Précarité alimentaire et itinérance étudiante : comment en arrive-t-on là ?
Témoignages et expertises
Causes
💸 Problèmes de logement (2) : hausse des loyers et propriétaires abusifs
💸 Hausse des frais de scolarité
🏠 Problèmes de logement (1) : pénurie de logements
💸Dettes et bourses
💰 Budget insuffisant
Conséquences
🧠💔 Des conséquences graves (1) : sur la santé physique et mentale
🚷 Des conséquences graves (2) : isolement et exclusion
🥖 Restrictions alimentaires
Aboutissement (possible) du processus
Facteurs aggravants
⏳ Facteurs aggravants (2) : emploi étudiant et études universitaires
⚠️ Facteurs aggravants (3) : des profils à risques
👁️🗨️ Facteurs aggravants (1) : invisibilisation
🛑 Itinérance (cachée)
image générée par l'ia
⏳ Facteurs aggravants (2) : emploi étudiant et études universitaires
Dans son rapport sur la précarité étudiante au sein du département d'anthropologie de l'Université Laval, Paul a évalué à 75% des étudiants d'anthropologie qui ont jusqu'à 4 jobs. Le Comité sur l'itinérance étudiante de l'Université Laval estime qu'un étudiant qui travaille pour 16$/h devrait effectuer :
- 18h/semaine pour payer le loyer d'un logement universitaire
- 27h/semaine pour un loyer à l'Ardoise
- … en plus du travail scolaire.
Une conciliation impossible, notamment pour les étudiants de Sciences Humaines qui doivent effectuer 28 à 32h de stage non rémunéré par semaine, en plus de leurs cours.
💰 Budget insuffisant
Un étudiant ne devrait pas consacrer plus de 35% de son budget mensuel au logement sans conséquences graves sur sa santé ou sa réussite scolaire (UTILE, Enquête Phare, 2021, p. 27).
⚠️ Facteurs aggravants (3) : des profils à risques
Anne Sousa-Caron explique que certains étudiants rencontrent plus d'obstacles que d'autres (lien audio).
🚷 Des conséquences graves (2) : isolement et exclusion
« Ça me fait du bien d'aller à la Table du Pain car ça me permet de rencontrer des gens et de ne pas m'isoler » – une bénévole et bénéficiaire à La Table du Pain.« Le frigo-partage [de l'AESS] toucherait entre 100 et 500 étudiants sur le campus, ceux qui sont capables de surmonter la stigmatisation de s’approvisionner dans un frigo communautaire », mais ils pourraient être 1 200 concernés (pour le frigo de l'association) –Thomas Prévereau, coordonnateur général de l'AESS.
🥖 Restrictions alimentaires
« Les locataires ont 131% plus de risques d'être en situation d'insécurité alimentaire que les propriétaires » (Accueil Bonneau contre l'itinérance).
Chez la population étudiante, ce sont 30 à 40 % des personnes étudiantes qui se retrouvent en situation d’insécurité alimentaire (Affaires Universitaires). « On connaît beaucoup de gens qui privilégient leur logement et leurs frais de scolarité à l'alimentation [...] Ils se privent [...] ne mangent qu'une fois par jour » – Nabi Grace, bénévole à La Table du pain.
💸 hausse des frais de scolarité
Paul explique la précarité financière du fait d'une augmentation des frais de scolarité depuis la «néolibéralisation des universités» : « La génération de nos parents, la session, ça coûtait à peine 500$ [...] La génération de mon prof, il va avoir 70 ans bientôt, c'était quasiment gratuit. A partir de 2012, le gouvernement a voulu récupérer toutes les années perdues vis-à-vis de l'inflation. En 2013, le parti québécois qui arrivait a enlevé l'augmentation, mais a quand même indexé les droits de scolarité à l'inflation. Du coup, les dépenses suivent l'inflation, mais le salaire minimum lui non ».
💸Dettes et bourses
« Après un gel du remboursement des dettes étudiantes durant la pandémie, le taux d'intérêt a connu un bon de 3 à 7,45 % » (Journal 1 de la Coalition de Résistance pour l'Unité Étudiante Syndicale).Paul ajoute que les banques sont plus enclines à prêter et les universités à investir pour des départements comme le droit ou la médecine « parce qu'ils savent qu'à la fin, tu vas venir avec un meilleur job, plutôt qu'en anthropologie, sciences sociales ... ».
👁️🗨️ Facteurs aggravants (1) : invisibilisation
L'Institut National de Santé Publique du Québec (INSPQ) estime que les chiffres de la précarité étudiante pourraient être majorés de +25% car un certain nombre d'étudiants ont honte de leur situation et la cachent.« Ce qui me touche c'est que les étudiants n'ont pas tendance à voir qu’ils sont dans des positions vulnérables, mais quand on commence à leur en parler, c'est comme si ça met en lumière des réalités très difficiles qu’ils vivent mais qu’ils ont tendance à invisibiliser ou banaliser. Et c'est un peu ce déclic-là qui est un signal d'alarme aussi pour moi de tolérer l'inconfort de manière assez exceptionnelle, c'est ce qui me motive aussi à continuer dans cette étude-là » - Ariane Sousa-Caron, doctorante en travail social. « C'est quand même assez banalisé là je veux dire depuis des générations, quand on en parle à nos parents : "oui moi j'en ai mangé des pâtes au ketchup, des pâtes à la margarine". On a accepté en tant que société que pour être aux études on n’a pas le même niveau de confort qu’on donnerait à un travailleur : "tu sais comme tu travailles ça fait que tu sautes des repas des fois" » - Thomas Prévereau.
🏠 Problèmes de logement (1) : pénurie de logements
Le parc immobilier est de plus en plus saturé à Québec, au point que le Comité sur l'itinérance de l'Université Laval a demandé la construction de plus de logements étudiants.
💸 Problèmes de logement (2) : hausse des loyers et propriétaires abusifs
« Le coût des logements a augmenté beaucoup plus vite que les revenus des personnes étudiantes depuis 2019, alors nécessairement la part de leur budget alloué au logement a augmenté. Cela peut les amener à avoir des revenus résiduels insuffisants pour se nourrir convenablement ou à ne pas être en mesure de se payer un logement convenable s'ils et elles souhaitent se nourrir » – Maxime Pelletier, Directeur des affaires publiques pour UTILE.
🛑 Itinérance (cachée)
Témoignages audio sur l'itinérance étudiante, en plus de celui décrit par Giresse Ilimi Mpey, président de la Table du Pain, dans l'article.
🧠💔 Des conséquences graves (1) : sur la santé physique et mentale
- sous-nutrition, malnutrition, sur-exposition aux maladies
- stress, charge mentale importante, fatigue
Précarité alimentaire et itinérance étudiante : comment en arrive-t-on là ?
Média école L'Exempl
Created on March 27, 2026
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Précarité alimentaire et itinérance étudiante : comment en arrive-t-on là ?
Témoignages et expertises
Causes
💸 Problèmes de logement (2) : hausse des loyers et propriétaires abusifs
💸 Hausse des frais de scolarité
🏠 Problèmes de logement (1) : pénurie de logements
💸Dettes et bourses
💰 Budget insuffisant
Conséquences
🧠💔 Des conséquences graves (1) : sur la santé physique et mentale
🚷 Des conséquences graves (2) : isolement et exclusion
🥖 Restrictions alimentaires
Aboutissement (possible) du processus
Facteurs aggravants
⏳ Facteurs aggravants (2) : emploi étudiant et études universitaires
⚠️ Facteurs aggravants (3) : des profils à risques
👁️🗨️ Facteurs aggravants (1) : invisibilisation
🛑 Itinérance (cachée)
image générée par l'ia
⏳ Facteurs aggravants (2) : emploi étudiant et études universitaires
Dans son rapport sur la précarité étudiante au sein du département d'anthropologie de l'Université Laval, Paul a évalué à 75% des étudiants d'anthropologie qui ont jusqu'à 4 jobs. Le Comité sur l'itinérance étudiante de l'Université Laval estime qu'un étudiant qui travaille pour 16$/h devrait effectuer :
- 18h/semaine pour payer le loyer d'un logement universitaire
- 27h/semaine pour un loyer à l'Ardoise
- … en plus du travail scolaire.
Une conciliation impossible, notamment pour les étudiants de Sciences Humaines qui doivent effectuer 28 à 32h de stage non rémunéré par semaine, en plus de leurs cours.💰 Budget insuffisant
Un étudiant ne devrait pas consacrer plus de 35% de son budget mensuel au logement sans conséquences graves sur sa santé ou sa réussite scolaire (UTILE, Enquête Phare, 2021, p. 27).
⚠️ Facteurs aggravants (3) : des profils à risques
Anne Sousa-Caron explique que certains étudiants rencontrent plus d'obstacles que d'autres (lien audio).
🚷 Des conséquences graves (2) : isolement et exclusion
« Ça me fait du bien d'aller à la Table du Pain car ça me permet de rencontrer des gens et de ne pas m'isoler » – une bénévole et bénéficiaire à La Table du Pain.« Le frigo-partage [de l'AESS] toucherait entre 100 et 500 étudiants sur le campus, ceux qui sont capables de surmonter la stigmatisation de s’approvisionner dans un frigo communautaire », mais ils pourraient être 1 200 concernés (pour le frigo de l'association) –Thomas Prévereau, coordonnateur général de l'AESS.
🥖 Restrictions alimentaires
« Les locataires ont 131% plus de risques d'être en situation d'insécurité alimentaire que les propriétaires » (Accueil Bonneau contre l'itinérance).
Chez la population étudiante, ce sont 30 à 40 % des personnes étudiantes qui se retrouvent en situation d’insécurité alimentaire (Affaires Universitaires). « On connaît beaucoup de gens qui privilégient leur logement et leurs frais de scolarité à l'alimentation [...] Ils se privent [...] ne mangent qu'une fois par jour » – Nabi Grace, bénévole à La Table du pain.
💸 hausse des frais de scolarité
Paul explique la précarité financière du fait d'une augmentation des frais de scolarité depuis la «néolibéralisation des universités» : « La génération de nos parents, la session, ça coûtait à peine 500$ [...] La génération de mon prof, il va avoir 70 ans bientôt, c'était quasiment gratuit. A partir de 2012, le gouvernement a voulu récupérer toutes les années perdues vis-à-vis de l'inflation. En 2013, le parti québécois qui arrivait a enlevé l'augmentation, mais a quand même indexé les droits de scolarité à l'inflation. Du coup, les dépenses suivent l'inflation, mais le salaire minimum lui non ».
💸Dettes et bourses
« Après un gel du remboursement des dettes étudiantes durant la pandémie, le taux d'intérêt a connu un bon de 3 à 7,45 % » (Journal 1 de la Coalition de Résistance pour l'Unité Étudiante Syndicale).Paul ajoute que les banques sont plus enclines à prêter et les universités à investir pour des départements comme le droit ou la médecine « parce qu'ils savent qu'à la fin, tu vas venir avec un meilleur job, plutôt qu'en anthropologie, sciences sociales ... ».
👁️🗨️ Facteurs aggravants (1) : invisibilisation
L'Institut National de Santé Publique du Québec (INSPQ) estime que les chiffres de la précarité étudiante pourraient être majorés de +25% car un certain nombre d'étudiants ont honte de leur situation et la cachent.« Ce qui me touche c'est que les étudiants n'ont pas tendance à voir qu’ils sont dans des positions vulnérables, mais quand on commence à leur en parler, c'est comme si ça met en lumière des réalités très difficiles qu’ils vivent mais qu’ils ont tendance à invisibiliser ou banaliser. Et c'est un peu ce déclic-là qui est un signal d'alarme aussi pour moi de tolérer l'inconfort de manière assez exceptionnelle, c'est ce qui me motive aussi à continuer dans cette étude-là » - Ariane Sousa-Caron, doctorante en travail social. « C'est quand même assez banalisé là je veux dire depuis des générations, quand on en parle à nos parents : "oui moi j'en ai mangé des pâtes au ketchup, des pâtes à la margarine". On a accepté en tant que société que pour être aux études on n’a pas le même niveau de confort qu’on donnerait à un travailleur : "tu sais comme tu travailles ça fait que tu sautes des repas des fois" » - Thomas Prévereau.
🏠 Problèmes de logement (1) : pénurie de logements
Le parc immobilier est de plus en plus saturé à Québec, au point que le Comité sur l'itinérance de l'Université Laval a demandé la construction de plus de logements étudiants.
💸 Problèmes de logement (2) : hausse des loyers et propriétaires abusifs
« Le coût des logements a augmenté beaucoup plus vite que les revenus des personnes étudiantes depuis 2019, alors nécessairement la part de leur budget alloué au logement a augmenté. Cela peut les amener à avoir des revenus résiduels insuffisants pour se nourrir convenablement ou à ne pas être en mesure de se payer un logement convenable s'ils et elles souhaitent se nourrir » – Maxime Pelletier, Directeur des affaires publiques pour UTILE.
🛑 Itinérance (cachée)
Témoignages audio sur l'itinérance étudiante, en plus de celui décrit par Giresse Ilimi Mpey, président de la Table du Pain, dans l'article.
🧠💔 Des conséquences graves (1) : sur la santé physique et mentale