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ENSAP [2026] – S4 - BASTIDES

Luca Lotti

Created on February 23, 2026

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ENSAP[S4-UE 4-1] 2025-2026 Atelier de projet interdisciplinaire La petite ville en jeu

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Créon

Blasimon

Sauveterre de - Guyenne

Pellegrue

Entre 300 et 500 bastides au total dans le Sud‑Ouest de la France, principalement créées entre 1222 et 1373, soit entre la fin de la croisade des Albigeois (1209-1229) et le début de la guerre de Cent Ans (1337-1453)

Le seul département de la Gironde compte 8 bastides reconnues : Blasimon, Cadillac, Créon, Libourne, Monségur, Pellegrue, Sainte‑Foy‑la‑Grande, Sauveterre‑de‑Guyenne

Les bastides : un programme de lotissements au moyen Age

En Gascogne, Guyenne et Languedoc, la bastide désigne une ville nouvelle (un village, une extension d’un tissu existant) conçue sur un plan en damier ou hippodamique : bastida a novo sine populatione (1229). Ces nouvelles communautés sont programmées sur la base d’une charte qui détermine préalablement les droits et les obligations des habitants, pour défendre leur égalitarisme et leur autonomie législative, militaire et fiscale, contre le pouvoir feudale laïque ou religieux.

Dans la dernière partie du Moyen Age, le lotissement rationnel du sol est un système qu’on retrouve aussi dans la fondation des « Terre nuove fiorentine » à la fin du 13è siècle (San Giovanni Valdarno, Castelfranco di Sopra e Terranuova Bracciolini), dans des villes en Europe centrale, dans les bastides basques, dans les villes anglaises au 10- 12è siècle.

Charte de coutumes de bastida Villeregalis, 1295

Les actes de fondation d'une bastide :

  • le contrat de paréage, assurant une égalité de droits et une possession en indivision sur une même terre - plusieurs personnes sont titulaires de droits de même nature, sans qu'aucune d'entre elles n'ait de droit exclusif sur une partie déterminée - ainsi que les limites de la bastide et ce qui sera fait à l'intérieur
  • le choix de l'emplacement
  • le choix du nom
  • la cérémonie de fondation
  • la charte de coutumes
  • la conception du plan
  • la commercialisation des terrains

Une organisation de l'espace par le vide,une forme ouverte et évolutive

La grille orthogonale, un archétype pour l’organisation équitable du sol :

  • facilité du tracé par des règles et de systèmes simples
  • rapidité d’exécution des travaux d’installation des réseaux primaires pour accueillir un nombre important d’habitants
  • simplification administrative pour le bailleur et garantie fiscale pour le preneur.

Terranuova Bracciolini , ville neuve florentine (1337)

Les terrains à bâtir - ayrals - sont découpés en parcelles régulières de 4 à 8 m de large et 20/25 m environ en profondeur (la largeur de la façade corresponde à la portée économique maximale d'une poutre en bois). Le bâtiments sont à l'alignement et le fond de l'ayral est affecté aux annexes (remises, latrines ...) avec un vide mitoyen - andronne - de 0,6 m. Plusieurs parcelles dos-à-dos forment l'ilôt avec des dimensions autour de 60x130 m (l'îlot de l'urbanisation au 19è mesure 65-70 x 120-150 m, les blocks du plan de Manhattan 60x140m). Les rues principales - carriéras - font 6 à 10 m de large, les rues secondaires - traversières - 5 à 6 m de large, les venelles - carreyrou - entre 1 et 3 m.

P. Panerai, B. Lavergne. F. Divorne, Les Bastides d'Aquitaine du Bas-Languedoc et du Béarn, 1985

Un modèle simple dans une géographie parfois complexe (adaptation au terrain, variation dans la dimension de la trame).

Une matrice mise en oeuvre avec une efficacité et une souplesse remarquable par un savoir-faire admirable d’experts, de notaires, d'arpenteurs, de maçons spécialisés, de réligieux …

Créon

Fondée en 1315 par Amaury III de Craon (sénéchal de Guyenne sous Édouard II d'Angleterre), sur plan circulaire, au carrefour des routes Bordeaux-Sauveterre et Libourne-Cadillac. Une charte royale lui accorde un marché hebdomadaire et six foires annuelles, organisés sur la vaste place centrele.

Après 1453, les rois de France confirment son rôle administratif et commercial, notamment via un marché au bétail proche de Bordeaux. La halle centrale, reconstruite en pierre, est démolie en 1872. Son patrimoine médiéval reste visible malgré les transformations urbaines.

Depuis sa fondation, Créon organise un marché tous les mercredis sur la place de la Prévôté et les rues adjacentes, avec environ 100 commerçants, prioritairement locaux.

Créon

Forces:

  • Un patrimoine médiéval identifiable (plan circulaire, place centrale).
  • Un centre‑bourg vivant avec commerces, services, écoles et équipements culturels.
  • La Voie Verte Roger Lapébie, un atout touristique majeur.
  • Une localisation stratégique entre Bordeaux et la vallée de la Dordogne.
  • Une vie associative et culturelle active.
Faiblesses:
  • Un centre ancien parfois fragilisé ou sous‑valorisé.
  • Une dépendance à la voiture pour les déplacements quotidiens.
  • Une pression démographique qui peut compliquer la gestion urbaine.
  • Des enjeux de rénovation du bâti ancien.
Menaces:
  • Risque de banalisation urbaine si le patrimoine n’est pas protégé.
  • Concurrence des pôles commerciaux extérieurs.
  • Saturation du trafic routier avec la croissance démographique.
  • Dégradation du centre‑bourg si les investissements ralentissent.

Blasimon

Fondée au XIIIᵉ siècle, probablement autour de 1280, dans un contexte de structuration du territoire par les seigneurs locaux et par le pouvoir du duc d’Aquitaine, avec un double objectif : organiser l’espace rural et renforcer l’autorité politique. Présence d’un important ensemble religieux : l’ancienne abbaye bénédictine Saint‑Maurice, fondée dès le haut Moyen Âge, qui joue un rôle majeur dans le développement du bourg, en attirant population, activités agricoles et échanges commerciaux. Au fil des siècles, Blasimon reste un village rural, marqué par l’agriculture et notamment la viticulture.

Blasimon

Forces:

  • Une identité forte et un patrimoine remarquable .
  • Un environnement naturel préservé.
  • Le lac de Blasimon, pôle de loisirs important.
Faiblesses:
  • Un centre-bourg peu animé hors saison.
  • Une population vieillissante et un risque de déclin démographique.
  • Des commerces limités.
  • Une dépendance à la voiture pour les déplacements.
Menaces:
  • Perte progressive d’habitants si les services diminuent.
  • Dégradation du patrimoine si les restaurations ne suivent pas.
  • Concurrence des pôles touristiques voisins plus connus.

Pellegrue

Fondée au XIIIᵉ siècle, probablement autour de 1270‑1280, dans le contexte des bastides anglo‑gasconnes, pour organiser le territoire, sécuriser les populations et développer le commerce local. Son nom viendrait du mot « pèlerin », car la commune se trouve sur l’un des chemins secondaires de Saint‑Jacques‑de‑Compostelle, ce qui a favorisé son développement médiéval. Son patrimoine religieux, notamment l’église Saint‑André, témoigne encore de cette longue histoire. Au fil des siècles, Pellegrue reste un bourg rural important, structuré par l’agriculture, la viticulture et les échanges commerciaux.

Pellegrue

Forces:

  • Un patrimoine historique encore visible (église, traces de la bastide).
  • Une identité liée aux chemins de Saint‑Jacques.
  • Un cadre naturel attractif, propice au tourisme vert.
  • Un rôle de bourg‑centre avec quelques services et commerces.
  • Une tradition viticole bien implantée.
Faiblesses:
  • Un centre‑bourg parfois peu animé.
  • Une démographie fragile, avec une population vieillissante.
  • Une dépendance forte à la voiture.
  • Des commerces limités et parfois menacés.
  • Un patrimoine qui nécessite des restaurations régulières.
Menaces:
  • Déclin démographique si les services diminuent.
  • Dégradation du patrimoine faute d’entretien.
  • Concurrence des pôles touristiques et commerciaux voisins.
  • Risque de devenir un village‑dortoir sans dynamisme.

Sauveterre de - Guyenne

Fondée en 1281 par Édouard Ier, roi d’Angleterre et duc d’Aquitaine, dans un contexte de rivalité franco‑anglaise. Quatre portes monumentales, encore visibles aujourd’hui, témoignent de son importance stratégique.Comme toutes les bastides, elle répond à plusieurs objectifs : organiser le territoire, sécuriser les populations et développer le commerce. Sauveterre devient rapidement un centre commercial actif, notamment grâce aux marchés et à la viticulture. Au fil des siècles, la bastide conserve son rôle de bourg structurant pour les campagnes environnantes.

Sauveterre de - Guyenne

Forces:

  • Une identité forte liée à la viticulture et un patrimoine exceptionnel bien conservé.
  • Un centre‑bourg vivant avec commerces, services, écoles et équipements.
  • Une localisation stratégique entre Bordeaux, Libourne et la vallée de la Garonne.
  • Une vie culturelle active (marchés, fêtes, événements patrimoniaux).
Faiblesses:
  • Un centre ancien parfois fragile ou sous‑valorisé.
  • Une dépendance à la voiture pour les déplacements.
  • Une concurrence des pôles commerciaux voisins.
  • Une démographie relativement stable mais vieillissante.
Menaces:
  • Dégradation progressive du patrimoine si les restaurations ne suivent pas.
  • Perte d’attractivité si les commerces du centre‑bourg déclinent.
  • Pression immobilière ou urbanisation mal maîtrisée autour du bourg.