La maladie et le prendre soin
Plan
1. Première partie : Quelques rappels sur la maladie
2. Seconde partie : Le prendre soin
2.1 La maladie comme témoignage de notre vulnérabilité 2.2 Quelle signification donner au terme de soin. 2.3 Comment prendre soin : - Porter assistance, faire à la place de ... - La mise en place du contrat. - Imaginer une troisième voie 2.4 Comment mettre la sollicitude au coeur du soin. - Comprendre ce qu'est véritablement la vulnérabilité de l'homme - Ecouter cette humanité vulnérable - Rendre les individus capacitaires
1. La maladie
1.1 Une impossible définition? Pourquoi Impossible ? Prenons une tentative de défintion réalisée par le philosophe Jerome C. Wakefield « a harmful dysfunction », « un dysfonctionnement préjudiciable », qui lèse l’individu d’une manière ou d’une autre. En fait une telle définition est impossible car les notions de "maladie" comme celle de "santé" de "normal" ou de "pathologie" ne peuvent pas être érigées en notion absolue C'est notamment ce que veut dire Nietzsche dans la citation suivante : "Il n’y pas de santé en soi, et toutes les tentatives pour la définir ainsi ont échoué lamentablement. Ce qui importe ici, c’est ton but, ton horizon, ce sont tes forces, tes impulsions, tes erreurs[...] et plus l’on permettra à l’individu particulier et incomparable de relever la tête, plus l’on désapprendra le dogme de l’ « égalité des hommes ». Mais est ce à dire que la maladie est un simple vécu particulier et que nous ne pouvons rien en dire ?
1. La maladie
Pour répondre à cette question et comprendre un peu mieux ce concept de maladie nous pouvons nous tourner vers la langue anglaise qui va utiliser trois termes différents pour désigner ce qu'est la maladie : Disease, illness, sickness. Disease : C'est la maladie dans son aspect objectif, c'est à dire l'ensemble des anomalies objectives d'un organisme qui va donner lieu à un diagnostic du médecin Illness: C'est la maladie du coté du patient, c'est dire telle qu'elle est vécue subjectivement par le malade. C'est une réalité propre au malade. Sickness : C'est la manifestation extérieure et publique de la maladie, la manière dont la société reconnait la maladie. Que retenir de ces définitions ? Il n'y a pas de définition unique et absolue de la maladie. elle dépend du regard social, de la perception individuelle, des progrès médicaux. Mais finalement quelque soit la signification que nous donnons au terme ne nous renvoie-t-il pas toujours à notre fragilité intrinsèque à notre vulnérabilité ?
Le prendre soin
2.1 La maladie comme témoignage de notre vulnérabilité
Comment définir cette notion de vulnérabilité ?
- Etymologie
- Une notion intrinsèquement liée à l'humain (ce qui est souvent oublié )
- L'idée d'une finitude qui se dépasse d'une fragilité qui détermine une force.
- Une notion au coeur de l'éthique. Et nous pouvons sur ce point rappeler la pensée de Lévinas qui fait cette vulnérabilité de l'autre le coeur même de l'éthique. Pour Levinas c’est l’expérience du visage qui impose à tout homme l'exigence éthique.
"la peau du visage est celle qui reste la plus nue(…) Il y a dans le visage une exposition sans défense. Une pauvreté essentielle qu’on essaie de masquer en se donnant des poses, une contenance "Lévinas
Le prendre soin
2.2 Quel sens donné au terme de soin ?
Pour répondre à cette question considérons plusieurs expressions où nous trouvons ce terme de "soin" : - Prendre soin (de soi, des autres...) - Réaliser des soins techniques, des soins relationnels. - Faire les choses avec soin. -Prendre soin de faire quelque chose.. Quel est le point commun de toutes ces expressions?
2.Le prendre soin 2.2 Quel sens donné au terme de soin ?
- L'individu se tourne vers une extériorité - Il prête une attention particulière à cette extériorité, il est attentif à l'autre, il a le soucis de bien agir, le soucis de l'autre. On retrouve bien cette idée de préoccupation cette inquiétude pour l’autre dans la définition du Robert: -" Premier sens : soin préoccupation qui inquiète et tourmente. - Par extension : Avoir soin, prendre soin : penser à s’occuper de ; songer veiller, s’occuper du bien être du bon état de quelqu’un ou quelque chose."
2.Le prendre soin 2.2 Quel sens donné au terme de soin ?
Finalement de quoi avons-nous le souci quand nous soignons l’autre qu’est ce qui éveille notre souci ? C'est la vulnérabilité de l’autre qui éveille notre attention et notre vigilance. Mais comment va s’exprimer ce souci de l’autre ?Comment prendre en charge la vulnérabilité ? C’est la réponse à cette question qui va déterminer notre définition du soin. Face à cette vulnérabilité il existe une différence entre le français et l'anglais (l’anglais met en avant cette idée de sollicitude bienveillante, le français préfère la notion d’assistance) mais que nous dit cette préférence sur le soin et sur la manière dont est pris en charge la vulnérabilité?
Le prendre soin
2.3 Comment prendre soin ?
Porter assistance
- la notion d’assistance : il faut réparer cette vulnérabilité, tenter de la faire disparaître ou du moins le diminuer.
- Une relation qui s'appuie sur le principe de la bienveillance de la compassion qui met en avant l’impuissance, l’irresponsabilité de l’autre la nécessité absolue de le respecter mais aussi de le protéger. C’est une morale de la fragilité qui veut partager assurer soulager. Elle développera des institutions très encadrantes, fortes, infaillibles, capables de rassurer.
2.Le prendre soin 2.3 Comment prendre soin - Porter assistance
On voit apparaître le risque d'un déséquilibre entre le soignant et le soigné.Ceux qui disposent de l’autorité savent et imposent ce qui doit être fait, ils ont une forme de toute puissance pour déterminer ce qui est bien, juste et ce qui ne l’est pas. Celui qui n’a pas d’autorité se contente d’obéir et on accroit encore sa vulnérabilité. En ce qui concerne notre rapport à l'enfant nous voyons que dans ce type de relation nous risquons d'accentuer encore la vulnérabilité de l'enfant et d'empêcher son accès à l'autonomie.
2. Le prendre soin
2.3 Comment prendre soin La mise en place du contrat
La réaction à ce déséquilibre fut de mettre en avant la notion de responsabilité à travers une morale du contrat. Reposant sur le respect de la personne, le principe d’autonomie affirme la capacité de l’individu a décidé pour lui-même et donc de pouvoir contracter avec un autrui également libre et autonome. Ce que l’on recherche dans cette relation c’est un engagement volontaire entre le soignant et le soigné qui s’apparente à un contrat qui lie deux volontés. Cette attitude emprunte de respect puisqu’elle considère véritablement l’autre comme un alter ego. Nous retrouvons cette évolution au sein des méthodes éducatives "du contrat"
2.Le prendre soin 2.3 Comment prendre soin - La mise en place d'un contrat
Ce respect de l'autonomie peut être ressenti comme une forme de désengagement, d'indifférence c'est ce qu'exprime Alexandre Jolien dans son livre le métier d’homme. Lourdement handicapé l’auteur a passé son enfance et son adolescence dans une institution spécialisée en Suisse et s’il reconnaît la qualité technique des soins et les relations emprunte d’un grand respect avec les soignants, pourtant Alexandre Jolien souligne une forme de non reconnaissance de sa personnalité par les soignants et dénonce une relation trop distante comme il l’explique lui-même « Ainsi qu’on a coutume de rappeler aux professionnels qu’ils doivent afficher une distance dite thérapeutique et prétendue féconde, il est bon de célébrer les milles bienfaits de l’affection ».
2. Le prendre soin
2.3 Comment prendre soin Imaginer une autre voie : La sollicitude.
De nouveau il semble bien que la relation de soin ne soit ,pas totalement satisfaisante car cette fois c’est la vulnérabilité pourtant consubstantielle à l’essence de l’hêtre humain que nous mettons de côté. Mais dans ce cas là comment penser le soin ?Comment le soin peut manifester de façon pertinente cette attention à l'autre? ce soucis de l'autre? Pour répondre à cette question, reprenons les termes de notre problématique.
2.Le prendre soin 2.3 Comment prendre soin - Imaginer une autre voie : La sollicitude
Une relation de soin toujours déséquilibrée - Soit on met en avant la notion de vulnérabilité mais pour ne devenir qu’assistance d’un être qui ne serait conçu que comme une pure vulnérabilité. - Soit on met en avant la responsabilité du patient comme du soignant et on nie toute vulnérabilité. On peut d’ailleurs remarquer que cette exigence morale a encore été renforcée par les contextes socio économique des sociétés contemporaines (société de consommation et productivistes)qui finalement fini par nier le sujet On peut sur ce point rappeler les mots de Cynthia Fleury dans son article « le soin est un humanisme »
2.Le prendre soin 2.3 Comment prendre soin - Imaginer une autre voie : La sollicitude
« Nous vivons une nouvelle crise de la subjectivité, au sens où elle est au carrefour de plusieurs pressions : la pression de la rationalisation économique, qui veut faire du nom un chiffre, du qualitatif un quantitatifs ; la pression technologique et numérique qui tend à réduire le sujet des données ; la pression neuro-amélioratrice, qui dévalue elle aussi la notion du perfectionnement humain en lui substituant l’idée d’augmentation ; la pression politique et démocratique, enfin, qui désubstancialise l’état social en pensant protéger l’Etat de droit, alors que celui-ci devient l’ombre de lui-même et porteur de principes de plus en plus liberticides. Le monde du soin et de la santé est le terrain même de cette expérimentation de la crise du sujet chez les patients comme pour les soignants. La menace est d’autant plus grande que la santé comme l’éducation, est ce haut lieu de la construction et la protection de la personne. »
2.Le prendre soin 2.3 Comment prendre soin - Imaginer une autre voie : La sollicitude
Revenons à nos définitions de départ sur le soin sur ce souci de l'autre - Une attention à l'extériorité - Une vulnérabilité qui éveille ce souci, cette inquiétude IL faut penser cette vulnérabilité comme une essence de l’homme ; tout homme porte en lui cette fragilité même si elle n’est pas manifeste. Et nous devons la reconnaître pleinement. C'est-à-dire ne pas essayer de la nier mais au contraire l’accueillir. C'est à ce niveau que la sollicitude doit prendre toute son importance: nous devons écouter cette vulnérabilité la mettre au cœur de notre action pour en faire une force.
2.4 Mettre la sollicitude au coeur du soin 2.4.1 Comment y parvenir ? Comprendre ce qu'est véritablement la vulnérabilité
Il y a une fragilité de l'enfant, elle est essentielle mais n'oublions pas que l'enfant est aussi cet être double dont parlait De Singly. en effet, l'enfant dispose aussi des forces des ressources que nous ne devons pas surestimées mais que nous ne devons pas non plus sous-estimées. Importance de trouver un équilibre : - La nécessité d'une attention constante. - Se méfier des attitudes automatiques (quand " la conscience se retire") - Se méfier d'une certaine forme d'indifférence (qui peut devenir une maltraitance)
Info
2.4 Mettre la sollicitude au coeur du soin 2.4.1 Comment y parvenir ? Ecouter cette humanité vulnérable.
Cynthia Fleury nous dit que pour lutter contre toute forme de déindividualisation (automatisme, indifférence...) Il faut commencer par écouter les patients, car la désindividualisation passe souvent par une déverbalisation. Sans les mots pour le dire la conscience est comme paralysée stoppée dans son éveil. Comment peut-on le faire avec l'enfant ?
2.4 Mettre la sollicitude au coeur du soin 2.4.1 Comment y parvenir ? Rendre les individus "capacitaires" Nous avons donné la définition de ce concept, comment le rendre effectif avec les enfants ?
2.4 Mettre la sollicitude au coeur du soin 2.4.1 Comment y parvenir ? Deux exemples
Second exemple : Cette attitude de sollicitude et de renforcement de la capabilité du patient peut également répondre au danger qui guette la médecine de techniser son expertise. En effet, dans un univers du soin de plus en plus technisé, le sentiment de déshumanisation peut être fort et la sensation d'abandon renforcée chez le patient. "L'accompagnement humain pour une meilleure appropriation de la technicité des soins et des traitements et donc essentiel pour éviter chez le patient un sentiment de chosification ou tout simplement une perte d'autonomie, ou la perception d'un consentement bafoué , car non suffisamment informé." Cynthia Fleury C Comment penser cette situation dans le contexte de l'enfance ?
Pour Conclure
Pour terminer notre propos nous pouvons encore une dernière fois reprendre les termes de Cynthia Fleury: "Le soin n'appartient pas à une caste de soignants qui distribueraient leurs soins comme d'autres les bonnes paroles à des patients incapables d'être eux-mêmes acteurs dans la démarche du soin. Le soin est une fonction de partage, relevant de l'alliance dialectique, créative, des soignants et des soignés, qui ensemble, font éclore une dynamique singulière, notamment tissée grâce à la spécificité des sujets qu'ils sont." "
. « l’homme est une bête autrement résistante que les chevaux, non par son corps fragile, mais par son obstination à demeurer ce qu’il est, c’est-à-dire précisément, autre chose qu’une victime, autre chose qu’un être pour la mort, et donc autre chose qu’un mortel »
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La maladie et le prendre soin
Plan
1. Première partie : Quelques rappels sur la maladie
2. Seconde partie : Le prendre soin
2.1 La maladie comme témoignage de notre vulnérabilité 2.2 Quelle signification donner au terme de soin. 2.3 Comment prendre soin : - Porter assistance, faire à la place de ... - La mise en place du contrat. - Imaginer une troisième voie 2.4 Comment mettre la sollicitude au coeur du soin. - Comprendre ce qu'est véritablement la vulnérabilité de l'homme - Ecouter cette humanité vulnérable - Rendre les individus capacitaires
1. La maladie
1.1 Une impossible définition? Pourquoi Impossible ? Prenons une tentative de défintion réalisée par le philosophe Jerome C. Wakefield « a harmful dysfunction », « un dysfonctionnement préjudiciable », qui lèse l’individu d’une manière ou d’une autre. En fait une telle définition est impossible car les notions de "maladie" comme celle de "santé" de "normal" ou de "pathologie" ne peuvent pas être érigées en notion absolue C'est notamment ce que veut dire Nietzsche dans la citation suivante : "Il n’y pas de santé en soi, et toutes les tentatives pour la définir ainsi ont échoué lamentablement. Ce qui importe ici, c’est ton but, ton horizon, ce sont tes forces, tes impulsions, tes erreurs[...] et plus l’on permettra à l’individu particulier et incomparable de relever la tête, plus l’on désapprendra le dogme de l’ « égalité des hommes ». Mais est ce à dire que la maladie est un simple vécu particulier et que nous ne pouvons rien en dire ?
1. La maladie
Pour répondre à cette question et comprendre un peu mieux ce concept de maladie nous pouvons nous tourner vers la langue anglaise qui va utiliser trois termes différents pour désigner ce qu'est la maladie : Disease, illness, sickness. Disease : C'est la maladie dans son aspect objectif, c'est à dire l'ensemble des anomalies objectives d'un organisme qui va donner lieu à un diagnostic du médecin Illness: C'est la maladie du coté du patient, c'est dire telle qu'elle est vécue subjectivement par le malade. C'est une réalité propre au malade. Sickness : C'est la manifestation extérieure et publique de la maladie, la manière dont la société reconnait la maladie. Que retenir de ces définitions ? Il n'y a pas de définition unique et absolue de la maladie. elle dépend du regard social, de la perception individuelle, des progrès médicaux. Mais finalement quelque soit la signification que nous donnons au terme ne nous renvoie-t-il pas toujours à notre fragilité intrinsèque à notre vulnérabilité ?
Le prendre soin
2.1 La maladie comme témoignage de notre vulnérabilité
Comment définir cette notion de vulnérabilité ?
"la peau du visage est celle qui reste la plus nue(…) Il y a dans le visage une exposition sans défense. Une pauvreté essentielle qu’on essaie de masquer en se donnant des poses, une contenance "Lévinas
Le prendre soin
2.2 Quel sens donné au terme de soin ?
Pour répondre à cette question considérons plusieurs expressions où nous trouvons ce terme de "soin" : - Prendre soin (de soi, des autres...) - Réaliser des soins techniques, des soins relationnels. - Faire les choses avec soin. -Prendre soin de faire quelque chose.. Quel est le point commun de toutes ces expressions?
2.Le prendre soin 2.2 Quel sens donné au terme de soin ?
- L'individu se tourne vers une extériorité - Il prête une attention particulière à cette extériorité, il est attentif à l'autre, il a le soucis de bien agir, le soucis de l'autre. On retrouve bien cette idée de préoccupation cette inquiétude pour l’autre dans la définition du Robert: -" Premier sens : soin préoccupation qui inquiète et tourmente. - Par extension : Avoir soin, prendre soin : penser à s’occuper de ; songer veiller, s’occuper du bien être du bon état de quelqu’un ou quelque chose."
2.Le prendre soin 2.2 Quel sens donné au terme de soin ?
Finalement de quoi avons-nous le souci quand nous soignons l’autre qu’est ce qui éveille notre souci ? C'est la vulnérabilité de l’autre qui éveille notre attention et notre vigilance. Mais comment va s’exprimer ce souci de l’autre ?Comment prendre en charge la vulnérabilité ? C’est la réponse à cette question qui va déterminer notre définition du soin. Face à cette vulnérabilité il existe une différence entre le français et l'anglais (l’anglais met en avant cette idée de sollicitude bienveillante, le français préfère la notion d’assistance) mais que nous dit cette préférence sur le soin et sur la manière dont est pris en charge la vulnérabilité?
Le prendre soin
2.3 Comment prendre soin ?
Porter assistance
2.Le prendre soin 2.3 Comment prendre soin - Porter assistance
On voit apparaître le risque d'un déséquilibre entre le soignant et le soigné.Ceux qui disposent de l’autorité savent et imposent ce qui doit être fait, ils ont une forme de toute puissance pour déterminer ce qui est bien, juste et ce qui ne l’est pas. Celui qui n’a pas d’autorité se contente d’obéir et on accroit encore sa vulnérabilité. En ce qui concerne notre rapport à l'enfant nous voyons que dans ce type de relation nous risquons d'accentuer encore la vulnérabilité de l'enfant et d'empêcher son accès à l'autonomie.
2. Le prendre soin
2.3 Comment prendre soin La mise en place du contrat
La réaction à ce déséquilibre fut de mettre en avant la notion de responsabilité à travers une morale du contrat. Reposant sur le respect de la personne, le principe d’autonomie affirme la capacité de l’individu a décidé pour lui-même et donc de pouvoir contracter avec un autrui également libre et autonome. Ce que l’on recherche dans cette relation c’est un engagement volontaire entre le soignant et le soigné qui s’apparente à un contrat qui lie deux volontés. Cette attitude emprunte de respect puisqu’elle considère véritablement l’autre comme un alter ego. Nous retrouvons cette évolution au sein des méthodes éducatives "du contrat"
2.Le prendre soin 2.3 Comment prendre soin - La mise en place d'un contrat
Ce respect de l'autonomie peut être ressenti comme une forme de désengagement, d'indifférence c'est ce qu'exprime Alexandre Jolien dans son livre le métier d’homme. Lourdement handicapé l’auteur a passé son enfance et son adolescence dans une institution spécialisée en Suisse et s’il reconnaît la qualité technique des soins et les relations emprunte d’un grand respect avec les soignants, pourtant Alexandre Jolien souligne une forme de non reconnaissance de sa personnalité par les soignants et dénonce une relation trop distante comme il l’explique lui-même « Ainsi qu’on a coutume de rappeler aux professionnels qu’ils doivent afficher une distance dite thérapeutique et prétendue féconde, il est bon de célébrer les milles bienfaits de l’affection ».
2. Le prendre soin
2.3 Comment prendre soin Imaginer une autre voie : La sollicitude.
De nouveau il semble bien que la relation de soin ne soit ,pas totalement satisfaisante car cette fois c’est la vulnérabilité pourtant consubstantielle à l’essence de l’hêtre humain que nous mettons de côté. Mais dans ce cas là comment penser le soin ?Comment le soin peut manifester de façon pertinente cette attention à l'autre? ce soucis de l'autre? Pour répondre à cette question, reprenons les termes de notre problématique.
2.Le prendre soin 2.3 Comment prendre soin - Imaginer une autre voie : La sollicitude
Une relation de soin toujours déséquilibrée - Soit on met en avant la notion de vulnérabilité mais pour ne devenir qu’assistance d’un être qui ne serait conçu que comme une pure vulnérabilité. - Soit on met en avant la responsabilité du patient comme du soignant et on nie toute vulnérabilité. On peut d’ailleurs remarquer que cette exigence morale a encore été renforcée par les contextes socio économique des sociétés contemporaines (société de consommation et productivistes)qui finalement fini par nier le sujet On peut sur ce point rappeler les mots de Cynthia Fleury dans son article « le soin est un humanisme »
2.Le prendre soin 2.3 Comment prendre soin - Imaginer une autre voie : La sollicitude
« Nous vivons une nouvelle crise de la subjectivité, au sens où elle est au carrefour de plusieurs pressions : la pression de la rationalisation économique, qui veut faire du nom un chiffre, du qualitatif un quantitatifs ; la pression technologique et numérique qui tend à réduire le sujet des données ; la pression neuro-amélioratrice, qui dévalue elle aussi la notion du perfectionnement humain en lui substituant l’idée d’augmentation ; la pression politique et démocratique, enfin, qui désubstancialise l’état social en pensant protéger l’Etat de droit, alors que celui-ci devient l’ombre de lui-même et porteur de principes de plus en plus liberticides. Le monde du soin et de la santé est le terrain même de cette expérimentation de la crise du sujet chez les patients comme pour les soignants. La menace est d’autant plus grande que la santé comme l’éducation, est ce haut lieu de la construction et la protection de la personne. »
2.Le prendre soin 2.3 Comment prendre soin - Imaginer une autre voie : La sollicitude
Revenons à nos définitions de départ sur le soin sur ce souci de l'autre - Une attention à l'extériorité - Une vulnérabilité qui éveille ce souci, cette inquiétude IL faut penser cette vulnérabilité comme une essence de l’homme ; tout homme porte en lui cette fragilité même si elle n’est pas manifeste. Et nous devons la reconnaître pleinement. C'est-à-dire ne pas essayer de la nier mais au contraire l’accueillir. C'est à ce niveau que la sollicitude doit prendre toute son importance: nous devons écouter cette vulnérabilité la mettre au cœur de notre action pour en faire une force.
2.4 Mettre la sollicitude au coeur du soin 2.4.1 Comment y parvenir ? Comprendre ce qu'est véritablement la vulnérabilité
Il y a une fragilité de l'enfant, elle est essentielle mais n'oublions pas que l'enfant est aussi cet être double dont parlait De Singly. en effet, l'enfant dispose aussi des forces des ressources que nous ne devons pas surestimées mais que nous ne devons pas non plus sous-estimées. Importance de trouver un équilibre : - La nécessité d'une attention constante. - Se méfier des attitudes automatiques (quand " la conscience se retire") - Se méfier d'une certaine forme d'indifférence (qui peut devenir une maltraitance)
Info
2.4 Mettre la sollicitude au coeur du soin 2.4.1 Comment y parvenir ? Ecouter cette humanité vulnérable.
Cynthia Fleury nous dit que pour lutter contre toute forme de déindividualisation (automatisme, indifférence...) Il faut commencer par écouter les patients, car la désindividualisation passe souvent par une déverbalisation. Sans les mots pour le dire la conscience est comme paralysée stoppée dans son éveil. Comment peut-on le faire avec l'enfant ?
2.4 Mettre la sollicitude au coeur du soin 2.4.1 Comment y parvenir ? Rendre les individus "capacitaires" Nous avons donné la définition de ce concept, comment le rendre effectif avec les enfants ?
2.4 Mettre la sollicitude au coeur du soin 2.4.1 Comment y parvenir ? Deux exemples
Second exemple : Cette attitude de sollicitude et de renforcement de la capabilité du patient peut également répondre au danger qui guette la médecine de techniser son expertise. En effet, dans un univers du soin de plus en plus technisé, le sentiment de déshumanisation peut être fort et la sensation d'abandon renforcée chez le patient. "L'accompagnement humain pour une meilleure appropriation de la technicité des soins et des traitements et donc essentiel pour éviter chez le patient un sentiment de chosification ou tout simplement une perte d'autonomie, ou la perception d'un consentement bafoué , car non suffisamment informé." Cynthia Fleury C Comment penser cette situation dans le contexte de l'enfance ?
Pour Conclure
Pour terminer notre propos nous pouvons encore une dernière fois reprendre les termes de Cynthia Fleury: "Le soin n'appartient pas à une caste de soignants qui distribueraient leurs soins comme d'autres les bonnes paroles à des patients incapables d'être eux-mêmes acteurs dans la démarche du soin. Le soin est une fonction de partage, relevant de l'alliance dialectique, créative, des soignants et des soignés, qui ensemble, font éclore une dynamique singulière, notamment tissée grâce à la spécificité des sujets qu'ils sont." "
. « l’homme est une bête autrement résistante que les chevaux, non par son corps fragile, mais par son obstination à demeurer ce qu’il est, c’est-à-dire précisément, autre chose qu’une victime, autre chose qu’un être pour la mort, et donc autre chose qu’un mortel »