L'affaire Dreyfus, toute une histoire
En 1894, une femme de ménage trouve un bordereau déchiré en plusieurs morceaux dans la poubelle de l’attaché militaire de l’ambassade d’Allemagne.En réalité cette femme travaillait pour les services de renseignements français ( espionnage) et était chargée de ramener tous les documents découverts à un officier d’Etat -major, le commandant Henri.Après étude, le commandant Henri découvre un traître ! Un membre de l’Etat-major français vendrait des informations militaires confidentielles aux Allemands.
Retranscription du bordereau ( nous ne possédons plus l’original mais seulement des photos)
L’État-major recherche activement le traître dans ses rangs.Rapidement, un officier est soupçonné. Il s’agit du capitaine Alfred Dreyfus.
Pour ses accusateurs, Alfred Dreyfus a deux défauts de taille : il est juif et Alsacien…A cette époque l’antisémitisme ( haine de Juifs) est très répandu dans la société française. De plus, depuis la défaite de 1870, L’Alsace a été annexée à l’Allemagne. : sa culpabilité est donc évidente !
Alfred Dreyfus en 1894 ( Wikipedia)
Carte de l'Alsace-Lorraine, extrait du livre scolaire "La deuxième année de géographie" de Pierre Foncin, publié en 1888.
Alfred Dreyfus est convoqué au ministère au Ministère de la Guerre, à Paris.
Extrait du téléfilm d’Yves Boisset, l’Affaire Dreyfus, 1994
Il lui est alors demandé de recopier un texte dicté par le commandant Du Paty de Clam, sous un faux prétexte. Dreyfus s’exécute…Le commandant du Paty de Clam, sans réelle analyse de l’écriture, le met en état d’arrestation.
A Paris, le 5 janvier 1895, une foule s’est réunie sur la cour de l’École militaire ( cour des Invalides). Les officiers d’état-major sont présents et les élèves officiers ont été convoqués. Alfred Dreyfus est dégradé. Ses grades sont arrachés violemment et son sabre est brisé. Il clame alors : « Soldats, on dégrade un innocent Soldats, on déshonore un innocent, Vive la France, Vive l’Armée. »
Une du quotidien, Le petit Journal, 10 janvier 1895
Accusé d’espionnage au profit de l’Allemagne et donc, de haute trahison, il est rapidement jugé. Pourtant ses avocats n’arrivent jamais à voir les preuves que l’Armée détiendrait contre lui… car elles sont déclarées « secret défense ». Jugé coupable, il est condamné à la déportation à vie sur l’île du Diable, au large de la Guyane. Il y est enfermé et surveillé. Sous un climat étouffant et humide, il tombe rapidement malade.
La case de Dreyfus sur l’île du Diable. On lui a construit une case de 5 m de côté ainsi qu’une case pour les gardiens. En 1897, suite à des rumeurs d’évasion, une nouvelle case est installée au sommet de l’île. c’est une cellule divisée ne 2 par une grille dans laquelle se tenaient les gardiens. Elle était entourée d’une palissade en bois et dominée d’une tour de guet était équipée d’un canon.
En Mars 1896, des papiers volés dans la poubelle de l’ambassade d’Allemagne atterrissent sur le bureau du chef du renseignement militaire : le lieutenant Picquart.Intrigué par des morceaux de papiers bleus, Picquart reconstitue le document… il découvre alors un écrit de l’attaché militaire allemand qui devait être envoyé à un certain Ferdinand Walsin Esterhazy… officier de l’armée française.
Le télégramme (« petit bleu ») de Schwartzkoppen à Esterhazy, 1896
Le lieutenant-colonel Picquart mène l’enquête et, à la lecture d’une lettre rédigée par Esterhazy, constate que l’écriture est la même que sur le bordereau qui a fait accuser Dreyfus !Il avertit sa hiérarchie, mais ses supérieurs refusent d’avouer leur erreur. Pour eux, le coupable a été jugé et il est impossible de revenir sur cette affaire !Ils l’accusent alors d’avoir créé de faux documents, l’éloignent en Tunisie et le font finalement emprisonner. Après avoir tenté d’innocenter son frère, Mathieu Dreyfus se bat pour obtenir une révision du procès.L’État-major craignant une révision, produit des « faux » afin d’alourdir le dossier d’Alfred Dreyfus. De son côté, Esterhazy demande à être jugé… Il comparaît devant le tribunal militaire le 10 janvier 1898. A l’unanimité, les juges prononcent… l’acquittement. Il est libre.
Pochette de papier à cigarettes
C’en est trop ! Emile Zola, qui a rejoint ceux qui sont persuadés de l’innocence de Dreyfus publie une lettre à destination du président de la République, le 13 janvier 1898, dans le journal l’Aurore. Il y reprend toute l’affaire et accuse plusieurs membres de l’État-major, jusqu’au ministre de la guerre.Zola espère être accusé de diffamation pour démontrer les irrégularités de l’Affaire Dreyfus.
Depuis 1894, et surtout depuis la publication de l’article du « J’accuse », la société française est très partagée sur l’affaire. Certains le pensent innocent ( les Dreyfusards), d’autres le pensent coupables ( les Antidreyfusards). Ces derniers sont souvent antisémites et sont parfois de fervents défenseurs de l’Armée. Les deux camps se livrent à une véritable bataille par médias interposés ( journaux, affiches)
Dessin de presse de Caran d’Ache, le Figaro, 14 février 1898.En Haut : « Surtout ne parlons pas de l’affaire Dreyfus ! »En bas : … ils en ont parlé
En 1899, un nouveau procès est organisé à Rennes et Dreyfus est convié.
La ville a été choisie car elle est réputée calme et cela réduirait le risque d’affrontement entre Dreyfusards et Antidreyfusards… Il n’en est rien ! L’atmosphère se tend rapidement, des manifestations éclatent et un des avocats d’Alfred Dreyfus est touché par une balle de revolver.
le Lycée Émile Zola où se tient le procès Dreyfus en 1899, (Collection Musée de Bretagne)
Après un mois de procès, le 10 septembre 1899, Dreyfus est de nouveau reconnu coupable de trahison mais est, cette fois-ci, condamné à « seulement » 10 ans d’emprisonnement.
Le 19 septembre 1899, Dreyfus obtient la grâce du président de la République. Il est libéré mais est toujours considéré comme coupable. Il lui faut attendre un troisième procès en 1906 pour qu’il soit réhabilité. Il est alors déclaré innocent et il réintègre l’Armé française. Le 26 Juillet de la même année, il reçoit la légion d’honneur.
Alfred Dreyfus (au premier plan à droite) après la cérémonie de remise de la légion d'honneur par le général Gillain, dans la grande cour de l'Ecole militaire, le 21 Juillet 1906
ET POURTANT … Zola décède en 1902. La république décide de l’honorer en faisant entrer ses cendres au Panthéon. Lors de la cérémonie le 4 juin 1908, Dreyfus est victime d'un attentat par balles et est légèrement blessé au bras.
L'auteur de l'attentat, Louis Grégori, un activiste antisémite d’extrême droite est acquitté, essentiellement à cause de trop nombreuses erreurs de procédures dans l’instruction du procès… ALORS C’EST A VOUS : vous êtes l’avocat de Dreyfus lors du procès de septembre 1908 !
Louis Gregori en 1808
L’affaire Dreyfus : toute une histoire !
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L'affaire Dreyfus, toute une histoire
En 1894, une femme de ménage trouve un bordereau déchiré en plusieurs morceaux dans la poubelle de l’attaché militaire de l’ambassade d’Allemagne.En réalité cette femme travaillait pour les services de renseignements français ( espionnage) et était chargée de ramener tous les documents découverts à un officier d’Etat -major, le commandant Henri.Après étude, le commandant Henri découvre un traître ! Un membre de l’Etat-major français vendrait des informations militaires confidentielles aux Allemands.
Retranscription du bordereau ( nous ne possédons plus l’original mais seulement des photos)
L’État-major recherche activement le traître dans ses rangs.Rapidement, un officier est soupçonné. Il s’agit du capitaine Alfred Dreyfus.
Pour ses accusateurs, Alfred Dreyfus a deux défauts de taille : il est juif et Alsacien…A cette époque l’antisémitisme ( haine de Juifs) est très répandu dans la société française. De plus, depuis la défaite de 1870, L’Alsace a été annexée à l’Allemagne. : sa culpabilité est donc évidente !
Alfred Dreyfus en 1894 ( Wikipedia)
Carte de l'Alsace-Lorraine, extrait du livre scolaire "La deuxième année de géographie" de Pierre Foncin, publié en 1888.
Alfred Dreyfus est convoqué au ministère au Ministère de la Guerre, à Paris.
Extrait du téléfilm d’Yves Boisset, l’Affaire Dreyfus, 1994
Il lui est alors demandé de recopier un texte dicté par le commandant Du Paty de Clam, sous un faux prétexte. Dreyfus s’exécute…Le commandant du Paty de Clam, sans réelle analyse de l’écriture, le met en état d’arrestation.
A Paris, le 5 janvier 1895, une foule s’est réunie sur la cour de l’École militaire ( cour des Invalides). Les officiers d’état-major sont présents et les élèves officiers ont été convoqués. Alfred Dreyfus est dégradé. Ses grades sont arrachés violemment et son sabre est brisé. Il clame alors : « Soldats, on dégrade un innocent Soldats, on déshonore un innocent, Vive la France, Vive l’Armée. »
Une du quotidien, Le petit Journal, 10 janvier 1895
Accusé d’espionnage au profit de l’Allemagne et donc, de haute trahison, il est rapidement jugé. Pourtant ses avocats n’arrivent jamais à voir les preuves que l’Armée détiendrait contre lui… car elles sont déclarées « secret défense ». Jugé coupable, il est condamné à la déportation à vie sur l’île du Diable, au large de la Guyane. Il y est enfermé et surveillé. Sous un climat étouffant et humide, il tombe rapidement malade.
La case de Dreyfus sur l’île du Diable. On lui a construit une case de 5 m de côté ainsi qu’une case pour les gardiens. En 1897, suite à des rumeurs d’évasion, une nouvelle case est installée au sommet de l’île. c’est une cellule divisée ne 2 par une grille dans laquelle se tenaient les gardiens. Elle était entourée d’une palissade en bois et dominée d’une tour de guet était équipée d’un canon.
En Mars 1896, des papiers volés dans la poubelle de l’ambassade d’Allemagne atterrissent sur le bureau du chef du renseignement militaire : le lieutenant Picquart.Intrigué par des morceaux de papiers bleus, Picquart reconstitue le document… il découvre alors un écrit de l’attaché militaire allemand qui devait être envoyé à un certain Ferdinand Walsin Esterhazy… officier de l’armée française.
Le télégramme (« petit bleu ») de Schwartzkoppen à Esterhazy, 1896
Le lieutenant-colonel Picquart mène l’enquête et, à la lecture d’une lettre rédigée par Esterhazy, constate que l’écriture est la même que sur le bordereau qui a fait accuser Dreyfus !Il avertit sa hiérarchie, mais ses supérieurs refusent d’avouer leur erreur. Pour eux, le coupable a été jugé et il est impossible de revenir sur cette affaire !Ils l’accusent alors d’avoir créé de faux documents, l’éloignent en Tunisie et le font finalement emprisonner. Après avoir tenté d’innocenter son frère, Mathieu Dreyfus se bat pour obtenir une révision du procès.L’État-major craignant une révision, produit des « faux » afin d’alourdir le dossier d’Alfred Dreyfus. De son côté, Esterhazy demande à être jugé… Il comparaît devant le tribunal militaire le 10 janvier 1898. A l’unanimité, les juges prononcent… l’acquittement. Il est libre.
Pochette de papier à cigarettes
C’en est trop ! Emile Zola, qui a rejoint ceux qui sont persuadés de l’innocence de Dreyfus publie une lettre à destination du président de la République, le 13 janvier 1898, dans le journal l’Aurore. Il y reprend toute l’affaire et accuse plusieurs membres de l’État-major, jusqu’au ministre de la guerre.Zola espère être accusé de diffamation pour démontrer les irrégularités de l’Affaire Dreyfus.
Depuis 1894, et surtout depuis la publication de l’article du « J’accuse », la société française est très partagée sur l’affaire. Certains le pensent innocent ( les Dreyfusards), d’autres le pensent coupables ( les Antidreyfusards). Ces derniers sont souvent antisémites et sont parfois de fervents défenseurs de l’Armée. Les deux camps se livrent à une véritable bataille par médias interposés ( journaux, affiches)
Dessin de presse de Caran d’Ache, le Figaro, 14 février 1898.En Haut : « Surtout ne parlons pas de l’affaire Dreyfus ! »En bas : … ils en ont parlé
En 1899, un nouveau procès est organisé à Rennes et Dreyfus est convié. La ville a été choisie car elle est réputée calme et cela réduirait le risque d’affrontement entre Dreyfusards et Antidreyfusards… Il n’en est rien ! L’atmosphère se tend rapidement, des manifestations éclatent et un des avocats d’Alfred Dreyfus est touché par une balle de revolver.
le Lycée Émile Zola où se tient le procès Dreyfus en 1899, (Collection Musée de Bretagne)
Après un mois de procès, le 10 septembre 1899, Dreyfus est de nouveau reconnu coupable de trahison mais est, cette fois-ci, condamné à « seulement » 10 ans d’emprisonnement.
Le 19 septembre 1899, Dreyfus obtient la grâce du président de la République. Il est libéré mais est toujours considéré comme coupable. Il lui faut attendre un troisième procès en 1906 pour qu’il soit réhabilité. Il est alors déclaré innocent et il réintègre l’Armé française. Le 26 Juillet de la même année, il reçoit la légion d’honneur.
Alfred Dreyfus (au premier plan à droite) après la cérémonie de remise de la légion d'honneur par le général Gillain, dans la grande cour de l'Ecole militaire, le 21 Juillet 1906
ET POURTANT … Zola décède en 1902. La république décide de l’honorer en faisant entrer ses cendres au Panthéon. Lors de la cérémonie le 4 juin 1908, Dreyfus est victime d'un attentat par balles et est légèrement blessé au bras.
L'auteur de l'attentat, Louis Grégori, un activiste antisémite d’extrême droite est acquitté, essentiellement à cause de trop nombreuses erreurs de procédures dans l’instruction du procès… ALORS C’EST A VOUS : vous êtes l’avocat de Dreyfus lors du procès de septembre 1908 !
Louis Gregori en 1808
L’affaire Dreyfus : toute une histoire !