créé par Mme Carlier
la Boétie
"UNE AMITIÉ IMPOSSIBLE"
SOMMAIRE
02
03
04
01
Notions de cours
présentation & découverte du texte
ANALYSE DU TEXTE
CONCLUSION & ouVerture
présentation & découverte du texte
01
Présentation du texte (source, extrait, genre littéraire); lecture & découpage en mouvements. Formulation de la problématique d'étude.
fichE d'identité de l'auteur
Mouvement littéraire: L'Humanisme. Étienne de La Boétie (1530-1563) était un écrivain humaniste, poète et magistrat français, célèbre pour son œuvre de jeunesse, le Discours de la servitude volontaire (rédigé vers 1548). Écrit probablement à l'âge de 16-18 ans, ce texte analyse les mécanismes de la soumission volontaire et appelle à l'insoumission. Il étudie le droit à l'université d'Orléans, devenant un brillant humaniste. En 1554, il est nommé conseiller au Parlement de Bordeaux, deux ans avant l'âge légal. En 1557, il rencontre Michel de Montaigne, une amitié profonde et réciproque qui marquera l'auteur des Essais jusqu'à la mort de La Boétie. Il est un modéré qui cherche à apaiser les conflits religieux entre catholiques et protestants. Il meurt le 18 août 1563, à l'âge de 32 ans, probablement de la peste, près de Bordeaux.
fichE d'identité du texte
Situation dans l'oeuvre :L'extrait se situe à la fin du discours, juste avant la péroraison dans lequel il affirme que Dieu réserve un châtiment particulier au tyran & à ses favoris. Genre littéraire : C'est un discours (argumentation directe). Résumé :Dans ce passage, La Boétie s’intéresse à la relation entre le tyran et ceux qui l’entourent. Les relations autour du pouvoir ne sont pas de vraies amitiés mais plutôt des rapports fondés sur la peur, l’intérêt ou la complicité dans l’injustice. L’auteur souligne également que les favoris du tyran ne peuvent jamais être en sécurité : puisque le tyran est habitué à n’obéir qu’à sa propre volonté, il peut à tout moment se retourner contre eux. La Boétie critique ainsi ceux qui se rapprochent imprudemment du pouvoir et refusent de tirer les leçons des exemples du passé.
Interprétation par Jean Marchat
3ème mouvement
2ème mouvement
1er mouvement
(cliquer pour faire apparaître)
LES MOUVEMENTS DU TEXTE
(l.1 à l.7) définition du concept de l'amitié
(l.15 à 20) L.B se lamente sur le fait que l'on n'apprenne pas des erreurs du passé & qu'il y a toujours des candidats pour devenir favori du tyran: .
(l.8 à 15) il tire la conclusion de ce qui précède que le tyran ne peut pas avoir d'amis.
Mouvement 3 :
Mouvement 1 :
Mouvement 2 :
La problématiquE
Comment La Boétie montre-t-il que la tyrannie isole autant le tyran que ses sujets ?
notions de cours
02
Explication du contexte historique du Classicisme, cours sur la fable & biographie de l'auteur
notions de cours
02
Sur l'oeuvre
La Boétie
L'Humanisme
+ INFO
analyse du texte
03
Repérage et analyse des procédés littéraires. Identification des idées principales du texte.
LES MOUVEMENTS DU TEXTE
Mouvement 3 :
Mouvement 2 :
Mouvement 1 :
(l.1 à 7)
(l.8 à 15)
l.16 à 20)
Mouvement 1 :
(LIGNE 1 à 7)
de vérité générale confère au discours une portée universelle et normative. La Boétie ne décrit pas une
situation particulière, mais définit les conditions essentielles de l’amitié, présentée comme une valeur morale intemporelle incompatible avec la tyrannie.
exprime une exclusion totale du tyran du domaine de l’amitié. Le polyptote du verbe « aimer », employé
à la forme active puis passive, souligne sa double incapacité à donner et à recevoir une affection sincère. Cette affirmation est la conclusion d'une série d'exemples historiques où les favoris ont soit trahi ou été trahis par le tyran.L'amitié est donc incompatible avec la tyrannie. Les négations restrictives « ne... que» définissent les conditions indispensables à l’existence de l’amitié. Elles soulignent que ce lien repose sur la vertu et la réciprocité, qualités absentes dans les relations tyranniques.
confèrent à l’amitié une dimension morale et presque religieuse. Ce vocabulaire sacralise ce lien
humain et renforce l’idée qu’il repose sur des valeurs supérieures incompatibles avec la logique tyrannique. Cette affirmation fait écho à la vie de L.B & son amitié avec Montaigne.
montre que l’amitié repose sur des valeurs éthiques et sur une conduite vertueuse. Il associe
l'amitié à de hautes valeurs morales : l'honnêteté et la loyauté sont pour lui indispensables pour pouvoir accorder sa confiance à un ami.
présent
négations
modalisateurs
lexique de la moralité
organise le raisonnement de manière logique et méthodique. Il met en évidence que l’amitié repose
sur des preuves concrètes de fidélité et sur une expérience partagée, fondée sur la constance et la confiance réciproque. Le parallélisme permet de mettre en évidence les devoirs respectifs entre 2 amis : l'ami doit pouvoir démontrer sa constance : une loyauté permanente
crée une accumulation qui renforce la condamnation morale de certains comportements. Elle souligne
que la cruauté, la déloyauté et l’injustice constituent des obstacles absolus à l’amitié, en opposant ces vices aux vertus nécessaires à ce lien. Il affirme l'impossibilité pour une amitié de se construire sur un rapport de force, ou sur une relation instable.
souligne que l’amitié repose sur des qualités morales durables. Ce vocabulaire insiste sur la
fiabilité et la loyauté nécessaires pour établir une relation de confiance entre deux individus.
totale exprime une impossibilité catégorique et définit une limite morale absolue. Elle souligne que certaines
attitudes, comme la cruauté ou la déloyauté, rendent toute relation d’amitié incompatible.
parallélisme
lexique de la moralité
négation
anaphore
assimile les relations entre les partisans du tyran à une association criminelle. Ce vocabulaire
suggère que leur union repose sur des intérêts illicites et sur la peur des sanctions, plutôt que sur une véritable solidarité.
L’expression « entre méchants » s’oppose implicitement à « entre gens de bien », établissant une
donne au discours un rythme régulier et renforce la clarté du raisonnement. Cette organisation
frontière morale entre deux types de relations humaines : l’une fondée sur la vertu et la confiance, l’autre sur la peur et l’intérêt. Dans ces relations entre "méchants", il n'y a pas de respect, ni d'estime envers l'autre.
structurée souligne la dimension démonstrative du propos et met en évidence une série de constats successifs sur les relations entre les méchants.
lexique du crime
antithèses
parallélisme
Mouvement 2 :
(LIGNE 8 à 15)
permet d’introduire une idée supplémentaire qui vient nuancer et approfondir ce qui précède.
L’argument ajouté consiste à montrer que ce n’est pas seulement la méchanceté du tyran qui empêche l’amitié, mais surtout la hiérarchie entre le tyran et ses favoris, qui rend toute relation sincère structurellement impossible.
exprime une hypothèse à valeur argumentative. Il donne au propos une apparence de prudence, mais
permet en réalité d’affirmer avec force l’impossibilité de trouver une amitié sincère chez un tyran.
La longue phrase complexe constitue le cœur de l’argumentation. La principale est précédée d’une
proposition circonstancielle de concession qui reconnaît une objection possible, puis suivie d’une proposition circonstancielle de cause qui en donne l’explication : l’asymétrie fondamentale de la relation entre le tyran et ceux qui l’entourent. =>il admet que sa définition de l'amitié peut sembler catégorique, mais pour affirmer que cela ne change pas le résultat : le tyran quoi qu'il arrive est incapable d'amitié.
repose sur un lexique du déplacement qui personnifie cette valeur morale. L’amitié est présentée comme
un mouvement harmonieux fondé sur l’équilibre et la réciprocité. Toute relation marquée par l’inégalité devient alors « boiteuse », c’est-à-dire instable et imparfaite. => l'amitié ne peut fonctionner que si les 2 parties (personnes) sont égales, sinon l'amitié est bancale : ce qui est le cas dans la tyrannie, puisque le tyran est plus haut placé que le favori.
connecteur
circonstancielles
conditionnel
allégorie
introduit une conséquence logique du raisonnement précédent et permet à La Boétie d’illustrer son
propos par un exemple concret. Il montre que, même dans un milieu criminel, une certaine forme de solidarité peut exister lorsque les individus sont placés sur un pied d’égalité.
La proposition circonstancielle de cause (« parce qu’ils sont pairs et compagnons ») explique l’existence
d’une certaine confiance entre les voleurs. Leur relation repose sur une égalité de statut, condition minimale permettant une coopération, même dans un cadre immoral. La proposition circonstancielle de condition (« s’ils ne s’aiment pas ») souligne que l’affection n’est pas nécessaire à leur association. Leur union repose non sur l’amitié, mais sur l’intérêt et la prudence.
permet à La Boétie de rapporter une opinion sans s’y associer directement. Cette prise de distance
introduit l’argument de l’adversaire (selon lequel une forme d’amitié existerait entre les voleurs) afin de mieux en montrer ensuite les limites.
La négation (« ne veulent pas s’affaiblir en se désunissant ») met en évidence une relation fondée sur
l’intérêt et la prudence plutôt que sur l’affection. Leur union repose sur la crainte de perdre leur force collective, ce qui confirme qu’il ne s’agit pas d’une véritable amitié mais d’une alliance utilitaire.
connecteur logique
modalisateur
circonstancielles
négation
Le connecteur d’opposition introduit une réfutation du contre-exemple précédent. La Boétie montre
que la situation des favoris du tyran est encore plus précaire que celle des voleurs : leur relation avec le tyran ne repose ni sur l’égalité ni sur un intérêt partagé, mais sur la peur et l’arbitraire.
de cause insiste sur la responsabilité des favoris dans la puissance du tyran. Le pronom tonique
« eux-mêmes » souligne qu’ils ont contribué à renforcer son autorité en lui obéissant et en acceptant son pouvoir sans limite.
La répétition des négations crée un effet d’accumulation qui souligne l’absence totale de sécurité et de
règles dans l’entourage du tyran. Cette insistance montre que la relation entre le tyran et ses favoris est marquée par l’arbitraire et la peur.
présentent le tyran comme un être omnipotent. Cette exagération souligne que son pouvoir sans
limite rend toute relation amicale impossible, car la domination permanente empêche la confiance et la sincérité.
connecteur
répétition
circonstancielle
hyperboles
Mouvement 3 :
(LIGNE 15 à 20)
à la forme négative exprime l’indignation et le regret de l’auteur face à l’aveuglement des
courtisans. Cette fausse question vise à susciter une réaction morale chez le lecteur et à dénoncer l’incapacité des hommes à tirer des leçons des erreurs passées (ex qui précède l'extrait :Néron qui a assassiné ses conseillers). C'est un constat universel déprimant: l'histoire est condamnée à se répéter.
définit les qualités morales que les courtisans devraient posséder. Leur association à des
tournures négatives souligne l’absence de lucidité et de courage, dénonçant la passivité et la lâcheté de ceux qui se soumettent au tyran.
hyperbolique qui insiste sur la clarté et la répétition du danger. Elle souligne le caractère absurde de
Les négations soulignent l’absence complète de réaction face au danger. Cette insistance traduit un
l’aveuglement des courtisans, qui persistent à se rapprocher des tyrans malgré des avertissements nombreux et manifestes. L’anaphore du quantificateur « tant » souligne l’ampleur collective du phénomène et donne au propos une dimension universelle. Elle met en évidence la répétition des erreurs humaines et l’incapacité des hommes à tirer des leçons de l’histoire.
constat pessimiste sur la nature humaine, incapable de tirer profit des expériences passées. L’auteur déplore la faiblesse morale des hommes et les invite à prendre conscience de leur responsabilité.Le registre pathétique vise à susciter la compassion et l’indignation du lecteur.
question rhétorique
lexique de l'intelligence
anaphore
négations
L’intertextualité avec la fable d’Ésope constitue une allégorie finale qui résume la démonstration
de La Boétie. Le lion symbolise le tyran, le renard incarne la lucidité et la prudence, tandis que les bêtes représentent les courtisans victimes de leur ambition. Cette référence permet de rendre concrète et mémorable la leçon morale : s’approcher du tyran conduit inévitablement à la perte. Les favoris connaissent le danger mais privilégient l'intérêt personnel/l'ambition à leur instinct de préservation.
L’allégorie animale transforme la relation entre le tyran et ses courtisans en une scène de prédation. La
tanière symbolise le pouvoir tyrannique, tandis que les traces des bêtes représentent les victimes précédentes. Cette image suggère que le danger est visible et connu, mais que les hommes persistent à s’y exposer malgré les avertissements.
Le conditionnel présent exprime un refus poli et prudent. Il traduit la sagesse du renard, qui observe
la situation avant d’agir et refuse de se mettre en danger malgré les apparences de courtoisie.
(« traces de bêtes qui entrent / traces de bêtes qui en reviennent ») repose sur une inversion symétrique qui
qui attire l’attention sur une absence significative : les animaux entrent dans la tanière mais n’en ressortent pas. Cette structure souligne visuellement le piège mortel que constitue la proximité du tyran.
intertextualité
allégorie
conditionnel
chiasme
cONCLUSION & ouverture
04
Bilan de l'analyse du texte, ouverture sur une lecture complémentaire.
Eléments de conclusion :
-L.B définit l'amitié comme une relation précieuse entre deux individus qui repose sur la confiance, l'égalité, la loyauté et implique des gens honnêtes.-L'amitié est impossible pour un tyran, car il est hiérarchiquement supérieur aux favoris, de plus la relation n'est pas sincère mais intéressée et ils ne s'apprécient pas mais se craignent. -L.B encourage le lecteur a ne pas reproduire les erreurs du passé, mais à en tirer des enseignements : il n'y a aucun avantage à être un favori de tyran.
Ouverture possible : texte de Montaigne
-l’amitié est présentée comme un lien moral et spirituel exceptionnel, fondé sur la sincérité et la confiance. Montaigne distingue les amitiés ordinaires, fondées sur l’intérêt ou les circonstances, de l’amitié parfaite, rare et profonde
-l’amitié est incompatible avec les rapports de domination ou de hiérarchie. Montaigne insiste lui aussi sur cette égalité parfaite : dans l’amitié véritable, les deux individus se confondent presque l’un avec l’autre
- lien biographique : Montaigne parle précisément de son amitié avec La Boétie dans ce passage des Essais. Leur relation est souvent considérée comme l’un des exemples les plus célèbres d’amitié dans la littérature.
Montaigne, Essais, "De l'Amitié", 1580.
Métaphore
Lexique du commerce
appellatifs
Métaphore
Métaphore
questions rhétoriques
exclamatives
Métaphore
présent de l'indicatif
Métaphore
imparfait
Métaphore
Métaphore
futur simple
comparaisons
Métaphore
métaphores
Métaphore
argument ad hominem
Métaphore
argument logique
Métaphore
argument d'expérience
Métaphore
superlatif
Métaphore
Une amitié impossible
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créé par Mme Carlier
la Boétie
"UNE AMITIÉ IMPOSSIBLE"
SOMMAIRE
02
03
04
01
Notions de cours
présentation & découverte du texte
ANALYSE DU TEXTE
CONCLUSION & ouVerture
présentation & découverte du texte
01
Présentation du texte (source, extrait, genre littéraire); lecture & découpage en mouvements. Formulation de la problématique d'étude.
fichE d'identité de l'auteur
Mouvement littéraire: L'Humanisme. Étienne de La Boétie (1530-1563) était un écrivain humaniste, poète et magistrat français, célèbre pour son œuvre de jeunesse, le Discours de la servitude volontaire (rédigé vers 1548). Écrit probablement à l'âge de 16-18 ans, ce texte analyse les mécanismes de la soumission volontaire et appelle à l'insoumission. Il étudie le droit à l'université d'Orléans, devenant un brillant humaniste. En 1554, il est nommé conseiller au Parlement de Bordeaux, deux ans avant l'âge légal. En 1557, il rencontre Michel de Montaigne, une amitié profonde et réciproque qui marquera l'auteur des Essais jusqu'à la mort de La Boétie. Il est un modéré qui cherche à apaiser les conflits religieux entre catholiques et protestants. Il meurt le 18 août 1563, à l'âge de 32 ans, probablement de la peste, près de Bordeaux.
fichE d'identité du texte
Situation dans l'oeuvre :L'extrait se situe à la fin du discours, juste avant la péroraison dans lequel il affirme que Dieu réserve un châtiment particulier au tyran & à ses favoris. Genre littéraire : C'est un discours (argumentation directe). Résumé :Dans ce passage, La Boétie s’intéresse à la relation entre le tyran et ceux qui l’entourent. Les relations autour du pouvoir ne sont pas de vraies amitiés mais plutôt des rapports fondés sur la peur, l’intérêt ou la complicité dans l’injustice. L’auteur souligne également que les favoris du tyran ne peuvent jamais être en sécurité : puisque le tyran est habitué à n’obéir qu’à sa propre volonté, il peut à tout moment se retourner contre eux. La Boétie critique ainsi ceux qui se rapprochent imprudemment du pouvoir et refusent de tirer les leçons des exemples du passé.
Interprétation par Jean Marchat
3ème mouvement
2ème mouvement
1er mouvement
(cliquer pour faire apparaître)
LES MOUVEMENTS DU TEXTE
(l.1 à l.7) définition du concept de l'amitié
(l.15 à 20) L.B se lamente sur le fait que l'on n'apprenne pas des erreurs du passé & qu'il y a toujours des candidats pour devenir favori du tyran: .
(l.8 à 15) il tire la conclusion de ce qui précède que le tyran ne peut pas avoir d'amis.
Mouvement 3 :
Mouvement 1 :
Mouvement 2 :
La problématiquE
Comment La Boétie montre-t-il que la tyrannie isole autant le tyran que ses sujets ?
notions de cours
02
Explication du contexte historique du Classicisme, cours sur la fable & biographie de l'auteur
notions de cours
02
Sur l'oeuvre
La Boétie
L'Humanisme
+ INFO
analyse du texte
03
Repérage et analyse des procédés littéraires. Identification des idées principales du texte.
LES MOUVEMENTS DU TEXTE
Mouvement 3 :
Mouvement 2 :
Mouvement 1 :
(l.1 à 7)
(l.8 à 15)
l.16 à 20)
Mouvement 1 :
(LIGNE 1 à 7)
de vérité générale confère au discours une portée universelle et normative. La Boétie ne décrit pas une
situation particulière, mais définit les conditions essentielles de l’amitié, présentée comme une valeur morale intemporelle incompatible avec la tyrannie.
exprime une exclusion totale du tyran du domaine de l’amitié. Le polyptote du verbe « aimer », employé
à la forme active puis passive, souligne sa double incapacité à donner et à recevoir une affection sincère. Cette affirmation est la conclusion d'une série d'exemples historiques où les favoris ont soit trahi ou été trahis par le tyran.L'amitié est donc incompatible avec la tyrannie. Les négations restrictives « ne... que» définissent les conditions indispensables à l’existence de l’amitié. Elles soulignent que ce lien repose sur la vertu et la réciprocité, qualités absentes dans les relations tyranniques.
confèrent à l’amitié une dimension morale et presque religieuse. Ce vocabulaire sacralise ce lien
humain et renforce l’idée qu’il repose sur des valeurs supérieures incompatibles avec la logique tyrannique. Cette affirmation fait écho à la vie de L.B & son amitié avec Montaigne.
montre que l’amitié repose sur des valeurs éthiques et sur une conduite vertueuse. Il associe
l'amitié à de hautes valeurs morales : l'honnêteté et la loyauté sont pour lui indispensables pour pouvoir accorder sa confiance à un ami.
présent
négations
modalisateurs
lexique de la moralité
organise le raisonnement de manière logique et méthodique. Il met en évidence que l’amitié repose
sur des preuves concrètes de fidélité et sur une expérience partagée, fondée sur la constance et la confiance réciproque. Le parallélisme permet de mettre en évidence les devoirs respectifs entre 2 amis : l'ami doit pouvoir démontrer sa constance : une loyauté permanente
crée une accumulation qui renforce la condamnation morale de certains comportements. Elle souligne
que la cruauté, la déloyauté et l’injustice constituent des obstacles absolus à l’amitié, en opposant ces vices aux vertus nécessaires à ce lien. Il affirme l'impossibilité pour une amitié de se construire sur un rapport de force, ou sur une relation instable.
souligne que l’amitié repose sur des qualités morales durables. Ce vocabulaire insiste sur la
fiabilité et la loyauté nécessaires pour établir une relation de confiance entre deux individus.
totale exprime une impossibilité catégorique et définit une limite morale absolue. Elle souligne que certaines
attitudes, comme la cruauté ou la déloyauté, rendent toute relation d’amitié incompatible.
parallélisme
lexique de la moralité
négation
anaphore
assimile les relations entre les partisans du tyran à une association criminelle. Ce vocabulaire
suggère que leur union repose sur des intérêts illicites et sur la peur des sanctions, plutôt que sur une véritable solidarité.
L’expression « entre méchants » s’oppose implicitement à « entre gens de bien », établissant une
donne au discours un rythme régulier et renforce la clarté du raisonnement. Cette organisation
frontière morale entre deux types de relations humaines : l’une fondée sur la vertu et la confiance, l’autre sur la peur et l’intérêt. Dans ces relations entre "méchants", il n'y a pas de respect, ni d'estime envers l'autre.
structurée souligne la dimension démonstrative du propos et met en évidence une série de constats successifs sur les relations entre les méchants.
lexique du crime
antithèses
parallélisme
Mouvement 2 :
(LIGNE 8 à 15)
permet d’introduire une idée supplémentaire qui vient nuancer et approfondir ce qui précède.
L’argument ajouté consiste à montrer que ce n’est pas seulement la méchanceté du tyran qui empêche l’amitié, mais surtout la hiérarchie entre le tyran et ses favoris, qui rend toute relation sincère structurellement impossible.
exprime une hypothèse à valeur argumentative. Il donne au propos une apparence de prudence, mais
permet en réalité d’affirmer avec force l’impossibilité de trouver une amitié sincère chez un tyran.
La longue phrase complexe constitue le cœur de l’argumentation. La principale est précédée d’une
proposition circonstancielle de concession qui reconnaît une objection possible, puis suivie d’une proposition circonstancielle de cause qui en donne l’explication : l’asymétrie fondamentale de la relation entre le tyran et ceux qui l’entourent. =>il admet que sa définition de l'amitié peut sembler catégorique, mais pour affirmer que cela ne change pas le résultat : le tyran quoi qu'il arrive est incapable d'amitié.
repose sur un lexique du déplacement qui personnifie cette valeur morale. L’amitié est présentée comme
un mouvement harmonieux fondé sur l’équilibre et la réciprocité. Toute relation marquée par l’inégalité devient alors « boiteuse », c’est-à-dire instable et imparfaite. => l'amitié ne peut fonctionner que si les 2 parties (personnes) sont égales, sinon l'amitié est bancale : ce qui est le cas dans la tyrannie, puisque le tyran est plus haut placé que le favori.
connecteur
circonstancielles
conditionnel
allégorie
introduit une conséquence logique du raisonnement précédent et permet à La Boétie d’illustrer son
propos par un exemple concret. Il montre que, même dans un milieu criminel, une certaine forme de solidarité peut exister lorsque les individus sont placés sur un pied d’égalité.
La proposition circonstancielle de cause (« parce qu’ils sont pairs et compagnons ») explique l’existence
d’une certaine confiance entre les voleurs. Leur relation repose sur une égalité de statut, condition minimale permettant une coopération, même dans un cadre immoral. La proposition circonstancielle de condition (« s’ils ne s’aiment pas ») souligne que l’affection n’est pas nécessaire à leur association. Leur union repose non sur l’amitié, mais sur l’intérêt et la prudence.
permet à La Boétie de rapporter une opinion sans s’y associer directement. Cette prise de distance
introduit l’argument de l’adversaire (selon lequel une forme d’amitié existerait entre les voleurs) afin de mieux en montrer ensuite les limites.
La négation (« ne veulent pas s’affaiblir en se désunissant ») met en évidence une relation fondée sur
l’intérêt et la prudence plutôt que sur l’affection. Leur union repose sur la crainte de perdre leur force collective, ce qui confirme qu’il ne s’agit pas d’une véritable amitié mais d’une alliance utilitaire.
connecteur logique
modalisateur
circonstancielles
négation
Le connecteur d’opposition introduit une réfutation du contre-exemple précédent. La Boétie montre
que la situation des favoris du tyran est encore plus précaire que celle des voleurs : leur relation avec le tyran ne repose ni sur l’égalité ni sur un intérêt partagé, mais sur la peur et l’arbitraire.
de cause insiste sur la responsabilité des favoris dans la puissance du tyran. Le pronom tonique
« eux-mêmes » souligne qu’ils ont contribué à renforcer son autorité en lui obéissant et en acceptant son pouvoir sans limite.
La répétition des négations crée un effet d’accumulation qui souligne l’absence totale de sécurité et de
règles dans l’entourage du tyran. Cette insistance montre que la relation entre le tyran et ses favoris est marquée par l’arbitraire et la peur.
présentent le tyran comme un être omnipotent. Cette exagération souligne que son pouvoir sans
limite rend toute relation amicale impossible, car la domination permanente empêche la confiance et la sincérité.
connecteur
répétition
circonstancielle
hyperboles
Mouvement 3 :
(LIGNE 15 à 20)
à la forme négative exprime l’indignation et le regret de l’auteur face à l’aveuglement des
courtisans. Cette fausse question vise à susciter une réaction morale chez le lecteur et à dénoncer l’incapacité des hommes à tirer des leçons des erreurs passées (ex qui précède l'extrait :Néron qui a assassiné ses conseillers). C'est un constat universel déprimant: l'histoire est condamnée à se répéter.
définit les qualités morales que les courtisans devraient posséder. Leur association à des
tournures négatives souligne l’absence de lucidité et de courage, dénonçant la passivité et la lâcheté de ceux qui se soumettent au tyran.
hyperbolique qui insiste sur la clarté et la répétition du danger. Elle souligne le caractère absurde de
Les négations soulignent l’absence complète de réaction face au danger. Cette insistance traduit un
l’aveuglement des courtisans, qui persistent à se rapprocher des tyrans malgré des avertissements nombreux et manifestes. L’anaphore du quantificateur « tant » souligne l’ampleur collective du phénomène et donne au propos une dimension universelle. Elle met en évidence la répétition des erreurs humaines et l’incapacité des hommes à tirer des leçons de l’histoire.
constat pessimiste sur la nature humaine, incapable de tirer profit des expériences passées. L’auteur déplore la faiblesse morale des hommes et les invite à prendre conscience de leur responsabilité.Le registre pathétique vise à susciter la compassion et l’indignation du lecteur.
question rhétorique
lexique de l'intelligence
anaphore
négations
L’intertextualité avec la fable d’Ésope constitue une allégorie finale qui résume la démonstration
de La Boétie. Le lion symbolise le tyran, le renard incarne la lucidité et la prudence, tandis que les bêtes représentent les courtisans victimes de leur ambition. Cette référence permet de rendre concrète et mémorable la leçon morale : s’approcher du tyran conduit inévitablement à la perte. Les favoris connaissent le danger mais privilégient l'intérêt personnel/l'ambition à leur instinct de préservation.
L’allégorie animale transforme la relation entre le tyran et ses courtisans en une scène de prédation. La
tanière symbolise le pouvoir tyrannique, tandis que les traces des bêtes représentent les victimes précédentes. Cette image suggère que le danger est visible et connu, mais que les hommes persistent à s’y exposer malgré les avertissements.
Le conditionnel présent exprime un refus poli et prudent. Il traduit la sagesse du renard, qui observe
la situation avant d’agir et refuse de se mettre en danger malgré les apparences de courtoisie.
(« traces de bêtes qui entrent / traces de bêtes qui en reviennent ») repose sur une inversion symétrique qui
qui attire l’attention sur une absence significative : les animaux entrent dans la tanière mais n’en ressortent pas. Cette structure souligne visuellement le piège mortel que constitue la proximité du tyran.
intertextualité
allégorie
conditionnel
chiasme
cONCLUSION & ouverture
04
Bilan de l'analyse du texte, ouverture sur une lecture complémentaire.
Eléments de conclusion :
-L.B définit l'amitié comme une relation précieuse entre deux individus qui repose sur la confiance, l'égalité, la loyauté et implique des gens honnêtes.-L'amitié est impossible pour un tyran, car il est hiérarchiquement supérieur aux favoris, de plus la relation n'est pas sincère mais intéressée et ils ne s'apprécient pas mais se craignent. -L.B encourage le lecteur a ne pas reproduire les erreurs du passé, mais à en tirer des enseignements : il n'y a aucun avantage à être un favori de tyran.
Ouverture possible : texte de Montaigne
-l’amitié est présentée comme un lien moral et spirituel exceptionnel, fondé sur la sincérité et la confiance. Montaigne distingue les amitiés ordinaires, fondées sur l’intérêt ou les circonstances, de l’amitié parfaite, rare et profonde
-l’amitié est incompatible avec les rapports de domination ou de hiérarchie. Montaigne insiste lui aussi sur cette égalité parfaite : dans l’amitié véritable, les deux individus se confondent presque l’un avec l’autre
- lien biographique : Montaigne parle précisément de son amitié avec La Boétie dans ce passage des Essais. Leur relation est souvent considérée comme l’un des exemples les plus célèbres d’amitié dans la littérature.
Montaigne, Essais, "De l'Amitié", 1580.
Métaphore
Lexique du commerce
appellatifs
Métaphore
Métaphore
questions rhétoriques
exclamatives
Métaphore
présent de l'indicatif
Métaphore
imparfait
Métaphore
Métaphore
futur simple
comparaisons
Métaphore
métaphores
Métaphore
argument ad hominem
Métaphore
argument logique
Métaphore
argument d'expérience
Métaphore
superlatif
Métaphore