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QU’EST-CE QUE LA MONNAIE ET COMMENT EST-ELLE CRÉÉE ?

simon.gomis

Created on May 25, 2026

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MONNAIE, BANQUES ET CREATION MONETAIRE

QU’EST-CE QUE LA MONNAIE ET COMMENT EST-ELLE CRÉÉE ?

La monnaie est l’ensemble des moyens de paiement dont disposent les agents économiques pour effectuer leurs transactions.

Les fonctions économiques de la monnaie

Les économistes définissent généralement la monnaie par ce qu’elle fait, plus précisément par les fonctions économiques qu’elle remplit. Cette approche de la monnaie dite approche fonctionnaliste est ancienne puisqu’elle remonte au philosophe grec Aristote (384 av. J.-C. - 322 av. J.-C.). Généralement, les économistes considèrent que la monnaie remplit trois fonctions économiques principales.

1. Une fonction d’unité de compte

2. Une fonction d’intermédiaire des échanges

3. Une fonction de réserve de valeur

Les fonctions sociale et politique de la monnaie

La monnaie a une fonction de lien social.

La monnaie a une fonction de lien social. C'est la thèse soutenue par Michel Aglietta et André Orléan, pour qui la monnaie est une expression de la souveraineté, mais plus généralement « des valeurs globales de la société ». Selon A. Orléan, le « In God we trust » imprimé sur les dollars américains atteste de cette dimension culturelle de la monnaie. L'argent n'est donc pas qu'un instrument qui facilite les échanges, il est aussi un opérateur d'appartenance collective.

Objet ambivalent, la monnaie est un bien privé, exclusif et rival dont l’usage est appropriable, mais c’est aussi un bien public, collectif et de réseau, dont on ne peut faire usage que si beaucoup d’autres le font aussi. ( Jézabel Couppey-Soubeyran économiste, maîtresse de conférences à l'Université Paris-I, et à l’Ecole d’économie de Paris). La monnaie est un instrument du lien social. Elle relie l’individu au corps social.

La monnaie est une institution. elle définit un langage commun aux membres de la société. elle est un moyen de cohésion sociale et repose sur la confiance.

La monnaie a une fonction politique.

La monnaie est intimement liée au pouvoir et notamment au pouvoir politique. Elle est un élément de la souveraineté.

Dès que la monnaie a reçu un support métallique ou papier, tous les souverains, toutes les républiques y ont imprimé leur sceau pour en faire le symbole de leur puissance. En même temps, le pouvoir politique garantit la valeur de l’argent. Une monnaie doit inspirer confiance pour être acceptée par tous et c’est l’État qui, bien souvent, donne sa légitimité à la monnaie.

L’histoire de France montre que notre pays s’est unifié politiquement et économiquement au « moment où ont existé une monnaie et un système de paiement uniques. La monnaie a renforcé le développement pacifique des échanges et est devenue un élément de référence commun (comme le langage) pour la communauté nationale.

La monnaie est une institution garantie par l’État

Le pouvoir du dollar

« Les Etats-Unis font tout pour empêcher qu’un front anti-dollar ne se constitue »

Chronique de Jacques Attali31 janvier 2026 Durée 01 : 02

Philosophie de l'argent

Dans notre société capitaliste marquée par le déclin des valeurs religieuses, la valorisation de l’argent comme fin en soi, imprègne les rapports sociaux et la culture. L’argent devient en quelque sorte « la mesure de toutes choses » il influence les relations sociales, les sentiments des individus et la culture. En somme, Simmel montre que l’argent est devenu une valeur absolue. En effet, bien que vouée à l’échange, la monnaie peut être désirée pour elle-même et devenir alors un pur objet d’adoration. Selon Simmel il y a au moins trois façons d’adorer l’argent. L’avarice, la prodigalité et la cupidité.

L’avarice est moins le désir d'accumuler de l'argent que la difficulté de s'en séparer. L’avare retient l’argent (la cassette d’Harpagon !). C'est un anxieux, toujours obsédé d’une possible fuite de son précieux liquide.

La prodigalité c'est le contraire de l'avarice Ici, la jouissance ne résulte pas de la possession d’argent mais de la dépense, quel qu'en soit l'objet ; un comportement qui peut devenir compulsif dans une société où tout est mis en œuvre pour inciter à la consommation.

La prodigalité est la maladie de la dilapidation.

Le prodigue dépense, gaspille et semble totalement détaché de l’argent. C’est tout au moins ainsi qu’il se montre aux autres.

Le prodigue symbolise l’économie ostentatoire

Le cupide cultive son gain de façon méthodique et rationnelle.

Tout comme l’avare, le cupide considère l’argent comme une fin absolue. Le cupide recherche de l'argent pour l'argent. Mais à la différence de l’avare il désire toujours l’argent qu’il n’a pas encore.

Symbole de l’économie florissante,

le cupide est le capitaliste type qui cherche à gagner toujours plus, mais dont l’éventuelle ruine n’est pas un drame comme l’avare.

Les formes de la monnaie à travers le temps

Historiquement, la monnaie a pu prendre de nombreuses formes dont certaines peuvent paraître insolites : plumes, coquillages sels, lingots et pièces de métaux précieux, etc. Les cauris, une variété de coquillages présente dans l’océan Indien et l’océan, furent longtemps une des formes de monnaie la plus commune, utilisée dans les échanges par les marchands chinois, indiens et arabes, avant que l’usage de pièces métalliques ne s’impose progressivement.

Le "salaire" est l'un des plus vieux mots français, puisqu’il nous vient tout droit du latin "salarium", qui signifie une "ration de sel". En effet, les légionnaires romains recevaient une partie de leur salaire en sel.

687 av. J-C : les premières pièces sont frappées en Lydie (aujourd'hui en Turquie), sous le règne du roi Crésus.

1200 av. J-C : les Chinois utilisent les cauris comme monnaie.

806 : 821 : 1er billets de banque, en Chine.

Les formes de la monnaie à travers le temps

Pour être un bon intermédiaire des échanges la monnaie doit avoir quatre caractéristiques.

Les premières formes de monnaies auraient eu pour support des biens de toutes sortes (fourrures, bétail, céréales…). Il s’agit de monnaies marchandises. Le défaut des monnaies marchandises c’est qu’elles sont encombrantes, couteuses à produire, ou trop facilement périssables.Progressivement les monnaies métalliques se sont imposées, parce que les métaux précieux sont relativement inaltérables et facilement transportables. Pour certains observateurs, l’évolution monétaire se caractérise par une dématérialisation progressive de la monnaie.

Les formes de la monnaie

Quelles sont les caractéristiques d'une monnaie ? À quoi sert-elle ? D’où vient-elle ? Réalisée par la Banque de France, cette vidéo pédagogique revient sur les 4 formes de monnaies existantes (scripturale, fiduciaire, commerciale, centrale).

Banque de France Le 23 juin 2020 Durée 03 : 20

Les formes de la monnaie

Sur le plan opérationnel, la banque centrale émet de la monnaie centrale, à laquelle ont accès les banques commerciales, lesquelles émettent à leur tour de la monnaie commerciale lorsqu’elles accordent des crédits. Ce pouvoir de création monétaire des banques commerciales est toutefois encadré, par la règlementation bancaire, et limité par la nécessité de détenir une quantité minimale de monnaie centrale pour conserver la confiance des épargnants. Les agents économiques peuvent détenir de la monnaie sous plusieurs formes : fiduciaire, scripturale, électronique. Lire la suite.

Banques et financement de l'économie

Une banque est une institution financière essentielle qui collecte l’épargne, accorde des prêts et met à la disposition des clients des moyens de paiement.

Le système bancaire joue un rôle d'intermédiaire : on parle d'intermédiation bancaire. Lorsqu'une économie se finance essentiellement grâce au rôle d'intermédiation des banques, on parle d'une « économie d'endettement ».

Les banques : formes et fonctions.

A - Les différents types de banques.

1. Les banques de détail : un partenaire du quotidien

Les banques de détail, ou banques commerciales, sont celles que nous connaissons le mieux. Leur rôle est d’accompagner les particuliers et les petites entreprises dans leurs besoins financiers courants. Elles permettent d’ouvrir un compte, de déposer de l’argent ou d’accéder à des solutions de crédit pour financer un projet important. Elles sont également les intermédiaires pour des outils indispensables comme les cartes bancaires ou les applications de paiement.

2. Les banques d’investissement : des partenaires stratégiques pour les grandes entreprises

Les banques d’investissement sont spécialisées dans les services financiers apportés aux entreprises : fusions/acquisitions, lancements ou placements d'emprunts, montages financiers divers (augmentations de capital, filialisations...). Les banques d’investissement interviennent essentiellement dans trois domaines : • La levée de capitaux • Les fusions et acquisitions : • Les marchés financiers

En France, on peut citer comme exemples de banques d'investissement Lazard ou Rothschild & Cie, ou Natixis (filiale commune des Caisses d'épargne et des Banques populaires).

3. Les banques universelles

Les Banques universelles sont des grands ensembles bancaires et financiers présents dans tous les métiers de la banque (banque de détail, banque d'investissement, banque d'affaires) et s'adressent ainsi à toute typologie de clientèle (particuliers, entreprises, investisseurs institutionnels).

4. La banque centrale : la « banque des banques ».

Une banque centrale est une institution financière, le plus souvent publique, en charge d’un ensemble de missions dont les plus courantes sont l’émission de la monnaie, la conduite de la politique monétaire et la supervision des paiements. La banque centrale a pour fonction de gérer le système de paiement, de contrôler le financement de l’économie et de mettre en œuvre la politique monétaire. Par exemple, la Banque Centrale Européenne (BCE) décide des politiques monétaires pour la zone euro. En ajustant les taux d’intérêt ou en intervenant sur la masse monétaire, elle influence directement la croissance économique et l’inflation. Les banques centrales sont également responsables de la supervision des banques commerciales pour s’assurer qu’elles respectent les normes financières en vigueur.

Les principales banques centrales

La Banque d'Angleterre est la banque centrale du Royaume-Uni. Créée en 1694, elle est connue sous le nom de « La vieille dame de Threadneedle Street » (The old lady of Threadneedle street).

La Banque centrale européenne (BCE), créée en 1999, située à Francfort, est la banque centrale responsable de la monnaie unique européenne, l’euro. Elle est au centre de l’Eurosystème qui comprend la BCE et les Banques centrales nationales des 20 pays ayant adopté l’euro. Christine Lagarde est l’actuel « gouverneur de la Banque centrale européenne ». La française est présidente de la BCE depuis le 1er novembre 2019. Federal Reserve System (FED) Créée le 23 décembre 1913 par le « Federal Reserve Act » en réaction à la crise financière de 1907, la FED (FEDeral Reserve System) est la banque centrale des États-Unis. Le président de la Fed depuis 2018 est Jerome Powell.

BoJ (Bank Of Japan) est la banque centrale du Japon. Sous l’ère Meiji, le ministre du Trésor Matsukata Masayoshi instaure en 1882 la Banque du Japon, qui émet depuis lors le papier monnaie au nom du gouvernement.

5. Les banques systémiques : “too big to fail “

Les françaises BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale et BPCE sont des banques systémiques, tout comme l'américaine JPMorgan, la britannique Barclays, la suisse Credit Suisse, l'allemande Deutsche Bank ou encore l'espagnole Santander.Ces établissements ont une taille et une imbrication telles qu'une brusque disparition aurait des conséquences dévastatrices pour le système financier dans son ensemble et in fine sur l'économie réelle, que ce soit les ménages ou les entreprises.

On qualifie de « too big too fail » (« trop gros pour faire faillite »), les structures financières dont la faillite causerait la chute du système dans son ensemble.

aléa moral

On estime qu’il existe dans le monde une trentaine de banques systémiques, c’est-à-dire des banques dont la faillite entraînerait des conséquences négatives sur l’ensemble du système financier mondial. Celles-ci sont donc assurées, en principe, de se voir renflouer par l’Etat, en cas de crise intense, car les risques d’un effondrement du système sont trop grands.

Ce privilège pourrait inciter les banques systémiques à prendre davantage de risques car elles ont la certitude d’être sauvées quoi qu’il arrive et quoi qu’il en coûte. C’est ce que l’on appelle l’aléa moral.

L’aléa moral consiste dans le fait qu’une personne ou une entreprise assurée contre un risque peut se comporter de manière plus risquée que si elle était totalement exposée au risque.

Des efforts de régulation mais des banques toujours « too big to fail »

29 banques systémiques dans le monde : le risque n'a pas baissé [Thomas Renault]

Xerfi Canal - 10/01/ 2019Durée 6 : 02.

Selon le Conseil de stabilité financière , il y avait, début 2025, 29 banques systémiques :

7 banques systémiques en zone euro, dont 4 sont françaises (BNP Paribas, BPCE, Crédit Agricole, et Société Générale, auxquelles il faut ajouter Deutsche Bank en Allemagne, ING aux Pays Bas, Santander en Espagne), 8 aux Etats-Unis (JP Morgan Chase, Bank of America, Citigroup, Goldman Sachs, Bank of New York Mellon, Morgan Stanley, State Street, Wells Fargo),

5 en Chine (Agricultural Bank of China, Bank of China, China Construction Bank, Industrial and Commercial Bank of China, et la Bank of Communications (BoCom) à Hong-Kong), 3 au Royaume-Uni (HSBC, Barclays, Standard Chartered), 3 au Japon (Mitsubishi UFJ FG, Mizuho FG, Sumitomo Mitsui FG), 1 en Suisse (UBS), 2 au Canada (Royal Bank of Canada, Toronto Dominion).

B - Les principales fonctions des banques.

2. gestion des transactions financières

1. gestion des moyens de paiement

3. accorder des crédits.

6. le conseil

4. drainer l’épargne

5. Intermédiaire des marchés financiers

II

La création monétaire

A - Les banques commerciales créent de la monnaie par un simple jeu d’écriture en accordant des crédits aux particuliers et aux entreprises.

Comment est créée la monnaie ?

Contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas les États qui créent l'essentiel de la monnaie, mais bien les banques. À chaque fois qu'une banque accorde un crédit, elle génère de nouveaux dépôts à partir de rien, un processus appelé création monétaire ex nihilo. Ces dépôts circulent ensuite entre les différents acteurs économiques et les banques, qui doivent s'échanger des réserves auprès de la banque centrale pour équilibrer leurs bilans.

La finance pour tous, le 29 septembre 2025 - Durée 02 : 45

Les banques créent de la monnaie ex nihilo

L’essentiel de la création de monnaie provient des crédits accordés par les banques. En accordant un crédit les banques créent de la monnaie scripturale. Elle monétise une créance, c’est-à-dire qu’elles mettent à la disposition d’un agent économique une quantité de monnaie qui n’existe pas encore. Elles créditent le compte du client d’une certaine somme (50 000 euros) et le client pourra dépenser cette somme immédiatement.

« La banque crée, ex nihilo, de l’argent »

Bernard Maris(1946 – 2015)

« Les crédits font les dépôts »

Lorsqu’une banque octroie un crédit à un agent économique, elle met en circulation de la monnaie scripturale qu’elle crée. Aucune épargne préalable n’est donc nécessaire à la banque pour octroyer un crédit. Elle crée la monnaie « ex nihilo », à partir de rien. La création monétaire est une opération de monétisation, puisqu’à chaque fois qu’une banque accorde un crédit par un simple jeu d’écritures, elle transforme une dette (c’est-à-dire le crédit accordé du point de vue du débiteur) en moyens de paiement acceptés par tous les autres agents économiques. En revanche, « les crédits font les dépôts » puisque, lorsque la banque accorde un crédit, un dépôt apparait sur le compte du client. La contrepartie du dépôt est bien le crédit accordé.

B - Quelles sont les limites de la création monétaire par les banques ?

Comment est créée la monnaie ?

Banque de FranceLe 01 oct. 2024 Durée 3 : 16

La création monétaire par les banques commerciales est limitée.

C - La politique monétaire de la banque centrale

Banque centrale et taux directeurs : de quoi parle-t-on ?

Découvrez comment la Banque centrale, à travers ses taux directeurs, influence directement la vie économique de chacun. Nous vous expliquons de manière claire comment les décisions de la Banque centrale européenne et de la Banque de France sur les taux de refinancement affectent les taux d’emprunt, l’épargne, la consommation et la croissance. Vous comprendrez comment une hausse ou une baisse des taux permet de maîtriser l’inflation, d’encourager l’investissement ou de freiner une surchauffe économique.

La finance pour tous - Le 12 mars 2024 - Durée 02 : 46

La politique monétaire de la banque centraleVoir l'article de La finance pour tous.

III

Les crises bancaires sont une forme particulière de crise financière.

Le mot banque, comme la plupart des mots qui appartiennent à la langue cambiste, est dérivé de l’italien. Son origine est des plus modestes. Dans les villes italiennes du Moyen Age, il était d’usage que chaque négociant attitré, ou du moins chaque changeur, eût dans un lieu public une table ou un banc, banco, sur lequel il effectuait ses payements et ses recettes. De là est venu le mot banque. Quand le négociant, ayant fait de mauvaises affaires, manquait à ses engagements, on rompait son banc en signe de dégradation : banco rotto ; d’où est venu le mot banqueroute.

Banque Banqueroute

Charles COQUELIN, « Banque », Dictionnaire de l’économie politique, Coquelin et Guillaumin (éd.), tome 1, Guillaumin, Paris, 1852, p. 107.

Qu'est ce qu'une crise bancaire ?

Les crises bancaires se caractérisent par une chute de la rentabilité, voire une faillite, pour une ou plusieurs banques. Elles sont souvent dues à une crise de confiance à l’égard des banques qui conduit à une crise de liquidité quand les déposants retirent simultanément leurs avoirs. Si tous les déposants venaient à se ruer sur leurs dépôts (« bank run »), la banque serait dans l’incapacité d’honorer ses engagements à court terme, même si elle est rentable. Les crises bancaires peuvent être dues à un problème de rentabilité des banques, qui survient lorsque les prêts qu’elles ont octroyés et /ou la valeur de tous les actifs (actions, obligations, etc.) qu’elles détiennent sont insuffisants pour faire face aux engagements de court, moyen et long termes. Dans ce cas il s’agit d’une crise de solvabilité.

C'est quoi une crise bancaire ?

Les crises bancaires revêtent deux formes : 1) crise de liquidité et 2) crise de solvabilité.

A - Les paniques et faillites bancaires par ruées sur les dépôts.

Les paniques et faillites bancaires résultent parfois de « la demande contagieuse de conversion des dépôts en espèces » (Michel Aglietta)

Confrontés à la peur de perdre leur épargne, les déposants chercheront à la retirer avant que les autres déposants ne le fassent, pour minimiser leur risque de perte. Ce faisant, ils augmentent les besoins de liquidité de la banque… LIRE LA SUITE.

La faillite de Silicon Valley Bank

un exemple de bank run13 mars 2023 - Durée 3 : 35

B - Les paniques et faillites bancaires par dégradation de la qualité des actifs de la banque.

Les paniques et faillites bancaires résultent de « la détérioration de la qualité des créances bancaires par défaillance de leurs débiteurs » (Michel Aglietta)

Les faillites bancaires durant la crise des subprimes s’expliquent d’une part par la défaillance des débiteurs. En effet, en 2007 aux Etats-Unis des milliards de dollars de prêts font défaut ce qui fait chuter la rentabilité des banques. D’autre part, la valeur des titres liés aux prêts immobiliers hypothécaires, les subprimes, « est tombée à un niveau si bas qu’ils sont devenus invendables ou inutilisables comme collatéral pour des emprunts de liquidité. » (Mishkin*)

*Mishkin, F., (2013), Monnaie, banque et marchés financiers, 10° édition, traduction et adaptation de la 10° édition de The Economics of Money, Banking and Financial Markets, Pearson

C - De la panique bancaire aux faillites bancaires en chaîne.

Les paniques bancaires généralisées et les faillites bancaires en chaîne s'expliquent essentiellement par trois facteurs :

L’effet domino

L’effet mistigri

L’effet contagieux de la défiance bancaire

Pour approfondir

Comprendre les phénomènes de panique bancaire et de faillites bancaires en chaîne

Cours du Collège de France

Durée 14 : 33

IV

excès de crédit et crises financières.

A - LA grande récession

La crise des subprimes

La faillite de Lehman Brothers en 2008, marque le coup d’envoi de la plus grande crise financière mondiale, depuis 1929.

Tout commence dans les années 2000 aux Etats-Unis. Des millions de ménages modestes y contractent des emprunts à taux variables (les subprimes), gagés sur la valeur de biens immobiliers, grâce à des sociétés de crédit peu regardantes sur la capacité de ces ménages à rembourser. Lorsque les taux d’intérêt grimpent, ces ménages sont étranglés par les dettes. Sauf qu’au même moment, les prix de l’immobilier, qui connaissent une véritable bulle, se retournent et les créditeurs ne peuvent plus se rembourser sur la revente des maisons. Et, entre-temps, les subprimes ont été transformés (titrisés) en produits financiers complexes, eux-mêmes rachetés par les banques du monde entier ; le risque se retrouve ainsi disséminé sur l’ensemble de la planète.

Mathilde Damgé Le 09 août 2017

La crise des subprimes (2007-2008) - Décryptage

La crise des subprimes expliquée

Comprendre la crise des subprimes

Le Monde, le 11 août 2017.Durée 6 : 14

Up2School - 11 juin 2019Durée 7 : 21

La crise des subprimes trouve son origine dans un excès d’endettement des particuliers. Du fait de l’interdépendance économique et financière entre les pays, elle s’est rapidement propagée au monde entier.

Cliquez ici pour lire la suite

La crise des subprimes s'explique par la juxtaposition de plusieurs facteurs.

3. La politique monétaire de la Fed

1. Une prise de risque excessive des banques dans l’octroi de crédits.

4. La globalisation financière

5. Un modèle de croissance inégalitaire

2. Titrisation des crédits hypothécaires

1. Une prise de risque excessive des banques dans l’octroi de crédits.

2. Titrisation et Shadow Banking, au coeur de la crise des subprimes.

Comprendre les mécanismes du Shadow Banking

Qu’est-ce que la titrisation ?

Banque de France22 octobre 2021 Durée 3 : 35

Xerfi Canal, le 03.12. 2021Durée : 5 : 15

à retenir

synthèse

synthèse

Qu’est-ce que la titrisation ?

Qu'est ce qu'un collatéral ?

Lehman Brothers La faillite du siècle

Qu’est ce qu’un collatéral ?

Le mot anglais « collateral » se traduit littéralement par « garantie » et le terme collatéral, qui désigne ces garanties, est devenu d’usage courant en français dans le domaine de la finance. […] Ainsi, le collétaral est constitué de l’ensemble des garanties utilisées dans le secteur financier, à savoir essentiellement les titres et les espèces, mais également des matières précieuses comme l’or, ou d’autres types de biens (immeubles…). […] Certaines transactions financières impliquent un risque de crédit, c’est-à-dire un risque que l’une des contreparties fasse défaut avant d’avoir rempli son obligation (par exemple rembourser de la liquidité empruntée sur le marché interbancaire). Pour pallier ce risque, du collatéral est utilisé par les contreparties à la transaction. Il correspond à la garantie financière dont un créancier (la contrepartie A dans le schéma ci-contre) bénéficie pour se protéger contre le risque de défaut de son débiteur (la contrepartie B). En cas de défaillance du débiteur B, le créancier A a le droit de conserver les actifs remis en garantie afin de les « réaliser » par voie de vente ou d’appropriation et de couvrir ainsi la perte financière subie.

Banque de France, Paiements et infrastructure de marché à l’ère digitale, 2018.

3. Le changement de politique monétaire de la Fed

Une remontée des taux d'intérêt.

Un " boom de crédit qui a mal tourné ".

[A partir de 2006] la banque centrale des États-Unis, après des années de politique de taux bas, décide d’augmenter son taux d’intérêt directeur. Cette augmentation se répercute sur les taux d’intérêt des crédits subprimes. Face à l’incapacité de nombreux ménages à rembourser, leurs logements sont saisis. Leur remise en vente contribue à la chute des prix de l’immobilier. Les acteurs financiers détenteurs des titres associés à ces crédits subprimes connaissent d’importantes pertes. Certains, notamment Lehman Brothers, font faillite. Les bourses mondiales s’effondrent fin 2008.

Après le krach [des valeurs Internet au printemps de l'année 2000], la politique monétaire de la Fed a de nouveau été assouplie pour permettre à l'économie américaine de se relever. Après les attentats du 11 septembre 2001, les taux d'intérêt ont même été abaissés à 1 %. Cette réduction du coût de l'argent a certes permis de stimuler la consommation des ménages américains, leurs achats de logements et les investissements des entreprises. Mais elle a aussi permis aux financiers de multiplier les mécanismes d'emprunts de plus en plus sophistiqués et de plus en plus audacieux. "Les crédits ont agi comme des stéroïdes pour doper la croissance américaine. Mais il y a eu overdose. L'Amérique est aujourd'hui en cure de désintoxication", explique Joseph Stiglitz, économiste, Prix Nobel d'économie en 2001.

Pierre-Antoine Delhommais, Claire Gatinois et Anne Michel Le Monde, le 16 septembre 2008.

Synthèse à lire ici

4. La globalisation financière

synthèse

Comment expliquer la montée en puissance de la finance globalisée ?

Financiarisation de l'économie : cash misère

#DATAGUEULE 7020 février 2017 Durée 12 : 58

5. Un modèle de croissance inégalitaire

Cette crise s'enracine également dans un modèle de croissance inégalitaire notamment outre-Atlantique, dénoncé, entre autres par Thomas Piketty dans Le capital au xxe siècle. « Depuis les années 1970, les 20 % des ménages américains les plus pauvres ont vu l'augmentation de leur revenu ralentir en valeur absolue. La part des 10 % les plus riches dans le revenu total serait désormais équivalente au ratio qui prévalait il y a 80 ans, lors du déclenchement de la crise de 1929 » (Olivier Passet). Cet argument peut expliquer l'endettement excessif des ménages américains, y compris les plus pauvres, sachant que la propriété demeure chez eux un symbole incontournable de réussite à laquelle ils demeurent vivement attachés.

LE CAPITAL AU XXIE SIÈCLE

Un film de Justin Pemberton, Thomas Piketty 18 MARS 2020 (Extrait)

Des synthèses pour comprendre la crise des subprimes

Comprendre la crise de 2008

Crise des « subprimes » Du Krach financier à la grande récession.

Les principales caractéristiques de la crise financière de 2008 en trois schémas - cliquez ici

B - L’emballement du crédit au cœur de l’instabilité financière (Hyman Minsky)

Maîtriser l'instabilité financière : les leçons d'Hyman Minsky

Le grand œuvre de l’économiste américain Hyman Minsky Stabilizing an unstable economy, sorti en 1986, vient d’être publié en français par l’Institut Veblen et Les petits matins.

Xerfi Canal - 21/09/2016Durée 5 : 02

Toutes les grandes crises financières trouvent leur origine dans un excès de crédits.

" Si les spéculateurs peuvent compter sur un crédit illimité, personne ne peut dire l’ampleur de la crise qui s’en suivra " !

Baron James de Rothschild (1792 - 1868), devant une commission d’enquête française sur la circulation monétaire, en 1865.

La théorie du cycle du crédit.

Le crédit est une source endogène d’instabilité financière et les banques jouent un rôle central dans la montée des fragilités financières [Hyman Minsky, 1919 - 1996]

Prix Nobel d’économie 2022 : la science des crises bancaires récompensée.

Gestion des crises financières : des « Nobels » d’économie entre déjà-vu et révolution

Prix Nobel d’économie 2022 : B. Bernanke, D. Diamond et P. Dybvig récompensés

Prix Nobel d’économie : trois lauréats spécialisés dans l’étude des banques et des crises financières

Prix Nobel d'économie 2022 :

Il faut sauver les banques !

Le 19 octobre 2022

Durée 11 ; 01

Une faillite bancaire peut provoquer des défaillances en chaîne, en raison des interconnexions entre les banques et de la défiance des déposants. Ces effets de contagion ont des conséquences dévastatrices pour l’économie réelle.

Les éléments du cours à télécharger

Banques et financement de l'economie

excès de crédit et crises financières.

Simon GOMISCours d'économie ECT 1 ENC Bessières

© Dickcraft

La gestion des moyens de paiement est au cœur de l’activité de banque de détail. Elle permet aux particuliers d’utiliser les ressources qui parviennent sur leur compte bancaire (salaire, prestations et autres revenus) en émettant des chèques, en effectuant des retraits d’espèces, en réglant par carte bancaire ou en effectuant des virements.

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Le financement des agents économiques (ménages, entreprises, collectivités publiques) ne se fait pas uniquement par le recours au crédit : pour les entreprises, et notamment les grandes entreprises, le financement de leurs besoins se fait aussi par le recours au marché financier, les banques jouant le rôle d’intermédiaire. Les banques vont aider les aider les entreprises à lever des fonds. Par exemple, si une entreprise veut s’introduire en bourse, procéder à une augmentation de capital, lancer un emprunt obligataire, faire une offre publique d’achat, elle doit rédiger des prospectus et les faire valider par l’autorité de marché (AMF) ; pour cela elle a besoin des banques.

La monnaie est une « réserve de valeur », c’est-à-dire un élément que les agents économiques utilisent pour conserver du pouvoir d’achat à travers le temps et reporter à plus tard des décisions d’achat, d’investissement, etc. Par exemple, lorsqu’un agent économique dispose d’un billet 100 € dans son portefeuille, il n’a aucune obligation de les dépenser tout de suite et peut le garder pour le dépenser demain ou dans 10 ans. Toutefois, la « valeur » de ce billet n’est pas constante au cours du temps. En effet, s’il y a de l’inflation, le pouvoir d'achat de la monnaie diminue.

Quant au cupide, en dépit de son image négative, il est le vrai héros du capitalisme, il cultive son gain de façon méthodique et rationnelle. Homme insatiable peut-être mais homme d’une seule passion, constant et prévisible, il convoite des chiffres dont l’addition vertigineuse le met en joie, déclenche en lui une excitation inépuisable. Opération boursière, OPA (offre publique d’achat), rachat, fusion, il vit en état d’effervescence, au rythme des décharges d’adrénaline. L’argent à ses yeux est un ventre d’une fécondité inépuisable, une substance qui soulève le monde, accède à la beauté du colossal. Et comme il n’est pas de quantités qui ne puissent être dépassées, son ardeur ni son labeur ne connaissent de limites. Chasseur d’improbable, il noue de nerveuses romances avec les cours et les cotations, flaire les millions potentiels et pour chaque risque encouru connaît la volupté extraordinaire de la déchéance ou de la gloire. L’avare est personnage de l’économie statique, le prodigue de l’économie ostentatoire, le cupide de l’économie florissante. Pascal BRUCKNER, Misère de la prospérité. La religion marchande et ses ennemis, 2002.

La monnaie est avant tout un « intermédiaire des échanges », c’est-à-dire un élément que les agents économiques peuvent utiliser pour acheter n’importe quel bien ou service qui s’échange sur un marché ou pour rembourser leurs dettes. Cela ne peut évidemment être possible que si chacun a confiance dans le fait que la monnaie qu’il reçoit sera accepté comme règlement par les autres agents. La monnaie repose donc sur la confiance. Par ailleurs, la monnaie facilite les échanges qui seraient beaucoup trop complexes, avec le troc.

La prodigalité est la maladie de la dilapidation. Le prodigue à l’inverse de l’avare ne cesse de souligner chaque jour par une dépense effrénée à quel point l’argent lui est indifférent. Aucune fête, banquet, aucun achat coûteux ne l’arrêtent Au moment de jeter les deniers par la fenêtre, il guette le regard admiratif, extasié des autres qui le consacrent en généreux. Il tente de les persuader que le vil métal le laisse froid et fustige la pingrerie de ses congénères, leur petitesse financière. Mais son insistance de grand seigneur à débourser tant et plus prouve qu’il n’est pas complètement détaché de l’objet de son mépris. Lui-même n’en a jamais fini avec ce faux dieu, ses largesses sont trompeuses, il est engagé dans un interminable règlement de comptes. L’avare et le prodigue sont frères en contradiction : comme l’a bien vu Georg Simmel, ils sont les deux faces d’une même médaille, ils déifient également l’argent, l’un en le thésaurisant, l’autre en le gaspillant. L’avare est personnage de l’économie statique, le prodigue de l’économie ostentatoire, le cupide de l’économie florissante. Pascal BRUCKNER, Misère de la prospérité. La religion marchande et ses ennemis, 2002.

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L’avarice est la maladie de la rétention. L’avarice c’est l’amour de l’argent comme moyen absolu qui dépasse toutes les fins : aucune jouissance ne peut l’égaler puisqu’il les contient potentiellement toutes. Le grippe-sou n’accumule les billets, les pièces d’or que pour s’interdire d’en profiter, certain que son magot tel qu’il est ne pourra jamais le décevoir en raison même de son abstraction (Georg Simmel). Qu’on l’écorne d’un centime, c’est comme si on l’amputait, on l’écorchait vif. Il est sa fortune beaucoup plus qu’il ne la possède, elle fait partie intégrante de son être. L’avare et le prodigue sont frères en contradiction : comme l’a bien vu Georg Simmel, ils sont les deux faces d’une même médaille, ils déifient également l’argent, l’un en le thésaurisant, l’autre en le gaspillant. L’avare est personnage de l’économie statique, le prodigue de l’économie ostentatoire, le cupide de l’économie florissante. Pascal BRUCKNER, Misère de la prospérité. La religion marchande et ses ennemis, 2002.

La monnaie fiduciaire correspond aux pièces et aux billets. Elle tient son nom du latin fides, fidei qui signifie confiance (confiance dans l'émetteur de la monnaie sous forme de "simple papier" par opposition aux monnaies marchandises et aux monnaies métalliques associées à un métal précieux). Au demeurant, en France, la monnaie fiduciaire est la seule à avoir cours légal, dès lors les pièces et les billets en euro ne peuvent être refusés en paiement d’une créance. [...] Dans les principales économies avancées, cette forme de monnaie est émise directement par la banque centrale. La monnaie fiduciaire consiste donc en une créance sur la banque centrale, laquelle doit être en mesure de garantir sa valeur. Pour ce qui est des pièces, on parle parfois de monnaie divisionnaire, car lorsqu’il s’agit de centimes, ces pièces divisent la valeur de l’unité monétaire. En zone euro, les pièces ont la spécificité d’être émises par les Trésors nationaux. Lorsque la monnaie parvient sur un compte bancaire, il s’agit alors de monnaie scripturale. Lorsqu’un paiement est effectué en monnaie scripturale, un compte est crédité et un autre compte est débité. Il revient aux banques commerciales qui tiennent ces comptes d’assurer la régularité de ces écritures pour préserver la confiance en cette forme de monnaie scripturale commerciale. Cette monnaie, garantie par les banques commerciales, est alors utilisable pour effectuer des transactions entre agents économiques grâce à des moyens de paiement. L’innovation a aussi permis le développement de la monnaie électronique : il s’agit de monnaie stockée, sous la forme d’unités de compte, sur des supports numériques indépendants d’un compte bancaire. Il ne faut pas la confondre avec les projets de monnaie numérique conduits par des banques centrales.

https://www.banque-france.fr/fr/publications-et-statistiques/publications/monnaie-de-quoi-parle-t-on

Lien social Ensemble des liens culturels, sociaux et économiques qui relient les individus dans leur vie quotidienne et qui assurent l’unité et la cohésion de la société. Le lien social est le ciment qui fait tenir ensemble les membres d'une même société, qui les fait accepter une solidarité qui peut prendre la forme guerrière (nous défendons notre terre ou notre clan), la forme financière (je paye, en nature ou en argent, pour maintenir cette société dont je suis membre), ou d'autres formes.

Lien social Ensemble des liens culturels, sociaux et économiques qui relient les individus dans leur vie quotidienne et qui assurent l’unité et la cohésion de la société. Le lien social est le ciment qui fait tenir ensemble les membres d'une même société, qui les fait accepter une solidarité qui peut prendre la forme guerrière (nous défendons notre terre ou notre clan), la forme financière (je paye, en nature ou en argent, pour maintenir cette société dont je suis membre), ou d'autres formes.

Les banques commerciales doivent détenir un montant minimal (les réserves obligatoires) sur leur compte à la banque centrale, proportionnel au montant des dépôts de leurs clients sur leurs comptes ;

Le montant de leurs fonds propres (capital, réserves, etc.) doit être proportionnel aux crédits accordés. La création monétaire par le crédit s’accompagne donc d’un renforcement des besoins de capital pour les banques.

Les banques doivent mettre en place des procédures appropriées d’évaluation des risques afin d’apprécier la capacité de remboursement des emprunteurs et limiter ainsi les risques de défaut de paiement.