giotto
Être artiste, représenter le réel
pier paolo pasolini, le décameron
Pier Paolo Pasolini, Le Décameron, 1970. Photogramme.
giotto à assise
Giotto, Saint François renonce à tout bien terrestre, c. 1295. Tempera sur fresque, Basilique supérieure de saint François d'Assise, Assise.
Église Supérieure de la Basilique saint François d'Assise, Assise, Ombrie.
PASOLINI ET GIOTTO
Giotto, Le miracle de l’enfant tombé d’un balcon, c. 1310. Tempera sur fresque, Basilique inférieure de saint François d'Assise, Assise.
Giotto, L’enfant de Suessa sauvé des ruines d’une maison, c. 1310. Fresque, Basilique inférieure de saint François d'Assise, Assise.
GIOTTO, LE "PREMIER ARTISTE"
- Le mot artiste « artista » est inventé en italien par Dante dans sa Divine Comédie, au chant XIII du « Paradis », en référence à son ami Giotto : cela pour le distinguer des artisans.
- Un artiste est différent d'un artisan, pour Dante, car il désigne une personne dotée d'un esprit, d'une intelligence de la création, d'un talent pour éxecuter son art, et qui récolte pour cela de la gloire.
- Giotto instaure un changement de paradigme dans le statut de l'artiste : on connaissait son nom partout, il était un age de fierté pour la ville de Florence, et son peuple racontait des anecdotes sur sa vie, sur son talent, sa dexterité avec un pinceau, son intelligence, etc.
- Cela distingue son statut des peintres qui le précèdent, qui sont considérés comme des artisans (comme un tailleur, ou un ébéniste) : on pouvait célébrer leur expertise, mais on ne considérait pas nécessaire de préserver leurs noms pour la postérité, et eux-mêmes ne signaient par leurs oeuvres.
- À partir de Giotto, l'histoire de l'art devient l'histoire des grands artistes : une série de noms propres dont chacun à un sens particulier, un style propre, et vient servir à la fois comme une étape dans une progression.
- Dans le film de Pasolini, on retrouve des éléments de l'idée moderne de l'artiste :
- Inspiration
- Imagination et attention au quotidien
- Caractère intempestif, "original" voire asociable
- En réalité, le film de Pasolini fait un raccourci historique :
- Si effectivement s'impose avec Giotto une conception nouvelle de l’art lui même, de sa fonction, de ses possibilités, ainsi que du prestige et des capacités des artistes, cette transformation est lente.
- L'artiste, au 14e (Trecento) et 15e (Quattrocento) siècle travaille encore sur contrat, il ne peut pas décider de son sujet. Mais il commence à pouvoir décider de comment il représente un sujet.
- Pasolini calque sur Giotto l'image que l'histoire de l'art s'en fera en tant qu'instigateur d'un renouveau qui prendra des siècles à s'installer.
Pier Paolo Pasolini, Le Décameron, 1970. Photogramme.
- Pasolini joue lui-même le rôle non plus de l'élève de Giotto, mais de Giotto lui-même.
- Il s'identifie à Giotto, c'est un autoportrait de Pasolini en Giotto. L'art de Giotto est donc une métaphore du cinéma de Pasolini, il associe leurs deux actes créatifs. Pourquoi ?
la gloire de l'artiste : le "précédent" de duccio
Duccio di Buoninsegna, Polyptique de la Maestà (recto), 1308-1311. Tempera et or sur panneau, dim. var. Museo dell'Opera del Duomo, Sienne.
Duccio di Buoninsegna, Polyptique de la Maestà (verso), 1308-1311. Tempera et or sur panneau, dim. var. Museo dell'Opera del Duomo, Sienne.
Le mythe de la "révolution giotto"
Anonyme (attribué à Paolo Uccello), Cinq maîtres de la Renaissance florentine : Giotto, Paolo Uccello, Donatello, Manetti, Brunelleschi, c. 1500-1550. Tempera sur panneau, 21,3 x 65,5 cm, Musée du Louvre.
- Duccio porte à son comble la logique médiévale de la peinture : l'espace pictural comme lieu de mémoire.
- Au Moyen-Âge, la peinture fonctionne comme un "pense-bête" : elle raconte les histoires religieuses en organisant visuellement leurs éléments pour qu'on puisse s'en rappeller.
- Ce qui importe est donc mis en avant (taille, ornement, positionnement), et ce qui est anecdotique est relégué au second plan).
- Giotto va rompre avec cette logique : son innovation majeure est de représenter les histoires religieuses de manière "vraisemblable" :
- L'espace est comme le notre, il répond au même lois physiques (ce n'est plus un espace symbolique)
- Les personnages sont représentés comme des êtres humains. Ils sont comme nous, avec des émotions et des mouvements similaires aux notres.
- Cette proximité du monde biblique au monde réel permet d'affirmer le sentiment religieux : influence de la pensée Franciscaine.
- Le "mythe" de Giotto :
- Giorgio Vasari (premier "historien de l'art", 16e s.) : « Giotto enfant aurait commencé par garder les chèvres de son père Bondone, et le peintre Cimabue, le surprenant à dessiner sur une pierre avec un charbon près d'un cours d'eau, émerveillé de son génie précoce, aurait emmené le jeune berger, âgé d'une douzaine d'années, dans son atelier »
- Une autre légende raconte que le pape Benoît XI via un de ses émissaires, pressa Giotto de lui donner la plus pure preuve de son talent. Ce dernier aurait alors tracé sur une feuille destinée au souverain pontife un cercle parfait à main levée.
- Vasari encore, pour illustrer la maîtrise parfaite du réalisme par Giotto, dit que l’on rapporte que Giotto, « dans sa jeunesse, peignit un jour d’une manière si frappante une mouche sur le nez d’une figure commencée par Cimabue que ce maître, en se remettant au travail, essaya plusieurs fois de la chasser avec la main avant de s’apercevoir de sa méprise ».
CONTEXTE : L'ÉMERGENCE DE L'HUMANISME
Giotto et son maître : cimabue
- Giotto fait son apprentissage avec Cenni di Pepo, dit Cimabue (1240-1302), mais l'élève dépasse le maître :
- Dante, Divine Comédie, "Purgatoire" : « Cimabue semblait sans rival en peinture, / et c’est du seul Giotto que l’on parle aujourd’hui, / reléguant dans l’ombre le renom du premier ».
- Les capacités de mimétisme de Giotto configurent dans l'histoire de la peinture un "avant Giotto" et un "après Giotto" :
- L'espace gagne en profondeur
- Les gestes s'humanisent
- Les figures s'individualisent
- Giulio Carlo Argan : pour Giotto, « la valeur de l’art ne réside plus dans la perfection technique de l’exécution, mais dans la force et la nouveauté des idées qui président à cette exécution ».
- André Malraux : « Giotto découvre un pouvoir de la peinture inconnu de l’art chrétien : le pouvoir de situer sans sacrilège une scène sacrée dans un monde qui ressemble à celui des hommes […] pour la première fois, les scènes sacrées se réfèrent à la terre des Créatures – c’est nous les créatures hein, les humains quoi, qui sont les créatures de dieu – autant qu’au monde de Dieu ».
Cenni di Pepo, dit Cimabue, La Vierge et l'Enfant en majesté entourés de six anges (Maestà), c. 1280. Tempera et or sur bois de peuplier, 427 x 280 cm, Musée du Louvre.
Giotto di Bondone, dit Giotto, Ognissanti Madonna, c. 1300-1305. Tempera et or sur panneau, 325 x 204 cm, Galerie des Offices, Florence.
la chapelle scrovegni
LA PEINTURE SUR FRESQUE
Giotto di Bondone, dit Giotto, Chapelle des Scrovegni, 1306, Padoue.
la chapelle scrovegni
- Marcel Proust et le bleu giottesque : « Après avoir traversé en plein soleil le jardin de l’Arena, j’entrai dans la chapelle de Giotto où la voûte entière et le fond des fresques sont si bleus qu’il semble que la radieuse journée ait passé le seuil elle aussi avec le visiteur » --> Le bleu comme élément divin, référence au ciel, fait entrer l'extérieur, l'au-delà, à l'intérieur de l'espace dévot.
- L'allégorie de la foi joue de l'illusion : la peinture (drapé, ombres, modélé du visage et du corps) imite la sculpture, notamment la sculpture gothique.
- Ce que Giotto redécouvre, on l’a déjà dit, c’est l’art de créer l’illusion d’une profondeur sur une surface plane, c’est à dire sur une surface plate.
- L'illusion de profondeur, d'un espace illusioniste ne vaut pas pour elle-même : elle sert
- (1) de don, d'offrande à Dieu
- (2) à donner aux fidèles (x spectateurs) l'impression que l'histoire sainte se déroule devant leurs yeux.
- La Fuite en Égypte dépeint la fuite de la sainte famille (= Marie, Joseph et leur fils Jésus) car ils sont menacé par la persécution : Giotto cherche à capturer les émotions des personnages, à imaginer leurs mouvements comme s'ils se déroulaient aujourd'hui.
Giotto di Bondone, dit Giotto, Allegorie de la foi. Tempera sur fresque, Chapelle des Scrovegni, 1306, Padoue.
Giotto di Bondone, dit Giotto, La Fuite en Égypte. Tempera sur fresque, Chapelle des Scrovegni, 1306, Padoue.
giotto à scrovegni : la déposition de croix
LA PEINTURE SUR FRESQUE
jean
marie
JÉSUS
Anon. La Mise au tombeau, c. 1250-1300. Enluminure, psautier de Bonmont, Bibliothèque municipale de Besançon
marie-MADELEINE
Giotto di Bondone, dit Giotto, La déposition de Croix. Tempera sur fresque, Chapelle des Scrovegni, 1306, Padoue.
1200
1300
1400
1500
1600
1700
moyen-Âge
renaissance
maniérisme
baroque
maniérisme
haute ren.
gothique international
style renaissance
primitifs italiens
"pré-renaissance"
art gothique
art roman
art byzantin
baroque
GIOTTO
- Giotto meurt en 1337 ; on considère généralement que la Renaissance commence dans les premières décennies du 15e sièce (env. 1420). Pourquoi le considère-t-on donc comme l'instigateur d'un mouvement qui commencera près d'un siècle après sa mort ?
- La leçon de Giotto, si elle va être entendue, va prendre du temps à être intégrée, à être développée : le progrès n'est pas linéaire.
POURQUOI GIOTTO ?
APRÈS GIOTTO : PEINDRE À FLORENCE DANS LA 2NDE MOITIÉ DU 14E SIÈCLE
Première génération
- On peut distinguer pour cette période deux chronologies croisées, une Florentine qui élabore sur la leçon de Giotto, et une Siennoise qui poursuit le travail de Duccio.
- De manière générale, à cette période, les peintres travaillent en atelier :
- Le maître reçoit les commandes, décident de la composition et du traitement général, et peint fréquemment les parties importantes (mains, visages, etc.)
- Les apprentis apprennent du maître, et éventuellement collaborent, en fonction de leur expérience et de leurs compétences, à la réalisation des commandes.
- Éventuellement, les apprentis peuvent ensuite fonder leur propre atelier et devenir maîtres.
- Giotto, au cours de sa carrière, forme de nombreux peintres et a un atelier très vivant : ses disciples vont à sa mort perpétuer le style du maître, se contentant souvent de réutiliser ses formules sans y apporter d'innovations majeures.
- Une première génération, exemplifiée par Maso di Banco et Taddeo Gaddi, poursuive son travail en l'infléchissant personnellement (symbolisme, travail de la couleur)
- Mais la peste de 1348 va décimer le milieu artistique florentin (et toute l'Europe) : de nombreux artistes meurent, les commandes se font rares, etc.
- À la suite de cela, si certains peintres, comme Giottino, continuent à travailler dans la lignée de Giotto, nombre d'entre eux - comme Orcagna - retournent à un style plus traditionnnel et "conservateur", emprunt d'influences byzantines.
- --> Période de stagnation pour Florence, exacerbée par la guerre contre Pise en 1362, et des révoltes en 1378.
seconde génération
APRÈS GIOTTO : PEINDRE À Sienne DANS LA 2NDE MOITIÉ DU 14E SIÈCLE
- À Sienne, c'est l'influence de Duccio qui domine : si ce dernier vise également à ancrer ces scènes dans une architecture plus raisonnée, et individualise de plus en plus les personnages, les objectifs de sa peinture demeurent d'opérer une synthèse entre les innovations giottesques et le style byzantin.
- Duccio suggère ainsi la possibilité d'une alliance entre une forme de naturalisme dans les rendus des figures et de l’espace et une conception de l’image qui ne vise pas à tendre un miroir au monde mais à l’élever vers plus de grace, plus de noblesse, plus de richesse visuelle.
Duccio di Buoninsegna, dit Duccio, La Maestà : (1), Jésus devant Ponce Pilate ; (2) La Tentation au sommet du temple ; (3) La Tentation sur la montage, 1308-1311. Tempera et or sur panneau, dim. var. Museo dell'Opera del Duomo, Sienne.
simone martini et le polytpique orsini
- L'élève et suiveur le plus notable de Duccio est Simone Martini, qui va poursuivre cette recherche de synthèse.
- Le Polyptique Orsini est exemplaire de son style tardif, et sera instrumental dans l'émergence du Gothique International : voir cours III.
L'ÉMERGENCE DE L'HUMANISME
- L'humanisme est une philosophie qui place l'être humain, l'individu humain, au centre de sa vision du monde.
- Toutes les évolutions scientifiques, politiques et artistiques de la Renaissance occidentales sont indissociable de l'émergence de l'humanise.
- Selon la pensée humanisme, l'être humain est au centre de la société et de la création de Dieu.
- Conséquemment, à partir du 14e siècle, les sociétés européennes vont mettre l'accent sur la culture de soi et l'accomplissement personnel : éducation, développement de ses compétences, désir de gloire et d'excellence, etc.
Vicenzo Foppa, Le Jeune Cicéron à la lecture, c. 1464. Tempera sur fresque, 101,6 x 143,7 cm, Wallace Collection, Londres.
- L'émergence de l'humanisme est un des aspects centraux de la Renaissance : moment historique compris comme une Re-naissance après un temps "mort" (le Moyen-Âge) des idéaux du temps idéalisé de l'Antiquité gréco-romaine.
- Cela est permi par la dislocation de l'Empire Byzantin et les Croisades, qui font venir en Europe de l'Ouest les textes de l'Antiquité. Cette redécouverte par les intellectuels italiens de la culture de l'Antiquité va initier un renouveau culturel sans précédent.
- Parmi les figures centrales de l'humanisme (Dante, Bocacce), on compte Pétrarque :
- Très influencé par l'orateur et historien romain Cicéron, dont les textes célèbre les empereurs romains, leurs victoires militaires, etc.
- Cette célébration des accomplissements humains, et non seulement des actes divins, va inspirer Pétrarque, qui va écrire des biographies des grands personnages de son temps --> Retour à l'individualité humaine, aux succès humains.
- Moralié humaniste : l'humanisme va conjuguer l'idée chrétienne du bien et du mal à celle de l'Antiquité : on redécouvre la notion de citoyen, de responsabilité civique, de la participation au gouvernement.
DUCCIO : CÉLÉBRITÉ ET INFLUENCE
- Duccio di Buoninsegna (c. 1260- c. 1318) est largement considéré comme le "père" de la peinture Siennoise.
- Le polyptyque de la Maestà (litt. "Vierge en majesté"), exceptionnel par sa beauté, sa portée symbolique et poétique, comme par ses dimensions (à peine moins de cinq mètres de haut sur autant de large) peut être tenu pour le plus important des retables siennois.
- Le retable a une importance religieuse, mais aussi politique : en 1260, la Vierge avait été élue protectrice de la ville de Sienne. Ainsi, la signification religieuse se double d'une signification politique en rapport avec une réalité locale précise. Parmi les saints, qui flanquent Marie sont d'ailleurs expressément inclus les quatre patrons de la ville.
- Une chronique de l’époque raconte ce qui se passa à Sienne le 9 juin 1331 déclaré pour l’occasion jour de fête dans toute la ville: « [...] et le jour du transfert à la cathédrale, les boutiques restèrent fermées et l’évêque ordonna une solennelle procession [...] l’un après l’autre, tous les hommes le plus dignes venaient à la suite du tableau avec des cierges allumés à la main; les femmes et les enfants suivaient avec une grande dévotion; et l’on accompagna la Maestà jusqu’à la cathédrale, en faisant la procession autour du Campo selon l’usage, tandis que les cloches sonnaient « à gloria » en hommage à une image aussi noble que celle-ci ».
Simone Memmi de Sienne, dit Simone Martini, Maestà, 1315. Tempera sur fresque, 763 x 970 cm, Palazzo Pubblico, Sienne.
- Le polyptique a une influence considérable sur la peinture Siennoise, et le schéma sera repris dans la Maestà (1315) de Simone Martini (1284-1344).
- Celle de Martini est plus explicitement politique, puique installée dans la salle principale du Palazzo Pubblico (= mairie) de Sienne, et plus "naturaliste" : le fond bleu évoque le ciel, le paravent crée un espace en profondeur.
MASO DI BANCO (?-1348)
- Le cycle de Saint Sylvestre, à la Basilique de Santa Croce de Florence, où il participa aussi à des oeuvres de Giotto, est son oeuvre la plus connue.
- Le Miracle de saint Sylvestre présente deux scènes de manière simultanée : à gauche, saint Sylvestre (doté d'un manteau rouge et d'un chapeau conique blanc) dompte un dragon ; à droite, il ressuscite les victimes de ce même dragon. --> narration
- Comme chez Giotto, l'arrière plan est rendu cohérent par l'architecture, qui fournit un espace géométrisé, et distingue les plans (avant / arrière).
- Maso sépare aussi les "moments" du récit avec l'architecture, leurs couleurs isolant l'avant de l'après, le miracle de son résultat. --> C'est aussi le rôle de la colonne.
- Saint Sylvestre apparaît deux fois : pas encore d'unité de temps..
Maso di Banco ou Maso di Banco Giottino, Le Miracle de saint Sylvestre, c. 1340. Tempera sur fresque, Basilique de Santa Croce, Florence.
LES SEPTS VICES ; LES SEPT VERTUS
Giotto di Bondone, dit Giotto, Vices et Vertus : (1) L'envie (2) La Bêtise (3) L'espoir, (4) La Charité. Tempera sur fresque, dim. var., Chapelle Scrovegni, 1306 Padoue.
LA PEINTURE SUR FRESQUE
Ci-contre : Pasolini, Le Décameron, 1970, photogramme. Ci-dessous : Anon., fresque de la Villa des Mystères, c. 60 av. n. e., Pompei.
- Une fresque est peinte à même le mur, plutôt que sur un support mobile (panneau de bois, éventuellement toile tendue sur un chassis).
- Le mur est d'abord recouvert d'une couche de plâtre, l'Arricchio, qui permet aux pigments d'adhérer au mur.
- On applique ensuite, et rapidement, le dessin (les lignes, les contours, généralement préparés à l'avance) sur le plâtre avant qu'il ne sèche. Cela permet de savoir où appliquer les différentes plages de couleur.
- Une deuxième couche de plâtre, mélangée avec des pigments (végétaux, minéraux ou animaux), l'Intonaco, est ensuite appliquée pour créer la fresque finale.
- Le processus de Renaissance dote cette technique de prestige, car elle était utilisée par les grecs et les romains : résurgence des valeurs et pratiques de l'antiquité.
L'ÉMOTION DES FIGURES DE JEAN ET MARIE
Giotto di Bondone, dit Giotto, La déposition de Croix (détails). Tempera sur fresque, dim. var., Chapelle Scrovegni, 1306 Padoue.
SCÈNES DE LA VIE DU CHRIST
Giotto di Bondone, dit Giotto, Scènes de la vie du Christ : (1) L'Adoration des Mages (2) Le Baptême du Christ (3) La Résurrection de Lazare, (4) L'Expulsion des marchands du Temple. Tempera sur fresque, dim. var., Chapelle Scrovegni, 1306 Padoue.
"L'élève de Giotto"
LA PEINTURE SUR FRESQUE
Ci-contre : Pasolini, Le Décameron, 1970, photogramme. Ci-dessous : Anon., fresque de la Villa des Mystères, c. 60 av. n. e., Pompei.
- Une fresque est peinte à même le mur, plutôt que sur un support mobile (panneau de bois, éventuellement toile tendue sur un chassis).
- Le mur est d'abord recouvert d'une couche de plâtre, l'Arricchio, qui permet aux pigments d'adhérer au mur.
- On applique ensuite, et rapidement, le dessin (les lignes, les contours, généralement préparés à l'avance) sur le plâtre avant qu'il ne sèche. Cela permet de savoir où appliquer les différentes plages de couleur.
- Une deuxième couche de plâtre, mélangée avec des pigments (végétaux, minéraux ou animaux), l'Intonaco, est ensuite appliquée pour créer la fresque finale.
- Le processus de Renaissance dote cette technique de prestige, car elle était utilisée par les grecs et les romains : résurgence des valeurs et pratiques de l'antiquité.
SCÈNES DE LA PASSION DU CHRIST
Giotto di Bondone, dit Giotto, Scènes de la Passion du Christ : (1) Le Baiser de Judas(2) La Dernière Cène (3) La Dérision du Christ, (4) La Crucifixion. Tempera sur fresque, dim. var., Chapelle Scrovegni, 1306 Padoue.
TADDEO GADDI (c. 1300-1366)
- Peintre et moisaïciste florentin, Gaddi se forme auprès de Giotto. Il est lui aussi actif sur le chantier de décoration de la Basilique Santa Croce, où il peint un cycle de fresques de la Vie de la Vierge et de Jésus (1328-1330 ; chapelle Baroncelli).
- À la mort de Giotto, Taddeo Gaddi devient le premier peintre de Florence.
- Cette Rencontre de Joachim et Anne à la porte dorée montre l'interprétation personnelle que Gaddi fait du style de Giotto :
- figures allongées, au visages stylisés
- traitement massif et de trois-quarts de l'espace architectural : impression d'un espace irréel, féérique
- Travail des couleurs et des contrastes, sur le manteau d'une des suivantes notamment.
Taddeo Gaddi, La Rencontre de Joachim et Anne à la porte dorée, 1330. Tempera sur fresque, chapelle Baroncelli, Basilique Santa Croce de Florence.
GIOTTINO (?) ET ORCAGNA (1308-1368)
Andrea Orcagna, Le Triomphe de la mort, c. 1348. Tempera sur fresque, Museo dell'Opera di Santa Croce, Basilique Santa Croce, Florence.
Andrea Orcagna et Jacopo di Cione, Polyptique de saint Mathieu, c. 1367. Tempera et or sur bois, 291 x 265 cm, Galerie des Offices, Florence.
Giotto di Stefano, dit Giottino, Pietà dite de San Remigio, c. 1365. Tempera sur bois, 195 × 134 cm, Galerie des Offices, Florence.
Giotto di Bondone, dit Giotto, Le Jugement Dernier, 1306. Tempera sur fresque, 1 000 × 840 cm, chapelle des Scrovegni, Padoue.
DUCCIO ET LES DÉTAILS "NATURALISTES"
En haut : "Le lavement des pieds" ; en bas : "La dernière Cène", deux panneaux du verso de Duccio, Polyptique de la Maestà, 1308-1311, Tempera et or sur panneau, Museo dell'Opera del Duomo, Sienne.
Pier Paolo Pasolini, Le Décameron, 1970. Photogramme.
SCÈNES DE LA VIE DE MARIE
Giotto di Bondone, dit Giotto, Scènes de la vie de Marie : (1) La Naissance de la Vierge Marie, (2) La Présentation au Tempe, (3) Le Mariage de la Vierge Marie, (4) La Visitation. Tempera sur fresque, dim. var., Chapelle Scrovegni, 1306 Padoue.
Giotto, peintre de saint François
- Saint François d'Assise : moine (c. 1181-1226) : moine fondateur de l'ordre Franciscain. Issu d'une famille fortunée, il se dédie à une vie ascétique (=privation) et érémitique (= ermite, en retrait de la société).
- Les Franciscains sont avec les Bénédictins les deux ordres mendiants : ils prônent une vision de la religion chrétienne axée sur la simplicité, la méditation, et la dimension humaine de ses idées et de ses histoires.
- Ces ordres vont avoir une influence considérable sur les arts figuratifs à la fin du Moyen-Âge et à la Renaissance.
- On peut dire de Giotto qu'il est un "peintre de saint-François" car il va s’intéresser au fait concret de l’expérience humaine et la simplicité des histoires chrétiennes qu’il veut représenter, plutôt que sur leur côté glorieux et transcendant.
- Les fresques de la Basilique d'Assise inaugurent l'iconographie liée au saint : ce sont parmi les premières représentations peintes de sa vie, elles créent donc des codes de représentation qui seront repris par la suite.
- Saint François renonce à tout bien terrestres (c. 1295) représente le moment où saint François quitte la vie mondaine pour la vie religieuse.
- À gauche sont représentés les figures de la vie mondaine, y compris son père (en jaune) portant le manteau dont François s'est séparé, signifiant son abandon des plaisirs terrestres.
- À droite, les figures de la vie religieuse.
- L'image est séparée en deux verticalement, séparation appuyée par la ligne formée par les têtes des personnages : en haut, le ciel et la sphère divine, en bas, la vie terrestre.
- Seul saint François, les mains tendues en prière vers le ciel, où apparaissent les mains de dieu, fait la jonction entre ces deux sphères.
- Les deux fresques reprises par Pasolini sont, à Assise, séparées par une 3e : La Ressuscitation de l’enfant de Suessa par saint François.
- Pasolini prend donc des libertés par rapport au travail de Giotto : d'abord, il met côte à côte des fresques qui ne le sont pas ; puis, il choisit des fresques peu connues. Pourquoi ?
- Une hypothèse serait que Pasolini choisit les fresques où saint François est absent, pour appuyer la centralité d’humains « normaux », de scènes quotidiennes.
Giotto, La Ressuscitation de l’enfant de Suessa par saint François, c. 1310. Fresque, Basilique inférieure de saint François d'Assise, Assise.
À gauche : (1) Simone Martini, Le Portement de Croix, issu du Polyptique Orsini, 1333. Tempera sur bois, 25 × 16 cm, Musée du Louvre, Paris et détails en (2) et (3). À droite : Simone Martini, La Mise au Tombeau, issue du Polyptique Orsini, 1333. Tempera sur bois, 22 x 15 cm, Gemäldegalerie, Berlin.
Giotto di Bondone, dit Giotto (c. 1266-1337)
- Peintre toscan, il est notamment associé aux fresques réalisées pour les deux Basiliques (la Basilique Supérieure et la Basilique Inférieure) dédiées à saint François d'Assise, à Assise en Ombrie.
- Réalisées durant la dernière décennie du 13e siècle et au début du 14e siècle, les fresques de l'église supérieure illustrent les épsiodes de la vie de saint-François ; celles de l'inférieure plusieurs épisodes de la Bible, ainsi que certains miracles effectués par saint-François.
- Ces fresques inaugurent l'iconographie associée au saint : premières représentations des épisodes de sa vie, elles inventent les codes de sa représentation.
Anonyme (attribué à Paolo Uccello), Cinq maîtres de la Renaissance florentine, (détail : portrait de Giotto), c. 1500-1550. Tempera sur panneau, 21,3 x 65,5 cm, Musée du Louvre.
Pier Paolo Pasolini (1922-1975)
- Pier Paolo Pasolini (1922-1975) : réalisateur, poète, peintre, activiste italien. Son oeuvre est critique de la bourgeoisie et de la société consumériste, et a fait fréquemment l'objet d'accusations d'obscénité (notamment Salò ou les 120 Journées de Sodome, 1976, adaptation du Marquis de Sade).
- Le Décaméron adapte un recueil de 100 nouvelles du XIVe siècle par le poète italien Giovanni Boccaccio, ou Bocacce, qui racontent les histoires qu'un groupe de jeunes Florentins, tenus à l'écart de la ville par la peste, se racontent pour faire passer le temps.
GIOTTO : ÊTRE ARTISTE, REPRÉSENTER LE RÉEL
Ines Juster
Created on December 26, 2025
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giotto
Être artiste, représenter le réel
pier paolo pasolini, le décameron
Pier Paolo Pasolini, Le Décameron, 1970. Photogramme.
giotto à assise
Giotto, Saint François renonce à tout bien terrestre, c. 1295. Tempera sur fresque, Basilique supérieure de saint François d'Assise, Assise.
Église Supérieure de la Basilique saint François d'Assise, Assise, Ombrie.
PASOLINI ET GIOTTO
Giotto, Le miracle de l’enfant tombé d’un balcon, c. 1310. Tempera sur fresque, Basilique inférieure de saint François d'Assise, Assise.
Giotto, L’enfant de Suessa sauvé des ruines d’une maison, c. 1310. Fresque, Basilique inférieure de saint François d'Assise, Assise.
GIOTTO, LE "PREMIER ARTISTE"
Pier Paolo Pasolini, Le Décameron, 1970. Photogramme.
la gloire de l'artiste : le "précédent" de duccio
Duccio di Buoninsegna, Polyptique de la Maestà (recto), 1308-1311. Tempera et or sur panneau, dim. var. Museo dell'Opera del Duomo, Sienne.
Duccio di Buoninsegna, Polyptique de la Maestà (verso), 1308-1311. Tempera et or sur panneau, dim. var. Museo dell'Opera del Duomo, Sienne.
Le mythe de la "révolution giotto"
Anonyme (attribué à Paolo Uccello), Cinq maîtres de la Renaissance florentine : Giotto, Paolo Uccello, Donatello, Manetti, Brunelleschi, c. 1500-1550. Tempera sur panneau, 21,3 x 65,5 cm, Musée du Louvre.
CONTEXTE : L'ÉMERGENCE DE L'HUMANISME
Giotto et son maître : cimabue
Cenni di Pepo, dit Cimabue, La Vierge et l'Enfant en majesté entourés de six anges (Maestà), c. 1280. Tempera et or sur bois de peuplier, 427 x 280 cm, Musée du Louvre.
Giotto di Bondone, dit Giotto, Ognissanti Madonna, c. 1300-1305. Tempera et or sur panneau, 325 x 204 cm, Galerie des Offices, Florence.
la chapelle scrovegni
LA PEINTURE SUR FRESQUE
Giotto di Bondone, dit Giotto, Chapelle des Scrovegni, 1306, Padoue.
la chapelle scrovegni
Giotto di Bondone, dit Giotto, Allegorie de la foi. Tempera sur fresque, Chapelle des Scrovegni, 1306, Padoue.
Giotto di Bondone, dit Giotto, La Fuite en Égypte. Tempera sur fresque, Chapelle des Scrovegni, 1306, Padoue.
giotto à scrovegni : la déposition de croix
LA PEINTURE SUR FRESQUE
jean
marie
JÉSUS
Anon. La Mise au tombeau, c. 1250-1300. Enluminure, psautier de Bonmont, Bibliothèque municipale de Besançon
marie-MADELEINE
Giotto di Bondone, dit Giotto, La déposition de Croix. Tempera sur fresque, Chapelle des Scrovegni, 1306, Padoue.
1200
1300
1400
1500
1600
1700
moyen-Âge
renaissance
maniérisme
baroque
maniérisme
haute ren.
gothique international
style renaissance
primitifs italiens
"pré-renaissance"
art gothique
art roman
art byzantin
baroque
GIOTTO
POURQUOI GIOTTO ?
APRÈS GIOTTO : PEINDRE À FLORENCE DANS LA 2NDE MOITIÉ DU 14E SIÈCLE
Première génération
seconde génération
APRÈS GIOTTO : PEINDRE À Sienne DANS LA 2NDE MOITIÉ DU 14E SIÈCLE
Duccio di Buoninsegna, dit Duccio, La Maestà : (1), Jésus devant Ponce Pilate ; (2) La Tentation au sommet du temple ; (3) La Tentation sur la montage, 1308-1311. Tempera et or sur panneau, dim. var. Museo dell'Opera del Duomo, Sienne.
simone martini et le polytpique orsini
L'ÉMERGENCE DE L'HUMANISME
Vicenzo Foppa, Le Jeune Cicéron à la lecture, c. 1464. Tempera sur fresque, 101,6 x 143,7 cm, Wallace Collection, Londres.
DUCCIO : CÉLÉBRITÉ ET INFLUENCE
Simone Memmi de Sienne, dit Simone Martini, Maestà, 1315. Tempera sur fresque, 763 x 970 cm, Palazzo Pubblico, Sienne.
MASO DI BANCO (?-1348)
Maso di Banco ou Maso di Banco Giottino, Le Miracle de saint Sylvestre, c. 1340. Tempera sur fresque, Basilique de Santa Croce, Florence.
LES SEPTS VICES ; LES SEPT VERTUS
Giotto di Bondone, dit Giotto, Vices et Vertus : (1) L'envie (2) La Bêtise (3) L'espoir, (4) La Charité. Tempera sur fresque, dim. var., Chapelle Scrovegni, 1306 Padoue.
LA PEINTURE SUR FRESQUE
Ci-contre : Pasolini, Le Décameron, 1970, photogramme. Ci-dessous : Anon., fresque de la Villa des Mystères, c. 60 av. n. e., Pompei.
L'ÉMOTION DES FIGURES DE JEAN ET MARIE
Giotto di Bondone, dit Giotto, La déposition de Croix (détails). Tempera sur fresque, dim. var., Chapelle Scrovegni, 1306 Padoue.
SCÈNES DE LA VIE DU CHRIST
Giotto di Bondone, dit Giotto, Scènes de la vie du Christ : (1) L'Adoration des Mages (2) Le Baptême du Christ (3) La Résurrection de Lazare, (4) L'Expulsion des marchands du Temple. Tempera sur fresque, dim. var., Chapelle Scrovegni, 1306 Padoue.
"L'élève de Giotto"
LA PEINTURE SUR FRESQUE
Ci-contre : Pasolini, Le Décameron, 1970, photogramme. Ci-dessous : Anon., fresque de la Villa des Mystères, c. 60 av. n. e., Pompei.
SCÈNES DE LA PASSION DU CHRIST
Giotto di Bondone, dit Giotto, Scènes de la Passion du Christ : (1) Le Baiser de Judas(2) La Dernière Cène (3) La Dérision du Christ, (4) La Crucifixion. Tempera sur fresque, dim. var., Chapelle Scrovegni, 1306 Padoue.
TADDEO GADDI (c. 1300-1366)
Taddeo Gaddi, La Rencontre de Joachim et Anne à la porte dorée, 1330. Tempera sur fresque, chapelle Baroncelli, Basilique Santa Croce de Florence.
GIOTTINO (?) ET ORCAGNA (1308-1368)
Andrea Orcagna, Le Triomphe de la mort, c. 1348. Tempera sur fresque, Museo dell'Opera di Santa Croce, Basilique Santa Croce, Florence.
Andrea Orcagna et Jacopo di Cione, Polyptique de saint Mathieu, c. 1367. Tempera et or sur bois, 291 x 265 cm, Galerie des Offices, Florence.
Giotto di Stefano, dit Giottino, Pietà dite de San Remigio, c. 1365. Tempera sur bois, 195 × 134 cm, Galerie des Offices, Florence.
Giotto di Bondone, dit Giotto, Le Jugement Dernier, 1306. Tempera sur fresque, 1 000 × 840 cm, chapelle des Scrovegni, Padoue.
DUCCIO ET LES DÉTAILS "NATURALISTES"
En haut : "Le lavement des pieds" ; en bas : "La dernière Cène", deux panneaux du verso de Duccio, Polyptique de la Maestà, 1308-1311, Tempera et or sur panneau, Museo dell'Opera del Duomo, Sienne.
Pier Paolo Pasolini, Le Décameron, 1970. Photogramme.
SCÈNES DE LA VIE DE MARIE
Giotto di Bondone, dit Giotto, Scènes de la vie de Marie : (1) La Naissance de la Vierge Marie, (2) La Présentation au Tempe, (3) Le Mariage de la Vierge Marie, (4) La Visitation. Tempera sur fresque, dim. var., Chapelle Scrovegni, 1306 Padoue.
Giotto, peintre de saint François
Giotto, La Ressuscitation de l’enfant de Suessa par saint François, c. 1310. Fresque, Basilique inférieure de saint François d'Assise, Assise.
À gauche : (1) Simone Martini, Le Portement de Croix, issu du Polyptique Orsini, 1333. Tempera sur bois, 25 × 16 cm, Musée du Louvre, Paris et détails en (2) et (3). À droite : Simone Martini, La Mise au Tombeau, issue du Polyptique Orsini, 1333. Tempera sur bois, 22 x 15 cm, Gemäldegalerie, Berlin.
Giotto di Bondone, dit Giotto (c. 1266-1337)
Anonyme (attribué à Paolo Uccello), Cinq maîtres de la Renaissance florentine, (détail : portrait de Giotto), c. 1500-1550. Tempera sur panneau, 21,3 x 65,5 cm, Musée du Louvre.
Pier Paolo Pasolini (1922-1975)