Développer son esprit critique
face à la désinformation
Sommaire
1. Les objectifs
6. Fact-checking
7. Les limites de la rationalité
2. La désinformation
3. Quantité et véracité de l'info
8. Le croire contaminé par le désir
4. La nuance
9. Quelques pièges et quelques solutions
5. Rapidité et vraisemblablité de l'info
Les objectifs de la séance
Objectifs de la séance
Repérer les mécanismes de la désinformation et leurs effets et utiliser quelques stratégies simples pour améliorer son esprit critique
Comprendre comment croyances, émotions et désirs influencent la manière de traiter l’information
Identifier les principaux biais cognitifs qui influencent les jugements et les apprentissages
Objectif 1
Objectif 2
Objectif 3
Les biais cognitifs
Les mécanismes de désinformation
Les croyances
Cette présentation s'appuie sur les réflexions issues des conférences et des ouvrages de Gérald Bronner
'Vérifier une informationest souvent coûteux [...] le cerveaun'aime guère faire des efforts'
- Gérald Bronner
La désinformation : format, rapidité, viralité
Question : À votre avis, pourquoi la désinformation est classée n°1, avant le climat par exemple ?
Réponse : Parce que si les gens ne partagent pas une base commune de faits et de connaissances, il devient très difficile de s’entendre sur les problèmes et leurs solutions. Sans accord sur ce qui est vrai, aucun autre grand défi ne peut être résolu efficacement.
La désinformation est classée premier risque mondial selon le World Economic Forum
Quantité d'information
L’histoire commence par un fait majeur : l’information est aujourd’hui partout et très facile d’accès. Cela crée une forte concurrence entre les idées.
Mais il y a un paradoxe : plus il y a d’informations, plus on peut trouver celles qui confirment ce que l’on croit déjà. On parle du biais de confirmation.
Véracité de l'information
Avant, l’information passait surtout par des « gatekeepers », comme les journalistes. Aujourd’hui, sur les réseaux sociaux, une petite minorité de comptes diffuse une grande partie du contenu.
Environ 1 % des comptes partagent 33 % de l’information, et ce sont souvent les plus radicaux, car ce sont les plus motivés à publier (par exemple chez certains militants antivax).
Interview
La nuance
On peut s'entraîner à nuancer ses réponses en évaluant son degré de certitude.
Rapidité de l'information
Avant, une rumeur mettait plus de temps à se diffuser dans la société. Aujourd’hui, les théories alternatives circulent très vite sur les réseaux.
Or, avec le biais de primauté, la première information entendue marque souvent plus les esprits.
ET
Vraisemblablité de l'information
Il ne faut pas sous-estimer la force persuasive des théories du complot : elles circulent avec beaucoup d’arguments sur internet. Les ignorer ou les mépriser ne suffit pas, car leurs défenseurs sont souvent très actifs et motivés.
Selon la loi de Brandolini, il faut beaucoup plus de temps pour démonter une fausse information que pour la diffuser.
Fact-checking
Cela permet de savoir si une image a déjà été publiée en ligne dans le passé Parfois l’image est sortie de son contexte ou elle est ancienne. Cela prend peu de temps de vérifier avant de partager.
Recherche d'image inversée
4 janvier 2022.
AFP Fact Check
Fact-checking
On peut s’entrainer à vérifier les informations pour acquérir les bons réflexes
Il faut aussi comprendre les mécanismes qui nous trompent
comme les biais cognitifs
La société civile, donc nous tous, a une responsabilité : ne pas relayer, liker ou donner de crédibilité aux fausses informations.
Notre cerveau cherche souvent la solution la plus simple plutôt que la plus juste : on parle de lazy thinking, ce qui fait que le vraisemblable l’emporte parfois sur le vrai.
+ info
Nous avons beaucoup de tentations mentales
Par exemple voir dans certaines corrélations, des relations de causes à effets.
Entraîner son cerveau
On peut s'entraîner à repérer ces mécanismes et être alerte.
L'effet "STROOP" : dire la couleur de l'encre, pas le mot écrit. Entraîner son cerveau, c'est apprendre à lire l'information avec lucidité plutôt qu'avec impulsivité.
Nous avons délimité le périmètre de
notre société contemporaine. Maintenant, nous allons voir que ce qui influence (et parfois fausse) notre jugement vient aussi de notre nature humaine.. Pour mieux comprendre ça, nous allons prendre du recul et utiliser nos capacités métacognitives ; autrement dit :
Réfléchir sur notre propre façon de penser et sur nous-mêmes.
Les limites de la rationalité
Les limites dimensionnelles de notre rationalité
Info
Les limites spatiales
La prédiction à l'identique
Les limites cognitives
Les informations nous parviennent à travers notre corps, via nos sens, mais une grande partie de la réalité nous échappe : certains sons, certaines odeurs, ou même des événements hors de notre champ de vision
Nous avons du mal à accepter le hasard, alors nous cherchons souvent des explications même quand il n’y en a pas. Pour éviter les erreurs, il faut penser à la taille de l’échantillon avant de tirer une conclusion.Être rationnel, c’est vérifier si on a assez d’informations avant de conclure. Et bonne nouvelle : l'entrainement cérébral fonctionne !
Chaque soir, lorsque le paysan vient la voir, il lui donne du grain ... Chaque soir, lorsqu'elle voit arriver le paysan, elle s'attend à recevoir du grain ... jusqu'à la veille de Noël.
Les sondages
Les limites temporelles
Les limites culturelles
Nous vivons en permanence dans le présent, tout au long de notre vie. Notre mémoire, elle, n’est jamais un enregistrement fidèle : c’est toujours une reconstruction.Quant au futur, nous sommes constamment amenés à l’anticiper, des milliers de fois par jour. Et la forme d’anticipation la plus simple consiste à prévoir que les choses vont se reproduire de la même manière.
Notre façon de raisonner n’est pas totalement objective : elle dépend de notre culture, de notre expérience et de nos biais. C’est pourquoi il faut prendre le temps avant de juger, pour éviter les conclusions trop rapides. Chacun porte des "variables", donc les points de vue peuvent être différents sans être forcément faux.
Le croire contaminé par le désir
La pensée désirante
L'être humain se distingue par sa faculté à projeter ses désirs sur le réel. Ainsi, la pensée désirante ne se contente pas d'interpréter le monde : elle en sélectionne les apparences selon nos préférences.Face à l'ambiguïté d'un symbole, nous privilégions l'interprétation qui nous est le plus favorable. De cette manière, la pensée peut infléchir le réel pour le conformer à nos attentes
'La question qui nous occupe est de réfléchir à la façon dont nous régulons collectivement le désir'
- Gérald Bronner
Quelques pièges et quelques solutions
Comment sortir de notre entourage de mauvaises croyances ?
L'impression de savoir est parfois plus nuisible à la connaissance que le fait de ne pas savoir. Il ne faut pas contredire effrontément.
01
02
03
Pre-bunking
Le rétro-jugement
Le changement de cadre
Changer le cadre de narration pour faire disparaître certains effets des biais cognitifs et essayer de reconstruire les raisons de la personne
Ou contre feu : dévoiler rapidement la finalité qui se trouve en haut de l'escalier de la radicalité
Permettre le rétro-jugement : tester la profondeur explicative de ses connaissances
Je vous remercie de votre écoute
et de la manière dont ces informations pourront, grâce à vous peut-être, circuler au-delà de cette présentation
Gérald bronner, c'est :
Bibliographie
- L'assaut du réel. (n.d.). Retrieved April 2, 2026
- Faculté des Lettres de Sorbonne Université (Director). (2025c, April 8). Gerald Bronner—Développer son esprit critique face au monde de la désinformation #3 (conférence) [Video recording].
- Faculté des Lettres de Sorbonne Université (Director). (2025a, February 12). Gérald Bronner—Développer son esprit critique face au monde de la désinformation" (Conférence)
- Faculté des Lettres de Sorbonne Université (Director). (2025d, May 27). Gérald Bronner—Développer son esprit critique face au monde la désinformation #4 (Conférence) [Video recording]
- Faculté des Lettres de Sorbonne Université (Director). (2025b, March 11). Gérald Bronner—Développer son esprit critique face au monde de la désinformation" #2 (Conférence) [Video recording]
Le problème vient souvent du fait que les opinions les plus extrêmes prennent la place, parce que la majorité plus nuancée reste silencieuse.
Le lazy thinking
Nous ne voyons qu'un échantillon
Tout discours du réel est une amputation du réel
L'échantillon
La taille de l'échantillon
C'est une mesure d'hygiène mentale : toujours essayer de reconstituer à la taille de l'échantillon.
- Un compte avait prédit un attentat deux jours avant qu'il ait lieu
- Ce même compte prédit des attentats tous les deux jours
Développer son esprit critique
Pauline Gatt
Created on May 4, 2026
Start designing with a free template
Discover more than 1500 professional designs like these:
View
Momentum: Employee Introduction Presentation
View
Corporate Fluid Presentation
View
Corporate Culture Presentation
View
Executive Presentation
View
Professional Presentation
View
Creative Presentation
View
Momentum: Onboarding Presentation
Explore all templates
Transcript
Développer son esprit critique
face à la désinformation
Sommaire
1. Les objectifs
6. Fact-checking
7. Les limites de la rationalité
2. La désinformation
3. Quantité et véracité de l'info
8. Le croire contaminé par le désir
4. La nuance
9. Quelques pièges et quelques solutions
5. Rapidité et vraisemblablité de l'info
Les objectifs de la séance
Objectifs de la séance
Repérer les mécanismes de la désinformation et leurs effets et utiliser quelques stratégies simples pour améliorer son esprit critique
Comprendre comment croyances, émotions et désirs influencent la manière de traiter l’information
Identifier les principaux biais cognitifs qui influencent les jugements et les apprentissages
Objectif 1
Objectif 2
Objectif 3
Les biais cognitifs
Les mécanismes de désinformation
Les croyances
Cette présentation s'appuie sur les réflexions issues des conférences et des ouvrages de Gérald Bronner
'Vérifier une informationest souvent coûteux [...] le cerveaun'aime guère faire des efforts'
- Gérald Bronner
La désinformation : format, rapidité, viralité
Question : À votre avis, pourquoi la désinformation est classée n°1, avant le climat par exemple ? Réponse : Parce que si les gens ne partagent pas une base commune de faits et de connaissances, il devient très difficile de s’entendre sur les problèmes et leurs solutions. Sans accord sur ce qui est vrai, aucun autre grand défi ne peut être résolu efficacement.
La désinformation est classée premier risque mondial selon le World Economic Forum
Quantité d'information
L’histoire commence par un fait majeur : l’information est aujourd’hui partout et très facile d’accès. Cela crée une forte concurrence entre les idées. Mais il y a un paradoxe : plus il y a d’informations, plus on peut trouver celles qui confirment ce que l’on croit déjà. On parle du biais de confirmation.
Véracité de l'information
Avant, l’information passait surtout par des « gatekeepers », comme les journalistes. Aujourd’hui, sur les réseaux sociaux, une petite minorité de comptes diffuse une grande partie du contenu. Environ 1 % des comptes partagent 33 % de l’information, et ce sont souvent les plus radicaux, car ce sont les plus motivés à publier (par exemple chez certains militants antivax).
Interview
La nuance
On peut s'entraîner à nuancer ses réponses en évaluant son degré de certitude.
Rapidité de l'information
Avant, une rumeur mettait plus de temps à se diffuser dans la société. Aujourd’hui, les théories alternatives circulent très vite sur les réseaux. Or, avec le biais de primauté, la première information entendue marque souvent plus les esprits.
ET
Vraisemblablité de l'information
Il ne faut pas sous-estimer la force persuasive des théories du complot : elles circulent avec beaucoup d’arguments sur internet. Les ignorer ou les mépriser ne suffit pas, car leurs défenseurs sont souvent très actifs et motivés. Selon la loi de Brandolini, il faut beaucoup plus de temps pour démonter une fausse information que pour la diffuser.
Fact-checking
Cela permet de savoir si une image a déjà été publiée en ligne dans le passé Parfois l’image est sortie de son contexte ou elle est ancienne. Cela prend peu de temps de vérifier avant de partager.
Recherche d'image inversée 4 janvier 2022. AFP Fact Check
Fact-checking
On peut s’entrainer à vérifier les informations pour acquérir les bons réflexes
Il faut aussi comprendre les mécanismes qui nous trompent
comme les biais cognitifs
La société civile, donc nous tous, a une responsabilité : ne pas relayer, liker ou donner de crédibilité aux fausses informations.
Notre cerveau cherche souvent la solution la plus simple plutôt que la plus juste : on parle de lazy thinking, ce qui fait que le vraisemblable l’emporte parfois sur le vrai.
+ info
Nous avons beaucoup de tentations mentales
Par exemple voir dans certaines corrélations, des relations de causes à effets.
Entraîner son cerveau
On peut s'entraîner à repérer ces mécanismes et être alerte.
L'effet "STROOP" : dire la couleur de l'encre, pas le mot écrit. Entraîner son cerveau, c'est apprendre à lire l'information avec lucidité plutôt qu'avec impulsivité.
Nous avons délimité le périmètre de notre société contemporaine. Maintenant, nous allons voir que ce qui influence (et parfois fausse) notre jugement vient aussi de notre nature humaine.. Pour mieux comprendre ça, nous allons prendre du recul et utiliser nos capacités métacognitives ; autrement dit : Réfléchir sur notre propre façon de penser et sur nous-mêmes.
Les limites de la rationalité
Les limites dimensionnelles de notre rationalité
Info
Les limites spatiales
La prédiction à l'identique
Les limites cognitives
Les informations nous parviennent à travers notre corps, via nos sens, mais une grande partie de la réalité nous échappe : certains sons, certaines odeurs, ou même des événements hors de notre champ de vision
Nous avons du mal à accepter le hasard, alors nous cherchons souvent des explications même quand il n’y en a pas. Pour éviter les erreurs, il faut penser à la taille de l’échantillon avant de tirer une conclusion.Être rationnel, c’est vérifier si on a assez d’informations avant de conclure. Et bonne nouvelle : l'entrainement cérébral fonctionne !
Chaque soir, lorsque le paysan vient la voir, il lui donne du grain ... Chaque soir, lorsqu'elle voit arriver le paysan, elle s'attend à recevoir du grain ... jusqu'à la veille de Noël.
Les sondages
Les limites temporelles
Les limites culturelles
Nous vivons en permanence dans le présent, tout au long de notre vie. Notre mémoire, elle, n’est jamais un enregistrement fidèle : c’est toujours une reconstruction.Quant au futur, nous sommes constamment amenés à l’anticiper, des milliers de fois par jour. Et la forme d’anticipation la plus simple consiste à prévoir que les choses vont se reproduire de la même manière.
Notre façon de raisonner n’est pas totalement objective : elle dépend de notre culture, de notre expérience et de nos biais. C’est pourquoi il faut prendre le temps avant de juger, pour éviter les conclusions trop rapides. Chacun porte des "variables", donc les points de vue peuvent être différents sans être forcément faux.
Le croire contaminé par le désir
La pensée désirante
L'être humain se distingue par sa faculté à projeter ses désirs sur le réel. Ainsi, la pensée désirante ne se contente pas d'interpréter le monde : elle en sélectionne les apparences selon nos préférences.Face à l'ambiguïté d'un symbole, nous privilégions l'interprétation qui nous est le plus favorable. De cette manière, la pensée peut infléchir le réel pour le conformer à nos attentes
'La question qui nous occupe est de réfléchir à la façon dont nous régulons collectivement le désir'
- Gérald Bronner
Quelques pièges et quelques solutions
Comment sortir de notre entourage de mauvaises croyances ?
L'impression de savoir est parfois plus nuisible à la connaissance que le fait de ne pas savoir. Il ne faut pas contredire effrontément.
01
02
03
Pre-bunking
Le rétro-jugement
Le changement de cadre
Changer le cadre de narration pour faire disparaître certains effets des biais cognitifs et essayer de reconstruire les raisons de la personne
Ou contre feu : dévoiler rapidement la finalité qui se trouve en haut de l'escalier de la radicalité
Permettre le rétro-jugement : tester la profondeur explicative de ses connaissances
Je vous remercie de votre écoute
et de la manière dont ces informations pourront, grâce à vous peut-être, circuler au-delà de cette présentation
Gérald bronner, c'est :
Bibliographie
- L'assaut du réel. (n.d.). Retrieved April 2, 2026
- Faculté des Lettres de Sorbonne Université (Director). (2025c, April 8). Gerald Bronner—Développer son esprit critique face au monde de la désinformation #3 (conférence) [Video recording].
- Faculté des Lettres de Sorbonne Université (Director). (2025a, February 12). Gérald Bronner—Développer son esprit critique face au monde de la désinformation" (Conférence)
- Faculté des Lettres de Sorbonne Université (Director). (2025d, May 27). Gérald Bronner—Développer son esprit critique face au monde la désinformation #4 (Conférence) [Video recording]
- Faculté des Lettres de Sorbonne Université (Director). (2025b, March 11). Gérald Bronner—Développer son esprit critique face au monde de la désinformation" #2 (Conférence) [Video recording]
Le problème vient souvent du fait que les opinions les plus extrêmes prennent la place, parce que la majorité plus nuancée reste silencieuse.
Le lazy thinking
Nous ne voyons qu'un échantillon
Tout discours du réel est une amputation du réel
L'échantillon
La taille de l'échantillon
C'est une mesure d'hygiène mentale : toujours essayer de reconstituer à la taille de l'échantillon.