Les femmes oubliées de la science
Introduction
Depuis l’Antiquité, les femmes ont contribué aux grandes découvertes scientifiques. Pourtant, pendant des siècles, elles ont été exclues des universités, des académies et des laboratoires. Beaucoup ont travaillé dans l’ombre, et leurs découvertes ont parfois été attribuées à des hommes. Nous allons donc nous poser la question suivante :
Les femmes ont-elles toujours fait de la science, même si on ne les reconnaissait pas ? Pour répondre à cette question, nous verrons : 1. Que les femmes ont toujours fait de la science 2. Que certaines découvertes majeures faites par des femmes n’ont pas été reconnues. .
I. Les femmes ont toujours fait de la science
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les femmes ne sont pas arrivées récemment dans le monde scientifique. Dès l’Antiquité, certaines se sont distinguées.
Hypatie d’Alexandrie (IVe–Ve siècle)
Hypatie d’Alexandrie est l’une des premières femmes scientifiques connues. Elle vivait en Égypte, à Alexandrie, au IVe siècle.Elle était mathématicienne, astronome et philosophe. Elle enseignait les mathématiques et a travaillé sur les œuvres de grands savants comme Euclide et Ptolémée. Mais à cette époque, une femme savante dérangeait. Elle a été assassinée en 415. Sa mort symbolise les difficultés rencontrées par les femmes dans la science.
Hildegarde de Bingen (XIIe siècle)
Hildegarde de Bingen (ou en allemand : Hildegard von Bingen), née en 1098 à Bermersheim vor der Höhe près d'Alzey et morte le 17 septembre 1179 à Rupertsberg (près de Bingen), est une moniale bénédictine allemande, parfois dénommée Hildegarde de Rupertsberg.Hildegarde de Bingen était une religieuse allemande du Moyen Âge. Elle a étudié les plantes médicinales et le corps humain. Elle a écrit des ouvrages sur la médecine et la nature. À une époque où les femmes n’avaient pas accès aux universités, elle a réussi à produire des connaissances scientifiques importantes.
Émilie du Châtelet (XVIIIe siècle)
Émilie du Châtelet, née le 17 décembre 1706 à Paris et morte le 10 septembre 1749 à Lunéville, est une femme de lettres, mathématicienne et physicienne française, figure du Siècle des Lumières. Elle est renommée pour sa traduction en français des Principia Mathematica de Newton, qui fait encore autorité aujourd'hui. Elle a aussi contribué à diffuser en France l'œuvre physique de Leibniz, notamment en prouvant expérimentalement sa théorie selon laquelle l'énergie cinétique (appelée à l'époque « force vive ») est proportionnelle à la masse et au carré de la vitesse. Pourtant pendant longtemps, nous avons retenu uniquement son lien avec Voltaire plutôt que son travail scientifique.
Agnodice
Issue de la haute société athénienne, elle se déguise en homme pour suivre les cours de médecine du célèbre médecin Hérophile. Vers 350 av. J.-C., elle passe brillamment l'examen pour devenir gynécologue, sans révéler qu'elle est une femme car dans la Grèce antique les femmes ne peuvent être médecins ni sages-femmes. Bientôt, les patientes affluent à son cabinet, tant et si bien que les autres médecins, jaloux, font courir le bruit que « ce confrère » profite de sa situation pour séduire les femmes mariées qu'on voit s'abandonner, sans réserve, à ses soins. Pour se disculper, Agnodice se voit alors contrainte de révéler son sexe devant les juges de l'Aréopage : « elle releva sa tunique et montra qu'elle était une femme ». Les juges l'accusent alors de violer la loi athénienne, en pratiquant une branche de la médecine interdite aux femmes. Elle risquait une grosse condamnation mais grâce à l'union des femmes, agnodice a pu continuer son métier tout en se battant pour les droits féminins dans la médecine.
Maria la juive
Maria la Juive est une alchimiste qui a vécu en Egypte entre le iie et le iiie siècle de notre ère. Elle est considérée comme l'une des fondatrices de l'alchimie. L'invention de plusieurs instruments et techniques lui est attribuée, dont le bain-marie. Ces instruments utilisés pour la cuisson ou la distillation sont faits de parties de métal, de verre ou d'argile, assemblées avec de la graisse, de la cire, de la colle d'amidon, d'argile grasse et d'« argile des philosophes ». Les récipients en verre sont jugés particulièrement utiles car ils permettent de « voir sans toucher » et de manipuler sans danger les produits dangereux comme le mercure, « poison mortel car il dissout l'or et les plus dangereux des métaux ». Ces instruments sont encore utilisés à notre époque.
Trotula de salerne
Trotula de Salerne est une femme médecin du Moyen Âge ayant vécu aux alentours du XIIe siècle. Ruteboeuf dans son Diz de l'herberie (écrit au XIVe siècle) est dithyrambique sur cette gynécologue du XIe siècle, la qualifiant même de femme la plus brillante de son temps. Elle aurait (entre autres), écrit trois ouvrages majeurs de médecine féminine médiévale. Elle est la première et la plus connue des « femmes de Salerne », parmi lesquelles on compte aussi Abella, Rebecca de Guarna ou encore Constance Calenda. Ces femmes fondent ou font partie de dynasties médicales salernitaines (L’École salernitaine de médecine, à l’origine d’une longue tradi- tion de la pratique médicale à Salerne, et dont les origines demeurent encore aujourd’hui incertaines)
II. Des découvertes majeures sans reconnaissance
Certaines femmes ont réalisé des découvertes essentielles, mais ce sont des hommes qui ont reçu la gloire ou les récompenses.
Rosalind Franklin et l’ADN
Rosalind Franklin était une chimiste britannique du XXe siècle. Elle a produit une image célèbre appelée “Photo 51”, qui a permis de comprendre la structure en double hélice de l’ADN. Cependant, ce sont James Watson et Francis Crick qui ont reçu le prix Nobel en 1962. Rosalind Franklin était décédée et son rôle a longtemps été minimisé.
Lise Meitner et la fission nucléaire
Lise Meitner était une physicienne autrichienne. Elle a participé à la découverte de la fission nucléaire, un phénomène qui a permis le développement de l’énergie nucléaire. Mais en 1944, le prix Nobel de chimie a été attribué uniquement à son collègue Otto Hahn. Son rôle a été sous-estimé pendant des années.
Nettie Stevens et les chromosomes
Nettie Stevens a découvert que le sexe d’un individu dépend des chromosomes X et Y. Pourtant, un scientifique masculin, Thomas Hunt Morgan, a longtemps été plus associé à cette découverte.
Conclusion
Depuis l’Antiquité jusqu’au XXe siècle, les femmes ont contribué de manière essentielle au progrès scientifique. Pourtant, elles ont souvent été exclues des institutions, oubliées dans les manuels scolaires ou privées de récompenses comme le prix Nobel. Aujourd’hui, leur rôle est de plus en plus reconnu. Étudier ces femmes scientifiques anciennes permet de corriger une injustice historique et de montrer que la science n’a jamais été réservée aux hommes.
Les femmes oubliées de la science
Axel Trelon
Created on February 17, 2026
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Les femmes oubliées de la science
Introduction
Depuis l’Antiquité, les femmes ont contribué aux grandes découvertes scientifiques. Pourtant, pendant des siècles, elles ont été exclues des universités, des académies et des laboratoires. Beaucoup ont travaillé dans l’ombre, et leurs découvertes ont parfois été attribuées à des hommes. Nous allons donc nous poser la question suivante : Les femmes ont-elles toujours fait de la science, même si on ne les reconnaissait pas ? Pour répondre à cette question, nous verrons : 1. Que les femmes ont toujours fait de la science 2. Que certaines découvertes majeures faites par des femmes n’ont pas été reconnues. .
I. Les femmes ont toujours fait de la science
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les femmes ne sont pas arrivées récemment dans le monde scientifique. Dès l’Antiquité, certaines se sont distinguées.
Hypatie d’Alexandrie (IVe–Ve siècle)
Hypatie d’Alexandrie est l’une des premières femmes scientifiques connues. Elle vivait en Égypte, à Alexandrie, au IVe siècle.Elle était mathématicienne, astronome et philosophe. Elle enseignait les mathématiques et a travaillé sur les œuvres de grands savants comme Euclide et Ptolémée. Mais à cette époque, une femme savante dérangeait. Elle a été assassinée en 415. Sa mort symbolise les difficultés rencontrées par les femmes dans la science.
Hildegarde de Bingen (XIIe siècle)
Hildegarde de Bingen (ou en allemand : Hildegard von Bingen), née en 1098 à Bermersheim vor der Höhe près d'Alzey et morte le 17 septembre 1179 à Rupertsberg (près de Bingen), est une moniale bénédictine allemande, parfois dénommée Hildegarde de Rupertsberg.Hildegarde de Bingen était une religieuse allemande du Moyen Âge. Elle a étudié les plantes médicinales et le corps humain. Elle a écrit des ouvrages sur la médecine et la nature. À une époque où les femmes n’avaient pas accès aux universités, elle a réussi à produire des connaissances scientifiques importantes.
Émilie du Châtelet (XVIIIe siècle)
Émilie du Châtelet, née le 17 décembre 1706 à Paris et morte le 10 septembre 1749 à Lunéville, est une femme de lettres, mathématicienne et physicienne française, figure du Siècle des Lumières. Elle est renommée pour sa traduction en français des Principia Mathematica de Newton, qui fait encore autorité aujourd'hui. Elle a aussi contribué à diffuser en France l'œuvre physique de Leibniz, notamment en prouvant expérimentalement sa théorie selon laquelle l'énergie cinétique (appelée à l'époque « force vive ») est proportionnelle à la masse et au carré de la vitesse. Pourtant pendant longtemps, nous avons retenu uniquement son lien avec Voltaire plutôt que son travail scientifique.
Agnodice
Issue de la haute société athénienne, elle se déguise en homme pour suivre les cours de médecine du célèbre médecin Hérophile. Vers 350 av. J.-C., elle passe brillamment l'examen pour devenir gynécologue, sans révéler qu'elle est une femme car dans la Grèce antique les femmes ne peuvent être médecins ni sages-femmes. Bientôt, les patientes affluent à son cabinet, tant et si bien que les autres médecins, jaloux, font courir le bruit que « ce confrère » profite de sa situation pour séduire les femmes mariées qu'on voit s'abandonner, sans réserve, à ses soins. Pour se disculper, Agnodice se voit alors contrainte de révéler son sexe devant les juges de l'Aréopage : « elle releva sa tunique et montra qu'elle était une femme ». Les juges l'accusent alors de violer la loi athénienne, en pratiquant une branche de la médecine interdite aux femmes. Elle risquait une grosse condamnation mais grâce à l'union des femmes, agnodice a pu continuer son métier tout en se battant pour les droits féminins dans la médecine.
Maria la juive
Maria la Juive est une alchimiste qui a vécu en Egypte entre le iie et le iiie siècle de notre ère. Elle est considérée comme l'une des fondatrices de l'alchimie. L'invention de plusieurs instruments et techniques lui est attribuée, dont le bain-marie. Ces instruments utilisés pour la cuisson ou la distillation sont faits de parties de métal, de verre ou d'argile, assemblées avec de la graisse, de la cire, de la colle d'amidon, d'argile grasse et d'« argile des philosophes ». Les récipients en verre sont jugés particulièrement utiles car ils permettent de « voir sans toucher » et de manipuler sans danger les produits dangereux comme le mercure, « poison mortel car il dissout l'or et les plus dangereux des métaux ». Ces instruments sont encore utilisés à notre époque.
Trotula de salerne
Trotula de Salerne est une femme médecin du Moyen Âge ayant vécu aux alentours du XIIe siècle. Ruteboeuf dans son Diz de l'herberie (écrit au XIVe siècle) est dithyrambique sur cette gynécologue du XIe siècle, la qualifiant même de femme la plus brillante de son temps. Elle aurait (entre autres), écrit trois ouvrages majeurs de médecine féminine médiévale. Elle est la première et la plus connue des « femmes de Salerne », parmi lesquelles on compte aussi Abella, Rebecca de Guarna ou encore Constance Calenda. Ces femmes fondent ou font partie de dynasties médicales salernitaines (L’École salernitaine de médecine, à l’origine d’une longue tradi- tion de la pratique médicale à Salerne, et dont les origines demeurent encore aujourd’hui incertaines)
II. Des découvertes majeures sans reconnaissance
Certaines femmes ont réalisé des découvertes essentielles, mais ce sont des hommes qui ont reçu la gloire ou les récompenses.
Rosalind Franklin et l’ADN
Rosalind Franklin était une chimiste britannique du XXe siècle. Elle a produit une image célèbre appelée “Photo 51”, qui a permis de comprendre la structure en double hélice de l’ADN. Cependant, ce sont James Watson et Francis Crick qui ont reçu le prix Nobel en 1962. Rosalind Franklin était décédée et son rôle a longtemps été minimisé.
Lise Meitner et la fission nucléaire
Lise Meitner était une physicienne autrichienne. Elle a participé à la découverte de la fission nucléaire, un phénomène qui a permis le développement de l’énergie nucléaire. Mais en 1944, le prix Nobel de chimie a été attribué uniquement à son collègue Otto Hahn. Son rôle a été sous-estimé pendant des années.
Nettie Stevens et les chromosomes
Nettie Stevens a découvert que le sexe d’un individu dépend des chromosomes X et Y. Pourtant, un scientifique masculin, Thomas Hunt Morgan, a longtemps été plus associé à cette découverte.
Conclusion
Depuis l’Antiquité jusqu’au XXe siècle, les femmes ont contribué de manière essentielle au progrès scientifique. Pourtant, elles ont souvent été exclues des institutions, oubliées dans les manuels scolaires ou privées de récompenses comme le prix Nobel. Aujourd’hui, leur rôle est de plus en plus reconnu. Étudier ces femmes scientifiques anciennes permet de corriger une injustice historique et de montrer que la science n’a jamais été réservée aux hommes.