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Revendiquer nos droits féminins avec sagesse

Institut Aïcha

Created on April 22, 2026

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Transcript

Revendiquer nos droits féminins avec sagesse

Le modèle des sahabiyat
Institut Aïcha

Index

1. La dernière Révélation a opéré un bouleversement social pour les droits des femmes

2. Nombre de droits sont venus par des revendications des femmes elles-mêmes, individuelles ou collectives : la légitimation d'une Sunnah

3. Quand le Prophète fut moteur des droits des femmes : un modèle pour tout leader spitituel et politique

4. Les femmes de la jahiliya avaient parfois des droits qui furent perdues ultérieurement par des sociétés musulmanes

5. Les hommes de foi se sont adaptés à la nouvelle réalité sociale, la Révélation tranchait tous les désaccords hommes-femmes (privés...), et les tentatives de masculinisme ont pu être contenus tant que les dirigeants étaient juste

6. La Révélation est venue dans une justice totale et un système complet garantissant les droits de tous, ainsi la quête des droits ne doit pas outrepasser le cadre de la Révélation

7. La Révélation a aussi responsabilisé les femmes sur leurs manquements, principalement sur leur mari.

8. L'éthique à conduire dans les revendications sociales

9. La finalité dans la revendication de nos droits féminins : la justice dans l'alliance fraternelle avec les hommes

La dernière Révélation a opéré un bouleversement social pour les droits des femmes : introduction

Le modèle de l'époque prophétique avec les nouveaux droits acquis pour les compagnonnes pour nous inspirer

Les nouveaux droits acquis pour les femmes en une période de 23 ans de Révélation ont été nombreux et nous souhaitons évoquer comment ils se sont réaliser, mais aussi relier cette révolution à d’autres aspects liés et à la finalité spirituelle et fraternelle de l’islam, afin de répondre à la problématique très moderne suivante : comment les femmes musulmanes peuvent revendiquer leur droit avec sagesse, c’est-à-dire sans tomber dans des travers moraux et des fractures avec les hommes ?

Pour répondre correctement à cette question nous avons procéder à une approche holistique en examinant tous les aspects de la problématique et en trouvant les réponses dans l’islam primordial pour chacun des problèmes sociaux que nous observons aujourd’hui dans les revendications féminines modernes et les contre-coups masculinistes y répondant. Pour présenter le fruit de cette analyse, nous avons classé les droits des femmes nouvellement acquis par la venue de l’islam en différents sous-thèmes qui nous ont semblé les plus marquants, avec une dénomination moderne : la lutte contre les violences faites aux femmes, la réforme des mentalités (misogyne), les droits familiaux, l'autonomie de la personnalité, la promotion de l’instruction des femmes, la reconnaissance des droits politiques des femmes. Nous avons trouvé deux grandes catégories : l'initiative de la Révélation et l'initiative des compagnonnes.L'éthique et la finalité d'une revendication des droits avec sagesse concluera cette étude.

Quand le Coran et le Prophète furent moteurs des droits des femmes : un modèle pour tout leader spirituel et politique.

2.1 L’autonomie de la personnalité

  • Les femmes venaient en autonomie porter allégence au Prophète saws : « ‘Aisha rapporte que le Prophète ﷺ acceptait les femmes venues lui prêter serment d’allégeance sur la base des conditions contenues dans ce verset du Coran qu’il leur récitait : { Ô Prophète, lorsque les croyantes viennent à toi en te prêtant serment d’allégeance et en jurant qu’elles n’associeront rien à Allah, qu’elles ne voleront pas, qu’elles ne se livreront pas à l’adultère, qu’elles ne tueront pas leurs propres enfants, qu’elles ne commettront aucune infamie, ni avec leurs mains ni avec leurs pieds, qu’elles ne désobéiront pas en ce qui est convenable, accepte alors leur serment d’allégeance. Demande pour elles pardon à Allah. Allah est Celui qui pardonne, Il est Miséricordieux }. » (al Boukharî)
  • Allah a révélé aux femmes comme aux hommes d’embrasser sa religion de façon autonome, sans dépendre d’un autre membre de la famille, d’une tribu ou d’une nation.
  • Allâh mentionne aussi bien les croyantes que les croyants persécutés dans la sourate al bourouj (la 27ème sourate révélée lors de la période mecquoise), et nous savons que plusieurs femmes croyantes ont été torturées et la première martyre est une femme (Soumaya) : {Ceux qui font subir des épreuves aux croyants et aux croyantes, puis ne se repentent pas, auront le châtiment de l'Enfer et le supplice du feu.}
  • La possibilité de témoigner en justice
Lors de la grande calomnie dont fut victime ‘Aisha, le Prophète ﷺ auditionna sa servante Barîra. Le Prophète ﷺ lui dit : « Barîra, as tu remarqué quelque chose suspect à son sujet ? » « Non ! Par Celui qui t’a envoyé avec la vérité, dit elle, je n’ai absolument rien remarqué . Le seul reproche que je puisse lui faire c’est qu’elle est encore une très jeune fille, parfois elle s’ endort en laissant sa pâte pétrie à la portée de la volaille qui vient la manger » (al Boukhârî)

1er droit révélé sur les femmes avec la sourate takwir (7ème), le droit à la vie des filles : {et qu’on demandera à la fillette enterrée vivante pour quel péché elle a été tuée}

Ne pas les empêcher de réépouser leur mari : {232. Et quand vous divorcez d'avec vos épouses, et que leur délai expire, alors ne les empêchez pas de renouer avec leurs époux, s'ils s'agréent l'un l'autre, et conformément à la bienséance. Voilà à quoi est exhorté celui d'entre vous qui croit en Allah et au Jour dernier. Ceci est plus décent et plus pur pour vous. Et Allah sait, alors que vous ne savez pas . } (s al Baqarah)

Lutte contre les violences faites aux femmes

La protection des orphelines, les plus vulnérables, dans leur bien et leur mariage.La version chez Abû Dâwûd (et authentifié par al Albânî ) dit : « Le tuteur n’a aucune autorité sur la femme ayant déjà mariée. Quant à l’orpheline, elle doit donner sa permission. Son silence est le signe de son acceptation » s an-Nisa { Et si vous craignez de n'être pas justes envers les orphelins, ... } 'Aicha a rapporte qu’un homme avait épousé une orpheline qui était chez lui. Elle possédait une palmeraie mais cet homme gardait toute la récolte sans rien en donner à cette orpheline. C’est a cette occasion que ce verset fut révélé. (al Boukhârî)

Aujourd'hui cela comprend :Violences physiquesViolences psychologiques Violences sexuelles Violences économiques et financières Violences administratives Violences conjugales et intrafamiliales Violences numériques Violences institutionnelles Violences liées aux traditions néfastes

Ne pas leur nuire durant la période de viduité : Et faites que ces femmes habitent où vous habitez, et suivant vos moyens. Et ne cherchez pas à leur nuire en les contraignant à vivre à l'étroit.} (s talaq v 6)

Ne plus être un objet d'héritage{ Ô les croyants ! Il ne vous est pas permis d’hériter des femmes contre leur gré }

Le hadith : « Ô Allah, je déclare inviolable les droits des deux faibles : l’orphelin et la femme. » (ibn mâjah et Ahmed)

La lutte contre les violences : la violence conjugale

  • ‘Abdullah bin Zam‘ah (qu’Allah l’agrée) rapporte avoir entendu le Prophète (ﷺ) prononcer un sermon dans lequel il évoqua la chamelle (du prophète Sâlih) et l’homme qui l’avait tuée. Le Messager d’Allah (ﷺ) dit : « Lorsque le plus méchant d’entre eux s’avança (pour tuer la chamelle) » (Coran 91:12) signifie qu’un chef éminent, méchant et très puissant du peuple se leva pour tuer la chamelle. Puis, il (ﷺ) mentionna les femmes et dit : « Certains d’entre vous frappent leurs épouses comme on frappe des esclaves, puis couchent avec elles à la fin de la journée. » (Al-Bukhârî et Muslim)
  • le verset connu 34 de la sourate an-Nisa : { Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leurs lits et frappez-les. Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Allah est certes, Haut et Grand ! »}
  • Fiqh malikite, dans al Qawanin al fiqhiyyah d’ibn Juzayy : « Si c’est elle qui manque à ses devoirs, il la sermonne, et si elle s’amende, [alors le problème est réglé]. Si ce n’est pas le cas, il s’éloigne d’elle et si elle cesse, [alors le problème est réglé]. Si rien n’y fait, il la frappera sans la mettre en danger. Mais s’il a une forte présomption qu’elle cessera ses manquements qu’en la frappant durement, alors il la laisse ».
  • Que veut dire « frapper sans la mettre en danger » ?
  • « Il ne s’agit pas de violence conjugale dommageable, et nous avons dans la sunnah : Mu’awiyyah al-Qushayri : « Que nous commandes-tu par rapport à nos femmes ? ». Il répondit : « Donnez-leur de la nourriture ce que vous avez pour vous-même, et habillez-les ce dont vous vous habillez, ne les battez pas et ne les insultez pas ».(Rapporté par Abû Dawûd)
  • At-Tabarî relate dans son Tafsîr (4/34) que ‘Atâ rapporte qu’Ibn Abbâs a dit : « C’est une frappe sans douleur ». Il a été demandé : « Qu’est-ce qu’une frappe sans douleur ? ». Ibn ‘Abbâs a dit : « C’est avec un siwâk ou quelque chose de similaire ».
  • Ibn Kathîr écrit dans son Tafsîr (4/34) : « Hassân al-Basrî a dit : «Cela signifie une frappe sans laisser de trace ». Les juristes ont dit : « Il ne peut pas casser des membres, ni causer de marque d’aucune sorte » ». Quant au juriste hanafite Badr ad-Dîn Al-Ayni (762 H/1360 – 855 H/1453), il a dit dans Al-Binâyah fî sharh al-hidayah : « Si la femme porte plainte car son mari la frappe, elle a alors le droit que son mari l’héberge (et prenne en charge) dans un endroit décent (pour assurer sa sécurité) de gens pieux qui témoigneront en sa faveur, et le juge réprimandera le mari s’il transgresse contre sa femme ».

-Le consentement pour le mariageD’après b. `Abbâs, le Prophète a dit : « Pour la femme ayant déjà été mariée, son droit prévaut sur celui de son tuteur, et pour la femme vierge, on lui demandera son accord et son silence [pudique] signifie son acceptation. »1 Sahih Muslim.

Droits familiaux

-interdiction de pousser une femme au divorce en l’oppressant jusqu’à ce qu’elle rende la dot pour divorcer{ Et ne les contraignez pas afin de reprendre une partie de ce que vous leur avez donné } (Sourate An-Nisa, 4:19)

Les femmes ont le droit à la nafaqa, à la priorité de l'allaitement, à l'aide d'une nourrice{ Et les mères, qui veulent donner un allaitement complet, allaiteront leurs bébés deux ans complets. Au père de l'enfant de les nourrir et vêtir de manière convenable. Nul ne doit supporter plus que ses moyens. La mère n'a pas à subir de dommage à cause de son enfant, ni le père, à cause de son enfant. Même obligation pour l'héritier . Et si, après s'être consultés, tous deux tombent d'accord pour décider le sevrage, nul grief a leur faire. Et si vous voulez mettre vos enfants en nourrice, nul grief à vous faire non plus, à condition que vous acquittiez la rétribution convenue, conformément à l'usage. Et craignez Allah, et sachez qu'Allah observe ce que vous faites.} (s al Baqarah v 233)

Il m’a été rapporté d’al-Ḥusayn ibn al-Faraj : j’ai entendu Abū Muʿādh dire : ʿUbayd ibn Sulaymān nous a informés, disant : j’ai entendu al-Ḍaḥḥāk dire au sujet de :« Et ne les contraignez pas » : il dit : la contrainte consiste en ce que l’homme déteste son épouse et lui cause du tort jusqu’à ce qu’elle se rachète de lui. Puis il a cité la parole de Dieu — Béni et Très-Haut : « Et comment pourriez-vous le reprendre alors que vous avez été intimement unis l’un à l’autre ? » (Coran 4:21) » (tasfir at-Tabari)

-préciser le délai de viduité une fois qu’il a été instauré« Et quant à celles de vos femmes qui n’espèrent plus avoir leurs règles… » [65:4]. Muqâtil a dit :« Lorsque le verset "Les femmes divorcées attendront, en s’isolant…" (Sourate At-Talâq, 65:1) fut révélé, Kallâd ibn An-Nu’mân ibn Qays Al-Ansârî demanda :"Ô Messager d’Allah, quelle est la période d’attente (‘iddah) pour la femme qui n’a plus de règles, pour celle qui n’a pas encore eu ses règles, et pour la femme enceinte ?"Allah, qu’Il soit exalté, révéla alors ce verset. »

Promotion de l’instruction et élévation du statut social des femmes les plus vulnérables

Par ces actions positives l’islam a rehausser le niveau social et intellectuel des femmes de façon pérenne.Le Coran a aussi demandé aux mères des croyants d’être gardienne des enseignements de la Révélation et l’islam primordial a consacré un modèle de femme savante et pieuse : {Et gardez dans vos mémoires ce qui est récité dans vos maisons des versets d’Allah et de la sagesse. Allah est Doux et Parfaitement Connaisseur.} (s al Ahzab v 34)

Al-Shifâ’ bint ‘Abdillâh raconte : « L’Envoyé d’Allah ﷺ est entré alors que j’étais chez Hafsa et me dit : ce serait bien que tu apprennes à celle-ci (Hafsa) la roqya contre les piqûres de fourmis comme tu lui as appris à écrire ». (Abu Dawud) Selon Abû Mûsâ al-Ach‘ari, l’Envoyé d’Allah ﷺ dit : « L’homme qui dispense une bonne éducation et une bonne instruction à sa servante, puis l’affranchit et l’épouse aura une double récompense. » (al Boukhârî)

La réforme des mentalités

En parallèle aux nouveaux droits acquis, l’islam a oeuvré à réformer les mentalités en profondeur en combattant à la racine les mauvaises mentalités misogynes

‘Aisha rapporte que le Prophète (ﷺ) a dit à Umm Sulaym : « Les femmes sont homologues aux hommes. » (Rapporté par Ahmad, Tirmidhî, Abû Dâwûd)Ibn Mandhûr : « L es femmes sont les shaqâ-iq des hommes, c'est à dire leurs homologues et leurs semblables dans la moralité et les moeurs »

-Traiter les filles et les garçons avec équité Anas rapporta qu’un jour un homme était assis en compagnie du Prophète ﷺ lorsque son fils vint auprès de lui : il le prit et le fit asseoir dans son giron. Vint ensuite sa fille, il la prit et l’assit à côté de lui. Alors le Prophète ﷺ lui fit ce reproche : « Tu aurais dû te montrer plus juste ». (Rapporté par al Bayhaqî dans Shu‘ab al îmân)

-l’importance du bon comportement envers les femmes D'après ‘Abdillâh b. Abbâs, l e Messager d’Allah ﷺ dit : « Le meilleur d’entre vous est le meilleur envers les femmes » (al hakim dans al mustadrak)

D'après Anas, le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Celui qui prendra en charge trois filles ou trois sœurs, ou bien deux filles ou deux sœurs, jusqu'à ce que la mort le sépare, nous serons lui et moi [au Paradis] comme ces deux-là ». Il montra son index et son majeur. (Rapporté par Ahmad et authentifié par al Arna’ût)

D’après Abdallah b. Amrû, l'Envoyé d'Allah ﷺ dit : « La vie d’ici bas est une réserve , et sa meilleure réserve est la femme vertueuse ». (Muslim)

Concluons cette première partie sur les mots de notre bien aimés Prophète saws lors du discours du pèlerinage d’adieu, un moment solennel avec un message fort qui incite au bon comportement envrs les femmes : «Craignez Allâh en vos femmes, car vous les avez prises selon un pacte que vous avez conclu avec Allâh, et ce n’est qu’avec la permission de Allâh que vous cohabitez avec elles». (Rapporté par Mouslim)

Nombre de droits sont venus par des revendications des femmes elles-mêmes, individuelles ou collectives

La légitimation d'une Sunnah

Nous remarquons que les principales injustices touchant les femmes dans la Jahiliyyah concernait le domaine de la famille.Elles avaient déjà une certaine participation sociale dans la société arabe de la Jahiliyyah, chose qui sera parfois déniée ultérieurement jusqu’à aujourd’hui : commerce, médecine, poésie, instruction possible (très limitée pour les hommes comme pour les femmes), nourrice, servante, accompagner les hommes durant les batailles, prêter allégeance en leur nom...

L'autonomie de la personnalité

-Le droit des femmes qui émigraient à ne pas être renvoyer chez leur famille mécréante après le pacte d’al Hudaybiyya{Ô vous qui avez cru! Quand les croyantes viennent à vous en émigrées, éprouvez-les; Allah connaît mieux leur foi; si vous constatez qu'elles sont croyantes, ne les renvoyez pas aux mécréants. Elles ne sont pas licites [en tant qu'épouses] pour eux, et eux non plus ne sont pas licites [en tant qu'époux] pour elles. Et rendez-leur ce qu'ils ont dépensé (comme mahr).(...)} sourate al mumtahanah verset 10Tafsir ibn Kathir : On a rapporté que la circonstance de la révélation de ce verset est la suivante: « Oum Koulthoum la fille de 'Oqba Ben Abi Mou'ait fit l’émigration a Médine avec les fidèles. Ses deux frères ‘Imara et Al-Walid sortirent pour la chercher et se rendirent chez le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- lui demandant de la leur rendre. Mais Dieu révéla à ce moment- la de violer le pacte conclu avec les polythéistes surtout parce que l’affaire concerne les femmes. Ni lui ordonna de garder cette femme (et plus tard toutes les musulmanes) et de la mettre a l'épreuve pour constater sa foi ».Abou Nasr Al-Asadi demanda a Ibn Abbas: « Comment le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- mettait les femmes à l'épreuve? » Il lui répondit: « Il éprouvait leurs coeurs (la foi en Dieu) qu'elles n’ont pas quitte par mépris de leurs maris, ni pour changer un domicile, ni a la recherche des biens de ce monde, mais par amour pour Dieu et pour Son Messager ». Et Ibn Abbas a ajoute dans une autre version: « Il les faisait témoigner qu'il n’y a d'autres divinités que Dieu et que Mouhammed est le Messager de Dieu ». Quant à Qâtada, il a dit: « On les éprouvait en les faisant jurer qu’elles n’ont pas quitté leurs maris par insubordination mais par amour pour l'Islam et les musulmans et d'être prêtes à garder toujours leur foi ».-Droit d’aller à la mosquée, dans la SunnahIbn Umar rapporte : « L’épouse de Umar [ b. al Khattâb ] assistait à la prière en commun à la mosquée, lors de la prière de l’aube et de celle du soir. On lui dit : « Pourquoi sors tu alors que tu sais que Umar n’aime pas cela et est jaloux » Elle demanda : « Et qu’est ce qui l’empêche de me l’interdire » On lui répondit : « Ce qui l’empêche c’est la parole du Prophète : « N’interdisez pas aux servantes d’Allah de se rendre dans Ses mosquées » Rapporté par al Bukhârî.

L'autonomie de la personnalité

-Le droit des femmes de sortir de chez ellesLes femmes qui sortent pour leurs besoins ‘Aïcha – qu’Allâh l’agrée – rapporte : « Après que le voile fut prescrit, Sawda sortit pour quelque besoin. Elle était une grande femme qui ne pouvait passer inaperçu à ceux qui la connaissait. ‘Umar b. al-Khattâb vit et dit [ne voulant pas qu’elle sorte] : « Sawda, par Allah, tu ne te caches pas de nous, vois comment tu sors ! ». Sawda revint en arrière. Le Messager d’Allâh était dans ma chambre, et il était en train de prendre son repas, tenant dans sa main un os entouré de viande. Sawda entra et dit : « Messager d’Allah , j’étais sortie pour quelque besoin, mais ‘Umar m’a dit telle et telle chose ». Allâh descendit alors la révélation à son Messager jusqu’à ce qu’elle s’arrête, alors qu’il tenait toujours l’os dans sa main. Il déclara alors : « Vraiment il vous est permis [aux femmes] de sortir pour vos besoins ». (Sahih al Boukhârî). La veuve qui sort pour récolter ses palmiers. hadith suivant rapporté par Jabir, , et qui se trouve dans Sahih Mouslim et dans Sounane An-Nassaï et Abou Dawoud : [Ma tante maternelle a été divorcée et elle voulait sortir pour récolter ses palmiers. Alors, un homme lui interdit de sortir. Elle vint voir le Prophète, , qui lui a dit : «Vas plutôt récolter tes palmiers. Peut-être en donneras-tu l’aumône ou en feras-tu un acte de bienfaisance. »] Mais elle n’a pas le droit de passer la nuit hors de son foyer sauf en cas de nécessité. Car en général les mauvaises choses se passent au cours de la nuit par opposition au jour qui est généralement assigné pour les affaires de la vie.’" -Avoir un divertissement : le beau modèle de l’Envoyé d’Allâh ‘Aisha , Abû Bakr vint chez elle pendant les jours de Mina, tandis que deux jeunes filles chantaient en s’accompagnant du tambour de basque. Alors que le Prophète saws se trouvait là, recouvert de son manteau, Abû Bakr entreprit de chasser les jeunes filles, mais le Prophète saws dévoila son visage l’arrêta et dit : « Ô Abû Bakr, ces jours sont des jours de fête, ce sont les jours de Mina, laisse les » Le Prophète saws me protégea aussi un autre jour, ajoute ‘Aisha , alors que je regardais des Abyssins qui s’activaient à des jeux [avec leurs javelots] à la mosquée. Umar b. al Khattâb voulut les expulser, mais le Prophète saws intervint et lui dit : « Laisse les ! Continuez en paix, ô fils d’Arfida ! » Rapporté par al Bukhârî.

L'autonomie de la personnalité : les revendications collectives

-Le hadith de Asma bint Yazid l'émissaire des femmes« Un jour, elle arriva chez l’Envoyé d’Allah – salla Allahou `alayhi wa salam – qui était assis parmi ses Compagnons – radiy Allahou `anhoum – et dit : « Par ma mère et mon père, ô Prophète d’Allah ! Je suis déléguée par les femmes auprès de toi. Allah – qu’Il soit Glorifié – t’a envoyé pour les hommes et les femmes en général. Nous avons cru en toi et à ton Dieu, nous, l’assemblée des femmes, reléguées dans nos foyers et élevant vos enfants. Vous les hommes, vous êtes préférés par rapport à nous à travers les réunions et les assemblées, la visite des malades, les prières pour les morts, le pèlerinage après le pèlerinage. Le meilleur de tout cela, c’est le combat dans la voie d’Allah. L’homme qui sort pour le grand et petit pèlerinage ou combattant dans la voie d’Allah, nous laisse derrière lui pour préserver ses biens, laver ses vêtements et élever ses enfants. Pourquoi, ne nous joignons-nous pas à vous dans toutes ces merveilleuses actions ? » L’Envoyé d’Allah – salla Allahou `alayhi wa salam – se tourna en direction de ses Compagnons et dit : « Avez-vous entendu ? Aucune femme n’a osé demander des détails concernant sa religion à part celle-ci. » Ils répondirent : « Ô Messager d’Allah ! Nous n’avons pas supposé un instant qu’une femme soit guidée à ce point-là. » Le Messager d'Allah – salla Allahou `alayhi wa salam – se retourna vers elle et dit : « Tu peux partir ô Asmâ’! Et sache, pour les femmes que tu représentes, que la meilleure des observances de la femme est l'obéissance à son mari, sa satisfaction, et de ne pas le contrarier. C'est l'équivalent de tout ce que représentent les avantages des hommes à vos yeux. » Elle partit en louant et en magnifiant Allah le Miséricordieux, satisfaite de la réponse du Messager d’Allah – salla Allahou `alayhi wa salam. » -Les femmes demandent un jour d'enseignement pour elles Abou Hourayra a rapporté : « Une femme vint trouver le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — et lui dit : “Messager d’Allah, nous ne pouvons pas venir nous asseoir avec toi, alors fixe-nous un jour où nous pourrons venir.” Il répondit : “Votre lieu de rendez-vous sera la maison de untel.” Il se rendit auprès des femmes à ce moment-là. Parmi ce qu’il leur dit : “Il n’y a aucune femme parmi vous qui perd trois enfants, les confiant à Allah, sans qu’elle n’entre au Paradis.” Une femme demanda : “Et si ce sont deux ?” Il répondit : “Et si ce sont deux.” » (Adab al-Mufrad)

L'autonomie de la personnalité : droit politique, droit à la parole publique

-L'égalité spirituelleUmm Salama interpella le Prophète ﷺ : « Messager d’Allah, pourquoi ne sommes-nous pas évoquées dans le Coran comme le sont les hommes ? » Je fus surprise le lendemain par son appel sur la chaire : « Assemblée de gens ! ». À ce moment, j’étais en train de me coiffer. Je me suis alors rapprochée de la porte puis j’ai posé mon oreille sur une feuille de palmier desséchée. Je l’ai alors entendu tenir ces propos : « Allah, Gloire et Magnificence à Lui, dit : “Les soumis à Allah et les soumises, les croyants et les croyantes (…)” ». Coran s. 33 Les Coalisés v. 35 : « Les soumis à Allah et les soumises, croyants et croyantes, obéissants et obéissantes, loyaux et loyales, endurants et endurantes, dévoués et dévouées, donneurs et donneuses d'aumônes, jeûneurs et jeûneuses, gardiens de leur chasteté et gardiennes, invocateurs souvent d'Allah et invocatrices : Allah a préparé pour eux un pardon et une énorme récompense ». Le verset en entier (Ce dernier hadîth est rapporté par Ahmad et authentifié par al Arna'ût.) -Les conseils politiques donnés par des femmes Le Messager d’Allah ﷺ dit à ses compagnons : « Allez, sacrifiez vos bêtes puis rasez-vous. » Par Allah, aucun homme ne se leva, bien qu’il leur eût répété cela à trois reprises. Lorsqu’il vit qu’aucun d’eux ne se levait, il entra auprès d’Umm Salama et lui évoqua ce qui venait de se passer. Elle lui dit : « Ô Prophète d’Allah, veux-tu qu’ils t’obéissent ? Sors donc et ne dis mot à personne jusqu’à ce que tu aies accompli ton sacrifice, puis appelle ton coiffeur pour qu’il te rase. » Il sortit sans parler à personne, fit ainsi, accomplit son sacrifice et fit venir son coiffeur. Lorsque les compagnons virent cela, ils se levèrent pour accomplir leurs sacrifices, puis se mirent à se raser la tête les uns les autres. (al Boukhârî) -Le respect du droit d'asile donné par une femme Umm Hâni', la soeur de Ali, raconte : « lors de la conquête de La Mecque, je me suis rendu auprès du Prophète. Il prenait son bain et sa fille Fatima se chargeait de le protéger [des regards]. Je le salua et il répondit : « Bienvenue à Umm Hâni' ! » Quant il termina il alla prier et à l'issue de celle ci, elle lui expliqua qu'elle avait accordé sa protection à un parent [polythéiste] de son époux Hubayra. Umm Hâni' dit : Ali prétend vouloir exécuter mon protégé [malgré ma protection]. Le Prophète dit alors : « Umm Hâni' nous accordons l'asile à celui à qui tu l'as accordé ! » Rapporté par al Bukhârî, n°3 57. -La fille du Prophète saws fait une proclamation publique à la mosquée Abu-l-'As ibn ar-Rabi l'époux de Zaynab fut capturé par les musulmans. Il vint à Médine, et vint à sa femme Zaynab, fille du Messager d'Allah,saws, avant l'aube. Il demanda sa protection et elle lui accorda. Lorsque le Messager d'Allah pria Fajr, elle se tint à la porte et annonça de sa plus haute voix : J'ai accordé ma protection(amanah) à Abu-l-'As ibn ar-Rabi'5. Le Messager d'Allah dit : O les gens, avez-vous entendu ce que j'ai entendu ? Ils dirent : oui. Il dit : Par Celui qui détient l'âme de Muhammad dans Sa main, je ne savais rien de ce qui vient d'arriver jusqu'à ce que j'entende ce que vous avez entendu. Les croyants sont comme une seule main contre les autres. Le moindre d'entre eux accorde sa protection. Nous protégeons celui qu'elle protège. Lorsque le Prophète rentra chez lui, Zaynab vint le trouver et lui demanda de rendre à Abu-l-'As ce qui lui appartenait. Il le fit. Il a aussi commandé à Zaynab de ne pas s'approcher de lui car elle n'est pas licite pour lui tant qu'il reste un idolâtre. Abu-l-'As rentra à la Mecque et mis au point toutes ses obligations. Ensuite il embrassa l'Islam et revint au Prophète en tant que musulman, émigrant dans le mois de Muharram, 7h. Ainsi le Messager d'Allah lui rendit Zaynab en vertu de leur premier mariage. » (Le hadith a aussi été rapporté dans la sîrah d'Ibn Hichâm et par d’autres grands muhaddithin, une version plus courte présente chez adh-dhahabi dans siyar a’lam an-Nubala a été authentifié par al arnâ-oût d’après le site hdith.com, de même la version la plus longue a été authentifiée.)

L'autonomie de la personnalité : réfuter les mauvaises interprétations religieuses sur les femmes

--Aïcha conteste la compréhension d’un hadith de certainsCertains sahabas ou tabi'i ont dit que le fait qu'une femme [adulte] passe devant un homme en train de prier suffisait à couper sa prière. Il existe en effet un hadîth disant : « La prière d’un homme musulman adulte est coupée, s’il n’a pas devant lui quelque chose comme une selle de chameau, par une femme, un âne ou un chien noire. On a dit: O Messager d’Allah! Pourquoi le chien noir contrairement au roux ou au jaune? Il a dit: Le chien noir est un démon. » ( Muslim no. 510, Abu Dawud no. 702, At-Tirmidhi no. 338 et Ibn Majah no. 952.) Mais ‘Aïcha a contesté cette version et a dit : « Est-ce que vous voulez nous traiter comme le chien ou l’âne ? Je me vois allongée sur le lit alors que le Prophète venait accomplir sa prière en se tenant face au lit – Et, comme il me répugnait de servir de Qibla, je me laissais aller vers le pied du lit et sortais des draps. » (sahih al Bukhârî)-Le malheur est dans trois choses dont la femme ? Lorsqu'il a été rapporté par 'Aicha qu'Abu Hurayra a dit le Messager d'Allah (saw) dit : « le malheur (chu'm) est dans trois choses : dans la maison, dans la femme, dans le cheval ». Aïcha a dit : Abu Hurayra n'a pas bien préservé. Il est entré lorsque l Messager d'Allah -saw) était en train de dire : Qu'Allah combatte les juïfs parce qu'ils disent que le malheur dans dans trois choses : la maison, la femme et le cheval. Abu Hurayra a entendu la fin du hadith et n'a pas entendu le début du hadith.1 [Nadwi, al muhaddithat], p. 239 qui rapporte ce hadith met comme référence Abu Dâwûd al-Tayâlisî, al-Musnad, cité aussi dans al-Zarkashî, al-Ijâbah, 59 Une autre variante stipule : « Deux hommes des Banû 'Amir se rendirent chez Aïcha et l'informèrent qu'Abû Hurayra rapportait ces paroles d'après le Prophète (saw). Elle se mit très en colère et dit : « Par celui qui a fait descendre la Révélation sur Muhammad, jamais le Prophète (saw) n'a dit cela ! Il a seulement dit que les gens de l'époque préislamique attribuaient le mauvais sort à la femme, la maison et la monture. » Puis Aïcha récita : « Nul malheur ne survient sur la terre ni à vous-même qui ne soit dans un écrit avant que Nous le suscitions » jusqu'à la fin du verset. » Rapporté par Ahmad et al-Hâkim. -Aïcha corrige des fatwas de compagnons sur les femmes `A'icha dénonça l'opinion selon laquelle la femme doit dénouer ses tresses pour faire le ghusl : D'après `Ubayd ibn `Umayr, `A'icha a entendu dire que `Abd-Allah ibn `Amr a ordonné aux femmes de dénatter leurs cheveux en faisant les ablutions majeures. `A'icha s'exclama alors: "Qu'il est étrange Ibn `Amr! Il ordonne aux femmes de dénatter leurs cheveux en faisant les ablutions majeures! Pourquoi ne leur ordonne-t-il pas également de se raser les cheveux?! Quant à moi, je faisais mes ablutions majeures avec le Prophète (pbAsl) en puisant l'eau dans le même vase que lui, et je ne faisais (pour laver mes cheveux) que répandre l'eau à trois reprises sur ma tête".1 Sahih Muslim Le droit de visiter les cimetières « Abou Hurayra a rapporté : « En vérité, le Messager d’Allah a maudit les femmes qui visitent les tombes. » (Jami` at-Tirmidhi 1056) at-Tirmizhy "a ajouté que certains savants considèrent que cela remonte à une époque antérieure à l’autorisation donnée par le Prophète de visiter les tombes, et que lorsqu’il l’a accordée, elle concernait à la fois les hommes et les femmes. D’autres estiment cependant qu’il désapprouvait la visite des tombes par les femmes en raison de leur faible maîtrise d’elles-mêmes et de leur tendance à être fortement bouleversées. La citation s’arrête ici. » (Mishkat al-Masabih 1770) « Aicha revint un jour du cimetière et je lui demandai : O mère des croyants d’où viens-tu ? De le tombe de mon frère Abdarrahman, me répondit-elle. Le Prophète n’a-t-il pas interdit de visiter les tombes ? Si, il l’avait interdit mais il ordonna ensuite de les visiter, répliqua-t-elle. » Fiqh as sunnah pour les femmes, al hakim et al bayhaqi, jugé authentique par Dhahabi.

Les droits familiaux. Mettre fin aux divorces injustes : le Zhihar

  • {Allah a bien entendu la parole de celle qui discutait avec toi à propos de son époux et se plaignait à Allah. Et Allah entendait votre conversation, car Allah est Audient et Clairvoyant. Ceux d'entre vous qui répudient leurs femmes, en déclarant qu'elles sont pour eux comme le dos de leurs mères. alors qu'elles ne sont nullement leurs mères, car ils n'ont pour mères que celles qui les ont enfantés. Ils prononcent certes une parole blâmable et mensongère. Allah cependant est Indulgent et Pardonneur. Ceux qui comparent leurs femmes au dos de leurs mères puis reviennent sur ce qu'ils ont dit, doivent affranchir un esclave avant d'avoir aucun contact [conjugal] avec leur femme. C'est ce dont on vous exhorte. Et Allah est Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites. Mais celui qui n'en trouve pas les moyens doit jeûner alors deux mois consécutifs avant d'avoir aucun contact [conjugal] avec sa femme. Mais s'il ne peut le faire non plus, alors qu'il nourrisse soixante pauvres. Cela, pour que vous croyiez en Allah et en Son messager. Voilà les limites imposées par Allah. Et les mécréants auront un châtiment douloureux.} (s al Mujadalah)
  • Tafsir ibn kathir : « Aicha -que Dieu l’agrée- a dit: «Béni soit celui qui entend tout. Je ne cesse d’entendre les paroles de Khawla Bent Tha'laba, bien qu’une partie m’a échappée, qui est venue se plaindre de son mari auprès du Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- , en lui disant: ≪Il a gaspille mon argent, réduit ma jeunesse à la vieillesse en lui donnant une nombreuse descendance. Mais une fois devenue vieille et je me suis trouvée dans la ménopause, il vient de me répudier en me disant : « Sois pour moi comme le dos de ma mère ». Grand Dieu, je me plains de lui auprès de Toi » Elle demeura jusqu’à ce que Jibril ait descendu apportant ce verset: « Allah a entendu la plainte que t’a adressée cette femme contre son mari». »

Les droits familiaux. Mettre fin aux divorces injustes : divorces illimités sans liberté

  • { Le divorce est permis pour seulement deux fois. Alors, c'est soit la reprise conformément à la bienséance, ou la libération avec bienséance.} (s al Baqarah v 229)
D'après Hisham ibn 'Urwa, d'après son père qui a dit : «La norme était que, lorsqu’un homme divorçait de sa femme, il avait le droit de la reprendre avant la fin de sa période d’attente, même s’il l’avait divorcée mille fois.Un homme divorça de sa femme, attendit jusqu’à ce que sa période d’attente soit sur le point de s’achever, puis la reprît. Ensuite, il la divorça immédiatement et lui dit : "Par Allah ! Je ne te reprendrai pas et je n’autoriserai jamais personne d’autre à t’épouser. "Allah, glorifié et majestueux soit-Il, révélait alors : (Le divorce doit être prononcé deux fois, puis (la femme) doit être retenue avec honneur ou libérée avec bienveillance…).»
  • L’instauration d’un délai de viduité avec dignité
Cela permet aux femmes d’être prise en charge, que ce soit par le logement où la nourriture selon les cas pendant cette durée de viduité et de pouvoir se retourner, permet au couple d’essayer de se réconcilier. D’abord l’instauration du délai de viduité par ce verset suite à une interrogation d’Asma bint yazid puis d’autres versets furent révélés pour mettre fin aux abus. On a rapporte a ce propos que Asma bent Yazid Ben As-Sakan L’Ansarienne a raconté : « J ’ai été répudiée du temps de l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- alors qu’aucune loi n’a été encore révélée à notre sujet (sur le délai de viduité), mais Dieu fit cette révélation aussitôt après ma répudiation ». Allah – qu’Il soit Glorifié – dit : {Les divorcées restent trois cycles menstruels à s’observer elles-mêmes et il ne leur est pas permis de taire ce qu’Allah a créé dans leurs matrices si elles croient en Allah et Jour Dernier. Durant cette période, leurs maris sont plus habilités à les reprendre s’ils veulent une réconciliation.}

Les droits familiaux. Mettre fin aux injustices durant la vie conjugale dont la 'iddah

  • Ne pas leur nuire durant le délai de viduité
{ Et faites que ces femmes habitent où vous habitez, et suivant vos moyens. Et ne cherchez pas à leur nuire en les contraignant à vivre à l'étroit. Et si elle sont enceintes, pourvoyez à leurs besoins jusqu'à ce qu'elles aient accouché. Puis, si elles allaitent [l'enfant né] de vous, donnez-leur leurs salaires . Et concertez-vous [à ce sujet] de façon convenable. Et si vous rencontrez des difficultés réciproques, alors, une autre allaitera pour lui. } (s at Talaq v 6)Dans le tafsir : " Et ne cherchez pas à leur nuire en les contraignant à vivre à l'étroit" et en les mettant à l’étroit soit dans l’alimentation, soit dans le logement, comme l’a interprété Mouqatel Ben Hayyan, dans le but de la contraindre à se désister d’une partie de ses droits ou à quitter sa demeure."
  • Mettre fin au serment de continence
{ Pour ceux qui font le serment de se priver de leur femmes, il y a un délai d'attente de quatre mois. Et s'ils reviennent (de leur serment) celui-ci sera annulé, car Allah est certes Pardonneur et Miséricordieux ! } (s al Baqarah v 226) Sa'id ibn al-Musayyab a dit : « Le serment de continence envers les femmes était l’une des injustices commises contre elles à l’époque préislamique. Lorsqu’un homme ne voulait plus d’une femme et ne voulait pas non plus qu’un autre homme l’épouse, il jurait simplement de ne plus s’approcher d’elle. Il la laissait ainsi ni divorcée ni mariée. Allah a donc fixé une période limitée de quatre mois, après laquelle il devient clair si l’homme est toujours son mari ou non, en révélant : (Ceux qui font un serment de continence envers leurs femmes…). »

Les droits familiaux. Mettre fin aux injustices durant la vie conjugale et après le divorce

  • Droit de divorcer lorsqu'une femme ne supporte plus un mariage
D’après `Abdallâh b. `Abbas, la femme de Thâbit b. Qays vint trouver le Prophète et lui dit : « Messager d’Allâh , je n'ai rien à reprocher à Thâbit dans sa religion ou son comportement, mais je crains de manquer à la religion (dans mes devoirs).
  • Donner à la mère en priorité le droit de garde après un divorce
Abdallah ibn ‘Amr ibn al ‘As rapporte qu’une femme a dit : « O Envoyé d’Allâh, mon fils que voilà avait mon ventre comme demeure puis mon giron le protégeait et mes seins l’abreuvaient, et son père prétend qu’il va me le retirer. Il dit alors : tu es plus en droit tant que tu ne te remaries pas. » Rapporté par Ahmed et Abou Dawoud.
  • Le droit de se marier dès que le délai de viduité est fini
« On a demandé à Abdallah ibn 'Abbas et Abu Hurayra quand une femme enceinte dont le mari était décédé pouvait se remarier. Ibn 'Abbas dit : « A la fin des deux périodes ». Abu Hurayra dit : « lorsqu'elle accouche, elle est libre de se marier ». Abu Salama ibn Abd ar-Rahman visitait Umm Salama, la femme du Prophète, bénédiction et salut d'Allah sur lui, et l'interrogea sur cela. Umm Salama dit: Subaya al-Aslamiya donna naissance un demi-mois après la mort de son mari, et deux hommes la demandèrent en mariage. Un était jeune et l'autre était âgé. Elle préféra l'homme jeune alors l'homme plus âgé dit : « Tu n'es pas encore autorisée à te marier .» Sa famille était loin(away) et elle espérait que lorsque sa famille viendrait, elle la donnerait au jeune. Elle alla trouver le Messager d'Allah (saw), et il dit : « Tu es libre de te marier, épouse donc qui tu veux. »1 al muwatta n° 29.29.83.

Les droits familiaux. Le droit à l'héritage

  • Mettre fin à la femme-objet dans l'héritage
{ Ô les croyants ! Il ne vous est pas permis d’hériter des femmes contre leur gré, ni de les empêcher de se remarier pour leur reprendre une partie de ce que vous leur avez donné, à moins qu’elles ne commettent une turpitude prouvée. } (Coran 4:19)D’après Ibn ‘Abbas : « Lorsqu’un homme mourait, ses héritiers avaient plus de droit sur sa femme. Si l’un d’eux voulait, il l’épousait, et s’ils le voulaient, ils la mariaient à quelqu’un d’autre, ou bien ils l’empêchaient de se remarier, et ils avaient plus de droit sur elle que sa propre famille. Ce verset a été révélé à ce sujet. »
  • Accorder aux femmes leur part d'héritage suite à une complainte d'une femme
{ Aux hommes revient une part de ce qu'ont laissé les père et mère ainsi que les proches; et aux femmes une part de ce qu'ont laissé les père et mère ainsi que les proches, que ce soit peu ou beaucoup: une part fixée. } s an Nisa v 7« Asbab an nuzul d’al Wahidi :« Aws ibn Thâbit al-Ansâri mourut, laissant derrière lui une épouse nommée Umm Kujjah et trois filles qu’il avait eues avec elle. Deux hommes, cousins et exécuteurs testamentaires de Thâbit, nommés Suwayd et ‘Arfajah, prirent toute sa fortune sans rien donner à sa femme ni à ses filles. En effet, à l’époque préislamique, les femmes et les enfants, même mâles, n’héritaient de rien : seuls les hommes adultes héritaient. On disait alors : “Seuls ceux qui combattent à cheval et s’emparent du butin ont droit à l’héritage.”Umm Kujjah se rendit auprès du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — et lui dit : “Ô Messager d’Allah ! Je suis la veuve d’Aws ibn Malik et il m’a laissée avec des filles dont je n’ai pas de quoi subvenir aux besoins. Leur père a laissé une fortune importante, actuellement entre les mains de Suwayd et ‘Arfajah, qui ne m’ont rien donné, à moi ni à mes filles, alors qu’elles sont encore sous ma responsabilité. Ils ne me nourrissent pas et ne s’occupent même pas d’elles.”Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — les fit venir. Pour se défendre, ils dirent : “Ô Messager d’Allah ! Ses enfants ne savent pas monter à cheval, assumer une responsabilité ni nuire à un ennemi !” Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — leur répondit : “Allez, je vais attendre ce qu’Allah me révèlera concernant leur affaire.” Ils partirent. Puis Allah, qu’Il soit exalté, révélait ce verset. »

Les droits familiaux. Inciter les tuteurs à respecter le choix du mariage de la femme

  • D'après ibn 'Abbas qui a dit : L'Envoyé d'Allah -prière et bénédiction d'Allah sur lui- a dit : « Il n'a rien a été constaté de tel (de mieux) pour ceux qui s'aiment que le mariage. » Sunan ibn Mâjah, n° 1847
  • Selon Abou Houreira, qu'Allah l'agrée, l'Envoyé d'Allah que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui a dit : "Lorsque vient à vous pour demander la main, celui dont vous êtes satisfait de sa religion et de son comportement, alors mariez-le. Si vous ne le faites pas il y aura sur la terre une épreuve et une grande corruption." Sunan at-tirmizhy n°1084
  • Le Prophète ﷺ se rendit alors chez un noble compagnon des Ansar et lui dit : « Je viens demander la main de ta fille ». Heureux, le compagnon répondit : « Quelle bénédiction, ô Messager d’Allah ! », mais le Prophète précisa : « Ce n’est pas pour moi… c’est pour Julaybib ». Déconcerté, l’homme expliqua qu’il devait consulter son épouse. Il lui dit : « Le Messager de Dieu ﷺ est venu demander la main de notre fille ». Elle répondit avec joie : « Quelle belle nouvelle et quel honneur ! ». Mais lorsqu’il ajouta : « Ce n’est pas pour lui, mais pour Julaybib », elle s’exclama : « Pour Julaybib ? Jamais ! Non, par Dieu, nous ne la marierons pas à Julaybib ». La jeune fille entendit l’échange et demanda des précisions. Informée de la proposition du Prophète ﷺ et du refus de sa mère, elle intervint avec sagesse : « Ô ma mère, crains Allah ! Refuserais-tu une demande du Messager d’Allah ? S’il propose Julaybib, comment pourrais-je refuser ? Le Prophète ne veut que le bien pour moi. J’accepte avec joie et j’y vois un honneur immense ». Touchée, sa mère reconnut : « Tu as raison, ma fille. Pardonne-moi. Je ne connais personne de meilleur que Julaybib pour toi ». Informé de cela, le Prophète ﷺ invoqua : « Ô Seigneur, accorde-lui une abondance de bien et éloigne d’elle les difficultés et les épreuves ». Le mariage fut célébré dès le lendemain. Les compagnons Uthman et Ali aidèrent Julaybib à financer le banquet. Parmi les Ansar, on disait qu’il n’y avait pas d’épouse plus vertueuse qu’elle. Elle fut unie à Julaybib par le Prophète, et ils vécurent ensemble jusqu’à la fin de sa vie.

La lutte contre les violences

  • Le Prophète saws sermonne les hommes qui frappent leur épouse suite aux complaintes de ces dernières
Aïcha a dit : « Le Prophète n’a jamais frappé une personne de la main, ni une femme ni un serviteur. Il n’a frappé autrui que lorsqu’il combattait (sur le champ de bataille) pour la cause d’Allâh, et il ne s’est jamais vengé de quoi que ce soit pour lui-même, à moins que les choses rendues sacrées par Allâh aient été violées, il agissait alors (pour appliquer la justice) pour Allah, l’Exalté et le Glorieux. » (Rapporté par Muslim dans son Sahîh n°2328a) .Iyas ibn ‘Abdallah a rapporté que le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : « Ne frappez pas les servantes de Dieu. » Puis, lorsque ‘Umar vint trouver le Messager de Dieu (ﷺ) et lui dit : « Les femmes se sont montées contre leurs maris », il a autorisé de les frapper. Ensuite, de nombreuses femmes se sont rendues auprès de la famille du Messager de Dieu (ﷺ) pour se plaindre de leurs maris, et il a dit : « De nombreuses femmes se sont rendues auprès de la famille de Muhammad pour se plaindre de leurs maris. Ceux-là ne sont pas les meilleurs parmi vous. » Rapporté par Abu Dawud, Ibn Majah et Ad-Darimi. (Mishkat al-Masabih 3261)
  • Mettre fin aux mariages forcés
« Khidâm maria sa fille contre son gré. Elle se rendit chez le Messager d’Allâh et lui dit : « Mon père m’a contraint de me marier. » . Il (Le rapporteur) dit : le Messager d’Allâh rejeta ce mariage conclu par son père.»1 Rapporté par Ahmad et authentifié par al-Arna'ût.D’après Aïcha, une jeune fille (fatâh) est venue auprès d’elle et a dit : certes mon père m’a marié avec le fils de son frère pour élever son propre statut je le rejette. Elle dit : assied-toi jusqu’à ce que vienne le Prophète saws. L’Envoyé d’Allâh saws vint et elle l’informa, alors il fit appelé le père et laissa l’affaire à la fille. Puis elle dit : O Envoyé d’Allâh, j’accepte ce qu’a fait mon père mais je voulais faire savoir aux femmes qu’elles ont leur mot à dire. Sunan an-Nasa'i 3269, sahih.

Les hommes de foi se sont adaptés à la nouvelle réalité sociale, la Révélation tranchait tous les désaccords hommes-femmes (privés ou publics...), et les tentatives de réduction des droits (cf masculinisme) ont pu être contenus tant que les dirigeants étaient pieux et justes

-Les hommes de foi ont accepté la nouvelle réalité sociale où les femmes ont gagné des droits légitimés par la RévélationUmar b. al-Khattab relate : « Avant la venue de l’Islam, nous autres n’avions aucune considération pour les femmes. Puis, lorsque vint l’Islam et qu’Allah évoqua leurs droits, nous nous rendîmes alors compte qu’elles avaient des droits sur nous. » (al Boukhâri)

-le droit à l’intimité dans le couple pour la femmes : le mari reconnaît de donner le droit à son épouse après l'intervention du Prophète sawsAbou Jouḥayfah Wahb ibn 'Abdillah relate : « Le Prophète ﷺ a établi des liens de fraternité entre Salmân et Abû Ad-Dardâ’. Un jour, Salmân visita Abû Ad-Dardâ’ et trouva sa femme négligée. Il lui demanda alors : « Pourquoi te négliges-tu donc ainsi ? » Elle lui répondit : « Ton frère Abû Ad-Dardâ’ (qu’Allah l’agrée) n’éprouve aucun désir pour ce bas monde ! » Juste à ce moment arriva Abû Ad-Dardâ’ qui lui prépara quelque chose à manger et lui dit : « Mange seul car je jeûne ! » Mais, Salmân objecta : « Je ne mangerai pas tant que tu ne mangeras pas avec moi ! » Alors, il mangea avec lui. Quand la nuit tomba, Abû Ad-Dardâ’ s’apprêta à prier mais Salmân l’interpella en lui disant : « Dors ! » Il s’endormit puis il se releva pour prier. Il lui dit encore une fois : « Dors ! » et il se recoucha. Quand vinrent les dernières heures de la nuit Salmân lui dit alors : « Maintenant, lève-toi pour prier ! » Ils prièrent ensemble puis Salmân lui dit : « Ton Seigneur a un droit sur toi, ta personne a un droit sur toi et ta famille a un droit sur toi ! Rend donc à chaque ayant-droit ce qui lui est dû. » Abû Ad-Dardâ’ alla raconter au Prophète ce qui venait de se passer, et ce dernier lui répondit : « Salmân a dit vrai ! » Al Boukhary

-Les savants et hommes influents rectifient les tentatives d’enlever les droits des femmesB. Umar rapporte avoir entendu le Messager d’Allah ﷺ dire : « N’interdisez pas à vos femmes de se rendre à la mosquée si elles vous en demandent la permission ». Bilâl b. Abdallah rétorqua : « Je jure par Allah que nous le leur interdirons ». Abdallah [b. Umar] se tourna vers lui et lui adressa une insulte humiliante comme je n’en avais jamais entendu et lui dit : « Je te rapporte les propos du Messager d’Allah ﷺ et tu dis : Je jure par Allah que nous ne le leur interdirons ». (Muslim)

Une femme revendique publiquement le droit au non plafonnement des dots avec un verset du Coran devant le calife savant 'Umar, qui le reconnaît

{ Si vous voulez substituer une épouse à une autre, et que vous ayez donné à l'une un quintar, n'en reprenez rien. Quoi! Le reprendriez-vous par injustice et péché manifeste?} (s an Nisa v 4) Masrouq a rapporté l’anecdote suivante : « Un jour, ‘Omar ibn al-Khattab monta sur la chaire du Messager de Dieu — qu’Allah le bénisse et le salue — et dit aux gens : “Pourquoi êtes-vous si généreux dans les dots des femmes ? Le Messager de Dieu — qu’Allah le bénisse et le salue — ainsi que ses compagnons ont fixé la dot à quatre cents dirhams, voire moins. Si une dot élevée relevait de la crainte révérencielle de Dieu ou d’une grande considération pour les femmes, ils vous auraient précédés en cela. Par conséquent, aucun d’entre vous n’est tenu de donner plus de quatre cents dirhams.” » En descendant de la chaire, une femme quraychite l’interpella et lui dit : « Viens-tu d’interdire aux hommes de donner plus de quatre cents dirhams comme dot ? » Il répondit : « Oui. » Elle répliqua : « N’as-tu pas entendu ce que Dieu a révélé dans Son Livre ? » Il demanda : « Et que dit-Il ? » Elle dit : « N’as-tu pas entendu : “Et si vous avez donné à l’une d’elles un quintal d’or…” ? » Alors ‘Omar s’exclama : « Ô mon Dieu, je Te demande pardon ! Tout le monde est plus savant que ‘Omar. » Il remonta ensuite sur la chaire et déclara : « Ô gens ! Je vous avais interdit de donner plus de quatre cents dirhams comme dot. Que celui qui souhaite donner davantage le fasse. » Nadwi donne une version similaire à cette dernière en disant qu'une vieille femme s'était levé pour émettre la protestation citée ensuite1 : [Nadwi al Muhaddithat] p. 282 qui cite Ibn Hajar, fath al bârî, Nikâh. Une version donne comme référence Ibn 'Abd al-Barr dans son Jâmi' al-'ilm.

Une femme revendique publiquement le droit au non plafonnement des dots avec un verset du Coran devant le calife savant 'Umar, qui le reconnaît

{ Si vous voulez substituer une épouse à une autre, et que vous ayez donné à l'une un quintar, n'en reprenez rien. Quoi! Le reprendriez-vous par injustice et péché manifeste?} (s an Nisa v 4) Masrouq a rapporté l’anecdote suivante : « Un jour, ‘Omar ibn al-Khattab monta sur la chaire du Messager de Dieu — qu’Allah le bénisse et le salue — et dit aux gens : “Pourquoi êtes-vous si généreux dans les dots des femmes ? Le Messager de Dieu — qu’Allah le bénisse et le salue — ainsi que ses compagnons ont fixé la dot à quatre cents dirhams, voire moins. Si une dot élevée relevait de la crainte révérencielle de Dieu ou d’une grande considération pour les femmes, ils vous auraient précédés en cela. Par conséquent, aucun d’entre vous n’est tenu de donner plus de quatre cents dirhams.” » En descendant de la chaire, une femme quraychite l’interpella et lui dit : « Viens-tu d’interdire aux hommes de donner plus de quatre cents dirhams comme dot ? » Il répondit : « Oui. » Elle répliqua : « N’as-tu pas entendu ce que Dieu a révélé dans Son Livre ? » Il demanda : « Et que dit-Il ? » Elle dit : « N’as-tu pas entendu : “Et si vous avez donné à l’une d’elles un quintal d’or…” ? » Alors ‘Omar s’exclama : « Ô mon Dieu, je Te demande pardon ! Tout le monde est plus savant que ‘Omar. » Il remonta ensuite sur la chaire et déclara : « Ô gens ! Je vous avais interdit de donner plus de quatre cents dirhams comme dot. Que celui qui souhaite donner davantage le fasse. » Nadwi donne une version similaire à cette dernière en disant qu'une vieille femme s'était levé pour émettre la protestation citée ensuite1 : [Nadwi al Muhaddithat] p. 282 qui cite Ibn Hajar, fath al bârî, Nikâh. Une version donne comme référence Ibn 'Abd al-Barr dans son Jâmi' al-'ilm.

La Révélation est venue dans une justice totale et un système complet garantissant les droits de tous, ainsi la quête des droits ne doit pas outrepasser le cadre de la Révélation

Quand les femmes ont demandé plus que leurs droits, la Révélation leur a expliqué et elles ont accepté

{ Ne convoitez pas ce qu'Allah a attribué aux uns d'entre vous plus qu'aux autres; aux hommes la part qu'ils ont acquise, et aux femmes la part qu'elles ont acquise. Demandez à Allah de Sa grâce. Car Allah, certes, est Omniscient. } s an Nisa v 32 Moujahid rapporte qu’Oum Salama demanda à l’Envoyé de Dieu — qu’Allah le bénisse et le salue — : « Ô Envoyé de Dieu, les hommes font les expéditions et nous, les femmes, ne les faisons pas, et la part d’une femme de la succession est la moitié de celle de l’homme ? » C’est à cette occasion que le verset susmentionné fut révélé. Mais Ibn Abbas raconte qu’une femme vint trouver le Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue — et lui dit : « Ô Envoyé de Dieu, la part du garçon, de l’héritage, est égale à celle de deux filles, le témoignage de deux femmes vaut celui d’un seul homme. Ainsi, quand nous œuvrons, la femme qui fait une bonne action, on lui inscrit la moitié. » Dieu fit alors cette révélation : « N’enviez pas les bienfaits… » asbab an nuzul d’al wahidi : ‘Ikrima, qui rapporta que les femmes demandèrent au sujet du Jihâd, disant : « Nous aurions aimé qu’Allah nous ait prescrit l’expédition militaire afin que nous obtenions la même récompense que les hommes », alors Allah, qu’Il soit exalté, révéla ce verset : (Et ne convoitez pas ce par quoi Allah a fait qu’un de vous surpasse l’autre).

{Et elles ont des droits équivalents à leurs obligations, conformément à la bienséance. Mais les hommes ont cependant un degré au-dessus d’elles. Et Allah est Puissant et Sage.} (s al Baqarah v 228)

La Révélation a aussi responsabilisé les femmes sur leurs manquements, principalement sur leur mari

Nombre de hadiths insitent sur les droits du mari

7. La Révélation a aussi responsabilisé les femmes sur leurs manquements, principalement sur leur mari

  • -ne pas cacher les grossesses suite à un divorce : {Et les femmes divorcées doivent observer un délai d'attente de trois menstrues; et il ne leur est pas permis de taire ce que Dieu a créé dans leurs ventres, si elles croient en Dieu et au Jour dernier.} (s al Baqarah v 228)
  • -les compagnonnes acceptent le jugement de l’islam dans le divorce, même en leur « défaveur ». L’exemple de fatima bint Qays qui revendiquait son avis. Abū Salama ibn ʿAbd al-Raḥmān a rapporté, d’après Fāṭima fille de Qays, que Abū ʿAmr ibn Ḥafṣ la répudia définitivement alors qu’il était absent, et son représentant lui envoya de l’orge, ce qui la mécontenta. Il lui dit : « Par Allah, tu n’as aucun droit sur nous. » Elle se rendit alors auprès du Messager d’Allah ﷺ et lui mentionna cela. Il lui dit : « Tu n’as droit à aucune pension de sa part. » Il lui ordonna d’observer sa période d’attente (ʿidda) dans la maison de Umm Sharīk, puis ajouta : « C’est une femme chez qui mes compagnons entrent souvent. Observe plutôt ta période d’attente dans la maison d’Ibn Umm Maktūm, car il est aveugle et tu pourras être plus à l’aise. »
  • -l’ingratitude envers le mari peut mener en enfer
« Un jour, le Messager d’Allah ﷺ sortit vers le lieu de prière (mussalla) pour la prière de l’Aïd al-Adha ou de l’Aïd al-Fitr. Il passa près des femmes et dit : « Ô femmes ! Faites l’aumône, car j’ai vu que la majorité des habitants de l’Enfer étaient vous (les femmes). » Elles demandèrent : « Pourquoi cela, ô Messager d’Allah ? » Il répondit : « Vous maudissez fréquemment et vous montrez de l’ingratitude envers vos maris. Je n’ai vu personne plus diminuée en raison et en religion que vous. Un homme prudent et sensé peut être égaré par certaines d’entre vous. » Les femmes demandèrent : « Ô Messager d’Allah, en quoi consiste notre déficience en raison et en religion ? » Il répondit : « Le témoignage de deux femmes n’est-il pas équivalent à celui d’un homme ? » Elles répondirent : « Si. » Il dit : « Voilà la diminution de sa raison. Et n’est-il pas vrai qu’une femme ne prie ni ne jeûne pendant ses menstruations ? » Elles répondirent : « Si. » Il dit : « Voilà la diminution de sa religion. » (Al boukhari et Muslim)

8. L'éthique à conduire dans les revendications sociales

9. La finalité dans la revendication de nos droits féminins : la justice dans l'alliance fraternelle avec les hommes (mariage et société)

Les premiers groupes qui s’égarèrent à la foi dans la fraternité et la foi furent les rebelles à l’autorité des califes rachidoun : ils ont revendiqué de façon agressive des choses illégitimes face aux califes, aux plus pieux, à l’instar des rebelles contre ‘Uthman qui ont commencé par critiquer sa politique puis sont venu l’assiégé et finalement le tuer, puis ceux qui se sont rebellés contre l’arbitrage que ‘Ali a accepté avec Mu’awiyya, les ont traité de mécréant et les ont combattu avec les armes. Ainsi on doit respecter l’éthique du principe « ordonner le bien et décommander le mal » en tant que musulman dans nos revendications : « Un groupe apparaîtra parmi vous ; vous jugerez votre prière insignifiante comparée à la leur, et votre jeûne insignifiant comparé au leur. Ils réciteront le Coran, mais il ne dépassera pas leurs gorges. Ils sortiront de la religion comme la flèche traverse la proie. » (al Boukhari et Muslim)

{Les croyants et les croyantes sont alliés les uns des autres. Ils ordonnent le convenable, interdisent le blâmable, accomplissent la prière, acquittent la zakat et obéissent à Allah et à Son Messager. Voilà ceux auxquels Allah fera miséricorde. Allah est Puissant et Sage.} (at Tawbah v 71)