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Ch.7 :Quels sont les processus sociaux qui contribuent à la déviance ?

Loïc Boissieu

Created on January 26, 2026

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Transcript

Chapitre 7

Quels sont les processus qui contribuent à la déviance ?

Sociologie

I. Comment s’exerce le contrôle social ?

II. Comment expliquer les processus de déviance ?

III. Quelles sont les frontières entre déviance et délinquance ?

IV. Comment peut-on mesurer la délinquance ?

DÉCOUVRIR PAR L'IMAGE

  • Pourquoi ces individus s'habillent-ils en superhéros ?

© Mike Blake/Reuters Les « superhéros » se multiplient aux États-Unis. Une communauté de quelques centaines de superhéros masqués patrouillent dans les rues américaines, intervenant pour régler les incidents entre les personnes et « combattre la criminalité » dans leur ville. Ici, à San Diego (Californie).

DÉCOUVRIR PAR LA VIDÉO

France 24, 1er mai 2019.

  1. Comment fonctionne ce dispositif de « crédit social » en Chine ?
  2. Proposez un argument favorable et un argument défavorable à l'instauration d'un tel dispositif en France.
  • Comprendre la distinction entre normes sociales et normes juridiques, et connaître la diversité des formes de contrôle social.

I. Comment s’exerce le contrôle social ?

Doc 1 : Les « violences éducatives ordinaires », entre norme et transgression

  1. Pourquoi certains parents recourent‑ils à des « violences éducatives ordinaires » ?
  2. Montrez que donner une fessée était une norme sociale en France dans les années 1970.
  3. Aujourd'hui, donner une fessée à son enfant, est-ce une norme ou la transgression d'une norme ?

« La fessée, un châtiment qui perdure », INA, 13 juillet 2021.

  • Comprendre la distinction entre normes sociales et normes juridiques, et connaître la diversité des formes de contrôle social.

I. Comment s’exerce le contrôle social ?

2. EXERCICE : La diversité des formes de contrôle social

  • À quelle forme de contrôle social correspondent les situations suivantes ?
  1. Camille est réprimandé par un surveillant après avoir doublé des camarades dans la file d'attente de la cantine.
  2. Florian est mis à l'écart par ses amis parce qu'il ne sait pas garder un secret.
  3. Tiago paie et valide toujours son titre de transport en commun.
  4. Nadia écope d'un carton rouge pour un mauvais tacle sur Karine lors d'un match de foot.
  5. Chloé se voit confisquer son téléphone après 20 h par ses parents car elle regarde trop de vidéos.
  6. Ambre est convoquée en conseil de discipline pour insolence envers un enseignant.
  7. Noé est verbalisé par la police parce qu'il a utilisé son téléphone au volant.
  • Comprendre la distinction entre normes sociales et normes juridiques, et connaître la diversité des formes de contrôle social.

I. Comment s’exerce le contrôle social ?

Doc 3 : Le contrôle social conduit à intérioriser les normes

  1. Le contrôle social représenté par la photographie est-il externe ou interne ?
  2. Expliquez la phrase soulignée.
  3. Cherchez d'autres exemples de normes qui sont intériorisées par les individus.

Toute éducation consiste dans un effort continu pour imposer à l'enfant des manières de voir, de sentir et d'agir auxquelles il ne serait pas spontanément arrivé. Dès les premiers temps de sa vie, nous le contraignons à manger, à boire, à dormir à des heures régulières, nous le contraignons à la propreté, au calme, à l'obéissance ; plus tard, nous le contraignons pour qu'il apprenne à tenir compte d'autrui, à respecter les usages, les convenances, nous le contraignons au travail, etc.Si, avec le temps, cette contrainte cesse d'être sentie, c'est qu'elle donne peu à peu naissance à des habitudes, à des tendances internes qui la rendent inutile […]. Cette pression de tous les instants que subit l'enfant, c'est la pression même du milieu social qui tend à le façonner à son image et dont les parents et les maîtres ne sont que les représentants et les intermédiaires.

Émile Durkheim [sociologue], Les règles de la méthode sociologique, 1895.

  • Comprendre la distinction entre normes sociales et normes juridiques, et connaître la diversité des formes de contrôle social.

I. Comment s’exerce le contrôle social ?

Doc 4 : Le contrôle social dans l'univers du manga

  1. Selon vous, qu'est-ce qui distingue les mangas « pour filles » des mangas « pour garçons » ?
  2. Pourquoi les garçons lisent-ils rarement les shojos ?
  3. Montrez que le rire et les moqueries ont une fonction de contrôle social.

On le voit à l'assignation aux uns et aux autres des shonens et des shojos, apprendre son genre, quand on est un garçon, passe par le fait d'adhérer aux principes de la masculinité, incarnés ici par la violence, mais également par le fait de se démarquer des pratiques de l'autre sexe. Ainsi, la réaction est très vive quand on émet l'hypothèse qu'ils aient pu lire des mangas « pour filles ». Si un garçon se doit de lire des mangas de garçons, surtout, il se doit de dédaigner les mangas pour filles, notamment devant ses copains. Comme le dit Octave (17 ans, Terminale) : « Je vois pas de garçon faire : Ohhh, c'est trop triste !!! Si j'en vois un qui commence à faire ça, oui, c'est sûr, je me moquerai volontiers de lui ». Hacine (15 ans, 3e) l'a appris à ses dépens, lui qui pour avoir essayé de défendre Fruits Basket, dont il avait lu et apprécié les cinq premiers tomes, a essuyé les moqueries de ses copains, sous prétexte que c'est un « truc de femmes » […].

Christine Détrez [sociologue], « Des shonens pour les garçons, des shojos pour les filles ? Apprendre son genre en lisant des mangas », Réseaux, 2011, n° 168-169.

o Savoir que le marché est une institution et savoir distinguer les marchés selon leur degré de concurrence (de la concurrence parfaite au monopole).

I. Comment les marchés sont-ils organisés ?

Synthèse :

Les normes sociales et juridiques sont liées entre elles : les normes juridiques sont souvent la transformation en lois de normes sociales. Par exemple, si le meurtre est puni par la loi, c’est qu’il est un comportement inacceptable pour la société. Au fil du temps, les normes sociales et juridiques évoluent. Pour ce qui est des normes sociales, par exemple, des comportements considérés aujourd’hui comme inacceptables auraient pu paraître tout à fait normaux auparavant. L’évolution des normes sociales est particulièrement forte, en France comme dans de nombreux pays, sur les questions liées à la place des femmes et à la famille. Dans ces domaines, comme dans bien d’autres, on peut observer une relation circulaire entre normes sociales et normes juridiques : les évolutions dans les normes sociales ou les luttes pour que ces évolutions se fassent peuvent entraîner une modification des lois qui peuvent, à leur tour, modifier les normes sociales. Parfois, ce sont même les normes juridiques qui changent plus vite que les normes sociales. Ces changements ne se font pas sans résistance. Les respect des normes est assuré par l’individu lui-même (autocontrôle) mais aussi par le contrôle social. Le contrôle social désigne l’ensemble des moyens (gratifications ou sanctions) mis en œuvre pour que l’individu respecte les normes. On, distingue contrôle social informel et formel. La famille et les pairs assurent directement le contrôle social en se surveillant les uns les autres ; on parle alors de contrôle social informel. Le contrôle du respect des lois est quant à lui institutionnalisé : la police et la gendarmerie assurent le respect des normes juridiques ; la justice sanctionne lorsqu’elles sont transgressées. Il s’agit du contrôle social formel.

  • Comprendre que la déviance et/ou la désignation d’un acte comme déviant se définissent comme une transgression des normes et qu’elles revêtent des formes variées selon les sociétés et, en leur sein, selon les groupes sociaux.
  • Comprendre que la déviance peut s’analyser comme le produit de différents processus sociaux (étiquetage, stigmatisation, carrières déviantes).

II. Comment expliquer les processus de déviance ?

Doc 1 : Dire « wesh » : une déviance ?

  1. Pourquoi la lycéenne dans la vidéo pense-t-elle qu'elle « parle mal » parfois ?
  2. Dans quels contextes dire « wesh » passe-t-il pour une déviance ? Pourquoi ?
  • Comprendre que la déviance et/ou la désignation d’un acte comme déviant se définissent comme une transgression des normes et qu’elles revêtent des formes variées selon les sociétés et, en leur sein, selon les groupes sociaux.
  • Comprendre que la déviance peut s’analyser comme le produit de différents processus sociaux (étiquetage, stigmatisation, carrières déviantes).

II. Comment expliquer les processus de déviance ?

Doc 2 : Un processus de stigmatisation au cœur des interactions sociales

Lorsqu'un inconnu se présente à nous, ses premières apparitions ont toutes chances de nous mettre en mesure de prévoir la catégorie à laquelle il appartient et les attributs qu'il possède, son « identité sociale », pour employer un terme meilleur que celui de « statut social », car il s'y inclut des attributs personnels tel que l'« honnêteté », tout autant que des attributs structuraux comme la « profession ».Nous appuyant alors sur ces anticipations, nous les transformons en attentes normatives, en exigences présentées à bon droit. […] Tout le temps que l'inconnu est en notre présence, des signes peuvent se manifester montrant qu'il possède un attribut qui le rend différent des autres membres de la catégorie de personnes qui lui est ouverte, et aussi moins attrayant […]. Un tel attribut constitue un stigmate […] ; parfois aussi on parle de faiblesse, de déficit ou de handicap.

  1. Comment le sociologue Erving Goffman définit-il le concept de « stigmate » ?
  2. Quel stigmate porte la petite fille sur l'affiche ?
  3. Quelles seraient les « anticipations » puis les « attentes normatives » qui pourraient être associées à ce stigmate ?

Erving Goffman [sociologue], Stigmate. Les usages sociaux des handicaps traduit de l'anglais par Alain Kihm © Minuit, 1975.

  • Comprendre que la déviance et/ou la désignation d’un acte comme déviant se définissent comme une transgression des normes et qu’elles revêtent des formes variées selon les sociétés et, en leur sein, selon les groupes sociaux.
  • Comprendre que la déviance peut s’analyser comme le produit de différents processus sociaux (étiquetage, stigmatisation, carrières déviantes).

II. Comment expliquer les processus de déviance ?

3. EXERCICE : L'étiquetage comme mécanisme central dans la déviance

Les groupes sociaux créent la déviance en instituant des normes dont la transgression constitue la déviance, en appliquant ces normes à certains individus et en les étiquetant comme des déviants. De ce point de vue, la déviance n'est pas une qualité de l'acte commis par une personne, mais plutôt une conséquence de l'application, par les autres, de normes et de sanctions à un « transgresseur ». Le déviant est celui auquel cette étiquette a été appliquée avec succès et le comportement déviant est celui auquel la collectivité attache cette étiquette.

  1. D'après Howard Becker, suffit-il qu'un individu transgresse une norme pour être caractérisé comme déviant ? Justifiez.
  2. Illustrez les quatre situations du tableau par un exemple plausible.
  3. Pourquoi Howard Becker parle-t-il d'« étiquetage » pour expliquer la déviance ?

Howard Becker [sociologue], Outsiders. Études de sociologie de la déviance [1963], Éditions Métailié, 1985.

  • Comprendre que la déviance et/ou la désignation d’un acte comme déviant se définissent comme une transgression des normes et qu’elles revêtent des formes variées selon les sociétés et, en leur sein, selon les groupes sociaux.
  • Comprendre que la déviance peut s’analyser comme le produit de différents processus sociaux (étiquetage, stigmatisation, carrières déviantes).

II. Comment expliquer les processus de déviance ?

Doc 4 : L'anorexie comme déviance

Pour le sociologue, l'anorexie constitue une déviance bien particulière. […] Elle débute non par la transgression mais par la soumission à un certain nombre de normes corporelles, diététiques, parfois scolaires ou culturelles, donc par des actes socialement souhaitables, légitimes, et non désapprouvés. C'est ensuite le maintien de l'engagement dans la déviance (et non l'engagement lui-même) qui va « faire » déviance, c'est-à-dire entraîner des réactions de désapprobation sociale et constituer des infractions à un certain nombre de normes, comme celle du poids normal par exemple,sachant que le moment où le poids « fait » infraction est lui-même variable et peut dépendre des normes locales de poids dans la famille, de normes locales professionnelles (en danse ou en gymnastique par exemple) ou encore du passé corporel des enquêtées. La première phase de la carrière anorexique n'est donc déviante que rétrospectivement, parce qu'elle a été suivie d'une deuxième phase, et qu'elle a été alors recodée comme telle […] sous égide hospitalière. […] La carrière anorexique est ainsi une carrière déviante parce qu'elle est étiquetée comme telle.

  1. Montrez que la norme de la maigreur est variable selon les contextes sociaux.
  2. Le point de départ du processus qui conduit à l'anorexie est-il une transgression ou une conformité aux normes ?
  3. Qu'est-ce qui fait entrer les individus en quête de maigreur dans la déviance ?
  4. Qui sont les agents qui contribuent à définir et à prescrire ces normes de maigreur ?

Muriel Darmon [sociologue], « Déviances corporelles et classes sociales », dans Normes, déviances, insertions, Éd. Seismo, 2008.

  • Comprendre que la déviance et/ou la désignation d’un acte comme déviant se définissent comme une transgression des normes et qu’elles revêtent des formes variées selon les sociétés et, en leur sein, selon les groupes sociaux.
  • Comprendre que la déviance peut s’analyser comme le produit de différents processus sociaux (étiquetage, stigmatisation, carrières déviantes).

II. Comment expliquer les processus de déviance ?

Autoévaluation :

Complétez le texte à l’aide des termes suivants : varie / situations / transgression / hors normes / déviant / entrepreneurs de morale / déviance / étiquetage / relation sociale / sanctionné / cachée / identifiée / relative / stigmatisation / désignée / carrière déviante / être / sanctions La déviance peut se définir comme une ………………………………….. des normes propres à un groupe. En ce sens, elle peut revêtir de multiples formes (de l’impolitesse au crime) qui appellent des ………………………………….. fortement différenciées (de la simple réprobation à l’emprisonnement). La définition de la déviance est étroitement liée aux normes et valeurs de chaque société. Elle est donc très ………………………………….. et peut varier selon les époques, les cultures et les groupes sociaux. Ainsi, certaines régions du monde reconnaissent aux couples homosexuels le droit d’adopter un enfant alors que, dans d’autres, l’homosexualité est passible de peine de mort. Le sociologue Howard Becker insiste sur le fait que la déviance est une …………………………………..: ce qui est ………………………………….. est ce qui est reconnu comme tel. Une telle définition conduit à penser que ce qui est considéré comme déviant ………………………………….. en fonction des groupes, des époques et des lieux et qu’il peut y avoir une lutte pour la définition des normes. Il appelle « ……………………………………………...» ceux qui cherchent à imposer des normes à toute la société. Penser la déviance comme ce qui est ………………………………….. permet aussi de comprendre que plusieurs ………………………………….. sont possibles en termes de …………………………………..: la déviance peut être ………………………………….. et donc échapper aux sanctions, mais une personne peut aussi être ………………………………….. et traitée comme déviante sans pour autant l’…………………………………... Surtout, l’existence de normes produit de façon automatique des actes considérés comme ………………………………….. et donc déviants. Un premier acte déviant peut alors conduire à un processus d’………………………………….. : la personne est désignée comme déviante et peut être ………………………………….. à sa déviance. Elle risque alors d’entrer dans une ………………………………….., ce qui modifie sa place dans la société et ses relations avec les autres. Ce processus d’étiquetage peut également conduire à assigner un stigmate aux individus, un attribut dépréciateur, dans un processus de …………………………………...

  • Comprendre et illustrer la distinction entre déviance et délinquance.

III. Quelles sont les frontières entre déviance et délinquance ?

Doc 1 : Le port du pantalon par les femmes

« Toute femme désirant s'habiller en homme doit se présenter à la Préfecture de police pour en obtenir l'autorisation et celle-ci ne peut être donnée qu'au vu d'un certificat d'un officier de santé. » Ordonnance du 16 brumaire an IX (7 novembre 1800) de Louis Nicolas Dubois, préfet de police de Paris. Cette ordonnance est incompatible avec les principes d'égalité entre les femmes et les hommes qui sont inscrits dans la Constitution […]. De cette incompatibilité découle l'abrogation implicite de l'ordonnance du 7 novembre qui est donc dépourvue de tout effet juridique […]. Communiqué de presse du ministère du Droit des femmes, 31 janvier 2013.

  1. Pour une femme, porter un pantalon, au xixe siècle, était‑ce une déviance ou de la délinquance ?
  2. Qu'en est-il aujourd'hui ?
  • Comprendre et illustrer la distinction entre déviance et délinquance.

III. Quelles sont les frontières entre déviance et délinquance ?

Doc 2 La législation sur l'usage personnel du cannabis en Europe en 2021

  1. Donnez le sens des termes suivants : « encadré ou toléré », « dépénalisé », « projet de légalisation », « délit ou crime ».
  2. Juridiquement, le cannabis est-il considéré de la même manière dans tous les pays européens ?
  3. Montrez qu'en France aujourd'hui, l'usage de cannabis est à la fois une déviance et de la délinquance.
  • Comprendre et illustrer la distinction entre déviance et délinquance.

III. Quelles sont les frontières entre déviance et délinquance ?

Doc 3 Les incivilités : entre déviance et délinquance

  1. Cherchez des exemples d'incivilités.
  2. Les incivilités sont-elles des formes de déviance ou de délinquance ?
  3. Pensez-vous que la pénalisation croissante des incivilités soit favorable à la baisse de la délinquance ?

À la différence de la civilité qui est un concept ancien, la notion d'incivilité, dans son acception actuelle, est relativement récente. Importée des États-Unis où elle a été développée dans le cadre d'analyses relatives à la croissance de l'insécurité, et à la recrudescence, à partir des années 1970 et 1980, de la délinquance, de la violence et de la criminalité, la notion s'est formée à l'aune d'une inquiétude pour les troubles de l'ordre. Les premières études sont les travaux désormais célèbres de Kelling et Wilson sur la « vitre brisée » en 1982(1).En France, le succès considérable rencontré par la notion est également lié à la préoccupation croissante pour l'insécurité et l'interprétation du sentiment d'insécurité […]. Un élément décisif dans la constitution du problème public de l'incivilité est la désignation de ces conduites par leur caractère infra-légal(2). […]. S. Roché(3) note : « Quelqu'un qui jette un papier par terre commet un délit. Quelqu'un qui laisse la porte du métro retomber en pleine figure de celui qui le suit n'enfreint en revanche aucune loi. » Cette absence de définition juridique est vue comme le cœur du problème : l'extension des sanctions pénales devient la réponse obligée […].

Carole Gayet-Viaud [sociologue], « La civilité est-elle réac ? », Politix, volume 32, n° 125/2019. (1) James Wilson et George Kelling soutiennent que ce n'est pas la délinquance qui dégrade la vie quotidienne (vitres brisées, notamment), mais que c'est la dégradation de la vie quotidienne par des incivilités qui crée un contexte favorable à la délinquance. (2) En dehors du cadre légal. (3) Politologue français spécialisé en criminologie.

  • Comprendre et illustrer la distinction entre déviance et délinquance.

III. Quelles sont les frontières entre déviance et délinquance ?

Doc 4 : La criminalisation des migrants

  1. Dans la vidéo, pour quel délit inscrit dans la loi en Grèce en 2014 ces migrants sont-ils condamnés ?
  2. Pourquoi les peines de prison dépassent-elles parfois la centaine d'années ?
  3. Après le départ du passeur, un des migrants prend les commandes du bateau en perdition. Est‑ce un acte de déviance ? De délinquance ?
  • Comprendre et illustrer la distinction entre déviance et délinquance.

III. Quelles sont les frontières entre déviance et délinquance ?

Autoévaluation :

Complétez le texte à l’aide des termes suivants : sanctions / informel / positivement / mentalités / crimes / loi / formel / juridique / durement / délinquance / spécialisée / interdite / cachés / sanctionnée Quand la déviance consiste à transgresser une norme ………………………………….., il s’agit de …………………………………... Celle-ci est plus ou moins grave selon les ………………………………….. légales : contravention, délit, …………………………………... Mais les actes en question sont toujours l’objet à la fois d’un contrôle social ………………………………….., de conformité aux normes sociales en vigueur dans les groupes sociaux, et d’un contrôle social ………………………………….. de conformité aux normes juridiques par des institutions ………………………………….. (police, justice, notamment). Ainsi, consommer de l’alcool peut ne pas être perçu comme un acte déviant dans certains groupes sociaux mais, au contraire, perçu …………………………………... La consommation d’alcool dans la rue est ………………………………….. dans certaines villes, mais pas systématiquement …………………………………... Le harcèlement sexuel est sanctionné par la ………………………………….. depuis le début des années 1990, mais c’est l’évolution des ………………………………….. dans la société qui conduit aujourd’hui à le réprimer plus ………………………………….., tandis que le secret se lève sur des crimes sexuels longtemps ………………………………….. au sein des familles.

  • Comprendre et illustrer les difficultés de mesure de la délinquance.

IV. Comment peut-on mesurer la délinquance ?

Doc 1 : Y a-t-il plus de violences sexuelles aujourd'hui qu'avant ?

  1. Pourquoi les victimes de violences sexuelles portent-elles si peu plainte ?
  2. Que signifie le hashtag #MeToo ?
  3. Quels effets le mouvement #MeToo a-t-il eu sur le nombre de plaintes déposées ?
  • Comprendre et illustrer les difficultés de mesure de la délinquance.

IV. Comment peut-on mesurer la délinquance ?

Doc 2 : Les statistiques de la délinquance en France

  1. Qui enregistre les crimes et les délits en France ?
  2. Rédigez une phrase présentant la signification précise des deux données en couleur.
  3. calc Par quel calcul a été obtenue la donnée en % ?
  4. Indiquez les trois types de crimes et délits qui ont le plus augmenté et le plus baissé en 5 ans.
  • Comprendre et illustrer les difficultés de mesure de la délinquance.

IV. Comment peut-on mesurer la délinquance ?

Doc 3 : Les difficultés de mesure de la délinquance

  1. Pourquoi est-il difficile de comparer les données de la délinquance au cours du temps ?
  2. À quoi correspond le « chiffre noir » de la délinquance ?
  3. Selon vous, si les moyens de la police et de la justice augmentaient, quel serait l'effet immédiat sur la délinquance enregistrée par ces services ?

Les chiffres de la « délinquance » sont très souvent invoqués dans les médias, notamment pour souligner la « montée inexorable » de la violence (en particulier de la violence urbaine), dans une rhétorique que l'on peut qualifier d'alarmiste. Or mesurer l'activité criminelle et délictuelle suppose d'abord comme préalable indispensable, comme pour toute quantification, de la définir. […] Cette définition pose une difficulté importante pour la mesure même du phénomène : le droit évolue et certaines pratiques, auparavant condamnées, ne le sont plus aujourd'hui (comme c'est le cas des interruptions volontaires de grossesse), alors que d'autres au contraire connaissent le chemin inverse (comme pour la pénalisation des clients de la prostitution). […] Le ministère de l'Intérieur publie à la fin de chaque mois une « analyse conjoncturelle des crimes et délits enregistrés par la police et la gendarmerie » sur le site Interstats. Les nombreux documents publiés par ce biais précisent d'emblée un aspect essentiel : les chiffres présentés ne recensent pas la totalité des infractions commises mais seulement l'intégralité des crimes et délits enregistrés sur le territoire. C'est que toutes les victimes ne se font pas connaître : cela correspond au fameux « chiffre noir » de la délinquance, c'est-à-dire à toutes les infractions qui ne parviennent jamais aux oreilles des autorités. Ce chiffre noir peut être approché en changeant de méthode de recension, c'est-à-dire en interrogeant directement les potentielles victimes.

Anaïs Henneguelle, Arthur Jatteau [sociologues], Sociologie de la quantification, coll. Repères, La Découverte, 2021.

  • Comprendre et illustrer les difficultés de mesure de la délinquance.

IV. Comment peut-on mesurer la délinquance ?

Doc 4 : L'écart entre délinquance mesurée et vécue

  1. Rédigez une phrase présentant la signification précise des deux données entourées.
  2. Comment expliquer l'écart entre le taux de plaintes déposées par les victimes de vol de voiture et celui des violences domestiques ?
  3. Quel est l'intérêt des enquêtes de victimation, réalisées sur population générale, par rapport aux données de la police et de la gendarmerie ?
  • Comprendre et illustrer les difficultés de mesure de la délinquance.

IV. Comment peut-on mesurer la délinquance ?

Autoévaluation :

Complétez le texte à l’aide des termes suivants : rigoureusement / statistiques / diminution / institutions / mesurent / imparfaite / délinquance / victimation / déclaré / harcèlement / déclarés / victimes / vécu / informent / chiffre noir La mesure de la délinquance à partir des ………………………………….. de la police ou de la justice est nécessairement …………………………………... Dans ces statistiques, en France, les vols avec violence sont en nette ………………………………….., les homicides restent stables, alors que les viols et les situations de ………………………………….. augmentent fortement. Ces statistiques nous ………………………………….. autant sur la délinquance elle-même que sur l’activité de ces ………………………………….. (leur efficacité dans la lutte contre la …………………………………..) et sur les relations entre les citoyens et ces institutions (les vols et les viols ne sont pas tous ………………………………….. à la police). Ces difficultés invitent à explorer le « …………………………………..» de la délinquance : ce que les statistiques policières ne ………………………………….. pas. Ainsi, des enquêtes sociologiques de « …………………………………..» demandent aux personnes si elles ont été ………………………………….. de différentes formes de délinquance, et sont exploitées en prenant en compte les écarts possibles entre ce qui est ………………………………….. et ce qui est réellement …………………………………... C’est le croisement de ces enquêtes et des données officielles qui permet d’analyser ………………………………….. les évolutions de la délinquance.