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La Nuit des femmes

Anne de Floris

Created on February 6, 2026

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Transcript

La Nuit des femmes

Un film de Kinuyo Tanaka (1961)

A la découverte du cinéma japonais

La prostituée, figure de la marginalité

Tanaka, réalisatrice

Le périple de Kuniko

Le Japon post-1945

Les thématiques à travailler

Fiche technique

Le périple de Kuniko

Personnages

La directrice bienveillante du centre de réinsertion. Elle croit sincèrement en la rédemption des femmes qu'elle accueille et soutient Kuniko tout au long de ses épreuves, tentant de lui trouver des opportunités de travail.

Une amie proche de Kuniko au centre, enjouée et débrouillarde. Elle travaille comme serveuse dans une cantine.

La doyenne des pensionnaires, dont le destin tragique souligne l'impasse dans laquelle se trouvent certaines de ces femmes.

C'est l'héroïne du film. Jeune femme pleine d'espoir et de détermination, elle cherche désespérément à se réinsérer dans la société. Son parcours est marqué par une série d'échecs cuisants : à chaque fois qu'elle trouve un emploi (épicerie, usine, pépinière), son passé de prostituée finit par la rattraper, provoquant mépris et rejet. Elle incarne la lutte tragique contre les préjugés sociaux.

Une pensionnaire plus rebelle qui "fait le mur" et peine à accepter la discipline du centre.

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Yoshimi

Kameju

Chieko

Mme Nogami

Les propriétaires de l'épicerie où Kuniko travaille au début du film. Ils représentent l'hypocrisie de la classe moyenne : l'épicier est attiré par Kuniko, tandis que sa femme la traite avec un mépris manifeste dès qu'elle découvre son passé.

Propriétaire de la pépinière de roses et membre d'un groupe de femmes riches. Bien que plus ouverte que d'autres, elle finit par incarner, avec son mari, les limites de l'acceptation sociale.

Un jeune jardinier travaillant dans une pépinière de roses. Il tombe amoureux de Kuniko et souhaite l'épouser, même après avoir appris son passé.

Kuniko Sugimoto

Title

Médecin et employée du centre, elle participe à l'encadrement et au bien être sanitaire des pensionnaires.

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Notre personnage principal

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Tsukasa Hayakawa

Mme Shima

M. et Mme Takagi

Dr Kitamura

Résumé

Interprétation

Le Japon post-1945

Une reconstruction sous tutelle états-unienne

Les bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki précipitent la capitulation du Japon, signée le 2 septembre 1945. Occupé militairement par les États-Unis, le pays entre dans une période de profondes transformations dont le film porte témoignage. L’occupation américaine, de 1945 à 1952, se déroule dans un contexte de pénurie, de faim et de chômage massif. Les villes sont en ruines et une grande partie de la population vit dans la pauvreté. Le Japon entame une vaste reconstruction économique et sociale, soutenue par l’aide américaine. Cette reconstruction bouleverse les codes culturels traditionnels et les anciennes hiérarchies sociales. La culture américaine connaît une diffusion massive à travers la musique, le cinéma, la mode et les modes de vie. Cette influence est perçue à la fois comme un symbole de modernité et de liberté, mais aussi comme une menace pour les traditions et l’identité japonaise. Le rapport à la culture américaine reste donc ambivalent, entre fascination, adaptation et résistance. La prostitution s’était largement développée pendant la guerre. Pendant l’occupation américaine, le gouvernement japonais met en place un réseau officiel de prostitution. Les prostituées déjà en activité durant la guerre n'étant pas assez nombreuses, des orphelines, des jeunes veuves, des filles de familles endettées ou des ouvrières mises au chômage par la fin du conflit sont enrôlées, souvent sous la contrainte. Toutes espèrent échapper à la faim. Très rapidement cette prostitution massive devient un problème de santé publique avec de nombreuses infections sexuellement transmissibles. L’activité est alors considérablement réduite et encadrée dans des quartiers dédiés: les zones rouges. Puis en 1956, l’État japonais adopte une loi anti-prostitution. Les maisons closes sont interdites, et les filles des rues arrêtées. Des centres de réinsertion se développent. Le film se situe à ce moment charnière marqué par la volonté collective de réinsertion des femmes ayant dû se prostituer et leur rejet.

Pour aller plus loin : une vidéo de La Folle Histoire

Le Japon des années 1950 en images

Tanaka, réalisatrice

Une difficile émancipation

Légende absolue du cinéma japonais, Kinuyo Tanaka (1909-1977) a traversé plus de cinquante ans d'histoire cinématographique, apparaissant dans plus de 250 films. Son destin est marqué par une précocité fulgurante : issue d'une famille modeste, elle devient le pilier financier des siens dès l'âge de douze ans grâce à sa maîtrise du biwa, un instrument semblable à la mandoline, avant de débuter sa carrière d'actrice à quatorze ans au studio Shōchiku.Malgré un accent régional marqué et un physique s'écartant des standards de beauté de l'époque, elle s'impose par la grande qualité de son jeu. Elle devient l'égérie des plus grands maîtres, notamment de Kenji Mizoguchi avec qui elle tourne quinze films majeurs (dont Les Contes de la Lune vague après la pluie et L'Intendant Sansho) qui offriront au Japon un rayonnement international.Passé l'âge de 40 ans, et confrontée au tarissement des rôles pour les femmes mûres dans une société très patriarcale, Tanaka décide de passer derrière la caméra. Inspirée par des figures comme Leni Riefenstahl (cinéaste du IIIème Reich) ou les actrices-productrices hollywoodiennes, elle brave l'hostilité de certains confrères — Mizoguchi doutant publiquement de ses capacités — pour devenir la deuxième femme réalisatrice de l'histoire du pays.Entre 1953 et 1962, elle réalise six longs-métrages d'une grande modernité. Ses œuvres, comme Lettre d'amour (sélectionné à Cannes en 1953) ou Maternité éternelle, explorent avec une sensibilité inédite et frontale l'expérience féminine, le corps et le désir. Après une incursion dans la couleur avec des fresques historiques, elle termine sa carrière à la télévision. Longtemps restée dans l'ombre de son travail d'actrice, son œuvre de cinéaste fait aujourd'hui l'objet d'une redécouverte mondiale, la consacrant enfin comme une autrice majeure.

Filmer la réalité, entre décors de studios et extérieur La Nuit des femmes marque un tournant décisif dans la carrière de réalisatrice de Kinuyo Tanaka. Après l'échec de sa fresque historique La Princesse errante, elle délaisse le mélodrame pour un style réaliste et social, proche du documentaire, afin de s'adapter aux mutations d'une industrie bousculée par la Nouvelle Vague. Produit par la prestigieuse Tōhō, le film bénéficie d'une équipe de haut vol, notamment du chef opérateur de Kurosawa, dont la lumière fusionne avec fluidité les décors de studio et les extérieurs. Le scénario, fruit d'une enquête de terrain dans des centres de réinsertion, est né d'une collaboration complexe avec la scénariste Sumie Tanaka. Tandis que la cinéaste refuse de juger les pensionnaires, la scénariste souligne l'hypocrisie d'une société incapable de les accueillir. Cette tension créative aboutit à une œuvre qui pointe les injustices sociales plutôt que d'offrir des solutions simplistes. Ainsi, contrairement au roman original, le film propose un épilogue porteur d'espoir : la rédemption par le travail physique. Les lieux jouent donc un rôle hautement symbolique, marquant le passage de Kuniko de l'enfermement du centre et l'oppression urbaine vers la liberté sauvage du bord de mer. En rejoignant la communauté des ama (pêcheuses en apnée), l'héroïne trouve enfin un espace où son corps n'est plus un objet marchand, mais un outil d'autonomie et de dignité au contact de la nature.

Qui était Kinuyo Tanaka ?

A la découverte du cinéma japonais

Ozu, Mizoguchi, Kurosawa et les autres

Pour mettre en perspective l'œuvre de Kinuyo Tanaka, il est essentiel de la situer au carrefour des grandes évolutions du cinéma japonais. Dès l'ère du muet, le Japon développe un système de studios puissants, tels que la Shōchiku ou la Tōhō, capables de produire des récits codifiés facilement déclinables pour une distribution de plus en plus importante. On y retrouve deux grandes tendances : les jidai-geki, des films d'époque en costumes mettant en scène samouraïs et légendes traditionnelles, tels que les drames lyriques de Kenji Mizoguchi, et les gendai-geki, des drames contemporains sur la vie quotidienne. L'après-guerre marque l'apogée internationale de cette industrie avec la consécration de maîtres aux styles opposés : tandis qu'Akira Kurosawa insuffle un souffle épique et humaniste influencé par l'Occident, Yasujirō Ozu épure le langage cinématographique à travers ses chroniques familiales filmées à hauteur de tatami. Dans les années 1960, la "Nouvelle Vague" japonaise, largement inspirée du mouvement éponyme initié en France par de jeunes réalisateurs issus des Cahiers du Cinéma à la fin des années 1950, bouscule ces structures classiques par des œuvres politisées et provocatrices, explorant les tabous de la société. C'est dans ce contexte que s'inscrit certaines oeuvres de Tanaka, comme La Nuit des femmes. Aujourd'hui, cet héritage perdure à travers une production particulièrement florissante : on peut évoquer la maîtrise de l'animation représentée par le Studio Ghibli, qui explore les rapports entre l'homme, la nature et le sacré, ou encore un cinéma d'auteur réaliste et intimiste, porté par des cinéastes comme Hirokazu Kore-eda, qui continuent d'ausculter les failles de la famille et les marges de la société nippone.

Découvrir le cinéma de Kurosawa

Découvrir le cinéma d'Ozu

Découvrir le cinéma de Mizoguchi

La prostituée, figure de la marginalité

Inspirations, références et tropes

Le cinéma, à la suite de la littérature, a régulièrement traité la question de la prostitution féminine. Cette question a souvent été associée à un cinéma réaliste ancré dans une période historique facilement identifiable. La mise en scène d’une prostituée sert de révélateur de l’hypocrisie d’une société entre marchandisation des corps féminins et condamnation morale de la pratique. La prostitution au cinéma permet aussi d'éclairer les rapports de classe et de genre au sein d’une société. Le personnage de Kuniko cherche à se réinsérer dans la société par le travail et est confronté à des violences économiques et à des violences de genre. L’expression “travailleuse du sexe” a pour but d’être strictement factuel et de ne pas enjoliver ou romantiser cette condition. La prostitution au cinéma devient alors un questionnement profond sur les conditions de vie et la dignité dans le travail. L'exploitation du corps des femmes, qu'elle prenne la forme d'un travail domestique non rémunéré, de l'exhibition commerciale ou de la transaction sexuelle, est dénoncée comme un fait structurel des sociétés sexistes patriarcales.La réinsertion au sens de réhabilitation sociale est aussi au cœur des enjeux. Nous suivons alors le parcours de Kuniko qui cherche ardemment à retrouver une place dans la société, à être acceptée des autres. Néanmoins, elle est renvoyée à son passé qui semble indépassable. Kinuyo Tanaka pose ici la question du stigmate. Le personnage de Kuniko cultive une attitude discrète et une apparence sobre, au point de se débarrasser de ses tenues les plus voyantes lorsqu'elle rejoint l'épicerie. Au contraire, les femmes rejoignant pour la première fois le centre Shiragiku font preuve d'une grande exubérance, supposée caractéristique de leur condition de prostituée. Ce processus de stigmatisation atteint la chair même, avec la pratique du tatouage. L'ancien souteneur de Kuniko a inscrit ses initiales sur le corps de celle-ci afin d'en revendiquer la propriété. Cette marque se révèle dans l'intimité, lorsque la jeune femme se déshabille. Elle ramène aussi Kuniko à un passé indélébile, lors de la visite surprise de l'ancien souteneur à la serre. Ce marquage de la chair est un motif récurrent des récits de prostitution au cinéma.

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Title

Le Journal d'une fille perdue

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Vivre sa vie

Les Nuits de Cabiria

Boule de Suif

Nana

Un film de Jean-Luc Godard de 1962

Un roman d'Emile Zola de 1880

Un roman de Guy de Maupassant, 1879

Un film de Georg Pabst de 1929

Un film de Federico Fellini de 1957

Quelques thématiques à explorer

Ce que l'on voit, ce qui est dit, ce que l'on peut analyser

LA NUIT DES FEMMES Japon | 1961 | 1 h 33 Réalisation : Kinuyo Tanaka Scénario : Sumie Tanaka, d'après le roman Bien qu'il y ait un chemin de Masako Yana Direction artistique : Motoji Kojima Photographie : Asakazu Nakai Son : Noboru Nishio Kenji Nagaoka Musique : Hikaru Hayashi Production : Tokyo Elga Co Ltd. Tōhō Distribution : Carlotta Format : 2,35:1, noir et blanc Sortie : 5 septembre 1961 (Japon) 16 février 2022 (France)

La Nuit des femmes, de Kinuyo Tanaka (1961)

En 1956, l'État japonais adopte une loi anti-prostitution. Les maisons closes sont interdites, et les filles des rues arrêtées. Des centres de réinsertion se développent. Celui que dirige Mme Nogami accueille des femmes aux aspirations diverses. Certaines rêvent à l'amour, d'autres veulent retrouver leur vie d'avant. De son côté, Kuniko est bien décidée à prendre un nouveau départ. Embauchée dans une épicerie, elle travaille sans se ménager, obéissant à une patronne tyrannique. Lorsque celle-ci découvre son passé, elle décide de la renvoyer. Kuniko se venge en séduisant le patron. Abandonnant son poste, elle se fait arrêter le soir même pour racolage. À la suggestion de Mme Nogami, elle se fait engager alors dans une usine. Kuniko fait le choix de ne pas cacher ses anciennes activités à ses camarades de dortoir. Plutôt que de se montrer compréhensives, ces dernières lui proposent de se prostituer avec leurs propres amis. Son refus suscite la colère. Après une violente agression, Kuniko retourne au centre de réinsertion. Recrutée dans une pépinière, elle s'épanouit enfin, appréciant la compagnie de ses employeurs et surtout de Tsukasa, son collègue jardinier. Un jour, celui-ci lui propose le mariage. Elle ne répond pas et tombe malade. Alors qu'elle est sur le point d'accepter, la mère du jeune homme manifeste sa désapprobation. Désespérée, Kuniko quitte la pépinière. Tournant le dos à la société, elle rejoint une communauté de pêcheuses de perles.