Le Printemps des poètes 2026 - Liberté. Force vive, déployée
Calendrier poétique
24 mars
4 mars
5 mars
6 mars
26 mars
12 mars
20 mars
Quiz n°1
25 mars
18 mars
11 mars
27 mars
2 mars
16 mars
Quiz n°2
17 mars
9 mars
3 mars
31 mars
19 mars
23 mars
30 mars
Anthologie
10 mars
13 mars
UN VRAI TRAVAILde toi au fonddescendstourne les manivellesdu rêve jusqu’à ce que ton feu ouvre les portesde ta forêt secrètetes yeux trouverontun vrai travailoù chaque jour ils touchentla beautéJean d'Amérique
Joseph Cornell
J’ai reçu au cœurle coup de la grâce.Ah ! je ne l’avais pas prévu !Arthur Rimbaud
Sandro Botticelli
Il a la force rude et la grâce superbe.Il déracine un roc,il épargne un brin d’herbe.Victor Hugo
Cyril le Tourneur d'Ison
Dans la danse au matin levé de l'épais silence fumera encore la charpie de terres et d'immeubles à bout de larmes et de deuils après le ciel déchiré la ville aux sirènes hurlantes après l'exode des coeurs blindés calme les bombes trêve les cris nous refermerons les tranchées sèmerons pour tisser recoudre racines en lieu des steppes boueuses sur la prairie de tulipes et d'iris nous joindrons nos mains dans la danse s'étourdir sur nos visages retracer sourires. Loïc Demey
Anselm Kiefer, Margarethe
ÎlesÎlesîlesÎles où l’on ne prendra jamais terreÎles où l’on ne descendra jamaisÎles couvertes de végétationsÎles tapies comme des jaguarsÎles muettesÎles immobilesÎles inoubliables et sans nomJe lance mes chaussures par-dessus bord car je voudraisbien aller jusqu’à vousBlaise Cendras
Arnold Böcklin, L’Île des morts, 1880
Plus haut, on est léger juste comme il faut. Michel Berger
Yves Klein, Saut dans le vide, 1960
Le geste lent produit la grâce,le geste rapide produit la force.Il faut cependant posséderl‘un pour maîtriser l‘autre.Jang Kui
À la merNous irons à la merEcouter le refrainDes vagues oubliéesNous irons à la merSemer notre fatigueParmi les coquillagesEt cueillir les caillouxNous étonnant de toutNous irons à la merEt ce sera l’étéEn chacun de nos gestes !Béatrice Libert
Albert Marquet, Les Sables d'Olonne
Noeud coulant Dans gorge Ce noeud serré INSPIRER EXPIRER Elle a dit RESPIRE Les nuages, les larmes, éloignées Gorge desserrée Le noeud coule Paf, le ventre noué INSPIRER EXPIRER RESPIRE Les arbres, le chant des oiseaux et des criquets ventre souple Mais le noeud coule jusque Dans mes genoux bloqués, tremblants, serrés INSPIRER EXPIRER RESPIRE les forces enfouies de la terre et de la pluie Oui, tu le sais Respire et maintenant noue bien serré Le noeud dans tes lacets Marcher, courir, danser ! C'est le noeud de tes lacets Qui libère tes chevilles Ha ! Ha! RESPIRE elle a dit RESPIRE. Ramona Badescu
Chiharu Shiota, The Key in the Hand
Le relaisEn voyage, on s’arrête, on descend de voiture ;Puis entre deux maisons on passe à l’aventure,Des chevaux, de la route et des fouets étourdi,L’œil fatigué de voir et le corps engourdi.Et voici tout à coup, silencieuse et verte,Une vallée humide et de lilas couverte,Un ruisseau qui murmure entre les peupliers, –Et la route et le bruit sont bien vite oubliés !On se couche dans l’herbe et l’on s’écoute vivre,De l’odeur du foin vert à loisir on s’enivre,Et sans penser à rien on regarde les cieux…Hélas ! une voix crie : « En voiture, messieurs ! »Gérard de Nerval, Odelettes
Alfred Sisley, La Route de Louveciennes vue du chemin de Sèvres, 1873
Je fouille dans mes poèmes. Tu fouilles dans tes poèmes. Elle fouille dans ses poèmes. Nous fouillons dans nos poèmes. Vous fouillez dans vos poèmes. ... Se rappelleront-ils ?
Le loup et le chien Un Loup n'avait que les os et la peau, Tant les chiens faisaient bonne garde. Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau, Gras, poli, qui s'était fourvoyé par mégarde. L'attaquer, le mettre en quartiers, Sire Loup l'eût fait volontiers ; Mais il fallait livrer bataille, Et le Mâtin était de taille A se défendre hardiment. Le Loup donc l'aborde humblement, Entre en propos, et lui fait compliment Sur son embonpoint, qu'il admire. "Il ne tiendra qu'à vous beau sire, D'être aussi gras que moi, lui repartit le Chien. Quittez les bois, vous ferez bien : Vos pareils y sont misérables, Cancres, hères, et pauvres diables, Dont la condition est de mourir de faim. Car quoi ? rien d'assuré : point de franche lippée : Tout à la pointe de l'épée. Suivez-moi : vous aurez un bien meilleur destin. "
Le Loup reprit : "Que me faudra-t-il faire ? - Presque rien, dit le Chien, donner la chasse aux gens Portants bâtons, et mendiants ; Flatter ceux du logis, à son Maître complaire : Moyennant quoi votre salaire Sera force reliefs de toutes les façons : Os de poulets, os de pigeons, Sans parler de mainte caresse. " Le Loup déjà se forge une félicité Qui le fait pleurer de tendresse. Chemin faisant, il vit le col du Chien pelé. "Qu'est-ce là ? lui dit-il. - Rien. - Quoi ? rien ? - Peu de chose. - Mais encor ? - Le collier dont je suis attaché De ce que vous voyez est peut-être la cause. - Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas Où vous voulez ? - Pas toujours ; mais qu'importe ? - Il importe si bien, que de tous vos repas Je ne veux en aucune sorte, Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor. " Cela dit, maître Loup s'enfuit, et court encor. Jean de La Fontaine
Rosa Bonheur, Trois études de loups
LibertéPrenez du soleilDans le creux des mains,Un peu de soleilEt partez au loin !Partez dans le ventSuivez votre rêve,Partez à l’instantLa jeunesse est brève !Il est des cheminsInconnus des hommes,Il est des cheminsSi aériens.Ne regrettez pasCe que vous quittez.Regardez là-basL’horizon briller !Loin, toujours plus loin,Partez en chantant !Le monde appartientÀ ceux qui n’ont rien.Maurice Carême
Nicolas de Staël, Agrigente, 1954
ETRE ANGEÊtre angec'est étrangedit l'angeÊtre ânec'est étrânedit l'âneCela ne veut rien diredit l'ange en haussant les ailesPourtantsi étrange veut dire quelque choseétrâne est plus étrange qu'étrangedit l'âneÉtrange estdit l'ange en tapant des piedsÉtranger vous mêmedit l'âneet il s'envole.Jacques Prévert
Paul Klee, Angelus Novus, 1920
NUAGEJe regarde le nuageIl est blanc pommeléEst-il immobile ?ou presque immobile ?Je regarde le nuagesi longuementque je deviens nuageLe vent doucementpousse pourtant le nuagequi s'éloigne peu à peuMais moi je reste iciJe n'étais pas devenucomplètement nuageseulement moitié-nuageet moitié-hommeCe qui est tout de mêmeassez différentClaude ROY
René Magritte, le fils de l'homme, 1964
SAIS-TU ?Sais-tu que nos corps sont faits de poussières d’étoiles ? Sais-tu que le ciel se trouve aussi dans les flaques d’eausous tes pieds ? Sais-tu que l’horizon sera toujours à la même distancede toi, même lorsque tu penseras l’avoir atteint ? Sais-tu qu’on transporte avec nous tous les gestesde nos ancêtres, comme tous ceux qu’on n’a pas encoreinventés ? Sais-tu que les histoires voyagent sous la languequi les raconte ? Sais-tu que jamais tu ne pourras te séparer de ton ombresauf si tu éteins la lumière ? Sais-tu que des choses qui te semblent immobilespeuvent voyager très loin comme les arbres avec leurspollens ou les cailloux que tu emmènes dans tes poches ? Alors ouvre tes portes, ta tête, tes mains, ta langueet tes yeux, et pars vers tes rêves. Tu ne seras jamais seul.Ici et ailleurs sont en toi.Là ! Là ! Là ! Estelle Dumortier
Christian Boltanski
OseGrogne. Rugis.Tempête.Embrasse ta colère.Éclate. Affute.Renverse.Donne-lui sa place.Agite. Déconstruis.Questionne.Elle te parle.Ose. Pulse.Propose.Elle t’ouvre un chemin. Tania Tchénio
Hans Hartung
L'Enfant-sans-Peur Oyez oyez ! Adultes grondeurs de tous pays, serpents siffleurs, punisseurs raplaplas, mamans sorcières et papas colère ! Remonte-bretelle d’ici et d’ailleurs, papis-qui-râlent mamies-fessée, oyez !Maîtres crieurs et maîtresses hurleuses, voisinszinzins, passants-menaces, ogres tapageurs, jugessalaces et affreux fronce-sourcils, voici venue votredernière heure ! Punisseuses aux coin-coin,monstresses de tous bords, ouvrez bien vosmirettes ! Furibonds bousilleurs, dominants à lanoix, moque-en-l’air l’air de rien, rabaisseuses àbarrettes, oyez oyez ! Sur cette page, je sonne le glasde la torpeur, je libère mon cou et ma rage ! Par maglotte et mes menottes-courage, j’ouvre tous lescachots sans chocolat, toutes les chambres noires àsecrets froids, je fais sauter tous les cadenas ! C’enest fini des mots-couteaux, des blesse-coeurs et descoeurs gros : ici se lève l’Enfant-sans-Peur qui gisaittout au fond de moi : ici, j’écris pour vos trépas, icij’écris pour que vive ma joie ! Dorothée Volut
Des gifs animés de Matthieu Bourel
La chevauchée Certains, quand ils sont en colère,Crient, trépignent, cassent des verres...Moi, je n'ai pas tous ces défauts :Je monte sur mes grands chevaux.Et je galope, et je voltige,Bride abattue, jusqu'au vertigeDes étincelles sous leurs fers,Mes chevaux vont un train d'enfer.Je parcours ainsi l'univers,Monts, forêts, campagnes, déserts...Quand mes chevaux sont fatigués,Je rentre à l'écurie - calmé. Jacques Charpentreau
Claudia Fontes, El Problema del Caballo
Le MilliardaireJohn apportait un plateauSur lequel était un bateau.Monsieur assis sur son litPassa son habit et dit :« Posez ça là quelque partJe termine mon cigare. »Une heure après John revintLa fenêtre était ouverteDans le lit il n’y avait rienRien non plus sous la PlanteVerteEt rien du tout sur le plateau– Monsieur est parti en bateau.Jean Tardieu
Edward Hopper, Rooms by the Sea, 1951
PoissonLes poissons, les nageurs, les bateauxTransforment l’eau.L’eau est douce et ne bougeQue pour ce qui la touche.Le poisson avanceComme un doigt dans un gant,Le nageur danse lentementEt la voile respire.Mais l’eau douce bougePour ce qui la touche,Pour le poisson, pour le nageur, pour le bateauQu’elle porteEt qu’elle emporte.Paul Eluard
Henri Matisse, La piscine, 1952
Une brise fraîche Ondoyant et tournoyant est enfin venue ISSA
Hokusai, Vent frais par matin clair, vers 1830
Dans un petit bateau Dans un petit bateau Une petite dame Un petit matelot Tient les petites rames Ils s’en vont voyager Sur un ruisseau tranquille Sous un ciel passager Et dormir dans une île C’est aujourd’hui Dimanche Il fait bon s’amuser Se tenir par la hanche Échanger des baisers C’est ça la belle vie Dimanche au bord de l’eau Heureux ceux qui envient Le petit matelot. Robert Desnos
Édouard Manet, En bateau, 1874
Je fouille dans mes poèmes. Tu fouilles dans tes poèmes. Elle fouille dans ses poèmes. Nous fouillons dans nos poèmes. Vous fouillez dans vos poèmes. ... Se rappelleront-ils ?
Calendrier poétique
Bérengère Delbos
Created on January 26, 2026
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Le Printemps des poètes 2026 - Liberté. Force vive, déployée
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24 mars
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Anthologie
10 mars
13 mars
UN VRAI TRAVAILde toi au fonddescendstourne les manivellesdu rêve jusqu’à ce que ton feu ouvre les portesde ta forêt secrètetes yeux trouverontun vrai travailoù chaque jour ils touchentla beautéJean d'Amérique
Joseph Cornell
J’ai reçu au cœurle coup de la grâce.Ah ! je ne l’avais pas prévu !Arthur Rimbaud
Sandro Botticelli
Il a la force rude et la grâce superbe.Il déracine un roc,il épargne un brin d’herbe.Victor Hugo
Cyril le Tourneur d'Ison
Dans la danse au matin levé de l'épais silence fumera encore la charpie de terres et d'immeubles à bout de larmes et de deuils après le ciel déchiré la ville aux sirènes hurlantes après l'exode des coeurs blindés calme les bombes trêve les cris nous refermerons les tranchées sèmerons pour tisser recoudre racines en lieu des steppes boueuses sur la prairie de tulipes et d'iris nous joindrons nos mains dans la danse s'étourdir sur nos visages retracer sourires. Loïc Demey
Anselm Kiefer, Margarethe
ÎlesÎlesîlesÎles où l’on ne prendra jamais terreÎles où l’on ne descendra jamaisÎles couvertes de végétationsÎles tapies comme des jaguarsÎles muettesÎles immobilesÎles inoubliables et sans nomJe lance mes chaussures par-dessus bord car je voudraisbien aller jusqu’à vousBlaise Cendras
Arnold Böcklin, L’Île des morts, 1880
Plus haut, on est léger juste comme il faut. Michel Berger
Yves Klein, Saut dans le vide, 1960
Le geste lent produit la grâce,le geste rapide produit la force.Il faut cependant posséderl‘un pour maîtriser l‘autre.Jang Kui
À la merNous irons à la merEcouter le refrainDes vagues oubliéesNous irons à la merSemer notre fatigueParmi les coquillagesEt cueillir les caillouxNous étonnant de toutNous irons à la merEt ce sera l’étéEn chacun de nos gestes !Béatrice Libert
Albert Marquet, Les Sables d'Olonne
Noeud coulant Dans gorge Ce noeud serré INSPIRER EXPIRER Elle a dit RESPIRE Les nuages, les larmes, éloignées Gorge desserrée Le noeud coule Paf, le ventre noué INSPIRER EXPIRER RESPIRE Les arbres, le chant des oiseaux et des criquets ventre souple Mais le noeud coule jusque Dans mes genoux bloqués, tremblants, serrés INSPIRER EXPIRER RESPIRE les forces enfouies de la terre et de la pluie Oui, tu le sais Respire et maintenant noue bien serré Le noeud dans tes lacets Marcher, courir, danser ! C'est le noeud de tes lacets Qui libère tes chevilles Ha ! Ha! RESPIRE elle a dit RESPIRE. Ramona Badescu
Chiharu Shiota, The Key in the Hand
Le relaisEn voyage, on s’arrête, on descend de voiture ;Puis entre deux maisons on passe à l’aventure,Des chevaux, de la route et des fouets étourdi,L’œil fatigué de voir et le corps engourdi.Et voici tout à coup, silencieuse et verte,Une vallée humide et de lilas couverte,Un ruisseau qui murmure entre les peupliers, –Et la route et le bruit sont bien vite oubliés !On se couche dans l’herbe et l’on s’écoute vivre,De l’odeur du foin vert à loisir on s’enivre,Et sans penser à rien on regarde les cieux…Hélas ! une voix crie : « En voiture, messieurs ! »Gérard de Nerval, Odelettes
Alfred Sisley, La Route de Louveciennes vue du chemin de Sèvres, 1873
Je fouille dans mes poèmes. Tu fouilles dans tes poèmes. Elle fouille dans ses poèmes. Nous fouillons dans nos poèmes. Vous fouillez dans vos poèmes. ... Se rappelleront-ils ?
Le loup et le chien Un Loup n'avait que les os et la peau, Tant les chiens faisaient bonne garde. Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau, Gras, poli, qui s'était fourvoyé par mégarde. L'attaquer, le mettre en quartiers, Sire Loup l'eût fait volontiers ; Mais il fallait livrer bataille, Et le Mâtin était de taille A se défendre hardiment. Le Loup donc l'aborde humblement, Entre en propos, et lui fait compliment Sur son embonpoint, qu'il admire. "Il ne tiendra qu'à vous beau sire, D'être aussi gras que moi, lui repartit le Chien. Quittez les bois, vous ferez bien : Vos pareils y sont misérables, Cancres, hères, et pauvres diables, Dont la condition est de mourir de faim. Car quoi ? rien d'assuré : point de franche lippée : Tout à la pointe de l'épée. Suivez-moi : vous aurez un bien meilleur destin. "
Le Loup reprit : "Que me faudra-t-il faire ? - Presque rien, dit le Chien, donner la chasse aux gens Portants bâtons, et mendiants ; Flatter ceux du logis, à son Maître complaire : Moyennant quoi votre salaire Sera force reliefs de toutes les façons : Os de poulets, os de pigeons, Sans parler de mainte caresse. " Le Loup déjà se forge une félicité Qui le fait pleurer de tendresse. Chemin faisant, il vit le col du Chien pelé. "Qu'est-ce là ? lui dit-il. - Rien. - Quoi ? rien ? - Peu de chose. - Mais encor ? - Le collier dont je suis attaché De ce que vous voyez est peut-être la cause. - Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas Où vous voulez ? - Pas toujours ; mais qu'importe ? - Il importe si bien, que de tous vos repas Je ne veux en aucune sorte, Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor. " Cela dit, maître Loup s'enfuit, et court encor. Jean de La Fontaine
Rosa Bonheur, Trois études de loups
LibertéPrenez du soleilDans le creux des mains,Un peu de soleilEt partez au loin !Partez dans le ventSuivez votre rêve,Partez à l’instantLa jeunesse est brève !Il est des cheminsInconnus des hommes,Il est des cheminsSi aériens.Ne regrettez pasCe que vous quittez.Regardez là-basL’horizon briller !Loin, toujours plus loin,Partez en chantant !Le monde appartientÀ ceux qui n’ont rien.Maurice Carême
Nicolas de Staël, Agrigente, 1954
ETRE ANGEÊtre angec'est étrangedit l'angeÊtre ânec'est étrânedit l'âneCela ne veut rien diredit l'ange en haussant les ailesPourtantsi étrange veut dire quelque choseétrâne est plus étrange qu'étrangedit l'âneÉtrange estdit l'ange en tapant des piedsÉtranger vous mêmedit l'âneet il s'envole.Jacques Prévert
Paul Klee, Angelus Novus, 1920
NUAGEJe regarde le nuageIl est blanc pommeléEst-il immobile ?ou presque immobile ?Je regarde le nuagesi longuementque je deviens nuageLe vent doucementpousse pourtant le nuagequi s'éloigne peu à peuMais moi je reste iciJe n'étais pas devenucomplètement nuageseulement moitié-nuageet moitié-hommeCe qui est tout de mêmeassez différentClaude ROY
René Magritte, le fils de l'homme, 1964
SAIS-TU ?Sais-tu que nos corps sont faits de poussières d’étoiles ? Sais-tu que le ciel se trouve aussi dans les flaques d’eausous tes pieds ? Sais-tu que l’horizon sera toujours à la même distancede toi, même lorsque tu penseras l’avoir atteint ? Sais-tu qu’on transporte avec nous tous les gestesde nos ancêtres, comme tous ceux qu’on n’a pas encoreinventés ? Sais-tu que les histoires voyagent sous la languequi les raconte ? Sais-tu que jamais tu ne pourras te séparer de ton ombresauf si tu éteins la lumière ? Sais-tu que des choses qui te semblent immobilespeuvent voyager très loin comme les arbres avec leurspollens ou les cailloux que tu emmènes dans tes poches ? Alors ouvre tes portes, ta tête, tes mains, ta langueet tes yeux, et pars vers tes rêves. Tu ne seras jamais seul.Ici et ailleurs sont en toi.Là ! Là ! Là ! Estelle Dumortier
Christian Boltanski
OseGrogne. Rugis.Tempête.Embrasse ta colère.Éclate. Affute.Renverse.Donne-lui sa place.Agite. Déconstruis.Questionne.Elle te parle.Ose. Pulse.Propose.Elle t’ouvre un chemin. Tania Tchénio
Hans Hartung
L'Enfant-sans-Peur Oyez oyez ! Adultes grondeurs de tous pays, serpents siffleurs, punisseurs raplaplas, mamans sorcières et papas colère ! Remonte-bretelle d’ici et d’ailleurs, papis-qui-râlent mamies-fessée, oyez !Maîtres crieurs et maîtresses hurleuses, voisinszinzins, passants-menaces, ogres tapageurs, jugessalaces et affreux fronce-sourcils, voici venue votredernière heure ! Punisseuses aux coin-coin,monstresses de tous bords, ouvrez bien vosmirettes ! Furibonds bousilleurs, dominants à lanoix, moque-en-l’air l’air de rien, rabaisseuses àbarrettes, oyez oyez ! Sur cette page, je sonne le glasde la torpeur, je libère mon cou et ma rage ! Par maglotte et mes menottes-courage, j’ouvre tous lescachots sans chocolat, toutes les chambres noires àsecrets froids, je fais sauter tous les cadenas ! C’enest fini des mots-couteaux, des blesse-coeurs et descoeurs gros : ici se lève l’Enfant-sans-Peur qui gisaittout au fond de moi : ici, j’écris pour vos trépas, icij’écris pour que vive ma joie ! Dorothée Volut
Des gifs animés de Matthieu Bourel
La chevauchée Certains, quand ils sont en colère,Crient, trépignent, cassent des verres...Moi, je n'ai pas tous ces défauts :Je monte sur mes grands chevaux.Et je galope, et je voltige,Bride abattue, jusqu'au vertigeDes étincelles sous leurs fers,Mes chevaux vont un train d'enfer.Je parcours ainsi l'univers,Monts, forêts, campagnes, déserts...Quand mes chevaux sont fatigués,Je rentre à l'écurie - calmé. Jacques Charpentreau
Claudia Fontes, El Problema del Caballo
Le MilliardaireJohn apportait un plateauSur lequel était un bateau.Monsieur assis sur son litPassa son habit et dit :« Posez ça là quelque partJe termine mon cigare. »Une heure après John revintLa fenêtre était ouverteDans le lit il n’y avait rienRien non plus sous la PlanteVerteEt rien du tout sur le plateau– Monsieur est parti en bateau.Jean Tardieu
Edward Hopper, Rooms by the Sea, 1951
PoissonLes poissons, les nageurs, les bateauxTransforment l’eau.L’eau est douce et ne bougeQue pour ce qui la touche.Le poisson avanceComme un doigt dans un gant,Le nageur danse lentementEt la voile respire.Mais l’eau douce bougePour ce qui la touche,Pour le poisson, pour le nageur, pour le bateauQu’elle porteEt qu’elle emporte.Paul Eluard
Henri Matisse, La piscine, 1952
Une brise fraîche Ondoyant et tournoyant est enfin venue ISSA
Hokusai, Vent frais par matin clair, vers 1830
Dans un petit bateau Dans un petit bateau Une petite dame Un petit matelot Tient les petites rames Ils s’en vont voyager Sur un ruisseau tranquille Sous un ciel passager Et dormir dans une île C’est aujourd’hui Dimanche Il fait bon s’amuser Se tenir par la hanche Échanger des baisers C’est ça la belle vie Dimanche au bord de l’eau Heureux ceux qui envient Le petit matelot. Robert Desnos
Édouard Manet, En bateau, 1874
Je fouille dans mes poèmes. Tu fouilles dans tes poèmes. Elle fouille dans ses poèmes. Nous fouillons dans nos poèmes. Vous fouillez dans vos poèmes. ... Se rappelleront-ils ?