Denise Rocher alias "Josette" La dernière du Réseau electre-bouleau 1943-1944
Réseau homologué le 16 septembre 1946, reconnu Unité Combattante du 1er juin 1942 au 30 septembre 1944.
Collège LETOT 5 rue de verdun 14400 Bayeux
l' organigramme du réseau en mai 1944
index
LA génèse du projet
Double denonciation au sein du reseau
CHRISTOPHE : André Poirier
CHronologie des arrestations
josette: denise Rocher (la derniere survivante du réseau
Suppliciés dans les locaux de la gestapo lyonnaise
C'est quoi un réseau?
Jose et josette : auguste rocher, une victime de la barbarie nazie (partie I)
Electre-bouleau : un réseau du bcra
internement à montluc
les deportations
EMETTRE SOUS ELECTRE-BOULEAU
Morts pour la france
Jose : auguste rocher, une victime de la barbarie nazie (partie II)
DESIRE : Wilder salomon, technicien du reseau
3 identites pour 1 seul homme : jean sanChis
Conclusion
Le rapport de RICHET, FIN 1944, sur les arrestations : un document incroyable permettant d'entrer au coeur du reseau
L'émission radio de la Letot radio show
Les rapports hebdomadaires du chef du réseau : janvier-mai 1944
Nos reporters d'investigation
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Préambule : la génèse du projet
Les classes de 3ème de Mme Sophie Auvray , accompagnées de Yann Thomas (Assistant d'Education) du collège, vont depuis 6 ans, à la rencontre des résidents (es) de la maison de retraite La Reine Mathilde à Bayeux (Calvados) afin d’évoquer
leurs souvenirs de l’occupation. Madame Richard (aujourd’hui décédée) nous a parlé de son demi frère André POIRIER, alias
Christophe, opérateur-radio du réseau Electre-Bouleau, Mort pour la France en déportation le 6 décembre
1944 à Flossenbürg (Allemagne). Nous lui avons fait la promesse d’effectuer des recherches dans les archives du Service Historique de la
Défense à Vincennes et dans celles de la Division des archives des Victimes des Conflits Contemporains à Caen (Calvados) afin de lui apporter des réponses sur l’histoire de son
frère dans la résistance.
Devant la masse de documents sur le réseau au S.H.D à Vincennes, en particulier dans les cartons GR 28P 3 133 et GR 17P 118, nous avons eu comme projet d'aller plus loin, le choix s’est vite orienté vers la réalisation d’une exposition itinérante.
Au cours de nos recherches sur chaque membre du réseau, il est apparu la possibilité qu'un (e) agent (e) de liaison soit encore en vie. Nous avons cherché cette Agent (e) dont le pére, aussi membre d'Electre-Bouleau, fut arrêté à Lyon le 18 mai 1944 et Mort pour la France le 7 décembre 1944 en déportation à Flossenbürg (Allemagne) : il s'agit de Denise et Auguste ROCHER, alias Josette et José. Durant deux ans, nous avons pisté Denise! Nous l'avons enfin retrouvée à Saint-Etienne (Loire). Voici son histoire et celle des femmes et des hommes du réseau Electre-Bouleau au cours des années 1943-1944.
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La peur
Qui est Hélène Salomon?
Hélène Salomon en 1951. AC 21P 646773
« J'avais une peur terrible, je n'avais jamais ressenti une telle peur de ma vie. J'étais constamment, constamment, constamment stressée, constamment convaincue que j'allais être arrêtée, constamment, constamment, à tel point que, lorsque j'ai été arrêtée, j'ai été soulagée. C'était fini. D'autres choses commençaient, mais il n'y avait plus cette horrible peur viscérale. Et quand les gens vous disent qu'ils n'ont pas eu peur, eh bien, tant mieux pour eux, parce que je vous jure que j'avais peur. C'était horrible. »
rencontre Emouvante avec mme Richard
Une rencontre qui changera tout
Les investigations
Le retour sur les recherches
Un cadeau Mémorable
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André POIRIER : operateur-radio
(Photo à gauche) archives privées, (document au centre) archives Arolsen, (document à droite) fiche matricule de recrutement, (photo en haut à droite) dossier AC 21P 526679.
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CHRISTOPHE
Extrait du rapport du chef du réseau rédigé le 9 janvier 1944, arrivé à Londres le 5 février 1944, annonçant le recrutement d'André POIRIER.
Sa vie avant la résistance
Son rôle dans le réseau
Son arrestation
Mort pour la France
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C'est quoi un réseau du B.C.R.A?
Quel est le rôle d'un réseau de résistance?
Comment fonctionne un réseau?
Chaque réseau a une organisation quasi militaire, structurée et hiérarchisée, avec un chef de réseau, des adjoints, des agents de liaison etc..
Qui sont les agents du réseau ?
* Dans son rapport au B.C.R.A de février 1944, le chef d'Electre indique qu'il y a une vingtaine d'occasionnels au service du réseau.
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Ici Londres, vous allez entendre les informations en français, veuillez écouter tout d’abord, quelques messages personnels
"Electron ne rencontre plus Lyon" "Bonsoir mon vieux copain, tu seras un homme mon fils." "N’allez plus chez les amis de Paulin."
Ces trois phrases, de la célèbre émission "les français parlent aux français" diffusée par la B.B.C, sont citées comme codes pour le réseau Electre-Bouleau dans le questionnaire soumis à Richet (Jacques Salomon) en vue de l'homologation du réseau dans le rapport de la commission nationale d'homologation des F.F.C daté du 19 juin 1946. Carton GR 17P 118
Pour aller + loin
L'organisation du réseau Electre-Bouleau
Le réseau Electre-Bouleau
Quels étaient les professions des agents?
Pour aller + loin : Le recrutement de Christophe
Les documents administratifs du réseau
Pour aller + loin : les numéros des agents
Pièce du dossier GR 17P 118
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EMETTRE DANS LA CLANDESTINITE
Les dangers des communications radio
Les rôles dans le réseau
Le poste émetteur-récepteur
Les ondes : comment cela marche ?
L'activité du réseau
Extrait du rapport du chef du réseau au B.C.R.A rédigé le 3 mai 1944 : arrivé le 6 juin 1944 à Londres, montrant, en avril 1944, l'activité de Charles PETOT alias Marin, opérateur-radio du réseau.
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wILDER SALOMON ALIAS DESIRE : le technicien du RESEAU
Martyr de Communay, 9 juin 1944
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Desiré
Sa vie avant la résistance
Son rôle dans le réseau
Son arrestation
Mort pour la France
Pour aller + loin : une pièce du dossier de Desiré
Attestation de Renal (Jacques Salomon) en 1958 attestant des états de service de Wilder Salomon.AC 21P 659664
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Les rapports hebdomadaires du chef du réseau (janvier 1944-mai 1944)
Qui rédige les rapports ?
Comment avons-nous pu identifier les auteurs ?
Qui sont les interlocuteurs du B.C.R.A à Londres recevant ces rapports?
Comment ces rapports sont-ils transmis à Londres ?
Quels sont les problèmes liés à ces rapports ?
Les rapports envoyés à Londres de janvier à mai 1944
Que nous apprennent ces rapports ?
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Denise Rocher, Agent de Liaison
Alias en France : Josette Alias à Londres : Marchand Josette/Charmin Arlette Matricule au B.C.R.A : RW 54Fr
Pièces du dossier de Denise Rocher. GR 16P 516271
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Comment avons-nous retrouvé Denise?
Recherches sur les réseaux sociaux et dans les registres de l'Etat-Civil
Porte à porte à Saint-Etienne
Les 100 ans de Denise sur les réseaux
Retrouver Denise, nous a pris 2 ans.
Ce que Denise nous a dit sur son rôle dans le réseau
Denise, toujours en résistance
"Quelques petits services"
Qui est donc son chef?
Où transportait-elle des "choses"?
Pour en savoir plus sur Cazenave, chef du réseau
Pour en savoir plus sur les époux Maire, les "boîtes aux lettres" du réseau
Le dossier administratif de résistante de Denise : dossier GR 16P 516271
Le dossier de titre, homologation pour faits de résistance de Denise ROCHER ne comporte que très peu de pièces, signalons tout de même un mémoire de proposition de citation pour fait de résistance avec cette mention : « Jeune agente chargée de missions dangereuses de liaison et de transport de matériel et d’armes, qu’elle a toujours accomplies avec courage et simplicité. Arrêtée par la police française alors qu’elle transportait un poste émetteur, elle a refusé de fournir aucun renseignement aux enquêteurs malgré les menaces et les sévices dont elle a été l’objet. Elle a ainsi permis à une organisation de résistance de la faire évader sans que la sécurité de son propre réseau ait été en rien compromise ». Ce mémoire de proposition a été rédigé le 3 août 1945 par Renal (Jacques Salomon) le chef du réseau, mais également une attestation d’appartenance au F.F.C où nous apprenons que Denise ROCHER était agent P2, en qualité de chargé de mission de 6ème classe.
MARCHAND JOSETTE ou CHARMIN ARLETTE :comme alias administratif?
Nous sommes restés longtemps interrogatifs sur ce point et la réponse était sous nos yeux.En effet dans l'annexe du rapport du chef du réseau d'octobre 1943 figure la citation de Marchand Josette, dans le dossier administratif de Denise Rocher figure une citation similaire. Donc Marchand Josette, Arlette Charmin sont une seule et même personne : Denise ROCHER.
Proposition de citation dans le rapport du chef d'électre en octobre 1943
Proposition de citation dans le dossier de Denise Rocher en août 1945
L'entrée en résistance de Denise Rocher :
La difficile confrontation de l'histoire orale et des archives administratives
Concernant son entrée dans la Résistance
Les incertitudes concernant l'entrée en Résistance de son père
L'arrestation de Denise Rocher
Ce que Denise nous a dit
Ce que nous avons trouvé dans une enquête liée à la chute du réseau en 1944
Ce que nous avons trouvé dans l'annexe du rapport du chef du réseau d'octobre 1943
Les conclusions, en recoupant toutes les recherches
Transcription de l'annexe du rapport d'octobre 1943 du chef du réseau sur l'affaire Josette
L'évasion de Denise
Interrogée puis évadée par une action du réseau ajax
Son interrogatoire
La préparation de son évasion
Son évasion
"Au vert" jusqu'à la fin de la guerre.
Denise par sa hiérarchie
Annexe au rapport du chef du réseau à destination du B.C.R.A d'octobre 1943 après l'arrestation de Denise
"Dans votre 23 du 13 code A vous me demandez ce que je compte faire de Josette. Il m'est assez difficile de l'employer efficacement, car il est dangereux de la faire voyager, et si elle était reprise, il serait alors impossible de la sortir des griffes de Vichy ou des boches.
C'est une petite fille extrêmement consciencieuse, dévouée et travailleuse; si vous en aviez l'emploi, je serais très content de vous l'envoyer. J'ajoute qu'elle n'est pas dactylo."
Notre visio avec Denise
""j'ai rendu quelques petits services"
"Mon papa était dans la résistance, un jour, ils ont eu besoin d'un service, je me suis proposée pour faire quelques courses" "ce que j'avais à faire, je le faisais, c'est tout""J'ai rendu quelques petits services""Je m'excuse mais je ne peux pas vous dire ce que j'ai rendu comme service" "Nous savons que vous transportiez des valises émettrices et des armes..." "J'avais un contact dans un café à Grenoble" "c'était René et Renée Maire votre contact?" "Je ne connaissais pas leur nom" "Les instructions quand on se faisait arrêter, c'était Motus" "les autres résistants, c'était comme des camarades de travail. Je ne connaissais que les gens de mon réseau. Mon chef s'appelait Cazenave""Lorsque j'ai été arrêtée, j'ai rencontré 4-5 messieurs qui m'ont posé des questions. Au lieu de regagner ma cellule, j'ai essayé de m'évader. Alors, j'ai marché à 4 pattes, je suis passée devant un guichet où il y avait un messieur qui ne m'a pas vue. Une fois dehors, j'ai retrouvé des amis qui dirigeaient un bistro à Lyon, puis mes parents et mes amis m'ont cachée jusqu'à la fin de la guerre dans une ferme à la campagne près de Saint Etienne. Les gendarmes avaient ordre d'empêcher des gens de s'approcher de la ferme" "Après la guerre, j'ai repris mon travail de couturière"
Les élèves de 3ème de Mme Auvray ont interrogé Denise en visio sur son implication dans la résistance.Voici leur entretien
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José : Auguste ROCHER, père de Denise une victime de la barbarie nazie
Pièces du dossier AC 21P 147218 et Arolsen.
José : auguste rocher, père de Denise une victime de la barbarie nazie
José : sa vie et son engagement dans la résistance
Torturé, interné à Montluc, déporté
La mort d'Auguste
Pièce du dossier AC 21P 659664
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Le rapport de RICHET, Fin 1944, sur les arrestations au sein d'Electre-bouleau : un document incroyable permettant d'entrer au coeur du reseau
"Le fonctionnement normal du réseau comportait entre le Chef et son adjoint d’une part et le chef des liaisons d’autre part trois rendez-vous par jour, le matin vers 8h30, le midi vers 12 ou 14h, suivant le cas et le soir entre 18 et 20 h.Le Chef de réseau prenait ainsi connaissance du courrier départ et arrivée et en réglait la répartition suivant les centres d’émission ; il recevait également et transmettait ainsi son propre courrier inter-réseaux et avec Londres".
Carton GR 28P 3 133
RICHET
PHOTOGRAPHIE de l'organigramme des agents P2 du reseau à la datE du 18 mai 1944
d' aprés le rapport richet sur les arrestations opérées au sein du réseau
Les biographies
Mort pour la France
Déporté-revenu
Evadé
Relâché
A Grenoble, la boîte aux lettres du réseau est le café des époux Maire, mais ils ne sont pas agents P2, vous pouvez cependant découvrir leur biographie sur la page "ce que Denise nous a dit sur son rôle dans le réseau".
Non arrêté
Intelligence avec l'ennemi
Double denonciation au sein du réseau
Le recrutement de Remy et d'Henri
La trahison d'Henri
La mort d'Henri sans aucune forme de procès
Le recrutement de Rémy
La trahison de Rémy
Extrait du rapport de fin avril/début mai du chef du réseau à destination du B.C.R.A annonçant le recrutement de 3 agents dont Henri et Remy. Carton 28P 3 313.
Rémy fusillé pour crime de trahison
Pour aller plus loin, "le télègramme daté du 26 mai 1944 envoyé au B.C.R.A suite à l'enquête sur les arrestations"
Double dénonciation : le témoignage de Richet
Le dossier
Nous avons masqué les noms de famille des mis en cause.
Carton GR 28P 3 133
Double dénonciation : le témoignage de Mme Poirier
Carton GR 28P 3 133
Le dossier
Nous avons masqué les noms de famille des mis en cause.
Double dénonciation : le témoignage de Félix
Le dossier
Carton GR 28P 3 133
Nous avons masqué les noms des mis en cause
CHRONOLOGIE DES ARRESTATIONS
Une fois la trahison établie, la Gestapo n’a plus qu’à procéder aux arrestations. Nous vous présentons par ordre chronologique le déroulement des faits :
Le 17 mai
Le 18 mai
Jean-Paul Mercier alias Laurent, opérateur-radio, Mort pour la France, en déportation, le 3 mai 1945. AC 21P 515468
SuppLICIéS Dans les locaux de la gestapo lyonnaise*
* Après le bombardement du 26 mai 1944 et la destruction partielle de l'école de santé militaire, les interrogatoires se poursuivront place Bellecour.
Richet (Jacques Salomon), dans son rapport de fin 1944 sur les arrestations, énumère d’une façon générale les arrestations au sein du réseau, puis évoque de manière plus précise son expérience personnelle.
Ici, nous n’évoquerons que les faits ; pour les « détails », nous vous renvoyons à la lecture du rapport de Richet et à la lecture des encarts : "extrait du témoignage de Roby et extrait du témoignage de Martine".
Supplices
Interrogatoire
Extraits du témoignage d'Hélène Salomon alias Martine (femme de Richet), en 1983, sur ses souvenirs d'interrogatoires.
Extrait du témoignage de Roby : sa confrontation avec Richet dans les locaux de la Gestapo.
Pour aller plus loin...
Dans les pièces à conviction du procès du criminel de guerre Klaus Barbie (1913-1991), qui se déroule en 1987, figure la déposition de « Roby » (Robert Clor) sur les tortures qui lui ont été infligées par ce tortionnaire et ses hommes. Le 26 mai 1987, Roby témoignera devant la cour à la 51 ème minute de cette émission.
Internement a la prison de montluc
Le fichier des internés de la prison de Montluc gardent la trace du passage de plusieurs hommes du réseau
En fin de soirée, le 18 mai 1944, les hommes et femmes d’Electre sont conduits à la prison de Montluc où les interrogatoires se poursuivront.
Cliquez sur les photos
Le fichier est en consultation libre sur le site internet des Archives Départementales du Rhône
Les déportations
Vers la mi-juin 1944, certains internés du réseau sont extraits de leurs cellules de Montluc afin d’être acheminés vers une destination inconnue tout d’abord par camions puis par train. Cette destination : c’est Compiègne (Oise) pour certains et Paris pour d'autres. C’est à partir de Compiègne principalement qu'ils furent déportés, à des dates différentes, dans différents camps de concentration en Allemagne.
5 d’entre eux faisaient partie des déportés du tristement célèbre convoi I. 240 plus connu sous le nom de convoi de la mort.
Christophe, Poirier André
Joseph, Sanchis Jean
Martine, Salomon Hélène
Marin, Petot Charles
Farge, Faraggi Raphaël
Richard, Werth Marius
Roby, Clor Robert
Laurent, Mercier Jean-Paul
José, Rocher Auguste
Barrière, Maire René
René, Schmitt René
Betty, Maire Renée
MORTS POUR LA FRANCE suite aux arrestations du 17 et 18 mai 1944
MORTS POUR LA FRANCE en déportation
POIRIER André, 06 décembre 1944 à Flossenbürg (Allemagne). FARAGGI Raphaël, 30 janvier 1945 à Bergen-Belsen (Allemagne). ROCHER Auguste, 07 décembre 1944 à Flossenbürg (Allemagne). SCHMITT René, 02 juillet 1944 au 05 juillet 1944 à Dachau (Allemagne). WERTH Marius, 02 juillet 1944 au 05 juillet 1944 à Dachau (Allemagne). MERCIER Jean-Paul, 15 mai 1945 à Sandborstel (Allemagne).
MORT POUR LA FRANCE à la suite de sa déportation
SANCHIS Jean, 12 octobre 1949 à Paris.
MORT POUR LA FRANCE fusillé par les Allemands
SALOMON Wilder, 9 juin 1944 à Communay (Rhône).
Sous une triple identité Jean SANCHIS- joseph DEVesA-alias josephUn légionnaire résistant mort à la suite de sa déportation*
Jean Sanchis-Joseph Devesa : légionnaire.
Joseph Devesa alias Joseph, agent de liaison et de protection de Marin.
Arrêté, interné à Montluc et déporté.
Sa libération, son rapatriement via la Suède, sa mort en 1949.
Jean Sanchis, en mai 1945, dossier AC 21P 669856 (photo) et archives Arolsen (document).
Jean Sanchis a été rapatrié en France via la Suède.
* les couleurs de la Légion étrangère.
Conclusion
Nous souhaitons faire une demande pour que Denise Rocher puisse être honorée de la Médaille de la Résistance à titre exceptionnel ou de la Légion d'Honneur.
Nous avons trouvé, au cours de nos recherches deux citations la concernant, la première en octobre 1943 dans un rapport du chef du réseau envoyé au B.C.R.A, la seconde dans le dossier de Denise Rocher avec un mémoire de proposition de citation à l'ordre du régiment signé par Jacques Salomon (chef du réseau sous les alias Richet et Renal) et daté d'août 1945. Les archives de l’Ordre de la Libération ne contiennent absolument aucune pièce la concernant. Ces deux propositions de citation semble être restées lettre morte. Quatre-vingt-trois ans après son arrestation, le 15 septembre 1943, il nous semble important de rendre hommage à Denise Rocher pour son engagement dans la Résistance, mais aussi pour le prix que sa famille a payé dans la défense des valeurs qui constituent le ciment de notre démocratie : la liberté, l’égalité et la fraternité. Elle est également l’un des derniers agents P2 du B.C.R.A immatriculé RW 54Fr. Pour ces différentes raisons, les élèves et le personnel du collège Charles Letot de Bayeux (département du Calvados) proposent aux autorités compétentes l’attribution de la Médaille de la Résistance à titre exceptionnel ou de la Légion d'Honneur à Denise Enjolras (née Rocher le 20 septembre 1925 à Saint-Étienne), agent P2 chargée de mission de 6ème classe, agent de liaison du réseau Électre-Bouleau.
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Notre émission de radio
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Les reporters investigateurs
Nos reporters d'investigateurs de le 6ème à la 4ème en enseignement général ou du dispositif ULIS
- Maxime Cambron
- Johanna Hulin
- Daphné Fayolle
- Camille Palais-Françoise
- Constant Philipine
- Emma Legoubé
- Pollen Broggi-Perron
- Cyrielle Brosselard
- Clémence Barbé
- Paul Goudal
- Angel Agut
- Benjamin Lair
- Alexandre Frin
- Mathilde Lebastard
- Arthur Salou
- Gabin Tambouret
- Raphaël Leclerc
- Pacôme Briard
- Evan Cayez
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Un travail d'équipe
Enquête et documents réalisés par :
Les reporters de la Web Radio (Letot Radio Show)
L'équipe pédagogique :
Les élèves :
Yann Thomas, Assistant d'Education
Maxime Cambron, élève de 4ème E, grand technicien de la LRS.
Sophie Le Parlouër, professeure d'EPS
Matthéo Pitiot, élève de 3ème A, notre porte à porte à Saint-Etienne.
Sophie Auvray, professeure d'histoire
Gwenola Landais, professeure d'histoire
Les élèves de 3ème E (2020-2021)
Philippe Dufour, professeur de technologie
Les élèves de 3ème A (2021-2022)
Les élèves de 3ème D (2025-2026)
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OUVRAGES CONSULTES : Les réseaux de résistance de la France combattante, dictionnaire historique, Service Historique de la Défense, sous la direction de Stéphane Longuet et Nathalie Genet-Rouffiac, Editions Economica, 2013. Les opérateurs radios clandestins, SOE, BCRA, OSS, Jean-Louis PERQUIN, Histoire et Collections, 2011. La résistance dans le département de l’Ain, 1940-1944, Patrick Veyret, Editions De Borée, 2016. Les Combattantes de l'Ombre : histoire des femmes dans la Résistance, 1940-1945, Margaret Collins Weitz, 1997. Les françaises à Ravensbrück, ouvrage collectif, 1965. SOURCES (Archives publiques): Service historique de la Défense, Vincennes GR 17 P 118, réseau Electre-Bouleau. Service historique de la Défense, Vincennes GR 28 P 3 133, réseau Electre-Bouleau. Division des archives des Victimes des Conflits Contemporains, Caen, dossiers individuels des membres du réseau en 21P. Service historique de la Défense, Vincennes, dossiers individuels des membres du réseau en 16P et 28P.
SOURCES numériques :
Archives Arolsen
CHDR Lyon.
Fondation pour la mémoire de la déportation.
Site internet de l’association des rescapés de Montluc
Nos sources
Camp de concentration de Flossenbürg
Témoignage de Robert CLOR.
Témoignages de déportés de l’Ain et recherche nominative d’un déporté de l’Ain.
Information sur René SCHMITT.
Site internet fusillés 1940-1944
REMERCIEMENTS
- Jacqueline Richard (1926-2023), pour son témoignage et sans qui cette passionnante investigation au coeur de l'Armée des Ombres n'aurait pas eu lieu.
- Madame Denise Enjolras, alias Josette pour s'être livrée au jeu des questions-réponses. Un immense MERCI.
- La famille de lucile et d'André Poirier.
- Madame Nicole Aubourdy, adjointe au Maire chargée des Séniors de la ville de Saint-Etienne.
- Le personnel du Service Historique de la défense à Vincennes.
- Madame Pascale Foucher, adjudant(e)-chef (ER) du S.H.A.T puis du S.H.D.
- Mr Alexandra et le personnel de la Division des Archives des Victimes des Conflits Contemporains à Caen.
- Le personnel des Archives Départementales du Rhône, de l'Orne, de Paris.
- Madame Raphaële Bedia du CHU de Saint-Etienne.
- Le personnel de la médiathéque du Mémorial de Caen, pour son accueil et sa grande disponibilité.
- La mairie de Groissiac, de Céaucé, de Lyon, de Saint-Etienne, de Caluire.
- Madame Fabienne Manteca et Monsieur Guillaume Peigné, notre ancienne équipe de direction du collége.
- Marylou Thomas, ancienne élève du collège, pour ses recherches de dernières minutes au S.H.D à Vincennes.
- Salome Serey pour son interprétation du chant des partisans.
- Les assistantes d'éducation et les CPE de la Vie Scolaire de notre collége.
- Mme Perrine Estienne IA-IPR de lettres et M Michaël Courronnet IEN-ETEG en lettres et histoire.
- Madame Catherine Ploteau qui doit subir chaque Mardi au CDI les reporters de la letot Radio Show!
Annexes
L'épopée tragique de Cazenave Jacques Tayar chef du réseau Compagnon de la libération
Cazenave : une figure de la résistance
Un destin brisé-Compagnon de la Libération
Jacques Salomon (alias Richet) : témoigne
Renée et René Maire, la boite aux lettres du réseau à grenoble
Le café des époux Maire
La branche du réseau à Grenoble
René et Renée
. .
Leur arrestation et leur déportation
En recoupant les sources, nous pouvons affirmer que Denise ROCHER alias Josette, le 15 septembre 1943, a été arrêtée dans un train par deux agents des douanes et qu’elle transportait un poste émetteur Paraset, au retour d'une mission.Dans ce train, il y avait un autre agent de liaison, probablement René (René Schmitt) qui a réussi à échapper à l'arrestation.
AFFAIRE JOSETTE – Étant donné l’incertitude dans laquelle nous étions sur le bon fonctionnement d’un « Mark V » et la pauvreté de notre matériel, nous avons été amenés, début septembre, à faire faire à un paraset un aller et retour à Bellegarde.
C’est au cours du voyage de retour que notre agente a été interrogée par des douaniers qui l’ont mise en état d’arrestation dans le train.
Le rapport des douaniers est imbécile, mais je soupçonne fort ceux-ci de l’avoir chargé volontairement par crainte des sanctions de la (illisible). En effet, ils ont tenté d’arrêter un de nos agents de liaison qui avait retrouvé Josette. Cet agent a pu s’enfuir. Or, un des douaniers a exprimé devant Josette et son camarade le regret de ne pas avoir sorti son revolver et tiré sur le fugitif.
Je vous communiquerai, si vous le désirez, le nom des deux douaniers en question.
Dès que j'ai été avisé de l'arrestation de Josette, j'ai immédiatement alerté Ajax.
Je n'ai qu'à me louer de la diligence avec laquelle il s'est occupé de cette affaire, aboutissant en 48 heures à la libération de Josette. Je tiens également à citer le dévouement de son adjoint, qui n'a pas ménagé sa peine.
L'attitude de Josette a été parfaite et a étonné, aux dires d'Ajax, les inspecteurs eux-mêmes.
Dans votre 23 du 13 code A vous me demandez ce que je compte faire de Josette. Il m'est assez difficile de l'employer efficacement, car il est dangereux de la faire voyager, et si elle était reprise, il serait alors impossible de la sortir des griffes de Vichy ou des boches.
C'est une petite fille extrêmement consciencieuse, dévouée et travailleuse; si vous en aviez l'emploi, je serais très content de vous l'envoyer. J'ajoute qu'elle n'est pas dactylo. PROPOSITIONS Croix de guerre
Ordre : Armée (illisible) : René SEIGLE. "Jeune Alsacien, modèle des vertus et des qualités françaises. Chef de protection et liaison d’un réseau transmission, fait preuve chaque jour, dans l’accomplissement de sa dangereuse mission, d’un courage et d’un dévouement dignes de tous les éloges.
A esquivé deux arrestations grâce à un esprit d’initiative et une rapidité de décision qui lui valent l’estime particulière de ses chefs. » Citation
Ne comportant pas l’attribution de la croix de guerre. MARCHAND Josette.
Jeune agente de liaison, arrêtée par la police de Vichy, alors qu’elle transportait un poste émetteur. A montré, au cours de l’interrogatoire, beaucoup de sang-froid et de courage. A refusé de faire quelque révélation que ce soit sur son activité, ses camarades ou ses chefs. S’en est tenu à un récit entièrement fantaisiste, après lequel elle a déclaré : « même si vous menacez de me fusiller, je ne dirai rien d’autre ».
Salomon Wilder est né le 20 avril 1924, à Metz (Moselle). Salomon, dit « Sally » exerçait la profession d’Electro-Mécanicien.
Rapport début janvier 1944, rédigé le 9 janvier, arrive à Londres le 5 février. Rapport fin janvier 1944, rédigé le 30 janvier, arrive à Londres le 5 février. Rapport février 1944, date de rédaction inconnue, arrive à Londres le 4 mars. Rapport mars 1944, date rédaction inconnue, arrive à Londres le 1er avril 1944. Rapport fin mars - début avril 1944, date rédaction inconnue, arrive à Londres le 10 avril 1944. Rapport avril- début mai 1944, rédigé le 3 mai, arrive à Londres le 6 juin 1944 !!!!
Agent de liaison et de protection de Laurent Henri L.
Alias Henri. Recruté dans le réseau au début du mois de mai 1944 (administrativement). Recrutement effectué par Roby (Robert Clor), Roby l'indique dans le témoignage qu'il nous a laissé (voir "Nos Sources"). Exécuté sommairement par le maquis pour trahison en juin 1944.
Note de l’équipe pédagogique
Afin de nous conformer à la loi en vigueur et ainsi protéger les éventuels ayants-droit, il nous est strictement interdit de divulguer la quasi-totalité des renseignements collectés dans les archives sur ce dernier.
Nos reporters ont du mal à concevoir cet état des faits à l’heure des réseaux sociaux.
Pour en savoir plus, se référer au chapitre « Double dénonciation au sein du réseau ».
Opérateur radioJean-Paul Mercier Alias en France Laurent, alias à Londres Amblon Jacques. Matricule au B.C.R.A : RW 73.303 Né le 26 janvier 1920 à Grenoble. Agent P2 à partir du 22 octobre 1943. Arrêté le 17 mai 1944 à son domicile 7 rue de la Platiere à Lyon (Rhône). Déporté au camp de Neuengamme (Allemagne) où il arrive le 18 juillet 1944. Mort pour la France en déportation au camp de Sandborstel (Allemagne) le 15 mai 1945.
« Richard » (Marius Werth) et « Chifflet » (Robert Chifflet) à Lyon (Rhône). « Richet » (Jacques Salomon) et sa femme (Hélène) à leur domicile. « José » (Auguste Rocher) à la boîte aux lettres du réseau Arséne à Lyon (Rhône). « Marin » (Charles Petot), « Barrière » et « Betty » (Renée et René Maire), «René » (René Schmitt) à Grenoble (Isère). « Désiré » (Salomon Wilder) à Caluire (Rhône). « Joseph » (Jean Sanchis), il y a un doute sur son lieu d'arrestation : Lyon ou Grenoble, nous avons retenu celle de Grenoble.
Pièce du dossier de Jean Sanchis. AC 21P 669 856.
C’est Jacques Salomon, alias Renal-Richet, qui aura la lourde tâche d’annoncer son décès à sa famille, comme il l’indique dans son rapport envoyé au BCRA au début du mois de janvier 1944 : « Avant de recevoir votre tg 54 code B du 21 (arrivé d’ailleurs le 24/12 seulement), nous avions appris par le docteur l’affreux accident survenu à Cazenave. Vous comprendrez notre immense chagrin, quand vous saurez que, depuis la mi-septembre, nous ne nous sommes à peu près pas quittés, lui et moi, travaillant nuit et jour tous les deux, passant avec sa famille nos rares moments de loisirs. Cette vie en commun de tous les instants avait créé entre nous des liens d’amitié qui, pour être de fraîche date,n’en étaient pas moins profonds, et il m’avait demandé de m’occuper personnellement de l’évacuation de sa famille aussitôt après son départ. Je suis venu accompagné de ma femme annoncer la triste nouvelle à sa femme et à sa mère, et vous ne pouvez imaginer leur détresse et leur peine. » En mémoire de son camarade, Blanche et Georges Berger alias Mr et Mme Poulain-Suchard donneront comme prénom à leur fils né en 1944 : Jacques.
Le 17 ou 18 septembre 1943, une opération préparée par le commissaire Roger Bouvard, du réseau Ajax, permet l’évasion de Denise ROCHER.« Je dois faire part que personnellement j’ai été amené à préparer l’évasion, il y a près d’un an à Lyon, d’une jeune fille prénommée Denise, qui avait été arrêtée dans le train et trouvée en possession d’un poste émetteur qu’elle portait dans une serviette » . Dans l'"affaire Josette" du rapport d'octobre 1943, le narrateur indique : "Dès que j'ai été avisé de l'arrestation de Josette, j'ai immédiatement alerté Ajax.
Je n'ai qu'à me louer de la diligence avec laquelle il s'est occupé de cette affaire, aboutissant en 48 heures à la libération de Josette. Je tiens également à citer le dévouement de son adjoint, qui n'a pas ménagé sa peine." Le réseau Ajax , rattaché au B.C.R.A, est un réseau de policiers français crée en juin 1943 dont la centrale est à Lyon qui était, en autre, chargé de l'évasion des personnes arrêtées. Le chef de ce réseau était le commissaire de police Achille PERETTI (1911-1983) alias Ajax, Compagnon de la libération.
« Christophe » (André Poirier) et de sa femme (Lucile) à Groissiac (Ain). « Farge » (Raphaël Faraggi), « Henri » (Henri L), « Roby » (Robert Clor) et « Laurent » (Jean-Paul Mercier) à Lyon (Rhône).
Denise ne nous a donné aucune information sur son arrestation !
Début septembre 1943, le réseau a un souci, un poste émetteur Mark V semble défectueux à Bellegarde, Josette est envoyée en mission pour apporter à l’opérateur radio un poste émetteur dit « Paraset » afin d’effectuer ses transmissions, nous formulons l’hypothèse qu’elle reste plusieurs jours.
Au retour, le 15 septembre, elle devait rapporter le « Paraset » à Lyon, mais dans le train elle est appréhendée par deux agents des douanes qui procèdent à son arrestation.
L’annexe du rapport du chef d’Electre, nous apprends qu’elle n’est pas seule dans le train, un autre agent de liaison du réseau qui devait se trouver avec elle, échappe de peu à l’arrestation au même moment. Nous pensons qu’il s’agit de René, car dans l’annexe du rapport figurent deux demandes de citation sous la rubrique "Affaire Josette" : Josette et René, avec pour lui cette phrase lourde de sens à notre avis : « A esquivé deux arrestations grâce à un esprit d’initiative et une rapidité de décision qui lui valent l’estime particulière de ses chefs ».
Renée Émilie MAIRE est née le 30 septembre 1898 à Grenoble, son alias est Betty.René MAIRE, son mari, est né le 1er juillet 1901 à Grenoble, son alias est Barrière. Il a une formation d’électricien et a été reconnu sympathisant communiste. Il est d’ailleurs cofondateur, après-guerre, de l’association FNDIRP (Fédération Nationale des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes) de l’Isère. Nous avons pu trouver un document dans son dossier d’attribution de la Légion d’honneur attestant qu’il était agent P1 à la date du 1er mai 1943, mais en croisant différentes sources, nous pouvons affirmer qu’il était déjà en Résistance en 1942.
Une notification du rapport d’activité d’avril, début mai 1944 permet d’appréhender cette problématique : « le réseau Opération a pris l’habitude depuis ses transformations à la suite du départ de Vector de nous fixer très tardivement la date d’enlèvement du courrier », nous savons par qui « par le réseau opération » mais cela ne donne pas le moyen qui fut utilisé pour faire parvenir les rapports à Londres, même si l’utilisation d’avion, du type Lysander via des aérodromes clandestins, est la plus probable. Parfois, ces rapports étaient accompagnés d’objets : (rapport d’activité début janvier 1944, rubrique V-Divers) « ci-joint : un exemplaire du Nouvelliste qui se vendait le 31 décembre (1943 ndrl).. ».
Lucile est libérée le 26 mai et rejoint Groissiac. « Christophe » est en cellule avec « René ». Le 19 juin 1944, il quitte Montluc pour Compiégne (Oise) où le 2 juillet 1944, il est déporté vers l’Allemagne dans le convoi I.240. dit de la Mort. Déporté à Dachau, Allach, Hersbrüch puis Flossenbürg, c’est dans ce camp de concentration qu’André Poirier alias « Christophe » est Mort pour la France, à bout de force, le 6 décembre 1944.
Agent de liaison de Christophe (mais qui avait une vue sur l'ensemble du réseau) Jules D.
Alias Remy
Recruté dans le réseau au début du mois de mai 1944 (administrativement).
Fusillé le 1er juillet 1944 pour crime de trahison.
Lucile Poirier (femme de Christophe, André Poirier, opérateur radio) est présente lors de son procès.
Note de l’équipe pédagogique
Afin de nous conformer à la loi en vigueur et ainsi protéger les éventuels ayants-droit, il nous est strictement interdit de divulguer la quasi-totalité des renseignements collectés dans les archives sur ce dernier.
Nos reporters ont du mal à concevoir cet état des faits à l’heure des réseaux sociaux.
Pour en savoir plus, se référer au chapitre « Double dénonciation au sein du réseau ».
Le poste émetteur-récepteur Mark V est le modèle le plus utilisé, les opérateurs radio communiquent par morse. Dans sa déposition sur les arrestations, Chifflet (Robert Chifflet, agent de liaison et de protection de Christophe) et Lebon (Alfred Heitz, même rôle) indiquent qu'ils cachent sous terre le poste Mark V que Chifflet avait chez lui.
Denise a été interrogée du 15 au 18 septembre 1943 sans lâcher aucune information qui aurait pu compromettre son réseau. L'annexe du rapport du chef du réseau d'octobre 1943, qui s'intitule "Affaire Josette", signale qu'elle a eu une attitude parfaite. Sa demande de citation en octobre 1943 stipule : "A refusé de faire quelque révélation que ce soit sur son activité, ses camarades ou ses chefs. S’en est tenu à un récit entièrement fantaisiste, après lequel elle a déclaré : « même si vous menacez de me fusiller, je ne dirai rien d’autre ».
Ces transmissions se font généralement sous la protection d’un agent de protection qui fait office bien souvent d’agent de liaison pour aller chercher les messages dans les boîtes aux lettres. Dans de vraies boîtes aux lettres ou dans des lieux comme les boulangeries, les cafés, etc.., où les messages sont déposés par les groupes de résistants locaux (à transmettre) mais aussi ceux reçus par l’opérateur radio d’Electre (à donner).
Le réseau peut compter sur des "sympathisans" qui aident les membres du réseau dans tous les domaines.
Télégramme 18 du 26.5.44
STVUS ENQUETE SUR RESEAU ELECTRE STOP SONT ARRETES QUASI CERTAINEMENT CARON (ndrl 3ème alias de Richet) ET SA FEMME STOP SON ADJOINT FARGE STOP RADIO CHRISTOPHE AVEC SA FEMME ET SON COURRIER STOP BROADCASTEUR DE LYON LAURENT STOP RADIO DE VALENCE ET SON COURRIER STOP NOTRE 18 DU 26 STOP RADIO DE GRENOBLE AVEC RENE CHEF IIISONSET (ndrl Joseph) UN COURRIER STOP ROBY JOSE ET RICHARD COURRIERS STOP NOUVEAU COURRIER HENRI VRAI NOM L… (ndrl nom caché par l’équipe pédagogique du projet) ETRE BRUEPOU (ndrl ripou) TROL(S) ETRE IIUSRRCTN STOP A SUIVRE.
"L'interrogatoire le plus dur fut la confrontation avec mon chef Richet, alias Renal, qui était presque méconnaissable, assis dans un fauteuil. Il y avait aussi deux brutes qui étaient présentes, armées chacune d'un nerf de bœuf et qui me posaient plusieurs fois la même question : "Regarde bien ce salaud et dis-nous que c'est bien lui Richet, chef du réseau Électre Bouleau et que vous étiez toujours en liaison avec les Russes". Inutile de vous faire un dessin du traitement qu'ils me réservaient quand je leur répondais que je ne connaissais pas ce Monsieur. Il faut dire franchement qu'il fallait bien regarder pour le reconnaître : il subissait des tortures inimaginables. Après cela, les deux anges gardiens s'occupèrent un peu de moi et me firent "valser" à coups de nerf de bœuf dans une autre chambre. En rentrant dans celle-ci, je croisais mon camarade d'évasion René Schmitt, alias Serge Riffart, qui sortait dans un état lamentable. C'était justement René qui était le responsable du bon fonctionnement du secteur Grenoble".
Extrait de la déposition de Lucile Poirier en 1946 : « ... le soir (18 mai) nous montons tous à Montluc, je trouve le lendemain au lavabo une femme en laquelle je crois reconnaitre, d’après le signalement que m’ont donné José et Henri, Mme Caron : blonde, pas très grande, veste de fourrure manteau blanc. Je lui demande : « vous êtes là depuis hier soir ? Oui, votre mari est là ? Oui...» Lucile et Hélène Richet (Caron est un des alias de son mari) viennent de se croiser, Hélène Richet, en 1983, a été interviewée, par une journaliste anglaise (Margaret Weitz) en vue de la publication du livre : « Les combattantes de l’ombre, histoire des femmes dans la résistance ». Elle nous livre un témoignage fort sur son arrestation et ses interrogatoires dont voici des extraits. « Heureusement, j’ai pu, au moins en grande partie, enfin presque complètement, disons faire semblant de ne rien savoir. J’ai joué la parfaite idiote, qui ne savait rien, ne comprenait rien, ne savait même pas ce qu’était la Résistance. Cela a plus ou moins marché.
Ce qui m’a beaucoup aidée, c’est que je parlais allemand, très couramment ; je le parlais et le comprenais parfaitement. Pendant les interrogatoires, qui furent très, très difficiles…, j’ai beaucoup souffert… quatorze, ce n’est pas rien… les Allemands parlaient entre eux, et par un hasard extraordinaire, lorsqu’ils m’ont interrogée sur mon identité, ils m’ont demandé si je parlais des langues étrangères. J’ai répondu : « Oui, l’anglais mais je n’ai pas mentionné l’allemand, ce qui m’a énormément aidée, car pendant les interrogatoires je comprenais tout ce qu’ils disaient entre eux et je pouvais adapter un peu mes réponses à leurs conversations. Je ne sais absolument pas pourquoi je n’ai pas dit « allemand », mais c’est ainsi. Il y a des choses comme cela, tombées du ciel.
J’ai longtemps cru qu’ils allaient me relâcher, parce qu’ils me l’avaient promis. Finalement, j’ai été interrogée tout le temps par un adjoint de Barbie, l’infâme Barbie. Mon mari, lui, a été torturé par Barbie ; moi, je ne l’ai pas été ».
« On m’a frappée, frappée, frappée, autant qu’ils le pouvaient, mais ce n’était pas la même chose ; ce n’était pas très grave. Non, non. J’ai assisté à la torture d’autres personnes et j’ai trouvé que recevoir des coups, ce n’était rien en comparaison de ce qu’ils infligeaient aux gens. En tout cas, je n’ai jamais été vue par Barbie lui-même ; je n’ai été interrogée que par son adjoint ».
Yann persuadé que les 100 ans de Denise née le 20 septembre 1925, n'allaient pas passer inaperçus, a maintenu une veille sur les réseaux sociaux. Sa persévérance fut récompensée : sur un réseau social professionnel un « post » a attiré son attention. En effet, Madame Nicole Aubourdy, adjointe au maire chargée des seniors de la ville de Saint-Étienne, indiquait avoir remis, le 20 septembre 2025, la médaille d’or de la ville à une nouvelle centenaire, Madame Denise ENJOLRAS ! La boucle était bouclée : nous venions de retrouver Denise ENJOLRAS, née ROCHER. Il ne restait plus qu’à établir le lien et lui demander si elle acceptait de témoigner de sa vie de résistante auprès des élèves de 3ème E de notre collège.
Jean Sanchis est né le 16 décembre 1924 à Alger. Il s’engage dans la Légion étrangère à Sidi-Bel-Abbès le 16 mars 1942, sous le nom de Joseph Devesa. Le 21 janvier 1943, il est fait prisonnier à Pont-du-Fahs, en Tunisie. Interné en Italie, il est rapatrié en France en exécution des conventions franco-italiennes le 6 mai 1943 et est démobilisé le 9 mai de la même année.
Cette « branche » était composée de : - SCHMITT René, alias René, chef du centre indépendant de Grenoble. - SANCHIS Jean, alias Joseph, agent de liaison et de protection. - CHÂTEAU Charles, alias Marcel, agent de liaison et de protection. - PETOT Charles Jules, alias Marin, opérateur radio.
D’après nos investigations et nos recoupements, il s’agit de Renal ou Richet (Jacques Salomon), chef du réseau Electre du 1er novembre 1943 au 1er octobre 1944, il avait comme adjoint Farge (Raphaël Faraggi) du 15 février au 17 mai 1944. FARGE fait partie des membres d’Electre arrêtés le 17 mai 1944 (né le 25 mars 1902 à Neuilly-sur-Seine, il est Mort pour la France en déportation le 30 janvier 1945 à Bergen-Belsen en Allemagne).
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Agent de liaison et de protection de Christophe
Marius Pierre Werth
Alias en France Richard, Alias à Londres Mangeou Louis. Matricule au B.C.R.A : RW 73.403 Né le 10 février 1919 à Saint-Chamond (Loire).
Réside 181 rue Paul Bert à Lyon (en 1943).
Agent P2 à partir du 3 juin 1943.
Arrêté le 18 mai 1944, place Bellecour à Lyon avec Chifflet par la Gestapo. Le tristement célèbre « inspecteur Francis » est présent lors de son arrestation. Interné à Montluc, cellule n°74, jusqu’au 19 juin 1944.
Interné à Compiègne (Oise) de cette date au 2 juillet 1944.
Mort pour la France, dans le train du convoi de la mort entre le 2 et le 5 juillet 1944 à destination de Dachau (Allemagne).
Adjoint au chef du réseau
Victor Decourt
Alias en France Beranger, alias à Londres Lulong Etienne. Matricule au B.C.R.A : RW 68Fr Né le 21 juin 1894 à Lyon.
Marié en secondes noces le 11 septembre 1941 à Lyon avec Angèle David.
Vétéran cité et blessé de la Grande Guerre.
Il a été chargé par Cazenave en novembre 1943 de la gestion matérielle du réseau et des contacts avec les "sympathisans." Agent P2 à partir du 1er octobre 1942.
Au vert (lieu inconnu) depuis une « descente » de la Gestapo à son domicile le 18 février 1944, son appartement a été vidé par la Gestapo et son véhicule confisqué. 1 enfant, exfiltré via l’Espagne fin février début mars 1944 via le réseau Gallia.
Non arrêté.
Le 17 mai 1944, il se trouve avec sa femme en gare de Villereversure (Rhône) lorsqu’il apprend les arrestations par Lebon.
Décédé le 16 mars 1981 à Francheville (Rhône).
Le mois de mai 1944 va être fatal au réseau : en effet à l’approche du Débarquement du 6 juin 1944 les messages codés à transmettre à Londres croient de façon exponentielle. Le réseau a besoin de sang neuf pour assurer la protection des opérateurs radios. Ainsi, le rapport d’Electre Bouleau au BCRA, du début de mai 1944 indique que 3 nouvelles personnes sont recrutées comme agents de liaison. Parmi eux, « Rémy » et « Henri ».
Arrêté le 18 mai 1944 à Grenoble, "filé" depuis Lyon par la Gestapo. Il est arrêté remettant des plis à Marin en gare de Grenoble. il est, comme tous les membres du réseau, interrogé par la Gestapo et interné à Montluc. Fait à signaler : c’est sous son nom de légionnaire qu’il est enregistré dans le fichier des personnes internées à Montluc. Il est interné à Compiègne, à partir du 5 juillet 1944, puis déporté le 15 juillet 1944 (convoi I.247) à destination du camp de concentration de Neuengamme (Allemagne).
Son engagement administratif comme agent P2 chargé de mission de 3e classe dans le réseau Electre-Bouleau date du 15 avril 1944. Jean Sanchis, alias Joseph dans le réseau, est agent de liaison et de protection à Grenoble de l’opérateur radio Marin (Charles Petot, 1919-2001).
Pièce du dossier de Wylder Salomon. AC 21P 659664
Femme de l'adjoint au chef du réseau
Angèle Decourt Alias Viviane
Née le 2 mars 1905 à Saint-Maurice-de-Gourdans (Ain) Au vert (lieu inconnu) avec son mari depuis une « descente » de la Gestapo à son domicile le 18 février 1944, son appartement a été vidé par la Gestapo et son véhicule confisqué. 1 enfant, exfiltré via l’Espagne fin février début mars 1944 via le réseau Gallia.
Non arrêté.
Le 17 mai 1944, elle se trouve avec son mari en gare de Villereversure (Rhône) lorsqu’il apprend les arrestations par Lebon.
Décédé le 16 mars 1981 à Francheville (Rhône).
Rémy est un personnage sulfureux, ex-douanier de son état. Il est arrêté par la résistance le 28 mai 1944. Après une enquête et un procès pour trahison devant un conseil de guerre à Nantua (Ain), Il a été prouvé qu’il a trahi le réseau pour la somme de 3000 francs. Il est condamné à mort et est passé par les armes le 1er juillet 1944, en avouant devant le peloton d’exécution avoir fait « beaucoup de mal à la résistance ».
Le 9 juin 1944, « Sally » et d’autres détenus, enchaînés 2 par 2, sont emmenés dans des camionnettes pour une destination inconnue. Le convoi s’arrête sur la nationale 7 au bord du bois de Cornavan sur la commune de Communay (Rhône). Les détenus sont descendus manu militari et exécutés sans aucune forme de procès.
Les Allemands abandonnent les corps et repartent rapidement vers Lyon. Un monument commémoratif à Communay rappelle le sacrifice des 19 martyrs Morts pour la France le 9 juin 1944. Le nom de Salomon WILDER y figure en n°13.
Déposition, en 1945, dans le dossier de Marius Werth attestant de son décès dans le convoi de la mort. AC 21P 547 440.
Opérateur radioEn mission dans le Nord de la France au 18 mai 1944. Marcel Gaston Schmitt. Alias en France Parizot ou Parisot (suivant les sources), alias à Londres Sorel Jean. Matricule au B.C.R.A : RW 73.301
Né le 27 mai 1907 à Ceaucé (Orne).
Il a effectué son service militaire au 8ème régiment du Génie (télégraphistes) de novembre 1927 à mai 1929. En 1934, il était opérateur radio télégraphiste à la Compagnie Radio France à Paris. Recruté par Georges Berger, alias Poulain-Suchard, un de ses amis qui va le voir à Clermont-Ferrand et lui propose de le rejoindre dans la résistance. Agent P2 à partir du 1er mars 1943.
Il est reconnu, dans un rapport du B.C.R.A, daté de juin 1943 comme un des meilleurs radios de France.
Marié le 11 décembre 1944 à Sainte-Gauburge (Orne) avec Germaine Tanguy (1914-2007).
Décédé le 27 août 2000 à Créteil (Val-de-Marne).
André Poirier est né le 19 mai 1916 à Saint-Evroult-Notre-Dame-des-Bois (Orne). Il exerce la profession de radio électricien. A la fin des années 1930, après un engagement dans le génie militaire, il s’installe dans le département de l’Ain. C’est là qu’il rencontre celle qui allait devenir sa femme en 1944 : Lucile, elle vit à Groissiac (Ain) avec ses parents. André travaille à la poste d’Oyonnax (Ain), la mémoire collective veut qu’il soit celui qui est envoyé le message à Londres du tour de force de la résistance dans cette ville le 11 novembre 1943.
Denise s’en souvient très bien et nous a décrit cette scène, pourtant elle semblait ignorer qu’elle était le fruit d’une opération orchestrée par la résistance !"Lorsque j'ai été arrêtée, j'ai rencontré 4-5 messieurs qui m'ont posée des questions. Au lieu de regagner ma cellule, j'ai essayé de m'évader. Alors, j'ai marché à 4 pattes, je suis passée devant un guichet où il y avait un messieur qui ne m'a pas vue. Une fois dehors, j'ai retrouvé des amis qui dirigeaient un bistro à Lyon"
Femme du chef du réseauHélène Berthe Salomon (femme de Jacques Salomon), en 1951 Hélène Renal. Alias Martine. fausse identité sous le nom de Robert Hélène. Née le 10 octobre 1915 à Anderlecht (Belgique). Etudiante en Médecine à Paris lorsqu'elle décide d'entrer en résistance. Elle passe ses vacances d'été en Savoie, c'est là qu'elle effectue ses premières actions de résistance (glisser sous les portes des photos de De Gaulle, fabriquer de faux papiers). Elle fait partie du réseau Actions-Transmission où elle est la secrétaire nationale de l'Inspecteur des transmissions de l'Action (il s'agit de Tibor Revesz-Long (1902-1976) alias Latin, Compagnon de la Libération). Ce rôle l'oblige à se déplacer souvent à Paris et à prendre d'énormes risques. Elle n'est donc pas dans le même réseau que son mari, chef d'Electre-Bouleau. Agent P2 à partir du 1er septembre 1943 comme "secrétaire chiffreuse". Arrêtée le 18 mai 1944, avec son mari, à leur domicile au 26 rue de Condé à Lyon, elle a juste le temps de détruite des codes secrets.
Déportée le 4 août 1944 dans le convoi I.258. Libérée du camp de Ravensbrück (Allemagne) le 7 mai 1945, elle ne pesait plus alors que 25 kilos. Pendant 15 ans, elle se refusera de parler de ses souffrances liées à son expérience de la résistance et de la déportation. Elle rédigera au début des années 1960 avec un collectif de femmes dont Germaine Tillion et Geneviève Anthonioz-de Gaulle , un livre référence : Les Françaises à Ravenbrück. Elle travaillera comme journaliste à France-Soir, aux magazines Elle et Marie-Claire, puis à l'INSEE. Décédée le 25 avril 2007 à Paris.
Agent de liaison et de protection de Marin Charles Château Alias (en France) Marcel.
Né le 20 juillet 1920 à Challans (Vendée).
Agent P2 à partir du 15 avril 1944.
Non arrêté.
Il indique avoir perdu à Grenoble, une valise lors de l’opération de la Gestapo le 18 mai 1944.
On le retrouve lors de la libération de Paris et au sein du 19ème B.C.P d'octobre 1944 à avril 1945. Décédé le 6 novembre 1973 à Annecy (Haute-Savoie).
En 2023, un élève de 3ᵉ du collège, Mattéo PITIOT, ayant de la famille dans cette ville, s’est porté volontaire pour se rendre à l’adresse indiquée afin de faire du porte-à-porte et de distribuer notre lettre de recherche dans les boîtes aux lettres de l’immeuble que nous pensions être la résidence de Denise ROCHER. Nous savons, deux ans plus tard, que cette action a porté ses fruits, car Denise ROCHER nous a dit avoir bien reçu notre lettre, mais qu’à 98 ans, elle n’était pas prête à témoigner et que cela devait attendre un peu !
Opérateur radioCharles Petot Alias en France Marin, alias à Londres Ramin Léon.
Matricule au B.C.R.A : RW 60Fr et RXE 608 Né le 3 juin 1919 à Poligny (Jura).
Marié à Antoinette Soudagne (1920-2015), 1 fille.
Profession : radio télégraphiste (en 1946).
Agent P2 à partir du 1er janvier 1944.
Arrêté le 18 mai 1944 en gare de Grenoble (Isère) avec son agent de liaison (Joseph) qui était « filé » depuis Lyon (Rhône) par la Gestapo, au moment où ce dernier lui remettait des plis.
Interné à Monluc.
Déporté de Compiègne (Oise) le 15 juillet 1944.
Déporté à Neuengamme, Bremen-Farge et Ravensbrück (Allemagne).
Rapatrié en France le 25 juin 1945.
Démobilisé le 12 mai 1946.
Décédé le 20 février 2001 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dome).
"Puis mes parents et mes amis m'ont cachée jusqu'à la fin de la guerre dans une ferme à la campagne près de Saint Etienne. Les gendarmes avaient ordre d'empêcher des gens de s'approcher de la ferme"
Denise nous a informés qu’elle a été cachée dans une ferme héritée par ses parents sur la commune de Boën-sur-Lignon (département de la Loire) jusqu’à la fin de la guerre.La gendarmerie locale était informée de sa présence et devait la prévenir en cas de danger. Nous trouvons la trace de Josette dans le rapport d’activité du chef du réseau au début du mois de janvier 1944 dans la rubrique « départ par Espagne ». Jacques Salomon, alias Renal-Richet, le chef du réseau indique : « Josette a finalement renoncé à partir car elle est souffrante. Elle est, maintenant rétablie loin de Lyon dans une excellente retraite, où j’estime qu’elle ne court aucun danger ».
Agent de liaison et de protection de Christophe
Emilien André Lapertot
Alias en France Bauge, alias à Londres Varin Pierre. Matricule au B.C.R.A : RW 73.404 Né le 23 avril 1896 à Lancrans (Ain).
Vétéran, engagé volontaire, de la Grande Guerre.
Marié, 1 enfant.
Entre en résistance à partir du 1er juillet 1942 jusqu’au 30 décembre 1942 au Groupe Combat à Lyon.
Agent P2 à partir du 1er janvier 1943 jusqu’au 30 septembre 1944 dans le réseau Electre-Bouleau.
Non arrêté.
Décédé le 15 mai 1966 à Lancrans (Ain).
- 18 mai 1944, vers 10 h 30 : arrestation à son domicile, au 26 rue de Condé à Lyon, avec sa femme (Hélène, 1915-2007, alias Martine). - Amenés à pied à l’hôtel Bristol. - Une voiture les transporte au siège de la Gestapo, à l’École de santé militaire. - Au siège de la Gestapo, ils sont amenés au 2ᵉ étage du bâtiment situé le long de l’avenue : séparation de Richet et de sa femme. - 1er interrogatoire : Il invente un homme fictif avec qui il a rendez-vous le même jour à 14 h 30.
- En attendant l’heure, il est conduit au sous-sol du bâtiment ; il voit, sans leur parler, à ce moment-là : Christophe, Laurent, Roby et José. - Transporté pour le rendez-vous fictif..- Retour à l’École de santé militaire.
La question est difficile à trancher, il s’agit probablement de Jean Fleury alias Panier en personne qui rejoint Londres par opération aérienne le 10 septembre 1943 ou plus certainement de Georges Berger alias Poulain-Suchard, le chef du centre d'interception des messages à Londres depuis la fin septembre 1943.
Il a été recruté officiellement par le réseau le 1er janvier 1944 comme agent P2. L'alias d' André en France est Christophe, son alias administratif à Londres est Caravelle Christian. il est immatriculé RW 73.304 au B.C.R.A. En février 1944, il se marie avec Lucile (1920-2011). D’après un extrait du rapport d’Electre au B.C.R.A. de février 1944 : André, pour cette occasion, a été absent de son travail pendant 10 jours. « Christophe » est entouré d’une équipe composée d’agents de liaison et de protection : « Chifflet « (Robert Chifflet), « Bauge » (Emilien Lapertot), « Lebon » (Alfred Heitz) puis en mai 1944 de « Rémy » (Jules D.). Il émet de la maison des parents de sa femme à Groissiac. Les rapports d’Electre au B.C.R.A. rédigés par le chef du réseau laissent apparaître qu’il est très estimé de ses chefs.
Un rapport de « Félix » (Lazare Bonin) existe dans les archives du réseau concernant l’arrestation d’ «Henri» (Henri L). Henri était agent de liaison et il s'occupait de la protection de l’opérateur radio « Laurent » (Jean-Paul Mercier). Henri a été arrêté à Lyon par la Gestapo le 17 mai 1944. Après son interrogatoire, il décide de travailler pour la police allemande afin de protéger sa famille et ne pas partir en Allemagne. Il est alors chargé par la Gestapo de trouver un poste émetteur à Lantignié (Rhône) et de procéder à la capture de « Félix ».
Arrêté par le maquis, on lui fit creuser sa tombe et il fut froidement abattu sans aucune forme de procès.
Son deuxième voyage pour rejoindre la capitale britannique lui sera fatal. Il devait recevoir une nouvelle mission, celle de réorganiser la Résistance en Indochine. Voici ce que qui s'est passé :Dans la nuit du 16 au 17 décembre 1943, nous le retrouvons sur une piste clandestine à Neuvy-Pailloux, dans l’Indre. Deux avions Lysander du 161ᵉ Squadron de la Royal Air Force ont pour mission l’exfiltration de quatre résistants (deux par avion), parmi lesquels Jacques Tayar. Nom de code de cette mission : Diable (SIS n°77). En raison d’un brouillard intense, les deux avions s’écrasent en Angleterre : les deux pilotes britanniques et deux passagers de l’un des appareils décèdent dans les crashs, Albert Kohan, du réseau Nestlé (1886-1943), et Jacques Tayar. Ce dernier succombera à ses blessures le 18 décembre à l’hôpital militaire de Chichester. Jacques Tayar est inhumé dans le cimetière militaire de Brookwood. Il a été fait Compagnon de la Libération à titre posthume
Denise ROCHER nous a livré un témoignage fort sur son engagement comme agent(e) de liaison au sein du réseau Electre-Bouleau. Elle nous a semblé être toujours un peu en résistance, car à la question pouvez-vous nous dire ce que vous transportiez lorsque vous avez été arrêtée ?, Denise ROCHER n’a pas voulu nous le dire, ne souhaitant pas répondre à cette question!. Il nous a fallu faire preuve de ténacité pour que sa parole se libère.
- Une montée croissante du travail des opérateurs radio plus le débarquement en Normandie approche. - Une recherche constante d’«asiles» pour émettre et de boîtes aux lettres pour recevoir les messages des groupes de résistants. - Des problèmes logistiques liés aux pièces détachées des émetteurs. - Une volonté d’assurer le suivi administratif des agents du réseau. - Recrutement de nouveaux agents début mai 1944 qui conduira à la chute du réseau. Rares sont les traits d’humour, il nous a paru intéressant de vous en citer deux : - Rapport d’activité avril, début mai 1944 : « … mais nous avions oublié que, d’un certain point de vue, nous sommes des soldats et qu’ayant reçu un ordre, il convient d’attendre le contre-ordre ». - Rapport d’activité fin janvier 1944 : « J’espère réussir, mais, « prière de ne pas tirer sur le pianiste, il fait ce qu’il peut ».
Avec du matériel rudimentaire et beaucoup de courage, la Résistance pouvait envoyer des messages jusqu’à Londres. Les messages étaient très courts pour éviter d’être repérés par l’ennemi qui avait des véhicules équipés pour repérer les émetteurs.
Le matériel était simple et devait pouvoir être facilement caché et transporté : une batterie, un émetteur radio à lampes, une clé morse, un fil servant d’antenne.
Ils utilisaient des ondes courtes : les ondes montaient vers le ciel, rebondissaient sur l’ionosphère puis le sol, puis retombaient très loin, jusqu’en Angleterre. Grâce à ce système qui est toujours utilisé notamment dans la navigation en mer, la Résistance pouvait communiquer avec Londres sans satellite ni câble.
Qu’est-ce qu’un quartz ? Quelle était son importance ? Un quartz est un petit composant électronique fabriqué à partir d’un cristal de quartz naturel.
Lorsqu’il est soumis à un courant électrique, le quartz vibre toujours à une fréquence très précise. Cette propriété permet de produire un signal radio stable et régulier et d’empêcher que la fréquence ne “dérive” avec le temps ou la température
Autrement dit : le quartz décide « sur quelle station l’émetteur parle »
Dans les émetteurs de la Résistance, le quartz garantissait que le message en morse arrive exactement sur la fréquence attendue par le récepteur à Londres, il était un élément clé de la sécurité des transmissions.
En remplaçant le quartz , l’émetteur changeait de fréquence les allemands avaient alors plus de difficulté à capter les messages et localiser l’émetteur par radiogoniométrie. Le quartz devenait donc un élément de survie, pas seulement un composant technique, le changer régulièrement rendait les transmissions plus difficiles à intercepter, ce qui en faisait un élément stratégique pour la Résistance.
Agent de liaison et de protection de Christophe
Alfred Heitz Alias en France Lebon, Alias à Londres Collart André. Matricule au B.C.R.A : RW 73.402 Né le 20 septembre 1920 à Gries (Bas-Rhin).
Militaire de carrière.
Engagé volontaire le 30 juin 1939 au 13ème B.C.A, muté au 93ème B.C.A le 3 janvier 1940, passe au 12ème B.C.A en février 1940. Il a fait la campagne de Norvège.
Agent P2 au sein du réseau à partir du 1er mai 1943.
Non arrêté.
Muté le 1er octobre 1944 à la DGER (service de renseignement français).
Décédé le 25 novembre 1978 à Fayence (Var).
Interné à Montluc du 18 mai au 20 juin 1944, interrogé et torturé par les agents de la Gestapo, il est finalement transféré, avec plusieurs de ses camarades du réseau, par chemin de fer à Compiègne (département de l’Oise). Le 2 juillet 1944, il quitte Compiègne dans le convoi I.240, plus connu sous le nom de « convoi de la Mort ». Il n’en reviendra pas.
L’activité du réseau est croissante, plus la date du débarquement en Normandie approche, plus la masse de messages à envoyer et à transmettre augmente. Le chef du réseau « Riquet » (Jacques Salomon) s’en inquiète à plusieurs reprises dans les rapports d’activité mensuel envoyés au B.C.R.A ; ainsi il signale qu’entre avril et mai 1944, la quantité de messages à transmettre a augmenté de 64%.
Pour cette Citation à l'Ordre de la Division d'Alfred Heitz (alias en France Lebon), en juin 1945, signé par le Général Koenig c'est l'alias administratif qui est utilisé : André Collard ou Collart (suivant les sources). GR 16P 288 556
Denise, nous a dit avoir rendu « quelques petits services ».Que son chef était Cazenave et qu’il est mort dans un crash d’avion ». Elle devait porter des plis et divers objets dans un café à Grenoble.
Jacques Tayar, alias Cazenave, est né le 21 juillet 1915 à Paris. Au début de la guerre, il se trouve en Indochine. Il est recruté en 1942 par son camarade Jean Fleury, alias Panier, avec qui il a fondé, en août 1939, le poste de radiodiffusion de Radio Saïgon, et devient rapidement le numéro 2 du réseau Électre-Bouleau. Le 13 juin 1943, depuis un terrain clandestin situé à 14 kilomètres de Loches (Indre-et-Loire), deux Lysander du 161ᵉ Squadron de la Royal Air Force (nom de code de la mission : Louisiane, SIS n°39) embarquent six passagers, dont Jacques Tayar, qui se rend pour la première fois à Londres afin d’y recevoir ses ordres.
Il rejoint le sol de France par voie aérienne (nom de code de la mission : Floride, SIS n°47) avec deux autres agents du B.C.R.A, le 21 juillet 1943, sur un terrain clandestin près de Villers-les-Ormes (Indre).
Agent de liaison et de protection de Roby Auguste Rocher Alias en France José, Alias à Londres Sejot Léon.
Matricule au B.C.R.A : RW 73.405
Né le 17 septembre 1901 à Rocoules (Haute-Loire).
Il réside avec sa femme et sa fille (Denise Rocher) au 249, rue de Gerland à Lyon.
Profession : agent de l’EDF.
Agent P2 à partir du 15 septembre 1943.
Arrêté le 18 mai 1944, vers 9 h 00, il avait rendez-vous avec Richet, qui lui remit un message à destination de la boîte aux lettres du réseau Arsène, située place Jean-Macé à Lyon. Vers 10 h 30, Auguste est arrêté à la boîte aux lettres de ce réseau, porteur de messages.
Richet l’aperçoit, emprisonné dans les sous-sols de l’Ecole de santé militaire (siège de la Gestapo).
Interné à Montluc, cellule n°68, du 18 mai jusqu’au 19 juin 1944.
Interné à Compiègne (Oise) de cette date au 2 juillet 1944.
Mort pour la France, en déportation, le 7 décembre 1944 à Flossenbürg (Allemagne).
Libéré à Lübeck (Allemagne) par la Croix-Rouge suédoise le 28 avril 1945, il est transféré par bateau en Suède, où il arrive le 2 mai 1945 à Trelleborg, puis est finalement rapatrié sanitaire par le centre de rapatriement « Lutetia » à Paris le 28 juin 1945, au départ de l’aéroport de Copenhague. Épuisé par sa déportation, malade, il est pensionné à 100 % par la commission de réforme de Lyon en 1946. Jean Sanchis, loin de son Algérie natale, s’éteint le 12 octobre 1949 à l’hôpital Bichat à Paris. Jean Sanchis a été fait Chevalier dans l'Ordre de la Légion d'honneur à titre posthume en 1958.
Agent de liaison et de protection de Christophe
Robert Chifflet Né le 12 février 1921 au plateau d’Hauteville (Ain).
Alias en France (il utilisait son vrai nom) : Robert Chifflet.
Agent P1 à partir du 1er février 1944.
Agent P2 à partir du 15 avril 1944.
Le 17 mai 1944, il est à Martignat (Ain), il voit les voitures de la Gestapo venir arrêter Christophe et sa femme. Il cache, en terre, un poste émetteur Mark V et décide d’aller prévenir le réseau à Lyon.
Arrêté le 18 mai 1944 à Lyon avec Richard par la Gestapo. Le tristement célèbre « inspecteur Francis » est présent lors de son arrestation.
Interné à Montluc, cellule n°64.
Relâché par la Gestapo le 13 juin 1944.
Robert Chifflet a témoigné, en 1946, au cours de l’enquête sur les arrestations du 17 et 18 mai 1944, son témoignage très détaillé est à découvrir dans les pages qui suivent.
Décédé le 9 octobre 2012 à Bellignat (Ain).
Il est recruté comme agent P2 ( permanent consacrant la totalité de son temps à la résistance et payé par le réseau) le 1er avril 1944 sous le pseudonyme de « Désiré » au sein du réseau Electre-Bouleau en tant qu'agent technique du réseau. C’est lui qui a la charge de la mise au point et de la maintenance des postes émetteurs. Il réside alors à Lyon (Rhône).
Un rapport du chef d’Electre-Bouleau au B.C.R.A daté de mai 1944 atteste que Désiré rendait déjà des services au réseau dans son domaine de compétence avant la date du 1er avril. Il faut cependant souligner que cette date n’est qu’administrative, son engagement dans la résistance est donc antérieur (il est notifié agent P1 à la date du 1er août 1943). Ce rapport indique, en outre, qu’il a quitté son emploi pour « raison personnelle » afin de s’engager à 100% dans ses nouvelles fonctions.
D’un point de vue pratique, ce changement permettait que ce soit « Sally » qui se déplace vers les postes émetteurs et non l’inverse, comme c’était le cas avant le 1er avril!, ce qui multipliait évidemment les risques comme le souligne le chef d’Electre dans son rapport au B.C.R.A
Auguste Rocher est déclaré « Mort pour la France » le 7 décembre 1944, en déportation, à Flossenbürg (Allemagne).
Auguste Rocher a été cité, en 1945, à titre posthume, à l’ordre de la division avec la citation suivante :
« Agent de liaison intelligent et courageux, a assuré pendant près de dix mois des missions quotidiennes. A, par son travail, contribué à l’écoulement d’un important trafic radio. Arrêté au cours d’une mission, fut déporté par l’ennemi. »
En 2022, Yann Thomas, assistant d'éducation au collège, a posté des messages de recherche sur les réseaux sociaux, mais sans succès probant. En épluchant diverses sources et les registres d’état civil de la ville de Saint-Étienne, il a pu reconstituer le parcours de Denise de 1952 au début des années 2000, pour finalement identifier un point de chute à Saint-Étienne.
Télégramme 18 du 26.5.44
STVUS ENQUETE SUR RESEAU ELECTRE STOP SONT ARRETES QUASI CERTAINEMENT CARON (ndrl 3ème alias de Richet) ET SA FEMME STOP SON ADJOINT FARGE STOP RADIO CHRISTOPHE AVEC SA FEMME ET SON COURRIER STOP BROADCASTEUR DE LYON LAURENT STOP RADIO DE VALENCE ET SON COURRIER STOP NOTRE 18 DU 26 STOP RADIO DE GRENOBLE AVEC RENE CHEF IIISONSET (ndrl Joseph) UN COURRIER STOP ROBY JOSE ET RICHARD COURRIERS STOP NOUVEAU COURRIER HENRI VRAI NOM L… (ndrl nom caché par l’équipe pédagogique du projet) ETRE BRUEPOU (ndrl ripou) TROL(S) ETRE IIUSRRCTN STOP A SUIVRE.
Cependant par le biais de sources secondaires nous avons essayé de comprendre les circonstances de cette arrestation. L'enquête du commissaire Roger Bouvard pour crime de trahison visant un des deux dénonciateurs du réseau en mai 1944 datée du 22 juin 1944 stipule : «- je dois faire part que personnellement j’ai été amené à préparer l’évasion, il y a près d’un an à Lyon, d’une jeune fille prénommée Denise, qui avait été arrêtée dans le train et trouvée en possession d’un poste émetteur qu’elle portait dans une serviette. L’arrestation avait été opérée par un nommé M…, inspecteur des Douanes, en compagnie d’un autre douanier que je ne connais pas. Interrogé par moi, D… a fait mention de cette arrestation. Or, parmi les personnes arrêtées par la Gestapo dans l’affaire D… se trouve le père de cette jeune fille, qui avait pris la place de sa fille dans le réseau sous le nom de José..».
Dans le rapport d’activité de fin janvier 1944, il est indiqué : « En ce qui concerne ma situation personnelle, Cazenave, au moment de mon engagement, vous avait demandé si vous comptiez établir pour moi un ordre de mission ». Le "Ma situation personnelle" peut concerner 2 personnes possibles : Panier (Jean Fleury, le créateur du réseau) et Richet (Jacques Salomon). Dans le rapport d’activité de fin janvier 1944, il est indiqué : « Mon adjoint, dont je vous ai entretenu dans les précédents courriers, doit toujours venir me rejoindre au début du mois de février. Je comptais le contacter à l’occasion d’un voyage à Paris… ». L’adjoint, c’est Farge (Raphaël Faraggi), adjoint au chef du réseau du 15 février 1944 au 17 mai 1944, résidant d’après un document du carton GR 17P 118, 3 place Porte de Vanves, à Paris. Nous avons confirmation qu’il s’agit bien de lui, dans le rapport d’activité de février 1944 : « Comme je vous l’avais écrit, j’attendais impatiemment l’arrivée de mon adjoint FARGE, il est venu me rejoindre, il est entré en fonction le 15/2… ».
Donc, Renal ou Richet (il utilise ces deux alias) est le narrateur de ces rapports, nous avons la chance de posséder l’organigramme du réseau à la date du 18 mai 1944, nous y reviendrons plus tard lorsque nous allons évoquer la chute du réseau.
Adjoint au chef du réseau
Raphaël Farragi
Alias en France Farge, alias à Londres Buffon Ernest. Matricule au B.C.R.A : RW 73.200 Agent P2 à partir du 15 février 1944.
Né le 25 mars 1902 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine).
Marié à Irène Dalex (1911-2000) le 23 décembre 1930 à Paris.
Profession : architecte (en 1930). 1 enfant : Josseline (1931-2004).
Arrêté le 17 mai 1944 à Lyon.
Mort pour la France le 30 janvier 1945 à Bergen-Belsen (Allemagne).
En comparant son témoignage avec les sources archivistiques, nous sommes en mesure d’affirmer que Cazenave est l’alias de Jacques TAYAR. Il est en septembre 1943, le n°2 du réseau, il trouva la mort, des suites de ses blessures, dans le crash à l’atterrissage du Lysander du 161ème Squadron de la Royal Air Force qui le transportait en Angleterre le 18 décembre 1943.
Opérateur radioLazare Bonin Alias en France Félix, alias à Londres Lechat Jacques. Matricule au B.C.R.A : RW 73.302 Né le 26 novembre 1902 à Oyé (Saône-et-Loire). Au cours de son service militaire était Quartier-Maitre chargé des postes radio. En 1925 : radio télégraphiste. En 1928 : opérateur lecteur à la Compagnie Radio France à Paris. Agent P2 à partir du 1er mai 1943. Il émettait depuis l'hôtel Bouillon à Lugny-en-Charolles (Saône-et-Loire). Il échappa de peu à une descente de la Gestapo début mai 1944. Non arrêté. Muté le 1er octobre 1944 à la DGER (service de renseignement français). Démobilisé le 7 août 1945. Décédé le 23 septembre 1971 à Charolles (Saône-et-Loire).
Opérateur radioAndré Poirier Alias en France Christophe, alias à Londres Caravel Christian. Matricule au B.C.R.A : RW 73.304 Né le 19 mai 1916 à Sainte-Evroult (Orne). Professions : radio électricien, agent des Postes à Oyonnax (Ain). Domicilié à Groissiat (Ain) avec sa femme chez ses beaux-parents. Marié, à Groissiat, le 29 février 1944 avec Lucile Gaillot. Agent P2 à partir du 1er janvier 1944. Arrêté le 17 mai 1944 avec sa femme au domicile de ses beaux-parents à Groissiat. Interné à Montluc, cellule n°58 avec René (René Schmitt) du 17 mai au 19 juin 1944. Rédige sur un bout de papier son numéro (73.304) qu'il donne à sa femme afin qu'en cas de malheur elle puisse faire reconnaître ses droits. (voir déposition de Lucile, plus loin dans cet exposé). Déporté, de Compiégne (Oise) le 2 juillet 1944 dans le convoi de la mort. Mort pour la France le 6 décembre 1944 en déportation à Flossenbürg (Allemagne).
Le recrutement de Christophe
Rapport du chef d'Electre au B.C.R.A, janvier 1944, page 2 : « Nous avons été mis en rapport par Impérium et son adjoint avec le Colonel LABAT et avons par lui contacté deux nouveaux radios destinés à doubler Parizot et Félix… ». En mettant en parallèle, cette information, la carrière du Colonel Labat (1900-1944) et une indication dans la déposition (en 1946) de Chifflet (agent de protection de Christophe) dans l'enquête sur la chute du réseau où il donne des indications sur les questions qui lui furent posées, au cours de son interrogatoire par des agents de la gestapo : « Q : connais-tu POIRIER ?. R : oui, c’est un employé des postes d’Oyonnax ». Nous sommes en mesure d’affirmer que l’entrée en résistance d’André POIRIER se fait par l’intermédiaire de son réseau professionnel des PTT via le Colonel Labat mais nous ignorons les liens entre le Colonel Labat et André Poirier.
Labat Paul : pour aller plus loin
Le 17 mai 1944, vers 13h00, des véhicules de la Gestapo arrivent en trombe à Groissiac. Alors qu'il est parti rendre un service à des amis en bicyclette, « Christophe » est arrêté et conduit chez ses beaux-parents. Lucile a juste le temps de cacher le poste émetteur sous du foin.
Les allemands savent ce qu’ils cherchent, Lucile témoigne des paroles entendues : « nous savons que le poste est ici, nous vous donnons 10 minutes pour le donner ». Les fouilles commencent et ce qui devait arriver arriva, le matériel fut découvert. Arrêtés « Christophe » et Lucile sont amenés en voiture séparément à destination de Lyon, un autre personnage est présent dans une voiture avec Lucile : « Remy » mais ce dernier n’est pas du tout inquiété par les Allemands. A Bourg, les chemins de Lucile et « Christophe » se séparent. Elle le rejoindra, sous escorte, le lendemain 18 mai dans les caves de l’école de Santé Militaire, siège de la Gestapo lyonnaise.
« Christophe » est torturé, martyrisé. Le soir du 18 mai, l’ensemble des hommes et femmes du réseau est interné à Montluc.
Le temps entre la rédaction des rapports et leurs réceptions à Londres par le BCRA est parfois de plus d’un mois : exemple : rapport du 9 janvier 1944, arrivé le 5 février. Nous ne connaissons pas la régularité de rédaction de ces rapports : ceux que nous avons pu consulter sont-ils un échantillon ?, ou bien sont-ils en intégralité envoyés entre janvier et mai 1944 par le chef d’Electre à Londres ?
Mais le premier à trahir a été « Rémy » (Jules D), d’après le rapport rédigé, fin 1944, par « Richet » (Jacques Salomon). Notre enquête dans les archives, nous permet d’affirmer que « Rémy » gravitait dans le cercle de connaissance de « Christophe » (André Poirier) et de sa femme (Lucile Poirier).
Le 18 mai 1944, il est arrêté sur dénonciation par la Gestapo et des membres de la milice française au 55 avenue des Belges à Caluire (Rhône) où un "sympathisan" (Joseph Touly, reconnu après guerre comme agent "O" pour occasionnel) loue un appartement à Richet (chef du réseau) depuis février 1944.
Interné au fort Montluc, "Sally" est fréquemment sorti de sa cellule afin d’être interrogé et torturé.
Le 18 mai 1944, les époux MAIRE furent arrêtés dans leur commerce, alors qu’ils remettaient un pli à leur chef de groupe, par la Gestapo.Les époux MAIRE furent déportés. Renée MAIRE a été interné à partir du 09 juin 1944 au fort de Romainville. Elle fut déportée dans le convoi I.230 au départ de la gare du Nord à Paris le 19 juin 1944. Elle fut libérée par l'armée soviétique le 23 avril 1945. René MAIRE est décédé le 26 octobre 1973 à La Tronche (Isère) et son épouse,
Renée Émilie, est décédée le 12 juin 1994 à Claix (Isère). Ils sont inhumés à Claix (Isère). Les époux MAIRE ont été faits chevaliers de la Légion d’honneur le 18 novembre 1961.
Femme d’André PoirierLucile Poirier, née Gaillot. Née le 11 juillet 1920 à Martignat (Ain). Profession : ouvrière en matières plastiques. Domiciliée chez ses parents avec son mari. Arrêtée le 17 mai 1944, interné à Montluc. Relâchée le 25 mai 1944. Décédée le 4 novembre 2011 à Oyonnax (Ain).
Lucile Poirier, le jour de la remise à titre posthume de la légion d'Honneur à son mari.
Renée et René Maire tenaient un café jusqu’en 1961 au 55 cours Berriat à Grenoble. Ils se sont mariés le 3 décembre 1923 à Grenoble. Le café servait de « boîte aux lettres et de dépôt de matériel » à la branche grenobloise du réseau.
Auguste Pierre Adolphe Rocher, alias José, est né le 17 septembre 1901 à Rocoules (département de la Haute-Loire). Il exerce la profession d’employé à l’EDF. Il réside avec sa femme et sa fille au 249, rue de Gerland à Lyon. Il s’engage au sein du réseau comme agent P2, en qualité de chargé de mission de 3ᵉ classe, le jour où sa fille Denise est arrêtée, le 15 septembre 1943.
Auguste est agent de protection et de liaison de Roby (Robert Clor, 1922-1993), chef des agents de liaison et de protection. Le 18 mai 1944, à 9 h 00, Auguste Rocher, alias José, a rendez-vous avec Richet, qui lui remet un message à destination de la boîte aux lettres du réseau Arsène, située place Jean-Macé à Lyon. Vers 10 h 30, Auguste est arrêté à la boîte aux lettres de ce réseau, porteur de messages.
Émettre représente un danger évident, les communications radio sont évidemment clandestines. Les Allemands essayent constamment, grâce à des véhicules équipés spécifiquement, de localiser l’endroit où les opérateurs radio opérent. Les risques sont grands, c’est pourquoi ces derniers doivent souvent changer d’endroit (d’asile) pour émettre. Lorsqu'un asile est suceptible d'être démasqué, on dit qu'il est "brûlé".
« Rémy » est arrêté par la police allemande le 15 mai 1944 à Lyon (Rhône) en allant à une boîte aux lettres. Il est ensuite présent le 17 mai dans une voiture de la Gestapo, lors de l’arrestation de « Christophe » et de sa femme à Groissiac (Ain). Il fut relâché le 19 mai par la police allemande.
Chef de liaison de Roby et chef du centre indépendant de Grenoble René Schmitt
Alias en France René, alias à Londres Saigle, Sarrazin Alain.
Fausse identité en France sous le nom de Riffard Serge, né le 14 juin 1917.
Matricule au B.C.R.A : RW 73.400
Né le 12 octobre 1921 à Wintzenheim (Haut-Rhin).
Profession : mécanicien.
Evadé d’Alsace avec Roby (Robert Clor) le 13 juillet 1941.
Engagé au 151ème régiment d’infanterie (armée d'armistice).
Suite à la dissolution de ce régiment en novembre 1942, il a travaillé chez un garagiste à Cazals (Lot).
Agent P2 à partir du 26 février 1943 comme agent de liaison et de protection. Chef de liaison de Roby à partir du 1er février 1944.
Arrêté le 18 mai 1944 alors qu’il allait chercher du courrier de la résistance à Grenoble chez les époux Maire.
Interné à Montluc sous le nom de Serge Riffard dans la même cellule (n°58) que Christophe. Interné à Compiègne (Oise).
Mort pour la France, dans le train du convoi de la mort entre le 2 et le 5 juillet 1944 à destination de Dachau (Allemagne).
Depuis 1975, une rue dans sa ville natale porte son nom. En 2001, la mention « Mort en déportation » a été inscrite en marge de sa transcription de décès.
2ᵉ interrogatoire : On lui propose de travailler pour la police allemande ; il refuse.
Interrogatoire dans le grand bureau central du bâtiment : Richet ne donne aucune information.
Il est amené dans la salle de torture située au même étage.
À demi inconscient et grièvement blessé, on le ramène dans le grand bureau central pour un nouvel interrogatoire musclé. - Madame Richet est présente dans un bureau adjacent. - Vers la fin de la journée, les époux sont ramenés au sous-sol dans des cellules séparées, où Richet nous dit : « Je tombais sur le sol à peu près inconscient. » - Dans la soirée du 18 mai 1944, Richet et sa femme sont amenés à la prison de Montluc, où ils sont internés dans des cellules séparées.
Richet subira de nouveaux interrogatoires à Montluc. Blessé, il sera hospitalisé à l’hôpital allemand de la Croix-Rousse, où il subit deux nouveaux interrogatoires. Le 14 juin 1944, avec la complicité d’autres blessés, il réussira à s’évader, caché, il rejoint sur ordre le 1er août 1944 le B.C.R.A à Londres via l’Espagne puis retournera en France à la fin du mois de septembre 1944.
Jacques Hilaire Salomon Alias Richet-Renal-Caron-Langevin-Fermat. Né le 2 juin 1907 à Maison-Alfort (Val-de-Marne). Matricule au B.C.R.A : RW 73.100 Marié à Paris le 21 octobre 1939 à Hélène Voulfovitch. Agent P2 à partir du 1er septembre 1943. Le 8 mai 1944, il échappe de peu à l'arrestation par la Gestapo à une boîte aux lettres. Arrêté le 18 mai 1944 avec sa femme au 26 rue de Condé à Lyon. Evadé le 14 juin 1944. Muté le 1er octobre 1944 à la D.G.E.R (service de renseignement français). Démobilisé le 28 septembre 1945. Décédé le 15 juin 1975 à Saint-Pierre-en-Port (Seine-Maritime). En 1951, marqué par son engagement dans la résistance, il demande son changement de nom ainsi Jacques Salomon devient Jacques Renal.
Technicien du réseauSalomon Wilder dit Sally Alias Désiré Né le 20 avril 1924 à Metz (Moselle). Profession : radio-électricien. Agent P2 à partir du 1er avril 1944. Arrêté le 18 mai 1944 au n°55 de la rue des Belges à Caluire (Rhône). Interné à Montluc du 18 mai au 9 juin 1944. Mort pour la France fusillé par les Allemands le 9 juin 1944 à Communay (Rhône).
Autre information donnée par Denise ROCHER, elle transportait des « choses » dans un café à Grenoble. D’après nos recherches dans les archives, il s’agit du café tenu à Grenoble, 55 cours Berriat (le n°22 de la même rue était le siège de la gestapo grenobloise !), par les époux Maire : René et Renée alias Barrière et Betty qui servait de boîte aux lettres, de cache de matériels et d’agents pour le réseau Electre-Bouleau.
Agent de liaison et de protection de Marin Jean Sanchis Alias en France Joseph, Alias à Londres Devesa Joseph.
Né le 16 décembre 1924 à Alger (Algérie).
Engagé dans la Légion étrangère le 16 mars 1942 sous le nom de Joseph Devesa.
Fait prisonnier le 21 janvier 1943. Démobilisé le 9 mai 1943. Agent P2 à partir du 15 avril 1944.
Arrêté le 18 mai 1944 à Grenoble, "filé" depuis Lyon par la Gestapo, il est arrêté en remettant des plis à Marin en gare de Grenoble.
Interné à Monluc sous son nom de légionnaire.
Déporté le 15 juillet 1944.
Libéré des camps le 28 avril 1945.
Rentre en France via la Suède le 28 juin 1945.
Mort pour la France, à la suite de sa déportation, le 12 octobre 1949 à l’hôpital Bichat à Paris.
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Chef des liaisons Robert Clor Alias en France Roby, alias à Londres Jules Bizet. Matricule au B.C.R.A : RW 73.401 Profession : peintre-décorateur. Né le 4 février 1922 à Wintzenheim (Haut-Rhin). Evadé d’Alsace avec René Schmitt (René) en juillet 1941. S’engage le 18 juillet 1941 pour 3 ans au 151ème régiment d’infanterie. Démobilisé en novembre 1942. Agent P2 à partir du 15 décembre 1942. Arrêté le 17 mai 1944, rue Victor Hugo à Lyon porteur de messages. Interné à Montluc du 17 mai au 1er juillet 1944. Interné à Compiègne du 1er au 15 juillet 1944. Déporté le 15 juillet 1944 à Heuengamme (Allemagne). Libéré par la Croix-Rouge suédoise à la fin du mois d’avril 1945. Il est transféré par bateau en Suède où il arrive le 2 mai 1945 à Trelleborg. Il est finalement rapatrié sanitaire par le centre de rapatriement « Lutetia » à Paris le 28 juin 1945, au départ de l’aéroport de Copenhague. Il est intéressant de constater que son parcours de rapatriement est en tous points identiques à celui de Jean Sanchis (Joseph). Robert Clor témoignera le 26 mai 1987, dans le procès du criminel de guerre Klaus Barbie. Décédé le 9 novembre 1993 à Colmar (Haut-Rhin).
Denise Rocher alias "Josette" La dernière du Réseau electre-bouleau1943-1944
COLLEGE LETOT
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Transcript
Denise Rocher alias "Josette" La dernière du Réseau electre-bouleau 1943-1944
Réseau homologué le 16 septembre 1946, reconnu Unité Combattante du 1er juin 1942 au 30 septembre 1944.
Collège LETOT 5 rue de verdun 14400 Bayeux
l' organigramme du réseau en mai 1944
index
LA génèse du projet
Double denonciation au sein du reseau
CHRISTOPHE : André Poirier
CHronologie des arrestations
josette: denise Rocher (la derniere survivante du réseau
Suppliciés dans les locaux de la gestapo lyonnaise
C'est quoi un réseau?
Jose et josette : auguste rocher, une victime de la barbarie nazie (partie I)
Electre-bouleau : un réseau du bcra
internement à montluc
les deportations
EMETTRE SOUS ELECTRE-BOULEAU
Morts pour la france
Jose : auguste rocher, une victime de la barbarie nazie (partie II)
DESIRE : Wilder salomon, technicien du reseau
3 identites pour 1 seul homme : jean sanChis
Conclusion
Le rapport de RICHET, FIN 1944, sur les arrestations : un document incroyable permettant d'entrer au coeur du reseau
L'émission radio de la Letot radio show
Les rapports hebdomadaires du chef du réseau : janvier-mai 1944
Nos reporters d'investigation
Collège LETOT 5 rue de verdun 14400 Bayeux
Préambule : la génèse du projet
Les classes de 3ème de Mme Sophie Auvray , accompagnées de Yann Thomas (Assistant d'Education) du collège, vont depuis 6 ans, à la rencontre des résidents (es) de la maison de retraite La Reine Mathilde à Bayeux (Calvados) afin d’évoquer leurs souvenirs de l’occupation. Madame Richard (aujourd’hui décédée) nous a parlé de son demi frère André POIRIER, alias Christophe, opérateur-radio du réseau Electre-Bouleau, Mort pour la France en déportation le 6 décembre 1944 à Flossenbürg (Allemagne). Nous lui avons fait la promesse d’effectuer des recherches dans les archives du Service Historique de la Défense à Vincennes et dans celles de la Division des archives des Victimes des Conflits Contemporains à Caen (Calvados) afin de lui apporter des réponses sur l’histoire de son frère dans la résistance.
Devant la masse de documents sur le réseau au S.H.D à Vincennes, en particulier dans les cartons GR 28P 3 133 et GR 17P 118, nous avons eu comme projet d'aller plus loin, le choix s’est vite orienté vers la réalisation d’une exposition itinérante. Au cours de nos recherches sur chaque membre du réseau, il est apparu la possibilité qu'un (e) agent (e) de liaison soit encore en vie. Nous avons cherché cette Agent (e) dont le pére, aussi membre d'Electre-Bouleau, fut arrêté à Lyon le 18 mai 1944 et Mort pour la France le 7 décembre 1944 en déportation à Flossenbürg (Allemagne) : il s'agit de Denise et Auguste ROCHER, alias Josette et José. Durant deux ans, nous avons pisté Denise! Nous l'avons enfin retrouvée à Saint-Etienne (Loire). Voici son histoire et celle des femmes et des hommes du réseau Electre-Bouleau au cours des années 1943-1944.
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La peur
Qui est Hélène Salomon?
Hélène Salomon en 1951. AC 21P 646773
« J'avais une peur terrible, je n'avais jamais ressenti une telle peur de ma vie. J'étais constamment, constamment, constamment stressée, constamment convaincue que j'allais être arrêtée, constamment, constamment, à tel point que, lorsque j'ai été arrêtée, j'ai été soulagée. C'était fini. D'autres choses commençaient, mais il n'y avait plus cette horrible peur viscérale. Et quand les gens vous disent qu'ils n'ont pas eu peur, eh bien, tant mieux pour eux, parce que je vous jure que j'avais peur. C'était horrible. »
rencontre Emouvante avec mme Richard
Une rencontre qui changera tout
Les investigations
Le retour sur les recherches
Un cadeau Mémorable
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André POIRIER : operateur-radio
(Photo à gauche) archives privées, (document au centre) archives Arolsen, (document à droite) fiche matricule de recrutement, (photo en haut à droite) dossier AC 21P 526679.
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CHRISTOPHE
Extrait du rapport du chef du réseau rédigé le 9 janvier 1944, arrivé à Londres le 5 février 1944, annonçant le recrutement d'André POIRIER.
Sa vie avant la résistance
Son rôle dans le réseau
Son arrestation
Mort pour la France
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C'est quoi un réseau du B.C.R.A?
Quel est le rôle d'un réseau de résistance?
Comment fonctionne un réseau?
Chaque réseau a une organisation quasi militaire, structurée et hiérarchisée, avec un chef de réseau, des adjoints, des agents de liaison etc..
Qui sont les agents du réseau ?
* Dans son rapport au B.C.R.A de février 1944, le chef d'Electre indique qu'il y a une vingtaine d'occasionnels au service du réseau.
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Ici Londres, vous allez entendre les informations en français, veuillez écouter tout d’abord, quelques messages personnels
"Electron ne rencontre plus Lyon" "Bonsoir mon vieux copain, tu seras un homme mon fils." "N’allez plus chez les amis de Paulin."
Ces trois phrases, de la célèbre émission "les français parlent aux français" diffusée par la B.B.C, sont citées comme codes pour le réseau Electre-Bouleau dans le questionnaire soumis à Richet (Jacques Salomon) en vue de l'homologation du réseau dans le rapport de la commission nationale d'homologation des F.F.C daté du 19 juin 1946. Carton GR 17P 118
Pour aller + loin
L'organisation du réseau Electre-Bouleau
Le réseau Electre-Bouleau
Quels étaient les professions des agents?
Pour aller + loin : Le recrutement de Christophe
Les documents administratifs du réseau
Pour aller + loin : les numéros des agents
Pièce du dossier GR 17P 118
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EMETTRE DANS LA CLANDESTINITE
Les dangers des communications radio
Les rôles dans le réseau
Le poste émetteur-récepteur
Les ondes : comment cela marche ?
L'activité du réseau
Extrait du rapport du chef du réseau au B.C.R.A rédigé le 3 mai 1944 : arrivé le 6 juin 1944 à Londres, montrant, en avril 1944, l'activité de Charles PETOT alias Marin, opérateur-radio du réseau.
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wILDER SALOMON ALIAS DESIRE : le technicien du RESEAU
Martyr de Communay, 9 juin 1944
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Desiré
Sa vie avant la résistance
Son rôle dans le réseau
Son arrestation
Mort pour la France
Pour aller + loin : une pièce du dossier de Desiré
Attestation de Renal (Jacques Salomon) en 1958 attestant des états de service de Wilder Salomon.AC 21P 659664
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Les rapports hebdomadaires du chef du réseau (janvier 1944-mai 1944)
Qui rédige les rapports ?
Comment avons-nous pu identifier les auteurs ?
Qui sont les interlocuteurs du B.C.R.A à Londres recevant ces rapports?
Comment ces rapports sont-ils transmis à Londres ?
Quels sont les problèmes liés à ces rapports ?
Les rapports envoyés à Londres de janvier à mai 1944
Que nous apprennent ces rapports ?
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Denise Rocher, Agent de Liaison
Alias en France : Josette Alias à Londres : Marchand Josette/Charmin Arlette Matricule au B.C.R.A : RW 54Fr
Pièces du dossier de Denise Rocher. GR 16P 516271
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Comment avons-nous retrouvé Denise?
Recherches sur les réseaux sociaux et dans les registres de l'Etat-Civil
Porte à porte à Saint-Etienne
Les 100 ans de Denise sur les réseaux
Retrouver Denise, nous a pris 2 ans.
Ce que Denise nous a dit sur son rôle dans le réseau
Denise, toujours en résistance
"Quelques petits services"
Qui est donc son chef?
Où transportait-elle des "choses"?
Pour en savoir plus sur Cazenave, chef du réseau
Pour en savoir plus sur les époux Maire, les "boîtes aux lettres" du réseau
Le dossier administratif de résistante de Denise : dossier GR 16P 516271
Le dossier de titre, homologation pour faits de résistance de Denise ROCHER ne comporte que très peu de pièces, signalons tout de même un mémoire de proposition de citation pour fait de résistance avec cette mention : « Jeune agente chargée de missions dangereuses de liaison et de transport de matériel et d’armes, qu’elle a toujours accomplies avec courage et simplicité. Arrêtée par la police française alors qu’elle transportait un poste émetteur, elle a refusé de fournir aucun renseignement aux enquêteurs malgré les menaces et les sévices dont elle a été l’objet. Elle a ainsi permis à une organisation de résistance de la faire évader sans que la sécurité de son propre réseau ait été en rien compromise ». Ce mémoire de proposition a été rédigé le 3 août 1945 par Renal (Jacques Salomon) le chef du réseau, mais également une attestation d’appartenance au F.F.C où nous apprenons que Denise ROCHER était agent P2, en qualité de chargé de mission de 6ème classe.
MARCHAND JOSETTE ou CHARMIN ARLETTE :comme alias administratif?
Nous sommes restés longtemps interrogatifs sur ce point et la réponse était sous nos yeux.En effet dans l'annexe du rapport du chef du réseau d'octobre 1943 figure la citation de Marchand Josette, dans le dossier administratif de Denise Rocher figure une citation similaire. Donc Marchand Josette, Arlette Charmin sont une seule et même personne : Denise ROCHER.
Proposition de citation dans le rapport du chef d'électre en octobre 1943
Proposition de citation dans le dossier de Denise Rocher en août 1945
L'entrée en résistance de Denise Rocher :
La difficile confrontation de l'histoire orale et des archives administratives
Concernant son entrée dans la Résistance
Les incertitudes concernant l'entrée en Résistance de son père
L'arrestation de Denise Rocher
Ce que Denise nous a dit
Ce que nous avons trouvé dans une enquête liée à la chute du réseau en 1944
Ce que nous avons trouvé dans l'annexe du rapport du chef du réseau d'octobre 1943
Les conclusions, en recoupant toutes les recherches
Transcription de l'annexe du rapport d'octobre 1943 du chef du réseau sur l'affaire Josette
L'évasion de Denise
Interrogée puis évadée par une action du réseau ajax
Son interrogatoire
La préparation de son évasion
Son évasion
"Au vert" jusqu'à la fin de la guerre.
Denise par sa hiérarchie
Annexe au rapport du chef du réseau à destination du B.C.R.A d'octobre 1943 après l'arrestation de Denise
"Dans votre 23 du 13 code A vous me demandez ce que je compte faire de Josette. Il m'est assez difficile de l'employer efficacement, car il est dangereux de la faire voyager, et si elle était reprise, il serait alors impossible de la sortir des griffes de Vichy ou des boches. C'est une petite fille extrêmement consciencieuse, dévouée et travailleuse; si vous en aviez l'emploi, je serais très content de vous l'envoyer. J'ajoute qu'elle n'est pas dactylo."
Notre visio avec Denise
""j'ai rendu quelques petits services"
"Mon papa était dans la résistance, un jour, ils ont eu besoin d'un service, je me suis proposée pour faire quelques courses" "ce que j'avais à faire, je le faisais, c'est tout""J'ai rendu quelques petits services""Je m'excuse mais je ne peux pas vous dire ce que j'ai rendu comme service" "Nous savons que vous transportiez des valises émettrices et des armes..." "J'avais un contact dans un café à Grenoble" "c'était René et Renée Maire votre contact?" "Je ne connaissais pas leur nom" "Les instructions quand on se faisait arrêter, c'était Motus" "les autres résistants, c'était comme des camarades de travail. Je ne connaissais que les gens de mon réseau. Mon chef s'appelait Cazenave""Lorsque j'ai été arrêtée, j'ai rencontré 4-5 messieurs qui m'ont posé des questions. Au lieu de regagner ma cellule, j'ai essayé de m'évader. Alors, j'ai marché à 4 pattes, je suis passée devant un guichet où il y avait un messieur qui ne m'a pas vue. Une fois dehors, j'ai retrouvé des amis qui dirigeaient un bistro à Lyon, puis mes parents et mes amis m'ont cachée jusqu'à la fin de la guerre dans une ferme à la campagne près de Saint Etienne. Les gendarmes avaient ordre d'empêcher des gens de s'approcher de la ferme" "Après la guerre, j'ai repris mon travail de couturière"
Les élèves de 3ème de Mme Auvray ont interrogé Denise en visio sur son implication dans la résistance.Voici leur entretien
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José : Auguste ROCHER, père de Denise une victime de la barbarie nazie
Pièces du dossier AC 21P 147218 et Arolsen.
José : auguste rocher, père de Denise une victime de la barbarie nazie
José : sa vie et son engagement dans la résistance
Torturé, interné à Montluc, déporté
La mort d'Auguste
Pièce du dossier AC 21P 659664
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Le rapport de RICHET, Fin 1944, sur les arrestations au sein d'Electre-bouleau : un document incroyable permettant d'entrer au coeur du reseau
"Le fonctionnement normal du réseau comportait entre le Chef et son adjoint d’une part et le chef des liaisons d’autre part trois rendez-vous par jour, le matin vers 8h30, le midi vers 12 ou 14h, suivant le cas et le soir entre 18 et 20 h.Le Chef de réseau prenait ainsi connaissance du courrier départ et arrivée et en réglait la répartition suivant les centres d’émission ; il recevait également et transmettait ainsi son propre courrier inter-réseaux et avec Londres".
Carton GR 28P 3 133
RICHET
PHOTOGRAPHIE de l'organigramme des agents P2 du reseau à la datE du 18 mai 1944
d' aprés le rapport richet sur les arrestations opérées au sein du réseau
Les biographies
Mort pour la France
Déporté-revenu
Evadé
Relâché
A Grenoble, la boîte aux lettres du réseau est le café des époux Maire, mais ils ne sont pas agents P2, vous pouvez cependant découvrir leur biographie sur la page "ce que Denise nous a dit sur son rôle dans le réseau".
Non arrêté
Intelligence avec l'ennemi
Double denonciation au sein du réseau
Le recrutement de Remy et d'Henri
La trahison d'Henri
La mort d'Henri sans aucune forme de procès
Le recrutement de Rémy
La trahison de Rémy
Extrait du rapport de fin avril/début mai du chef du réseau à destination du B.C.R.A annonçant le recrutement de 3 agents dont Henri et Remy. Carton 28P 3 313.
Rémy fusillé pour crime de trahison
Pour aller plus loin, "le télègramme daté du 26 mai 1944 envoyé au B.C.R.A suite à l'enquête sur les arrestations"
Double dénonciation : le témoignage de Richet
Le dossier
Nous avons masqué les noms de famille des mis en cause.
Carton GR 28P 3 133
Double dénonciation : le témoignage de Mme Poirier
Carton GR 28P 3 133
Le dossier
Nous avons masqué les noms de famille des mis en cause.
Double dénonciation : le témoignage de Félix
Le dossier
Carton GR 28P 3 133
Nous avons masqué les noms des mis en cause
CHRONOLOGIE DES ARRESTATIONS
Une fois la trahison établie, la Gestapo n’a plus qu’à procéder aux arrestations. Nous vous présentons par ordre chronologique le déroulement des faits :
Le 17 mai
Le 18 mai
Jean-Paul Mercier alias Laurent, opérateur-radio, Mort pour la France, en déportation, le 3 mai 1945. AC 21P 515468
SuppLICIéS Dans les locaux de la gestapo lyonnaise*
* Après le bombardement du 26 mai 1944 et la destruction partielle de l'école de santé militaire, les interrogatoires se poursuivront place Bellecour.
Richet (Jacques Salomon), dans son rapport de fin 1944 sur les arrestations, énumère d’une façon générale les arrestations au sein du réseau, puis évoque de manière plus précise son expérience personnelle. Ici, nous n’évoquerons que les faits ; pour les « détails », nous vous renvoyons à la lecture du rapport de Richet et à la lecture des encarts : "extrait du témoignage de Roby et extrait du témoignage de Martine".
Supplices
Interrogatoire
Extraits du témoignage d'Hélène Salomon alias Martine (femme de Richet), en 1983, sur ses souvenirs d'interrogatoires.
Extrait du témoignage de Roby : sa confrontation avec Richet dans les locaux de la Gestapo.
Pour aller plus loin...
Dans les pièces à conviction du procès du criminel de guerre Klaus Barbie (1913-1991), qui se déroule en 1987, figure la déposition de « Roby » (Robert Clor) sur les tortures qui lui ont été infligées par ce tortionnaire et ses hommes. Le 26 mai 1987, Roby témoignera devant la cour à la 51 ème minute de cette émission.
Internement a la prison de montluc
Le fichier des internés de la prison de Montluc gardent la trace du passage de plusieurs hommes du réseau
En fin de soirée, le 18 mai 1944, les hommes et femmes d’Electre sont conduits à la prison de Montluc où les interrogatoires se poursuivront.
Cliquez sur les photos
Le fichier est en consultation libre sur le site internet des Archives Départementales du Rhône
Les déportations
Vers la mi-juin 1944, certains internés du réseau sont extraits de leurs cellules de Montluc afin d’être acheminés vers une destination inconnue tout d’abord par camions puis par train. Cette destination : c’est Compiègne (Oise) pour certains et Paris pour d'autres. C’est à partir de Compiègne principalement qu'ils furent déportés, à des dates différentes, dans différents camps de concentration en Allemagne.
5 d’entre eux faisaient partie des déportés du tristement célèbre convoi I. 240 plus connu sous le nom de convoi de la mort.
Christophe, Poirier André
Joseph, Sanchis Jean
Martine, Salomon Hélène
Marin, Petot Charles
Farge, Faraggi Raphaël
Richard, Werth Marius
Roby, Clor Robert
Laurent, Mercier Jean-Paul
José, Rocher Auguste
Barrière, Maire René
René, Schmitt René
Betty, Maire Renée
MORTS POUR LA FRANCE suite aux arrestations du 17 et 18 mai 1944
MORTS POUR LA FRANCE en déportation
POIRIER André, 06 décembre 1944 à Flossenbürg (Allemagne). FARAGGI Raphaël, 30 janvier 1945 à Bergen-Belsen (Allemagne). ROCHER Auguste, 07 décembre 1944 à Flossenbürg (Allemagne). SCHMITT René, 02 juillet 1944 au 05 juillet 1944 à Dachau (Allemagne). WERTH Marius, 02 juillet 1944 au 05 juillet 1944 à Dachau (Allemagne). MERCIER Jean-Paul, 15 mai 1945 à Sandborstel (Allemagne).
MORT POUR LA FRANCE à la suite de sa déportation
SANCHIS Jean, 12 octobre 1949 à Paris.
MORT POUR LA FRANCE fusillé par les Allemands
SALOMON Wilder, 9 juin 1944 à Communay (Rhône).
Sous une triple identité Jean SANCHIS- joseph DEVesA-alias josephUn légionnaire résistant mort à la suite de sa déportation*
Jean Sanchis-Joseph Devesa : légionnaire.
Joseph Devesa alias Joseph, agent de liaison et de protection de Marin.
Arrêté, interné à Montluc et déporté.
Sa libération, son rapatriement via la Suède, sa mort en 1949.
Jean Sanchis, en mai 1945, dossier AC 21P 669856 (photo) et archives Arolsen (document).
Jean Sanchis a été rapatrié en France via la Suède.
* les couleurs de la Légion étrangère.
Conclusion
Nous souhaitons faire une demande pour que Denise Rocher puisse être honorée de la Médaille de la Résistance à titre exceptionnel ou de la Légion d'Honneur.
Nous avons trouvé, au cours de nos recherches deux citations la concernant, la première en octobre 1943 dans un rapport du chef du réseau envoyé au B.C.R.A, la seconde dans le dossier de Denise Rocher avec un mémoire de proposition de citation à l'ordre du régiment signé par Jacques Salomon (chef du réseau sous les alias Richet et Renal) et daté d'août 1945. Les archives de l’Ordre de la Libération ne contiennent absolument aucune pièce la concernant. Ces deux propositions de citation semble être restées lettre morte. Quatre-vingt-trois ans après son arrestation, le 15 septembre 1943, il nous semble important de rendre hommage à Denise Rocher pour son engagement dans la Résistance, mais aussi pour le prix que sa famille a payé dans la défense des valeurs qui constituent le ciment de notre démocratie : la liberté, l’égalité et la fraternité. Elle est également l’un des derniers agents P2 du B.C.R.A immatriculé RW 54Fr. Pour ces différentes raisons, les élèves et le personnel du collège Charles Letot de Bayeux (département du Calvados) proposent aux autorités compétentes l’attribution de la Médaille de la Résistance à titre exceptionnel ou de la Légion d'Honneur à Denise Enjolras (née Rocher le 20 septembre 1925 à Saint-Étienne), agent P2 chargée de mission de 6ème classe, agent de liaison du réseau Électre-Bouleau.
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L'émission de la Letot radio show
Notre émission de radio
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Les reporters investigateurs
Nos reporters d'investigateurs de le 6ème à la 4ème en enseignement général ou du dispositif ULIS
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Un travail d'équipe
Enquête et documents réalisés par :
Les reporters de la Web Radio (Letot Radio Show)
L'équipe pédagogique :
Les élèves :
Yann Thomas, Assistant d'Education
Maxime Cambron, élève de 4ème E, grand technicien de la LRS.
Sophie Le Parlouër, professeure d'EPS
Matthéo Pitiot, élève de 3ème A, notre porte à porte à Saint-Etienne.
Sophie Auvray, professeure d'histoire
Gwenola Landais, professeure d'histoire
Les élèves de 3ème E (2020-2021)
Philippe Dufour, professeur de technologie
Les élèves de 3ème A (2021-2022)
Les élèves de 3ème D (2025-2026)
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OUVRAGES CONSULTES : Les réseaux de résistance de la France combattante, dictionnaire historique, Service Historique de la Défense, sous la direction de Stéphane Longuet et Nathalie Genet-Rouffiac, Editions Economica, 2013. Les opérateurs radios clandestins, SOE, BCRA, OSS, Jean-Louis PERQUIN, Histoire et Collections, 2011. La résistance dans le département de l’Ain, 1940-1944, Patrick Veyret, Editions De Borée, 2016. Les Combattantes de l'Ombre : histoire des femmes dans la Résistance, 1940-1945, Margaret Collins Weitz, 1997. Les françaises à Ravensbrück, ouvrage collectif, 1965. SOURCES (Archives publiques): Service historique de la Défense, Vincennes GR 17 P 118, réseau Electre-Bouleau. Service historique de la Défense, Vincennes GR 28 P 3 133, réseau Electre-Bouleau. Division des archives des Victimes des Conflits Contemporains, Caen, dossiers individuels des membres du réseau en 21P. Service historique de la Défense, Vincennes, dossiers individuels des membres du réseau en 16P et 28P.
SOURCES numériques :
Archives Arolsen
CHDR Lyon.
Fondation pour la mémoire de la déportation.
Site internet de l’association des rescapés de Montluc
Nos sources
Camp de concentration de Flossenbürg
Témoignage de Robert CLOR.
Témoignages de déportés de l’Ain et recherche nominative d’un déporté de l’Ain.
Information sur René SCHMITT.
Site internet fusillés 1940-1944
REMERCIEMENTS
Annexes
L'épopée tragique de Cazenave Jacques Tayar chef du réseau Compagnon de la libération
Cazenave : une figure de la résistance
Un destin brisé-Compagnon de la Libération
Jacques Salomon (alias Richet) : témoigne
Renée et René Maire, la boite aux lettres du réseau à grenoble
Le café des époux Maire
La branche du réseau à Grenoble
René et Renée
. .
Leur arrestation et leur déportation
En recoupant les sources, nous pouvons affirmer que Denise ROCHER alias Josette, le 15 septembre 1943, a été arrêtée dans un train par deux agents des douanes et qu’elle transportait un poste émetteur Paraset, au retour d'une mission.Dans ce train, il y avait un autre agent de liaison, probablement René (René Schmitt) qui a réussi à échapper à l'arrestation.
AFFAIRE JOSETTE – Étant donné l’incertitude dans laquelle nous étions sur le bon fonctionnement d’un « Mark V » et la pauvreté de notre matériel, nous avons été amenés, début septembre, à faire faire à un paraset un aller et retour à Bellegarde. C’est au cours du voyage de retour que notre agente a été interrogée par des douaniers qui l’ont mise en état d’arrestation dans le train. Le rapport des douaniers est imbécile, mais je soupçonne fort ceux-ci de l’avoir chargé volontairement par crainte des sanctions de la (illisible). En effet, ils ont tenté d’arrêter un de nos agents de liaison qui avait retrouvé Josette. Cet agent a pu s’enfuir. Or, un des douaniers a exprimé devant Josette et son camarade le regret de ne pas avoir sorti son revolver et tiré sur le fugitif. Je vous communiquerai, si vous le désirez, le nom des deux douaniers en question. Dès que j'ai été avisé de l'arrestation de Josette, j'ai immédiatement alerté Ajax. Je n'ai qu'à me louer de la diligence avec laquelle il s'est occupé de cette affaire, aboutissant en 48 heures à la libération de Josette. Je tiens également à citer le dévouement de son adjoint, qui n'a pas ménagé sa peine. L'attitude de Josette a été parfaite et a étonné, aux dires d'Ajax, les inspecteurs eux-mêmes. Dans votre 23 du 13 code A vous me demandez ce que je compte faire de Josette. Il m'est assez difficile de l'employer efficacement, car il est dangereux de la faire voyager, et si elle était reprise, il serait alors impossible de la sortir des griffes de Vichy ou des boches. C'est une petite fille extrêmement consciencieuse, dévouée et travailleuse; si vous en aviez l'emploi, je serais très content de vous l'envoyer. J'ajoute qu'elle n'est pas dactylo. PROPOSITIONS Croix de guerre Ordre : Armée (illisible) : René SEIGLE. "Jeune Alsacien, modèle des vertus et des qualités françaises. Chef de protection et liaison d’un réseau transmission, fait preuve chaque jour, dans l’accomplissement de sa dangereuse mission, d’un courage et d’un dévouement dignes de tous les éloges. A esquivé deux arrestations grâce à un esprit d’initiative et une rapidité de décision qui lui valent l’estime particulière de ses chefs. » Citation Ne comportant pas l’attribution de la croix de guerre. MARCHAND Josette. Jeune agente de liaison, arrêtée par la police de Vichy, alors qu’elle transportait un poste émetteur. A montré, au cours de l’interrogatoire, beaucoup de sang-froid et de courage. A refusé de faire quelque révélation que ce soit sur son activité, ses camarades ou ses chefs. S’en est tenu à un récit entièrement fantaisiste, après lequel elle a déclaré : « même si vous menacez de me fusiller, je ne dirai rien d’autre ».
Salomon Wilder est né le 20 avril 1924, à Metz (Moselle). Salomon, dit « Sally » exerçait la profession d’Electro-Mécanicien.
Rapport début janvier 1944, rédigé le 9 janvier, arrive à Londres le 5 février. Rapport fin janvier 1944, rédigé le 30 janvier, arrive à Londres le 5 février. Rapport février 1944, date de rédaction inconnue, arrive à Londres le 4 mars. Rapport mars 1944, date rédaction inconnue, arrive à Londres le 1er avril 1944. Rapport fin mars - début avril 1944, date rédaction inconnue, arrive à Londres le 10 avril 1944. Rapport avril- début mai 1944, rédigé le 3 mai, arrive à Londres le 6 juin 1944 !!!!
Agent de liaison et de protection de Laurent Henri L. Alias Henri. Recruté dans le réseau au début du mois de mai 1944 (administrativement). Recrutement effectué par Roby (Robert Clor), Roby l'indique dans le témoignage qu'il nous a laissé (voir "Nos Sources"). Exécuté sommairement par le maquis pour trahison en juin 1944. Note de l’équipe pédagogique Afin de nous conformer à la loi en vigueur et ainsi protéger les éventuels ayants-droit, il nous est strictement interdit de divulguer la quasi-totalité des renseignements collectés dans les archives sur ce dernier. Nos reporters ont du mal à concevoir cet état des faits à l’heure des réseaux sociaux. Pour en savoir plus, se référer au chapitre « Double dénonciation au sein du réseau ».
Opérateur radioJean-Paul Mercier Alias en France Laurent, alias à Londres Amblon Jacques. Matricule au B.C.R.A : RW 73.303 Né le 26 janvier 1920 à Grenoble. Agent P2 à partir du 22 octobre 1943. Arrêté le 17 mai 1944 à son domicile 7 rue de la Platiere à Lyon (Rhône). Déporté au camp de Neuengamme (Allemagne) où il arrive le 18 juillet 1944. Mort pour la France en déportation au camp de Sandborstel (Allemagne) le 15 mai 1945.
« Richard » (Marius Werth) et « Chifflet » (Robert Chifflet) à Lyon (Rhône). « Richet » (Jacques Salomon) et sa femme (Hélène) à leur domicile. « José » (Auguste Rocher) à la boîte aux lettres du réseau Arséne à Lyon (Rhône). « Marin » (Charles Petot), « Barrière » et « Betty » (Renée et René Maire), «René » (René Schmitt) à Grenoble (Isère). « Désiré » (Salomon Wilder) à Caluire (Rhône). « Joseph » (Jean Sanchis), il y a un doute sur son lieu d'arrestation : Lyon ou Grenoble, nous avons retenu celle de Grenoble.
Pièce du dossier de Jean Sanchis. AC 21P 669 856.
C’est Jacques Salomon, alias Renal-Richet, qui aura la lourde tâche d’annoncer son décès à sa famille, comme il l’indique dans son rapport envoyé au BCRA au début du mois de janvier 1944 : « Avant de recevoir votre tg 54 code B du 21 (arrivé d’ailleurs le 24/12 seulement), nous avions appris par le docteur l’affreux accident survenu à Cazenave. Vous comprendrez notre immense chagrin, quand vous saurez que, depuis la mi-septembre, nous ne nous sommes à peu près pas quittés, lui et moi, travaillant nuit et jour tous les deux, passant avec sa famille nos rares moments de loisirs. Cette vie en commun de tous les instants avait créé entre nous des liens d’amitié qui, pour être de fraîche date,n’en étaient pas moins profonds, et il m’avait demandé de m’occuper personnellement de l’évacuation de sa famille aussitôt après son départ. Je suis venu accompagné de ma femme annoncer la triste nouvelle à sa femme et à sa mère, et vous ne pouvez imaginer leur détresse et leur peine. » En mémoire de son camarade, Blanche et Georges Berger alias Mr et Mme Poulain-Suchard donneront comme prénom à leur fils né en 1944 : Jacques.
Le 17 ou 18 septembre 1943, une opération préparée par le commissaire Roger Bouvard, du réseau Ajax, permet l’évasion de Denise ROCHER.« Je dois faire part que personnellement j’ai été amené à préparer l’évasion, il y a près d’un an à Lyon, d’une jeune fille prénommée Denise, qui avait été arrêtée dans le train et trouvée en possession d’un poste émetteur qu’elle portait dans une serviette » . Dans l'"affaire Josette" du rapport d'octobre 1943, le narrateur indique : "Dès que j'ai été avisé de l'arrestation de Josette, j'ai immédiatement alerté Ajax. Je n'ai qu'à me louer de la diligence avec laquelle il s'est occupé de cette affaire, aboutissant en 48 heures à la libération de Josette. Je tiens également à citer le dévouement de son adjoint, qui n'a pas ménagé sa peine." Le réseau Ajax , rattaché au B.C.R.A, est un réseau de policiers français crée en juin 1943 dont la centrale est à Lyon qui était, en autre, chargé de l'évasion des personnes arrêtées. Le chef de ce réseau était le commissaire de police Achille PERETTI (1911-1983) alias Ajax, Compagnon de la libération.
« Christophe » (André Poirier) et de sa femme (Lucile) à Groissiac (Ain). « Farge » (Raphaël Faraggi), « Henri » (Henri L), « Roby » (Robert Clor) et « Laurent » (Jean-Paul Mercier) à Lyon (Rhône).
Denise ne nous a donné aucune information sur son arrestation !
Début septembre 1943, le réseau a un souci, un poste émetteur Mark V semble défectueux à Bellegarde, Josette est envoyée en mission pour apporter à l’opérateur radio un poste émetteur dit « Paraset » afin d’effectuer ses transmissions, nous formulons l’hypothèse qu’elle reste plusieurs jours. Au retour, le 15 septembre, elle devait rapporter le « Paraset » à Lyon, mais dans le train elle est appréhendée par deux agents des douanes qui procèdent à son arrestation. L’annexe du rapport du chef d’Electre, nous apprends qu’elle n’est pas seule dans le train, un autre agent de liaison du réseau qui devait se trouver avec elle, échappe de peu à l’arrestation au même moment. Nous pensons qu’il s’agit de René, car dans l’annexe du rapport figurent deux demandes de citation sous la rubrique "Affaire Josette" : Josette et René, avec pour lui cette phrase lourde de sens à notre avis : « A esquivé deux arrestations grâce à un esprit d’initiative et une rapidité de décision qui lui valent l’estime particulière de ses chefs ».
Renée Émilie MAIRE est née le 30 septembre 1898 à Grenoble, son alias est Betty.René MAIRE, son mari, est né le 1er juillet 1901 à Grenoble, son alias est Barrière. Il a une formation d’électricien et a été reconnu sympathisant communiste. Il est d’ailleurs cofondateur, après-guerre, de l’association FNDIRP (Fédération Nationale des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes) de l’Isère. Nous avons pu trouver un document dans son dossier d’attribution de la Légion d’honneur attestant qu’il était agent P1 à la date du 1er mai 1943, mais en croisant différentes sources, nous pouvons affirmer qu’il était déjà en Résistance en 1942.
Une notification du rapport d’activité d’avril, début mai 1944 permet d’appréhender cette problématique : « le réseau Opération a pris l’habitude depuis ses transformations à la suite du départ de Vector de nous fixer très tardivement la date d’enlèvement du courrier », nous savons par qui « par le réseau opération » mais cela ne donne pas le moyen qui fut utilisé pour faire parvenir les rapports à Londres, même si l’utilisation d’avion, du type Lysander via des aérodromes clandestins, est la plus probable. Parfois, ces rapports étaient accompagnés d’objets : (rapport d’activité début janvier 1944, rubrique V-Divers) « ci-joint : un exemplaire du Nouvelliste qui se vendait le 31 décembre (1943 ndrl).. ».
Lucile est libérée le 26 mai et rejoint Groissiac. « Christophe » est en cellule avec « René ». Le 19 juin 1944, il quitte Montluc pour Compiégne (Oise) où le 2 juillet 1944, il est déporté vers l’Allemagne dans le convoi I.240. dit de la Mort. Déporté à Dachau, Allach, Hersbrüch puis Flossenbürg, c’est dans ce camp de concentration qu’André Poirier alias « Christophe » est Mort pour la France, à bout de force, le 6 décembre 1944.
Agent de liaison de Christophe (mais qui avait une vue sur l'ensemble du réseau) Jules D. Alias Remy Recruté dans le réseau au début du mois de mai 1944 (administrativement). Fusillé le 1er juillet 1944 pour crime de trahison. Lucile Poirier (femme de Christophe, André Poirier, opérateur radio) est présente lors de son procès. Note de l’équipe pédagogique Afin de nous conformer à la loi en vigueur et ainsi protéger les éventuels ayants-droit, il nous est strictement interdit de divulguer la quasi-totalité des renseignements collectés dans les archives sur ce dernier. Nos reporters ont du mal à concevoir cet état des faits à l’heure des réseaux sociaux. Pour en savoir plus, se référer au chapitre « Double dénonciation au sein du réseau ».
Le poste émetteur-récepteur Mark V est le modèle le plus utilisé, les opérateurs radio communiquent par morse. Dans sa déposition sur les arrestations, Chifflet (Robert Chifflet, agent de liaison et de protection de Christophe) et Lebon (Alfred Heitz, même rôle) indiquent qu'ils cachent sous terre le poste Mark V que Chifflet avait chez lui.
Denise a été interrogée du 15 au 18 septembre 1943 sans lâcher aucune information qui aurait pu compromettre son réseau. L'annexe du rapport du chef du réseau d'octobre 1943, qui s'intitule "Affaire Josette", signale qu'elle a eu une attitude parfaite. Sa demande de citation en octobre 1943 stipule : "A refusé de faire quelque révélation que ce soit sur son activité, ses camarades ou ses chefs. S’en est tenu à un récit entièrement fantaisiste, après lequel elle a déclaré : « même si vous menacez de me fusiller, je ne dirai rien d’autre ».
Ces transmissions se font généralement sous la protection d’un agent de protection qui fait office bien souvent d’agent de liaison pour aller chercher les messages dans les boîtes aux lettres. Dans de vraies boîtes aux lettres ou dans des lieux comme les boulangeries, les cafés, etc.., où les messages sont déposés par les groupes de résistants locaux (à transmettre) mais aussi ceux reçus par l’opérateur radio d’Electre (à donner). Le réseau peut compter sur des "sympathisans" qui aident les membres du réseau dans tous les domaines.
Télégramme 18 du 26.5.44 STVUS ENQUETE SUR RESEAU ELECTRE STOP SONT ARRETES QUASI CERTAINEMENT CARON (ndrl 3ème alias de Richet) ET SA FEMME STOP SON ADJOINT FARGE STOP RADIO CHRISTOPHE AVEC SA FEMME ET SON COURRIER STOP BROADCASTEUR DE LYON LAURENT STOP RADIO DE VALENCE ET SON COURRIER STOP NOTRE 18 DU 26 STOP RADIO DE GRENOBLE AVEC RENE CHEF IIISONSET (ndrl Joseph) UN COURRIER STOP ROBY JOSE ET RICHARD COURRIERS STOP NOUVEAU COURRIER HENRI VRAI NOM L… (ndrl nom caché par l’équipe pédagogique du projet) ETRE BRUEPOU (ndrl ripou) TROL(S) ETRE IIUSRRCTN STOP A SUIVRE.
"L'interrogatoire le plus dur fut la confrontation avec mon chef Richet, alias Renal, qui était presque méconnaissable, assis dans un fauteuil. Il y avait aussi deux brutes qui étaient présentes, armées chacune d'un nerf de bœuf et qui me posaient plusieurs fois la même question : "Regarde bien ce salaud et dis-nous que c'est bien lui Richet, chef du réseau Électre Bouleau et que vous étiez toujours en liaison avec les Russes". Inutile de vous faire un dessin du traitement qu'ils me réservaient quand je leur répondais que je ne connaissais pas ce Monsieur. Il faut dire franchement qu'il fallait bien regarder pour le reconnaître : il subissait des tortures inimaginables. Après cela, les deux anges gardiens s'occupèrent un peu de moi et me firent "valser" à coups de nerf de bœuf dans une autre chambre. En rentrant dans celle-ci, je croisais mon camarade d'évasion René Schmitt, alias Serge Riffart, qui sortait dans un état lamentable. C'était justement René qui était le responsable du bon fonctionnement du secteur Grenoble".
Extrait de la déposition de Lucile Poirier en 1946 : « ... le soir (18 mai) nous montons tous à Montluc, je trouve le lendemain au lavabo une femme en laquelle je crois reconnaitre, d’après le signalement que m’ont donné José et Henri, Mme Caron : blonde, pas très grande, veste de fourrure manteau blanc. Je lui demande : « vous êtes là depuis hier soir ? Oui, votre mari est là ? Oui...» Lucile et Hélène Richet (Caron est un des alias de son mari) viennent de se croiser, Hélène Richet, en 1983, a été interviewée, par une journaliste anglaise (Margaret Weitz) en vue de la publication du livre : « Les combattantes de l’ombre, histoire des femmes dans la résistance ». Elle nous livre un témoignage fort sur son arrestation et ses interrogatoires dont voici des extraits. « Heureusement, j’ai pu, au moins en grande partie, enfin presque complètement, disons faire semblant de ne rien savoir. J’ai joué la parfaite idiote, qui ne savait rien, ne comprenait rien, ne savait même pas ce qu’était la Résistance. Cela a plus ou moins marché. Ce qui m’a beaucoup aidée, c’est que je parlais allemand, très couramment ; je le parlais et le comprenais parfaitement. Pendant les interrogatoires, qui furent très, très difficiles…, j’ai beaucoup souffert… quatorze, ce n’est pas rien… les Allemands parlaient entre eux, et par un hasard extraordinaire, lorsqu’ils m’ont interrogée sur mon identité, ils m’ont demandé si je parlais des langues étrangères. J’ai répondu : « Oui, l’anglais mais je n’ai pas mentionné l’allemand, ce qui m’a énormément aidée, car pendant les interrogatoires je comprenais tout ce qu’ils disaient entre eux et je pouvais adapter un peu mes réponses à leurs conversations. Je ne sais absolument pas pourquoi je n’ai pas dit « allemand », mais c’est ainsi. Il y a des choses comme cela, tombées du ciel. J’ai longtemps cru qu’ils allaient me relâcher, parce qu’ils me l’avaient promis. Finalement, j’ai été interrogée tout le temps par un adjoint de Barbie, l’infâme Barbie. Mon mari, lui, a été torturé par Barbie ; moi, je ne l’ai pas été ». « On m’a frappée, frappée, frappée, autant qu’ils le pouvaient, mais ce n’était pas la même chose ; ce n’était pas très grave. Non, non. J’ai assisté à la torture d’autres personnes et j’ai trouvé que recevoir des coups, ce n’était rien en comparaison de ce qu’ils infligeaient aux gens. En tout cas, je n’ai jamais été vue par Barbie lui-même ; je n’ai été interrogée que par son adjoint ».
Yann persuadé que les 100 ans de Denise née le 20 septembre 1925, n'allaient pas passer inaperçus, a maintenu une veille sur les réseaux sociaux. Sa persévérance fut récompensée : sur un réseau social professionnel un « post » a attiré son attention. En effet, Madame Nicole Aubourdy, adjointe au maire chargée des seniors de la ville de Saint-Étienne, indiquait avoir remis, le 20 septembre 2025, la médaille d’or de la ville à une nouvelle centenaire, Madame Denise ENJOLRAS ! La boucle était bouclée : nous venions de retrouver Denise ENJOLRAS, née ROCHER. Il ne restait plus qu’à établir le lien et lui demander si elle acceptait de témoigner de sa vie de résistante auprès des élèves de 3ème E de notre collège.
Jean Sanchis est né le 16 décembre 1924 à Alger. Il s’engage dans la Légion étrangère à Sidi-Bel-Abbès le 16 mars 1942, sous le nom de Joseph Devesa. Le 21 janvier 1943, il est fait prisonnier à Pont-du-Fahs, en Tunisie. Interné en Italie, il est rapatrié en France en exécution des conventions franco-italiennes le 6 mai 1943 et est démobilisé le 9 mai de la même année.
Cette « branche » était composée de : - SCHMITT René, alias René, chef du centre indépendant de Grenoble. - SANCHIS Jean, alias Joseph, agent de liaison et de protection. - CHÂTEAU Charles, alias Marcel, agent de liaison et de protection. - PETOT Charles Jules, alias Marin, opérateur radio.
D’après nos investigations et nos recoupements, il s’agit de Renal ou Richet (Jacques Salomon), chef du réseau Electre du 1er novembre 1943 au 1er octobre 1944, il avait comme adjoint Farge (Raphaël Faraggi) du 15 février au 17 mai 1944. FARGE fait partie des membres d’Electre arrêtés le 17 mai 1944 (né le 25 mars 1902 à Neuilly-sur-Seine, il est Mort pour la France en déportation le 30 janvier 1945 à Bergen-Belsen en Allemagne).
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Agent de liaison et de protection de Christophe Marius Pierre Werth Alias en France Richard, Alias à Londres Mangeou Louis. Matricule au B.C.R.A : RW 73.403 Né le 10 février 1919 à Saint-Chamond (Loire). Réside 181 rue Paul Bert à Lyon (en 1943). Agent P2 à partir du 3 juin 1943. Arrêté le 18 mai 1944, place Bellecour à Lyon avec Chifflet par la Gestapo. Le tristement célèbre « inspecteur Francis » est présent lors de son arrestation. Interné à Montluc, cellule n°74, jusqu’au 19 juin 1944. Interné à Compiègne (Oise) de cette date au 2 juillet 1944. Mort pour la France, dans le train du convoi de la mort entre le 2 et le 5 juillet 1944 à destination de Dachau (Allemagne).
Adjoint au chef du réseau Victor Decourt Alias en France Beranger, alias à Londres Lulong Etienne. Matricule au B.C.R.A : RW 68Fr Né le 21 juin 1894 à Lyon. Marié en secondes noces le 11 septembre 1941 à Lyon avec Angèle David. Vétéran cité et blessé de la Grande Guerre. Il a été chargé par Cazenave en novembre 1943 de la gestion matérielle du réseau et des contacts avec les "sympathisans." Agent P2 à partir du 1er octobre 1942. Au vert (lieu inconnu) depuis une « descente » de la Gestapo à son domicile le 18 février 1944, son appartement a été vidé par la Gestapo et son véhicule confisqué. 1 enfant, exfiltré via l’Espagne fin février début mars 1944 via le réseau Gallia. Non arrêté. Le 17 mai 1944, il se trouve avec sa femme en gare de Villereversure (Rhône) lorsqu’il apprend les arrestations par Lebon. Décédé le 16 mars 1981 à Francheville (Rhône).
Le mois de mai 1944 va être fatal au réseau : en effet à l’approche du Débarquement du 6 juin 1944 les messages codés à transmettre à Londres croient de façon exponentielle. Le réseau a besoin de sang neuf pour assurer la protection des opérateurs radios. Ainsi, le rapport d’Electre Bouleau au BCRA, du début de mai 1944 indique que 3 nouvelles personnes sont recrutées comme agents de liaison. Parmi eux, « Rémy » et « Henri ».
Arrêté le 18 mai 1944 à Grenoble, "filé" depuis Lyon par la Gestapo. Il est arrêté remettant des plis à Marin en gare de Grenoble. il est, comme tous les membres du réseau, interrogé par la Gestapo et interné à Montluc. Fait à signaler : c’est sous son nom de légionnaire qu’il est enregistré dans le fichier des personnes internées à Montluc. Il est interné à Compiègne, à partir du 5 juillet 1944, puis déporté le 15 juillet 1944 (convoi I.247) à destination du camp de concentration de Neuengamme (Allemagne).
Son engagement administratif comme agent P2 chargé de mission de 3e classe dans le réseau Electre-Bouleau date du 15 avril 1944. Jean Sanchis, alias Joseph dans le réseau, est agent de liaison et de protection à Grenoble de l’opérateur radio Marin (Charles Petot, 1919-2001).
Pièce du dossier de Wylder Salomon. AC 21P 659664
Femme de l'adjoint au chef du réseau Angèle Decourt Alias Viviane Née le 2 mars 1905 à Saint-Maurice-de-Gourdans (Ain) Au vert (lieu inconnu) avec son mari depuis une « descente » de la Gestapo à son domicile le 18 février 1944, son appartement a été vidé par la Gestapo et son véhicule confisqué. 1 enfant, exfiltré via l’Espagne fin février début mars 1944 via le réseau Gallia. Non arrêté. Le 17 mai 1944, elle se trouve avec son mari en gare de Villereversure (Rhône) lorsqu’il apprend les arrestations par Lebon. Décédé le 16 mars 1981 à Francheville (Rhône).
Rémy est un personnage sulfureux, ex-douanier de son état. Il est arrêté par la résistance le 28 mai 1944. Après une enquête et un procès pour trahison devant un conseil de guerre à Nantua (Ain), Il a été prouvé qu’il a trahi le réseau pour la somme de 3000 francs. Il est condamné à mort et est passé par les armes le 1er juillet 1944, en avouant devant le peloton d’exécution avoir fait « beaucoup de mal à la résistance ».
Le 9 juin 1944, « Sally » et d’autres détenus, enchaînés 2 par 2, sont emmenés dans des camionnettes pour une destination inconnue. Le convoi s’arrête sur la nationale 7 au bord du bois de Cornavan sur la commune de Communay (Rhône). Les détenus sont descendus manu militari et exécutés sans aucune forme de procès. Les Allemands abandonnent les corps et repartent rapidement vers Lyon. Un monument commémoratif à Communay rappelle le sacrifice des 19 martyrs Morts pour la France le 9 juin 1944. Le nom de Salomon WILDER y figure en n°13.
Déposition, en 1945, dans le dossier de Marius Werth attestant de son décès dans le convoi de la mort. AC 21P 547 440.
Opérateur radioEn mission dans le Nord de la France au 18 mai 1944. Marcel Gaston Schmitt. Alias en France Parizot ou Parisot (suivant les sources), alias à Londres Sorel Jean. Matricule au B.C.R.A : RW 73.301 Né le 27 mai 1907 à Ceaucé (Orne). Il a effectué son service militaire au 8ème régiment du Génie (télégraphistes) de novembre 1927 à mai 1929. En 1934, il était opérateur radio télégraphiste à la Compagnie Radio France à Paris. Recruté par Georges Berger, alias Poulain-Suchard, un de ses amis qui va le voir à Clermont-Ferrand et lui propose de le rejoindre dans la résistance. Agent P2 à partir du 1er mars 1943. Il est reconnu, dans un rapport du B.C.R.A, daté de juin 1943 comme un des meilleurs radios de France. Marié le 11 décembre 1944 à Sainte-Gauburge (Orne) avec Germaine Tanguy (1914-2007). Décédé le 27 août 2000 à Créteil (Val-de-Marne).
André Poirier est né le 19 mai 1916 à Saint-Evroult-Notre-Dame-des-Bois (Orne). Il exerce la profession de radio électricien. A la fin des années 1930, après un engagement dans le génie militaire, il s’installe dans le département de l’Ain. C’est là qu’il rencontre celle qui allait devenir sa femme en 1944 : Lucile, elle vit à Groissiac (Ain) avec ses parents. André travaille à la poste d’Oyonnax (Ain), la mémoire collective veut qu’il soit celui qui est envoyé le message à Londres du tour de force de la résistance dans cette ville le 11 novembre 1943.
Denise s’en souvient très bien et nous a décrit cette scène, pourtant elle semblait ignorer qu’elle était le fruit d’une opération orchestrée par la résistance !"Lorsque j'ai été arrêtée, j'ai rencontré 4-5 messieurs qui m'ont posée des questions. Au lieu de regagner ma cellule, j'ai essayé de m'évader. Alors, j'ai marché à 4 pattes, je suis passée devant un guichet où il y avait un messieur qui ne m'a pas vue. Une fois dehors, j'ai retrouvé des amis qui dirigeaient un bistro à Lyon"
Femme du chef du réseauHélène Berthe Salomon (femme de Jacques Salomon), en 1951 Hélène Renal. Alias Martine. fausse identité sous le nom de Robert Hélène. Née le 10 octobre 1915 à Anderlecht (Belgique). Etudiante en Médecine à Paris lorsqu'elle décide d'entrer en résistance. Elle passe ses vacances d'été en Savoie, c'est là qu'elle effectue ses premières actions de résistance (glisser sous les portes des photos de De Gaulle, fabriquer de faux papiers). Elle fait partie du réseau Actions-Transmission où elle est la secrétaire nationale de l'Inspecteur des transmissions de l'Action (il s'agit de Tibor Revesz-Long (1902-1976) alias Latin, Compagnon de la Libération). Ce rôle l'oblige à se déplacer souvent à Paris et à prendre d'énormes risques. Elle n'est donc pas dans le même réseau que son mari, chef d'Electre-Bouleau. Agent P2 à partir du 1er septembre 1943 comme "secrétaire chiffreuse". Arrêtée le 18 mai 1944, avec son mari, à leur domicile au 26 rue de Condé à Lyon, elle a juste le temps de détruite des codes secrets. Déportée le 4 août 1944 dans le convoi I.258. Libérée du camp de Ravensbrück (Allemagne) le 7 mai 1945, elle ne pesait plus alors que 25 kilos. Pendant 15 ans, elle se refusera de parler de ses souffrances liées à son expérience de la résistance et de la déportation. Elle rédigera au début des années 1960 avec un collectif de femmes dont Germaine Tillion et Geneviève Anthonioz-de Gaulle , un livre référence : Les Françaises à Ravenbrück. Elle travaillera comme journaliste à France-Soir, aux magazines Elle et Marie-Claire, puis à l'INSEE. Décédée le 25 avril 2007 à Paris.
Agent de liaison et de protection de Marin Charles Château Alias (en France) Marcel. Né le 20 juillet 1920 à Challans (Vendée). Agent P2 à partir du 15 avril 1944. Non arrêté. Il indique avoir perdu à Grenoble, une valise lors de l’opération de la Gestapo le 18 mai 1944. On le retrouve lors de la libération de Paris et au sein du 19ème B.C.P d'octobre 1944 à avril 1945. Décédé le 6 novembre 1973 à Annecy (Haute-Savoie).
En 2023, un élève de 3ᵉ du collège, Mattéo PITIOT, ayant de la famille dans cette ville, s’est porté volontaire pour se rendre à l’adresse indiquée afin de faire du porte-à-porte et de distribuer notre lettre de recherche dans les boîtes aux lettres de l’immeuble que nous pensions être la résidence de Denise ROCHER. Nous savons, deux ans plus tard, que cette action a porté ses fruits, car Denise ROCHER nous a dit avoir bien reçu notre lettre, mais qu’à 98 ans, elle n’était pas prête à témoigner et que cela devait attendre un peu !
Opérateur radioCharles Petot Alias en France Marin, alias à Londres Ramin Léon. Matricule au B.C.R.A : RW 60Fr et RXE 608 Né le 3 juin 1919 à Poligny (Jura). Marié à Antoinette Soudagne (1920-2015), 1 fille. Profession : radio télégraphiste (en 1946). Agent P2 à partir du 1er janvier 1944. Arrêté le 18 mai 1944 en gare de Grenoble (Isère) avec son agent de liaison (Joseph) qui était « filé » depuis Lyon (Rhône) par la Gestapo, au moment où ce dernier lui remettait des plis. Interné à Monluc. Déporté de Compiègne (Oise) le 15 juillet 1944. Déporté à Neuengamme, Bremen-Farge et Ravensbrück (Allemagne). Rapatrié en France le 25 juin 1945. Démobilisé le 12 mai 1946. Décédé le 20 février 2001 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dome).
"Puis mes parents et mes amis m'ont cachée jusqu'à la fin de la guerre dans une ferme à la campagne près de Saint Etienne. Les gendarmes avaient ordre d'empêcher des gens de s'approcher de la ferme"
Denise nous a informés qu’elle a été cachée dans une ferme héritée par ses parents sur la commune de Boën-sur-Lignon (département de la Loire) jusqu’à la fin de la guerre.La gendarmerie locale était informée de sa présence et devait la prévenir en cas de danger. Nous trouvons la trace de Josette dans le rapport d’activité du chef du réseau au début du mois de janvier 1944 dans la rubrique « départ par Espagne ». Jacques Salomon, alias Renal-Richet, le chef du réseau indique : « Josette a finalement renoncé à partir car elle est souffrante. Elle est, maintenant rétablie loin de Lyon dans une excellente retraite, où j’estime qu’elle ne court aucun danger ».
Agent de liaison et de protection de Christophe Emilien André Lapertot Alias en France Bauge, alias à Londres Varin Pierre. Matricule au B.C.R.A : RW 73.404 Né le 23 avril 1896 à Lancrans (Ain). Vétéran, engagé volontaire, de la Grande Guerre. Marié, 1 enfant. Entre en résistance à partir du 1er juillet 1942 jusqu’au 30 décembre 1942 au Groupe Combat à Lyon. Agent P2 à partir du 1er janvier 1943 jusqu’au 30 septembre 1944 dans le réseau Electre-Bouleau. Non arrêté. Décédé le 15 mai 1966 à Lancrans (Ain).
- 18 mai 1944, vers 10 h 30 : arrestation à son domicile, au 26 rue de Condé à Lyon, avec sa femme (Hélène, 1915-2007, alias Martine). - Amenés à pied à l’hôtel Bristol. - Une voiture les transporte au siège de la Gestapo, à l’École de santé militaire. - Au siège de la Gestapo, ils sont amenés au 2ᵉ étage du bâtiment situé le long de l’avenue : séparation de Richet et de sa femme. - 1er interrogatoire : Il invente un homme fictif avec qui il a rendez-vous le même jour à 14 h 30. - En attendant l’heure, il est conduit au sous-sol du bâtiment ; il voit, sans leur parler, à ce moment-là : Christophe, Laurent, Roby et José. - Transporté pour le rendez-vous fictif..- Retour à l’École de santé militaire.
La question est difficile à trancher, il s’agit probablement de Jean Fleury alias Panier en personne qui rejoint Londres par opération aérienne le 10 septembre 1943 ou plus certainement de Georges Berger alias Poulain-Suchard, le chef du centre d'interception des messages à Londres depuis la fin septembre 1943.
Il a été recruté officiellement par le réseau le 1er janvier 1944 comme agent P2. L'alias d' André en France est Christophe, son alias administratif à Londres est Caravelle Christian. il est immatriculé RW 73.304 au B.C.R.A. En février 1944, il se marie avec Lucile (1920-2011). D’après un extrait du rapport d’Electre au B.C.R.A. de février 1944 : André, pour cette occasion, a été absent de son travail pendant 10 jours. « Christophe » est entouré d’une équipe composée d’agents de liaison et de protection : « Chifflet « (Robert Chifflet), « Bauge » (Emilien Lapertot), « Lebon » (Alfred Heitz) puis en mai 1944 de « Rémy » (Jules D.). Il émet de la maison des parents de sa femme à Groissiac. Les rapports d’Electre au B.C.R.A. rédigés par le chef du réseau laissent apparaître qu’il est très estimé de ses chefs.
Un rapport de « Félix » (Lazare Bonin) existe dans les archives du réseau concernant l’arrestation d’ «Henri» (Henri L). Henri était agent de liaison et il s'occupait de la protection de l’opérateur radio « Laurent » (Jean-Paul Mercier). Henri a été arrêté à Lyon par la Gestapo le 17 mai 1944. Après son interrogatoire, il décide de travailler pour la police allemande afin de protéger sa famille et ne pas partir en Allemagne. Il est alors chargé par la Gestapo de trouver un poste émetteur à Lantignié (Rhône) et de procéder à la capture de « Félix ».
Arrêté par le maquis, on lui fit creuser sa tombe et il fut froidement abattu sans aucune forme de procès.
Son deuxième voyage pour rejoindre la capitale britannique lui sera fatal. Il devait recevoir une nouvelle mission, celle de réorganiser la Résistance en Indochine. Voici ce que qui s'est passé :Dans la nuit du 16 au 17 décembre 1943, nous le retrouvons sur une piste clandestine à Neuvy-Pailloux, dans l’Indre. Deux avions Lysander du 161ᵉ Squadron de la Royal Air Force ont pour mission l’exfiltration de quatre résistants (deux par avion), parmi lesquels Jacques Tayar. Nom de code de cette mission : Diable (SIS n°77). En raison d’un brouillard intense, les deux avions s’écrasent en Angleterre : les deux pilotes britanniques et deux passagers de l’un des appareils décèdent dans les crashs, Albert Kohan, du réseau Nestlé (1886-1943), et Jacques Tayar. Ce dernier succombera à ses blessures le 18 décembre à l’hôpital militaire de Chichester. Jacques Tayar est inhumé dans le cimetière militaire de Brookwood. Il a été fait Compagnon de la Libération à titre posthume
Denise ROCHER nous a livré un témoignage fort sur son engagement comme agent(e) de liaison au sein du réseau Electre-Bouleau. Elle nous a semblé être toujours un peu en résistance, car à la question pouvez-vous nous dire ce que vous transportiez lorsque vous avez été arrêtée ?, Denise ROCHER n’a pas voulu nous le dire, ne souhaitant pas répondre à cette question!. Il nous a fallu faire preuve de ténacité pour que sa parole se libère.
- Une montée croissante du travail des opérateurs radio plus le débarquement en Normandie approche. - Une recherche constante d’«asiles» pour émettre et de boîtes aux lettres pour recevoir les messages des groupes de résistants. - Des problèmes logistiques liés aux pièces détachées des émetteurs. - Une volonté d’assurer le suivi administratif des agents du réseau. - Recrutement de nouveaux agents début mai 1944 qui conduira à la chute du réseau. Rares sont les traits d’humour, il nous a paru intéressant de vous en citer deux : - Rapport d’activité avril, début mai 1944 : « … mais nous avions oublié que, d’un certain point de vue, nous sommes des soldats et qu’ayant reçu un ordre, il convient d’attendre le contre-ordre ». - Rapport d’activité fin janvier 1944 : « J’espère réussir, mais, « prière de ne pas tirer sur le pianiste, il fait ce qu’il peut ».
Avec du matériel rudimentaire et beaucoup de courage, la Résistance pouvait envoyer des messages jusqu’à Londres. Les messages étaient très courts pour éviter d’être repérés par l’ennemi qui avait des véhicules équipés pour repérer les émetteurs. Le matériel était simple et devait pouvoir être facilement caché et transporté : une batterie, un émetteur radio à lampes, une clé morse, un fil servant d’antenne. Ils utilisaient des ondes courtes : les ondes montaient vers le ciel, rebondissaient sur l’ionosphère puis le sol, puis retombaient très loin, jusqu’en Angleterre. Grâce à ce système qui est toujours utilisé notamment dans la navigation en mer, la Résistance pouvait communiquer avec Londres sans satellite ni câble.
Qu’est-ce qu’un quartz ? Quelle était son importance ? Un quartz est un petit composant électronique fabriqué à partir d’un cristal de quartz naturel. Lorsqu’il est soumis à un courant électrique, le quartz vibre toujours à une fréquence très précise. Cette propriété permet de produire un signal radio stable et régulier et d’empêcher que la fréquence ne “dérive” avec le temps ou la température Autrement dit : le quartz décide « sur quelle station l’émetteur parle » Dans les émetteurs de la Résistance, le quartz garantissait que le message en morse arrive exactement sur la fréquence attendue par le récepteur à Londres, il était un élément clé de la sécurité des transmissions. En remplaçant le quartz , l’émetteur changeait de fréquence les allemands avaient alors plus de difficulté à capter les messages et localiser l’émetteur par radiogoniométrie. Le quartz devenait donc un élément de survie, pas seulement un composant technique, le changer régulièrement rendait les transmissions plus difficiles à intercepter, ce qui en faisait un élément stratégique pour la Résistance.
Agent de liaison et de protection de Christophe Alfred Heitz Alias en France Lebon, Alias à Londres Collart André. Matricule au B.C.R.A : RW 73.402 Né le 20 septembre 1920 à Gries (Bas-Rhin). Militaire de carrière. Engagé volontaire le 30 juin 1939 au 13ème B.C.A, muté au 93ème B.C.A le 3 janvier 1940, passe au 12ème B.C.A en février 1940. Il a fait la campagne de Norvège. Agent P2 au sein du réseau à partir du 1er mai 1943. Non arrêté. Muté le 1er octobre 1944 à la DGER (service de renseignement français). Décédé le 25 novembre 1978 à Fayence (Var).
Interné à Montluc du 18 mai au 20 juin 1944, interrogé et torturé par les agents de la Gestapo, il est finalement transféré, avec plusieurs de ses camarades du réseau, par chemin de fer à Compiègne (département de l’Oise). Le 2 juillet 1944, il quitte Compiègne dans le convoi I.240, plus connu sous le nom de « convoi de la Mort ». Il n’en reviendra pas.
L’activité du réseau est croissante, plus la date du débarquement en Normandie approche, plus la masse de messages à envoyer et à transmettre augmente. Le chef du réseau « Riquet » (Jacques Salomon) s’en inquiète à plusieurs reprises dans les rapports d’activité mensuel envoyés au B.C.R.A ; ainsi il signale qu’entre avril et mai 1944, la quantité de messages à transmettre a augmenté de 64%.
Pour cette Citation à l'Ordre de la Division d'Alfred Heitz (alias en France Lebon), en juin 1945, signé par le Général Koenig c'est l'alias administratif qui est utilisé : André Collard ou Collart (suivant les sources). GR 16P 288 556
Denise, nous a dit avoir rendu « quelques petits services ».Que son chef était Cazenave et qu’il est mort dans un crash d’avion ». Elle devait porter des plis et divers objets dans un café à Grenoble.
Jacques Tayar, alias Cazenave, est né le 21 juillet 1915 à Paris. Au début de la guerre, il se trouve en Indochine. Il est recruté en 1942 par son camarade Jean Fleury, alias Panier, avec qui il a fondé, en août 1939, le poste de radiodiffusion de Radio Saïgon, et devient rapidement le numéro 2 du réseau Électre-Bouleau. Le 13 juin 1943, depuis un terrain clandestin situé à 14 kilomètres de Loches (Indre-et-Loire), deux Lysander du 161ᵉ Squadron de la Royal Air Force (nom de code de la mission : Louisiane, SIS n°39) embarquent six passagers, dont Jacques Tayar, qui se rend pour la première fois à Londres afin d’y recevoir ses ordres. Il rejoint le sol de France par voie aérienne (nom de code de la mission : Floride, SIS n°47) avec deux autres agents du B.C.R.A, le 21 juillet 1943, sur un terrain clandestin près de Villers-les-Ormes (Indre).
Agent de liaison et de protection de Roby Auguste Rocher Alias en France José, Alias à Londres Sejot Léon. Matricule au B.C.R.A : RW 73.405 Né le 17 septembre 1901 à Rocoules (Haute-Loire). Il réside avec sa femme et sa fille (Denise Rocher) au 249, rue de Gerland à Lyon. Profession : agent de l’EDF. Agent P2 à partir du 15 septembre 1943. Arrêté le 18 mai 1944, vers 9 h 00, il avait rendez-vous avec Richet, qui lui remit un message à destination de la boîte aux lettres du réseau Arsène, située place Jean-Macé à Lyon. Vers 10 h 30, Auguste est arrêté à la boîte aux lettres de ce réseau, porteur de messages. Richet l’aperçoit, emprisonné dans les sous-sols de l’Ecole de santé militaire (siège de la Gestapo). Interné à Montluc, cellule n°68, du 18 mai jusqu’au 19 juin 1944. Interné à Compiègne (Oise) de cette date au 2 juillet 1944. Mort pour la France, en déportation, le 7 décembre 1944 à Flossenbürg (Allemagne).
Libéré à Lübeck (Allemagne) par la Croix-Rouge suédoise le 28 avril 1945, il est transféré par bateau en Suède, où il arrive le 2 mai 1945 à Trelleborg, puis est finalement rapatrié sanitaire par le centre de rapatriement « Lutetia » à Paris le 28 juin 1945, au départ de l’aéroport de Copenhague. Épuisé par sa déportation, malade, il est pensionné à 100 % par la commission de réforme de Lyon en 1946. Jean Sanchis, loin de son Algérie natale, s’éteint le 12 octobre 1949 à l’hôpital Bichat à Paris. Jean Sanchis a été fait Chevalier dans l'Ordre de la Légion d'honneur à titre posthume en 1958.
Agent de liaison et de protection de Christophe Robert Chifflet Né le 12 février 1921 au plateau d’Hauteville (Ain). Alias en France (il utilisait son vrai nom) : Robert Chifflet. Agent P1 à partir du 1er février 1944. Agent P2 à partir du 15 avril 1944. Le 17 mai 1944, il est à Martignat (Ain), il voit les voitures de la Gestapo venir arrêter Christophe et sa femme. Il cache, en terre, un poste émetteur Mark V et décide d’aller prévenir le réseau à Lyon. Arrêté le 18 mai 1944 à Lyon avec Richard par la Gestapo. Le tristement célèbre « inspecteur Francis » est présent lors de son arrestation. Interné à Montluc, cellule n°64. Relâché par la Gestapo le 13 juin 1944. Robert Chifflet a témoigné, en 1946, au cours de l’enquête sur les arrestations du 17 et 18 mai 1944, son témoignage très détaillé est à découvrir dans les pages qui suivent. Décédé le 9 octobre 2012 à Bellignat (Ain).
Il est recruté comme agent P2 ( permanent consacrant la totalité de son temps à la résistance et payé par le réseau) le 1er avril 1944 sous le pseudonyme de « Désiré » au sein du réseau Electre-Bouleau en tant qu'agent technique du réseau. C’est lui qui a la charge de la mise au point et de la maintenance des postes émetteurs. Il réside alors à Lyon (Rhône). Un rapport du chef d’Electre-Bouleau au B.C.R.A daté de mai 1944 atteste que Désiré rendait déjà des services au réseau dans son domaine de compétence avant la date du 1er avril. Il faut cependant souligner que cette date n’est qu’administrative, son engagement dans la résistance est donc antérieur (il est notifié agent P1 à la date du 1er août 1943). Ce rapport indique, en outre, qu’il a quitté son emploi pour « raison personnelle » afin de s’engager à 100% dans ses nouvelles fonctions. D’un point de vue pratique, ce changement permettait que ce soit « Sally » qui se déplace vers les postes émetteurs et non l’inverse, comme c’était le cas avant le 1er avril!, ce qui multipliait évidemment les risques comme le souligne le chef d’Electre dans son rapport au B.C.R.A
Auguste Rocher est déclaré « Mort pour la France » le 7 décembre 1944, en déportation, à Flossenbürg (Allemagne). Auguste Rocher a été cité, en 1945, à titre posthume, à l’ordre de la division avec la citation suivante : « Agent de liaison intelligent et courageux, a assuré pendant près de dix mois des missions quotidiennes. A, par son travail, contribué à l’écoulement d’un important trafic radio. Arrêté au cours d’une mission, fut déporté par l’ennemi. »
En 2022, Yann Thomas, assistant d'éducation au collège, a posté des messages de recherche sur les réseaux sociaux, mais sans succès probant. En épluchant diverses sources et les registres d’état civil de la ville de Saint-Étienne, il a pu reconstituer le parcours de Denise de 1952 au début des années 2000, pour finalement identifier un point de chute à Saint-Étienne.
Télégramme 18 du 26.5.44 STVUS ENQUETE SUR RESEAU ELECTRE STOP SONT ARRETES QUASI CERTAINEMENT CARON (ndrl 3ème alias de Richet) ET SA FEMME STOP SON ADJOINT FARGE STOP RADIO CHRISTOPHE AVEC SA FEMME ET SON COURRIER STOP BROADCASTEUR DE LYON LAURENT STOP RADIO DE VALENCE ET SON COURRIER STOP NOTRE 18 DU 26 STOP RADIO DE GRENOBLE AVEC RENE CHEF IIISONSET (ndrl Joseph) UN COURRIER STOP ROBY JOSE ET RICHARD COURRIERS STOP NOUVEAU COURRIER HENRI VRAI NOM L… (ndrl nom caché par l’équipe pédagogique du projet) ETRE BRUEPOU (ndrl ripou) TROL(S) ETRE IIUSRRCTN STOP A SUIVRE.
Cependant par le biais de sources secondaires nous avons essayé de comprendre les circonstances de cette arrestation. L'enquête du commissaire Roger Bouvard pour crime de trahison visant un des deux dénonciateurs du réseau en mai 1944 datée du 22 juin 1944 stipule : «- je dois faire part que personnellement j’ai été amené à préparer l’évasion, il y a près d’un an à Lyon, d’une jeune fille prénommée Denise, qui avait été arrêtée dans le train et trouvée en possession d’un poste émetteur qu’elle portait dans une serviette. L’arrestation avait été opérée par un nommé M…, inspecteur des Douanes, en compagnie d’un autre douanier que je ne connais pas. Interrogé par moi, D… a fait mention de cette arrestation. Or, parmi les personnes arrêtées par la Gestapo dans l’affaire D… se trouve le père de cette jeune fille, qui avait pris la place de sa fille dans le réseau sous le nom de José..».
Dans le rapport d’activité de fin janvier 1944, il est indiqué : « En ce qui concerne ma situation personnelle, Cazenave, au moment de mon engagement, vous avait demandé si vous comptiez établir pour moi un ordre de mission ». Le "Ma situation personnelle" peut concerner 2 personnes possibles : Panier (Jean Fleury, le créateur du réseau) et Richet (Jacques Salomon). Dans le rapport d’activité de fin janvier 1944, il est indiqué : « Mon adjoint, dont je vous ai entretenu dans les précédents courriers, doit toujours venir me rejoindre au début du mois de février. Je comptais le contacter à l’occasion d’un voyage à Paris… ». L’adjoint, c’est Farge (Raphaël Faraggi), adjoint au chef du réseau du 15 février 1944 au 17 mai 1944, résidant d’après un document du carton GR 17P 118, 3 place Porte de Vanves, à Paris. Nous avons confirmation qu’il s’agit bien de lui, dans le rapport d’activité de février 1944 : « Comme je vous l’avais écrit, j’attendais impatiemment l’arrivée de mon adjoint FARGE, il est venu me rejoindre, il est entré en fonction le 15/2… ». Donc, Renal ou Richet (il utilise ces deux alias) est le narrateur de ces rapports, nous avons la chance de posséder l’organigramme du réseau à la date du 18 mai 1944, nous y reviendrons plus tard lorsque nous allons évoquer la chute du réseau.
Adjoint au chef du réseau Raphaël Farragi Alias en France Farge, alias à Londres Buffon Ernest. Matricule au B.C.R.A : RW 73.200 Agent P2 à partir du 15 février 1944. Né le 25 mars 1902 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine). Marié à Irène Dalex (1911-2000) le 23 décembre 1930 à Paris. Profession : architecte (en 1930). 1 enfant : Josseline (1931-2004). Arrêté le 17 mai 1944 à Lyon. Mort pour la France le 30 janvier 1945 à Bergen-Belsen (Allemagne).
En comparant son témoignage avec les sources archivistiques, nous sommes en mesure d’affirmer que Cazenave est l’alias de Jacques TAYAR. Il est en septembre 1943, le n°2 du réseau, il trouva la mort, des suites de ses blessures, dans le crash à l’atterrissage du Lysander du 161ème Squadron de la Royal Air Force qui le transportait en Angleterre le 18 décembre 1943.
Opérateur radioLazare Bonin Alias en France Félix, alias à Londres Lechat Jacques. Matricule au B.C.R.A : RW 73.302 Né le 26 novembre 1902 à Oyé (Saône-et-Loire). Au cours de son service militaire était Quartier-Maitre chargé des postes radio. En 1925 : radio télégraphiste. En 1928 : opérateur lecteur à la Compagnie Radio France à Paris. Agent P2 à partir du 1er mai 1943. Il émettait depuis l'hôtel Bouillon à Lugny-en-Charolles (Saône-et-Loire). Il échappa de peu à une descente de la Gestapo début mai 1944. Non arrêté. Muté le 1er octobre 1944 à la DGER (service de renseignement français). Démobilisé le 7 août 1945. Décédé le 23 septembre 1971 à Charolles (Saône-et-Loire).
Opérateur radioAndré Poirier Alias en France Christophe, alias à Londres Caravel Christian. Matricule au B.C.R.A : RW 73.304 Né le 19 mai 1916 à Sainte-Evroult (Orne). Professions : radio électricien, agent des Postes à Oyonnax (Ain). Domicilié à Groissiat (Ain) avec sa femme chez ses beaux-parents. Marié, à Groissiat, le 29 février 1944 avec Lucile Gaillot. Agent P2 à partir du 1er janvier 1944. Arrêté le 17 mai 1944 avec sa femme au domicile de ses beaux-parents à Groissiat. Interné à Montluc, cellule n°58 avec René (René Schmitt) du 17 mai au 19 juin 1944. Rédige sur un bout de papier son numéro (73.304) qu'il donne à sa femme afin qu'en cas de malheur elle puisse faire reconnaître ses droits. (voir déposition de Lucile, plus loin dans cet exposé). Déporté, de Compiégne (Oise) le 2 juillet 1944 dans le convoi de la mort. Mort pour la France le 6 décembre 1944 en déportation à Flossenbürg (Allemagne).
Le recrutement de Christophe
Rapport du chef d'Electre au B.C.R.A, janvier 1944, page 2 : « Nous avons été mis en rapport par Impérium et son adjoint avec le Colonel LABAT et avons par lui contacté deux nouveaux radios destinés à doubler Parizot et Félix… ». En mettant en parallèle, cette information, la carrière du Colonel Labat (1900-1944) et une indication dans la déposition (en 1946) de Chifflet (agent de protection de Christophe) dans l'enquête sur la chute du réseau où il donne des indications sur les questions qui lui furent posées, au cours de son interrogatoire par des agents de la gestapo : « Q : connais-tu POIRIER ?. R : oui, c’est un employé des postes d’Oyonnax ». Nous sommes en mesure d’affirmer que l’entrée en résistance d’André POIRIER se fait par l’intermédiaire de son réseau professionnel des PTT via le Colonel Labat mais nous ignorons les liens entre le Colonel Labat et André Poirier.
Labat Paul : pour aller plus loin
Le 17 mai 1944, vers 13h00, des véhicules de la Gestapo arrivent en trombe à Groissiac. Alors qu'il est parti rendre un service à des amis en bicyclette, « Christophe » est arrêté et conduit chez ses beaux-parents. Lucile a juste le temps de cacher le poste émetteur sous du foin. Les allemands savent ce qu’ils cherchent, Lucile témoigne des paroles entendues : « nous savons que le poste est ici, nous vous donnons 10 minutes pour le donner ». Les fouilles commencent et ce qui devait arriver arriva, le matériel fut découvert. Arrêtés « Christophe » et Lucile sont amenés en voiture séparément à destination de Lyon, un autre personnage est présent dans une voiture avec Lucile : « Remy » mais ce dernier n’est pas du tout inquiété par les Allemands. A Bourg, les chemins de Lucile et « Christophe » se séparent. Elle le rejoindra, sous escorte, le lendemain 18 mai dans les caves de l’école de Santé Militaire, siège de la Gestapo lyonnaise. « Christophe » est torturé, martyrisé. Le soir du 18 mai, l’ensemble des hommes et femmes du réseau est interné à Montluc.
Le temps entre la rédaction des rapports et leurs réceptions à Londres par le BCRA est parfois de plus d’un mois : exemple : rapport du 9 janvier 1944, arrivé le 5 février. Nous ne connaissons pas la régularité de rédaction de ces rapports : ceux que nous avons pu consulter sont-ils un échantillon ?, ou bien sont-ils en intégralité envoyés entre janvier et mai 1944 par le chef d’Electre à Londres ?
Mais le premier à trahir a été « Rémy » (Jules D), d’après le rapport rédigé, fin 1944, par « Richet » (Jacques Salomon). Notre enquête dans les archives, nous permet d’affirmer que « Rémy » gravitait dans le cercle de connaissance de « Christophe » (André Poirier) et de sa femme (Lucile Poirier).
Le 18 mai 1944, il est arrêté sur dénonciation par la Gestapo et des membres de la milice française au 55 avenue des Belges à Caluire (Rhône) où un "sympathisan" (Joseph Touly, reconnu après guerre comme agent "O" pour occasionnel) loue un appartement à Richet (chef du réseau) depuis février 1944. Interné au fort Montluc, "Sally" est fréquemment sorti de sa cellule afin d’être interrogé et torturé.
Le 18 mai 1944, les époux MAIRE furent arrêtés dans leur commerce, alors qu’ils remettaient un pli à leur chef de groupe, par la Gestapo.Les époux MAIRE furent déportés. Renée MAIRE a été interné à partir du 09 juin 1944 au fort de Romainville. Elle fut déportée dans le convoi I.230 au départ de la gare du Nord à Paris le 19 juin 1944. Elle fut libérée par l'armée soviétique le 23 avril 1945. René MAIRE est décédé le 26 octobre 1973 à La Tronche (Isère) et son épouse, Renée Émilie, est décédée le 12 juin 1994 à Claix (Isère). Ils sont inhumés à Claix (Isère). Les époux MAIRE ont été faits chevaliers de la Légion d’honneur le 18 novembre 1961.
Femme d’André PoirierLucile Poirier, née Gaillot. Née le 11 juillet 1920 à Martignat (Ain). Profession : ouvrière en matières plastiques. Domiciliée chez ses parents avec son mari. Arrêtée le 17 mai 1944, interné à Montluc. Relâchée le 25 mai 1944. Décédée le 4 novembre 2011 à Oyonnax (Ain).
Lucile Poirier, le jour de la remise à titre posthume de la légion d'Honneur à son mari.
Renée et René Maire tenaient un café jusqu’en 1961 au 55 cours Berriat à Grenoble. Ils se sont mariés le 3 décembre 1923 à Grenoble. Le café servait de « boîte aux lettres et de dépôt de matériel » à la branche grenobloise du réseau.
Auguste Pierre Adolphe Rocher, alias José, est né le 17 septembre 1901 à Rocoules (département de la Haute-Loire). Il exerce la profession d’employé à l’EDF. Il réside avec sa femme et sa fille au 249, rue de Gerland à Lyon. Il s’engage au sein du réseau comme agent P2, en qualité de chargé de mission de 3ᵉ classe, le jour où sa fille Denise est arrêtée, le 15 septembre 1943. Auguste est agent de protection et de liaison de Roby (Robert Clor, 1922-1993), chef des agents de liaison et de protection. Le 18 mai 1944, à 9 h 00, Auguste Rocher, alias José, a rendez-vous avec Richet, qui lui remet un message à destination de la boîte aux lettres du réseau Arsène, située place Jean-Macé à Lyon. Vers 10 h 30, Auguste est arrêté à la boîte aux lettres de ce réseau, porteur de messages.
Émettre représente un danger évident, les communications radio sont évidemment clandestines. Les Allemands essayent constamment, grâce à des véhicules équipés spécifiquement, de localiser l’endroit où les opérateurs radio opérent. Les risques sont grands, c’est pourquoi ces derniers doivent souvent changer d’endroit (d’asile) pour émettre. Lorsqu'un asile est suceptible d'être démasqué, on dit qu'il est "brûlé".
« Rémy » est arrêté par la police allemande le 15 mai 1944 à Lyon (Rhône) en allant à une boîte aux lettres. Il est ensuite présent le 17 mai dans une voiture de la Gestapo, lors de l’arrestation de « Christophe » et de sa femme à Groissiac (Ain). Il fut relâché le 19 mai par la police allemande.
Chef de liaison de Roby et chef du centre indépendant de Grenoble René Schmitt Alias en France René, alias à Londres Saigle, Sarrazin Alain. Fausse identité en France sous le nom de Riffard Serge, né le 14 juin 1917. Matricule au B.C.R.A : RW 73.400 Né le 12 octobre 1921 à Wintzenheim (Haut-Rhin). Profession : mécanicien. Evadé d’Alsace avec Roby (Robert Clor) le 13 juillet 1941. Engagé au 151ème régiment d’infanterie (armée d'armistice). Suite à la dissolution de ce régiment en novembre 1942, il a travaillé chez un garagiste à Cazals (Lot). Agent P2 à partir du 26 février 1943 comme agent de liaison et de protection. Chef de liaison de Roby à partir du 1er février 1944. Arrêté le 18 mai 1944 alors qu’il allait chercher du courrier de la résistance à Grenoble chez les époux Maire. Interné à Montluc sous le nom de Serge Riffard dans la même cellule (n°58) que Christophe. Interné à Compiègne (Oise). Mort pour la France, dans le train du convoi de la mort entre le 2 et le 5 juillet 1944 à destination de Dachau (Allemagne). Depuis 1975, une rue dans sa ville natale porte son nom. En 2001, la mention « Mort en déportation » a été inscrite en marge de sa transcription de décès.
2ᵉ interrogatoire : On lui propose de travailler pour la police allemande ; il refuse. Interrogatoire dans le grand bureau central du bâtiment : Richet ne donne aucune information. Il est amené dans la salle de torture située au même étage. À demi inconscient et grièvement blessé, on le ramène dans le grand bureau central pour un nouvel interrogatoire musclé. - Madame Richet est présente dans un bureau adjacent. - Vers la fin de la journée, les époux sont ramenés au sous-sol dans des cellules séparées, où Richet nous dit : « Je tombais sur le sol à peu près inconscient. » - Dans la soirée du 18 mai 1944, Richet et sa femme sont amenés à la prison de Montluc, où ils sont internés dans des cellules séparées. Richet subira de nouveaux interrogatoires à Montluc. Blessé, il sera hospitalisé à l’hôpital allemand de la Croix-Rousse, où il subit deux nouveaux interrogatoires. Le 14 juin 1944, avec la complicité d’autres blessés, il réussira à s’évader, caché, il rejoint sur ordre le 1er août 1944 le B.C.R.A à Londres via l’Espagne puis retournera en France à la fin du mois de septembre 1944.
Jacques Hilaire Salomon Alias Richet-Renal-Caron-Langevin-Fermat. Né le 2 juin 1907 à Maison-Alfort (Val-de-Marne). Matricule au B.C.R.A : RW 73.100 Marié à Paris le 21 octobre 1939 à Hélène Voulfovitch. Agent P2 à partir du 1er septembre 1943. Le 8 mai 1944, il échappe de peu à l'arrestation par la Gestapo à une boîte aux lettres. Arrêté le 18 mai 1944 avec sa femme au 26 rue de Condé à Lyon. Evadé le 14 juin 1944. Muté le 1er octobre 1944 à la D.G.E.R (service de renseignement français). Démobilisé le 28 septembre 1945. Décédé le 15 juin 1975 à Saint-Pierre-en-Port (Seine-Maritime). En 1951, marqué par son engagement dans la résistance, il demande son changement de nom ainsi Jacques Salomon devient Jacques Renal.
Technicien du réseauSalomon Wilder dit Sally Alias Désiré Né le 20 avril 1924 à Metz (Moselle). Profession : radio-électricien. Agent P2 à partir du 1er avril 1944. Arrêté le 18 mai 1944 au n°55 de la rue des Belges à Caluire (Rhône). Interné à Montluc du 18 mai au 9 juin 1944. Mort pour la France fusillé par les Allemands le 9 juin 1944 à Communay (Rhône).
Autre information donnée par Denise ROCHER, elle transportait des « choses » dans un café à Grenoble. D’après nos recherches dans les archives, il s’agit du café tenu à Grenoble, 55 cours Berriat (le n°22 de la même rue était le siège de la gestapo grenobloise !), par les époux Maire : René et Renée alias Barrière et Betty qui servait de boîte aux lettres, de cache de matériels et d’agents pour le réseau Electre-Bouleau.
Agent de liaison et de protection de Marin Jean Sanchis Alias en France Joseph, Alias à Londres Devesa Joseph. Né le 16 décembre 1924 à Alger (Algérie). Engagé dans la Légion étrangère le 16 mars 1942 sous le nom de Joseph Devesa. Fait prisonnier le 21 janvier 1943. Démobilisé le 9 mai 1943. Agent P2 à partir du 15 avril 1944. Arrêté le 18 mai 1944 à Grenoble, "filé" depuis Lyon par la Gestapo, il est arrêté en remettant des plis à Marin en gare de Grenoble. Interné à Monluc sous son nom de légionnaire. Déporté le 15 juillet 1944. Libéré des camps le 28 avril 1945. Rentre en France via la Suède le 28 juin 1945. Mort pour la France, à la suite de sa déportation, le 12 octobre 1949 à l’hôpital Bichat à Paris.
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Chef des liaisons Robert Clor Alias en France Roby, alias à Londres Jules Bizet. Matricule au B.C.R.A : RW 73.401 Profession : peintre-décorateur. Né le 4 février 1922 à Wintzenheim (Haut-Rhin). Evadé d’Alsace avec René Schmitt (René) en juillet 1941. S’engage le 18 juillet 1941 pour 3 ans au 151ème régiment d’infanterie. Démobilisé en novembre 1942. Agent P2 à partir du 15 décembre 1942. Arrêté le 17 mai 1944, rue Victor Hugo à Lyon porteur de messages. Interné à Montluc du 17 mai au 1er juillet 1944. Interné à Compiègne du 1er au 15 juillet 1944. Déporté le 15 juillet 1944 à Heuengamme (Allemagne). Libéré par la Croix-Rouge suédoise à la fin du mois d’avril 1945. Il est transféré par bateau en Suède où il arrive le 2 mai 1945 à Trelleborg. Il est finalement rapatrié sanitaire par le centre de rapatriement « Lutetia » à Paris le 28 juin 1945, au départ de l’aéroport de Copenhague. Il est intéressant de constater que son parcours de rapatriement est en tous points identiques à celui de Jean Sanchis (Joseph). Robert Clor témoignera le 26 mai 1987, dans le procès du criminel de guerre Klaus Barbie. Décédé le 9 novembre 1993 à Colmar (Haut-Rhin).