Lire et suivre un personnage : itinéraires romanesques
Séquence 16 - Les personnages féminins de la littérature du XIXe siècle
Description 👀
Dans ce diaporama, nous allons aborder le dernier chapitre en reprenant notre travail concernant la construction des personnages dans la litterature.
Objectifs pédagogiques 🔍
🔶Être capable de lire et de comprendre des extraits d’œuvres littéraires ;
🟡Être capable d'identifier les différentes caractéristiques des personnages féminins au XIXe siècle ; 🟩Être capable de se construire par la rencontre de personnages féminins aux destins riches et variés.
⚙️Activité introductive
Consignes : Donnez des noms de personnage féminin venant de la littérature. Durée : 10 minutes Utilisation du téléphone : Interdite 📵
🟩🔶
Les personnages féminins à travers les textes
🟩🔶
⚙️ Activité - Lecture et analyse
Consignes : Lisez les différents textes et répondez aux questions en faisant des phrases et en justifiant. Durée : 1 heure Utilisation du téléphone : Interdite 📵
📖 Texte 1 - Eugénie Grandet par Honoré de Balzac, 1833
🟩🔶
- Tenez, le voilà qui descend pour voir aux provisions…
Eugénie se sauva dans le jardin, tout épouvantée en entendant trembler l'escalier sous le pas de son père. Elle éprouvait déjà les effets de cette profonde pudeur et de cette conscience particulière de notre bonheur qui nous fait croire, non sans raison peut être, que nos pensées sont gravées sur notre front et sautent aux yeux d'autrui. En s'apercevant enfin du froid dénuement1 de la maison paternelle, la pauvre fille concevait une sorte de dépit2 de ne pouvoir la mettre en harmonie avec l'élégance de son cousin. Elle éprouva un besoin passionné de faire quelque chose pour lui : quoi ? elle n'en savait rien. Naïve et vraie, elle se laissait aller à sa nature angélique sans se défier3 ni de ses impressions, ni de ses sentiments.
Le seul aspect de son cousin avait éveillé chez elle les penchants naturels de la femme, et ils durent se déployer d'autant plus vivement, qu'ayant atteint sa vingt troisième année, elle se trouvait dans la plénitude4 de son intelligence et de ses désirs. Pour la première fois, elle eut dans le cœur de la terreur à l'aspect de son père, vit en lui le maître de son sort, et se crut coupable d'une faute en lui taisant quelques pensées. Elle se mit à marcher à pas précipités en s'étonnant de respirer un air plus pur, de sentir les rayons du soleil plus vivifiants, et d'y puiser une chaleur morale, une vie nouvelle. Pendant qu'elle cherchait un artifice5 pour obtenir la galette, il s'élevait entre la Grande Nanon6 et Grandet7 une de ces querelles aussi rares entre eux que le sont les hirondelles en hiver. Muni de ses clefs, le bonhomme était venu pour mesurer les vivres nécessaires à la consommation de la journée.
🟩🔶
⚙️ Questions texte 1
1. Quels rapports semblent entretenir Eugénie et son père ? Justifiez votre réponse en relevant un champ lexical. 2. Quels changements opère chez Eugénie l'arrivée de son cousin ?
3. Comment l'auteur donne t il accès aux pensées de son personnage ?
📖 Texte 2 - Madame Bovary par Gustave Flaubert, 1857
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Elle s'acheta un plan de Paris, et, du bout de son doigt, sur la carte, elle faisait des courses dans la capitale. Elle remontait les boulevards, s'arrêtant à chaque angle, entre les lignes des rues, devant les carrés blancs qui figurent les maisons. Les yeux fatigués à la fin, elle fermait ses paupières, et elle voyait dans les ténèbres se tordre au vent des becs de gaz1 , avec des marchepieds de calèches, qui se déployaient à grand fracas2 devant le péristyle3 des théâtres. Elle s'abonna à la Corbeille, journal des femmes, et au Sylphe des salons. Elle dévorait, sans en rien passer, tous les comptes rendus de premières représentations, de courses et de soirées, s'intéressait au début d'une chanteuse, à l'ouverture d'un magasin. Elle savait les modes nouvelles, l'adresse des bons tailleurs, les jours de Bois ou d'Opéra. Elle étudia, dans Eugène Sue4, des descriptions d'ameublements ; elle lut Balzac et George Sand, y cherchant des assouvissements imaginaires pour ses convoitises personnelles. À table même, elle apportait son livre, et elle tournait les feuillets, pendant que Charles mangeait en lui parlant. Le souvenir du Vicomte5 revenait toujours dans ses lectures. Entre lui et les personnages inventés, elle établissait des rapprochements. Mais le cercle dont il était le centre peu à peu s'élargit autour de lui, et cette auréole qu'il avait, s'écartant de sa figure, s'étala plus au loin, pour illuminer d'autres rêves.
🟩🔶
⚙️ Questions texte 2
1. Quelles stratégies développe Emma Bovary pour vivre ses rêves ? 2. Comment l'auteur nous montre t il la persévérance et la détermination du personnage ? Intéressez vous aux procédés d'écriture et aux temps des verbes.
3. Lire une image. Selon vous, le tableau de Hans Heyerdahl pourrait il illustrer cet extrait ? Vous répondrez à cette question en développant des arguments variés et étayés d'exemples pris dans le texte.
📖 Texte 3 - La petite Fadette par George Sand, 1849
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Écoute, Landry, lui dit elle, je suis plus à plaindre qu'à blâmer ; et si j'ai des torts envers moi même, du moins n'en ai je jamais eu de sérieux envers les autres ; et si le monde était juste et raisonnable, il ferait plus d'attention à mon bon cœur qu'à ma vilaine figure et à mes mauvais habillements. Vois un peu, ou apprends si tu ne le sais, quel a été mon sort depuis que je suis au monde. Je ne te dirai point de mal de ma pauvre mère qu'un chacun blâme et insulte, quoiqu'elle ne soit point là pour se défendre, et sans que je puisse le faire, moi qui ne sais pas bien ce qu'elle a fait de mal, ni pourquoi elle a été poussée à le faire. Eh bien ! le monde est si méchant, qu'à peine ma mère m'eut elle délaissée, et comme je la pleurais encore bien amèrement, au moindre dépit1 que les autres enfants avaient contre moi, pour un jeu, pour un rien qu'ils se seraient pardonné entre eux, ils me reprochaient la faute de ma mère et voulaient me forcer à rougir d'elle. Peut être qu'à ma place une fille raisonnable, comme tu dis, se fût abaissée dans le silence, pensant qu'il était prudent d'abandonner la cause de sa mère et de la laisser injurier pour se préserver de l'être. Mais moi, vois tu, je ne le pouvais pas. C'était plus fort que moi. Ma mère était toujours ma mère, et qu'elle soit ce qu'on voudra, que je la retrouve ou que je n'en entende jamais parler, je l'aimerai toujours de toute la force de mon cœur. Aussi, quand on m'appelle enfant de coureuse2 et de vivandière3, je suis en colère, non à cause de moi : je sais bien que cela ne peut m'offenser, puisque je n'ai rien fait de mal ; mais à cause de cette pauvre chère femme que mon devoir est de défendre. Et comme je ne peux ni ne sais la défendre, je la venge, en disant aux autres les vérités qu'ils méritent, et en leur montrant qu'ils ne valent pas mieux que celle à qui ils jettent la pierre. Voilà pourquoi ils disent que je suis curieuse et insolente, que je surprends leurs secrets pour les divulguer. Il est vrai que le bon Dieu m'a faite curieuse, si c'est l'être que de désirer connaître les choses cachées. Mais si on avait été bon et humain envers moi, je n'aurais pas songé à contenter ma curiosité aux dépens du prochain. […]
Quant à ne prendre soin ni de ma personne ni de mes manières, cela devrait montrer que je ne suis pas assez folle pour me croire belle, lorsque je sais que je suis si laide que personne ne peut me regarder. On me l'a dit assez souvent pour que je le sache ; et, en voyant combien les gens sont durs et méprisants pour ceux que le bon Dieu a mal partagés, je me suis fait un plaisir de leur déplaire, me consolant par l'idée que ma figure n'avait rien de repoussant pour le bon Dieu et pour mon ange gardien, lesquels ne me la reprocheraient pas plus que je ne la leur reproche moi même. Aussi, moi, je ne suis pas comme ceux qui disent : Voilà une chenille, une vilaine bête ; ah ! qu'elle est laide ! il faut la tuer ! Moi, je n'écrase pas la pauvre créature du bon Dieu, et si la chenille tombe dans l'eau, je lui tends une feuille pour qu'elle se sauve. Et à cause de cela on dit que j'aime les mauvaises bêtes et que je suis sorcière, parce que je n'aime pas à faire souffrir une grenouille, à arracher les pattes à une guêpe et à clouer une chauve souris vivante contre un arbre. Pauvre bête, que je lui dis, si on doit tuer tout ce qui est vilain, je n'aurais pas plus que toi le droit de vivre.
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⚙️ Questions texte 3
1. Expliquez quel a été le « sort » de la petite Fadette. (l. 5)
2. Comment définiriez vous le caractère de la petite Fadette ? Relevez des mots précis du texte pour justifier.
3. Comment considère t elle les gens qui l'entourent ? Appuyez vous sur un relevé précis du texte.
4. Comment l'argumentation de la petite Fadette est elle construite ? Intéressez vous à la construction des phrases et aux procédés de persuasion.
📖 Texte 4 - Les misérables par Victor Hugo, 1862
🟩🔶
Fantine jeta son miroir par la fenêtre. Depuis longtemps elle avait quitté sa cellule du second pour une mansarde1 fermée d'un loquet sous le toit ; un de ces galetas2 dont le plafond fait angle avec le plancher et vous heurte à chaque instant la tête. La pauvre ne peut aller au fond de sa chambre comme au fond de sa destinée qu'en se courbant de plus en plus. Elle n'avait plus de lit, il lui restait une loque3 qu'elle appelait sa couverture, un matelas à terre et une chaise dépaillée. Un petit rosier qu'elle avait s'était desséché dans un coin, oublié. Dans l'autre coin, il y avait un pot à beurre à mettre l'eau, qui gelait l'hiver, et où les différents niveaux de l'eau restaient longtemps marqués par des cercles de glace. Elle avait perdu la honte, elle perdit la coquetterie. Dernier signe. Elle sortait avec des bonnets sales. Soit faute de temps, soit indifférence, elle ne raccommodait plus son linge. Elle passait des nuits à pleurer et à songer. Elle avait les yeux très brillants, et elle sentait une douleur fixe dans l'épaule, vers le haut de l'omoplate gauche. Elle toussait beaucoup. Elle haïssait profondément le père Madeleine, et ne se plaignait pas. Elle cousait dix sept heures par jour ; mais un entrepreneur du travail des prisons, qui faisait travailler les prisonnières au rabais, fit tout à coup baisser les prix, ce qui réduisit la journée des ouvrières libres à neuf sous. Dix sept heures de travail, et neuf sous par jour ! Ses créanciers4 étaient plus impitoyables que jamais. Le fripier5, qui avait repris presque tous les meubles, lui disait sans cesse : Quand me payeras tu, coquine ? Que voulait-on d'elle, bon Dieu ! Elle se sentait traquée et il se développait en elle quelque chose de la bête farouche. Vers le même temps, le Thénardier lui écrivit que décidément il avait attendu avec beaucoup trop de bonté, et qu'il lui fallait cent francs, tout de suite ; sinon qu'il mettrait à la porte la petite Cosette, toute convalescente de sa grande maladie, par le froid, par les chemins, et qu'elle deviendrait ce qu'elle pourrait, et qu'elle crèverait, si elle voulait. – Cent francs, songea Fantine ! Mais où y a t il un état à gagner cent sous par jour ? Allons ! dit elle, vendons le reste. L'infortunée se fit fille publique6.
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⚙️ Questions texte 4
1. Dans quelle situation se trouve Fantine ? Justifiez à l'aide d'un champ lexical. 2. Comment réagit elle ? Appuyez vous sur un relevé précis de verbes.
3. Expliquez la métaphore (l. 23).
4. Quelle impression crée la dernière phrase du texte ? Comment l'auteur parvient il à ce résultat ?
📖 Texte 5 - Nana par Emile Zola, 1880
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Cependant, dans son luxe, au milieu de cette cour, Nana s'ennuyait à crever. Elle avait des hommes pour toutes les minutes de la nuit, et de l'argent jusque dans les tiroirs de sa toilette, mêlé aux peignes et aux brosses ; mais ça ne la contentait plus, elle sentait comme un vide quelque part, un trou qui la faisait bâiller. Sa vie se traînait inoccupée, ramenant les mêmes heures, monotones. Le lendemain n'existait pas, elle vivait en oiseau, sûre de manger, prête à coucher sur la première branche venue. Cette certitude qu'on la nourrirait, la laissait allongée la journée entière, sans un effort, endormie au fond de cette oisiveté et de cette soumission de couvent, comme enfermée dans son métier de fille. Ne sortant qu'en voiture, elle perdait l'usage de ses jambes. Elle retournait à des goûts de gamine, baisait Bijou1 du matin au soir, tuait le temps à des plaisirs bêtes, dans son unique attente de l'homme, qu'elle subissait d'un air de lassitude complaisante ; et, au milieu de cet abandon d'elle même, elle ne gardait que le souci de sa beauté, un soin continuel de se visiter, de se laver, de se parfumer partout, avec l'orgueil de pouvoir se mettre nue, à chaque instant et devant n'importe qui, sans avoir à rougir.
Le matin, Nana se levait à dix heures. Bijou, le griffon écossais, la réveillait en lui léchant la figure ; et c'était alors un joujou de cinq minutes, des courses du chien à travers ses bras et ses cuisses, qui blessaient le comte Muffat. Bijou fut le premier petit homme dont il eût de la jalousie. Ce n'était pas convenable qu'une bête mît de la sorte le nez sous les couvertures. Puis, Nana passait dans son cabinet de toilette, où elle prenait un bain. Vers onze heures, Francis venait lui relever les cheveux, en attendant la coiffure compliquée de l'après midi. Au déjeuner, comme elle détestait de manger seule, elle avait presque toujours madame Maloir2 , qui arrivait le matin de l'inconnu avec ses chapeaux extravagants, et retournait le soir dans ce mystère de sa vie dont personne d'ailleurs ne s'inquiétait. Mais le moment le plus dur, c'étaient les deux ou trois heures entre le déjeuner et la toilette. D'ordinaire, elle proposait un bésigue3 à sa vieille amie ; parfois, elle lisait Le Figaro, où les échos des théâtres et les nouvelles du monde l'intéressaient ; même il lui arrivait d'ouvrir un livre, car elle se piquait de littérature. Sa toilette la tenait jusqu'à près de cinq heures. Alors, seulement, elle s'éveillait de sa longue somnolence, sortant en voiture ou recevant chez elle toute une cohue4 d'hommes, dînant souvent en ville, se couchant très tard, pour se relever le lendemain avec la même fatigue et recommencer des journées toujours semblables.
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⚙️ Questions texte 5
1. Qui est Nana ? Présentez la à l'aide des indices donnés par l'auteur. 2. Pourquoi Nana « s'ennuyait elle à crever » ( l. 2) ? Par quels procédés littéraires l'auteur fait il comprendre au lecteur que Nana s'ennuie ?
📖 Texte 6 - Les paysans par Louise Michel et Émile Gautier, 1880
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Ce qui, dans cette apparition subite, avait le plus épouvanté Lucia, c'est que, à son costume, à sa verte coiffure, à sa parure couleur de sang, et, surtout, à sa faucille1 d'or, elle avait reconnu une druidesse2… Or, elle se souvenait que semblable rencontre, la nuit, au cœur même du bois sacré interdit aux profanes3, était le pire des dangers…Sans avoir jamais encore habité la Gaule4 ni frayé personnellement avec les prêtresses d'Hésus5, elle n'ignorait pas – combien de fois n'avait-elle pas entendu raconter ces légendes ! – qu'on ne fléchit point la colère de celles qui sont accoutumées de lire les secrets de la vie dans les entrailles6 palpitantes encore des victimes égorgées… Pour sûr, celle-là ne serait pas moins implacable, pas moins terrible que ses sœurs… Déjà, la façon dont elle plissait son front, illuminé par la lune d'on ne sait quel rayonnement sinistre, les éclairs, pleins de menaces, qui luisaient dans ses yeux, à l'aspect des trois sacrilèges7, surpris en flagrant délit, ne pouvaient laisser aucun doute, semblait-il, sur ses sentiments et ses intentions… Puis, elle ne devait pas être seule… Sans doute, derrière les buissons, se cachait la foule des druides, des bardes et des ovates8, n'attendant qu'un signal pour se précipiter sur les coupables et les punir cruellement de leur crime de lèse-majesté divine… Lucia se crut perdue, avec ses deux compagnons… Non pas qu'elle eût peur de la mort, la courageuse enfant… Mais, ce qui lui saignait le cœur et lui causait cette angoisse, c'était cette pensée qu'ils allaient périr tous les trois sous les coups de ceux de leur race, déshérités et proscrits comme eux-mêmes, sans même pouvoir dire qui ils étaient, sans même pouvoir leur faire connaître leurs malheurs et leurs espérances… Être tué n'est rien pour qui, d'avance, a fait le sacrifice de sa vie : mais, être tué par ses frères, auprès desquels on était venu chercher un refuge et des auxiliaires pour l'œuvre commune, il y a là de quoi réduire au désespoir les caractères les plus fermes et les âmes les mieux trempées… Puis, qui poursuivrait l'œuvre de vengeance solennellement jurée à l'aïeul, sur lequel venait de se refermer le tombeau ? Qui protégerait Viridomar9 et Cativolca10, perdus là-bas, au fond du bois, dans leur prison de granit ? Si, encore, on avait pu s'en aller du côté où, tout à l'heure, retentissait un fracas de bataille, où resplendissaient des lueurs d'incendie… Si, encore, on était tombé dans une embuscade romaine, et non pas entre les mains de Gaulois fanatisés par des superstitions sanguinaires !… On aurait eu, du moins, cette suprême consolation de pouvoir vendre chèrement sa vie… Pendant quelques secondes – qui durent lui paraître longues comme des siècles – toutes ces réflexions amères tourbillonnèrent dans le cerveau de Lucia…
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⚙️ Questions texte 6
1. Quelles sont les raisons de l'angoisse de Lucia ? Quelle pensée la tourmente particulièrement ?
2. Quelle est la personnalité de Lucia ? Comment les auteurs la mettent-ils en valeur ?
🟡
Réflexion concernant la place de la femme
🟡
⚙️ Activité - Réflexion
Consignes : À partir des textes étudiés, comment sont représentés les personnages féminins dans la littérature du XIXe siècle ? Durée : 15 minutes Utilisation du téléphone : Interdite 📵
⚙️ Bilan - Carte mentale
🟡
Consignes : Cliquez sur l'image pour voir la carte mentale.
A retenir
- Différentes visions de la femme au XIXe siècle
- Des femmes souvent dominées et limitées par la société
- Des femmes qui cherchent à s’échapper (par le rêve ou l’imaginaire)
- Des femmes capables de résistance et de force
Conclusion
“-Prudence, dit quelqu'un d'autre.
- La prudence, c'est pour les enfants. Etre vigilant, c'est pour les adultes.”
-- Javier Zamora
Une question ? ypomies@cm-toulouse.fr
Séquence 16 - Lire et suivre un personnage : itinéraires romanesques
CMA MURET
Created on May 15, 2026
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Lire et suivre un personnage : itinéraires romanesques
Séquence 16 - Les personnages féminins de la littérature du XIXe siècle
Description 👀
Dans ce diaporama, nous allons aborder le dernier chapitre en reprenant notre travail concernant la construction des personnages dans la litterature.
Objectifs pédagogiques 🔍
🔶Être capable de lire et de comprendre des extraits d’œuvres littéraires ; 🟡Être capable d'identifier les différentes caractéristiques des personnages féminins au XIXe siècle ; 🟩Être capable de se construire par la rencontre de personnages féminins aux destins riches et variés.
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Consignes : Donnez des noms de personnage féminin venant de la littérature. Durée : 10 minutes Utilisation du téléphone : Interdite 📵
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Les personnages féminins à travers les textes
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⚙️ Activité - Lecture et analyse
Consignes : Lisez les différents textes et répondez aux questions en faisant des phrases et en justifiant. Durée : 1 heure Utilisation du téléphone : Interdite 📵
📖 Texte 1 - Eugénie Grandet par Honoré de Balzac, 1833
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- Tenez, le voilà qui descend pour voir aux provisions… Eugénie se sauva dans le jardin, tout épouvantée en entendant trembler l'escalier sous le pas de son père. Elle éprouvait déjà les effets de cette profonde pudeur et de cette conscience particulière de notre bonheur qui nous fait croire, non sans raison peut être, que nos pensées sont gravées sur notre front et sautent aux yeux d'autrui. En s'apercevant enfin du froid dénuement1 de la maison paternelle, la pauvre fille concevait une sorte de dépit2 de ne pouvoir la mettre en harmonie avec l'élégance de son cousin. Elle éprouva un besoin passionné de faire quelque chose pour lui : quoi ? elle n'en savait rien. Naïve et vraie, elle se laissait aller à sa nature angélique sans se défier3 ni de ses impressions, ni de ses sentiments. Le seul aspect de son cousin avait éveillé chez elle les penchants naturels de la femme, et ils durent se déployer d'autant plus vivement, qu'ayant atteint sa vingt troisième année, elle se trouvait dans la plénitude4 de son intelligence et de ses désirs. Pour la première fois, elle eut dans le cœur de la terreur à l'aspect de son père, vit en lui le maître de son sort, et se crut coupable d'une faute en lui taisant quelques pensées. Elle se mit à marcher à pas précipités en s'étonnant de respirer un air plus pur, de sentir les rayons du soleil plus vivifiants, et d'y puiser une chaleur morale, une vie nouvelle. Pendant qu'elle cherchait un artifice5 pour obtenir la galette, il s'élevait entre la Grande Nanon6 et Grandet7 une de ces querelles aussi rares entre eux que le sont les hirondelles en hiver. Muni de ses clefs, le bonhomme était venu pour mesurer les vivres nécessaires à la consommation de la journée.
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⚙️ Questions texte 1
1. Quels rapports semblent entretenir Eugénie et son père ? Justifiez votre réponse en relevant un champ lexical. 2. Quels changements opère chez Eugénie l'arrivée de son cousin ? 3. Comment l'auteur donne t il accès aux pensées de son personnage ?
📖 Texte 2 - Madame Bovary par Gustave Flaubert, 1857
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Elle s'acheta un plan de Paris, et, du bout de son doigt, sur la carte, elle faisait des courses dans la capitale. Elle remontait les boulevards, s'arrêtant à chaque angle, entre les lignes des rues, devant les carrés blancs qui figurent les maisons. Les yeux fatigués à la fin, elle fermait ses paupières, et elle voyait dans les ténèbres se tordre au vent des becs de gaz1 , avec des marchepieds de calèches, qui se déployaient à grand fracas2 devant le péristyle3 des théâtres. Elle s'abonna à la Corbeille, journal des femmes, et au Sylphe des salons. Elle dévorait, sans en rien passer, tous les comptes rendus de premières représentations, de courses et de soirées, s'intéressait au début d'une chanteuse, à l'ouverture d'un magasin. Elle savait les modes nouvelles, l'adresse des bons tailleurs, les jours de Bois ou d'Opéra. Elle étudia, dans Eugène Sue4, des descriptions d'ameublements ; elle lut Balzac et George Sand, y cherchant des assouvissements imaginaires pour ses convoitises personnelles. À table même, elle apportait son livre, et elle tournait les feuillets, pendant que Charles mangeait en lui parlant. Le souvenir du Vicomte5 revenait toujours dans ses lectures. Entre lui et les personnages inventés, elle établissait des rapprochements. Mais le cercle dont il était le centre peu à peu s'élargit autour de lui, et cette auréole qu'il avait, s'écartant de sa figure, s'étala plus au loin, pour illuminer d'autres rêves.
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⚙️ Questions texte 2
1. Quelles stratégies développe Emma Bovary pour vivre ses rêves ? 2. Comment l'auteur nous montre t il la persévérance et la détermination du personnage ? Intéressez vous aux procédés d'écriture et aux temps des verbes. 3. Lire une image. Selon vous, le tableau de Hans Heyerdahl pourrait il illustrer cet extrait ? Vous répondrez à cette question en développant des arguments variés et étayés d'exemples pris dans le texte.
📖 Texte 3 - La petite Fadette par George Sand, 1849
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Écoute, Landry, lui dit elle, je suis plus à plaindre qu'à blâmer ; et si j'ai des torts envers moi même, du moins n'en ai je jamais eu de sérieux envers les autres ; et si le monde était juste et raisonnable, il ferait plus d'attention à mon bon cœur qu'à ma vilaine figure et à mes mauvais habillements. Vois un peu, ou apprends si tu ne le sais, quel a été mon sort depuis que je suis au monde. Je ne te dirai point de mal de ma pauvre mère qu'un chacun blâme et insulte, quoiqu'elle ne soit point là pour se défendre, et sans que je puisse le faire, moi qui ne sais pas bien ce qu'elle a fait de mal, ni pourquoi elle a été poussée à le faire. Eh bien ! le monde est si méchant, qu'à peine ma mère m'eut elle délaissée, et comme je la pleurais encore bien amèrement, au moindre dépit1 que les autres enfants avaient contre moi, pour un jeu, pour un rien qu'ils se seraient pardonné entre eux, ils me reprochaient la faute de ma mère et voulaient me forcer à rougir d'elle. Peut être qu'à ma place une fille raisonnable, comme tu dis, se fût abaissée dans le silence, pensant qu'il était prudent d'abandonner la cause de sa mère et de la laisser injurier pour se préserver de l'être. Mais moi, vois tu, je ne le pouvais pas. C'était plus fort que moi. Ma mère était toujours ma mère, et qu'elle soit ce qu'on voudra, que je la retrouve ou que je n'en entende jamais parler, je l'aimerai toujours de toute la force de mon cœur. Aussi, quand on m'appelle enfant de coureuse2 et de vivandière3, je suis en colère, non à cause de moi : je sais bien que cela ne peut m'offenser, puisque je n'ai rien fait de mal ; mais à cause de cette pauvre chère femme que mon devoir est de défendre. Et comme je ne peux ni ne sais la défendre, je la venge, en disant aux autres les vérités qu'ils méritent, et en leur montrant qu'ils ne valent pas mieux que celle à qui ils jettent la pierre. Voilà pourquoi ils disent que je suis curieuse et insolente, que je surprends leurs secrets pour les divulguer. Il est vrai que le bon Dieu m'a faite curieuse, si c'est l'être que de désirer connaître les choses cachées. Mais si on avait été bon et humain envers moi, je n'aurais pas songé à contenter ma curiosité aux dépens du prochain. […] Quant à ne prendre soin ni de ma personne ni de mes manières, cela devrait montrer que je ne suis pas assez folle pour me croire belle, lorsque je sais que je suis si laide que personne ne peut me regarder. On me l'a dit assez souvent pour que je le sache ; et, en voyant combien les gens sont durs et méprisants pour ceux que le bon Dieu a mal partagés, je me suis fait un plaisir de leur déplaire, me consolant par l'idée que ma figure n'avait rien de repoussant pour le bon Dieu et pour mon ange gardien, lesquels ne me la reprocheraient pas plus que je ne la leur reproche moi même. Aussi, moi, je ne suis pas comme ceux qui disent : Voilà une chenille, une vilaine bête ; ah ! qu'elle est laide ! il faut la tuer ! Moi, je n'écrase pas la pauvre créature du bon Dieu, et si la chenille tombe dans l'eau, je lui tends une feuille pour qu'elle se sauve. Et à cause de cela on dit que j'aime les mauvaises bêtes et que je suis sorcière, parce que je n'aime pas à faire souffrir une grenouille, à arracher les pattes à une guêpe et à clouer une chauve souris vivante contre un arbre. Pauvre bête, que je lui dis, si on doit tuer tout ce qui est vilain, je n'aurais pas plus que toi le droit de vivre.
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⚙️ Questions texte 3
1. Expliquez quel a été le « sort » de la petite Fadette. (l. 5) 2. Comment définiriez vous le caractère de la petite Fadette ? Relevez des mots précis du texte pour justifier. 3. Comment considère t elle les gens qui l'entourent ? Appuyez vous sur un relevé précis du texte. 4. Comment l'argumentation de la petite Fadette est elle construite ? Intéressez vous à la construction des phrases et aux procédés de persuasion.
📖 Texte 4 - Les misérables par Victor Hugo, 1862
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Fantine jeta son miroir par la fenêtre. Depuis longtemps elle avait quitté sa cellule du second pour une mansarde1 fermée d'un loquet sous le toit ; un de ces galetas2 dont le plafond fait angle avec le plancher et vous heurte à chaque instant la tête. La pauvre ne peut aller au fond de sa chambre comme au fond de sa destinée qu'en se courbant de plus en plus. Elle n'avait plus de lit, il lui restait une loque3 qu'elle appelait sa couverture, un matelas à terre et une chaise dépaillée. Un petit rosier qu'elle avait s'était desséché dans un coin, oublié. Dans l'autre coin, il y avait un pot à beurre à mettre l'eau, qui gelait l'hiver, et où les différents niveaux de l'eau restaient longtemps marqués par des cercles de glace. Elle avait perdu la honte, elle perdit la coquetterie. Dernier signe. Elle sortait avec des bonnets sales. Soit faute de temps, soit indifférence, elle ne raccommodait plus son linge. Elle passait des nuits à pleurer et à songer. Elle avait les yeux très brillants, et elle sentait une douleur fixe dans l'épaule, vers le haut de l'omoplate gauche. Elle toussait beaucoup. Elle haïssait profondément le père Madeleine, et ne se plaignait pas. Elle cousait dix sept heures par jour ; mais un entrepreneur du travail des prisons, qui faisait travailler les prisonnières au rabais, fit tout à coup baisser les prix, ce qui réduisit la journée des ouvrières libres à neuf sous. Dix sept heures de travail, et neuf sous par jour ! Ses créanciers4 étaient plus impitoyables que jamais. Le fripier5, qui avait repris presque tous les meubles, lui disait sans cesse : Quand me payeras tu, coquine ? Que voulait-on d'elle, bon Dieu ! Elle se sentait traquée et il se développait en elle quelque chose de la bête farouche. Vers le même temps, le Thénardier lui écrivit que décidément il avait attendu avec beaucoup trop de bonté, et qu'il lui fallait cent francs, tout de suite ; sinon qu'il mettrait à la porte la petite Cosette, toute convalescente de sa grande maladie, par le froid, par les chemins, et qu'elle deviendrait ce qu'elle pourrait, et qu'elle crèverait, si elle voulait. – Cent francs, songea Fantine ! Mais où y a t il un état à gagner cent sous par jour ? Allons ! dit elle, vendons le reste. L'infortunée se fit fille publique6.
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⚙️ Questions texte 4
1. Dans quelle situation se trouve Fantine ? Justifiez à l'aide d'un champ lexical. 2. Comment réagit elle ? Appuyez vous sur un relevé précis de verbes. 3. Expliquez la métaphore (l. 23). 4. Quelle impression crée la dernière phrase du texte ? Comment l'auteur parvient il à ce résultat ?
📖 Texte 5 - Nana par Emile Zola, 1880
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Cependant, dans son luxe, au milieu de cette cour, Nana s'ennuyait à crever. Elle avait des hommes pour toutes les minutes de la nuit, et de l'argent jusque dans les tiroirs de sa toilette, mêlé aux peignes et aux brosses ; mais ça ne la contentait plus, elle sentait comme un vide quelque part, un trou qui la faisait bâiller. Sa vie se traînait inoccupée, ramenant les mêmes heures, monotones. Le lendemain n'existait pas, elle vivait en oiseau, sûre de manger, prête à coucher sur la première branche venue. Cette certitude qu'on la nourrirait, la laissait allongée la journée entière, sans un effort, endormie au fond de cette oisiveté et de cette soumission de couvent, comme enfermée dans son métier de fille. Ne sortant qu'en voiture, elle perdait l'usage de ses jambes. Elle retournait à des goûts de gamine, baisait Bijou1 du matin au soir, tuait le temps à des plaisirs bêtes, dans son unique attente de l'homme, qu'elle subissait d'un air de lassitude complaisante ; et, au milieu de cet abandon d'elle même, elle ne gardait que le souci de sa beauté, un soin continuel de se visiter, de se laver, de se parfumer partout, avec l'orgueil de pouvoir se mettre nue, à chaque instant et devant n'importe qui, sans avoir à rougir. Le matin, Nana se levait à dix heures. Bijou, le griffon écossais, la réveillait en lui léchant la figure ; et c'était alors un joujou de cinq minutes, des courses du chien à travers ses bras et ses cuisses, qui blessaient le comte Muffat. Bijou fut le premier petit homme dont il eût de la jalousie. Ce n'était pas convenable qu'une bête mît de la sorte le nez sous les couvertures. Puis, Nana passait dans son cabinet de toilette, où elle prenait un bain. Vers onze heures, Francis venait lui relever les cheveux, en attendant la coiffure compliquée de l'après midi. Au déjeuner, comme elle détestait de manger seule, elle avait presque toujours madame Maloir2 , qui arrivait le matin de l'inconnu avec ses chapeaux extravagants, et retournait le soir dans ce mystère de sa vie dont personne d'ailleurs ne s'inquiétait. Mais le moment le plus dur, c'étaient les deux ou trois heures entre le déjeuner et la toilette. D'ordinaire, elle proposait un bésigue3 à sa vieille amie ; parfois, elle lisait Le Figaro, où les échos des théâtres et les nouvelles du monde l'intéressaient ; même il lui arrivait d'ouvrir un livre, car elle se piquait de littérature. Sa toilette la tenait jusqu'à près de cinq heures. Alors, seulement, elle s'éveillait de sa longue somnolence, sortant en voiture ou recevant chez elle toute une cohue4 d'hommes, dînant souvent en ville, se couchant très tard, pour se relever le lendemain avec la même fatigue et recommencer des journées toujours semblables.
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⚙️ Questions texte 5
1. Qui est Nana ? Présentez la à l'aide des indices donnés par l'auteur. 2. Pourquoi Nana « s'ennuyait elle à crever » ( l. 2) ? Par quels procédés littéraires l'auteur fait il comprendre au lecteur que Nana s'ennuie ?
📖 Texte 6 - Les paysans par Louise Michel et Émile Gautier, 1880
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Ce qui, dans cette apparition subite, avait le plus épouvanté Lucia, c'est que, à son costume, à sa verte coiffure, à sa parure couleur de sang, et, surtout, à sa faucille1 d'or, elle avait reconnu une druidesse2… Or, elle se souvenait que semblable rencontre, la nuit, au cœur même du bois sacré interdit aux profanes3, était le pire des dangers…Sans avoir jamais encore habité la Gaule4 ni frayé personnellement avec les prêtresses d'Hésus5, elle n'ignorait pas – combien de fois n'avait-elle pas entendu raconter ces légendes ! – qu'on ne fléchit point la colère de celles qui sont accoutumées de lire les secrets de la vie dans les entrailles6 palpitantes encore des victimes égorgées… Pour sûr, celle-là ne serait pas moins implacable, pas moins terrible que ses sœurs… Déjà, la façon dont elle plissait son front, illuminé par la lune d'on ne sait quel rayonnement sinistre, les éclairs, pleins de menaces, qui luisaient dans ses yeux, à l'aspect des trois sacrilèges7, surpris en flagrant délit, ne pouvaient laisser aucun doute, semblait-il, sur ses sentiments et ses intentions… Puis, elle ne devait pas être seule… Sans doute, derrière les buissons, se cachait la foule des druides, des bardes et des ovates8, n'attendant qu'un signal pour se précipiter sur les coupables et les punir cruellement de leur crime de lèse-majesté divine… Lucia se crut perdue, avec ses deux compagnons… Non pas qu'elle eût peur de la mort, la courageuse enfant… Mais, ce qui lui saignait le cœur et lui causait cette angoisse, c'était cette pensée qu'ils allaient périr tous les trois sous les coups de ceux de leur race, déshérités et proscrits comme eux-mêmes, sans même pouvoir dire qui ils étaient, sans même pouvoir leur faire connaître leurs malheurs et leurs espérances… Être tué n'est rien pour qui, d'avance, a fait le sacrifice de sa vie : mais, être tué par ses frères, auprès desquels on était venu chercher un refuge et des auxiliaires pour l'œuvre commune, il y a là de quoi réduire au désespoir les caractères les plus fermes et les âmes les mieux trempées… Puis, qui poursuivrait l'œuvre de vengeance solennellement jurée à l'aïeul, sur lequel venait de se refermer le tombeau ? Qui protégerait Viridomar9 et Cativolca10, perdus là-bas, au fond du bois, dans leur prison de granit ? Si, encore, on avait pu s'en aller du côté où, tout à l'heure, retentissait un fracas de bataille, où resplendissaient des lueurs d'incendie… Si, encore, on était tombé dans une embuscade romaine, et non pas entre les mains de Gaulois fanatisés par des superstitions sanguinaires !… On aurait eu, du moins, cette suprême consolation de pouvoir vendre chèrement sa vie… Pendant quelques secondes – qui durent lui paraître longues comme des siècles – toutes ces réflexions amères tourbillonnèrent dans le cerveau de Lucia…
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⚙️ Questions texte 6
1. Quelles sont les raisons de l'angoisse de Lucia ? Quelle pensée la tourmente particulièrement ? 2. Quelle est la personnalité de Lucia ? Comment les auteurs la mettent-ils en valeur ?
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Réflexion concernant la place de la femme
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⚙️ Activité - Réflexion
Consignes : À partir des textes étudiés, comment sont représentés les personnages féminins dans la littérature du XIXe siècle ? Durée : 15 minutes Utilisation du téléphone : Interdite 📵
⚙️ Bilan - Carte mentale
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Consignes : Cliquez sur l'image pour voir la carte mentale.
A retenir
Conclusion
“-Prudence, dit quelqu'un d'autre. - La prudence, c'est pour les enfants. Etre vigilant, c'est pour les adultes.”
-- Javier Zamora
Une question ? ypomies@cm-toulouse.fr