Journée mondiale de la liberté de la presse
3 mai 2026
À l'occasion de cette journée, la bibliothèque de l’IUT de Vannes vous invite à découvrir une sélection de ressources imprimées et numériques afin de vous éclairer sur l’histoire de la liberté de la presse en France.
Cette journée en quelques mots...
Le 3 mai sert à rappeler aux gouvernements la nécessité de respecter leur engagement en faveur de la liberté de la presse et constitue également une journée de réflexion pour les professionnels des médias sur les questions relatives à la liberté de la presse et à l’éthique professionnelle. Tout aussi importante, la Journée mondiale de la liberté de la presse est une journée de soutien aux médias qui sont des cibles pour la restriction ou l'abolition de la liberté de la presse. C'est aussi une journée de commémoration pour les journalistes qui ont perdu la vie dans la poursuite d'une histoire.
La Conférence mondiale de la Journée mondiale de la liberté de la presse 2026, intitulée « Façonner un avenir de paix », se tiendra les 4 et 5 mai à Lusaka, en Zambie. Cette conférence sera l’occasion de réaffirmer la liberté d’expression comme levier normatif et empirique essentiel pour l’avenir des sociétés de l’information.
La liberté de la presse en France: un peu d'Histoire...
"La presse est un élément jadis ignoré, une force autrefois inconnue, introduite maintenant dans le monde ; c’est la parole à l’état de foudre ; c’est l’électricité sociale. Pouvez-vous faire qu’elle n’existe pas ? Plus vous prétendrez la comprimer, plus l’explosion sera violente. Il faut donc vous résoudre à vivre avec elle, comme vous vivez avec la machine à vapeur." François-René de Chateaubriant, Mémoire d'Outre-tombe, 1848-1850
La liberté de la presse, composante essentielle de la liberté d'expression et pilier fondamental de la démocratie, garantit à chaque citoyen la possibilité de s'exprimer, de produire et de diffuser des informations, dans le respect des los en vigueur. Elle repose sur le principe fondamental de la liberté de communication et sur la notion de droit à l'information.
Source:
🗞️
Les fondements de la liberté de la presse
Le cadre légal
Principe fondamental des systèmes démocratiques, la liberté de la presse est inscrite dans : * l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 ; * l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948 ; * l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’Homme du 4 novembre 1950. Avec la loi du 29 juillet 1881, la liberté de la presse en France fait l’objet d’une consécration particulière, au-delà de la reconnaissance générale de la liberté d’expression. Cette loi définit les libertés et responsabilités de la presse française. Elle impose un cadre légal à toute publication, ainsi qu’à l’affichage public, au colportage et à la vente sur la voie publique. Son article 1 dispose que "l’imprimerie et la librairie sont libres". Elle définit également la plupart des abus punissables conformément à l’article 11 de la DDHC comme la diffamation, l’injure, la provocation à la haine ou encore la publication de fausses nouvelles. La loi de 1881 a été modifiée plusieurs fois pour encadrer cette liberté au-delà des règles liées au respect de la personne, la protection des mineurs, la répression de l’injure, la diffamation ou l’atteinte à la vie privée.
La loi de 1881 grave dans le marbre le droit d'informer
- c'est-à-dire d’affirmer, d’infirmer, de démontrer, de prouver, de
critiquer - et devient, de ce fait, l'un des piliers de la démocratie
avec le suffrage universel. La loi supprime les atteintes à la morale
publique et religieuse et détermine surtout les règles d'exercice de la
presse. Elle laisse les tribunaux intervenir dans le cadre de l’atteinte
aux bonnes mœurs, atteinte à la sécurité intérieure de l’État ou
atteinte à la personne d’un chef d’État étranger.
La liberté de la presse découle également de plusieurs textes internationaux et européens : * l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948 , qui garantit la liberté d’opinion et d’expression ; * l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme du 4 novembre 1950 ; il garantit la liberté d’expression, comprenant la liberté d’opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées. La Cour européenne des droits de l’Homme a développé une jurisprudence importante en matière de liberté de la presse (en protégeant notamment le secret des sources journalistiques) ; * l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques du 16 décembre 1966, qui garantit la liberté d’expression, incluant la liberté de rechercher, recevoir et diffuser des informations et des idées sans considération de frontières ; * l’article 11 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne du 7 décembre 2000, qui consacre la liberté d’expression et d’information, y compris la liberté des médias.
Les limites de la liberté de la presse
La liberté de la presse n'est pas absolue et connaît certaines restrictions légales pour protéger d'autres droits et intérêts légitimes (non exhaustif). Ainsi, la loi Pleven du 1er juillet 1972 relative à la lutte contre le racisme crée un nouveau délit et punit la discrimination, l'injure ou la diffamation à l'égard d'une personne ou d'un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation une race ou une religion déterminée. La loi Gayssot du 13 juillet 1990 sanctionne, en outre, la négation des crimes contre l'humanité perpétrés par le régime nazi.
Source:
La lutte contre la diffusion des fausses informations (fake news) s'est traduite par deux lois (loi organique et loi ordinaire relatives à la manipulation de l'information pendant les période de campagne électorale). Promulguées en décembre 2018, ces lois "anti-fake news" autorisent un candidat ou un parti à saisir le juge des référés pour faire cesser la diffusion des fausses informations durant les trois mois précédant un scrutin national. Les principales plateformes numériques ont l'obligation de signaler les contenus politiques sponsorisés, en publiant le nom de leur auteur et la somme payée.
Sur
Pour en savoir plus sur les fausses nouvelles et la manipulation de l'information.
Article d'Antoine Flandrin, "Avant les « fake news », les fausses nouvelles", Le Monde, 04/02/2018. A lire sur
Qui dit liberté de la presse, dit également... censure
Qui est cette fameuse Anastasie?
Bien que la censure ait toujours existé, c’est dans les années 1870 qu’apparaît le personnage d’Anastasie. Cette allégorie est toujours représentée avec les mêmes attributs : le costume de concierge – véritable indicateur de la police à cette époque, des ciseaux démesurés pour railler la finesse de ses coupes, des lunettes pour dénoncer ses décisions arbitraires et une chouette sur l’épaule pour symboliser l’obscurantisme d’un âge reculé. L’étymologie de son nom (renaissance en grec ancien) rappelle le caractère récurrent de sa mise en place au fil des époques. La proclamation de l’état de guerre suspend en effet la liberté de la presse et rapidement, on remarque le retour d’Anastasie dans les colonnes des papiers. Le 5 août 1914 est créé le bureau de la presse du ministère de la Guerre, chargé de supprimer toute critique et d’empêcher la diffusion d’informations susceptibles de renseigner l’ennemi. En réalité, la censure gouvernementale se transforme vite en propagande de masse. S’il est logique de constater qu’Anastasie se soit attaquée à un poème dénonçant un tel système, il est en revanche cocasse de remarquer qu’au lieu de le censurer dans sa totalité, elle n’ait découpé que certains passages… À moins que l’auteur, facétieux, ne se soit lui-même autocensuré !
La censure a un visage, celui de Madame Anastasie, créature revêche armée de ciseaux géants. Symbole de la nuit, la chouette évoque les croyances les plus obscures. Si l'on retrouve déjà dans des illustrations antérieures un personnage porteur de longs ciseaux, c'est dans les années 1870 que le personnage d'Anastasie s'installe réellement dans les journaux. Ce dessin d'André Gil (pseudonyme de Louis-Alexandre Gosset de Guines, 1840-1885), l'un des plus célèbres dessinateurs de presse du e siècle, semble en être la première représentation.
Quelques lectures complémentaires
BU de Lorient
Bibliothèque de Iut
BU de Lorient
BU de Vannes
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Ce document a été réalisé par la Bibliothèque de l'IUT de Vannes
Journée mondiale de la liberté de la presse
Anne LE GARNEC
Created on April 7, 2026
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Journée mondiale de la liberté de la presse
3 mai 2026
À l'occasion de cette journée, la bibliothèque de l’IUT de Vannes vous invite à découvrir une sélection de ressources imprimées et numériques afin de vous éclairer sur l’histoire de la liberté de la presse en France.
Cette journée en quelques mots...
Le 3 mai sert à rappeler aux gouvernements la nécessité de respecter leur engagement en faveur de la liberté de la presse et constitue également une journée de réflexion pour les professionnels des médias sur les questions relatives à la liberté de la presse et à l’éthique professionnelle. Tout aussi importante, la Journée mondiale de la liberté de la presse est une journée de soutien aux médias qui sont des cibles pour la restriction ou l'abolition de la liberté de la presse. C'est aussi une journée de commémoration pour les journalistes qui ont perdu la vie dans la poursuite d'une histoire.
La Conférence mondiale de la Journée mondiale de la liberté de la presse 2026, intitulée « Façonner un avenir de paix », se tiendra les 4 et 5 mai à Lusaka, en Zambie. Cette conférence sera l’occasion de réaffirmer la liberté d’expression comme levier normatif et empirique essentiel pour l’avenir des sociétés de l’information.
La liberté de la presse en France: un peu d'Histoire...
"La presse est un élément jadis ignoré, une force autrefois inconnue, introduite maintenant dans le monde ; c’est la parole à l’état de foudre ; c’est l’électricité sociale. Pouvez-vous faire qu’elle n’existe pas ? Plus vous prétendrez la comprimer, plus l’explosion sera violente. Il faut donc vous résoudre à vivre avec elle, comme vous vivez avec la machine à vapeur." François-René de Chateaubriant, Mémoire d'Outre-tombe, 1848-1850
La liberté de la presse, composante essentielle de la liberté d'expression et pilier fondamental de la démocratie, garantit à chaque citoyen la possibilité de s'exprimer, de produire et de diffuser des informations, dans le respect des los en vigueur. Elle repose sur le principe fondamental de la liberté de communication et sur la notion de droit à l'information.
Source:
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Les fondements de la liberté de la presse
Le cadre légal
Principe fondamental des systèmes démocratiques, la liberté de la presse est inscrite dans : * l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 ; * l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948 ; * l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’Homme du 4 novembre 1950. Avec la loi du 29 juillet 1881, la liberté de la presse en France fait l’objet d’une consécration particulière, au-delà de la reconnaissance générale de la liberté d’expression. Cette loi définit les libertés et responsabilités de la presse française. Elle impose un cadre légal à toute publication, ainsi qu’à l’affichage public, au colportage et à la vente sur la voie publique. Son article 1 dispose que "l’imprimerie et la librairie sont libres". Elle définit également la plupart des abus punissables conformément à l’article 11 de la DDHC comme la diffamation, l’injure, la provocation à la haine ou encore la publication de fausses nouvelles. La loi de 1881 a été modifiée plusieurs fois pour encadrer cette liberté au-delà des règles liées au respect de la personne, la protection des mineurs, la répression de l’injure, la diffamation ou l’atteinte à la vie privée.
La loi de 1881 grave dans le marbre le droit d'informer - c'est-à-dire d’affirmer, d’infirmer, de démontrer, de prouver, de critiquer - et devient, de ce fait, l'un des piliers de la démocratie avec le suffrage universel. La loi supprime les atteintes à la morale publique et religieuse et détermine surtout les règles d'exercice de la presse. Elle laisse les tribunaux intervenir dans le cadre de l’atteinte aux bonnes mœurs, atteinte à la sécurité intérieure de l’État ou atteinte à la personne d’un chef d’État étranger.
La liberté de la presse découle également de plusieurs textes internationaux et européens : * l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948 , qui garantit la liberté d’opinion et d’expression ; * l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme du 4 novembre 1950 ; il garantit la liberté d’expression, comprenant la liberté d’opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées. La Cour européenne des droits de l’Homme a développé une jurisprudence importante en matière de liberté de la presse (en protégeant notamment le secret des sources journalistiques) ; * l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques du 16 décembre 1966, qui garantit la liberté d’expression, incluant la liberté de rechercher, recevoir et diffuser des informations et des idées sans considération de frontières ; * l’article 11 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne du 7 décembre 2000, qui consacre la liberté d’expression et d’information, y compris la liberté des médias.
Les limites de la liberté de la presse
La liberté de la presse n'est pas absolue et connaît certaines restrictions légales pour protéger d'autres droits et intérêts légitimes (non exhaustif). Ainsi, la loi Pleven du 1er juillet 1972 relative à la lutte contre le racisme crée un nouveau délit et punit la discrimination, l'injure ou la diffamation à l'égard d'une personne ou d'un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation une race ou une religion déterminée. La loi Gayssot du 13 juillet 1990 sanctionne, en outre, la négation des crimes contre l'humanité perpétrés par le régime nazi.
Source:
La lutte contre la diffusion des fausses informations (fake news) s'est traduite par deux lois (loi organique et loi ordinaire relatives à la manipulation de l'information pendant les période de campagne électorale). Promulguées en décembre 2018, ces lois "anti-fake news" autorisent un candidat ou un parti à saisir le juge des référés pour faire cesser la diffusion des fausses informations durant les trois mois précédant un scrutin national. Les principales plateformes numériques ont l'obligation de signaler les contenus politiques sponsorisés, en publiant le nom de leur auteur et la somme payée.
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Article d'Antoine Flandrin, "Avant les « fake news », les fausses nouvelles", Le Monde, 04/02/2018. A lire sur
Qui dit liberté de la presse, dit également... censure
Qui est cette fameuse Anastasie?
Bien que la censure ait toujours existé, c’est dans les années 1870 qu’apparaît le personnage d’Anastasie. Cette allégorie est toujours représentée avec les mêmes attributs : le costume de concierge – véritable indicateur de la police à cette époque, des ciseaux démesurés pour railler la finesse de ses coupes, des lunettes pour dénoncer ses décisions arbitraires et une chouette sur l’épaule pour symboliser l’obscurantisme d’un âge reculé. L’étymologie de son nom (renaissance en grec ancien) rappelle le caractère récurrent de sa mise en place au fil des époques. La proclamation de l’état de guerre suspend en effet la liberté de la presse et rapidement, on remarque le retour d’Anastasie dans les colonnes des papiers. Le 5 août 1914 est créé le bureau de la presse du ministère de la Guerre, chargé de supprimer toute critique et d’empêcher la diffusion d’informations susceptibles de renseigner l’ennemi. En réalité, la censure gouvernementale se transforme vite en propagande de masse. S’il est logique de constater qu’Anastasie se soit attaquée à un poème dénonçant un tel système, il est en revanche cocasse de remarquer qu’au lieu de le censurer dans sa totalité, elle n’ait découpé que certains passages… À moins que l’auteur, facétieux, ne se soit lui-même autocensuré !
La censure a un visage, celui de Madame Anastasie, créature revêche armée de ciseaux géants. Symbole de la nuit, la chouette évoque les croyances les plus obscures. Si l'on retrouve déjà dans des illustrations antérieures un personnage porteur de longs ciseaux, c'est dans les années 1870 que le personnage d'Anastasie s'installe réellement dans les journaux. Ce dessin d'André Gil (pseudonyme de Louis-Alexandre Gosset de Guines, 1840-1885), l'un des plus célèbres dessinateurs de presse du e siècle, semble en être la première représentation.
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