HISTOIRE - chapitre 2
L'Amérique et l'Europe en Révolution
Les salons et l'esprit des Lumières
Lecture de la tragédie "L'Orphelin de la Chine" de Voltaire dans le salon de madame GeoffrinAnicet Charles Gabriel LEMONNIER, 1814.
« Aucun homme n’a reçu de la nature, le droit de commander aux autres. La Liberté est un présent du ciel et chaque individu de la même espèce a le droit d’en jouir aussitôt qu’il jouit de la raison […] Le prince tient de ses sujets même l’autorité qu’il a sur eux, et cette autorité est bornée par les lois de la nature et de l’État. » Denis Diderot, article « Autorité politique », Encyclopédie, tome I, 1751. « Le premier état que l'homme acquiert par la nature, et qu'on estime le plus précieux de tous les biens qu'il puisse posséder, est l'état de liberté ; il ne peut ni se changer contre un autre, ni se vendre, ni se perdre ; car naturellement tous les hommes naissent libres, c'est-à-dire qu'ils ne sont pas soumis à la puissance d'un maître, et que personne n'a sur eux un droit de propriété.
En vertu de cet état, tous les hommes tiennent de la nature même le pouvoir de faire ce que bon leur semble, et de disposer à leur gré de leurs actions et de leurs biens, pourvu qu'ils n'agissent pas contre les lois du gouvernement auquel ils se sont soumis. » Jean le Rond d'Alembert et Denis Diderot « Liberté », Encyclopédie, 1751. « Lorsqu’une fois le fanatisme a gangrené un cerveau, la maladie est presque incurable. Que répondre à un homme qui vous dit qu’il aime mieux obéir à Dieu qu’aux hommes, et qui, en conséquence, est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant. »
Voltaire, Dictionnaire philosophique, 1764
La circulation des idées des Lumières
Les Lumières, un mouvement européen
L’Encyclopédie ou « Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers », de Diderot et d’Alembert, 17 volumes parus entre 1751 à 1772. Le but de cet ouvrage est de compiler en 60.000 articles tout le savoir de l’époque, et de mettre en avant des idées philosophiques nouvelles.
À travers l’Atlantique : l’admiration pour Benjamin Franklin
Benjamin Franklin (1706-1790) est un scientifique américain, qui a étudié l’électricité et inventé le paratonnerre. Également homme politique, il participe à l'élaboration de la Déclaration d'indépendance avec Jefferson et Adams en 1776. Envoyé en France comme ambassadeur, il arrive en décembre 1776 à Paris et négocie l’aide de la France.
Franklin revendique les droits sur les colonies américaines devant Louis XVI Auteur : HEALY George Peter Alexander, v.1847.
Je retiens:
Introduction : Le XVIIIème siècle et l'esprit des lumièresAu XVIIIᵉ siècle, les philosophes des Lumières comme Voltaire et Diderot défendent la liberté et critiquent le pouvoir absolu des rois et le fanatisme religieux. Ces idées sont diffusées lors de Salons (doc.1), dans des livres comme l'Encyclopédie ou des pièces de théâtre et aussi parce que les penseurs voyagent. Lumières: Mouvement intellectuel du XVIIIème siècle qui dénonce les injustices, en éclairant les esprits. La Révolution Américaine qui commence en 1776, menée par des fondateurs intellectuels comme Benjamin Franklin est encouragée par ces idées.
La déclaration d’indépendance américaine :
En 1776, des représentant des 13 colonies se réunissent à Philadelphie et signent la Déclaration unanime des treize États unis d’Amérique. En voici un extrait. Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. Les gouvernements sont établis parmi les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés. Toutes les fois qu'une forme de gouvernement devient destructive de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l'abolir et d'établir un nouveau gouvernement. En conséquence, nous, représentants des États-Unis d’Amérique, déclarons solennellement que ces colonies unies ont le droit d’être des États libres et indépendants, [et] qu’elles sont dégagées de toute obéissance envers la Grande-Bretagne.
Déclaration unanime des 13 États Unis d'Amérique réunis en Congrès à Philadelphie, le 4 juillet 1776
La Boston Tea Party, 1773
« La nuit dernière, trois cargaisons de thé de Chine furent jetées à la mer. Ce matin, un navire de guerre fait voile.
C’est la manifestation la plus magnifique de toutes. Dans ce dernier effort des Patriotes, il y a une dignité, une majesté, une sublimité que j’admire grandement. Le peuple ne devrait jamais se soulever sans accomplir quelque chose de mémorable, de remarquable et de frappant. La destruction du thé est hardie, courageuse, intrépide, déterminée à tel point que je ne puis pas ne pas la considérer comme une page épique de notre histoire.
La question est de savoir si la destruction du thé était nécessaire. Je crois très fermement qu’elle l’était ; elle était indispensable. Il ne pouvait pas être réexpédié : le gouverneur, l’amiral, la douane ne l’auraient pas accepté. Ils avaient le pouvoir de garder le thé, mais il ne pouvait pas dépasser le fort ni quitter les bateaux de guerre. Il fallait trancher l’alternative : le détruire ou le débarquer. Le laisser débarquer, c’était se soumettre au principe de l’imposition par le Parlement, contre lequel le continent lutte depuis dix ans. C’était renoncer à dix ans d’efforts. »
Sarony & Major, La destruction de thé au Port de Boston, 1773, 1846.
John Adams, Lettre du 17 décembre 1773.
La France et la Révolution Américaine
Séance 1 : La révolution Américaine (1775-1787)
Je retiens:
Au XVIIIe siècle, les 13 colonies anglaises d’Amérique du Nord, inspirées par les idées des Lumières (liberté, lutte contre l’injustice…) se révoltent contre l’Angleterre.
En 1773, lors de la Boston Tea Party, les colons protestent contre les taxes en jetant du thé à la mer, c’est une provocation pour les anglais. Une guerre d’indépendance américaine commence en 1775, les représentants des colonies adoptent la Déclaration d’indépendance des États-Unis (4 juillet 1776).
La France aide les colons dans leur combat, notamment grâce à Lafayette. C’est à Paris qu’est signé en 1783 le traité qui reconnait les États-Unis comme États libres et indépendants (Traité de Paris). -> Cette révolution américaine sera une grande source d’inspiration pour la Révolution française (liberté, souveraineté du peuple…)
Un jeune noble acquis à la cause américaine
Défenseur de cette liberté que j’idolâtre, libre moi-même plus que personne, en
venant, comme ami, offrir mes services à cette république si intéressante, je n’y
porte que ma franchise et ma bonne volonté, nulle ambition, nul intérêt
particulier ; en travaillant pour ma gloire, je travaille pour leur bonheur. J’espère
qu’en ma faveur, vous deviendrez bonne Américaine ; c’est un sentiment fait pour
les cœurs vertueux. Le bonheur de l’Amérique est intimement lié au bonheur de
toute l’humanité ; elle va devenir le respectable et sûr asile de la liberté. Adieu, la nuit ne me permet pas de continuer, car j’ai interdit toute lumière dans
mon vaisseau depuis quelques jours. Voyez comme je suis prudent ! Adieu donc !
Si mes doigts sont un peu conduits par mon cœur, je n’ai pas besoin de voir clair
pour vous dire que je vous aime et que je vous aimerai toujours.
Lettre du 7 juin 1777
Un artisan de la victoire américaine
Un artisan de la victoire américaine sur les Britanniques
Lors de la bataille de
Yorktown, en Virgine, les
alliés pro-indépendance
alignent 15 000 hommes dont
6 000 Français commandés
par Rochambeau, (ici
représenté aux côtés de
Lafayette).
Les britanniques, dirigés par
le général Cornwallis, sont
soumis à un blocus et
capitulent le 19 octobre 1781.
Louis-Charles-Auguste COUDER,
Le Siège de Yorktown, en octobre
1781, 465 × 543 cm, 1836. Musée
national du château de Versailles.
Les américains reconnaissants
Au nom de cette ville, je viens vous offrir de sincères félicitations au moment où vous arrivez dans un pays qui vous considère comme un des « plus honorables et chers » fondateurs de sa liberté et de son bonheur. Vos compagnons d'armes n'ont pas oublié, leurs descendants n'oublieront jamais, le jeune et brave Français qui consacra sa jeunesse, ses talents, sa fortune, tous ses efforts à leur cause et qui répandit son sang pour les rendre libres et heureux ; […] ils se souviendront que vous êtes venu vous joindre à leurs pères au moment le plus sombre de leur lutte ; que vous avez lié votre fortune à la leur lorsqu'elle semblait presque sans espoir ; que vous avez partagé les dangers, les privations, les souffrances de la guerre jusqu'à ce qu'elle fût terminée sur le glorieux champ de bataille de Yorktown. […] Votre nom est devenu aussi inséparablement lié à celui de la liberté […] dans l'ancien continent, qu'il l'était dans le Nouveau‑Monde. Le peuple des États‑Unis vous chérit comme un père vénéré ; la patrie vous considère comme son fils le plus chéri.
Discours du maire de New York adressé à La Fayette, le 16 août 1824.
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L'Amérique et l'Europe en Révolution
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HISTOIRE - chapitre 2
L'Amérique et l'Europe en Révolution
Les salons et l'esprit des Lumières
Lecture de la tragédie "L'Orphelin de la Chine" de Voltaire dans le salon de madame GeoffrinAnicet Charles Gabriel LEMONNIER, 1814.
« Aucun homme n’a reçu de la nature, le droit de commander aux autres. La Liberté est un présent du ciel et chaque individu de la même espèce a le droit d’en jouir aussitôt qu’il jouit de la raison […] Le prince tient de ses sujets même l’autorité qu’il a sur eux, et cette autorité est bornée par les lois de la nature et de l’État. » Denis Diderot, article « Autorité politique », Encyclopédie, tome I, 1751. « Le premier état que l'homme acquiert par la nature, et qu'on estime le plus précieux de tous les biens qu'il puisse posséder, est l'état de liberté ; il ne peut ni se changer contre un autre, ni se vendre, ni se perdre ; car naturellement tous les hommes naissent libres, c'est-à-dire qu'ils ne sont pas soumis à la puissance d'un maître, et que personne n'a sur eux un droit de propriété. En vertu de cet état, tous les hommes tiennent de la nature même le pouvoir de faire ce que bon leur semble, et de disposer à leur gré de leurs actions et de leurs biens, pourvu qu'ils n'agissent pas contre les lois du gouvernement auquel ils se sont soumis. » Jean le Rond d'Alembert et Denis Diderot « Liberté », Encyclopédie, 1751. « Lorsqu’une fois le fanatisme a gangrené un cerveau, la maladie est presque incurable. Que répondre à un homme qui vous dit qu’il aime mieux obéir à Dieu qu’aux hommes, et qui, en conséquence, est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant. » Voltaire, Dictionnaire philosophique, 1764
La circulation des idées des Lumières
Les Lumières, un mouvement européen
L’Encyclopédie ou « Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers », de Diderot et d’Alembert, 17 volumes parus entre 1751 à 1772. Le but de cet ouvrage est de compiler en 60.000 articles tout le savoir de l’époque, et de mettre en avant des idées philosophiques nouvelles.
À travers l’Atlantique : l’admiration pour Benjamin Franklin
Benjamin Franklin (1706-1790) est un scientifique américain, qui a étudié l’électricité et inventé le paratonnerre. Également homme politique, il participe à l'élaboration de la Déclaration d'indépendance avec Jefferson et Adams en 1776. Envoyé en France comme ambassadeur, il arrive en décembre 1776 à Paris et négocie l’aide de la France.
Franklin revendique les droits sur les colonies américaines devant Louis XVI Auteur : HEALY George Peter Alexander, v.1847.
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Introduction : Le XVIIIème siècle et l'esprit des lumièresAu XVIIIᵉ siècle, les philosophes des Lumières comme Voltaire et Diderot défendent la liberté et critiquent le pouvoir absolu des rois et le fanatisme religieux. Ces idées sont diffusées lors de Salons (doc.1), dans des livres comme l'Encyclopédie ou des pièces de théâtre et aussi parce que les penseurs voyagent. Lumières: Mouvement intellectuel du XVIIIème siècle qui dénonce les injustices, en éclairant les esprits. La Révolution Américaine qui commence en 1776, menée par des fondateurs intellectuels comme Benjamin Franklin est encouragée par ces idées.
La déclaration d’indépendance américaine :
En 1776, des représentant des 13 colonies se réunissent à Philadelphie et signent la Déclaration unanime des treize États unis d’Amérique. En voici un extrait. Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. Les gouvernements sont établis parmi les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés. Toutes les fois qu'une forme de gouvernement devient destructive de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l'abolir et d'établir un nouveau gouvernement. En conséquence, nous, représentants des États-Unis d’Amérique, déclarons solennellement que ces colonies unies ont le droit d’être des États libres et indépendants, [et] qu’elles sont dégagées de toute obéissance envers la Grande-Bretagne.
Déclaration unanime des 13 États Unis d'Amérique réunis en Congrès à Philadelphie, le 4 juillet 1776
La Boston Tea Party, 1773
« La nuit dernière, trois cargaisons de thé de Chine furent jetées à la mer. Ce matin, un navire de guerre fait voile. C’est la manifestation la plus magnifique de toutes. Dans ce dernier effort des Patriotes, il y a une dignité, une majesté, une sublimité que j’admire grandement. Le peuple ne devrait jamais se soulever sans accomplir quelque chose de mémorable, de remarquable et de frappant. La destruction du thé est hardie, courageuse, intrépide, déterminée à tel point que je ne puis pas ne pas la considérer comme une page épique de notre histoire. La question est de savoir si la destruction du thé était nécessaire. Je crois très fermement qu’elle l’était ; elle était indispensable. Il ne pouvait pas être réexpédié : le gouverneur, l’amiral, la douane ne l’auraient pas accepté. Ils avaient le pouvoir de garder le thé, mais il ne pouvait pas dépasser le fort ni quitter les bateaux de guerre. Il fallait trancher l’alternative : le détruire ou le débarquer. Le laisser débarquer, c’était se soumettre au principe de l’imposition par le Parlement, contre lequel le continent lutte depuis dix ans. C’était renoncer à dix ans d’efforts. »
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La France et la Révolution Américaine
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Au XVIIIe siècle, les 13 colonies anglaises d’Amérique du Nord, inspirées par les idées des Lumières (liberté, lutte contre l’injustice…) se révoltent contre l’Angleterre.
En 1773, lors de la Boston Tea Party, les colons protestent contre les taxes en jetant du thé à la mer, c’est une provocation pour les anglais. Une guerre d’indépendance américaine commence en 1775, les représentants des colonies adoptent la Déclaration d’indépendance des États-Unis (4 juillet 1776).
La France aide les colons dans leur combat, notamment grâce à Lafayette. C’est à Paris qu’est signé en 1783 le traité qui reconnait les États-Unis comme États libres et indépendants (Traité de Paris). -> Cette révolution américaine sera une grande source d’inspiration pour la Révolution française (liberté, souveraineté du peuple…)
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Un artisan de la victoire américaine sur les Britanniques Lors de la bataille de Yorktown, en Virgine, les alliés pro-indépendance alignent 15 000 hommes dont 6 000 Français commandés par Rochambeau, (ici représenté aux côtés de Lafayette). Les britanniques, dirigés par le général Cornwallis, sont soumis à un blocus et capitulent le 19 octobre 1781.
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