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Le génocide des juifs et des Tziganes

Maxime

Created on February 4, 2026

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Le génocide des juifs et des Tziganes

De l'exclusion à la "solution finale", Comment les Juifs et les Tziganes d'Europe ont-ils été exterminés par les nazis ?

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Activitée réalisée par Maxime Favereau (Collège Marie-Amélie Le Fur, Langeais, 37)

Informations et consignes

Dans cette activité, vous allez découvrir comment, entre 1939 et 1945, les nazis ont organisé un système de persécution et d'extermination systématique de plus de 6 millions de Juifs et Tziganes en Europe. Tout au long de l'activité, vous allez devoir répondre dans votre cours à des questions en vous aidant des documents mis à votre disposition, et créer en parallèle une carte mentale.

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Rappel des questions

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Informations et consignes

Sources

La "solution finale de la question juive"

Exclure et détruire, la politique nazie en Europe de l'Est

Les centres de mise à mort : la finalité de l'assassinat des Juifs et des Tziganes

La politique d'exclusion et de regroupement dans des ghettos à l'Est

Le témoignage d'un rescapé des camps de la mort, Samuel Adoner

Le ghetto de Lodz

Le camp d'Auschwitz-Birkenau

Le ghetto de Varsovie

Les fusillades de masse par les groupes mobiles à l'Est

Auschwtiz II

Le camp de Belzec

La massacre de Babi Yar

Le procès de Nuremberg : juger les responsables de la Shoah

Exclure et détruire, la politique Nazie eN Europe de l'Est

A l'aide des informations, répondez aux questions 1 à 4 de l'activité dans votre cours.

Discours d’Hitler devant le Reichstag (30 janvier 1939) « Les peuples de la terre s'apercevront bientôt que l'Allemagne nationale-socialiste ne souhaite pas l'inimitié1 des autres peuples. Je veux de nouveau être prophète. Si la finance juive internationale2 en Europe et hors d'Europe devait parvenir à entraîner une nouvelle fois les peuples de la terre dans une guerre mondiale, le résultat ne serait pas la bolchévisation3 de la planète, et donc une victoire juive, mais l'annihilation4 de la race juive en Europe. »

1. Sentiment hostile. 2. Hitler considérait le peuple juif comme « la peste du monde » et dénonçait un « complot juif mondial ». 3. Soumettre à la domination des idées communistes. Pour Hitler, il existe un complot judéo-bolchévik (alliance des Juifs et des communistes contre la race allemande). 4. Anéantissement, destruction totale. Source : United States Holocaust Memorial Museum, https://encyclopedia.ushmm.org/content/fr/film/hitler-speaks-before-the-reichstag-german-parliament

Hitler devant les députés du Reichstag le 30 janvier 1939.© ullstein bild/​Getty Images

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La politique d'exclusion et de regroupement dans des ghettos à l'Est

A l'aide des informations, répondez aux questions 5 à 10 de l'activité dans votre cours.

Cliquez sur Varsovie et Lodz pour découvrir ces deux ghettos.

Chronologie de la politique d'exclusion et de regroupement des Juifs à l'Est
La déportation des Juifs d'Allemagne vers les ghettos de l'Est
Carte des ghettos à l'Est

Le ghetto de Lodz

Le ghetto de Varsovie

La vie dans le ghetto de Varsovie
L'insurrection et la liquidation du ghetto de Varsovie

Les fusillades de masse par les groupes mobiles à l'est

A l'aide des informations, répondez aux questions 11 à 16 de l'activité dans votre cours.

Cliquez sur Kiev pour découvrir le massacre de Babi Yar.

La "Shoah par balles", des massacres de Juifs par fusillades
Témoignages d'otto Ohlendorf, commandant de l'Einsatzgruppe D
Témoignages de soldats des Einsatzgruppen
Carte des mouvements des Einsatzgruppen
Tableau : le bilan humain de la Shoah

Le Massacre de Babi Yar

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Un membre d’un Einsatzgruppe parle avec deux femmes non identifiées au sommet du ravin de Babi Yar. Des prisonniers de guerre soviétiques dans le ravin nivellent la terre sur le charnier. On avait fait sauter les parois du ravin à la dynamite. Kiev, Union soviétique, automne 1941.Source : USHMM

Le 19 septembre 1941, les forces allemandes pénétrèrent dans la ville de Kiev, capitale de l’Ukraine. Avant l’invasion allemande, 160 000 Juifs résidaient à Kiev […]. En juin 1941, 100 000 d'entre eux fuirent Kiev. Les 29 et 30 septembre 1941, des unités SS et de la police allemande ainsi que leurs auxiliaires, sous la direction des membres de l’Einsatzgruppe C, assassinèrent une grande partie de la population juive restant à Kiev. Le massacre se produisit dans un ravin appelé Babi Yar, qui à l’époque se trouvait aux abords de la ville. Les victimes furent convoquées sur le site, forcées de se déshabiller, puis contraintes de descendre dans le ravin. […] Un détachement spécial de l’Einsatzgruppe C […] les abattit par petits groupes. Selon des rapports […], ce sont 33 771 Juifs qui furent massacrés au cours de ces deux journées. Les massacres au ravin de Babi Yar continuèrent jusqu’à l’automne 1943. […] On estime qu’environ 100 000 personnes, juives et non juives, y furent assassinées. Pour dissimuler les tueries de masse de Babi Yar, les Allemands ordonnèrent à 321 détenus de creuser des fosses communes et de brûler les dépouilles des victimes.

Source : United States Holocaust Memorial Museum, https://encyclopedia.ushmm.org/content/fr/article/kiev-and-babi-yar

La "solution finale de la question juive"

A l'aide des informations, répondez aux questions 17 à 19 de l'activité dans votre cours.

Image d'illustration tirée du flim "La Conférence", réalisé par Matti Geschonneck en 2022.

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Les centres de mise à mort : la finalité de l'assassinat des Juifs et des Tziganes

Cliquez sur le site d'Auschwitz-Birkenau ou de Belzec pour les découvrir.

A l'aide des informations, répondez aux questions 18 à 26 de l'activité dans votre cours.

Le témoignage d'un rescapé des camps de la mort, Samuel Adoner
Tableau : le bilan humain de la Shoah

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Le témoignage d'un rescapé des camps de la mort, Samuel Adoner

Biographie de Samuel Adoner
Samuel Adoner raconte son arrestation
Samuel Adoner raconte la déportation et la vie dans le camp d'Auschwitz-Birkenau

Photographie de la famille Adoner en 1930. Derrière de gauche à droite : Charlotte, Salomon et Rebecca. Devant de gauche à droite : Samuel et Henri.

Le camp d'Auschwitz-Birkenau

L'arrivée et la sélection
Les chambres à gaz
La vie dans le camp
Photographies
Le bilan humain

Auschwitz II - Birkenau

Eloigné d’à peine trois kilomètres d’Auschwitz I, Auschwitz II-Birkenau est situé à proximité du village de Brzezinka (Birkenau en Allemand). Sa construction débute dès l’automne 1941. Initialement conçu pour être un camp de prisonniers de guerre soviétiques, il devient finalement le plus grand centre de mise à mort des Juifs, ainsi que le plus grand camp de concentration nazi de la Seconde Guerre mondiale.

Le camp de Belzec

Le camp
Témoignage de Tadeusz Pankiewicz

Le procès de nurember : juger les responsables de la shoah

L'activité est terminée. Cependant, vous pouvez continuer à observer ces documents a propos de l'après 1945 : comment les responsables du génocide des Juifs et des Tziganes ont-ils été jugés ?

Vue partielle du banc des accusés lors du procès.

L’organisation du procès de NurembergIntenté par les forces alliées contre vingt-quatre hauts responsables nazis, le procès de Nuremberg se tient du 20 novembre 1945 au 1er octobre 1946. Il est placé sous l’autorité du Tribunal militaire international instauré par les accords de Londres du 8 août 1945 et composé de quatre juges, quatre procureurs et quatre assesseurs soviétiques, français, américains et britanniques.Pendant plus de dix mois, les accusés, des hauts responsables du régime nazi, comparaissent pour complot, crimes contre la paix, crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Le procès est massivement couvert par la presse internationale. Douze accusés sont condamnés à mort par pendaison (dont Hermann Göring), sept sont condamnés à des peines de prison allant jusqu'à la perpétuité, et trois sont acquittés. Source : https://histoire-image.org/etudes/proces-nuremberg

Sources

Bibliographie

  • Christopher Browning, « Les Origines de la Solution finale », Les Belles Lettres, 2007
  • Manuel d’Histoire Géographie EMC, Hachette, édition 2021
  • Manuel d’Histoire Géographie EMC, Hatier, édition 2016
  • Manuel d’Histoire Géographie EMC, Hatier, édition 2021
  • Tal Bruttmann et Christoph Kreutzmüller, « Auschwitz, l’image comme source », Seuil, 2025
Sitographie
  • JewishGen (département de généalogie du Museum of Jewish Heritage), https://www.jewishgen.org/forgottencamps/general/timefr.html
  • Mémorial de la Shoah, https://www.memorialdelashoah.org/
  • Plan interactif du camp d’Auschwitz II-Birkenau, https://fortitude-ww2.fr/?da_image=14352#google_vignette
  • United States Holocaust Memorial Musem), https://www.ushmm.org/fr/
  • L’album d’Auschwitz, exposition de l’institut Yad Vashem, https://wwv.yadvashem.org/yv/fr/expositions/album-auschwitz/index.asp
  • Histoire par l'image, « Le procès de Nuremberg », http://histoire-image.org/etudes/proces-nuremberg
Filmographie
  • Témoignage de Samuel Adoner dans « Survivors of the Holocaust », Spielberg, 1995

Chronologie de la politique d’exclusion et de regroupement des Juifs à l’Est

Au cours d’une réunion tenue à Berlin le 21 septembre 1939, Reinhardt Heydrich (chef du RSHA) obtient que les Juifs polonais soient concentrés dans les villes et y soient rejoints par les Juifs allemands, ainsi que par 30 000 Tziganes. De la fin de l’année 1939 jusqu’à 1941, les Juifs d’Europe de l’Est sont enfermés dans des ghettos. Le plus grand ghetto fut celui de Varsovie, dans lequel plus de 400 000 Juifs furent entassés sur une superficie de 3.3 km². Inspirées des lois déjà existantes en Allemagne, les Juifs polonais subissent progressivement de nouvelles lois répressives : - Travail forcé pour tous les Juifs - Blocage des comptes bancaires - Port d'un brassard blanc avec une étoile de David bleue - Couvre-feu et assignation à résidence : interdiction de sortir après 21h et interdiction de déménager - Exclusion des écoles et des emplois de la fonction publique

28 octobre 1939 : Premier ghetto juif en Pologne établit à Piotrkow. 23 novembre 1939 : Les juifs de Pologne occupée doivent porter un brassard avec une étoile de David. 7 mai 1940 : Création du ghetto de Lodz (Pologne), où 165.000 personnes sont confinées. 16 novembre 1940 : Création du ghetto de Varsovie, où jusqu’à 400 000 personnes sont confinées. 1er février 1941 : Les autorités allemandes commencent à transférer les juifs polonais vers le ghetto de Varsovie. Entre janvier et juin 1941, 10.000 personnes y mourront de faim. 1942-1943 : Liquidations des ghettos à l’Est (déportation des populations des ghettos vers les camps d’extermination).

Source : extrait de "Apocalypse : La 2ème guerre mondiale", épisode 3

Transcription : "Une autre forme d'extermination utilisée était l'asphyxie au moyen de gaz létaux dans des camions ou des camionnettes scellés. Dans ce cas également, les nazis faisaient entrer les victimes dans ces machines de mort en leur promettant qu'ils allaient être transportés vers d'autres zones pour y être réinstallées. Le camion quittait la zone de chargement, se remplissait de gaz mortels. Quelques minutes plus tard, quand il parvenait au point de déchargement, les cadavres étaient disposés dans des fosses communes préparées à l'avance. C'étaient là les méthodes habituelles utilisées par les Einsatzgruppen."

Source : United States Holocaust Memorial Museum, https://encyclopedia.ushmm.org/content/fr/film/einsatzgruppen-trial-prosecutor-walton-details-use-of-gas-vans

Biographie de Samuel Adoner

Né en 1925, Samuel Emile, dit Milo Adoner est le 4ème enfant d’une grande fratrie de sept enfants. Sa famille juive-polonaise originaire de Varsovie a émigré en France durant l’entre-deux guerres, son père est artisan maroquinier, travaillant à domicile. Il a 17 ans lorsqu’il est arrêté chez lui à Paris le 23 septembre 1942, avec sa famille et 112 juifs demeurant. L’une de ses sœurs échappe à la rafle. La famille est conduite au camp de Drancy (au nord de Paris) et déportée quelques jours après jusqu'à Kosel, à quelques kilomètres d’Auschwitz, où Samuel est séparé des siens. Ses parents et quatre frères et sœurs vont directement au camp d’Auschwitz-Birkenau où ils sont assassinés. Sélectionné avec son frère Salomon pour les travaux forcés, Samuel est tatoué du numéro B10602. Il a ensuite connu les camps de Birkenau, Blechhammer, Monowitz (Auschwitz III) qu’il évacue le 18 janvier 1945 par une Marche de la Mort jusqu’au camp de Gross Rosen ; Onze jours de froid et de neige auxquels Salomon n’a pas survécu. Il est transféré au camp de Buchenwald puis à Niederkirch. Il s’évade le 4 avril 1945 et est libéré le 11 avril. Il est rapatrié avec des prisonniers de guerre français le 30 avril 1945, sa déportation aura duré 982 jours. Sources : Mémorial de la Shoah, https://www.memorialdelashoah.org/hommage-a-milo-adoner.html

La vie dans le ghetto de Varsovie

La faim est le vrai maître du ghetto. Gradué par l’autorité allemande, ce processus d’affamement est programmé pour briser toute résistance. En 1941, selon des sources polonaises, la ration quotidienne est de 2 613 calories pour un Allemand de Varsovie, 699 calories pour un Polonais, et 184 calories pour un Juif (15 % du minimum vital). Le service de santé du Conseil juif gère six centres de santé et deux hôpitaux qui sont en réalité des mouroirs. 43 000 personnes (10 % de la population) succombent au cours de la seule année 1941. L’épidémie de typhus explose au printemps 1941 pour atteindre son plus haut niveau à l’automne suivant. Dans tous les témoignages reviennent les mêmes images relatives aux trottoirs bondés. Épuisés par la faim, nombre de reclus restent prostrés dans leur lit alors que le gel couvre les murs des appartements. Errant de rue en rue, de nombreux orphelins meurent de faim et de froid. À partir du printemps 1941, on ne voit plus d’enfants de moins de deux ans dans le ghetto. Parce que les Allemands interdisent aux Juifs toute forme d’enseignement, les enseignants du ghetto mettent en place des cours clandestins. La guerre a mis au chômage des centaines de musiciens, d’acteurs et de peintres. Nombre d’entre eux se produisent alors dans des soirées organisées dans des domiciles privés, dans des cafés et dans des restaurants. Cinq théâtres restent ouverts. Les partis politiques juifs participent également à cette vie culturelle et poursuivent souterrainement leurs activités. Apparue au début de 1940, la presse clandestine est le miroir de cette vie politique souterraine. Au printemps 1942, 47 titres différents ont été recensés. Sources : Mémorial de la Shoah, http://www.enseigner-histoire-shoah.org/outils-et-ressources/fiches-thematiques/les-grandes-etapes-de-la-shoah-1939-1945/etude-de-cas-le-ghetto-de-varsovie-1940-1943-12.html

"En trois étapes, lors de la première expulsion de juin, on chassa sept mille personnes du ghetto [de Cracovie]. Comme on le sut plus tard, tous ces transports furent dirigés vers le camp d'extermination de Belzec. (...) En novembre 1942 parvint au ghetto une lettre écrite par une parente d'un des médecins qui (...) s'était enfuie et avait gagné Lwow. Elle était passé par Belzec. (...) C'était la première confirmation authentique de ce qui se racontait à propos du sort des déportés. L'auteur décrivait de façon très réaliste les trains bondés qui stationnaient à Belzec, attendant parfois durant des jours d'arriver à destination, c'est à dire leur aiguillage sur une voie latérale qui menait dans une forêt dense enceinte de palissades et de barbelés. Au-dessus de la forêt trainaient sans cesse d'épaisses fumées et une odeur ecoeurante, inimaginable, s'élevait dans l'air. Les habitants de Belzec racontaient que les déportés qui avaient survécu aux horreurs du transport en wagons fermés restaient parfois des jours entiers à la gare, sans une goutte d'eau, sans la moindre nourriture. Des gémissements, des supplications en parvenaient mais il était interdit d'aider ces gens. Des gardes allemands surveillaient le train. Une fois le train entré dans la forêt, les gardes ouvraient les portes des wagons et ceux qui étaient toujours en vie devaient se déshabiller complètement. Ensuite, ils étaient brûlés, c'est de là que venaient ces fumées incessantes au-dessus de la forêt."Tadeusz Pankiewicz, La Pharmacie du ghetto de Cracovie, 1998

La déportation et la vie dans le camp d'Auschwitz-Birkenau

« Au bout de trois jours de voyage, atroces, dans les wagons (…), des cris, des pleurs, nous étions 70-80 ; on a ouvert, des cris, des chiens : « Los ! Los ! Raus ! »1. On ne savait pas ce qu’il nous arrivait (…). Mon frère et moi avons sauté du wagon. Mon père est resté avec ma mère, mes frères et sœurs (…). Nous sommes descendus à 160 pour un camp de travail. Nous travaillions pour faire l’autoroute Berlin-Moscou, des travaux durs : soit les rails, soit le béton, soit le ciment, soit le sable… (…) L’hiver 42-43 a été le plus dur, il faisait -25° à -30°, nous étions habillés en petite veste. Je travaillais au béton, je prenais des sacs de ciment et je mettais le papier sur le corps, on avait des sabots de bois (…). Le plus dur, le matin, c’était l’appel avant de sortir travailler. On restait deux heures debout (…). Des gens tombaient de froid, il fallait tenir. En rentrant du travail, le chef de bloc nous faisait courir (…) et nous tapait dessus. On a eu énormément de décès, par le froid, la faim, les coups… Début 44, j’ai eu le doigt coupé en poussant un wagonnet, j’ai glissé, et crevé un sac de ciment. Un Kapo2 allemand m’a mis un coup, je suis tombé KO… (…). Je suis resté à l’infirmerie du camp (…). On nous a mis dans un petit camp, c’était un camp de transit pour Birkenau. Un juif turc qui travaillait là m’a sorti de la baraque. Le lendemain matin, les 400 camarades ont été directement à la chambre à gaz (…). Cette odeur et ce bruit de vent constamment dans la tête, le crématoire brûlait, ça brûlait, ça brûlait (…). On m’a mis au Scheisskommando3, c’était bien car on n’y faisait pas l’appel et on trouvait pleins de choses à échanger, « à organiser », dans les excréments… » 1. « Aller ! Aller ! Dehors ! » en allemand. 2. Détenu(e) chargé(e) de commander les autres prisonniers dans les camps de concentration nazis. 3. Equipe transportant les tonneaux d'excréments. Témoignage de Samuel Adoner, Survivors of the Holocaust, Spielberg, 1995.

Source : United States Holocaust Memorial Museum, https://encyclopedia.ushmm.org/content/fr/film/conditions-in-the-warsaw-ghetto-2

Liste des principaux accusés

  • Hermann Göring, plus haut dignitaire du Reich encore vivant après la mort de Hitler, commandant de la Luftwaffe et ministre du Plan quadriennal.
  • Rudolf Hess, chef de la chancellerie du NSDAP, successeur désigné à la tête du Reich, et membre du Conseil de la défense du Reich.
  • Joachim von Ribbentrop, ambassadeur du Reich au Royaume-Uni puis ministre des Affaires étrangères en 1938.
  • Robert Ley, dirigeant du Front allemand du travail (organisation des travailleurs allemands, soumise au NSDAP).
  • Wilhelm Keitel, chef du commandement suprême de la Wehrmacht de 1938 à 1945.
  • Julius Streicher, directeur du journal Der Stürmer.
  • Ernst Kaltenbrunner, à la tête du RSHA (l’Office central de la sécurité du Reich), intégrant notamment la Gestapo.
  • Alfred Rosenberg, théoricien du nazisme et ministre des Territoires occupés de l'Est.
  • Hans Frank, ancien avocat de Hitler, à la tête du Gouvernement général de Pologne dès 1939.
  • Wilhelm Frick, ministre de l’Intérieur du Reich, principal auteur des lois antisémites de Nuremberg en 1935.
  • Hjalmar Schacht, ministre de l'Économie jusqu'en 1937 et président de la Reichsbank jusqu'en 1939.
  • Arthur Seyss-Inquart, commissaire du Reich pour les Pays-Bas où il est responsable de la déportation des Juifs néerlandais.
  • Karl Dönitz, commandant en chef de la Kriegsmarine.
  • Walther Funk, à la tête de la Reichsbank et au ministère de l’Économie.
  • Albert Speer, architecte de Hitler, ministre de l’Armement du Reich.
  • Baldur von Schirach, chef des Jeunesses hitlériennes.
  • Fritz Sauckel, exécuteur du plan du Service du travail obligatoire, qui a entraîné la déportation de près de cinq millions de travailleurs forcés.
  • Alfred Jodl, chef de l'état-major de la conduite des opérations militaires au Haut Commandement de la Wehrmacht.
  • Franz von Papen, nommé ambassadeur à Vienne, puis en Turquie pendant la guerre.
  • Konstantin von Neurath, ministre des Affaires étrangères, premier Reichsprotektor de Bohême-Moravie à partir de 1939.
  • Erich Raeder, commandant en chef de la Marine jusqu'en 1943, responsable de la guerre sous-marine à outrance.
  • Hans Fritzsche, collaborateur de Goebbels, responsable de la presse et de la radio au ministère de la Propagande nazie.

Source : United States Holocaust Memorial Museum, https://encyclopedia.ushmm.org/content/fr/film/hitler-speaks-before-the-reichstag-german-parliament

L'insurrection et la liquidation du ghetto de Varsovie

L’Organisation juive de combat (OJC) est fondée le 28 juillet 1942. À la suite de la visite de Himmler (9 janvier 1943), un millier d’hommes encerclent le ghetto, le 18 janvier au matin. L’entrée des Allemands dans le ghetto le 19 avril 1943 ne surprend ni la résistance juive ni le reste de la population. Dans la nuit du 18 au 19 avril, l’Organisation juive de combat déclenche l’alerte. La résistance juive ne compte pas plus de 750 combattants. Au plus fort des combats, les allemands déploient plus de 2 000 hommes lourdement armés, bénéficiant du soutien de l’artillerie, des blindés et de l’aviation. En face, chaque combattant de la résistance juive dispose d’un revolver, de dix à quinze balles et de 4 à 5 grenades à main. Maison par maison, chacun des 24 secteurs est systématiquement incendié puis rasé au bulldozer. Malgré l’aide ponctuelle de la résistance polonaise, le combat est inégal. Les Allemands ne s’aventurent plus dans les rues du ghetto avant d’avoir usé des gaz asphyxiants, du feu et de la dynamite. 631 bunkers sont détruits par les flammes. Les occupants sont enterrés vivants, asphyxiés et carbonisés. Entre le 19 avril et le 16 mai 1943, les Allemands comptent 16 tués et 85 blessés. Plus de 7 000 Juifs furent tués pendant la liquidation du ghetto. Il n’y a pas un survivant juif pour raconter comment sont morts les chefs de l’insurrection. Sources : Mémorial de la Shoah, http://www.enseigner-histoire-shoah.org/outils-et-ressources/fiches-thematiques/les-grandes-etapes-de-la-shoah-1939-1945/etude-de-cas-le-ghetto-de-varsovie-1940-1943-22.html

Auschwitz I

Auschwitz I est le 1er camp à ouvrir sur la zone en juin 1940. Il est composé de bâtiments de brique appelés blocs où vivent les détenus. C'est d'abord un camp de concentration qui accueille des prisonniers de guerre ou des opposants politiques. C'est là qu'on enferme par exemple des prisonniers russes qui sont particulièrement maltraités. C'est là que se trouve l'administration SS du camp, la maison du commandant du camp... C'est là aussi que sont pratiquées des expériences médicales sur les détenus qui servent de cobayes (l'un des principal responsable de ces expériences est Joseph Mengele). Aujourd'hui ce camp est transformé en musée, une grande partie des bâtiments est encore debout. On peut y voir les objets récupérés au moment de la libération du camp et le célèbre portique à l'entrée du camp avec l'inscription "Arbeit macht frei" ("le travail rend libre").

Crématoire II

Officiellement mis en service le 31 mars 1943, le crématoire II de Birkenau fonctionna jusqu'en novembre 1944. Le 20 janvier 1945, au moment de l'évacuation du camp, les SS dynamitèrent les crématoires II et III dans l'objectif de faire disparaître les traces de leurs crimes. Il ne reste aujourd'hui que les ruines de ces deux édifices.Les déportés descendaient un escalier, menant à la salle de déshabillage, puis étaient dirigés dans la chambre à gaz pour y être gazés avec du Zyklon-B. Les corps des victimes étaient ensuite transportés par un monte-charge, du sous-sol jusqu'au rez-de-chaussée, où étaient installés les fours crématoires. Les cendres humaines étaient ensuite déversées dans l'étang situé juste à proximité.

L'arrestation

« Mon père est arrivé en France en 1921, ma mère l’année suivante. Je suis le premier Adoner né en France. (…) Durant l’occupation, il a fallu aller se faire recenser, (…) puis on a eu l’étoile et le tampon sur la carte d’identité… Nous marchions avec l’étoile dans la rue. On la cachait aussi pour nous balader, prendre le métro. Le 16 juillet 1942, on a raflé nos voisins (…). Il y a eu 12 ou 15 familles sur 50 (de l’immeuble). Le 23 septembre 1942, le soir à 21 h (…), nous étions chez un copain de l’immeuble – après 20h on n’avait pas le droit de sortir – mon frère Henri est monté : « il y la Gestapo en bas ! » (…). Par petits groupes, nous avons tous été emportés au poste de police (…). Le lendemain matin, l’autobus nous emmenait à Drancy (…). On est resté très peu, sur des paillasses dégueulasses. Nous avons été déportés le 28 septembre 1942, toute notre maison. » Témoignage de Samuel Adoner, Survivors of the Holocaust, Spielberg, 1995.

On estime à au moins 1,3 million le nombre de personnes déportées vers le complexe du camp d'Auschwitz entre 1940 et 1945. Environ 1,1 million d'entre eux ont été assassinés.

L'album d'Auschwitz est la seule preuve visuelle restante du processus qui conduisait au massacre de masse à Auschwitz-Birkenau. Les photos contenues dans l'album ont été prises à la fin du mois de mai ou au début du mois de juin 1944, par Ernst Hofmann ou par Bernhard Walter, deux SS chargés de prendre les photos d'identité et les empreintes digitales des prisonniers. Les photos montrent l'arrivée des Juifs hongrois. Source : www.yadvashem.org

La "Shoah par balles", des massacres de Juifs par fusillades

Crématoire III

Officiellement mis en service le 25 juin 1943, le crématoire III de Birkenau fonctionna jusqu'en novembre 1944. Le 20 janvier 1945, au moment de l'évacuation du camp, les SS dynamitèrent les crématoires II et III dans l'objectif de faire disparaître les traces de leurs crimes. Il ne reste aujourd'hui que les ruines de ces deux édifices. Le crématoire III était une réplique du crématoire II, avec néanmoins quelques légères différences.

Source : United States Holocaust Memorial Museum, https://encyclopedia.ushmm.org/content/fr/film/hitler-speaks-before-the-reichstag-german-parliament

Source : L'Histoire par l'image, https://histoire-image.org/etudes/proces-nuremberg

Lettre de Walter Mattner, policier autrichien, à sa femme, écrite le 10 octobre 1941 après la liquidation d’un ghetto de Biélorussie

« J’ai donc aussi participé au grand massacre d’avant-hier. Pour les premiers véhicules (qui amenaient les victimes) ma main a tremblé au moment de tirer, mais on s’y habitue. Au dixième, je visais calmement et tirais de façon sure sur les femmes, les enfants et les nourrissons. J’avais à l’esprit le fait d’avoir aussi deux nourrissons à la maison, avec lesquels ces hordes auraient agi exactement de même manière, voire peut-être dix fois pire. La mort que nous leur avons donnée était douce et rapide comparée aux tortures infernales endurées par des milliers et des milliers de personnes dans les geôles de la GPU. Les nourrissons volaient dans le ciel en grands arcs de cercle et nous les abattions au vol, avant qu’ils ne tombent dans la fosse et l’eau. Il faut en finir avec ces brutes qui ont jeté l’Europe dans la guerre. » Source : Lettre citée par Christopher Browning dans « Les Origines de la Solution finale », Les Belles Lettres, 2007.

Belzec est le premier centre de mise à mort à ouvrir en Pologne. Le 1er convoi vers Belzec a lieu en mars 1942 depuis la ville de Lublin (Pologne). Belzec est utilisé, avec Treblinka et Sobibor, pour liquider les ghettos juifs de Pologne. Les Juifs de Cracovie (Pologne) y sont conduits de juin 1942 à mars 1943, au fur et à mesure de la liquidation du ghetto. Le camp est assez isolé et proche de la voie ferrée. Il est provisoire et la plupart des bâtiments sont en bois au début. Certains seront reconstruits en béton quelques mois plus tard, notamment les chambre à gaz. Les Juifs qui arrivent à Belzec sont directement exterminés, seuls quelques uns sont concentrés dans le camp pour effectuer les tâches nécessaires à la mise à mort. Le camp est démantelé en 1943, tout est détruit. Les archives disparaissent en 1944 dans un bombardement. On estime le nombre de victimes à Belzec à environ 450 000 avec moins d'une dizaine de survivants.