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Module 1 : Définir les troubles des conduites alimentaires et l’anorexie mentale en particulier en y intégrant les données épidémiologi

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Created on February 24, 2026

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Transcript

Partie B

Module 1 : Définir les troubles des conduites alimentaires et l’anorexie mentale en particulier en y intégrant les données épidémiologiques et les populations spécifiques.

OBJECTIFS

  • Savoir identifier un trouble des conduite alimentaire et l’anorexie en particulier.
  • Définir les troubles des conduites alimentaires.

  • Définir l’anorexie mentale.

  • Apporter des données épidémiologiques.


Durée : 15 min

  • Les troubles des conduites alimentaires et en particulier l’anorexie mentale est un trouble qui touche en majorité les femmes: le sexe ratio est un homme pour neuf femmes.
  • Les troubles des conduites alimentaires sont considérées aujourd’hui comme étant des addictions sans drogue.
  • Les troubles des conduites alimentaires se divisent en deux sous groupes principaux :
  • Une forme restrictive (restriction de l’alimentation, voire refus de s’alimenter) : l’anorexie mentale
  • Deux formes boulimiques ( survenue de crises alimentaires incontrôlables) : la boulimie nerveuse et l’hyperphagie boulimique.

DÉFINIR LES TROUBLES DES CONDUITES ALIMENTAIRES

  • Dans la majorité des cas, les troubles des TCA débutent à l’adolescence.
  • Nous observons deux pics : 13 – 14 ans et 17 – 18 ans.
  • L’anorexie débute parfois plus précocement.
  • La boulimie survient un peu plus tardivement : 15 – 19 ans.
  • L’hyperphagie boulimique débute plutôt au début de l’âge adulte, bien qu’une part non négligeable commence à l’adolescence (forme plus sévère).
  • Néanmoins, un trouble des conduites alimentaires tel que l’anorexie mentale peut survenir à tout âge de la vie.

L’âge de survenue d’un trouble des conduites alimentaires

L’ anorexie mentale et la boulimie nerveuse sont la deuxième cause de mortalité prématurée chez les 15-24 ans, juste après les accidents de la route ? D’autres données épidémiologiques nous apprennent que :

  • 20 % des adolescents reconnaissent avoir régulièrement recours à des stratégies de contrôle du poids,
  • La proportion de personnes qui au cours de leur vie est atteinte par un trouble des conduites alimentaires est de 0,3 à 1 % pour l’anorexie mentale, 1 à 3 % pour la boulimie nerveuse, 2 % pour l’hyperphagie boulimique (cela représente entre 3 et 4,4 millions de personnes)
  • Si on considère les formes partielles de ces troubles, celles-ci sont deux à trois fois plus fréquentes, soit 6 à 8 millions de personnes touchées par ces formes incomplètes..
Mieux comprendre ces troubles, c’est mieux accompagner ces millions de jeunes en souffrance qui, souvent, errent longtemps avant de trouver les soignants et les structures de soins adaptés.

Quelques données épidémiologiques

A. Survenue récurrente de crises de boulimie. B. Comportement compensatoire inapproprié et récurrent, visant à prévenir la prise de poids : vomissements provoqués, laxatifs, diurétiques, lavements, autres médicaments, jeûne, exercices physiques excessifs. C. Les crises de boulimie et les comportements compensatoires surviennent tous deux en moyenne au moins 2 fois/semaine pendant 3 mois. D. L’estime de soi est influencée de manière excessive par le poids et la forme corporelle.

Définir la boulimie nerveuse selon les critères du DSM 5

A. Survenue récurrente de crises boulimiques (binge eating), répondant aux deux caractéristiques suivantes :

  • Absorption en une période limitée (inférieure à 2 heures d’une quantité de nourriture très largement supérieure à ce que la plupart des personnes absorberait en une période de temps similaire.
  • Sentiment de perte de contrôle sur le comportement alimentaire pendant la crise.
B. Les crises de boulimie sont associées à au moins trois caractéristiques suivantes :
  • Manger beaucoup plus rapidement que la normale
  • Manger jusqu’à éprouver une sensation pénible de tension abdominale
  • Manger de grandes quantités en l’absence de sensation de faim
  • Manger seul, car gêné de la quantité absorbée
  • Se sentir dégoûté de soi, déprimé, coupable après la crise
C. Le comportement est source de souffrance D. Le comportement survient au moins une fois/jour pendant 6 mois E. Le comportement n’est pas associé au recours à des comportements compensatoires inappropriés

Définir l’hyperphagie boulimique selon les critères du DSM 5

Le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux et des troubles psychiatriques définit l’anorexie mentale définit l’anorexie mentale de la manière suivante: A. Restriction alimentaire conduisant à un poids corporel significativement bas, en fonction de l’âge, du sexe, de la trajectoire développementale, ainsi que de la santé physique. B. Peur intense de prendre du poids ou de devenir gros, ou comportement persistant allant à l’encontre de la prise de poids, alors que le poids est significativement bas. C. Altération de la perception du poids ou de la forme de son propre corps, influence excessive du poids ou de la forme corporelle sur l’estime de soi, ou manque persistant de reconnaître la gravité relative à la maigreur actuelle.

Définir l’anorexie mentale selon le DSM 5

À savoir : 1. L’anorexie restrictive pure : le sujet est constamment dans la restriction. 2. L’anorexie boulimique avec purge : il arrive que le sujet “craque” et que ses restrictions alimentaires soient émaillées de crises de boulimie suivies de vomissements. Ce qui spécifie l’anorexie mentale est la perte régulière de poids malgré les crises de boulimie.

L’anorexie mentale se décline en deux modalités ou sous-types

• Chez l’adulte, l’évaluation de la perte de poids est basée sur l’indice de masse corporelle (l’IMC) qui correspond au calcul du poids divisé par la taille au carré. • Chez l’enfant, l’évaluation de la perte de poids est basée sur le percentile d’IMC que l’on retrouve dans le carnet de santé

Comment évaluer la perte de poids dans l’anorexie mentale ?

L’évaluation de la gravité de l’amaigrissement par le calcul de l’indice de masse corporelle (IMC) Poids/Taille au carré, permet de grader l’amaigrissement et donne des indications sur la conduite à tenir ultérieure : •SI IMC < 10 KG/M2 DÉNUTRITION DE GRADE 5 •SI IMC ENTRE 10 ET 13 KG/M2 DÉNUTRITION DE GRADE 4 •SI IMC ENTRE 13 ET 15 KG/M2 DÉNUTRITION DE GRADE 3 •SI IMC ENTRE 15 ET 17 KG/M2 DÉNUTRITION DE GRADE 2 •SI IMC ENTRE 17 ET 18,5 KG/M2 DÉNUTRITION DE GRADE 1 •L’IMC EST NORMAL QUAND IL SE SITUE ENTRE 18,5 ET 23,5

Comment évaluer la perte de poids dans l’anorexie mentale ?

L’amaigrissement qui est :

  • Important et rapide : entre 10 et 50 % du poids normal pour l’âge et parfois au-delà.
  • Spectaculaire
  • Toujours secondaire à un trouble des conduites alimentaires
  • Souvent compliqué par un appoint médicamenteux (prise de laxatifs, de diurétiques) et parfois par purges réitérées.

Ce qui caractérise l’anorexie mentale

Les restrictions alimentaires s’accompagnent:

  • D’un surinvestissement des apprentissages scolaires.
  • D’un surinvestissement des activités sportives.
Vous observerez alors des sujets, souvent des jeunes filles, brillants, premiers de classe ou major de leur promotion, extrêmement sportifs et endurants, consacrant beaucoup de temps dans à courir, faire du fitness en salle, des abdos et du renforcement musculaire à la maison… Dans un premier temps, ces bons résultats scolaires et sportifs font souvent la fierté de leurs parents, d’autant que ces sujets semblent avoir des capacités importantes d’empathie et d’altruisme qui renforcent l’attachement parent-enfant.

Ce qui caractérise l’anorexie mentale

L’anorexie mentale est un trouble insidieux qui modifie progressivement la dynamique familiale. Si au début du troubles, les parents sont admiratifs des capacités physiques et intellectuelles de leur enfant, les tensions se cristallisent autour de la nourriture et des repas. L’enfant anorexique prend peu à peu le pouvoir à la maison, décidant des menus, des repas, de la vie familiale et focalise toute l’attention parentale sur lui. Avec l’enfant anorexique, la famille se replie sur elle-même, réduisant de plus en plus ses relations sociales, pour vivre la maladie en huis-clos. Des conflits parentaux ou au sein de la fratrie éclatent du fait de l’impact de l’anorexie sur la dynamique familiale et les angoisses de mort inhérentes à la maladie.

Des répercussions familiales importantes

Ces patients ont un souci constant du bien-être de l’entourage familial qui peut confiner à la tyrannie. Ils éprouvent la nécessité de rester « coller » à certaines figures de la cellule familiale (souvent adhésivité à la mère) et recherche une réassurance dans la permanence du cadre familial à ses côtés. Cette attitude amène des tensions voire de crises de colère qui se déplace sur le moment des repas qui cristallisent l’agressivité refoulée de chacun..

Des répercussions familiales importantes

TEST DES SILHOUETTES (TEST FRS1)

Des répercussions familiales importantes

Ce test des silhouettes dessine la morphologie des femmes et des hommes en fonction de leur indice de masse corporelle (IMC poids divisé par la taille au carré). Ce tests permet de comparer la représentation subjective de son IMC par le patient et la silhouette attachée à l’IMC réel du patient. Dans la majorité des cas, vous observerez que le patient se voit beaucoup plus gros qu’il ne l’est réellement. Cela traduit le déni de la maigreur observé chez les patients souffrant d’anorexie mentale. A noter que l’IMC (Poids divisé par la taille au carré) normal se situe entre 18,5 et 23,5

Des répercussions familiales importantes