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dossier pédagogique Le Pas de Bême

Théatre des 13 vents

Created on January 29, 2026

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Transcript

Adrien Béal

dossier pédagogique

Présentation de la pièce

Imaginer

L'objecteur

Présentation du CDN

Ecrire

Scénographie

Adrien Béal

Réfléchir

Itinérance

Jouer

Photos

générique

écriture et mise en scène : Adrien Béal collaboration : Fanny Descazeaux jeu, écriture : Olivier Constant, Charlotte Corman, Étienne Parc (jeu, écriture à la création : Pierric Plathier) lumières : Jean-Gabriel Valot diffusion et développement : Fanny Paulhan chargé de production : Pierre Moinet production : Compagnie Théâtre Déplié

Bême est un adolescent pour qui tout semble aller bien, bon élève, sans difficulté particulière, qui décide un jour de rendre « copie blanche » à tous ses examens scolaires. Ce geste incompréhensible plonge ses proches, sa famille, et nous, dans un dédale de perplexité à mille entrées. Est-ce une rupture, est-ce un refus, et surtout qu’en fait-on ? Comme souvent dans le théâtre d’Adrien Béal, on partage au plus près l’expérience des acteur·ice·s qui passent d’un rôle ou d’une question sans réponse à l’autre, dans la complexité joueuse d’une pièce écrite collectivement, issue d’improvisations qui s’improvisent encore.

La Compagnie Théâtre Déplié est conventionnée par le Ministère de la Culture – DRAC Île-de-France, et associée au Théâtre des 13 Vents CDN Montpellier et au Studio-Théâtre de Vitry.

dossier artistique

dates

Le Centre Dramatique National (CDN)

Un CDN est une structure dirigée par un ou plusieurs artistes directement concernés par l’art dramatique. Il lui est confié une mission d'intérêt public de création dramatique, dans le cadre d'une politique nationale de développement de l'art du théâtre.

C'est un théâtre de service public, c’est-à-dire subventionné par l’Etat et les collectivités territoriales.

Le CDN de Montpellier, le Théâtre des 13 vents, est dirigé par Olivier Saccomano (auteur) et Nathalie Garraud (metteuse en scène) depuis 2018.

Le Théâtre des 13 vents est un Centre Dramatique National. Maison d’artistes et de création, sa mission première est la production et l’accueil d’œuvres de théâtre contemporain, leur rencontre avec le public. Porté par Nathalie Garraud (metteuse en scène) et Olivier Saccomano (auteur), le projet du Théâtre des 13 vents se déploie depuis cinq ans selon un programme original : chaque mois, une équipe artistique est accueillie sur un temps long, avec la possibilité de présenter plusieurs pièces, et de mener des ateliers, des rencontres, des stages. L’allongement de la durée de présence des équipes artistiques sur le territoire, leur implication au cœur du projet du lieu, constituent un des axes majeurs du projet, répondant à une double nécessité, écologique et pédagogique : passer plus de temps dans un lieu et y jouer plus longtemps, construire un espace critique par l’abord de plusieurs pièces du même artiste, ouvrir un espace de recherche et d’expérimentation, développer la qualité des échanges avec le public, intervenir auprès de jeunes gens ou de publics spécifiques, dispenser des formations professionnelles… Le Théâtre des 13 vents développe également un programme de résidence pour les équipes artistiques de la région, sous l’appellation Studio Libre ; un programme d’itinérance avec des créations spécialement pensées et produites dans ce cadre ; un séminaire de recherche mensuel ; des formations professionnelles régulières au sein de La Fabrique, réunissant l’ensemble des outils et compétences du CDN, notamment les ateliers décor et costumes. Nathalie Garraud et Olivier Saccomano poursuivent au Théâtre des 13 vents leur travail de création, ils ont réuni autour d’eux une troupe de cinq acteur.ice.s permanent.e.s, engagés sur les créations comme sur les activités de formation, de sensibilisation, d’itinérance… augmentant encore la vie du théâtre d’une présence artistique quotidienne.

Le Pas de Bême joue au CDN Théâtre des 13 vents les 12 et 13 mars 2026, puis dans d'autres lieux : maisons pour tous, salles des fêtes, lycées... Lieux et dates ici
Adrien Béal a déjà travaillé en itinérance avec Combats, il y a deux ans.
Le Théâtre des 13 vents est un centre dramatique national (CDN)

+ sur le CDN

Adrien Béalmetteur-en-scène

La compagnie Théâtre Déplié

© Su Cassiano

sa bio

Adrien Béal sur Le Pas de Bême

© Su Cassiano

Le titre

  • Que pensez-vous du titre ?
  • A quoi vous attendez-vous ?
Bême est le nom du héros d'un roman de Michel Venaver, L'Objecteur, paru chez Gallimard en 1952.

Le roman de Michel Vinaver

Lire un extrait
Analyse

L'objecteur, 1951

Le roman de Michel Vinaver

« Je lui disais qu’il était dans l’armée. Il me répondait qu’on ne lui avait pas demandé son avis et que par conséquent ça ne le regardait pas. Je lui disais qu’en ce qui concerne l’armée, il ne pouvait précisément pas être question de demander l’avis de chacun; que si on le demandait, il n’y aurait plus d’armée. Il répondait qu’à cela il ne voyait aucun inconvénient. Je lui disais que ce n’était ni à lui ni à moi de juger si l’armée devait exister; qu’à tort ou à raison, elle existait ; et que lui s’y trouvait, et que par conséquent on ne lui demandait pas son avis. Il me disait que ça ne le dérangeait pas, et qu’il ne tenait pas à donner son avis. Je lui disais que par son refus de démonter une arme, il donnait précisément son avis. Il disait qu’on n’avait pas besoin, en ce cas, de tenir compte de son avis. Il était buté, mon général. »

L'objecteur, 1951

Qu'est-ce qu'un objecteur ?

Définition
Littéralement, celui qui fait des objections. Syn : contradicteur
Objecteur de conscience

n.m. Celui qui refuse d'accomplir ses obligations militaires pour des raisons philosophiques qui prônent le respect de la vie humaine.

Par extension, l'objection de conscience est un refus d'accomplir certains actes requis par une autorité lorsqu'ils sont jugés en contradiction avec des convictions intimes de nature religieuse, philosophique, politique, idéologique ou sentimentale.

Dans quelle mesure Bême peut-il être considéré comme un objecteur ?

Les autres figures d'objecteurs

Bartelby de Melville (traduction Michèle Causse, Flammarion, 2012)

Extrait de Sur ce que nous pouvons ne pas faire, essai de Giorgio Agamben (dans Nudités, Bibliothèque Payot, 2009)

Jouer

Le cas de Bême est discuté en conseil de classe. Jouez la situation en improvisation.

Les parents de Bême sont inquiets et discutent de la situation avec leur fils. Jouez la situation en impovisation.

Imaginer

J’ai proposé à l’équipe d’imaginer ensemble une figure d’objecteur pour aujourd’hui. Dans quel contexte pourrait se nicher un geste de résistance qui, appuyé par son absence de conscience, de préméditation et d’élaboration, ferait trembler un certain ordre établi?

Et vous, quelle figure d'objecteur pourriez-vous imaginer ? Dans quelle situation pourrait-elle se manifester ?

Allez voir la photo ici

Qui sont les personnages ? Que se disent-ils ?

Ecrire

Bême écrit une lettre à ses professeurs pour expliquer son geste.

Ecrivez les échanges de sms que pourraient s'envoyer les professeurs de Bême après avoir reçu ses copies blanches.

Processus d’écriture et dispositif de jeu

- L’équipe au plateau est composée de trois acteurs (trois étant le nombre minimum nécessaire pour former un groupe et y faire apparaître un dissident). - Le dispositif scénique est un simple quadri-frontal, quatre côtés qui encadrent un plateau volontairement vide. Ce vide concentre les problématiques de la fiction, et celles du théâtre qui se fabrique et qui se joue. Au début de la répétition, comme au début de la représentation, les acteurs sont autour de l’aire de jeu, aux mêmes places que les spectateurs. Tout commence par la possibilité de ne pas prendre la parole. Tout comme Bême peut ne pas remplir sa copie, lorsqu’il est face à elle.

Dessinez la scénographie décrite par Adrien Béal. Quel.s intérêt.s voyez-vous à cette disposition ?

Photos de Martin Colombet

Contact

Service éducatif du Théâtre des 13 vents

Rolande Le Gal Chargée des relations publiques rolandelegal@13vents.fr et Alexandra Lacroix Professeure missionnée alexandralacroix-gosset@13vents.fr 04 67 99 25 12

reserver

« Le réfractaire n’est pas le rebelle. Il ne vient pas s’opposer au réel ou à l’ordre social. Mais il se trouve que quelque chose fait que ça ne colle pas et donc son comportement est à l’écart de ce qu’on attend, et c’est souvent plus intolérable. C’est l’empêcheur de danser en rond, pas par un mode déclaratif, mais par une opacité. S’agissant de Mme Aiguedon dans Les Huissiers, mais ça s’applique à Sue dans L’Ordinaire, à Ulysse dans Les Voisins, à Sophie dans Portrait d’une femme, comme à Julien dans L’Objecteur, il y a une incapacité d’entrer dans une langue convenable. Il y a quelque chose dans son langage [Mme Aiguedon] qui est réfractaire, c’est-à-dire insoluble, contraire à ce qu’on attend. Est-ce de la passivité ? Dans L’Objecteur, s’asseoir c’est un acte de passivité, mais non, pourtant pas… S’asseoir et poser son arme à côté de soi, c’est peut-être le contraire de la passivité, mais en tout cas c’est le contraire de la formulation d’une idéologie, d’un dogme, d’une opinion. »

« Ce fut le troisème jour, je crois, après son arrivée dans mon étude – alors que ses écritures n’avaient encore fait l’objet d’aucune collation – que, dans ma hâte d’expédier une petite affaire en cours, j’appelai soudainement Bartelby. Pressé et naturellement assuré d’une immédiate obéissance, je restai assi, la tête penchée sur l’original, tenant à bout de bras la copie afin que Bartelby, en émergeant de sa retraite, pût s’en saisir et se mettre au travail sans délai. J’étais donc assis dans cette posture lorsque je l’appelai et lui exposai rapidement ce que j’attendais de lui – nommément, de collationner avec moi un bref papier. Imaginez ma surprise, que dis-je, ma consternation lorsque, sans bouger de sa retraite, Bartelby répliqua d’une voix singulièrement douce et ferme : -J’aimerais mieux pas. Pendant quelques instants, je gardai un silence absolu, essayant de rassembler mes esprits en déroute. L’idée me vint immédiatement que mes oreilles m’avaient abusé ou que Bartelby s’était complètement mépris sur le sens de ma requête. Je la réitérai donc d’un ton de voix aussi clair que possible, mais tout aussi clairement me parvint la même réponse : -J’aimerais mieux pas. (…) Avec tout autre que lui, je serais aussitôt entré dans une rage folle et, faisant fi des mots, l’aurais ignominieusement banni de ma présence. Mais il y avait en Bartelby quelque chose qui me désarmait étrangement, bien plus, qui miraculeusement me touchait et me déconcertait."

«Impuissance ne signifie pas seulement ici absence de puissance, ne pas pouvoir faire, mais aussi et surtout «pouvoir ne pas faire», pouvoir ne pas exercer sa propre puissance. Et c’est justement cette ambivalence propre à toute puissance, qui est toujours à la fois puissance d’être et puissance de ne pas être, de faire et de ne pas faire, qui définit la puissance humaine. L’homme est donc le vivant qui, existant sur le mode de la puissance, peut aussi bien une chose que son contraire, aussi bien faire que ne pas faire. Cela l’expose, plus que tout autre vivant, au risque de l’erreur, mais cela lui permet aussi d’accumuler et de maîtriser libéralement ses propres capacités, de les transformer en «facultés». Car ce n’est pas seulement la mesure de ce que quelqu’un peut faire, mais aussi et surtout la capacité qu’il a de se maintenir en relation avec la possibilité de ne pas le faire qui définit son niveau d’action.»

C’est l’histoire de Julien Bême, jeune appelé en garnison dans une caserne de la région parisienne. Un jour, lors d’un exercice, il a refusé d’obéir à l’ordre de son chef. Au mitard quand le roman commence, il ne tarde pas à s’enfuir et pendant tout le roman, dont l’action ne dure que deux jours, on suivra son parcours. Il se cache, essaie, avec l’aide de son ancien professeur d’histoire, de se faire faire de faux papiers, tombe amoureux d’une jeune employée de boutique liée au Parti Communiste. Parallèlement, tout l’état-major commence à s’intéresser à cette évasion, d’autant plus que le jeune Bême ne donne pas de véritable explication à ses agissements. Il imite en cela le Meursault de Camus. À la fin du roman, il est sur le point de se faire arrêter.