Le massacre de Bentahla
I) Contexte
II) Déroulé du massacre
La controverse du mémorial de Bentahla
III) Le travail de mémoire et le symbole de la "Madone de Bentahla"
V) L'art, un moyen de préserver les mémoires
IV) Les témoignages et la bibliographie autour du massacre de Bentahla
La Guerre invisible : Algérie, années 90 de Benjamin Stora
La Sale Guerre de Habib Souaïdia
Central Mind Map
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I) Contexte du Massacre
En 1988, l'Algérie, alors dirigée d'une main de fer par le FLN depuis l'indépendance, entame un processus de transition vers une démocratie sous l'impulsion du président Chadli Bendjedid. Des élections sont organisées, d'abord municipales, en 1990, puis législatives en 1991. Les municipales et le 1er tour des législatives sont remportées par le Front Islamique du Salut, un parti islamiste très populaire. Voyant que le FIS est sur le point de gagner, l'Etat algérien et surtout l'armée annulent les élections pendant l'entre-deux tours., de peur d'une dérive religieuse. Le pays bascule alors dans la terreure, les partisans du FIS essayant de prendre un pouvoir qu'ils consideraient comme leur étant dû, tandis que l'armée exerce une repression acharnée et . Ces partisans se structurent notamment autour du Groupe Islamique armé (GIA), qui instaure la terreur en affrontant l'armée et en tuant tout ceux étant de bords politiques différents. Ainsi éclate la guerre civile d'Algérie, aussi appelée "Décennie noire". Découverte d'un charnier datant de la décennie noire en 1999 à Ouled-Allel près d'Alger
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II) Déroulé du massacre
Dans ce contexte de guerre civile, un évenement suscite l'émotion internationale : le massacre de Bentahla. Il a lieu dans la nuit du 22 au 23 septembre 1997, près d’Alger. Des hommes armés attaquent le village et tuent plusieurs centaines de civils, en pénétrant dans les habitations et en frappant sans distinction à l'arme blanche. L’attaque dure plusieurs heures, ce qui choque d’autant plus que l'armée Algérienne, située à proximité, intervient tardivement, suscitant des controverses. Ce massacre est attribué au GIA et s’inscrit dans une stratégie de ce groupe visant à instaurer la terreur propice au developpement de leur régime, et devient l’un des symboles les plus marquants de la « décennie noire » en Algérie.
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III) Le travail de mémoire et le symbole de la "Madone de Bentahla"
Le massacre de Bentalha en Algérie reste entouré de silence malgré la gravité des faits. Après la guerre civile, les autorités mettent en place une politique de réconciliation nationale, qui vise à rétablir la paix en encourageant l’oubli . L'absence de justice transitionnelle empêche d’aborder pleinement la question des responsabilités, freinant ainsi un véritable travail de mémoire. Les témoignages des survivants existent, mais ils restent souvent peu visibles ou discutés, ce qui entretient les zones d’ombre. Dans ce contexte, certaines images deviennent des symboles puissants du traumatisme. C’est le cas de la « Madone de Bentalha », une photographie prise après le massacre montrant une femme en détresse, devenue une figure emblématique de la souffrance des victimes civiles. Cette image a marqué l’opinion publique, en Algérie comme à l’international, en incarnant la douleur et le choc provoqués par la violence de la « décennie noire ». Elle incarne toute les victimes qui n'ont pas pu dénoncer les atrocités commises à Bentahla.
23 septembre 1997. Cette femme vient d’apprendre qu’elle a perdu plusieurs membres de sa famille dans le massacre. Cette "Madone de Bentalha", photographiée par Hocine Zaourar, a reçu le World Press Photo 1998.
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IV) Les témoignages et la bibliographie autour du massacre de bentahla et de la guerre civile
La "décennie noire", bien qu'effacée par l'Etat Algérien, à fait couler beaucoup d'encre à l'international, construisant ainsi une forme de mémoire. Nous nous appuierons ici sur deux auteur qui se sont distingués par leurs ouvrage sur la question : Habib Souadïa, ancien soldat algérien durant cette période, et Benjamin Stora, historien français spécialiste de l'Algérie .
Benjamin Stora, spécialiste de l'Algérie
Habib Souaïdia
La salle guerre,2001
Le livre Habib Souaïdia, La Sale Guerre, constitue un témoignage majeur sur la décennie noire en Algérie. Ancien capitaine de l’armée, Souaïdia y raconte son expérience directe dans le conflit et dénonce la violence systématique de certaines unités militaires, allant jusqu’à mettre en cause la responsabilité de l’armée dans des massacres de civils, notamment celui de Bentalha. Son met en lumière ce qui avait été longtemps passé sous silence, participant ainsi à un important travail de mémoire. Le livre a déclenché une grande controverse, notamment avec le colonel Mohamed Médiène Nezzar, accusé indirectement par Souaïdia d’avoir couvert ou toléré certaines violences. Cette polémique a abouti à un procès en diffamation, révélant les tensions entre la volonté de témoigner des atrocités commises et le refus de certains officiers de voir publiquement critiquées leurs actions. Malgré ces conflits, La Sale Guerre reste une référence incontournable pour comprendre la violence de la période et l’importance de préserver la mémoire des victimes de Bentahla notamment .
Ce livre restitue l'intégralité des débats du procès Nezzar-Souaïdia, symbole des cicatrices de l'Algérie après cette période
Benjamin Stora, La guerre civile d’Algérie, années 90 (1998)
Benjamin Stora, La guerre invisible : Algérie, années 90 (1998)
La guerre civile d’Algérie, années 90 propose une analyse historique approfondie de la décennie noire. Stora replace les massacres de civils, comme celui de Bentalha, dans leur contexte politique, social et militaire, en montrant comment l’interruption des élections de 1992 a déclenché une spirale de violence. L’ouvrage détaille le rôle des groupes armés non étatiques et , de l’armée réguliere en soulignant que la frontière entre civils et combattants s’est souvent effacée. Ainsi, Stora participe à un travail de mémoire collectif, en offrant un cadre analytique pour comprendre l’ampleur et la nature de ces violences. Si le livre n’accuse pas directement des individus précis comme le fait Habib Souaïdia, il suscite néanmoins des débats sur la responsabilité des acteurs militaires et politiques, et sur la manière dont la société algérienne a traité le souvenir des massacres. Cet ouvrage demeure donc une référence incontournable pour comprendre la décennie noire.
L'ouvrage de Benjamin Stora, paru en 1998
V) L'art, un moyen de préserver les mémoires
La culture et l’art ont grandement servi à exprimer les émotions induites par cette période. Dans la littérature, le roman Le Silence de la Chouette de Assia Djebar explore la peur quotidienne et les tensions sociales à Alger pendant la guerre civile, tandis que au cinéma, des documentaires et films de réalisateurs comme Nadir Moknèche analysent les traumatismes psychologiques et les conséquences sociales de cette période. On peut prendre l'exemple de Viva Laldjérie. Ce long métrage met en scène la vie quotidienne à Alger de plusieurs personnages qui tentent de conserver leur liberté sous la pression du terrorisme et de la violence des années 1990. Ces œuvres contribuent à préserver la mémoire de la décennie noire en rendant visible l’horreur vécue par les civils
Affiche du film Viva Laldjérie, 2004, réalisé par Nadir Moknèche
Le massacre de Bentahla
Raphaël Launay
Created on March 23, 2026
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Le massacre de Bentahla
I) Contexte
II) Déroulé du massacre
La controverse du mémorial de Bentahla
III) Le travail de mémoire et le symbole de la "Madone de Bentahla"
V) L'art, un moyen de préserver les mémoires
IV) Les témoignages et la bibliographie autour du massacre de Bentahla
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I) Contexte du Massacre
En 1988, l'Algérie, alors dirigée d'une main de fer par le FLN depuis l'indépendance, entame un processus de transition vers une démocratie sous l'impulsion du président Chadli Bendjedid. Des élections sont organisées, d'abord municipales, en 1990, puis législatives en 1991. Les municipales et le 1er tour des législatives sont remportées par le Front Islamique du Salut, un parti islamiste très populaire. Voyant que le FIS est sur le point de gagner, l'Etat algérien et surtout l'armée annulent les élections pendant l'entre-deux tours., de peur d'une dérive religieuse. Le pays bascule alors dans la terreure, les partisans du FIS essayant de prendre un pouvoir qu'ils consideraient comme leur étant dû, tandis que l'armée exerce une repression acharnée et . Ces partisans se structurent notamment autour du Groupe Islamique armé (GIA), qui instaure la terreur en affrontant l'armée et en tuant tout ceux étant de bords politiques différents. Ainsi éclate la guerre civile d'Algérie, aussi appelée "Décennie noire". Découverte d'un charnier datant de la décennie noire en 1999 à Ouled-Allel près d'Alger
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II) Déroulé du massacre
Dans ce contexte de guerre civile, un évenement suscite l'émotion internationale : le massacre de Bentahla. Il a lieu dans la nuit du 22 au 23 septembre 1997, près d’Alger. Des hommes armés attaquent le village et tuent plusieurs centaines de civils, en pénétrant dans les habitations et en frappant sans distinction à l'arme blanche. L’attaque dure plusieurs heures, ce qui choque d’autant plus que l'armée Algérienne, située à proximité, intervient tardivement, suscitant des controverses. Ce massacre est attribué au GIA et s’inscrit dans une stratégie de ce groupe visant à instaurer la terreur propice au developpement de leur régime, et devient l’un des symboles les plus marquants de la « décennie noire » en Algérie.
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III) Le travail de mémoire et le symbole de la "Madone de Bentahla"
Le massacre de Bentalha en Algérie reste entouré de silence malgré la gravité des faits. Après la guerre civile, les autorités mettent en place une politique de réconciliation nationale, qui vise à rétablir la paix en encourageant l’oubli . L'absence de justice transitionnelle empêche d’aborder pleinement la question des responsabilités, freinant ainsi un véritable travail de mémoire. Les témoignages des survivants existent, mais ils restent souvent peu visibles ou discutés, ce qui entretient les zones d’ombre. Dans ce contexte, certaines images deviennent des symboles puissants du traumatisme. C’est le cas de la « Madone de Bentalha », une photographie prise après le massacre montrant une femme en détresse, devenue une figure emblématique de la souffrance des victimes civiles. Cette image a marqué l’opinion publique, en Algérie comme à l’international, en incarnant la douleur et le choc provoqués par la violence de la « décennie noire ». Elle incarne toute les victimes qui n'ont pas pu dénoncer les atrocités commises à Bentahla.
23 septembre 1997. Cette femme vient d’apprendre qu’elle a perdu plusieurs membres de sa famille dans le massacre. Cette "Madone de Bentalha", photographiée par Hocine Zaourar, a reçu le World Press Photo 1998.
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Habib Souaïdia
La salle guerre,2001
Le livre Habib Souaïdia, La Sale Guerre, constitue un témoignage majeur sur la décennie noire en Algérie. Ancien capitaine de l’armée, Souaïdia y raconte son expérience directe dans le conflit et dénonce la violence systématique de certaines unités militaires, allant jusqu’à mettre en cause la responsabilité de l’armée dans des massacres de civils, notamment celui de Bentalha. Son met en lumière ce qui avait été longtemps passé sous silence, participant ainsi à un important travail de mémoire. Le livre a déclenché une grande controverse, notamment avec le colonel Mohamed Médiène Nezzar, accusé indirectement par Souaïdia d’avoir couvert ou toléré certaines violences. Cette polémique a abouti à un procès en diffamation, révélant les tensions entre la volonté de témoigner des atrocités commises et le refus de certains officiers de voir publiquement critiquées leurs actions. Malgré ces conflits, La Sale Guerre reste une référence incontournable pour comprendre la violence de la période et l’importance de préserver la mémoire des victimes de Bentahla notamment .
Ce livre restitue l'intégralité des débats du procès Nezzar-Souaïdia, symbole des cicatrices de l'Algérie après cette période
Benjamin Stora, La guerre civile d’Algérie, années 90 (1998)
Benjamin Stora, La guerre invisible : Algérie, années 90 (1998)
La guerre civile d’Algérie, années 90 propose une analyse historique approfondie de la décennie noire. Stora replace les massacres de civils, comme celui de Bentalha, dans leur contexte politique, social et militaire, en montrant comment l’interruption des élections de 1992 a déclenché une spirale de violence. L’ouvrage détaille le rôle des groupes armés non étatiques et , de l’armée réguliere en soulignant que la frontière entre civils et combattants s’est souvent effacée. Ainsi, Stora participe à un travail de mémoire collectif, en offrant un cadre analytique pour comprendre l’ampleur et la nature de ces violences. Si le livre n’accuse pas directement des individus précis comme le fait Habib Souaïdia, il suscite néanmoins des débats sur la responsabilité des acteurs militaires et politiques, et sur la manière dont la société algérienne a traité le souvenir des massacres. Cet ouvrage demeure donc une référence incontournable pour comprendre la décennie noire.
L'ouvrage de Benjamin Stora, paru en 1998
V) L'art, un moyen de préserver les mémoires
La culture et l’art ont grandement servi à exprimer les émotions induites par cette période. Dans la littérature, le roman Le Silence de la Chouette de Assia Djebar explore la peur quotidienne et les tensions sociales à Alger pendant la guerre civile, tandis que au cinéma, des documentaires et films de réalisateurs comme Nadir Moknèche analysent les traumatismes psychologiques et les conséquences sociales de cette période. On peut prendre l'exemple de Viva Laldjérie. Ce long métrage met en scène la vie quotidienne à Alger de plusieurs personnages qui tentent de conserver leur liberté sous la pression du terrorisme et de la violence des années 1990. Ces œuvres contribuent à préserver la mémoire de la décennie noire en rendant visible l’horreur vécue par les civils
Affiche du film Viva Laldjérie, 2004, réalisé par Nadir Moknèche