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Les pratiques artistiques

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Created on December 15, 2025

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N° 2

Décembre 2025

Les pratiques artistiques

comme leviers de compréhension des enjeux de société

DANS CE MAGAZINE

Ressources

Interviews

Réflexions

Articles, podcasts, sites web, projets, aftermovie

Alibéta Sarr, Ben Kamuntu, Soukaïna, Isabelle Beirens, Christine Bluard... et bien d'autres.

Les pratiques artistiques comme une fenêtre pour repenser les complexités et changements du monde actuel.

Sommaire

L'édito

Les interviews

Le message de Maxime Prévot

Les ressources documentaires

Les invité·es

Les projets dans le monde

Les ateliers

L'aftermovie

Et si les pratiques artistiques pouvaient transformer notre manière de comprendre le monde ?

C’est la question qui a été posée le 17 octobre 2025, aux 250 personnes boursières actuellement en Belgique dans le cadre d’un séjour de recherche ou de spécialisation. Une journée rythmée par des échanges riches, des partages d’expériences et des réflexions sur la manière dont les pratiques artistiques peuvent devenir des outils puissants de dialogue, d’exploration et de transformation. Une journée également rythmée par plus de dix ateliers autour du slam, de l’arpentage, du conte, du cinéma, de la danse… et bien plus encore. Animés par des artistes, par ailleurs très souvent des enseignantes et des enseignants dans les écoles supérieures des arts, ces ateliers ont rappelé combien l’enseignement et la recherche en pratiques artistiques sont essentiels pour interroger nos sociétés et faire émerger de nouveaux imaginaires, notamment dans un contexte de coopération internationale. L’art transforme-t-il notre manière de penser et de vivre ensemble ? Ce e-magazine vous propose de multiples réponses à cette question. A la lecture des points de vue partagés par les artistes et les chercheur·euses, à l’écoute du podacst ou encore en découvrant les projets mis en œuvre par les écoles supérieures des arts (ESA), elles vous permettront de décentrer votre regard et de comprendre comment l’art peut être un instrument d’éducation et d’identité, un pont entre les cultures, un miroir critique et un moteur de transformation mais aussi un acteur de paix et de développement.

Christine Bluard Directrice de l’Académie royale des Beaux-Arts (ArBA-EsA)

L’art est un langage universel qui relie les peuples, transmet le savoir et nourrit la réflexion. Dans un monde en constante mutation, son rôle demeure essentiel à plusieurs niveaux.

Maxime Prévot

Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération au développement

Bénédicte  Liénard

Ben Kamuntu

Alibeta Sarr

Christine Bluard

Les invité·es

Avec leur expertise d'ensignant·es, d'artistes, de chercheur·euse ou de représentant·es des hautes écoles et écoles supérieures des arts, les 14 intervenant·es ont permis d’acquérir une compréhension fine des dynamiques créatives contemporaines et de leur rôle dans des contextes interculturels. Grâce à leurs connaissances approfondies des arts et des pratiques artistiques, leur apport a été déterminant pour saisir comment les pratiques artistiques peuvent nourrir le dialogue, la collaboration et les projets de coopération internationale.

Eléonore Gueit

Gertrude Flentge

Guy Wouété

Helyett Wardavoir

Isabelle Beirens

Justine Gaga

Marc Vandersmissen

Patrick Mudekereza

Soukaïna

Valérie Gernez

Gloria Mukolo

Alibéta Sarr

Alibéta est artiste-chercheur transdisciplinaire et prospectiviste créatif. Il explore les intersections entre art, science et engagement citoyen. Fondateur du Kenu Lab, Lab’Oratoire de recherche-action-création dédié aux imaginaires décoloniaux et à l’action communautaire, il y développe des méthodologies participatives pour penser et tisser de nouveaux futurs à travers la création. Fort de vingt ans d’expérience dans la musique, les arts visuels, le cinéma et le théâtre, il inscrit sa démarche dans une réflexion sur les rapports entre expression artistique et transformation sociale. Titulaire d’un Master en sociologie de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), il œuvre au Sénégal à la croisée de la recherche académique, de l’action collective et de la création, convaincu que ces trois champs réunis peuvent ouvrir la voie à des futurs alternatifs et durables.

Ben Kamuntu

Les invité·es

Art’iviste congolais, Ben a fait de sa plume et de sa voix des instruments de lutte pour les droits humains. Membre actif du mouvement citoyen La Lucha, engagé pour la justice sociale et la dignité humaine en République démocratique du Congo, il inscrit son action à la croisée de l’art et du militantisme. À travers son initiative « Poésie pour panser et penser le Monde » (3PM), il promeut le slam comme un outil d’éducation culturelle et de dialogue entre les peuples. Son approche fait de la parole poétique un levier de sensibilisation à la paix et aux enjeux climatiques, dans une perspective d’engagement global.

Bénédicte Liénard

Bénédicte s’est imposée comme une cinéaste et metteuse en scène à l’univers hybride, croisant fiction et documentaire dans des narrations innovantes. Son talent a été salué dans de nombreux festivals majeurs, où l’originalité de son regard a retenu l’attention. Artiste résolument pluridisciplinaire, elle a également mené une résidence à l’UC Louvain, poursuivant sans cesse l’exploration de nouveaux territoires créatifs et de formes narratives singulières.

Christine Bluard

Archéologue de formation, Christine a forgé son parcours dans de prestigieuses institutions muséales, dont l’Africa Museum à Tervuren, où elle a piloté le programme des résidences artistiques. Muséologue et commissaire d’expositions, elle s’est engagée dans la réflexion sur la décolonisation des espaces culturels et développe des projets mettant à l’honneur l’art contemporain, avec une attention particulière portée aux créateurs africains ou d’ascendance africaine. Depuis septembre 2024, elle assure la direction de l’Académie royale des Beaux-Arts (ArBA-EsA) à Bruxelles, poursuivant son engagement en faveur d’une scène artistique innovante, inclusive et ouverte sur le monde.

Eléonore Gueit

Eléonore se distingue par son implication en faveur de la transition écologique et sociale. Depuis plusieurs années, elle interroge le pouvoir narratif sur l’évolution des comportements. Animatrice du compte Instagram Some Like It Cool depuis 2022, elle décortique avec humour les stéréotypes et angles morts qui freinent la transition sur nos écrans. En 2024, elle co-fonde l’Observatoire des Imaginaires et publie des études quantitatives éclairant la place des enjeux écologiques dans la fiction cinématographique et télévisuelle française.

Gertrude Flentge

Gertrude incarne une force vive de la scène artistique contemporaine, portée par son engagement pour des pratiques collaboratives et inclusives. Défendant une vision décomplexée du soutien culturel, elle milite pour débureaucratiser les modes de financement et déconstruire les schémas traditionnels d’accompagnement de la création. Son action s’inscrit dans la recherche de modèles économiques fondés sur le commun, la justice et l’interdépendance, invitant à repenser collectivement l’écosystème de l’art.

Guy Woueté

Guy est un artiste plasticien camerounais. Sa pratique artistique englobe la vidéo, la sculpture, la peinture, l'installation, la photographie, la performance et les livres d'artistes. Son œuvre explore des thématiques telles que l'héritage du colonialisme, les frontières, la migration, le racisme, le capitalisme et les symboles de domination à l'ère de la mondialisation. Il a étudié la sculpture et la peinture à Douala et a été résident à la Rijksakademie van Beeldende Kunsten à Amsterdam. Il est diplômé de l’Université Paris 8 et de l’École de Recherche Graphique (Erg) à Bruxelles où il enseigne.

Helyett Wardavoir

Enseignante-chercheure à la Haute École libre de Bruxelles-Ilya Prigogine, Heylyett coordonne la spécialisation en art-thérapie. Détentrice d’un Master en Santé Publique et d’un autre en Arts du spectacle vivant, elle s’investit dans des projets internationaux aux côtés de jeunes en situation de vulnérabilité ou de personnes en situation de handicap. À travers ses initiatives, Helyett place l’art au centre d’une démarche collective, éducative et sociale, convaincue de son rôle moteur dans l’intelligence partagée et l’inclusion.

Isabelle Beirens

Professeure de Formation Corporelle aux Conservatoires royaux de Bruxelles et de Mons, Isabelle possède un parcours singulier marqué par sa formation au cirque. Après avoir débuté comme enseignante à l’École de Cirque de Bruxelles, elle s’est tournée vers le monde du théâtre en mettant ses outils issus du cirque au service du langage corporel des comédiens. Véritable passeuse de gestes et de savoirs, Isabelle Beirens construit des ponts entre les disciplines, adaptant la créativité du cirque aux exigences scéniques. Titulaire d’un Master en traduction, elle enrichit son approche d’une sensibilité tournée vers la diversité et le dialogue des arts.

Justine Gaga

Artiste plasticienne multidisciplinaire, elle s’impose sur la scène internationale par un regard incisif et poétique. À travers la peinture, l’installation, la performance, la vidéo et la photographie, elle explore des thèmes sensibles tels que la solitude urbaine, l’exil et les violences psychologiques. Son travail interroge les frontières, visibles ou invisibles, et porte une critique sociale engagée. Présente dans de nombreux espaces d’exposition en Afrique, en Europe et en Amérique latine, Justine Gaga multiplie les résidences et collaborations, consolidant une démarche où création, réflexion et engagement social s’entrelacent pour nourrir un parcours artistique profondément ancré dans le réel.

Marc Vandersmissen

Enseignant au Conservatoire royal de Bruxelles, il s’attache, avec rigueur et enthousiasme, à transmettre l’excellence académique et la passion de l’apprentissage. Titulaire d’un Master didactique en Langues et Littératures classiques, d’un Master de spécialisation en pédagogie universitaire, ainsi que d’un Doctorat et d’un Post-doctorat en langues et lettres, il met aujourd’hui cette expertise au service de l’institution. Il y enseigne la pédagogie des arts et assure la coordination du département pédagogique, contribuant pleinement à la formation et à l’accompagnement des futurs artistes-enseignants.

Patrick Mudekereza

Doctorant en histoire de l’art dans le cadre du projet ARES « Observatoire des Pratiques Culturelles », mené en cotutelle entre l’Université de Lubumbashi et l’Université Libre de Bruxelles, il occupe une place centrale dans la scène artistique congolaise contemporaine. À la direction du Centre d’art Waza à Lubumbashi, il développe une pratique curatoriale étroitement liée aux réalités sociales, politiques et culturelles locales. Son travail interroge les hiérarchies de savoirs, valorise les expériences situées et encourage l’émancipation des publics. En créant des ponts entre disciplines, artistes et territoires, il contribue à renouveler la compréhension des pratiques culturelles en Afrique centrale.

Soukaina

Formée en Guadeloupe, Soukaina a très tôt orienté sa carrière vers une dimension internationale. Diplômée de l’Académie Internationale de la Danse à Paris, elle a ensuite perfectionné son art à New York, au sein de l’Alvin Ailey Dance Centre et de la Joffrey Ballet School. Fondatrice et Directrice de l’AfriKera Arts Trust ainsi que du festival The Arts Gathering (TAG), elle s’impose aujourd’hui comme une figure majeure de la scène chorégraphique et culturelle africaine. Commissaire d’exposition pour le Festival international des arts de Harare (HIFA), elle allie création et management culturel, forte d’un Master en management des arts et de la culture obtenu à la Rome Business School et d’un certificat en gestion culturelle délivré par l’Université Senghor.

Valérie Gernez

Artiste plasticienne et art-thérapeute, elle conjugue création et transmission au cœur de son parcours. Elle intervient dans la spécialisation en art-thérapie à la Haute Ecole Libre de Bruxelles et partage également son expertise auprès de l’école Robert Dubois, établissement d’enseignement spécialisé de type 5 implanté à l’hôpital Erasme de Bruxelles. Par son engagement pédagogique, elle façonne l’avenir de l’art-thérapie en milieu scolaire et hospitalier, entre expression artistique et accompagnement thérapeutique.

Gloria Mukolo

Gloria Mukolo est journaliste et chargée de projets et de communication au sein de l'ONG belge CEC, où elle travaille en partenariat avec des acteur·ices afro-descendant·es, culturel·les, scientifique·s et associatif·ves. Ensemble, ils et elles développent des projets pédagogiques et culturels visant à co-construire des récits inclusifs, à valoriser les patrimoines et à promouvoir la diversité des voix. Elle anime également des ateliers slam et d’écriture dans différentes structures, notamment des écoles et des associations sans but lucratif. Gloria est aussi une poétesse/slameuse engagée, et réalisatrice de podcasts offrant une voix aux récits souvent marginalisés ou peu représentés dans les médias traditionnels.

La révolution passe par le mouvement

Fresque de l’écologie décoloniale

Un geste de transformation documentaire

Arpentage autour de l’écologie décoloniale

Coopération entre sciences et arts

Slam poésie

James Bond à vélo

Murmures du futur

Les ateliers

Onze ateliers ont permis d'aborder la variété des approches et des pratiques artistiques pour appréhender les possibilités qu'offrent une implication individuelle ou collective pour changer le monde.

Lab’Oratoires des utopies actives

Détourner la valeur

Heal the world

Les interviews

Christine Bluard
Ben Kamuntu
Alibéta Sarr
Soukaina
Patrick Mudekereza
Isabelle Beirens
Helyett Wardavoir
Guy Woueté
Gaelle Ducarme

Le podcast

Les pratiques artistiques au cœur des nouveaux équilibres Nord-Sud !

Dans ce podcast, Brenda Cyrielle Mansop et ses invité·es explorent le rôle des pratiques artistiques dans la compréhension des enjeux de société et l’émergence de nouveaux imaginaires. Les échanges révèlent la puissance transformatrice de la création.

Intelligence collective

Ce qui nous intéresse en liant art et science, c’est la question de la liaison entre toutes les formes de savoirs pour aller ensemble vers un objectif. Nous sommes dans une crise de liens. Il est important de repenser la relation à soi-même, à l’autre et à ce qui nous entoure. Il faut arriver à mettre en mouvement une intelligence collective dans laquelle le scientifique, l’artiste, le tradipraticien et le vaudou peuvent apporter leurs connaissances et construire un projet de société plus juste, plus équitable.

Alibéta Sarr

Produire des imaginaires nouveaux

Les lieux des pratiques et de la recherche en arts sont des espaces potentiels où le processus de traduction a le pouvoir d'opérer à partir d'une compréhension sensible et éprouvée d'une diversité de langages. Comment alors prendre la responsabilité commune et réciproque, à partir de ces lieux que nous habitons, de produire des imaginaires nouveaux qui viennent agir sur la visibilité d'une multiplicité de savoirs et d'être ensemble afin de répondre à l'impératif conjoint d'une justice sociale et cognitive dans le contexte de la coopération académique.

Wendy T. Liebermann

Créer de nouveaux cadres de collaboration

Nous devons créer de nouveaux cadres de collaboration, plus équilibrés. Il y a bcp de projets entre le Nord et le Sud. La principale différence, que ce soit au niveau académique, au niveau des institutions, des artistes ou des galeries, c’est que nous avons toujours ce déséquilibre-là, entre des institutions fortes et des ressources d’un côté, et des besoins de l’autre côté. Il faut trouver un moyen de rééquilibrer les collaborations.

Le slam est un langage universel

Nous sommes en train de briser la fatalité, de construire un nouvel imaginaire et d’entretenir un rêve de paix et de dignité, et cela passe par la poésie. Le slam est un langage universel. Dans un monde où les frontières et les murs sont de plus en plus hauts, le poète est un passeur de mémoire et de rêve. Je considère la poésie comme un outil d’éducation culturelle permettant de créer des cadres de pensées, non scientifiques, mais qui permettent d’entretenir l’utopie.

Patrick Mudekereza

Agir sur les défis que le monde rencontre

La pratique des arts, sous ses formes multiples, est un outil qui permet d’agir sur les défis que le monde rencontre aujourd’hui, qu’ils soient humains, sociaux, économiques ou environnementaux. De nombreuses études le confirment en mettant en exergue les influences diverses que la pratique des arts peut avoir sur la réduction des inégalités et sur le développement d’un pays.

Ben Kamuntu
Gaëlle Ducarme

L’art comme réponse aux enjeux contemporains

Je fais le vœu que les artistes puissent travailler dans de nombreuses couches de la société, dans les soins de santé, dans l’environnement, dans l’éducation, dans le politique, afin d’avoir des propositions ou des réponses aux questions qui nous préoccupent qui soient avec un imaginaire et des ouvertures différentes de ce qu’on nous propose aujourd’hui.

Christine Bluard

Les ressources documentaires

  • Re-penser les politiques culturelles : la créativité au cœur du développement – Le Rapport Mondial 2018 UNESCO
  • Culture and Development, Maider Maraña, UNESCO Working papers, 2010
  • La Culture comme facteur de Développement économique et social, Patricio Jeretic, Novembre 2009
  • Does Culture Matter for Development? Augusto Lopez-Claros Valeria Perotti, World Bank, 2014
  • La coopération entre artistes, scientifiques et industries : genèse de recherche-action, Manuelle Freire, Culture et démocratie, 2024
  • Réflexions sur la culture et le développement - François Matarasso , Direction du développement et de la coopération suisse DDC, 2020
  • Rapprocher les continents par l’art : Entretien avec Thomas Engel, directeur général de International Theatre Institute
  • L’art pour l’art ? L’impact de l’éducation artistique : Ellen Winner, Thalia R. Goldstein et Stéphan Vincent-Lancrin, OCDE, 2014

Quelques projets

ZIMBABWE AFRIQUE DU SUD BELGIQUE
BENIN BELGIQUE
BENIN BELGIQUE
EQUATEUR BELGIQUE

Créer et parler du monde

Territoires tissés

Regards croisés

Regards croisés

Séjour de formation et espace de formation autour d'enjeux contemporains majeurs comme le changement climatique, la transmission culturelle et les dynamiques de circulation des savoirs. Partenaires • Afrikera Arts Trust - Zimbabwe • Conservatoire Royal de Bruxelles - Belgique Lire l'article

Le projet Regards croisés a pour objectif de permettre à des étudiant·es d’écoles de cinéma partenaires de perfectionner leurs connaissances acquises au cours de leur formation en réalisant un film documentaire d’une vingtaine de minutes dans un cadre nouveau, dans un autre pays. 10 documentaires ont été réalisés entre 2017 et 2023 par les étudiant·es de l’INSAS et de l’INCINE. Partenaires • INSAS - Bruxelles • INCINE – Quito

Le projet Regards croisés a pour objectif de permettre à des étudiant·es d’écoles de cinéma partenaires de perfectionner leurs connaissances acquises au cours de leur formation en réalisant un film documentaire d’une vingtaine de minutes dans un cadre nouveau, dans un autre pays. Partenaires • INSAS - Bruxelles • Institut Supérieur des Métiers de l’Audiovisuel de Cotonou (ISMA)

Territoires tissés est un projet transdisciplinaire et collaboratif qui interroge la création et l’artisanat comme levier de rencontre, d’apprentissage et d’émancipation. Partenaires • École nationale supérieure des Arts visuels de La Cambre – Bruxelles • Université d'Abomey-Calavi (UAC) - Cotonou • AVPPTA - Abomey • Ecole du Patrimoine Africain (EPA) - Porto Novo Lire l'article

L'aftermovie

L'aftermovie

Penser autrement, grâce aux pratiques artistiques

Les pratiques artistiques constituent de véritables moteurs d’exploration et d’innovation. Les démarches créatives insufflent des dynamiques nouvelles : elles ouvrent des espaces de dialogue, font émerger des imaginaires capables de nous amener à repenser collectivement nos façons de comprendre, d’agir et de coopérer. De manière claire, il est apparu que, l’art n’est en rien accessoire. Il constitue une clé pour appréhender, questionner et redessiner le monde, en particulier dans le contexte des partenariats et de la coopération académique internationale.

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Helyett Wardavoir

Helyett Wardavoir a mis en avant la pertinence de l’atelier « Murmure du futur : fragment de conte philosophique » en tant que méthode d’exploration artistique. Elle a décrit cette proposition comme une mise en scène immersive, construite autour du récit et de la stimulation sensorielle, offrant la possibilité d’étudier la portée des éléments narratifs retenus ainsi que la cohésion qui se tissait progressivement entre les participant·e·s. Pour elle, la recherche en art repose avant tout sur l’observation attentive du processus de création : il s’agit d’analyser minutieusement les ressorts de l’acte créatif et de mettre en lumière les liens subtils entre la démarche méthodique et l’œuvre aboutie, cette dernière étant pleinement reconnue comme une réalisation artistique. L’enseignante a également insisté sur l’importance de préparer les futur·e·s professionnel·le·s de l’art-thérapie à l’accueil des diversités et au respect des particularités culturelles et linguistiques. À partir d’exemples concrets, elle a rappelé que la mise à disposition d’un atelier devait être pensée afin d’offrir à chacun·e la possibilité de participer, quelles que soient ses limitations ou la singularité de son parcours. Son enseignement a reposé sur une démarche inclusive et interculturelle, où l’expérience des formateurs et la pluralité des origines des étudiant·e·s ont nourri les processus pédagogiques et encouragé l’émergence d’une intelligence collective, à la fois éducative et sociale.

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Christine Bluard

Christine Bluard a apporté d’emblée une réflexion sur la distinction entre l’art et les pratiques artistiques enseignées dans les Établissements d’Enseignement Supérieur de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Elle a présenté l’art comme une manière de vivre et de percevoir le monde, et les pratiques artistiques comme relevant de techniques et de savoir-faire transmis à l’école. Pour elle, ces deux dimensions sont complémentaires et participent à un écosystème large, mêlant enjeux sociaux, politiques et environnementaux. Elle a également souligné que les pratiques artistiques évoluent avec la société : elles deviennent de plus en plus interdisciplinaires et ouvertes à la diversité culturelle, bien au-delà du seul cadre occidental. L’artiste n’est plus cantonné à une discipline ou à l’atelier ; son rôle s’étend aujourd’hui à des domaines variés comme la santé, l’éducation, l’écologie ou la politique. Christine Bluard a formulé ainsi le souhait que les artistes s’investissent dans différents secteurs de la société afin de proposer des réponses innovantes et d’élargir notre imaginaire collectif.

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Soukaina

Soukaïna a rappelé la pertinence du programme de formation de l’AfriKera Arts Trust dans le contexte zimbabwéen, notamment grâce à son approche globale et inclusive. Ce cursus intensif de trois ans a ciblé des jeunes issus des quartiers périphériques, souvent sans diplôme, et leur a offert une formation professionnalisante mêlant danse, chant et théâtre. Pour répondre à leurs besoins concrets, AfriKera a intégré des modules pratiques : anglais, rédaction de CV, comptabilité, marketing, branding, anatomie, qui ont constitué des outils essentiels pour leur sécurité physique, leur autonomie et la gestion de leur carrière. Elle a mis en avant la dimension humaine et sociale du programme, conçu pour former des artistes polyvalents et conscients de leur environnement. À propos de la mobilité internationale, Soukaïna a expliqué que ces échanges avaient permis aux étudiant·e·s de s’ouvrir au monde et de dépasser les limites de leur contexte local. Elle a évoqué le partenariat avec le Conservatoire royal de Bruxelles, initié avant la pandémie et concrétisé grâce au soutien de l’ARES. Selon elle, ces mobilités ont contribué à façonner des esprits ouverts et à renforcer la reconnaissance internationale du talent zimbabwéen.

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Isabelle Beirens

Isabelle Beirens a voulu, à travers son atelier « La première révolution passe par le mouvement », co-animé avec sa collègue du Zimbabwe, offrir un espace libre et sans barrières où chaque participant·e a pu s’installer et participer à sa manière. Ce cadre a aboli toute hiérarchie, faisant du mouvement un langage universel qui a mis tout le monde sur un pied d’égalité et a favorisé la curiosité, le dialogue et l’apprentissage collectif. Pour elle, la danse est l’exemple parfait de la capacité des pratiques artistiques à créer des passerelles entre les cultures. À partir de gestes simples et accessibles issus du quotidien, elle a poussé les participant·e·s à réfléchir à leur relation à eux-mêmes et aux autres, provoquant des prises de conscience profondes. Dans son enseignement, au Conservatoire royal de Bruxelles comme à l’étranger, elle veille à dépasser la performance technique : ses cours sont devenus de véritables laboratoires où le corps est utilisé pour interroger les rapports humains, le vivre-ensemble et la place de l’autre. Les étudiant·e·s y ont appris à transformer leur manière d’être au monde.

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Ben Kamuntu

Ben Kamuntu a présenté la poésie et le slam comme des espaces d’expression à la fois esthétiques, politiques et profondément humains. Selon lui, des émotions comme l’empathie ou la pitié ont porté une dimension politique, car elles ont traduit un rapport au monde façonné par le contexte dans lequel chacun·e a vécu. Issu d’un Congo marqué par la violence et la résignation, il considère la poésie comme un acte de résistance : rêver un autre monde, imaginer la paix et la dignité constituent, pour lui, des gestes de rupture avec la fatalité. Les poètes ont été, a-t-il affirmé, des « faiseurs d’imaginaires », capables de retisser du sens et de créer des ponts là où dominaient les murs. À propos du rôle du slam dans la coopération internationale, il a expliqué qu’il s’agissait d’un langage à la fois personnel et universel. En transportant leur monde intérieur vers l’universel, les poètes deviennent des passeurs de mémoire et de rêve. Il a plaidé pour une poésie vivante, accessible et démocratisée ; une poésie qui quitte les livres pour investir l’espace public, afin de devenir un outil d’altérité, de dialogue et d’émancipation.

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Alibéta Sarr

Alibéta Sarr a commencé par présenter le Kenu Lab, qu’il a fondé à Ouakam, un quartier de Dakar, au Sénégal. Ce laboratoire des imaginaires est dédié à la création collective et à la réappropriation culturelle des espaces artistiques par les communautés locales. Le nom Kenu, signifiant « pilier » en wolof, a incarné sa vision : les arts et la culture ont été les véritables soutiens de la société. À travers ce projet, Alibéta a voulu rompre avec la logique élitiste des institutions culturelles et créer des lieux où les habitant·e·s participent pleinement à la production artistique. Il a défendu une démarche où recherche et création sont indissociables, nourries par les savoirs endogènes, les rituels et l’éducation populaire. Abordant la coopération internationale, Alibéta a souligné la nécessité de dépasser la vision strictement Afrique–Europe. Il a plaidé pour des collaborations ancrées dans l’autonomie des structures africaines, affirmant que le changement durable est né du temps long, des relations humaines et de la co-construction.

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Patrick Mudekereza

Patrick Mudekereza a décrit la musique comme un puissant vecteur d’expression et de réinterprétation du patrimoine. Selon lui, elle reconnecte la culture matérielle souvent délocalisée dans les musées européens à la culture immatérielle encore vivante sur le terrain. En utilisant la musique pour parler des objets patrimoniaux, il promeut une réhabilitation sociale accessible aux communautés locales, dépassant la notion d’« histoire de l’art ». Sur l’impact des projets artistiques, il a souligné la diversité des critères selon les contextes et acteurs, notant que les bailleurs internationaux apportent parfois des valeurs différentes de celles des acteurs locaux. Ces différences, loin d’être négatives, peuvent créer des « frictions » productives, incitant à repenser la coopération et à instaurer des partenariats plus équitables. Mudekereza a aussi mis en lumière le déséquilibre Nord-Sud entre institutions puissantes et besoins locaux, qu’il juge crucial de corriger. Concernant la mobilité artistique, il a rappelé qu’elle favorise une compréhension profonde des contextes, renforçant la coopération équitable, bien qu’elle représente un coût important.

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Guy Woueté

Guy Woueté a placé les pratiques artistiques bien au-delà de leur dimension formelle. Pour lui, elles constituent des relations au monde et aux vivants, capables de dépasser la simple production d’objets pour transformer les imaginaires. Elles peuvent être utilisées comme des outils de décolonisation dès lors qu’elles permettent de reconfigurer des récits imposés et d’ouvrir des espaces de rencontre, d’écoute et de dialogue entre des contextes et des individus différents. Dans son enseignement à l’École de Recherche Graphique, il ne se fatigue pas de rappeler l’importance d’accompagner et d’« encapaciter » les étudiants, en tenant compte de la diversité de leurs parcours, de leurs réalités et de leurs aspirations. À ses yeux, le processus pédagogique a ainsi offert à chaque étudiant la possibilité de devenir acteur ou actrice de sa propre formation, de se forger une vision globale de sa pratique, et de développer une relation critique et créative avec les institutions comme avec le monde qui les entoure. Comme il l’a dit lui-même, c’est dans cet espace de co-construction et de responsabilisation que la décolonisation des imaginaires peut véritablement s’opérer.

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Gaelle Ducarme

Gaelle Ducarme a expliqué que l’ARES a mis en place, depuis le lancement du programme quinquennal 2022-2027, une stratégie spécifique de soutien à la coopération internationale des Hautes Écoles et des Écoles Supérieures des Arts de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Cette démarche vise à renforcer la visibilité des opportunités offertes par l’ARES, à encourager la participation du secteur artistique et à stimuler la mobilité ainsi que les partenariats avec des institutions des pays partenaires. En matière de financement, elle a confirmé que des instruments adaptés ont été intégrés au programme depuis 2022 pour faciliter la participation des écoles artistiques. L’un des défis principaux réside dans la difficulté à identifier des structures équivalentes dans les pays partenaires (Afrique, Amérique latine, Asie du Sud-Est). Pour y répondre, l’ARES favorise des collaborations plus flexibles avec des institutions culturelles ou éducatives parfois différentes des modèles universitaires classiques. Selon elle, cette stratégie s’adresse à des publics nouveaux, comme les professionnel·le·s des pratiques artistiques, en veillant à soutenir des projets porteurs de transmission, de transformation culturelle et d’impact concret sur les citoyen·ne·s, tant en Belgique que dans les pays partenaires.

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