Lycée Sainte marie des champs - 2025/2026 - tERMINALE HGGSP
Elie et Neama BEHAR
L'arrivée au camp d'auschwitz-Birkenau et la mort d'Elie
L'internement dans le camp de drancy : escalier 2, étage 3
L' enfance D'Elie
La déportation par le convoi 77
La libération de Neama
L'arrestation
Arbre généalogique
Illustrations : Verity HOPEGenially : Maria VARDANYAN Musique : Maelle BUFFO
La vie dans le camp de Drancy
Contexte historique
Elie et neama
Les témoignages des premiers internés racontent “qu’ils ont été répartis dans les chambres des bâtiments où ils couchent sur les planches des lits garnissant les chambres, qui ne comportent ni sommiers, ni paillasses, ni matelas”. Il n’y a alors que des hommes et toute communication avec l’extérieur est interdite. Arrêtés chez eux ou dans la rue, pour la plupart démunis de tout, les internés n’ont ainsi aucun moyen de donner aux leurs la moindre nouvelle ou de réclamer qu’on leur envoie vêtements ou objets indispensables à la vie quotidienne : brosse à dents, savon… La situation est telle qu’au mois de novembre 1941, des détenus commencent à mourrir de faim. Les Allemands contrôlent tout, de la gestion à l’administration en passant par la surveillance à l’intérieur du camp. De cette période de l’histoire du camp de Drancy subsistent des documents communément appelés « carnets de fouilles ». Ce sont 173 carnets numérotés de 1 à 175 contenant 13 686 reçus établis entre le 4 septembre 1943 et le 14 août 1944. Pour chaque interné, la souche porte le nom de l’interné, son numéro matricule à Drancy, sa date d’entrée au camp, sa provenance et les biens saisis lors de la fouille.
Elie et Neama sont tous deux internés au camp de transit de Drancy à partir du 7 juillet 1944. Le camp est alors sous contrôle d’Aloïs Brunner depuis juillet 1943. Lorsqu’Elie et Neama y entrent, plus aucun fonctionnaire français n’est présent. Les biens inscrits sur les reçus sont ceux que les internés ont avec eux. Nous avons retrouvé le carnet de fouilles de Neama qui atteste de son arrivée à Drancy le 7 juillet 1944 et de la somme spoliée de 13 francs.
La déportation par le convoi 77
contexte historique
En cette fin juillet 1944, la situation est particulièrement instable. Les Alliés, qui ont débarqué depuis le 6 juin, progressent vers la capitale. Le 20 juillet, un attentat contre Hitler et une tentative de putsch ont échoué. C’est le dernier grand convoi de déportation au départ de Drancy. La liste des déportés, transmise à l’UGIF puis conservée par le Centre de documentation juive contemporaine, a été publiée par Serge Klarsfeld. La majorité des déportés vient de Drancy après les rafles de juillet 1944. Le départ a lieu à midi. Les survivants ont décrit le trajet : 60 personnes par wagon, un seul seau d’eau, une tinette, trois jours et trois nuits dans la promiscuité, la chaleur et le manque d’air. Beaucoup ignorent encore le sort qui les attend. Le 3 août 1944, le train arrive à Auschwitz-Birkenau. À l’arrivée, les SS procèdent à la sélection. 291 hommes et 183 femmes sont enregistrés et tatoués.
Elie
Le convoi n°77 part de la gare de Paris-Bobigny le 31 juillet 1944.Le convoi emporte 986 hommes et femmes, et 324 enfants vers Auschwitz-Birkenau.
La libération de Neama
Selon le fichier des adultes de Drancy, Neama avait été transférée en novembre 1944 dans une usine d’armement de Kratzau en Tchécoslovaquie ( Chrastava en tchécoslovaque). Elle est libérée par l’armée Rouge le 7 mai 1945 et rapatriée à Paris le 8 juin 1945. Le 6 mars 1961, nous la retrouvons à l’hospice de Brévannes. Jusqu’à la fin de sa vie, Neama cherche des informations sur ce qui a pu arriver à son mari et son fils. Selon les archives émanant du ministère de La Défense (service des Anciens Combattant), son état mental est jugé préoccupant. Elle meurt en mai 1967 et est inhumée le 26 mai dans un caveau du carré israélite du cimetière de Pantin, dans la banlieue parisienne.
Arbre généalogique des familles béhar Bensasson
Le projet convoi 77
Leurs objectifs
Notre demarche
L' association convoi 77
Le lycée Sainte Marie des Champs à Toulouse participe au projet Convoi 77 dans le cadre de la spécialité HGGSP en Terminale du thème “Histoire et mémoire". Notre mission consiste à : Rédiger la biographie de deux déportés du convoi 77 (avec des documents officiels et des archives nationales) : Élie Behar et Néama Behar. Analyser leur parcours avant, pendant et après la déportation. Cela implique de travailler sur : leurs origines, leurs vie familiale, leurs arrestations, leurs déportations, leurs destins. Contribuer à un projet mémoriel national et européen. Notre travail sera publié sur le site de Convoi 77, ce qui permet : de transmettre la mémoire, de participer à une recherche historique réelle, d’inscrire votre lycée dans un projet citoyen de grande ampleur.
Redécouvrir la Shoah à travers des histoires individuelles Plutôt que de rester sur une approche globale, le projet met en lumière des destins personnels, pour comprendre la Shoah à hauteur d’homme. Restituer l’identité des déportés Beaucoup de victimes n’avaient laissé que très peu de traces. Le projet vise à redonner un nom, une histoire, une mémoire à chacun. Impliquer les jeunes générations dans le travail de mémoire Les biographies sont rédigées par des classes de collèges et lycées, afin de transmettre la mémoire de manière active et citoyenne. Créer une base de données historique fiable et accessible Toutes les biographies sont publiées sur le site de l’association, constituant une archive mémorielle européenne.
Convoi 77 est une association européenne de mémoire, créée en 2015, qui travaille sur l’histoire du Convoi n°77, le dernier grand convoi de déportation parti du camp de Drancy vers Auschwitz le 31 juillet 1944. Ce convoi a déporté 1 310 personnes, dont de nombreux enfants. L’association rassemble aujourd’hui des partenaires dans plus de 20 pays, principalement en Europe, mais aussi en Israël, aux États‑Unis et au Canada. Elle rassemble : des historiens, des enseignants, des élèves, des familles de déportés, des institutions mémorielles.
L'arrivée au camp d'auschwitz-Birkenau et la mort d'Elie
La Mort d'Elie
Contexte historique
Sur l’acte de demande en vue d’obtenir une régularisation de l’état-civil du “non-rentré” rédigé en août 1948, il est spécifié qu’Elie a été séparé de sa mère le 5 août 1944 et qu’il serait resté au même camp jusqu’en janvier 1945, au block n°21 qui était alors dédié à la chirurgie. Si l’information est bonne, Elie n’aurait donc pas été gazé immédiatement à son arrivée et aurait été sélectionné pour le travail. Toutefois, un autre Elie Behar était à bord du convoi 77, il se peut qu’il y ait une confusion entre les deux Elie.À la libération d’Auschwitz en 1945, on ne compte que 214 survivants du convoi 77, dont 146 femmes. Nous perdons toute trace d’Elie mais pas de Neama.
La date officielle retenue pour la mort des déportés qui ne sont pas entrés dans le camp de concentration pour le travail est celle du 5 août 1944, date que nous retrouvons plusieurs fois dans les archives qui nous ont été transmises et qui pourrait être la date officielle de la mort d’Elie.
L'enfance d'elie
Contexte historiquE
Elie, néama et isaac, ses parents
A cette époque, en Turquie, les juifs sont victimes de la remise en cause de leurs droits et subissent des discriminations dans l’accès à certaines professions. Une importante vague d’émigration vers la France commence. C’est probablement dans ce contexte-là que la famille d’Elie, ses grands-parents, ses oncles et tantes, tous originaires de Constantinople, Andrinople et Erdine, s’installent entre Paris et Caen ( Normandie). On sait que le grand-père d’Elie quitte Paris pour Caen après la mort de sa femme Sarah en 1933. Depuis le XVIIIeme siècle, les Juifs turcs bénéficient d'une libre circulation en Autriche. Cette communauté était qualifiée de « turque » car la plupart de ses membres étaient originaires de Turquie. Le 17 juin 1778, les autorités autrichiennes publièrent un document fixant les statuts – les « Punkten » – de la communauté séfarade de Vienne. Sous la pression de ce document, les autorités autrichiennes exigèrent des Juifs turcs qu'ils enregistrent leurs naissances, mariages et décès auprès du bureau autrichien. En 1909, la communauté turque fut officiellement intégrée à la communauté juive de Vienne. A gauche de la porte d’entrée, a été déposée le 26 janvier 2007 une plaque commémorative en mémoire des enfants inscrits dans cette école: “A la mémoire des élèves de cette école, déportés de 1942 à 1944 parce que nés juifs, victimes innocentes de la barbarie nazie et du gouvernement de Vichy. Plus de 300 enfants du 9ème arrondissement ont été exterminés dans les camps de la mort. Ne les oublions pas.”
Elie Behar naît le 17 juin 1929 à Paris, dans le Xe arrondissement. Il est l’unique fils d’Isaac Behar et de Néama Behar, des Juifs d’origine turque installés en France dans les années 1920. Le père d’Elie, Isaac, est vendeur de tapis. Il épouse Neama Ovadia, sans profession. Isaac et Neama se sont mariés à Vienne, le 11 mars 1928. Isaac et Neama sont âgés de 32 et 24 ans. Les parents d’Elie arrivent sans doute en France dans les mois qui suivent leur mariage. La famille réside au 8 rue Ramey, dans le XVIIIe arrondissement. Leur adresse est attestée à plusieurs reprises dans les archives de l’administration française et dans les fichiers de recensements, mais aussi sur l’acte de naissance d’Elie. Elie devient français par déclaration. Son père Isaac, nous le savons grâce aux différents documents le concernant, n’a jamais été naturalisé . Nous avons retrouvé les écoles dans lesquelles le jeune Elie a suivi sa scolarité: l’école de garçons de Clignancourt, au 61 rue de Clignancourt dans le XVIIIe arrondissement, sous le matricule scolaire 15.175, puis à l’école élémentaire au 35 rue Milton, dans le IXe arrondissement. En 1944, la guerre et la déportation interrompent sa scolarité.
L'arrestation
Elie, Neama et Isaac
La traque des Juifs vivant à Paris sous l'Occupation rattrape Elie et sa famille. En zone occupée, où vit Elie, les autorités allemandes appliquent une législation antisémite, inspirée par les lois du Reich. Le père d'Elie, Isaac, est arrêté à son domicile le 20 août 1941. Le 27 mars 1942, Isaac est déporté par le convoi 1 à destination du camp d’Auschwitz où il arrive le 30 mars. Le matricule 28537 lui est attribué. Il meurt, près d’un an plus tard, le 18 avril 1943. Selon les éléments que le musée d’Auschwitz nous a fournis, Isaac serait décédé à la suite d’ une insuffisance cardiaque. Pendant les mois qui suivent l’arrestation de son père, Élie reste avec sa mère, mais aucune source ne permet de savoir ce qu’ils deviennent : on ignore s’ils se sont cachés ou s’ils ont quittés Paris. Les circonstances de l’arrestation d’Élie sont floues : certaines archives évoquent une arrestation à Béziers en juillet 1944, mais cette information est incertaine, car un homonyme a été arrêté au même moment. D’autres documents, issus du Service des Affaires juives de Paris, indiquent qu’Élie aurait été arrêté le même jour que sa mère, à leur domicile parisien. Les dates varient selon les sources (7 juin, 6 ou 7 juillet 1944), mais le témoignage de sa cousine germaine d'Elie (Sarah Emanuel Behar) et un document administratif de 1948 confirment qu’Élie et sa mère ont bien été arrêtés ensemble chez eux. La date la plus fiable est le 6 juillet 1944, avec un enregistrement à 12h30, suivi d’un transfert le lendemain vers Drancy. Le camp est alors entièrement contrôlé par Aloïs Brunner : il n’y a plus aucun fonctionnaire français, et Drancy fonctionne comme un camp de transit directement géré par les nazis.
Contexte historique
L’ordonnance du 27 septembre 1940 énonce les critères d’appartenance à la religion juive et ordonne le recensement des personnes considérées comme telles. Il leur est interdit de quitter cette zone. À la demande des Allemands, un Commissariat général aux questions juives (CGQJ) a été créé par le gouvernement Darlan le 29 mars 1941. L’une de ses missions est d’établir des fichiers utilisés par la suite pour les arrestations.
Elie et Neama BEHAR
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Elie et Neama BEHAR
L'arrivée au camp d'auschwitz-Birkenau et la mort d'Elie
L'internement dans le camp de drancy : escalier 2, étage 3
L' enfance D'Elie
La déportation par le convoi 77
La libération de Neama
L'arrestation
Arbre généalogique
Illustrations : Verity HOPEGenially : Maria VARDANYAN Musique : Maelle BUFFO
La vie dans le camp de Drancy
Contexte historique
Elie et neama
Les témoignages des premiers internés racontent “qu’ils ont été répartis dans les chambres des bâtiments où ils couchent sur les planches des lits garnissant les chambres, qui ne comportent ni sommiers, ni paillasses, ni matelas”. Il n’y a alors que des hommes et toute communication avec l’extérieur est interdite. Arrêtés chez eux ou dans la rue, pour la plupart démunis de tout, les internés n’ont ainsi aucun moyen de donner aux leurs la moindre nouvelle ou de réclamer qu’on leur envoie vêtements ou objets indispensables à la vie quotidienne : brosse à dents, savon… La situation est telle qu’au mois de novembre 1941, des détenus commencent à mourrir de faim. Les Allemands contrôlent tout, de la gestion à l’administration en passant par la surveillance à l’intérieur du camp. De cette période de l’histoire du camp de Drancy subsistent des documents communément appelés « carnets de fouilles ». Ce sont 173 carnets numérotés de 1 à 175 contenant 13 686 reçus établis entre le 4 septembre 1943 et le 14 août 1944. Pour chaque interné, la souche porte le nom de l’interné, son numéro matricule à Drancy, sa date d’entrée au camp, sa provenance et les biens saisis lors de la fouille.
Elie et Neama sont tous deux internés au camp de transit de Drancy à partir du 7 juillet 1944. Le camp est alors sous contrôle d’Aloïs Brunner depuis juillet 1943. Lorsqu’Elie et Neama y entrent, plus aucun fonctionnaire français n’est présent. Les biens inscrits sur les reçus sont ceux que les internés ont avec eux. Nous avons retrouvé le carnet de fouilles de Neama qui atteste de son arrivée à Drancy le 7 juillet 1944 et de la somme spoliée de 13 francs.
La déportation par le convoi 77
contexte historique
En cette fin juillet 1944, la situation est particulièrement instable. Les Alliés, qui ont débarqué depuis le 6 juin, progressent vers la capitale. Le 20 juillet, un attentat contre Hitler et une tentative de putsch ont échoué. C’est le dernier grand convoi de déportation au départ de Drancy. La liste des déportés, transmise à l’UGIF puis conservée par le Centre de documentation juive contemporaine, a été publiée par Serge Klarsfeld. La majorité des déportés vient de Drancy après les rafles de juillet 1944. Le départ a lieu à midi. Les survivants ont décrit le trajet : 60 personnes par wagon, un seul seau d’eau, une tinette, trois jours et trois nuits dans la promiscuité, la chaleur et le manque d’air. Beaucoup ignorent encore le sort qui les attend. Le 3 août 1944, le train arrive à Auschwitz-Birkenau. À l’arrivée, les SS procèdent à la sélection. 291 hommes et 183 femmes sont enregistrés et tatoués.
Elie
Le convoi n°77 part de la gare de Paris-Bobigny le 31 juillet 1944.Le convoi emporte 986 hommes et femmes, et 324 enfants vers Auschwitz-Birkenau.
La libération de Neama
Selon le fichier des adultes de Drancy, Neama avait été transférée en novembre 1944 dans une usine d’armement de Kratzau en Tchécoslovaquie ( Chrastava en tchécoslovaque). Elle est libérée par l’armée Rouge le 7 mai 1945 et rapatriée à Paris le 8 juin 1945. Le 6 mars 1961, nous la retrouvons à l’hospice de Brévannes. Jusqu’à la fin de sa vie, Neama cherche des informations sur ce qui a pu arriver à son mari et son fils. Selon les archives émanant du ministère de La Défense (service des Anciens Combattant), son état mental est jugé préoccupant. Elle meurt en mai 1967 et est inhumée le 26 mai dans un caveau du carré israélite du cimetière de Pantin, dans la banlieue parisienne.
Arbre généalogique des familles béhar Bensasson
Le projet convoi 77
Leurs objectifs
Notre demarche
L' association convoi 77
Le lycée Sainte Marie des Champs à Toulouse participe au projet Convoi 77 dans le cadre de la spécialité HGGSP en Terminale du thème “Histoire et mémoire". Notre mission consiste à : Rédiger la biographie de deux déportés du convoi 77 (avec des documents officiels et des archives nationales) : Élie Behar et Néama Behar. Analyser leur parcours avant, pendant et après la déportation. Cela implique de travailler sur : leurs origines, leurs vie familiale, leurs arrestations, leurs déportations, leurs destins. Contribuer à un projet mémoriel national et européen. Notre travail sera publié sur le site de Convoi 77, ce qui permet : de transmettre la mémoire, de participer à une recherche historique réelle, d’inscrire votre lycée dans un projet citoyen de grande ampleur.
Redécouvrir la Shoah à travers des histoires individuelles Plutôt que de rester sur une approche globale, le projet met en lumière des destins personnels, pour comprendre la Shoah à hauteur d’homme. Restituer l’identité des déportés Beaucoup de victimes n’avaient laissé que très peu de traces. Le projet vise à redonner un nom, une histoire, une mémoire à chacun. Impliquer les jeunes générations dans le travail de mémoire Les biographies sont rédigées par des classes de collèges et lycées, afin de transmettre la mémoire de manière active et citoyenne. Créer une base de données historique fiable et accessible Toutes les biographies sont publiées sur le site de l’association, constituant une archive mémorielle européenne.
Convoi 77 est une association européenne de mémoire, créée en 2015, qui travaille sur l’histoire du Convoi n°77, le dernier grand convoi de déportation parti du camp de Drancy vers Auschwitz le 31 juillet 1944. Ce convoi a déporté 1 310 personnes, dont de nombreux enfants. L’association rassemble aujourd’hui des partenaires dans plus de 20 pays, principalement en Europe, mais aussi en Israël, aux États‑Unis et au Canada. Elle rassemble : des historiens, des enseignants, des élèves, des familles de déportés, des institutions mémorielles.
L'arrivée au camp d'auschwitz-Birkenau et la mort d'Elie
La Mort d'Elie
Contexte historique
Sur l’acte de demande en vue d’obtenir une régularisation de l’état-civil du “non-rentré” rédigé en août 1948, il est spécifié qu’Elie a été séparé de sa mère le 5 août 1944 et qu’il serait resté au même camp jusqu’en janvier 1945, au block n°21 qui était alors dédié à la chirurgie. Si l’information est bonne, Elie n’aurait donc pas été gazé immédiatement à son arrivée et aurait été sélectionné pour le travail. Toutefois, un autre Elie Behar était à bord du convoi 77, il se peut qu’il y ait une confusion entre les deux Elie.À la libération d’Auschwitz en 1945, on ne compte que 214 survivants du convoi 77, dont 146 femmes. Nous perdons toute trace d’Elie mais pas de Neama.
La date officielle retenue pour la mort des déportés qui ne sont pas entrés dans le camp de concentration pour le travail est celle du 5 août 1944, date que nous retrouvons plusieurs fois dans les archives qui nous ont été transmises et qui pourrait être la date officielle de la mort d’Elie.
L'enfance d'elie
Contexte historiquE
Elie, néama et isaac, ses parents
A cette époque, en Turquie, les juifs sont victimes de la remise en cause de leurs droits et subissent des discriminations dans l’accès à certaines professions. Une importante vague d’émigration vers la France commence. C’est probablement dans ce contexte-là que la famille d’Elie, ses grands-parents, ses oncles et tantes, tous originaires de Constantinople, Andrinople et Erdine, s’installent entre Paris et Caen ( Normandie). On sait que le grand-père d’Elie quitte Paris pour Caen après la mort de sa femme Sarah en 1933. Depuis le XVIIIeme siècle, les Juifs turcs bénéficient d'une libre circulation en Autriche. Cette communauté était qualifiée de « turque » car la plupart de ses membres étaient originaires de Turquie. Le 17 juin 1778, les autorités autrichiennes publièrent un document fixant les statuts – les « Punkten » – de la communauté séfarade de Vienne. Sous la pression de ce document, les autorités autrichiennes exigèrent des Juifs turcs qu'ils enregistrent leurs naissances, mariages et décès auprès du bureau autrichien. En 1909, la communauté turque fut officiellement intégrée à la communauté juive de Vienne. A gauche de la porte d’entrée, a été déposée le 26 janvier 2007 une plaque commémorative en mémoire des enfants inscrits dans cette école: “A la mémoire des élèves de cette école, déportés de 1942 à 1944 parce que nés juifs, victimes innocentes de la barbarie nazie et du gouvernement de Vichy. Plus de 300 enfants du 9ème arrondissement ont été exterminés dans les camps de la mort. Ne les oublions pas.”
Elie Behar naît le 17 juin 1929 à Paris, dans le Xe arrondissement. Il est l’unique fils d’Isaac Behar et de Néama Behar, des Juifs d’origine turque installés en France dans les années 1920. Le père d’Elie, Isaac, est vendeur de tapis. Il épouse Neama Ovadia, sans profession. Isaac et Neama se sont mariés à Vienne, le 11 mars 1928. Isaac et Neama sont âgés de 32 et 24 ans. Les parents d’Elie arrivent sans doute en France dans les mois qui suivent leur mariage. La famille réside au 8 rue Ramey, dans le XVIIIe arrondissement. Leur adresse est attestée à plusieurs reprises dans les archives de l’administration française et dans les fichiers de recensements, mais aussi sur l’acte de naissance d’Elie. Elie devient français par déclaration. Son père Isaac, nous le savons grâce aux différents documents le concernant, n’a jamais été naturalisé . Nous avons retrouvé les écoles dans lesquelles le jeune Elie a suivi sa scolarité: l’école de garçons de Clignancourt, au 61 rue de Clignancourt dans le XVIIIe arrondissement, sous le matricule scolaire 15.175, puis à l’école élémentaire au 35 rue Milton, dans le IXe arrondissement. En 1944, la guerre et la déportation interrompent sa scolarité.
L'arrestation
Elie, Neama et Isaac
La traque des Juifs vivant à Paris sous l'Occupation rattrape Elie et sa famille. En zone occupée, où vit Elie, les autorités allemandes appliquent une législation antisémite, inspirée par les lois du Reich. Le père d'Elie, Isaac, est arrêté à son domicile le 20 août 1941. Le 27 mars 1942, Isaac est déporté par le convoi 1 à destination du camp d’Auschwitz où il arrive le 30 mars. Le matricule 28537 lui est attribué. Il meurt, près d’un an plus tard, le 18 avril 1943. Selon les éléments que le musée d’Auschwitz nous a fournis, Isaac serait décédé à la suite d’ une insuffisance cardiaque. Pendant les mois qui suivent l’arrestation de son père, Élie reste avec sa mère, mais aucune source ne permet de savoir ce qu’ils deviennent : on ignore s’ils se sont cachés ou s’ils ont quittés Paris. Les circonstances de l’arrestation d’Élie sont floues : certaines archives évoquent une arrestation à Béziers en juillet 1944, mais cette information est incertaine, car un homonyme a été arrêté au même moment. D’autres documents, issus du Service des Affaires juives de Paris, indiquent qu’Élie aurait été arrêté le même jour que sa mère, à leur domicile parisien. Les dates varient selon les sources (7 juin, 6 ou 7 juillet 1944), mais le témoignage de sa cousine germaine d'Elie (Sarah Emanuel Behar) et un document administratif de 1948 confirment qu’Élie et sa mère ont bien été arrêtés ensemble chez eux. La date la plus fiable est le 6 juillet 1944, avec un enregistrement à 12h30, suivi d’un transfert le lendemain vers Drancy. Le camp est alors entièrement contrôlé par Aloïs Brunner : il n’y a plus aucun fonctionnaire français, et Drancy fonctionne comme un camp de transit directement géré par les nazis.
Contexte historique
L’ordonnance du 27 septembre 1940 énonce les critères d’appartenance à la religion juive et ordonne le recensement des personnes considérées comme telles. Il leur est interdit de quitter cette zone. À la demande des Allemands, un Commissariat général aux questions juives (CGQJ) a été créé par le gouvernement Darlan le 29 mars 1941. L’une de ses missions est d’établir des fichiers utilisés par la suite pour les arrestations.