Intimité et collectif
Thomas Coulom
Où se trouve la notion d'intimité et de collectif dans cette photo ?
Le Goff nous rappelle que : « L'intimité apparaît comme un concept « flottant » » c'est-à-dire qu'« elle n'est saisissable que mise en relation aux situations où elle est vécue ou signifiée ». Son approche « dans la singularité des situations en fait un objet complexe »
MARCHAL
- « s'attaquer, nier et détruire chez l'individu tout ce qui est de l'ordre de l'intime est un moyen de le soumettre et de l'avilir »
- dans les camps de concentration, « l'interdiction délibérée de toute intimité était utilisée (...) à des fins de dépersonnalisation, d'avilissement et de destruction de ce sentiment d'identité »
- la vie asilaire « exemple type d'institution totalitaire au sein desquelles la vie des individus est réglée dans les moindres détails du quotidien, l'intime était forcément partagé à un moment ou à un autre »
JOSEPH
- les « espaces institutionnels sont des lieux de résidence, coupés du monde extérieur, où l'on mène une vie recluse dont les modalités sont explicitement et minutieusement réglées avec ses barrières faisant fonction de défense contre un milieu extérieur perçu comme menaçant et perturbateur »
- les « règles d'affectation, d'ocupation ponctuelle, d'interdiction d'accès mettent la personne accueillie en situation de liberté surveillée »
JOSEPH - BRIZAIS
- le « contrôle de la distance aux personnes et à l'environnement apparaît plus maitrisable que les désirs et les émotions internes »
- il y a forcément « antinomie entre le besoin de contrôle des professionnels idéalement satisfait par le « panoptique » et le besoin de la personne de se soustraire aux regards »
- « Le fait de tenir sous le regard de manière constante définit l'emprisonnement, qui accompagne la privation de la liberté d'aller et venir »
L'institution...
NUSS - JOSEPH
- Intimité et autonomie physique « son intimité était accessoire puisqu'elle n'avait pas d'autonomie physique »
- « L'institution doit jouer sur ce plan un rôle exemplaire. Elle doit montrer comment elle s'y prend pour poser les limites, les distances, et les faire respecter »
BRIZAIS
- « Le collectif prime l'individuel, parce que l'institution précède le sujet »
- « Le sujet d'efface devant les prescriptions institutionnelles qui prennent le pas sur son autonomie ordinaire. Sans perdre nécessairement toute capacité d'initiative, celle-ci se trouve singulièrement réduite »
Un droit à l'intimité
Le droit
- « Le droit à la vie privée et l'intimité garanti par l'article 8-1 de la Convention européenne des droits de l'homme est affirmé à l'article 9 du Code Civil » - JOSEPH
- « Depuis la promulgation de la loi du 2 janvier 2002 rénovant l'action sociale et médico-sociale, plusieurs documents ont vu le jour au sein desquels (Charte des droits des usagers, réglements de fonctionnement, livret d'accueil, etc.), il est sans cesse fait référence au respect de l'intimité de l'usager ». Éditorial
Le droit
- « Ce n'est que la reconnaissance croissante de l'autonomie et de la citoyenneté des personnes handicapées et, particulièrement, de celles nécessitant un accompagnement constant, qui a amené à la reconnaissance de l'intimité de ces personnes, donc à la prise de conscience de cette intimité et de ce que cette conscientisation implique » - NUSS
Le droit
- « Le droit à l'intimité relève des libertés publiques. Ce n'est pas affaire de « réglement intérieur » comme de nombreuses institutions s'obstinent encore à le penser quand elles l'inscrivent dans leur réglement comme si cela relevait d'une production originale de leur part ». BRIZAIS
- « le droit à avoir une « intimité » est essentiel, aussi bien du point de vue du développement psychique de chacun que de l'organisation social » TISSERON
!!!
« Le sujet qui nous accompagnons va régulièrement tenter de nous amener sur le terrain de sa problématique et à ce qui n'est pas résolu au plus intime de lui-même » MARCHAL
Définition(s)
Différentes approches de l'intimité
NUSS
- « L'intime est d'ordre physiologique alors que l'intimité est avant tout d'ordre psychologique et culturel »
- « la notion de pudeur devient très vite relative voire superflue ou inexistante lorqu'on est en situation de « grande dépendance » (...) ce qui n'empêche pas d'éprouver parfois des sentiments de gêne devant certaines situations « de mise à nu » particulièrement humiliantes »
TISSERON
- L'« intimité est définie en référence à ce qu'elle n'est pas : le domaine public qui engage ce qu'on partage avec le plus grand nombre, et le domaine privé qui concerne ce qu'on partage seulement avec quelques personnes choisies, et qui se confond traditionnellement avec la famille. L'intimité, par opposition à ces deux domaines, est ce qu'on ne partage pas, ou seulement avec quelques très proches, etc. »
JOSEPH
- « L'intime (de intimus en latin) signifie « ce qui est profondément intérieur », ce qui fait l'essence d'un être, mais aussi qui peut faire l'objet de liens étroits »
- « un territoire qui l'on réserve à soi-même, comme sa chambre, son corps ou son journal intime, et à certains privilégiés que l'on considére comme ses proches »
JOSEPH
- « L'intimité produit culturel, se construit sur deux types de propriétés consacrés par le droit : la propriété privée et la propriété de soi »
L'approche de NUSS
- « Il n'y a pas une intimité, il y en a de multiples, dont les plus importantes sont : l'intimité environnementale, l'intimité physique et l'intimité sexuelle »
- « Chaque intimité génère ses codes et ses règles, reposant entre autres sur des usages culturels et religieux, mais aussi sur des positionnements personnels »
- « l'intimité environnementale est très présente dans les lieux où l'on est confronté à sa pudeur, donc à l'intimité physique »
- « l'intimité physique relève de tout ce que l'on ne veut pas ou que l'on a du mal à dévoiler à autrui, que l'on préfère préserver du regard d'autrui »
- « l'intimité sexuelle découle généralement d'un rapprochement sentimental doublé d'une attirance physique réciproque »
L'approche de LE GOFF
- « l'intimité permet au sujet de se séparer psychiquement des autres et de l'entourage, de se recentrer sur lui-même, sur son corps, ses émotions, ses pensées, ses rêves. Elle est un temps d'expression de l'individualisation»
- « le sujet en accédant à l'intimité se donne une possibilité de se préserver physiquement et psychiquement. (...) un remède au repli sur soi et à bien des formes d'aggressivité »
- « elle est l'accès à une des formes de l'autonomie psychique »
- « l'intimité est le lieu où le sujet se soustrait volontairement et temporairement aux autres »
L'intimité de sa pensée
« C'est un véritable apprentissage que de se dire sans pour autant ne pas tout dire et à n'importe qui » JOSEPH
BRIZAIS
- « Au nom de la démocratie, l'institution de soin moderne, se déclarant résolument respectueuse de la loi 2002-2, qui place l'usager au centre, s'est presque crue en droit d'exiger cette participation de l'usager.
Là où la loi pose un droit, par un retournement subtil, cela devient une obligation »
- La Haute Autorité de Santé (HAS) : « il est rappelé que la participation n'est en aucun cas exigible de l'usager. Il s'agir de l'exercice d'un droit, non d'une obligation »
- « la liberté d'expression a donc son corollaire dans le droit à l'intimité de sa pensée ... »
BRIZAIS
- « le plus essentiel pour nous est le droit à l'intimité de sa pensée, c'est-à-dire le droit absolu de ne pas répondre aux questions que l'on vous pose »
Droit d'être « tranquille dans sa pensée, dans son histoire, sans être dans l'obligation de la livrer, droit de ne pas raconter sa vie, pour la énième fois, droit de ne pas dire ce qui nous traverse l'esprit »
BRIZAIS
- « Nombre d'acteurs sont à l'affût de la parole intime de l'usager ; cela devient parfois un enjeu de pouvoir entre professionnels. À qui se confie-t-il ? Sous-entendu avec s'entend-il bien ? »
- « l'usager doit se livrer, ou sous une forme plus moderne, c'est-à-dire plus molle et plus floue, communiquer. L'obligation de communiquer est donc pour nous la première atteinte à l'intimité des sujets »
GRANVAL
- « Des faits confidentiels sont souvent évoqués en salle du personnel devant des acteurs non concernés. Pire, quelque fois cela se fait aux poses cigarettes en présence d'autres jeunes qui écoutent discrétement »
- « Plus il y a de personnes informées, plus le secret partagé risque de de devenir un secret de polichinelle »
- « Un document écrit peut les poursuivre toute leur vie »
NUSS
- « contraitement à ce que l'on pourrait penser, le respect de la parole intime est tout aussi important que le respect de la sphère génitale »
- « Être capable d'écouter et d'accompagner la parole intime de quelqu'un n'est pas forcément une chose aisée et naturelle en matières d'accompagnement à la personne »
Question de distance
PELEGE
- « Il ne s'agit pas d'empêcher bien évidemment des contacts de proximité dans les relations d'autorité, comme cela se fait parfois dans les lieux éducatifs, mais de penser que certains gestes nécessitent d'être explicités ou prévenus dans la mesure où celles et ceux qui les reçoivent ou les perçoivent sont autres que ceux qui les dispensent »
- « Certains gestes peuvent tout à fait être accompagnés de sens et de termes qui vont éclairer l'attitude de proximité »
CHENET - PELEGE
- « L'intimité n'est pas un concept détaché de la relation. Lorsque l'intervenant agit en direction de l'autre il le fait avec son mandat, sa technique mais aussi avec sa personnalité et par là avec une part de sa propre intimité »
- « il est possible d'être intime avec quelqu'un sur le plan spirituel, intellectuel, affectif et même physique, sans qu'il n'y ait rien d'érotique »
Intimité et collectif
pmb832@
Created on June 1, 2026
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Intimité et collectif
Thomas Coulom
Où se trouve la notion d'intimité et de collectif dans cette photo ?
Le Goff nous rappelle que : « L'intimité apparaît comme un concept « flottant » » c'est-à-dire qu'« elle n'est saisissable que mise en relation aux situations où elle est vécue ou signifiée ». Son approche « dans la singularité des situations en fait un objet complexe »
MARCHAL
JOSEPH
JOSEPH - BRIZAIS
L'institution...
NUSS - JOSEPH
BRIZAIS
Un droit à l'intimité
Le droit
Le droit
Le droit
!!!
« Le sujet qui nous accompagnons va régulièrement tenter de nous amener sur le terrain de sa problématique et à ce qui n'est pas résolu au plus intime de lui-même » MARCHAL
Définition(s)
Différentes approches de l'intimité
NUSS
TISSERON
JOSEPH
JOSEPH
L'approche de NUSS
L'approche de LE GOFF
L'intimité de sa pensée
« C'est un véritable apprentissage que de se dire sans pour autant ne pas tout dire et à n'importe qui » JOSEPH
BRIZAIS
- « Au nom de la démocratie, l'institution de soin moderne, se déclarant résolument respectueuse de la loi 2002-2, qui place l'usager au centre, s'est presque crue en droit d'exiger cette participation de l'usager.
Là où la loi pose un droit, par un retournement subtil, cela devient une obligation »BRIZAIS
Droit d'être « tranquille dans sa pensée, dans son histoire, sans être dans l'obligation de la livrer, droit de ne pas raconter sa vie, pour la énième fois, droit de ne pas dire ce qui nous traverse l'esprit »
BRIZAIS
GRANVAL
NUSS
Question de distance
PELEGE
CHENET - PELEGE