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Cours 4- Hygiène renforcée et gestion du chenil contagieux

Irina T

Created on February 2, 2026

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Transcript

Cours 4- Hygiène renforcée et gestion du chenil contagieux

Module Assurer l’hygiène et la sécurité en clinique vétérinaire – Vetassist Academy

Commencer

Index

3. Reconnaître les principales maladies

2. Organisation et maîtrise

1. Hygiène renforcée

5. Lazaret

4. Grandes règles

6. Equipements EPI

8. Conclusion

7. Ordre de réalisation

Introduction

En clinique vétérinaire, l’hygiène de routine permet de limiter une grande partie des risques sanitaires du quotidien. Toutefois, certaines situations dépassent ce cadre et nécessitent une vigilance accrue. Lorsqu’un animal est atteint, ou simplement suspecté, d’une maladie contagieuse, le risque de transmission devient élevé pour les autres animaux hospitalisés, pour l’équipe soignante et pour l’ensemble de la structure. Dans ces situations, il est indispensable de mettre en place une hygiène renforcée. Celle-ci repose sur une organisation spécifique, des règles strictes et l’utilisation d’un espace dédié : le chenil contagieux, également appelé lazaret. L’objectif est de contenir le risque infectieux et d’éviter toute dissémination de l’agent pathogène.

1. L'hygiène renforcée

On parle d’hygiène renforcée lorsqu’un animal présente, ou est suspecté de présenter, une maladie contagieuse ou à fort potentiel de transmission. Cela concerne également certaines situations à risque élevé, comme l’hospitalisation de jeunes animaux non vaccinés, d’animaux très affaiblis ou l’accueil simultané de plusieurs patients sensibles. L’hygiène renforcée commence avant même l’hospitalisation. Certaines hospitalisations peuvent être évitées et doivent être questionnées. Par exemple, garder un animal uniquement parce que son propriétaire est momentanément indisponible, ou hospitaliser sur la journée un animal stable alors que les examens pourraient être réalisés autrement, augmente inutilement le risque sanitaire. Limiter les hospitalisations non indispensables fait partie intégrante de la prévention des infections en clinique vétérinaire. En hygiène de routine, les détergents-désinfectants sont conçus pour répondre à une situation standard, sans risque infectieux particulier identifié, en revanche, en présence d’une maladie contagieuse, l’objectif de l’hygiène change profondément. Certains virus (comme le parvovirus), certaines bactéries ou certains champignons peuvent : résister aux désinfectants courants, survivre malgré un nettoyage correct, persister plusieurs jours, voire plusieurs semaines dans l’environnement. En hygiène renforcée, il est donc indispensable d’utiliser un désinfectant spécifiquement adapté le produit doit présenter un spectre d’action suffisant (virucide, bactéricide, fongicide, voire sporicide) et être utilisé dans des conditions strictes :dilution correcte, temps de contact respecté, application sur une surface préalablement nettoyée.

Protocole

Sols

Cages

Linge

Surfaces

Air

Instruments

2. Organisation de la clinique et maîtrise du risque contagieux

La prévention des contaminations commence bien avant l’utilisation des produits d’hygiène. Elle repose d’abord sur l’organisation spatiale de la clinique, la gestion des flux et la manière dont les animaux et le personnel circulent dans les différents espaces. Une organisation claire permet de limiter les contaminations croisées et de réduire les erreurs liées à la précipitation ou au manque de visibilité.

En salle d’attente, il est essentiel d’éviter qu’un animal présentant des signes évocateurs de maladie contagieuse reste au contact prolongé d’animaux sains. Lorsque cela est possible, l’animal peut patienter dans le véhicule de son propriétaire ou être installé rapidement dans une salle dédiée.

En hospitalisation, les animaux doivent être répartis selon leur statut sanitaire. Cette organisation permet de limiter les transmissions, notamment dans les situations suivantes : animaux sains, animaux fragiles (chiots, animaux âgés, immunodéprimés), animaux infectés ou suspects.

3. Les principales maladies contagieuses

Principales maladies contagieuses chiens

Parvovirose

Maladie de Carré

Parvovirus CPV-2

Morbilivirus

Giardiose

Leptospirose

Protozoaire Giardia

Bactéries Leptospires

Toux du chenil

Gale sarcoptique

Sarcoptes scabiei

Virus Para-influenza canin (CPiV) et l'Adénovirus, ainsi que des bactéries, notamment Bordetella bronchoseptica et Mycoplasma cynos

Principales maladies contagieuses chats

FiV

Typhus

Rétrovirus

Parvovirus

PiF

Coryza

coronavirus félin FcoV

Bactéries Chlamydophila, Mycoplasma spp., Bordetella etc et Virus Herpèsvirus, Calicivirus et Réovirus

Leucose

Teigne

Champignons dermatophytes

Felv rétrovirus

4. Les grandes règles d’hygiène en hospitalisation

Toutes les cliniques n’ont pas de lazaret. En revanche, toutes hospitalisent des animaux. Il est donc essentiel de connaître les règles d’hygiène applicables dans toutes les structures, quel que soit leur équipement.

L’objectif est de réduire les contacts, de maîtriser les flux et de limiter les contaminations indirectes. L’hospitalisation d’un animal à risque implique : de limiter le nombre de personnes en contact avec lui, d’éviter les manipulations inutiles, de regrouper les soins en respectant le sens du plus propre au plus sale, d’utiliser du matériel dédié, de réfléchir à l’emplacement de la cage pour éviter les contacts rapprochés. La densité animale joue un rôle majeur. Lorsque cela est possible, il est recommandé d’éviter les cages face à face, de laisser une cage vide entre deux animaux, et de séparer les animaux selon leur statut sanitaire (sains, sensibles, infectés).

5. Gestion du lazaret

Certaines cliniques disposent d’un chenil contagieux, ou lazaret. Lorsqu’il existe, il permet d’aller plus loin dans la maîtrise du risque. Le lazaret est une zone fermée dédiée à l’isolement, avec des règles strictes

L’animal est strictement isolé, toute souillure est prise en charge immédiatement et le matériel de nettoyage est exclusivement dédié au lazaret. Aucun déplacement hors de la zone n’est autorisé.

Le port de gants est systématique, le linge est dédié et traité séparément, et le matériel est désinfecté immédiatement après usage. Le matériel jetable est privilégié dès que possible.

6. Équipements de protection individuelle et hygiène du personnel

L’hygiène renforcée repose aussi sur l'hygiène et l'équipement du personnel. Bonnes pratiques : attacher les cheveux, retirer bijoux et accessoires, enfiler l’équipement dédié. L’équipement de protection individuelle est mis en place avant l’entrée en contact avec la zone à risque.

Charlottes

Lunettes

Surblouses / Casaques

Gants

Masques FFP2

Masques Chirurgicaux

Surchaussures

Un chat est hospitalisé et présente un typhus.

7. Ordre de réalisation

Entrer dans un lazaret ne consiste pas uniquement à enfiler un équipement de protection individuelle. La maîtrise du risque infectieux repose avant tout sur l’organisation des soins, la gestion de l’espace et la capacité à raisonner chaque geste pour éviter toute dissémination. Dans une zone contagieuse, une mauvaise organisation peut annuler l’efficacité des EPI et transformer un soin en source de contamination pour l’environnement, le matériel ou l’équipe.
Gestion
Anticipation
Organisation
Manipulation
Sortie
+ info
+ info
+ info
+ info
+ info
NB

Conclusion

L’hygiène en clinique vétérinaire ne se résume ni à l’utilisation de produits, ni à l’application mécanique de protocoles, elle repose avant tout sur la compréhension des risques, l’organisation du travail et la cohérence des pratiques au sein de l’équipe. Tout au long de ce module, vous avez appris à identifier les mécanismes de contamination, à choisir des produits adaptés, à appliquer des méthodes efficaces et à adapter les pratiques en fonction des situations rencontrées. Cette capacité d’analyse permet d'instaurer une hygiène raisonnée, ciblée et réellement protectrice. L’hygiène de routine garantit un cadre de travail sain au quotidien. Enfin, une hygiène efficace est toujours le fruit d’un travail collectif. Elle nécessite des protocoles clairs, compris et appliqués par tous, ainsi qu’une vigilance constante, même dans les périodes de forte activité. En maîtrisant ces principes, vous contribuez directement à la sécurité des animaux, à la protection de l’équipe, à la qualité des soins et à la confiance des clients.

A suivre : Cours 5 - Gestion des déchets en clinique vétérinaire

Co-hospitalisation :

De nombreuses maladies contagieuses sont spécifiques d’espèce et ne se transmettent pas du chat au chien, ni du chien au chat. Dans ces situations, il est donc possible, d’un point de vue sanitaire, d’hospitaliser : un chat dans un espace habituellement dédié aux chiens, ou un chien à proximité d’un chat hospitalisé, à condition que les règles d’hygiène renforcée soient respectées. Cette organisation peut être pertinente lorsque : la clinique ne dispose pas de lazaret, l’espace est limité, Attention : hygiène ≠ bien-être Si le risque infectieux inter-espèces est faible ou nul, le bien-être de l’animal reste une priorité. La décision d’une co-hospitalisation doit donc toujours prendre en compte : le risque sanitaire réel,mais aussi le stress, le confort et la récupération de l’animal. Cas particulier: la parvovirose canine est une exception importante à connaître. Même si le parvovirus canin est principalement spécifique du chien, il existe : des parvovirus félins (panleucopénie) et de rares situations décrites de contaminations croisées indirectes via l’environnement.

Surfaces (tables, paillasses, poignées, interrupteurs)

Les surfaces fréquemment touchées sont des vecteurs majeurs de transmission indirecte.La procédure est la suivante : nettoyage préalable pour éliminer poils, squames, sécrétions, traces biologiques, désinfection avec un produit au spectre adapté (virucide, bactéricide, fongicide selon le cas), respect du temps de contact sans essuyage prématuré. Les surfaces sont traitées après chaque manipulation, et de nouveau en fin de prise en charge.

Lorsqu’un animal contagieux est hospitalisé, une règle absolue s’applique :

l’animal ne sort jamais de son espace d’isolement. Il n’existe aucune sortie hygiénique, sans exception. Toute sortie expose immédiatement les sols, les zones de passage, les chaussures, les vêtements et les mains du personnel à une contamination indirecte. Les besoins physiologiques de l’animal doivent être gérés intégralement à l’intérieur du chenil, à l’aide de supports adaptés comme des alèses ou des dispositifs dédiés selon l’espèce.

Typhus

Parvovirus

Le typhus, aussi appelé panleucopénie féline, est une maladie virale grave qui touche principalement le chat. Il est causé par un parvovirus félin, extrêmement résistant dans le milieu extérieur. Ce virus s’attaque aux cellules à renouvellement rapide, notamment celles de l’intestin, de la moelle osseuse et, chez le chaton, parfois du système nerveux. Le typhus est une maladie hautement contagieuse. La transmission se fait : par contact direct avec un chat infecté, par contact indirect via l’environnement (sols, cages, litières, vêtements, matériel, mains). Le virus peut survivre plusieurs mois, voire plus d’un an dans l’environnement s’il n’est pas éliminé par un désinfectant adapté.

Giardiose

Giardias

La giardiose est une maladie parasitaire digestive causée par un protozoaire appelé Giardia duodenalis. Elle peut toucher plusieurs espèces, notamment le chien, le chat et l’humain. La transmission se fait par voie oro-fécale. L’animal s’infecte en ingérant des kystes microscopiques présents dans les selles d’un animal contaminé, dans l’eau, sur des surfaces souillées ou dans un environnement humide. En clinique vétérinaire ou en collectivité (élevage, refuge, pension), les sols, les cages, les gamelles, le linge, les bacs à litière et le matériel de soin peuvent devenir des sources de contamination si les protocoles d’hygiène ne sont pas strictement appliqués. Les kystes de Giardia sont modérément résistants dans le milieu extérieur, en particulier en environnement humide. En revanche, ils sont sensibles au dessèchement. Le nettoyage mécanique soigneux (élimination des matières organiques), suivi d’un séchage rigoureux et de la répétition des opérations, est donc indispensable pour limiter la contamination environnementale. La giardiose est considérée comme une zoonose potentielle. Le lavage systématique des mains, le port de gants lors du nettoyage des selles et la gestion rigoureuse des surfaces et du linge sont essentiels pour protéger l’équipe et les propriétaires.

Leucose

Rétrovirus

La leucose féline est une maladie virale grave, provoquée par le virus de la leucose féline (FeLV). Elle touche uniquement le chat et entraîne une immunodépression, des troubles hématologiques. La transmission se fait principalement par contact direct entre chats, via la salive, les sécrétions nasales, les morsures, le toilettage mutuel et le partage de gamelles ou de litières. La transmission peut également avoir lieu de la mère aux chatons. Le virus de la leucose est peu résistant dans le milieu extérieur et survit peu de temps hors de l’organisme. La contamination indirecte par l’environnement est donc limitée. Le niveau de contagion est modéré à élevé, dépendant essentiellement de la promiscuité et de la durée des contacts, avec un risque important en collectivité féline si les mesures d’isolement et d’hygiène ne sont pas respectées.

Leptospirose

leptospires

La leptospirose est une maladie bactérienne grave et zoonotique. Elle se transmet principalement par contact avec des urines infectées, ou avec de l’eau ou des sols humides contaminés. Les leptospires survivent plusieurs semaines dans un environnement humide, ce qui en fait un risque important dans les zones souillées ou males séchées. Le niveau de contagion est élevé, avec un danger potentiel pour l’animal et pour l’humain.

Coryza

Le coryza est une maladie infectieuse virale et bactérienne, très fréquente chez le chat. Il s’agit le plus souvent d’une association de plusieurs agents pathogènes, notamment des virus (herpèsvirus félin, calicivirus félin) et parfois des bactéries secondaires. La transmission se fait principalement par contact direct entre chats, via les sécrétions nasales, oculaires et buccales (écoulements, salive), mais aussi par contact indirect à travers le matériel, les surfaces ou les mains contaminées. Les agents du coryza peuvent survivre plusieurs heures à plusieurs jours dans l’environnement, en particulier en présence de matière organique. Le niveau de contagion est élevé, surtout en collectivité (chenil, chatterie, refuge), avec un risque important de propagation rapide si les mesures d’hygiène ne sont pas strictement appliquées.

Identifier et respecter les zones propre, intermédiaire et sale

Même dans un espace restreint, il est essentiel d’identifier des zones fonctionnelles distinctes au sein du lazaret. La zone sale correspond à l’espace en contact direct avec l’animal contagieux :cage, table de soins, sol immédiat, matériel utilisé pendant les soins. La zone intermédiaire est une zone de transition, utilisée pour poser temporairement du matériel avant ou après les soins, sans contact direct avec l’animal. La zone propre regroupe les éléments qui doivent impérativement rester non souillés : produits nettoyants et désinfectants, flacons, armoires de stockage, matériel propre non utilisé. Ces zones propres ne doivent jamais être exposées aux souillures biologiques. Il est donc interdit de manipuler un animal à proximité des produits de nettoyage ou de poser du matériel souillé à côté d’éléments propres. Contaminer les produits censés désinfecter revient à annuler toute la démarche d’hygiène renforcée.

Gestion des cages et de l’espace d’hospitalisation

La cage devient une zone à risque élevé. Après la sortie de l’animal : retrait de toute la litière, des alèses et du matériel jetable, nettoyage minutieux de la cage pour éliminer toute matière organique, désinfection avec un produit adapté à l’agent pathogène suspecté, respect strict du temps de contact, séchage complet avant réutilisation. Le nettoyage s’effectue toujours : du haut vers le bas, des parois vers le sol, sans projection ni jet haute pression

Réduction du nombre de personnes en contact avec l’animal

L’accès au lazaret est limité à un nombre restreint de personnes. Idéalement, une équipe réduite, composée d’un vétérinaire et d’un assitant vétérinaire référent, prend en charge l’animal. Les allers-retours inutiles sont évités et les informations sont clairement transmises à l’ensemble de l’équipe. Tout le matériel utilisé reste dans la zone et est nettoyé et désinfecté sur place. L’animal ne sort jamais de la zone et rien ne sort du lazaret sans avoir été nettoyé et désinfecté à l’intérieur. Cela concerne notamment : le matériel, le linge, les équipements, les déchets. Tout objet sortant sans traitement est considéré comme contaminé. Les nettoyages et désinfections sont réalisés selon des protocoles renforcés, en tenant compte du mode de transmission de la maladie concernée.

Densité animale et hospitalisations évitables

La densité de peuplement influence directement le niveau de risque infectieux. Plus le nombre d’animaux hospitalisés simultanément est élevé, plus la transmission des agents pathogènes est facilitée. Une densité excessive augmente également le stress des animaux et complique l’application rigoureuse des protocoles d’hygiène. Cela implique, en pratique, de savoir éviter certaines hospitalisations non indispensables.

Pif

Coronavirus

La PIF (péritonite infectieuse féline) est une maladie virale grave et souvent mortelle, causée par une mutation du coronavirus félin (FCoV) à l’intérieur de l’organisme du chat. Ce point est fondamental : la PIF elle-même n’est pas directement contagieuse. Le coronavirus félin se transmet principalement par voie oro-fécale, via les selles, la litière contaminée, les surfaces souillées ou le toilettage. Il est très fréquent en collectivité féline, où de nombreux chats peuvent être porteurs sans jamais développer de PIF. La PIF apparaît lorsque le virus subit une mutation individuelle chez un chat donné, entraînant une réponse inflammatoire sévère. Cette mutation ne se transmet pas à d’autres chats. Le coronavirus félin est modérément résistant dans l’environnement, pouvant survivre plusieurs jours en présence de matière organique, ce qui explique sa propagation facile en collectivité si l’hygiène n’est pas rigoureuse. Le niveau de contagion concerne donc le coronavirus félin, et non la PIF elle-même. Le risque principal est lié à la promiscuité, au stress et à une hygiène insuffisante, qui favorisent la circulation du virus et augmentent le risque d’apparition de la maladie.

Le masque FFP2

Le masque FFP2 est un équipement de protection respiratoire destiné à protéger principalement la personne qui le porte. Contrairement au masque chirurgical, il a pour fonction de filtrer l’air inhalé et de limiter l’exposition aux particules fines en suspension. En clinique vétérinaire, son utilisation reste ciblée et concerne des situations spécifiques à risque élevé.

Gestion du matériel dans le lazaret Dans un lazaret, tout matériel introduit est considéré comme potentiellement contaminé. Le matériel doit donc être : limité au strict nécessaire, préparé avant l’entrée, dédié à la zone contagieuse.

FiV

Rétrovirus

Le FIV (virus de l’immunodéficience féline) est une maladie virale chronique, causée par un rétrovirus, strictement spécifique au chat. Il entraîne une immunodépression progressive, rendant l’animal plus vulnérable aux infections opportunistes. La transmission du FIV se fait principalement par morsure, lors de bagarres entre chats, par inoculation directe de salive infectée dans le sang. Cette voie de transmission est de loin la plus fréquente et la plus efficace. D’autres modes de transmission existent, mais restent secondaires : la transmission lors de l’accouplement est possible, mais peu fréquente, et la transmission de la mère aux chatons peut survenir pendant la gestation, la mise bas ou l’allaitement, de façon inconstante. Le virus du FIV est peu résistant dans le milieu extérieur et ne survit que très brièvement hors de l’organisme. Le risque de transmission indirecte par l’environnement est donc très faible. Le niveau de contagion est faible à modéré, dépendant essentiellement du comportement des chats.

Parvovirus

CPV-2

La parvovirose est l’une des maladies les plus contagieuses en clinique vétérinaire. Le virus se transmet principalement par voie fécale-orale et se retrouve en grande quantité dans les selles et vomissements des animaux infectés. Très résistant, il survit des semaines à plusieurs mois dans l’environnement. Son niveau de contagion est très élevé, avec un risque de contamination croisée important.

Lunettes

Elles protègent principalement : Des éclaboussures de produits chimiques (désinfectants, détergents), Des projections de liquides biologiques lors du nettoyage, réflexe de se frotter les yeux avec des mains contaminées.

Les surchaussures

Les surchaussures sont des équipements de protection individuelle destinés à limiter la dissémination des agents contaminant les sols, en particulier lors de déplacements dans des zones à risque. Les surchaussures ne protègent pas réellement le porteur contre une contamination directe. Elles n’empêchent ni le contact avec les agents pathogènes, ni l’exposition aux projections, ni la contamination des autres EPI. Leur intérêt n’est donc pas individuel, mais collectif et environnemental.

Le rôle principal des surchaussures est de : limiter la contamination des sols par les chaussures, éviter le transport passif d’agents pathogènes d’une zone à une autre, protéger certaines zones propres (bloc, zones techniques, lazaret). Les surchaussures présentent plusieurs limites importantes : elles donnent parfois un faux sentiment de sécurité, elles favorisent la dissémination si l’on circule d’une zone à une autre sans les retirer, elles peuvent être glissantes et augmenter le risque de chute. Lorsqu’elles sont utilisées, les surchaussures doivent : être mises juste avant l’entrée dans la zone à risque, retirées avant d’en sortir et ne jamais être portées d’une zone à une autre, être éliminées immédiatement après usage, être associées à une hygiène des mains si elles ont été manipulées. Elles ne remplacent jamais le nettoyage et la désinfection des sols, une mauvaise utilisation peut augmenter le risque au lieu de le réduire.

Manipulation de l’animal et principe du double gant Lors des soins, les gants portés pour manipuler l’animal deviennent rapidement contaminés. C’est pourquoi l’utilisation du double gant est particulièrement pertinente en hygiène renforcée. La première paire est utilisée pour les soins directs sur l’animal. Elle est ensuite retirée avant de manipuler le matériel de nettoyage, les produits ou l’environnement. La seconde paire permet de : nettoyer, désinfecter, remettre la zone en ordre, tout en limitant la contamination des flacons, des surfaces et du matériel.

Hygiène des sols

En situation d’hygiène renforcée, le sol devient un vecteur majeur de transmission indirecte. Il est en contact avec les semelles, les projections biologiques (urines, selles, vomissements), le matériel mobile et parfois l’animal lui-même. Méthode de nettoyage adaptée Le balayage à sec ou l’aspirateur sont à proscrire dans ce contexte, car ils : remettent en suspension des particules contaminées et favorisent la dispersion des agents pathogènes dans l’air. La méthode recommandée repose sur :

  • un balayage humide
  • suivi d’un lavage à la serpillière.
Désinfection du sol
  • une désinfection avec un produit adapté au risque identifié (virucide, bactéricide, fongicide…),
  • utilisé à la bonne dilution,
  • avec un temps de contact strictement respecté.
Le nettoyage s’effectue selon un sens logique de circulation : du plus propre vers le plus sale, sans jamais repasser sur une zone déjà traitée, en tenant compte des contraintes de déplacement pour éviter de remarcher sur une zone nettoyée. Une désinfection sans nettoyage préalable est inefficace en présence de matière organique.

Pourquoi il ne faut pas appliquer l’hygiène renforcée en permanence

On distingue: hygiène de routine, adaptée au fonctionnement quotidien, Et hygiène renforcée, réservée aux situations à risque infectieux identifié. Appliquer systématiquement des désinfectants puissants : augmente les contraintes pour l’équipe, expose inutilement aux produits chimiques, n’apporte aucun bénéfice supplémentaire, et peut favoriser une sélection microbienne non souhaitée. L’hygiène renforcée doit être ciblée, raisonnée et temporaire.

Gestion de l’air et de l’environnement

La gestion du risque aérien repose principalement sur :

  • la dilution des agents pathogènes par a
  • ération des locaux
  • la dessiccation (séchage),
Vide sanitaire quand il est possible, le vide sanitaire consiste à laisser un local inoccupé, propre, sec pendant une période allant de 24h à plusieurs semaines. La durée dépend :
  • de l’agent pathogène,
  • de sa résistance dans l’environnement
  • la réduction de la charge environnementale par l'utilisation de désinfectant purificateur d'air

Masques Chirurgicaux

Le masque chirurgical protège surtout les autres et protège le porteur uniquement de manière partielle, contre les projections directes. Peut se montrer utile néanmoins pour diminuer les odeurs . Attention à ce qu'il ne génère pas plus de manipulation du visage avec les mains sales. (démengeaisons, remise en place)

Organisation logique des soins Une fois dans le lazaret, les soins doivent être réalisés selon une logique précise afin de limiter les contaminations croisées. On commence toujours par les gestes les moins contaminants, puis on termine par les soins les plus souillants ou invasifs. Lorsqu’il y a plusieurs animaux hospitalisés, les soins sont réalisés en dernier sur les animaux les plus contagieux ou les plus souillés. Cette organisation permet de réduire la diffusion des agents pathogènes à l’intérieur même de la zone.

Maladie de Carré

Morbililvirus

La maladie de Carré est une maladie virale grave et hautement contagieuse du chien, causée par un morbillivirus. Elle touche principalement les chiens non ou insuffisamment vaccinés, en particulier les chiots et les jeunes animaux. La transmission se fait majoritairement par voie respiratoire, via les sécrétions nasales, oculaires et la salive, notamment lors de contacts directs entre animaux (toux, éternuements, proximité). Le virus peut également être excrété dans les urines et les selles, ce qui rend possible une transmission indirecte par l’environnement à court terme (sols, surfaces, matériel). La transmission reste toutefois essentiellement respiratoire La faune sauvage (renards, mustélidés) constitue un réservoir du virus. Le virus de la maladie de Carré est peu résistant dans le milieu extérieur, mais son fort pouvoir de contagion impose des mesures strictes : isolement de l’animal, port d’équipements de protection individuelle, nettoyage et désinfection rigoureuse des surfaces.

Instruments de consultation et de soins

Tout instrument utilisé sur un animal contagieux est considéré comme contaminé.Ils doivent être uniquement dédiés à l'animal contagieux et à cette zone. Après chaque utilisation : nettoyage immédiat pour éliminer la matière organique, désinfection adaptée au type d’instrument et au risque identifié, Une fois désinfectés il est possible de les sortir de la zone contagieuse pour une stérilisation. séchage et stockage dans un espace propre. Les instruments non indispensables doivent être retirés avant l’entrée dans la zone contagieuse afin de limiter les contaminations croisées.

Surblouses et Casaques

La casaque textile peut être utilisée comme tenue dédiée à une zone spécifique, à condition : de ne pas circuler hors de cette zone, d’être changée et lavée régulièrement, de ne jamais être portée en dehors du contexte prévu. Dans le cadre d’un animal contagieux, la surblouse jetable est à privilégier, elle est retirée et éliminée immédiatement après le soin. Pour être efficaces, les surblouses et casaques doivent : être mises avant l’entrée dans la zone à risque, couvrir correctement la tenue professionnelle, être retirées avant de quitter la zone, ne jamais être réutilisées si elles sont jetables, être éliminées ou envoyées au circuit de linge approprié selon leur nature. Le retrait se fait sans toucher la face externe, puis est suivi d’une hygiène des mains.

Gestion du linge

Le linge issu d’une zone contagieuse est traité comme très sale.Il doit être : manipulé avec des gants, transporté sans secouage dans un contenant hermétique (sac poubelle), isolé du linge courant, lavé séparément. Le lavage est effectué à 60 °C minimum lorsque le textile le permet, avec une lessive adaptée (désinfectante si possible), suivi d’un séchage complet. Il convient de désinfecter la machine à laver une fois le traitement du linge contagieux terminé.

Gale sarcoptique

Sarcoptes scabiei

La gale sarcoptique est une maladie parasitaire cutanée hautement contagieuse, causée par un acarien (Sarcoptes scabiei). Elle touche principalement le chien et se transmet par contact direct entre animaux, mais également indirectement via l’environnement (linge, cages, surfaces). L’acarien peut survivre plusieurs jours dans le milieu extérieur, ce qui rend possible une contamination indirecte en l’absence d’hygiène rigoureuse. La maladie est également une zoonose transitoire, pouvant provoquer des lésions cutanées chez l’humain en cas de contact mais avec une guérison spontanée. En clinique vétérinaire, la prise en charge d’un animal suspect de gale sarcoptique nécessite une hygiène renforcée : isolement de l’animal, port d’équipements de protection individuelle, gestion stricte du linge et nettoyage soigneux des surfaces. Le niveau de contagion est élevé, en particulier en collectivité, et une mauvaise gestion de l’environnement peut favoriser la propagation de l’infestation.

Toux du chenil

Para-Influenza et l'Adénovirus ainsi que des bactéries, notamment Bordetella bronchoseptica et Mycoplasma cynos

La toux de chenil est un ensemble d’infections respiratoires se transmettant très facilement par voie aérienne ou par contact direct entre chiens. Les agents impliqués (virus et bactéries) peuvent se propager dans l’air lors d’une toux ou d’un éternuement, et survivre quelques heures à quelques jours sur les surfaces. Le niveau de contagion est élevé, surtout en milieu clos, peu ventilé ou très fréquenté;

En cas de risque zoonotique, la protection de l’équipe devient prioritaire.

Adaptation de l’espace en fonction du mode de transmission

En cas de risque respiratoire, l’objectif est de limiter la dispersion des microparticules. Une serviette légèrement humide peut être positionnée devant la cage afin de capter une partie des particules, sans jamais bloquer la ventilation. En cas de risque oro-fécal ou environnemental, l’enjeu principal est d’éviter la contamination du sol, du matériel et des chaussures. Lorsque la contamination se fait par contact direct ou indirect, la priorité est de limiter la transmission via les mains, le matériel et le linge.

Fin de soins et sortie du lazaret Une fois les soins terminés : le matériel est immédiatement nettoyé et désinfecté, les surfaces de travail sont traitées, la cage est remise en état si nécessaire. La sortie du lazaret suit un ordre précis : retrait de la surblouse , retrait des autres EPI, retrait des gants, lavage soigneux des mains.

Le pédiluve : rôle, limites et bonnes pratiques Le pédiluve est parfois mis en place dans les zones à risque infectieux élevé, notamment à l’entrée ou à la sortie d’un lazaret. Son objectif est de limiter la dissémination des agents pathogènes par les semelles, qui constituent un vecteur majeur de transmission indirecte. Cependant, comme pour les autres équipements, son efficacité dépend entièrement de la manière dont il est utilisé. Un pédiluve n’a d’intérêt que si : les semelles sont visiblement propres avant le passage, le produit utilisé est adapté au risque infectieux, la concentration et le temps de contact sont respectés, la solution est renouvelée régulièrement. Un pédiluve souillé par de la matière organique (terre, litière, poils, déjections) devient rapidement inefficace, voire contre-productif.

Anticiper avant d’entrer : une étape indispensable Avant toute entrée dans le lazaret, il est impératif de préparer les soins en amont. Cela implique de déterminer précisément ce qui doit être fait, le matériel nécessaire et l’ordre des gestes. Entrer sans préparation expose à des allers-retours inutiles, à des sorties précipitées ou à des manipulations à risque. L’objectif est clair : entrer une seule fois, réaliser l’ensemble des soins nécessaires, puis sortir.

Teigne

champignons dermatophytes

La teigne est une maladie fongique contagieuse, causée par des champignons dermatophytes (principalement Microsporum canis chez le chat et le chien). Elle atteint la peau, les poils et parfois les griffes. Il s’agit d’une zoonose, pouvant se transmettre à l’humain. La transmission se fait par contact direct avec un animal infecté, mais surtout par contact indirect, via les poils contaminés, les squames, le matériel, les surfaces ou l’environnement. Les spores fongiques se détachent facilement et se disséminent largement. Les agents responsables de la teigne sont très résistants dans le milieu extérieur. Les spores peuvent survivre plusieurs mois, voire plusieurs années dans l’environnement, en particulier dans des locaux poussiéreux, mal nettoyés ou insuffisamment désinfectés. Le niveau de contagion est élevé, notamment en collectivité, avec un risque important de propagation rapide si des mesures d’hygiène renforcée, de nettoyage rigoureux et de désinfection adaptée ne sont pas mises en place.

Les charlottes

Attacher les cheveux est indispensable, mais ce n’est pas toujours suffisant. Même attachés, les cheveux peuvent : frôler l’animal lors d’une contention, entrer en contact avec des surfaces souillées. La charlotte est donc recommandée en complément pour les cheveux longs. La charlotte est un équipement de protection individuelle destiné à contenir les cheveux et à éviter qu’ils ne deviennent un vecteur de contamination, Elle évite que les cheveux soient souillés par des matières contaminantes, limite le transport passif d’agents infectieux hors de la zone à risque, réduit le risque de contact entre cheveux et muqueuses (visage, yeux) Pour être efficace, la charlotte doit : être mise avant l’entrée dans la zone à risque, contenir l’ensemble de la chevelure, être retirée avant la sortie de la zone, être éliminée immédiatement après usage si elle est jetable, être associée à une hygiène des mains après retrait.

Gants

Les gants font partie des équipements de protection individuelle les plus utilisés, leur rôle est central, mais souvent mal compris. Ils constituent avant tout une barrière temporaire destinée à limiter la contamination directe et indirecte.

Les gants protègent le porteur en : évitant le contact direct entre la peau et les matières contaminantes (sang, urines, selles, salive, sécrétions). Cette protection est limitée dans le temps, car : les gants peuvent se contaminer très rapidement, ils deviennent eux-mêmes des vecteurs de transmission s’ils ne sont pas changés, ils ne protègent pas contre les contaminations indirectes si les gestes ne sont pas maîtrisés (portage des gants au visage ou sur une surface propre , ne doivent jamais être portés d’une zone à une autre ). Les gants ne remplacent jamais le lavage des mains : Un gant souillé devient rapidement plus contaminant qu’une main propre, ne doivent jamais être réutilisés. Pour être efficaces, les gants doivent :être mis juste avant le soin,être changés entre chaque animal,être retirés dès qu’ils sont souillés ou endommagés, être retirés sans toucher la face externe, être éliminés dans la filière adaptée. Une hygiène des mains est toujours réalisée avant et après le port de gants. Le double gantage est particulièrement utile en contexte d’hygiène renforcée et de gestion du lazaret. En pratique : la première paire de gants est utilisée pour manipuler l’animal, cette paire est retirée une fois la manipulation terminée, la seconde paire permet de manipuler le matériel de nettoyage et les produits, elle est retirée avant le lavage des mains et la sortie de la zone.