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Actualités En cancérologie

Valentin PRECOURT

Created on March 3, 2026

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Transcript

29èmes RIO 2026

Actualités En cancérologie

Pr FLorence DALENC, PU-PH oncologie médicale, spécialiste de CLCC - sénologie, Oncopole Claudius Regaud, Toulouse

Valentin PRÉCOURT, M. Sc. Inf., Infirmier en Pratique Avancée, Centre François Baclesse, Caen

“...figuring out how we take all this amazing discovery and integrate it more quickly into care and scale it so that it reaches more people more quickly. What you might call the ‘science of care delivery’.”

Deb Schrag, ASCO President-Elect (2026)

SOMMAIRE

Immunothérapie : où en est-on en 2026 ?

Données récentesStandards ESMO / ASCO Positionnement précoce

Actualités 2026

Immunothérapie : bénéfices et toxicités clés

Indications actualisées irAE majeurs Points d’alerte IDE

Immunothérapie & ADC

En 2026, l’innovation thérapeutique progresse plus vite que jamais. Les indications évoluent. Les profils de toxicité se complexifient. Notre objectif : comprendre ce qui change et ce que cela implique concrètement pour la pratique infirmière.

ADC : nouvelles indications et données

Historique et structureMécanisme d’actionIndications en tumeurs solides

ADC : surveillance et enjeux IDE

Toxicités clésFocus PID / T-DXdOrganisation du suivi

Immunothérapie : où en est-on en 2026 ?

Immunothérapie 2026 : la vraie bascule

On passe d’une logique d’indicationà une logique de sélection

Trois signaux forts en 2025–2026

Les congrès 2025 confirment trois mouvements :

  • sélection plus fine des patients ;
  • traitements plus précoces ;
  • nouvelles stratégies pour dépasser la résistance.

  • Biomarqueurs agnostiques : vers une meilleure prédiction de réponse
  • Traitements plus précoces : néoadjuvant, péri-opératoire, MRD-guided
  • Résistance / combinaisons : promesses, mais aussi résultats négatifs

Sources : ESMO Congress 2025 / ESMO Daily Reporter

Les biomarqueurs évoluent au-delà du PD-L1

Les biomarqueurs classiques comme PD-L1 restent utilesmais montrent des limites pour prédire la réponse.

Les recherches récentes explorent des approches combinant :

  • signatures immunitaires tumorales
  • charge mutationnelle tumorale (TMB)
  • micro-environnement immunitaire
  • imagerie et intelligence artificielle
Objectif : mieux identifier les patients répondeurs.

Sources : ESMO Congress 2025 / ESMO Daily Reporter

Immunothérapie : traiter plus tôt dans la maladie

Les stratégies d’immunothérapie évoluent vers des situations plus précoces de la maladie. Deux tendances majeures émergent :

  • utilisation néoadjuvante pour améliorer la réponse tumorale
  • traitement adjuvant guidé par la maladie résiduelle minimale (MRD)
Objectif : réduire le risque de rechute et améliorer la survie.

néoadjuvant

Mélanome résécable → bénéfices durables de l’immunothérapie néoadjuvante

chirurgie

Cancer du poumon → consolidation des stratégies péri-opératoires

adjuvant

Cancer de la vessie → immunothérapie adjuvante guidée par le ctDNA / MRD

Sources : ESMO Congress 2025 / ESMO IO Congress

Innovations dans la délivrance des soins

Immunothérapie en 2026 :

  • Administration : Pembrolizumab sous-cutané non inférieur à l’administration IV dans le CBNPC métastatique → potentiel gain de temps et adaptation de l’organisation des unités (ELCC 2025 – Subcutaneous pembrolizumab)
  • Évaluation des traitements : La qualité de vie devient un critère central dans les essais d’immuno-oncologie (ESMO GI Congress 2025 – Quality of life in IO trials)
  • Nouvelles technologies : IA / Machine learning pour améliorer le scoring PD-L1 et mieux prédire réponse et toxicités (ESMO Daily Reporter 2025 – AI PD-L1 scoring / Radiomics)

L’extension des indications d’immunothérapie impose d’adapter l’organisation des soins oncologiques. Plusieurs évolutions émergent :

  • nouvelles modalités d’administration
  • intégration des données de qualité de vie
  • utilisation croissante de l’intelligence artificielle
Ces transformations concernent directement la pratique infirmière et l’organisation des unités.

Limites de l’immunothérapie

Nouvelles stratégies

La résistance reste le principal défi
Combinaisons et nouvelles cibles

Malgré les progrès majeurs des inhibiteurs de checkpoints :

  • une proportion importante de patients ne répond pas
  • des résistances secondaires apparaissent
  • certains cancers restent peu immunogènes

  • Nouveaux checkpoints (TIGIT, LAG-3…)
  • Combinaisons immunothérapie + thérapies ciblées
  • Combinaisons avec radiothérapie ou ADC
  • Stratégies pour tumeurs résistantes (MSS colorectal, NEC…)

Sources : ESMO Congress 2025 – Daily Reporter

Immunothérapie : bénéfices et toxicités clés

Immunothérapie : une expansion majeure des indications

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Les inhibiteurs de checkpoints immunitaires (anti-PD-1, anti-PD-L1 et anti-CTLA-4) sont aujourd’hui intégrés dans la prise en charge de nombreux cancers. L’immunothérapie concerne désormais plusieurs comités d’oncologie :

  • thoracique
  • digestif
  • dermatologique
  • uro-gynécologique
  • ORL
  • sénologie
Elle est utilisée :
  • en situation métastatique
  • en adjuvant
  • en néoadjuvant ou péri-opératoire

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Sources : ESMO Congress 2025 – Daily Reporter

Pourquoi la surveillance IDE devient centrale

25,5 %

7,9 %

20 %

43 %

Détection précoce
Survenue parfois tardive
Toxicités multiorganes
Toxicités fréquentes

Les formes sévères sont moins fréquentes, mais imposent une reconnaissance rapide pour éviter les complications. (Yan T, 2025)

Les toxicités peuvent apparaître plusieurs semaines, plusieurs mois, voire plus d’un an après l’initiation. (Durbin SM, 2025)

Peau, digestif, foie, poumon, endocrinien, système nerveux peuvent être touchés, parfois simultanément. (Yan T, 2025)

Les effets indésirables immuno-induits sont fréquents et concernent de nombreux patients traités. (Yan T, 2025)

Les toxicités immuno-induites varient-elles selon le type tumoral ?

Certaines études suggèrent que le profil des toxicités immuno-induites (irAE) pourrait varier selon le type tumoral traité par immunothérapie.Plusieurs mécanismes sont évoqués :

  • hétérogénéité immunologique des tumeurs
  • (tumeurs « chaudes » vs « froides »)
  • micro-environnement tumoral spécifique
  • facteurs liés au patient et au traitement
Des analyses en vie réelle ont montré que :
  • certains cancers présentent des incidences différentes d’irAE
  • le type d’organe atteint peut varier selon la localisation tumorale
  • le délai d’apparition des toxicités peut également différer

Sources : Wang et al., 2021, Xu et al., 2025 & Tasaki et al., 2023

Toxicités immuno-induites : comprendre pour mieux prévenir et détecter

Les irAE résultent de multiples facteurs

L’apparition des toxicités dépend de l’interaction entre :

  • le traitement (classe d’ICI, dose, combinaison)
  • les caractéristiques tumorales
  • les facteurs liés au patient (génétique, microbiote, mode de vie)

Une atteinte potentiellement multiorganique

Elles peuvent apparaître à différents moments du traitement.

Sources : Suijkerbuijk et al., 2025

Accueil et évaluation clinique : première détection des toxicités

Coordination des soins : rôle central dans la circulation de l’information

Education thérapeutique : sécuriser la prise en charge à domicile

Suivi dans la durée : renforcer la relation de confiance IDE-patient

Sources : ASCO Guidelines – Management of immune-related adverse events & SITC Clinical Practice Guideline 2024

Ressources pour la gestion des toxicités immuno-induites

1️⃣ Référentiel français (INCa)Prévention et gestion des effets indésirables des anticancéreux➡ guide pratique pour les équipes de soins2️⃣ Recommandations ESMOManagement of toxicities from immunotherapy➡ diagnostic et conduite à tenir des irAE3️⃣ Recommandations ASCOManagement of immune-related adverse events➡ algorithmes de prise en charge clinique

ADC : nouvelles indications et données

Un peu d’histoire !

2026

2013

2000

Environ 20-21 ADCs ont une AMM
1er ADC approuvé en tumeur solide
1er ADC approuvé

gemtuzumab ozogamicine, approuvé dans la leucémie myéloïde aigüe

(hémopathies et tumeurs solides) et plus de 150 sont en développement !!

T-DM1 dans les cancers du sein métastatique HER2-positif

ANTICORPS (le plus souvent IgG1)

  • spécifique à l’antigène cible majoritairement exprimé
  • par les cellules tumorales
  • longue 1/2 vie
  • Internalisation rapide du complexe
  • Immunogénicité minimale

Structure d’un anticorps-drogue-conjugué

PAYLOAD = CYTOTOXIQUE :

  • puissant
  • DAR optimal
  • Inhibiteur de topo-isomérase I ou des microtubules
  • Effet bystander (la nouvelle génération)

LINKER :

  • non clivable ou clivable (nouvel ADC)
  • rôle important pour la stabilité dans la circulation sanguine, l’efficacité et la tolérance

Sources : Kwon et al., 2024

Mécanisme d’action des anticorps-drogue-conjugué

  1. Liaison de l’anticorps sur l’antigène = complexe ADC-Ag
  2. Internalisation du complexe via les endosomes
  3. Dégradation au niveau des lysosomes
  4. Relargage dy payload dans le cytoplasme
  5. Action au niveau des microtubules ou topoisomérase I → mort cellulaire
  6. ± Effet bystander = diffusion du payload dans le microenvironnement tumoral pour cibler des cellules tumorales éventuellement dépourvues d’Ag 1

Sources : Long et al., 2025 & Kang et al 2025

Indications

La liste des tumeurs solides s’allongent et les ADCs remontent les lignes !
  • Des AMMs en situation métastatique dès la 2° ligne dans plusieurs tumeurs solides ;
  • Des AMMs attendues en 1° ligne métastatique car gain en survie sans progression et en survie globale ;
  • Des études en cours ou terminées en (néo)adjuvant notamment pour les cancers du sein (hors T-DM1) ;
  • Une étude POSITIVE avec le T-Dxd ( vs T-DM1) en adjuvant en l’absence de pCR pour les cancers HER2+++.

Tumeurs solides et ADCs

CANCERS DU SEIN
  • T-DM1 : AMM en adjuvant et méta HER2+++
  • Trastuzumab déruxtecan : AMM en méta HER2+++ et faiblement exprimé
  • Sacituzumab Govitécan : AMM en méta TNBC et RH+/HER2-
  • Datapotamab déruxtécan : AMM en attente en méta (approuvé dans certains pays)

CANCERS GYNECO
  • Mirvetuximab soravtansine : Cancers de l’ovaire Frα +
  • Tisotumab Vedotin : cancer col utérus récidivant/méta

AUTRES TUMEURS SOLIDES
  • Enfortumab Vedotin : cancers de la vessie métastatique
  • Telisotuzumab vedotin : CBNPC qui surexprime c-met (approuvé dans certains pays)

Pas toujours de biomarqueurs d’efficacité !Mécanismes de résistance non connus et multiples

La mesure de l’expression de la cible n’est pas toujours requise pour la prescription

Sources : Chen et al., Mol Cancer 2025

Efficacité d’un ADC après un autre décevante si même payload : exemple du cancer du sein métastatique

Sources : Poumeaud F et al., SABCS 2025

ADC : surveillance et enjeux IDE

La toxicité des anticorps-drogue-conjugué

C’est une chimiothérapie avant tout !
  • Les trois composants jouent un rôle dans la toxicité ;
  • La dose des ADCs est fonction du poids : Oui mais, arguments pour surdosage des plus corpulents → nous conduisons une étude clinique multicentrique avec le T-Dxd évaluant la PK selon l’IMC et les liens avec la toxicité
  • Parcours de soins à inventer pour la gestion de la toxicité oculaire ± mucites
  • Focus sur la PID du T-Dxd

Sources : Kang S et al., Ther Adv Med Oncol., 2025

La pneumopathie interstitielle diffuse (T-Dxd++)

  • DEPISTAGE
  • SENSIBILISATION du patient et du personnel soignant
  • SCANNER THORACIQUE
  • ARRET du TRAITEMENT
  • CORTICOTHERAPIE

De nombreuses perspectives avec les ADCs Il faudra compter avec eux dans le futur de la cancérologie !

Merci pour votre attention

Des questions ?

Pr FLorence DALENC, dalenc.Florence@iuct-oncopole.fr

Valentin PRÉCOURT, v.precourt@baclesse.unicancer.fr