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LA FAIM

Mildred

Created on February 9, 2026

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LE PATRIARCAT

À LA RACINE,DES PROBLÈMES STRUCTURELS

POUVOIR EXCESSIF DES MULTINATIONALES

LE MANQUE DE PARTICIPATION CITOYENNE

ACCAPAREMENT DES TERRES DES DES PAYSAN·NES

LE MANQUE D'ARGENT DES PAYS DU SUD

UN SYSTÈME ALIMENTAIRE QUI RENFORCE LA FAIM

SPÉCIALISATION AGRICOLE

CONFLITS

SPÉCULATION SUR LA NOURRITURE

LES PRINCIPALES CAUSES DE LA FAIM

CHANGEMENTS CLIMATIQUES

INÉGALITÉS ÉCONOMIQUES

LE PATRIARCAT

Le patriarcat est un système où les hommes dominent dans tous les domaines de la société. Cela se traduit par des inégalités profondes, la violation de droits et des violences. L'absence de politiques publiques et de services ruraux adaptés empêche un partage juste entre hommes et femmes dans l'accès et la production alimentaire. Selon la FAO (2021), les femmes sont davantage victimes de la famine que les hommes. Cette domination masculine valorise la force et le pouvoir au détriment du partage et de l'empathie, ce qui influence directement les modèles agricoles en renforçant l'approche productiviste qui cherche à dompter la nature. Paradoxe : bien que les femmes jouent un rôle essentiel dans la sécurité alimentaire, elles ont un accès limité aux ressources financières, aux moyens de production et à la formation. Leur donner plus d'autonomie et de pouvoir de décision, tant au sein des ménages que dans la gouvernance des systèmes alimentaires, est crucial pour lutter contre la faim.

ACCAPAREMENT DES TERRES DES PAYSAN·NES

Les grands projets agroindustriels (méga-plantations de palmiers à huile ou de soja) entraînent le déplacement forcé des populations locales, les privant de leurs moyens de subsistance traditionnels (de se nourrir). L'accaparement des terres par des entreprises transnationales, des pays tiers ou des fonds d'investissement prive les paysan·nes de leur outil de travail et freine le développement des productions locales. Entre 2000 et 2011, 203 millions d'hectares ont été accaparés dans le monde. Après une stabilisation, une nouvelle ruée vers les terres (2013-2020) a touché 33 millions d'hectares supplémentaires – plus que la superficie de la Belgique.

SPÉCIALISATION AGRICOLE

70% des nouvelles victimes de la faim se trouvent dans des pays où l'agriculture est hyperspécialisée. L'hyperspécialisation agricole et les monocultures intensives exacerbent la faim de plusieurs manières :

Vulnérabilité accrue : cultiver une seule variété sur de vastes étendues rend les récoltes très sensibles aux maladies. Une contamination peut détruire toute la production.
Épuisement des sols : puiser toujours les mêmes nutriments réduit la fertilité et la productivité à long terme.
Dépendance chimique : l'usage intensif d'engrais et de pesticides est coûteux, pèse sur les revenus des agriculteur·rices et pollue l'environnement.
Perte de diversité : moins de variété de cultures signifie moins d'accès aux fruits, légumes et légumineuses, favorisant les carences alimentaires.
LE MANQUE D'ARGENT DES PAYS DU SUD

Chaque année, 600 à 800 milliards d'euros quittent illégalement les pays du Sud, soit près de 10 fois l'aide publique au développement reçue. Cette évasion fiscale prive les gouvernements de ressources essentielles pour investir dans l'agriculture (infrastructures, technologies, formation des agriculteurs) et la sécurité alimentaire. Elle empêche les États de mettre en place des politiques contre la pauvreté comme les subventions alimentaires ou les programmes d'aide sociale.

Résultat : les inégalités augmentent, la dépendance à l'aide étrangère se renforce, et les pays perdent leur capacité à lutter efficacement contre la faim.

LE MANQUE DE PARTICIPATION CITOYENNE

Les régimes autoritaires ou gouvernements non démocratiques sont plus touchés par la corruption et la mauvaise gestion des ressources. Ils favorisent souvent des intérêts particuliers plutôt que de s'attaquer aux causes réelles de la faim et de soutenir l'agriculture paysanne durable.

Dans ces pays, les fonds destinés à l'agriculture et à la sécurité alimentaire sont souvent détournés, privant les populations vulnérables des investissements nécessaires. Sans mécanismes démocratiques, les dirigeants ne rendent pas compte de leurs actions et prennent des décisions sans représenter les besoins réels des populations locales. Résultat : des politiques agricoles inadaptées qui aggravent l'insécurité alimentaire. De plus, ces régimes répriment la liberté d'expression et les voix dissidentes, empêchant les communautés de faire entendre leurs préoccupations sur l'accès aux ressources, aux terres et aux autres facteurs essentiels.

SPÉCULATION SUR LA NOURRITURE

Les matières premières agricoles sont aujourd'hui cotées en bourse. Au départ, ces marchés financiers devaient permettre aux producteur·rices et acheteur·rices de sécuriser leurs prix à l'avance, mais ils sont rapidement devenus la cible d'acteurs financiers (banques, assurances, fonds d'investissement) et de grandes sociétés de négoce comme ADM, Bunge, Cargill et Louis-Dreyfus, qui parient sur les prix de l'alimentation pour générer du profit. Cette spéculation excessive renforce la volatilité des prix et fragilise tantôt les agriculteur·rices en cas de chute, tantôt les consommateur·rices en cas de hausse. C'est ce qui s'est passé lors de la crise du blé en 2022 : la guerre en Ukraine a fait exploser les prix mondiaux, rendant l'alimentation inaccessible pour des millions de personnes.

POUVOIR EXCESSIF DES MULTINATIONALES

Les grandes entreprises agroalimentaires ont trop de pouvoir. Sans régulations suffisantes, elles exploitent intensivement les agriculteur·rices et les ressources naturelles (sols, eau, forêts), entraînant pollutions et dégradation de l'environnement. Ces multinationales ont un accès privilégié aux financements publics, concentrant ainsi les ressources agricoles. Elles privilégient les cultures commerciales destinées à l'exportation plutôt que l'alimentation locale, et maintiennent un commerce injuste où elles captent l'essentiel des bénéfices. Résultat : les paysan·nes reçoivent des revenus insuffisants pour vivre décemment, peinent à obtenir des financements, et perdent leur capacité à nourrir leurs propres communautés. Cette concentration du pouvoir entre quelques acteurs fragilise à la fois les producteur·rices et les consommateur·rices.

LEUR PRIORITÉ : LE PROFIT RAPIDE, AU DÉTRIMENT DE LA DURABILITÉ
CONFLITS

En 2022, 117 millions de personnes ont souffert de la faim à cause des conflits dans 19 pays. Sept de ces pays en situation de conflit prolongé ou d'insécurité ont connu la famine : Somalie, Afghanistan, Haïti, Burkina Faso, Soudan du Sud, Nigéria et Yémen. Aujourd’hui, dans de nombreux pays, la faim est utilisée comme une arme de guerre : affamer les populations, empoisonner des puits, brûler des champs sont des tactiques pour asservir les peuples.

© CCFD-Terre Solidaire / Nour Arafa, Gaza, Palestine, 2024.

CHANGEMENTS CLIMATIQUES

La multiplication des phénomènes climatiques extrêmes (cyclones, inondations, sécheresses) détruit les cultures et prive les populations de leurs terres, revenus et habitations. Les changements climatiques menacent l'agriculture, activité essentielle dans les pays du Sud : perte de saisonnalité, salinisation des sols… Privées de leurs moyens de subsistance, ces populations migrent, augmentant la pression sur les ressources ailleurs. Notre modèle agro-industriel aggrave le problème : il émet à lui seul un tiers des gaz à effet de serre et renforce les inégalités, appauvrissant les paysans.

Le réchauffement de l’Amazonie. © Lalo de Almeida / Tefé, Brésil, 2023.

D'ici 2080, plus de 600 millions de personnes supplémentaires souffriront de la faim à cause des changements climatiques, soit le double d'aujourd'hui. ~FAO

INÉGALITÉS ÉCONOMIQUES

Le manque d'argent, frein majeur à l'accès à l'alimentation, crée un cercle vicieux : sans une alimentation correcte, il devient encore plus difficile de travailler et générer un revenu. L'inégalité dans l'accès aux ressources vitales (eau, terres arables, éducation, santé) persiste à l'échelle mondiale. Des millions de personnes restent privées d'eau potable et sont exposées aux maladies hydriques qui contribuent à la malnutrition. Selon l'OMS, la moitié des cas de malnutrition infantile sont directement liés à la consommation d'eau non potable et aux pratiques d'hygiène insuffisantes. Une minorité d'acteurs (multinationales et grandes fortunes) contrôle les règles du jeu économique et politique à son avantage, échappant à la redistribution des richesses par l'impôt. Ils privent ainsi les États de ressources considérables et les plus pauvres de services essentiels (alimentation, éducation, santé) qui leur permettraient de vivre dignement.

© CCFD-Terre Solidaire / Claire Robert, 2025.