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Lavoisier auchel_CLASSE MEMOIRE

nathalie Hénin

Created on April 23, 2026

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Transcript

Collège LavoisierAuchel

CLASSE MEMOIRE départementale

Année scolaire 2025-2026

Gilberte Lantrémy, une vie pour la liberté

Cette année, le Club mémoire du collège Lavoisier d’Auchel, composé de Kindhira, Lenny, Lina et Lou-Anne, s’est vu confier la mission suivante : retracer le parcours de Gilberte Fauquembergue, résistante déportée auchelloise pendant la Seconde Guerre mondiale.

1. Tout a commencé à la Coupole … Les 20 et 23 janvier derniers, les classes de 3ème du collège Lavoisier ont visité La Coupole d’Helfaut et ont pu participer à l’atelier Classe mémoire. Elles y ont découvert des documents d’archives consacrés à Gilberte Fauquembergue, ce qui a attisé la curiosité de certains élèves qui ont souhaité poursuivre le travail de recherches engagé. Le Club mémoire s’est réuni ensuite chaque mercredi après-midi, autour de Mme Lamour et de Mme Broutin, entre le 4 mars et le 8 avril.

Le Club mémoire découvre l’acte de naissance de Gilberte Lantrémy à la mairie d’Auchel © Club mémoire Collège Lavoisier Auchel 2026

2. Deux destins croisés Nous nous sommes tout d’abord rendus à la marie d’Auchel afin de consulter l’acte de naissance de Gilberte Fauquembergue. Nous avons ensuite parcouru la ville pour retrouver les lieux qu’elle avait connus. Alors que nous complétions les informations contenues dans le dossier fourni par la Coupole en sollicitant le service des archives de Ravensbrück, Mme Dauchez, la principale-adjointe, nous a annoncé que nous avions été choisis pour recevoir Mme Nelly-France Ducatel, dont les parents étaient résistants et qui est née en déportation. Nous y avons vu l’occasion de découvrir un autre parcours de résistante et de mieux comprendre le rôle des femmes dans la Résistance. Le 24 mars, nous avons donc interviewé Mme Ducatel avant d’aller écouter son témoignage avec les classes de 3ème et les lycéens de Lavoisier rassemblés au Ciné-théâtre d’Auchel. Nous avons retrouvé des points communs dans les parcours de ces deux femmes : l’engagement farouche de deux citoyennes convaincues, pourtant déjà mères de famille, qui n’ont pas hésité à jouer un rôle essentiel dans les réseaux locaux auprès de leurs maris (qui ne sont pas revenus de déportation), la détermination à reconstruire leur vie et celle de leur famille au retour des camps et la volonté de raconter.

Gilberte-Isabelle Fauquembergue jeune fille © Famille Lantrémy

Nous avons ensuite repris notre travail sur Gilberte Fauquembergue : nous avons croisé les sources et les nombreux documents d’archives à notre disposition. Nous avons eu une grande chance : Gilberte Fauquembergue est revenue de déportation et elle a partagé son histoire avec sa famille. Elle a même témoigné dans le bulletin municipal de Calonne-Ricouart. Nous avons pu retrouver son petit-fils Lionel et sa femme Françoise ainsi que sa petite-fille, Claudie Lantrémy, qui était très proche de sa grand-mère et nous a fourni de nombreuses photos et un témoignage précieux. Cela nous a permis de lever certains doutes liés à l’interprétation des archives et de mieux comprendre la personnalité de Gilberte Fauquembergue, qui explique pour beaucoup son engagement, ce que nous ne pouvions deviner dans les documents officiels. Nous avons rencontré Claudie une première fois le 25 mars puis nous l’avons interviewée le 8 avril.

3. Une leçon d’histoire et de vie Ce travail de mémoire nous a permis de comprendre que le rôle des femmes dans la Résistance locale a été décisif mais reste encore peu connu alors qu’elles ont souvent été les chevilles ouvrières des réseaux, des « petites mains » essentielles : elles ont ouvert leur maison aux résistants et ont payé un lourd tribut pour leur engagement. Ainsi, si Alfred Lantrémy fait l’objet d’une page Wikipasdecalais, ce n’est pas le cas de son épouse. Aucune trace également de Gilberte Fauquembergue sur d’autres sites Internet consacrés à la Résistance dans la région alors qu’elle a fait partie de ceux dont l’appartenance aux F.F.I. a été reconnue après la guerre. Nous espérons donc que notre travail va permettre de mettre en valeur l’engagement de Gilberte Fauquembergue. Le 26 avril, nous avons participé aux commémorations menées par la mairie d’Auchel dans le cadre de la Journée Nationale du Souvenir de la Déportation, en présence de la famille Lantrémy. Nous avons également trois projets : entrer en contact avec l’Association des Familles de Déportés et Disparus du camp de concentration de Flossenbürg afin de leur permettre de compléter la fiche consacrée à Gilberte Fauquembergue concernant son rapatriement et son retour à la vie civile, rubriques restées pour l’instant vierges ; avec l’accord de Mme Dumont, la Proviseure, baptiser la salle de réunion de notre établissement du nom de Gilberte Fauquembergue ; finalement, présenter notre travail devant les collégiens de 3ème de Lavoisier et la presse, en juin prochain. Nous espérons ainsi avoir pleinement rempli notre mission : celle de transmettre cette histoire qui est souvent restée familiale et qui mérite d’être racontée à tous.

Le Club mémoire et la famille Lantrémy lors de la Journée Nationale du Souvenir de la Déportation à la mairie d’Auchel – Crédit photo : Lars Ploeger

Le 24 mars, une rencontre avec Mme Nelly-France DUCATEL qui est venue nous apporter son témoignage sur l'histoire de ses parents résistants, mais surtout la vidéo du témoignage de sa maman qui lui a donné naissance en prison.

Un moment d'échanges pendant l'interview réalisée par les élèves du club mémoire aidés par les élèves du club webradio Cliquez ici

Gilberte Isabelle Fauquembergue (Lantrémy) Prisoner no. 39179 at Ravensbrück Gilberte Fauquembergue was born on September 29, 1912, in Auchel, in northern France, to Alphonse Fauquembergue, a coal miner, and Marie-Louise Caubert. She married Alfred Lantrémy on February 24, 1934, and the couple had a son, Serge, born on November 29, 1935. At the outbreak of the Second World War, she was a housewife. In January 1941, she became actively involved in the French Resistance alongside her husband, joining the communist Francs-Tireurs et Partisans Français in the Auchel, Burbure, and Marles-les-Mines area. Her activities included distributing anti-German leaflets and clandestine newspapers, transporting typewriters, sheltering resistance fighters sought by the Gestapo and the French Militia, and hosting secret meetings in her home.

By April 1941, she had become a liaison agent, responsible for transporting weapons and explosives. In February 1942, she was appointed leader of a group of twelve members and held the rank of sergeant. On May 2, 1942, she was arrested at her home in Calonne-Ricouart by the French Militia and detained in Béthune, where she was interrogated. On July 26, 1942, she was sentenced to three years’ imprisonment by the Special Court of Douai. She was subsequently held at La Petite Roquette prison in Paris and later at Rennes Central Prison. On April 30, 1944, she was transferred to Fort de Romainville, near Paris. On May 13, she was deported from the Gare de l’Est to Ravensbrück, the largest concentration camp for women, arriving there on May 18, 1944. As part of the Nazi forced labor system, she was transferred on June 13, 1944, under prisoner number 51598, to the Zwodau subcamp of Flossenbürg, in what is now the Czech Republic, where she was assigned to factory work. On February 14, 1945, she was deported

By April 1941, she had become a liaison agent, responsible for transporting weapons and explosives. In February 1942, she was appointed leader of a group of twelve members and held the rank of sergeant. On May 2, 1942, she was arrested at her home in Calonne-Ricouart by the French Militia and detained in Béthune, where she was interrogated. On July 26, 1942, she was sentenced to three years’ imprisonment by the Special Court of Douai. She was subsequently held at La Petite Roquette prison in Paris and later at Rennes Central Prison. On April 30, 1944, she was transferred to Fort de Romainville, near Paris. On May 13, she was deported from the Gare de l’Est to Ravensbrück, the largest concentration camp for women, arriving there on May 18, 1944. As part of the Nazi forced labor system, she was transferred on June 13, 1944, under prisoner number 51598, to the Zwodau subcamp of Flossenbürg, in what is now the Czech Republic, where she was assigned to factory work. On February 14, 1945, she was deported again to Beendorf, a subcamp of Neuengamme, where survival conditions were extremely harsh despite strong solidarity among the women prisoners. There, she was forced to manufacture aircraft engine parts in an underground factory carved into a former salt mine, some 600 meters below ground. In late April 1945, she was evacuated with the intention of being sent to the gas chambers at Neuengamme. However, Allied bombings disrupted the evacuation and ultimately saved her life. She was liberated on May 10, 1945, by the Danish Red Cross. She returned to Auchel on July 2, 1945, where she was reunited with her parents, who had cared for her son Serge during her imprisonment. Her husband, Alfred Lantrémy, had died in deportation on February 24, 1945, at Dachau. After the war, she went on to manage the Central Cooperative of the Mining Personnel of Auchel with her second husband, Achille Philippe. The couple had a daughter, Brigitte, born in 1949. Gilberte Lantrémy died in Bandol on July 22, 2003.

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