FIGURATION ET CONSTRUCTION DE L'IMAGE
Virginie Burgun, Académie Normandie
Figuration et construction de l’image
PLAN
Vocabulaire
Partie I - la figuration
l'art figuratif, c'est quoi?
Espaces propres à l’image figurative : Le format
L’espace déterminé par des appareils de prise de vue : Le cadrage
Les espaces contenus par l'image elle-même
Dialogues de l’image avec le support : Insciption dans un lieu
nteraction avec des énoncés oraux et écrits
Dispositifs de la narration figurée : depuis la tradition de la fresque...
Dispositifs de la narration figurée : ...jusqu’aux dispositifs multimédias.
Dialogues entre narration figurée, temps, mouvement et lieux : mouvement réels ou suggérés
Le temps de la production
Mouvement du spectateur
Figuration et construction de l’image
PLAN
Partie II - la non figuration
Vocabulaire
La non figuration
Passages à la non-figuration : perte ou absence du référent,affirmation et reconnaissance de l’abstraction
Systèmes plastiques non figuratifs : couleur, outil, trace, rythme...
Conceptions de l’œuvre fondées sur différentes combinaisons géométriques
La gestuelle
Détermination de l’abstraction : stylisation, symbolisation,autoréférentialité, modernité…
Les 3 oeuvres au Bac - Vernet, Gursky et Bonheur
VOCABULAIRE
FIGURATION
IMAGE
L'ART FIGURATIF
L'art figuratif est un style artistique, en particulier dans la peinture, qui s'exprime
par la représentation d'objets de la réalité extérieure. L'art figuratif utilise comme
modèles des objets du réel, en les représentant tels qu'ils se présentent ou en les
déformant. L'art figuratif est souvent pensé en opposition à l'art abstrait, qui ne
cherche pas à représenter des objets du réel
L'art figuratif peut également être la représentation d'un monde irréel né dela seule imagination de l'artiste. Des mouvements comme l'expressionnisme, lesymbolisme ou le surréalisme s'inscrivent dans cette mouvance de l'art figuratif.
L'art figuratif peut enfin être la représentation déformée et interprétée(subjective) du monde réel. Le cubisme est un exemple de cette volonté de représenter des objets du réel (figures, guitares, nature morte...) en passant par le filtre de la subjectivité de l'artiste
L'observation scientifique au service de la représentation
Le format désigne les dimensions et la forme du support (toile, papier, écran) qui accueille l'image. Loin d'être un simple cadre neutre, il constitue un espace propre qui influence profondément la manière dont les figures sont représentées et perçues.
Dimensions traditionnelles du format
Le format rectangulaire vertical (portrait) : privilégié pour les figures humaines en pied, il crée une verticalité qui valorise la dignité du sujet Le format horizontal (paysage) : favorise les compositions narratives, les scènes avec plusieurs personnages, les représentations spatiales étendues Le format carré : propose un équilibre centré, souvent utilisé pour créer une tension particulière ou une frontalité Les formats atypiques (tondo, ovale, polyptyque) : créent des rapports spécifiques entre la figure et son espace
Espaces propres à l’image figurative : LE FORMAT
Enjeux artistiques du format
Le choix du format n'est jamais anodin. Il détermine la composition, influence le regard du spectateur, et participe à la construction du sens. Un grand format monumental impose une présence physique différente d'une miniature intime. Le format dialogue avec l'échelle du corps humain et conditionne l'expérience perceptive de l'œuvre.
Au Louvre
Théodore GÉRICAULT (1791 -1824), Le Radeau de la Méduse, Salon de 1819,
491 x 716 cm.
491 x 716 cm.
Rembrandt van Rijn (1606 -
1669), Autoportrait, 1630, 15 x
12,2 cm
15x12,2 cm.
Théodore GÉRICAULT (1791 - 1824), Le Radeau de la Méduse, Salon de 1819,
491 x 716 cm.
Le cadrage est très important car il détermine l’impact final de l’image. Vous êtes le seul à
savoir ce qu’il se passe en dehors du cadre.
Le cadrage constitue l'acte fondamental de délimitation de l'espace visible dans toute image
Définition et fonction
Le cadrage désigne la sélection d'une portion de la réalité visible à travers le viseur ou l'écran de l'appareil. C'est un geste de découpe qui détermine ce qui sera inclus dans l'image et ce qui en sera exclu. Cette opération transforme le continuum du monde visible en un espace délimité, structuré par les bords du cadre.
L’espace déterminé par des appareils de prise de vue : LE CADRAGE
L'échelle des plans
Le cadrage détermine la distance apparente entre le sujet et le spectateur :
- Plan d'ensemble : il montre l'ampleur d'un lieu
- Plan général : situe le sujet dans son environnement
- Plan moyen : cadre le corps humain en pied ou partiellement
- Plan américain : il prend le personnage au genoux
- Plan rapproché : isole une partie du corps (taille, poitrine, visage)
- Gros plan : se concentre sur un détail (visage, objet)
- Très gros plan : fragmente et agrandit un élément particulier
IMAGE CLIC ICI
L'angle de prise de vue
La position de la vue modifie la signification de l'image :
- Plongée (de haut en bas) : peut diminuer, écraser le sujet
- Contre-plongée (de bas en haut) : valorise, monumentalise
- Vue frontale : crée une relation d'égalité avec le sujet
Le positionnement des éléments à l'intérieur du cadre obéit à des règles esthétiques (règle des tiers, lignes de force, équilibre, symétrie) qui guident le regard du spectateur.
La composition dans le cadre
Une bonne composition contribue à créer de l’harmonie et de l’équilibre dans une œuvre. Elle guide le regard du spectateur à travers la peinture et transmet un message ou une signification – en résumé, elle capte l’attention du spectateur.
Chompoo Baritone, une photographe basée à Bangkok, l’a bien compris et s’amuse de la réalité
parfois trompeuse que peuvent véhiculer les clichés Instagram que nous partageons tous les
jours grâce à une série où elle agrandit le cadre pour montrer la face cachée de nos images
Le cadrage comme choix artistique
Le cadrage n'est jamais neutre. Il exprime un point de vue, au sens littéral comme figuré. Chaque décision de cadrage implique une interprétation du réel, une hiérarchisation des éléments visibles, et construit une relation particulière entre l'image et son spectateur.En photographie, au cinéma commen en peinture, le cadrage devient ainsi un langage visuel qui structure notre perception et notre compréhension du monde représenté.
Gustave Caillebotte, Jeune homme à la fenêtre, 1876
La Loge au mascaron doré, 1894 de Henri de Toulouse-Lautrec
Au-delà du format et du cadrage qui délimitent l'image de l'extérieur, celle-ci contient et génère ses propres espaces internes. Ces espaces constituent la structure interne de la représentation.
La notion d'espace pictural
L'espace pictural désigne l'ensemble des relations spatiales que l'image crée en son sein. Contrairement à l'espace réel tridimensionnel, l'image figurative construit un espace représenté sur une surface plane (bidimensionnelle).
Depuis la Renaissance, la perspective linéaire organise l'espace autour d'un point de fuite qui crée l'illusion de profondeur. Elle structure hiérarchiquement les plans (premier plan, plan intermédiaire, arrière-plan) et simule le recul des objets dans l'espace.
Les espaces contenus par l'image elle-même
Raphaël (1483 - 1520), L’école d’Athènes, 1508-
1512, 440 × 770 cm, fresque, Musée du Vatican
La recherche de la représentation de l’espace est présente dans toute l’Histoire des Arts,
à la renaissance par exemple la perspective trouve sa forme définitive.
Il s’agit de représenter la vue d’objets à trois dimensions sur une surface, en tenant compte
des effets de l’éloignement et de leur position dans l’espace par rapport à l’observateur. Dans Meurtre n°10/2 se mêlent dimensions réelles (dans le miroir) et fictives (la peinture),
la peinture permet à Monory de condenser le temps et de concilier en un même lieu des espaces
hétérogènes.
Jacques MonoRy (1934 - ), Meurtre n° 10/2 (Les
Meurtres), 1968, huile sur toile et miroir brisé avec impacts
de balles, 163 x 333.5 cm
Raphaël (1483 - 1520), L’école d’Athènes, 1508-
1512, 440 × 770 cm, fresque, Musée du Vatican
Les plans et la profondeur
L'image organise ses éléments en différentes strates de profondeur :
- La superposition des formes suggère l'éloignement
- La gradation des tailles crée la perspective
- Les variations chromatiques (couleurs chaudes/froides) accentuent ou réduisent les distances
- Le flou et la netteté hiérarchisent les plans
Espaces symboliques et narratifs
L'art moderne et contemporain a souvent joué avec cette tension, alternant entre la création d'espaces illusionnistes profonds et l'affirmation de la surface plane du tableau.
L'image peut aussi contenir des espaces conceptuels :
- Espaces hors-champ : ce qui est suggéré au-delà des limites du cadre
- Espaces mentaux ou oniriques : représentations de pensées, rêves, souvenirs
- Espaces allégoriques : lieux symboliques porteurs de sens
L'image n'existe jamais de manière abstraite : elle s'inscrit toujours dans une réalité physique et spatiale qui dialogue avec elle.
L'image in situ
Certaines œuvres sont conçues pour un lieu spécifique :
- Les fresques religieuses épousent l'architecture des églises
- Les peintures murales antiques s'intègrent aux parois des villas
- L'art contemporain développe des installations pensées pour un site particulier
Ernest Pignon Ernest (1942 - ), Les
Expulsés, 1977, échelle 1, papier marouflé
sur le mur, oeuvre éphémère.
Le mur est important pour la signification de l’œuvre :
l’homme et la femme y sont collés par le marouflage, comme
s’ils étaient ancrés à la maison qui a été détruite, comme
s’ils appartenaient à la mémoire du lieu.
Dialogues de l’image avec le support : INSCRIPTION DANS UN LIEU
Pour ce projet, des portraits d’Israéliens et de Palestiniens
sont collés face à face, dans des formats monumentaux des
deux côtés du mur de séparation et dans plusieurs villes
alentours.
JR et Marco, Projet Face 2 Face, mur de séparation
israélo-palestinien, 2007
Du mur au cube blanc
L'histoire de l'art témoigne d'une évolution dans ce dialogue : Au Moyen Âge et à la Renaissance : l'image fait corps avec l'architecture religieuse ou palatiale À partir du XIXe siècle : émergence du musée comme espace neutre (le "cube blanc") censé isoler l'œuvre Au XXe siècle : remise en question de cette neutralité et reconnaissance que le lieu d'exposition participe au sens
Les tableaux de chevalet sont conçus pour être transportables et adaptables à différents lieux
Les plafonds peints de la chapelle Sixtine dialoguent avec la voûte architecturale
Allégorie de Jan Vermeer van Delft.
Julien Nonnon donne vie aux murs de Paris. Avec le_baiser, l’artiste prône l’amour et la douceur en recouvrant la ville de vidéos géantes de couples en train de s’embrasser.2016 pendant la nuit blanche.
Les projections vidéo transforment temporairement les façades en supports d'images mouvantes
À Soweto, en 2002 , - Ernest Pignon Ernest colle des images de mères qui portent leur enfant mort du sida
Le street art fait du mur urbain son support et de la rue son lieu d'inscription
L'art contemporain interroge particulièrement ces dialogues :
- L'installation abolit la distinction entre image, support et lieu
- L'art contextuel fait du site son matériau principal
- Les interventions jouent sur la perturbation ou la révélation des lieux existants
- L'image numérique pose la question d'un support dématérialisé et d'une ubiquité des lieux de monstration
Enjeux contemporains
L'image ne vit rarement isolément : elle dialogue constamment avec des mots qui l'accompagnent, la complètent, la contredisent ou la transforment.
Présence du texte dans l'image
L'image peut intégrer directement des éléments textuels :
- Inscriptions dans les peintures religieuses (phylactères, cartouches, citations bibliques)
- Titres et signatures sur l'œuvre elle-même
- Calligraphies dans l'art islamique ou asiatique où texte et image fusionnent
- Collages et typographies dans l'art moderne (cubisme, dadaïsme, pop art)
- Bulles dans la bande dessinée
Textes accompagnant l'image
L'image est souvent entourée d'énoncés périphériques :
- Cartels dans les musées (titre, artiste, date, technique)
- Légendes sous les photographies de presse
- Descriptions dans les catalogues
- Commentaires critiques et analyses
- Titres donnés par l'artiste ou attribués ultérieurement
Interaction avec des énoncés oraux et écrits
clic sur les yeux pour voir les images
Exemples et pratiques artistiques
Pratiques traditionnelles
Emblèmes et devises de la Renaissance associant image et maxime moralePeintures d'histoire accompagnées de livrets explicatifs lors des SalonsEstampes satiriques où texte et image collaborent à la critique sociale
Pratiques modernes et contemporaines
Surréalisme : René Magritte joue sur la contradiction entre image et légende ("Ceci n'est pas une pipe")Art conceptuel : Joseph Kosuth ou Lawrence Weiner utilisent le langage comme matériau artistiqueBarbara Kruger : superposition de slogans percutants sur des images photographiquesJenny Holzer : projections de textes qui deviennent eux-mêmes images
Médias contemporains
Bande dessinée et roman graphique : syntaxe sophistiquée texte-imageMèmes internet : interaction rapide et virale entre image et texte courtPublicité : orchestration calculée du rapport texte-image pour la persuasionRéseaux sociaux : légendes qui orientent la réception des images partagées
Barbara KRUGER (1945 -), Untitled (Sans titre), 1994-95 et 2013-14, dimensions variables, installation de sérigraphies photographiques sur papier. Cologne, museum Ludwig.
EXEMPLE DE TEXTE CONTEMPORAIN
Sur les images, sont inscrits dans unencart rouge des
injonctions en anglais comme «PRAY LIKE US» (prie
comme nous). Au sol, écrit en anglais en lettres blanches sur fond rouge
: «QUI ECRIRA L’HISTOIRE DES LARMES ? Y A-T-IL UN COMPAGNON PARFAIT POUR TOUT LE MONDE ?» Un petit texte central en anglais, positionné au centre
des images, égrène une série de mots
au dessus des images, écrit en allemand : « CE QUE
J’AIME EST PLUS IRRESISTIBLE QUE CE QUE TU
AIMES » Au plafond : OUBLIER TOUT, NE RIEN SAVOIR, CROIRE N’IMPoRTE QUOI
Des enregistrements sonores : Un magnétophone est utilisé pour lire des discours de haine et des déclarations d’amour (I love you) qui plaisent
à une foule qui applaudit. on y entend un lauréat remercier son Dieu et jouer avec des slogans dictatoriaux, des
tactiques de lavage de cerveau, des stéréotypes sexistes et des revendications racistes de supériorité... tous ces
sons emplissent l’espace .
Grotte de Lascaux, salle des Taureaux, panneau de la Licorne, Paléolithique, vers 17 000 av. J.-C, peinture pariétale, Lascaux,
Dordogne.
La grotte de Lascaux, découverte en 1940, est l’une des plus célèbres grottes ornées du Paléolithique.
Cette grotte que l’on surnomme aussi « la chapelle Sixtine de l’art pariétal » se trouve en Dordogne, et abrite
de magnifiques fresques préhistoriques, dont l’âge est estimé à environ 15 000 ans av J-C. Les motifs pariétaux de la salle des Taureaux sont les plus imposants de l'art paléolithique. Cet ensemble
regroupe 130 figures dont 36 représentations animales, une cinquantaine de signes géométriques, le reste
étant des traces d’activité. Trois thèmes animaliers composent ce vaste dispositif : le cheval, avec 17 individus,
l’aurochs, onze vaches et taureaux et le cerf, six représentants ainsi que la figure dite de "Licorne".
Dispositifs de la narration figurée : DEPUIS LA TRADITION DE LA FRESQUE...
l'image figurative raconte des histoires à travers des dispositifs visuels spécifiques, en partant de la tradition picturale ancestrale de la fresque pour suivre ses évolutions jusqu'aux formes contemporaines.
La fresque a développé des conventions narratives spécifiques :
La fresque murale constitue l'un des plus anciens dispositifs de narration par l'image :
- La narration continue : un même personnage apparaît plusieurs fois dans une même composition, à différents moments de son histoire (fresques de Giotto à Assise)
- La juxtaposition de scènes : succession de tableaux distincts racontant les épisodes d'un récit (cycles hagiographiques, vies de saints)
- La hiérarchie spatiale : organisation en registres superposés, souvent avec une lecture du haut vers le bas ou de gauche à droite
- Les marqueurs temporels : éléments visuels indiquant la succession des événements (changements de décor, de costume, positions du soleil)
- Peinture réalisée sur enduit frais, intégrée à l'architecture
- Superficie souvent vaste permettant des compositions complexes
- Destinée à être vue par un public collectif (religieux, civique)
- Lecture souvent organisée par le parcours du spectateur dans l'espace
Tapisserie de Bayeux Entre 1066 et 1083
Michel-Ange (1475 - 1564), Plafond de la chapelle Sixtine, 1508–1512, 40 m x 14 m, Chapelle Sixtine, Musées du Vatican
Jules II della Rovere qui fait travailler Michel-Ange par intermittence depuis 1505, le charge au printemps
1508 de peindre la voûte de la chapelle que son oncle Sixte IV a fait construire (vers 1475) puis partiellement
décorer (1481-1482) par les artistes les plus renommées de l’époque, florentins pou la plupart, Ghirlandario,
Botticelli, Luca Signorelli et le Pérugin entre autres, qui peignirent les parois. Rompant avec la tradition du compartimentage en niches entourées d’éléments ornementaux, Michel-Ange
élabore une décoration continue. Tirant parti de l’articulation des retombées de la voûte en pendentifs, tentures
et lunettes, il combine et hiérarchise plusieurs registres au moyen d’une architecture en trompe-l’œil.
Évolutions et transformations
Du mur au tableau
Le polyptyque et le retable
La série picturale
À partir de la Renaissance, la narration figurée migre progressivement :
Dispositif intermédiaire qui maintient une narration séquentielle :
Nouveau mode narratif par juxtaposition d'œuvres distinctes :
- Du support mural intégré à l'architecture vers le tableau de chevalet mobile
- Concentration sur un instant décisif plutôt que sur la narration continue
- Recherche du moment le plus dramatique ou significatif d'un récit
- Panneaux multiples articulés (diptyque, triptyque, polyptyque)
- Possibilité de volets mobiles créant différents niveaux de lecture
- Organisation hiérarchique entre scène centrale et scènes périphériques
- Cycles narratifs (Hogarth au XVIIIe siècle : "La Carrière du libertin")
- Séries thématiques modernes (Monet : les Cathédrales, les Nymphéas)
- Narration distribuée dans l'espace d'exposition
Vers de nouveaux dispositifs narratifs
La bande dessinée
La photographie séquentielle
Le cinéma et la vidéo
Héritière directe de la tradition de la fresque dans ses principes :
Extension du principe narratif au médium photographique :
Révolution dans les dispositifs narratifs figurés
- Séquentialité : juxtaposition de vignettes
- Ellipse narrative : les espaces entre les cases (gouttières) où le lecteur construit mentalement la continuité
- Codes graphiques : bulles, récitatifs, onomatopées
- Fusion sophistiquée entre narration verbale et visuelle
- Photo-romans et romans graphiques photographiques
- Séries documentaires racontant une histoire sociale ou historique
- Diptyques et triptyques photographiques créant des relations narratives
Avant le numérique, certains dispositifs anticipent le multimédia :
- Les lanternes magiques (XVIIe-XIXe siècles) : projection d'images fixes accompagnées de narration orale, musique, effets sonores
- Le théâtre d'ombres : combinaison d'images en mouvement, lumière, son, narration
- Les dioramas : environnements immersifs combinant peinture, sculpture, éclairage variable, parfois sons
L'art vidéo (années 1960-70)
L'art vidéo émerge dans les années 1960 avec l'arrivée des premières caméras portablespermettant aux artistes de s'approprier ce médium jusqu'alors réservé à la télévision. Les pionniers comme Nam June Paik, Wolf Vostell et Bruce Nauman explorent la vidéo comme matériau artistique à part entière, détournant ses codes et expérimentant avec le feedback, les installations multi-écrans et la manipulation d'images en temps réel. Ce nouveau médium offre des possibilités inédites : enregistrement de performances éphémères, création de boucles temporelles hypnotiques, exploration du corps filmé et de l'auto-observation, contestation de la télévision commerciale par des contre-images critiques.
Dispositifs de la narration figurée :...jusqu’aux dispositifs multimédias.
Le jeu vidéo narratif
Le CD-ROM narratif - 1990
L'explosion numérique
Évolution d'un médium majeur de narration figurée : (entre 1980 et 2026)
Premier dispositif grand public de narration interactive :
- D'une narrations linéaires avec embranchements simples vers 1980
- Cinématiques sophistiquées - Narrations environnementales (level design comme récit) - Choix moraux influençant le déroulement vers l'an 2000
- à la réalité virtuelle et augmentée
- Combinaison texte/image/vidéo/son sur support numérique
- Navigation par liens hypertextes
Les réseaux sociaux comme dispositifs narratifs
Nouvelles formes de narration figurée :
- Instagram Stories : Une narration éphémère et séquentielle
- TikTok : des micro-narrations virales avec une esthétique du fragment
- Threads/Twitter : narrations texte-image qui sont entrelacées
- Snapchat : narrations géolocalisées, avec des filtres augmentés
L'installation multimédia interactive
Dispositifs immersifs combinant :(vers 2000)
- Projections vidéo multiples
- Spatialisation sonore
- Capteurs de mouvement
- Interfaces tangibles ou gestuelles
Un kaléidoscope d’images défile sur le mur, formant une toile en perpétuelle mutation, palpitante
L’installation, de la taille d’un panneau publicitaire, est composée de deux murs adjacents d’écrans vidéo: le
Megatron rectangulaire à 150 écrans et la matrice Matrix à 65 écrans, tous fonctionnant de manière indépendante,
mais partageant de multiples combinaisons aléatoires de vidéo et d’animation en mouvement rapide
nam June Paik (1932 - 2006), Megatron/Matrix, 1995, Smithsonian American Art Museum, Etats-
Unis.
De la fresque antique aux dispositifs multimédias d'aujourd'hui, les manières de raconter des histoires en images n'ont cessé de s'enrichir. Le multimédia ne fait pas disparaître les formes anciennes : il vient s'ajouter à elles, créant une grande diversité de possibilités narratives. Les bases de la narration par l'image restent les mêmes (succession d'événements, moments non montrés que le spectateur doit imaginer, participation active du public), mais elles prennent de nouvelles formes. Par exemple, les fresques racontaient déjà des histoires que l'on découvrait en se déplaçant dans l'espace ; aujourd'hui, les installations en réalité virtuelle fonctionnent de la même manière, mais avec des technologies modernes. De même, la tapisserie de Bayeux mélangeait déjà images et textes au XIe siècle ; le web-documentaire poursuit cette association en la développant. Le multimédia explore donc de nouveaux territoires narratifs tout en soulevant des questions essentielles : qu'est-ce que raconter une histoire ? Qui la raconte ? À qui s'adresse-t-elle ? Dans quel but ? Ces questions ne sont pas nouvelles, mais les outils contemporains nous obligent à y réfléchir autrement et à repenser ce qu'est fondamentalement la narration par l'image.
mouvement suggérés
George SEURAT (1859-1891), Cirque,
1890-91, huile sur toile, 185x152 cm, Paris,
musée d’orsay.
Dialogues entre narration figurée, temps, mouvement et lieux : mouvementréels ou suggérés
William KEnTRIDGE (1955 -), More Sweetly Play the Dance (Jouer la danseplus doucement), 2015, dimensions variables, installation vidéo 8 canaux haute définition, 15 min, avec 4 porte-voix, ottawa, musée des beaux-arts du Canada.
mouvement réels
Roman OPALKA (1931-2011), Série d’autoportraits
numérotés (Détails 2075998, 2081397, 2083115, 4368225,
4513817, 4826550, 5135439 et 5341636), 1965 - 2011, chaque
photographie mesure 24 × 30,50 cm.
Le temps de la production
on KAWARA (1933-2014), I Got Up At..., 1974 - 75,
(Quatre-vingt dix cartes postales), série de cartes postales
envoyées à John Baldessari.
Chacun de ces deux artistes explore à sa manière le temps qui passe, avec des productions qui s’étendent
sur plusieurs mois ou plusieurs années. Roman opalka s’est, entre autre, photographié dans la même position, avec le même fond, tous les jours de
1965 jusqu’à la fin de ses jours, nous montrant ainsi son vieillissement progressif. on Kawara, quant à lui, à envoyé des cartes postales depuis des lieux différents mais à la même personne,
pendant des mois. Chaque carte a été envoyée de son emplacement ce matin-là, détaillant l’heure à laquelle
il s’est levé.
I got up at 8.52...
1972 Carte postale en couleurs, au verso tampon encreur appliqué par l’artiste indiquant le lieu, la date et l’heure de son réveil, le nom et... Sans référence
Dans ces deux productions le mouvement du ou des
spectateurs est l’élément principal de l’oeuvre, elle ne
sont rien sans l’intervention des spectateurs
Miguel CHEVALIER (1959 -), Extra-natural, 2018, exposition
"Artistes et Robots", Paris, Grand Palais, 2018, des fleurs
imaginaires poussent, vivent et meurent et se courbent quand
le mouvement d'un spectateur est détecté.
ERLICH (1973 -), Bâtiment, 2004 et 2011,
installation, Paris, un miroir monumental incliné
reflète le décor d'une façade horizontale.
Mouvement du spectateur
VOCABULAIRE
VOCABULAIRE
La non-figuration
Je vivais déjà à Munich, je fus ravi un jour par une vue tout à fait inattendue dans mon atelier. C’était l’heure
du jour déclinant. Après avoir travaillé sur une étude, je venais de rentrer chez moi avec ma boîte de peinture
[…] lorsque j’aperçus un tableau d’une indescriptible beauté baignée de couleurs intérieures. Je commençais
par me renfrogner, puis me dirigeai droit sur cette oeuvre énigmatique dans laquelle je ne voyais rien d’autres
que les formes et des couleurs dont le sens me restait incompréhensible. Je trouvais instantanément la clef
de l’énigme : c’était un de mes tableaux posé de côté contre le mur. Le jour suivant, je voulus reproduire
l’impression à la lumière du jour. Mais je n’y parvins qu’à demi : même de côté, je reconnaissais sans cesse
les objets, et il y manquait le subtil glacis du crépuscule. Je savais à présent très exactement que l’objet était
nuisible à mes tableaux. » Kandinsky, Regards sur le passé et autres textes : 1912 – 1922.
KanDinSKy
Passages à la non-figuration : perte ou absence du référent,affirmation et reconnaissance de l’abstraction
Jackson POLLOCK (1912–1956), Autumn Rhythm (Number
30), 1950, 267 x 526 cm, peinture vinylique et huile sur
toile.
yves KLEIN(1928–1962), Anthropométrie de l’époque
bleue (ANT 82), 1960, 155 x 281 cm, pigment pur et
résine synthétique sur papier monté sur toile.
Les anthropométries ont souvent été comparées à l’Action Painting de Pollock. Les
intentions en sont pourtant radicalement différentes : Pour l’un ce sont des corps
humains qui s’expriment sous la direction, distante, de l’artiste. Pour l’autre, c’est
la subjectivité profonde du créateur qui cherche à se révéler dans la peinture.
on peut cependant les rapprocher dans cette idée de systèmes plastiques non
figuratifs. Dans les deux cas la couleur, l’outil, la trace, et le rythme sont
fondamentaux.
Systèmes plastiques non figuratifs : couleur, outil, trace, rythme...
Robert Delaunay (1885 - 1941), Rythme, Joie
de vivre, 1930, 200 x 228 cm, Huile sur toile,
centre national d’art et de culture Georges-
Pompidou, Paris.
Vassily KANDINSKY (1866–1944), Jaune-Rouge-Bleu, 1925, 128 x 201,5 cm, huile sur toile, centre national d’art et de culture Georges-Pompidou, Paris.
L'Abstraction géométrique désigne une forme d'expression artistique non figurative dans laquelle se
sont illustrés plusieurs courants historiques et qui a recours à l'utilisation de formes géométriques et de
couleurs disposées dans un espace bidimensionnel. L'Abstraction géométrique se trouve dès le début dans
la plupart des manifestations des " pionniers " de l'Art abstrait.
Conceptions de l’œuvre fondées sur différentes combinaisonsgéométriques
Ici tout le dessin est réalisé grâce à la chorégraphie. Grâce aux mouvements, aux gestes, aux déplacements de L'artiste. En effet, Trisha Brown improvise des mouvements sur une grande feuille de papier.
Trisha BROWN (1936 -), It’s a draw / Live feed,
2008, performance réalisée au Walker Arts Center,
Minneapolis.
La gestuelle
Ici, Pablo Picasso a réinterpréter le tableau de Velasquèz à sa manière, à la manière cubiste, rendant petit à petit son lecture difficile, le transformant peu à peu en oeuvre abstraite.
Diego VÉLASQUEZ(1599 –1660),
Las Meninas (Les Ménines), 1656-
1657, 318 × 276 cm, huile sur toile,
Musée du Prado, Madrid
Las Meninas (« Les Ménines », les demoiselles d’honneur) est une série de 58 peintures
que Pablo Picasso peint en 1957 en réinterprétant l’œuvre de Diego Vélasquez. La série
est conservée intégralement au musée Picasso de Barcelone
stylisation, symbolisation,autoréférentiation, modernité
Piet MONDRIAN (1872 – 1944) De la figuration à l'abstraction
L’arbre rouge, 1909-1910, 70 × 99 cm,
huile sur toile. Gemeentemuseum, La Haye, Pays-Bas
L’arbre Gris, 1911, 78,50 × 107,5 cm, huile
sur toile.Gemeentemuseum, La Haye, Pays-Bas
Pommier en fleur, 1912, , 78 x 106 cm,
huile sur toile, Gemeentemuseum, La Haye, Pays-Bas
La première nous montre un fond bleu, un tronc noueux et des ramures recourbées qui font penser à des
griffes. La deuxième est monochrome, le passage à la simplification et à la géométrie est évident. Les branches
s’étirent et deviennent géométriques. Dans la troisième, il ne reste du pommier que le titre. Les ramifications
des arbres recouvrent peu à peu toute la surface de la toile. Des lignes verticales et horizontales se croisent, les
courbes demeurent. Le dessin «classique» de l’arbre a disparu
Piet Mondrian, “Broadway Boogie-Woogie”, 1942, MoMA New York
Piet Mondrian, “Composition en rouge, jaune, bleu et noir”, 1921, Gemeentemuseum Den Haag
Joseph VERNET, La ville et la rade de Toulon, deuxième vue, le port de Toulon, vue du mont Faron, 1756, huile sur toile, 160 x 260 cm, Musée du Louvre, Paris
Joseph VERNET, La ville et la rade de Toulon, deuxième vue, le port de Toulon, vue du mont Faron, 1756, huile sur toile, 160 x 260 cm, Musée du Louvre, Paris
LA FIGURATION ET L'IMAGE
CONSTRUCTION DE L'IMAGE Perspectives atmosphériques et coniques (lignes et points de fuite)
ESPACE NARRATIF Scène de vie portuaire Activités humaines diverses
TEMPS ET MOUVEMENTS Animation du port Lumière changeante
99 Cent, 1999, tirage : 5/6, photographie, épreuve couleur sous Diasec,épreuve chromogène, 206,5 x 337 x 5,8 cm (197 x 327 cm hors marge), Paris, Musée national d’artmoderne
99 Cent, 1999, tirage : 5/6, photographie, épreuve couleur sous Diasec,épreuve chromogène, 206,5 x 337 x 5,8 cm (197 x 327 cm hors marge), Paris, Musée national d’artmoderne
LA FIGURATION ET L'IMAGE
CONSTRUCTION DE L'IMAGE
- symetrie
- répétition
- quadrillage
TEMPS ET MOUVEMENTS
- Instant figé
- Standardisation du quotidien
ESPACE NARRATIF
- absence de mise en scène explicite
- Anonymat des personnages
Rosa Bonheur, Labourage nivernais, 1849, huile sur toile, H. 133,0 ; L. 260,0 cm.Achat après commande de l'Etat, 1849 © RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay)
Rosa Bonheur, Labourage nivernais, 1849, huile sur toile, H. 133,0 ; L. 260,0 cm.Achat après commande de l'Etat, 1849 © RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay)
LA FIGURATION ET L'IMAGE
CONSTRUCTION DE L'IMAGE
TEMPS ET MOUVEMENTS
- Suggestion du déplacemdent du boeuf
- Cycle agricole et de la nature
ESPACE NARRATIF
- Travail sur la perspective et la profondeur
- L'homme est relegué au second plan
Bruce NAUMANN, Une installation vidéo composée de trois écrans très grand format affiche le visage d’un homme épelant continuellement : « Feed me/Eat me/Anthropology »
Figuration : Empr. au lat. figuratio « figure, forme »Action de figurer : Façonner, donner une forme à - Représenter qqn/qqc. (au propre ou au fig.) par le dessin ou un autre procédé. Présenter sous une forme Nvisible.
Sophie CalleÊtes-vous triste ? Mrac Occitanie, Sérignan12 avril — 21 septembre 2025Commissariat : Clément Nouet
Retable de l'Agneau mystique par Hubert et Jan van Eyck (1430).
teamLab est un groupe interdisciplinaire d'artistes formé par Toshiyuki Inoko en 2001 à Tokyo, au Japon. Le groupe se compose d'experts de plusieurs disciplines: artistes, programmeurs, ingénieurs, animateurs CG, mathématiciens et architectes.
des animations créées directement en réalité virtuelle, sans passer par l’étape du dessin sur ordinateur.
Dear Angelica, studio Oculus
L'Élévation de la croix, Pierre-Paul RUBENS, 1612
En photographie, au cinéma, dans la bande dessinée on choisi son cadrage, les cadrages portent des noms pour les identifier
LaToya Ruby Frazier , The Notion of Family, 2001 - 2014
Nam June Paik – Reclining Buddha, 1994
La non-figuration (ou abstraction) : l'image ne représente plus rien d'identifiable du monde visible. Elle se compose de formes, couleurs, lignes, textures qui ne renvoient qu'à elles-mêmes.
Things Are Queer, 1973 - Duane Michals
diptyque: 2 photographies de type C face montée avec Diasec Jeff Wall
Les Nymphéas est une série d'environ 250 peintures à l'huile impressionnistes élaborées par le peintre français Claude Monet pendant les 31 dernières années de sa vie.
La Carrière d'un libertin, dit aussi La Carrière d'un roué est une série de huit peintures exécutées à Londres par le peintre et graveur anglais William Hogarth entre 1733 et 1735.Les huit scènes racontent l'histoire fictive de Tom Rakewell, c'est-à-dire qu'elles montrent l'évolution de son destin de jeune héritier glissant peu à peu dans la débauche – l'arrivisme, la grandeur et la déchéance –, tout commence par un bel héritage, et finit dans la misère d'un asile d'aliénés
image : Subst. fém. du latin imago, «imitation, représentation, forme ressemblante,portrait, tableau, statue, masque, simulacre». Imago désignait une sorte de masque moulé, à partir de cire d’abeille, sur le visage d’une personne morte afin d’en conserver les traits, comme d’un portrait, et d’en produire éventuellementun moulage.
«3 secondes»
Editions Delcourt
72 pages, Marc-Antoine Mathieu
FIGURATION ET CONSTRUCTION DE L'IMAGE
virginie burgun
Created on December 8, 2025
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Transcript
FIGURATION ET CONSTRUCTION DE L'IMAGE
Virginie Burgun, Académie Normandie
Figuration et construction de l’image
PLAN
Vocabulaire
Partie I - la figuration
l'art figuratif, c'est quoi?
Espaces propres à l’image figurative : Le format
L’espace déterminé par des appareils de prise de vue : Le cadrage
Les espaces contenus par l'image elle-même
Dialogues de l’image avec le support : Insciption dans un lieu
nteraction avec des énoncés oraux et écrits
Dispositifs de la narration figurée : depuis la tradition de la fresque...
Dispositifs de la narration figurée : ...jusqu’aux dispositifs multimédias.
Dialogues entre narration figurée, temps, mouvement et lieux : mouvement réels ou suggérés
Le temps de la production
Mouvement du spectateur
Figuration et construction de l’image
PLAN
Partie II - la non figuration
Vocabulaire
La non figuration
Passages à la non-figuration : perte ou absence du référent,affirmation et reconnaissance de l’abstraction
Systèmes plastiques non figuratifs : couleur, outil, trace, rythme...
Conceptions de l’œuvre fondées sur différentes combinaisons géométriques
La gestuelle
Détermination de l’abstraction : stylisation, symbolisation,autoréférentialité, modernité…
Les 3 oeuvres au Bac - Vernet, Gursky et Bonheur
VOCABULAIRE
FIGURATION
IMAGE
L'ART FIGURATIF
L'art figuratif est un style artistique, en particulier dans la peinture, qui s'exprime par la représentation d'objets de la réalité extérieure. L'art figuratif utilise comme modèles des objets du réel, en les représentant tels qu'ils se présentent ou en les déformant. L'art figuratif est souvent pensé en opposition à l'art abstrait, qui ne cherche pas à représenter des objets du réel
L'art figuratif peut également être la représentation d'un monde irréel né dela seule imagination de l'artiste. Des mouvements comme l'expressionnisme, lesymbolisme ou le surréalisme s'inscrivent dans cette mouvance de l'art figuratif.
L'art figuratif peut enfin être la représentation déformée et interprétée(subjective) du monde réel. Le cubisme est un exemple de cette volonté de représenter des objets du réel (figures, guitares, nature morte...) en passant par le filtre de la subjectivité de l'artiste
L'observation scientifique au service de la représentation
Le format désigne les dimensions et la forme du support (toile, papier, écran) qui accueille l'image. Loin d'être un simple cadre neutre, il constitue un espace propre qui influence profondément la manière dont les figures sont représentées et perçues.
Dimensions traditionnelles du format
Le format rectangulaire vertical (portrait) : privilégié pour les figures humaines en pied, il crée une verticalité qui valorise la dignité du sujet Le format horizontal (paysage) : favorise les compositions narratives, les scènes avec plusieurs personnages, les représentations spatiales étendues Le format carré : propose un équilibre centré, souvent utilisé pour créer une tension particulière ou une frontalité Les formats atypiques (tondo, ovale, polyptyque) : créent des rapports spécifiques entre la figure et son espace
Espaces propres à l’image figurative : LE FORMAT
Enjeux artistiques du format
Le choix du format n'est jamais anodin. Il détermine la composition, influence le regard du spectateur, et participe à la construction du sens. Un grand format monumental impose une présence physique différente d'une miniature intime. Le format dialogue avec l'échelle du corps humain et conditionne l'expérience perceptive de l'œuvre.
Au Louvre
Théodore GÉRICAULT (1791 -1824), Le Radeau de la Méduse, Salon de 1819, 491 x 716 cm.
491 x 716 cm.
Rembrandt van Rijn (1606 - 1669), Autoportrait, 1630, 15 x 12,2 cm
15x12,2 cm.
Théodore GÉRICAULT (1791 - 1824), Le Radeau de la Méduse, Salon de 1819, 491 x 716 cm.
Le cadrage est très important car il détermine l’impact final de l’image. Vous êtes le seul à savoir ce qu’il se passe en dehors du cadre.
Le cadrage constitue l'acte fondamental de délimitation de l'espace visible dans toute image
Définition et fonction
Le cadrage désigne la sélection d'une portion de la réalité visible à travers le viseur ou l'écran de l'appareil. C'est un geste de découpe qui détermine ce qui sera inclus dans l'image et ce qui en sera exclu. Cette opération transforme le continuum du monde visible en un espace délimité, structuré par les bords du cadre.
L’espace déterminé par des appareils de prise de vue : LE CADRAGE
L'échelle des plans
Le cadrage détermine la distance apparente entre le sujet et le spectateur :
IMAGE CLIC ICI
L'angle de prise de vue
La position de la vue modifie la signification de l'image :
Le positionnement des éléments à l'intérieur du cadre obéit à des règles esthétiques (règle des tiers, lignes de force, équilibre, symétrie) qui guident le regard du spectateur.
La composition dans le cadre
Une bonne composition contribue à créer de l’harmonie et de l’équilibre dans une œuvre. Elle guide le regard du spectateur à travers la peinture et transmet un message ou une signification – en résumé, elle capte l’attention du spectateur.
Chompoo Baritone, une photographe basée à Bangkok, l’a bien compris et s’amuse de la réalité parfois trompeuse que peuvent véhiculer les clichés Instagram que nous partageons tous les jours grâce à une série où elle agrandit le cadre pour montrer la face cachée de nos images
Le cadrage comme choix artistique
Le cadrage n'est jamais neutre. Il exprime un point de vue, au sens littéral comme figuré. Chaque décision de cadrage implique une interprétation du réel, une hiérarchisation des éléments visibles, et construit une relation particulière entre l'image et son spectateur.En photographie, au cinéma commen en peinture, le cadrage devient ainsi un langage visuel qui structure notre perception et notre compréhension du monde représenté.
Gustave Caillebotte, Jeune homme à la fenêtre, 1876
La Loge au mascaron doré, 1894 de Henri de Toulouse-Lautrec
Au-delà du format et du cadrage qui délimitent l'image de l'extérieur, celle-ci contient et génère ses propres espaces internes. Ces espaces constituent la structure interne de la représentation.
La notion d'espace pictural
L'espace pictural désigne l'ensemble des relations spatiales que l'image crée en son sein. Contrairement à l'espace réel tridimensionnel, l'image figurative construit un espace représenté sur une surface plane (bidimensionnelle).
Depuis la Renaissance, la perspective linéaire organise l'espace autour d'un point de fuite qui crée l'illusion de profondeur. Elle structure hiérarchiquement les plans (premier plan, plan intermédiaire, arrière-plan) et simule le recul des objets dans l'espace.
Les espaces contenus par l'image elle-même
Raphaël (1483 - 1520), L’école d’Athènes, 1508- 1512, 440 × 770 cm, fresque, Musée du Vatican
La recherche de la représentation de l’espace est présente dans toute l’Histoire des Arts, à la renaissance par exemple la perspective trouve sa forme définitive. Il s’agit de représenter la vue d’objets à trois dimensions sur une surface, en tenant compte des effets de l’éloignement et de leur position dans l’espace par rapport à l’observateur. Dans Meurtre n°10/2 se mêlent dimensions réelles (dans le miroir) et fictives (la peinture), la peinture permet à Monory de condenser le temps et de concilier en un même lieu des espaces hétérogènes.
Jacques MonoRy (1934 - ), Meurtre n° 10/2 (Les Meurtres), 1968, huile sur toile et miroir brisé avec impacts de balles, 163 x 333.5 cm
Raphaël (1483 - 1520), L’école d’Athènes, 1508- 1512, 440 × 770 cm, fresque, Musée du Vatican
Les plans et la profondeur
L'image organise ses éléments en différentes strates de profondeur :
Espaces symboliques et narratifs
L'art moderne et contemporain a souvent joué avec cette tension, alternant entre la création d'espaces illusionnistes profonds et l'affirmation de la surface plane du tableau.
L'image peut aussi contenir des espaces conceptuels :
L'image n'existe jamais de manière abstraite : elle s'inscrit toujours dans une réalité physique et spatiale qui dialogue avec elle.
L'image in situ
Certaines œuvres sont conçues pour un lieu spécifique :
Ernest Pignon Ernest (1942 - ), Les Expulsés, 1977, échelle 1, papier marouflé sur le mur, oeuvre éphémère.
Le mur est important pour la signification de l’œuvre : l’homme et la femme y sont collés par le marouflage, comme s’ils étaient ancrés à la maison qui a été détruite, comme s’ils appartenaient à la mémoire du lieu.
Dialogues de l’image avec le support : INSCRIPTION DANS UN LIEU
Pour ce projet, des portraits d’Israéliens et de Palestiniens sont collés face à face, dans des formats monumentaux des deux côtés du mur de séparation et dans plusieurs villes alentours.
JR et Marco, Projet Face 2 Face, mur de séparation israélo-palestinien, 2007
Du mur au cube blanc
L'histoire de l'art témoigne d'une évolution dans ce dialogue : Au Moyen Âge et à la Renaissance : l'image fait corps avec l'architecture religieuse ou palatiale À partir du XIXe siècle : émergence du musée comme espace neutre (le "cube blanc") censé isoler l'œuvre Au XXe siècle : remise en question de cette neutralité et reconnaissance que le lieu d'exposition participe au sens
Les tableaux de chevalet sont conçus pour être transportables et adaptables à différents lieux
Les plafonds peints de la chapelle Sixtine dialoguent avec la voûte architecturale
Allégorie de Jan Vermeer van Delft.
Julien Nonnon donne vie aux murs de Paris. Avec le_baiser, l’artiste prône l’amour et la douceur en recouvrant la ville de vidéos géantes de couples en train de s’embrasser.2016 pendant la nuit blanche.
Les projections vidéo transforment temporairement les façades en supports d'images mouvantes
À Soweto, en 2002 , - Ernest Pignon Ernest colle des images de mères qui portent leur enfant mort du sida
Le street art fait du mur urbain son support et de la rue son lieu d'inscription
L'art contemporain interroge particulièrement ces dialogues :
Enjeux contemporains
L'image ne vit rarement isolément : elle dialogue constamment avec des mots qui l'accompagnent, la complètent, la contredisent ou la transforment.
Présence du texte dans l'image
L'image peut intégrer directement des éléments textuels :
Textes accompagnant l'image
L'image est souvent entourée d'énoncés périphériques :
Interaction avec des énoncés oraux et écrits
clic sur les yeux pour voir les images
Exemples et pratiques artistiques
Pratiques traditionnelles
Emblèmes et devises de la Renaissance associant image et maxime moralePeintures d'histoire accompagnées de livrets explicatifs lors des SalonsEstampes satiriques où texte et image collaborent à la critique sociale
Pratiques modernes et contemporaines
Surréalisme : René Magritte joue sur la contradiction entre image et légende ("Ceci n'est pas une pipe")Art conceptuel : Joseph Kosuth ou Lawrence Weiner utilisent le langage comme matériau artistiqueBarbara Kruger : superposition de slogans percutants sur des images photographiquesJenny Holzer : projections de textes qui deviennent eux-mêmes images
Médias contemporains
Bande dessinée et roman graphique : syntaxe sophistiquée texte-imageMèmes internet : interaction rapide et virale entre image et texte courtPublicité : orchestration calculée du rapport texte-image pour la persuasionRéseaux sociaux : légendes qui orientent la réception des images partagées
Barbara KRUGER (1945 -), Untitled (Sans titre), 1994-95 et 2013-14, dimensions variables, installation de sérigraphies photographiques sur papier. Cologne, museum Ludwig.
EXEMPLE DE TEXTE CONTEMPORAIN
Sur les images, sont inscrits dans unencart rouge des injonctions en anglais comme «PRAY LIKE US» (prie comme nous). Au sol, écrit en anglais en lettres blanches sur fond rouge : «QUI ECRIRA L’HISTOIRE DES LARMES ? Y A-T-IL UN COMPAGNON PARFAIT POUR TOUT LE MONDE ?» Un petit texte central en anglais, positionné au centre des images, égrène une série de mots au dessus des images, écrit en allemand : « CE QUE J’AIME EST PLUS IRRESISTIBLE QUE CE QUE TU AIMES » Au plafond : OUBLIER TOUT, NE RIEN SAVOIR, CROIRE N’IMPoRTE QUOI
Des enregistrements sonores : Un magnétophone est utilisé pour lire des discours de haine et des déclarations d’amour (I love you) qui plaisent à une foule qui applaudit. on y entend un lauréat remercier son Dieu et jouer avec des slogans dictatoriaux, des tactiques de lavage de cerveau, des stéréotypes sexistes et des revendications racistes de supériorité... tous ces sons emplissent l’espace .
Grotte de Lascaux, salle des Taureaux, panneau de la Licorne, Paléolithique, vers 17 000 av. J.-C, peinture pariétale, Lascaux, Dordogne.
La grotte de Lascaux, découverte en 1940, est l’une des plus célèbres grottes ornées du Paléolithique. Cette grotte que l’on surnomme aussi « la chapelle Sixtine de l’art pariétal » se trouve en Dordogne, et abrite de magnifiques fresques préhistoriques, dont l’âge est estimé à environ 15 000 ans av J-C. Les motifs pariétaux de la salle des Taureaux sont les plus imposants de l'art paléolithique. Cet ensemble regroupe 130 figures dont 36 représentations animales, une cinquantaine de signes géométriques, le reste étant des traces d’activité. Trois thèmes animaliers composent ce vaste dispositif : le cheval, avec 17 individus, l’aurochs, onze vaches et taureaux et le cerf, six représentants ainsi que la figure dite de "Licorne".
Dispositifs de la narration figurée : DEPUIS LA TRADITION DE LA FRESQUE...
l'image figurative raconte des histoires à travers des dispositifs visuels spécifiques, en partant de la tradition picturale ancestrale de la fresque pour suivre ses évolutions jusqu'aux formes contemporaines.
La fresque a développé des conventions narratives spécifiques :
La fresque murale constitue l'un des plus anciens dispositifs de narration par l'image :
Tapisserie de Bayeux Entre 1066 et 1083
Michel-Ange (1475 - 1564), Plafond de la chapelle Sixtine, 1508–1512, 40 m x 14 m, Chapelle Sixtine, Musées du Vatican
Jules II della Rovere qui fait travailler Michel-Ange par intermittence depuis 1505, le charge au printemps 1508 de peindre la voûte de la chapelle que son oncle Sixte IV a fait construire (vers 1475) puis partiellement décorer (1481-1482) par les artistes les plus renommées de l’époque, florentins pou la plupart, Ghirlandario, Botticelli, Luca Signorelli et le Pérugin entre autres, qui peignirent les parois. Rompant avec la tradition du compartimentage en niches entourées d’éléments ornementaux, Michel-Ange élabore une décoration continue. Tirant parti de l’articulation des retombées de la voûte en pendentifs, tentures et lunettes, il combine et hiérarchise plusieurs registres au moyen d’une architecture en trompe-l’œil.
Évolutions et transformations
Du mur au tableau
Le polyptyque et le retable
La série picturale
À partir de la Renaissance, la narration figurée migre progressivement :
Dispositif intermédiaire qui maintient une narration séquentielle :
Nouveau mode narratif par juxtaposition d'œuvres distinctes :
Vers de nouveaux dispositifs narratifs
La bande dessinée
La photographie séquentielle
Le cinéma et la vidéo
Héritière directe de la tradition de la fresque dans ses principes :
Extension du principe narratif au médium photographique :
Révolution dans les dispositifs narratifs figurés
Avant le numérique, certains dispositifs anticipent le multimédia :
L'art vidéo (années 1960-70)
L'art vidéo émerge dans les années 1960 avec l'arrivée des premières caméras portablespermettant aux artistes de s'approprier ce médium jusqu'alors réservé à la télévision. Les pionniers comme Nam June Paik, Wolf Vostell et Bruce Nauman explorent la vidéo comme matériau artistique à part entière, détournant ses codes et expérimentant avec le feedback, les installations multi-écrans et la manipulation d'images en temps réel. Ce nouveau médium offre des possibilités inédites : enregistrement de performances éphémères, création de boucles temporelles hypnotiques, exploration du corps filmé et de l'auto-observation, contestation de la télévision commerciale par des contre-images critiques.
Dispositifs de la narration figurée :...jusqu’aux dispositifs multimédias.
Le jeu vidéo narratif
Le CD-ROM narratif - 1990
L'explosion numérique
Évolution d'un médium majeur de narration figurée : (entre 1980 et 2026)
Premier dispositif grand public de narration interactive :
Les réseaux sociaux comme dispositifs narratifs
Nouvelles formes de narration figurée :
L'installation multimédia interactive
Dispositifs immersifs combinant :(vers 2000)
Un kaléidoscope d’images défile sur le mur, formant une toile en perpétuelle mutation, palpitante L’installation, de la taille d’un panneau publicitaire, est composée de deux murs adjacents d’écrans vidéo: le Megatron rectangulaire à 150 écrans et la matrice Matrix à 65 écrans, tous fonctionnant de manière indépendante, mais partageant de multiples combinaisons aléatoires de vidéo et d’animation en mouvement rapide
nam June Paik (1932 - 2006), Megatron/Matrix, 1995, Smithsonian American Art Museum, Etats- Unis.
De la fresque antique aux dispositifs multimédias d'aujourd'hui, les manières de raconter des histoires en images n'ont cessé de s'enrichir. Le multimédia ne fait pas disparaître les formes anciennes : il vient s'ajouter à elles, créant une grande diversité de possibilités narratives. Les bases de la narration par l'image restent les mêmes (succession d'événements, moments non montrés que le spectateur doit imaginer, participation active du public), mais elles prennent de nouvelles formes. Par exemple, les fresques racontaient déjà des histoires que l'on découvrait en se déplaçant dans l'espace ; aujourd'hui, les installations en réalité virtuelle fonctionnent de la même manière, mais avec des technologies modernes. De même, la tapisserie de Bayeux mélangeait déjà images et textes au XIe siècle ; le web-documentaire poursuit cette association en la développant. Le multimédia explore donc de nouveaux territoires narratifs tout en soulevant des questions essentielles : qu'est-ce que raconter une histoire ? Qui la raconte ? À qui s'adresse-t-elle ? Dans quel but ? Ces questions ne sont pas nouvelles, mais les outils contemporains nous obligent à y réfléchir autrement et à repenser ce qu'est fondamentalement la narration par l'image.
mouvement suggérés
George SEURAT (1859-1891), Cirque, 1890-91, huile sur toile, 185x152 cm, Paris, musée d’orsay.
Dialogues entre narration figurée, temps, mouvement et lieux : mouvementréels ou suggérés
William KEnTRIDGE (1955 -), More Sweetly Play the Dance (Jouer la danseplus doucement), 2015, dimensions variables, installation vidéo 8 canaux haute définition, 15 min, avec 4 porte-voix, ottawa, musée des beaux-arts du Canada.
mouvement réels
Roman OPALKA (1931-2011), Série d’autoportraits numérotés (Détails 2075998, 2081397, 2083115, 4368225, 4513817, 4826550, 5135439 et 5341636), 1965 - 2011, chaque photographie mesure 24 × 30,50 cm.
Le temps de la production
on KAWARA (1933-2014), I Got Up At..., 1974 - 75, (Quatre-vingt dix cartes postales), série de cartes postales envoyées à John Baldessari.
Chacun de ces deux artistes explore à sa manière le temps qui passe, avec des productions qui s’étendent sur plusieurs mois ou plusieurs années. Roman opalka s’est, entre autre, photographié dans la même position, avec le même fond, tous les jours de 1965 jusqu’à la fin de ses jours, nous montrant ainsi son vieillissement progressif. on Kawara, quant à lui, à envoyé des cartes postales depuis des lieux différents mais à la même personne, pendant des mois. Chaque carte a été envoyée de son emplacement ce matin-là, détaillant l’heure à laquelle il s’est levé.
I got up at 8.52... 1972 Carte postale en couleurs, au verso tampon encreur appliqué par l’artiste indiquant le lieu, la date et l’heure de son réveil, le nom et... Sans référence
Dans ces deux productions le mouvement du ou des spectateurs est l’élément principal de l’oeuvre, elle ne sont rien sans l’intervention des spectateurs
Miguel CHEVALIER (1959 -), Extra-natural, 2018, exposition "Artistes et Robots", Paris, Grand Palais, 2018, des fleurs imaginaires poussent, vivent et meurent et se courbent quand le mouvement d'un spectateur est détecté.
ERLICH (1973 -), Bâtiment, 2004 et 2011, installation, Paris, un miroir monumental incliné reflète le décor d'une façade horizontale.
Mouvement du spectateur
VOCABULAIRE
VOCABULAIRE
La non-figuration
Je vivais déjà à Munich, je fus ravi un jour par une vue tout à fait inattendue dans mon atelier. C’était l’heure du jour déclinant. Après avoir travaillé sur une étude, je venais de rentrer chez moi avec ma boîte de peinture […] lorsque j’aperçus un tableau d’une indescriptible beauté baignée de couleurs intérieures. Je commençais par me renfrogner, puis me dirigeai droit sur cette oeuvre énigmatique dans laquelle je ne voyais rien d’autres que les formes et des couleurs dont le sens me restait incompréhensible. Je trouvais instantanément la clef de l’énigme : c’était un de mes tableaux posé de côté contre le mur. Le jour suivant, je voulus reproduire l’impression à la lumière du jour. Mais je n’y parvins qu’à demi : même de côté, je reconnaissais sans cesse les objets, et il y manquait le subtil glacis du crépuscule. Je savais à présent très exactement que l’objet était nuisible à mes tableaux. » Kandinsky, Regards sur le passé et autres textes : 1912 – 1922.
KanDinSKy
Passages à la non-figuration : perte ou absence du référent,affirmation et reconnaissance de l’abstraction
Jackson POLLOCK (1912–1956), Autumn Rhythm (Number 30), 1950, 267 x 526 cm, peinture vinylique et huile sur toile.
yves KLEIN(1928–1962), Anthropométrie de l’époque bleue (ANT 82), 1960, 155 x 281 cm, pigment pur et résine synthétique sur papier monté sur toile.
Les anthropométries ont souvent été comparées à l’Action Painting de Pollock. Les intentions en sont pourtant radicalement différentes : Pour l’un ce sont des corps humains qui s’expriment sous la direction, distante, de l’artiste. Pour l’autre, c’est la subjectivité profonde du créateur qui cherche à se révéler dans la peinture. on peut cependant les rapprocher dans cette idée de systèmes plastiques non figuratifs. Dans les deux cas la couleur, l’outil, la trace, et le rythme sont fondamentaux.
Systèmes plastiques non figuratifs : couleur, outil, trace, rythme...
Robert Delaunay (1885 - 1941), Rythme, Joie de vivre, 1930, 200 x 228 cm, Huile sur toile, centre national d’art et de culture Georges- Pompidou, Paris.
Vassily KANDINSKY (1866–1944), Jaune-Rouge-Bleu, 1925, 128 x 201,5 cm, huile sur toile, centre national d’art et de culture Georges-Pompidou, Paris.
L'Abstraction géométrique désigne une forme d'expression artistique non figurative dans laquelle se sont illustrés plusieurs courants historiques et qui a recours à l'utilisation de formes géométriques et de couleurs disposées dans un espace bidimensionnel. L'Abstraction géométrique se trouve dès le début dans la plupart des manifestations des " pionniers " de l'Art abstrait.
Conceptions de l’œuvre fondées sur différentes combinaisonsgéométriques
Ici tout le dessin est réalisé grâce à la chorégraphie. Grâce aux mouvements, aux gestes, aux déplacements de L'artiste. En effet, Trisha Brown improvise des mouvements sur une grande feuille de papier.
Trisha BROWN (1936 -), It’s a draw / Live feed, 2008, performance réalisée au Walker Arts Center, Minneapolis.
La gestuelle
Ici, Pablo Picasso a réinterpréter le tableau de Velasquèz à sa manière, à la manière cubiste, rendant petit à petit son lecture difficile, le transformant peu à peu en oeuvre abstraite.
Diego VÉLASQUEZ(1599 –1660), Las Meninas (Les Ménines), 1656- 1657, 318 × 276 cm, huile sur toile, Musée du Prado, Madrid
Las Meninas (« Les Ménines », les demoiselles d’honneur) est une série de 58 peintures que Pablo Picasso peint en 1957 en réinterprétant l’œuvre de Diego Vélasquez. La série est conservée intégralement au musée Picasso de Barcelone
stylisation, symbolisation,autoréférentiation, modernité
Piet MONDRIAN (1872 – 1944) De la figuration à l'abstraction
L’arbre rouge, 1909-1910, 70 × 99 cm, huile sur toile. Gemeentemuseum, La Haye, Pays-Bas
L’arbre Gris, 1911, 78,50 × 107,5 cm, huile sur toile.Gemeentemuseum, La Haye, Pays-Bas
Pommier en fleur, 1912, , 78 x 106 cm, huile sur toile, Gemeentemuseum, La Haye, Pays-Bas
La première nous montre un fond bleu, un tronc noueux et des ramures recourbées qui font penser à des griffes. La deuxième est monochrome, le passage à la simplification et à la géométrie est évident. Les branches s’étirent et deviennent géométriques. Dans la troisième, il ne reste du pommier que le titre. Les ramifications des arbres recouvrent peu à peu toute la surface de la toile. Des lignes verticales et horizontales se croisent, les courbes demeurent. Le dessin «classique» de l’arbre a disparu
Piet Mondrian, “Broadway Boogie-Woogie”, 1942, MoMA New York
Piet Mondrian, “Composition en rouge, jaune, bleu et noir”, 1921, Gemeentemuseum Den Haag
Joseph VERNET, La ville et la rade de Toulon, deuxième vue, le port de Toulon, vue du mont Faron, 1756, huile sur toile, 160 x 260 cm, Musée du Louvre, Paris
Joseph VERNET, La ville et la rade de Toulon, deuxième vue, le port de Toulon, vue du mont Faron, 1756, huile sur toile, 160 x 260 cm, Musée du Louvre, Paris
LA FIGURATION ET L'IMAGE
CONSTRUCTION DE L'IMAGE Perspectives atmosphériques et coniques (lignes et points de fuite)
ESPACE NARRATIF Scène de vie portuaire Activités humaines diverses
TEMPS ET MOUVEMENTS Animation du port Lumière changeante
99 Cent, 1999, tirage : 5/6, photographie, épreuve couleur sous Diasec,épreuve chromogène, 206,5 x 337 x 5,8 cm (197 x 327 cm hors marge), Paris, Musée national d’artmoderne
99 Cent, 1999, tirage : 5/6, photographie, épreuve couleur sous Diasec,épreuve chromogène, 206,5 x 337 x 5,8 cm (197 x 327 cm hors marge), Paris, Musée national d’artmoderne
LA FIGURATION ET L'IMAGE
CONSTRUCTION DE L'IMAGE
TEMPS ET MOUVEMENTS
ESPACE NARRATIF
Rosa Bonheur, Labourage nivernais, 1849, huile sur toile, H. 133,0 ; L. 260,0 cm.Achat après commande de l'Etat, 1849 © RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay)
Rosa Bonheur, Labourage nivernais, 1849, huile sur toile, H. 133,0 ; L. 260,0 cm.Achat après commande de l'Etat, 1849 © RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay)
LA FIGURATION ET L'IMAGE
CONSTRUCTION DE L'IMAGE
TEMPS ET MOUVEMENTS
ESPACE NARRATIF
Bruce NAUMANN, Une installation vidéo composée de trois écrans très grand format affiche le visage d’un homme épelant continuellement : « Feed me/Eat me/Anthropology »
Figuration : Empr. au lat. figuratio « figure, forme »Action de figurer : Façonner, donner une forme à - Représenter qqn/qqc. (au propre ou au fig.) par le dessin ou un autre procédé. Présenter sous une forme Nvisible.
Sophie CalleÊtes-vous triste ? Mrac Occitanie, Sérignan12 avril — 21 septembre 2025Commissariat : Clément Nouet
Retable de l'Agneau mystique par Hubert et Jan van Eyck (1430).
teamLab est un groupe interdisciplinaire d'artistes formé par Toshiyuki Inoko en 2001 à Tokyo, au Japon. Le groupe se compose d'experts de plusieurs disciplines: artistes, programmeurs, ingénieurs, animateurs CG, mathématiciens et architectes.
des animations créées directement en réalité virtuelle, sans passer par l’étape du dessin sur ordinateur.
Dear Angelica, studio Oculus
L'Élévation de la croix, Pierre-Paul RUBENS, 1612
En photographie, au cinéma, dans la bande dessinée on choisi son cadrage, les cadrages portent des noms pour les identifier
LaToya Ruby Frazier , The Notion of Family, 2001 - 2014
Nam June Paik – Reclining Buddha, 1994
La non-figuration (ou abstraction) : l'image ne représente plus rien d'identifiable du monde visible. Elle se compose de formes, couleurs, lignes, textures qui ne renvoient qu'à elles-mêmes.
Things Are Queer, 1973 - Duane Michals
diptyque: 2 photographies de type C face montée avec Diasec Jeff Wall
Les Nymphéas est une série d'environ 250 peintures à l'huile impressionnistes élaborées par le peintre français Claude Monet pendant les 31 dernières années de sa vie.
La Carrière d'un libertin, dit aussi La Carrière d'un roué est une série de huit peintures exécutées à Londres par le peintre et graveur anglais William Hogarth entre 1733 et 1735.Les huit scènes racontent l'histoire fictive de Tom Rakewell, c'est-à-dire qu'elles montrent l'évolution de son destin de jeune héritier glissant peu à peu dans la débauche – l'arrivisme, la grandeur et la déchéance –, tout commence par un bel héritage, et finit dans la misère d'un asile d'aliénés
image : Subst. fém. du latin imago, «imitation, représentation, forme ressemblante,portrait, tableau, statue, masque, simulacre». Imago désignait une sorte de masque moulé, à partir de cire d’abeille, sur le visage d’une personne morte afin d’en conserver les traits, comme d’un portrait, et d’en produire éventuellementun moulage.
«3 secondes» Editions Delcourt 72 pages, Marc-Antoine Mathieu