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Carnet de voyage

Hamad Mohamed Goumati

Created on January 27, 2026

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Transcript

Carnet de voyage

Vies et identités en exil

Djibouti
Birmanie
Afar
Rohingya
Fatou
Romanar

Trajectoires migratoires

La communauté Afar vit principalement à Djibouti et dans les régions voisines (Éthiopie et Érythrée). Elle est traditionnellement nomade et dépend beaucoup de l’élevage. Les Afars ont une forte identité culturelle et un lien étroit avec leur environnement désertique.

Je m'appelle Romanar. J'ai 28 ans. Je viens de Birmanie, et je suis Rohingya. En 2023, je suis arrivée en France avec un visa étudiant, et j'y poursuis actuellement mes études. On me pose souvent la même question : « Après vos études, que ferez-vous ? » J’ai toujours voulu répondre que je reviendrai dans mon pays pour y développer la langue française, comme le font mes camarades. Mais pourrais-je vraiment rentrer chez moi ? Et, surtout, ai-je vraiment un « chez-moi » comme les autres ? Les Rohingyas sont une minorité ethnique et religieuse principalement musulmane, vivant dans l’État de Rakhine. Pendant des années, nous avons été privés de droits fondamentaux : citoyenneté, accès à l’éducation et à l’emploi, liberté de circulation… Ces injustices ont conduit de nombreuses familles, y compris la mienne, à fuir leur ville pour survivre. Mais qui sont les Rohingyas ? Pourquoi notre existence est-elle niée par beaucoup ? Et que signifie reconstruire une vie quand son pays vous rejette ? C’est ce que je vous invite à découvrir dans la suite de mon récit.

La communauté Rohingya vit surtout dans l’ouest de la Birmanie. Elle est majoritairement musulmane dans un pays à dominante bouddhiste. Les Rohingyas font face à de fortes discriminations et beaucoup ont été contraints de fuir leur région pour se réfugier dans d’autres pays.

Je me nomme Fatou. J'ai 29 ans et viens de Djibouti. Depuis 2023, je suis étudiante en France. Je fais partie de l’ethnie Afar, une communauté qui valorise ses traditions patriarcales, où la vie d’une fille passe souvent au second plan, voire est presque niée. Mon enfance a été marquée par l’excision, une épreuve qui m’a profondément affectée sur le plan psychologique jusqu’à mes 28 ans. Parmi ces traditions, le mariage forcé entre cousins, où une jeune fille se retrouvait promise à un homme beaucoup plus âgé, souvent déjà marié, était considéré comme une fatalité. Cette perspective m’a profondément heurtée et a motivé mon départ du pays, car elle bafouait tout mon passé, mes efforts et mon droit à choisir ma propre vie. Envie de savoir plus sur moi ? Je vous invite à lire la suite ......

Birmanie (Myanmar) située en Asie du Sud-Est, est un pays caractérisé par une grande diversité ethnique, culturelle et religieuse. On y compte plus d’une centaine de groupes ethniques reconnus, ce qui en fait l’un des pays les plus multiculturels de la région. La majorité de la population appartient au groupe bamar, mais de nombreuses minorités vivent dans différentes régions du pays. Cette diversité se reflète également dans les langues parlées et les religions pratiquées, principalement le bouddhisme, mais aussi l’islam, le christianisme et des croyances traditionnelles.

Djibouti se distingue par une importante diversité ethnique et culturelle. La population est majoritairement composée des Afar et des Issa-Somalis, qui représentent les deux principaux groupes du pays. À ces communautés s’ajoutent des minorités arabes, ainsi que des populations venues d’Éthiopie et d’autres régions voisines.Cette diversité se reflète dans les langues parlées, notamment le français et l’arabe (langues officielles), mais aussi l’afar et le somali dans la vie quotidienne.

La nuit du départ

J'ai fui le domicile de mon mari le 24 août à 21 heures, accompagnée de mon frère, en direction de l'aéroport. La route m'a paru interminable: chaque minute passait lentement, entre peur, tension et silence. Mon cœur battait fort, partagé entre l'angoisse de partir et l'espoir d'être enfin en sécurité. À l'aéroport, chaque regard me semblait suspect. J'avais l'impression que tout le monde pouvait deviner que je fuyais. Mon cœur battait trop vite, surtout lorsque quelqu'un croisait mes yeux un peu trop longtemps. La peur d'être reconnue m'a donné envie de me faire invisible. Je baissais la tête, évitais les regards, redoutant à chaque instant.

Le 26 septembre 2023J'ai quitté la Birmanie. Je suis partie de chez ma tante pour me rendre à l’aéroport de Yangon avec mon petit frère. Il était triste de me voir partir, mais il retenait ses larmes. Le froid et le vent traversaient le hall de l’aéroport comme pour accompagner notre séparation. Autour de moi, j’entendais les pleurs des familles qui se disaient adieu. Les voix tremblaient, les pas étaient lents. Beaucoup de jeunes quittaient le pays à cause de ce qui s’y passait. L’aéroport était devenu un lieu d’adieux. Je me sentais envahie par la tristesse. Mes pensées étaient tournées vers ma famille. Je n’arrêtais pas de pleurer. Je me demandais si j’avais fait le bon choix en quittant mon pays. En même temps, une autre peur me serrait le cœur : celle d’être interrogée trop longtemps à l’immigration. J’ai serré mon petit frère une dernière fois dans mes bras, comme pour garder un peu de lui avec moi. Puis je suis passée par le contrôle. En me retournant, je l’ai vu de loin se mettre à pleurer.

Je me suis sentie un peu soulagée lorsque j’ai réussi à passer le contrôle. Le même jour, je suis arrivée à Bangkok, en Thaïlande, pour changer d’avion. Contrairement à l’aéroport de Yangon, les gens semblaient heureux de voyager. Comme je n’avais jamais voyagé seule auparavant, j’avais peur de rater mon prochain avion. En attendant, j’ai vu à côté de moi une famille impatiente de partir ensemble en voyage. Je me suis demandé si ce genre de bonheur me toucherait un jour. Mes pensées se sont interrompues lorsqu’une main a frôlé mon bras. C’était une femme birmane d’une cinquantaine d’années qui me demandait si j’attendais le vol pour la France. Nous avons discuté quelques instants. Pendant cette conversation, j’ai oublié ma peur et mes inquiétudes. Mais une fois installée dans l’avion, mes pensées sont revenues, accompagnées du silence et du bruit du moteur.

Vers la France....
L'attente sous tension

À l'aéroport d' Istanbul , j'étais surtout épuisée. La fatigue du voyage pesait lourde sur moi, mais je n'arrivais pas à me reposer parce que j'avais peur de rater mon avion. Comme c'était une escale, je craignais de rester bloqué là-bas sans solution. Cette idée m'angoissait encore plus parce que mon frère avait utilisé toutes ses économies pour financer mon voyage. Je ne voulais pas que son sacrifice ait été inutile ni le mettre dans une situation encore plus difficile.

Nouvel espoir

Le 25 août à 12h45, je suis enfin arrivée à l'aéroport de Paris-Charles de Gaulle. J'étais encore fatiguée après le long voyage, mais la peur qui m'avait accompagné depuis mon départ avait disparu. À la place, je ressentais un mélange de soulagement et d'espoir : j'étais arrivée dans un nouveau pays, avec la possibilité de commencer une vie différente. L'aéroport était grand et animé, mais je ne m'attardais pas. Sans perdre de temps, je me suis dirigé vers le train pour Lyon, où m'attendais ma grande sœur que je n'avais jamais rencontrée en personne.

Le 27 septembre, je suis arrivée à l’aéroport Charles de Gaulle. C’était le matin. Avant l’atterrissage, j’ai aperçu la Tour Eiffel vue du ciel. C’était un de mes rêves, et ce moment m’a remplie d’émerveillement. J’avais fait ma licence de français à Yangon et j’aimais profondément cette langue. Cette passion pour le français m’avait toujours poussée à admirer tout ce qui concernait la France. Une fois arrivée à l’aéroport, je me suis sentie en sécurité, mais aussi complètement perdue. Je ne parlais pas très bien français et il y avait tellement de monde autour de moi. Pour quelqu’un venant d’Asie, le froid était saisissant. Dès que j’ai pu accéder au wifi, j’ai essayé de contacter mon frère. Il m’a répondu immédiatement et je lui ai donné de mes nouvelles. Mes parents n’avaient pas eu de réseau depuis plusieurs jours, et je voulais tellement leur dire que j’avais réussi… que j’avais pu fuir. Je me suis mise à pleurer silencieusement.

Une belle aventure qui commence