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Philo - Le devoir

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Transcript

Nietzsche, Généalogie de la morale : Le devoir traditionnel (sacrifice, obéissance, culpabilité) est un produit de la morale religieuse. Il faut s’en libérer pour créer ses propres valeurs

Étymologie : Du latin debere, qui signifie « être tenu de », « ce que l’on doit »

Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs : Le devoir repose sur la loi morale dictée par la raison. Une action n’est morale que si elle est accomplie par devoir, et non par intérêt ou inclination (impératif catégorique)

« La morale du devoir est la morale des esclaves. »

Le devoir

« Agis uniquement d’après la maxime qui fait que tu peux vouloir en même temps qu’elle devienne une loi universelle. »

Arendt, Eichmann à Jérusalem : Le devoir ne peut jamais être une simple obéissance aveugle : chacun est responsable de ses actions

Rousseau, Du contrat social : En politique, le devoir consiste à respecter la loi, car elle est l’expression de la volonté générale. Obéir à la loi, c’est se libérer

Aristote, Éthique à Nicomaque : Le devoir consiste à accomplir les actions conformes à la vertu, ce qui conduit à l’épanouissement humain (eudaimonia)

« Ce n’était pas de stupidité qu’il s’agissait, mais d’une étrange incapacité à penser. »

Durkheim, L’Éducation morale : Le devoir est une exigence collective, imposée par la société. Les règles morales ont une force contraignante car elles expriment la conscience collective

« Nous sommes ce que nous faisons de manière répétée. L’excellence n’est donc pas un acte, mais une habitude. »

« L’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est liberté. »

« La société est la source de la morale. »

Hannah Arendt : Le devoir ne peut jamais justifier l’absence de responsabilité

Arendt développe sa pensée sur le devoir dans Eichmann à Jérusalem (1963), ouvrage où elle analyse le procès d’Adolf Eichmann, un fonctionnaire nazi qui affirma avoir « simplement obéi aux ordres ». Elle y montre que l’invocation du devoir peut devenir une justification dangereuse, permettant de renoncer à toute responsabilité morale. « Ce n’était pas de stupidité qu’il s’agissait, mais d’une étrange incapacité à penser. » (à propos du fonctionnaire Eichmann, qui disait n’avoir fait que son devoir) Elle montre que le mal radical peut provenir de l’absence de pensée critique : Eichmann n’était pas particulièrement cruel, mais incapable de se rendre responsable, car il se contentait d’exécuter des ordres.

« L'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté. »

Pour Rousseau, en entrant dans la société, l’individu fait un pacte : il accepte de se soumettre à la volonté générale. Celle-ci n’est pas la somme des intérêts particuliers : elle exprime ce qui est juste et bon pour l’ensemble du corps politique. Ainsi, obéir à la loi, c’est en réalité obéir à soi-même en tant que citoyen, car chacun participe à l’élaboration de la volonté générale. Conséquence : Le devoir politique n’est pas une contrainte extérieure : il est l’expression de la liberté.

Aristote et le devoir comme accomplissement de la vertu

Pour Aristote, chaque action humaine vise un bien, et le bien suprême est la vie bonne, l’eudaimonia. On ne naît pas vertueux, on le devient, donc pour atteindre ce bonheur, l’homme doit pratiquer les vertus, c’est-à-dire des dispositions à bien agir. La vertu n’est pas un extrême : c’est un juste milieu (mésotès), adapté à la situation, trouvé par la raison. Exemple : le courage est le juste milieu entre la témérité et la lâcheté. Ainsi, le devoir n’est pas une règle imposée : ➡ c’est ce que commande la raison pour atteindre la vie bonne.