et psychique. C’est bien difficile de leur expliquer quoi que ce soit et de savoir s’ils les comprennent.
Morale
Ethique
Focus : La boussole éthique : dessiner un chemin parmi les tensions/ conflits de valeurs
Droits garantis et obligations faites à toute personne ou à un corps de métiers/une profession. --> Dimension sociétale et normative
Droit
Obligations faites à chacun des membres d'un corps de métier/ d'une profession. --> Dimension collective et contraignante
ETHIQUE
Responsabilité institutionnelle : règles, normes, directives de l'établissement
Morale
Déontologie
Bien versus Mal --> Dimension individuelle et non contraignante
Responsabilité personnelle : dimension relationnelle du soin "colloque singulier"professionnel-patient
Responsabilité-légitimité professionnelle : union du savoir-faire et du savoir-être dans la mission.
« L’éthique est donc de l’ordre de la recherche individuelle et collective »*
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Questionnement collégial autour de principes d’action, l’éthique est une recherche, une possibilité, de décision efficace et légitime.
Focus : Les principes éthiques pour points cardinaux
Dignité
Les 4 principes éthique Childress et Beauchamp
Autonomie
Proportionnalité
Bienfaisance/ Non-nuisance
Justice/Equité
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La méthode éthique pour école
Délibérer/Lister les possibilités offertes
Exposer, de façon neutre, la situation
Echanger, dans la collégialité et la pluridisciplinarité
Identifier les conflits/tensions de valeurs/principes éthiques, en présence
1-Qualifier la situation
Combattre la routine-les automatismes
•S'agit-il d'un problème éthique ? Certainement, s'il bouleverse un ou plusieurs patient/ professionnels et/ou ne peut être résolu par les données scientifique
2-Clarifier, pour soi et en équipe pluridisciplinaire
•En routine, on évite la liberté du questionnement et la remise en cause …•Ex: entrer sans frapper, téléphoner en présence d’un patient, tutoyer …
•Distinguer les opinions, les faits et les valeurs en présence
3-Problématiser la situation
Prendre de la distance
•dans un énoncé et /ou une question simple
4-Récolter les informations, (personne, maladie, cadre déontologique et légal) et associer les ressources humaines, pertinentes
•Données : scientifiques cliniques, juridiques, sociales, ressentis du patient et de ses proches;•Médecin prescripteur, soignants
Clarifier le conflit intérieur - Identifier la problématique
5-Dégager les éventuelles actions à mener
6-Adapter, le plan de soins, avec le patient
•Passer en revue les données du dossier clinique (diagnostic, pronostic, options de prise en charge : avantages et inconvénients, etc.).•Parfois une simple mise à jour « technique» suffira d’où l’utilité d’actualiser ses connaissances
7-Evaluer, de façon continue, le plan de soins
Aurore Bousquet_Tous droits réservés
L'art de synthétiser avec les chapeaux de Bono :
Repartons, ensemble, sur les mêmes bases, portez le chapeau et adoptez la tendance ! Passer, tour à tour, par ces 6 différents modes de pensée, va nous aider à faire le bilan des connaissances partagées et à identifier les perspectives d'amélioration.
Avant de terminer notre formation…
N’oubliez pas de :
Merci à tous ! Rendez-vous sur nos réseaux sociaux @panaceaconseil
Cas pratiques
Explorons ensemble des situations concrètes pour approfondir notre compréhension des droits et des défis en foyer de vie.
Refus de soins
Un résident refuse un traitement médical essentiel. Comment équilibrer son droit à l'autonomie avec le devoir de protection de l'établissement?
Conflits familiaux
Des membres de la famille ont des avis divergents sur la prise en charge. Comment l'équipe peut-elle faciliter le dialogue et trouver un consensus dans l'intérêt du résident?
Projet personnalisé
Comment s'assurer que le projet personnalisé est réellement centré sur la personne, y compris celles ayant des troubles cognitifs importants?
Sorties et loisirs
Un résident souhaite sortir seul, mais l'équipe juge la situation risquée. Comment gérer cette demande tout en garantissant sa sécurité et son droit à la liberté?
Questions pour réflexion en groupe
Chaque cas sera présenté, suivi d'un échange et d'une analyse des différentes approches possibles, en s'appuyant sur les principes des droits des personnes handicapées.