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Hêtre de la Bienveillance VRÉ

olivier hoeffel

Created on December 3, 2025

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Transcript

L'Interdépendance : l'invisible circulant de nos forêts

Le ferment de notre forêt

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Le concept de "Gagnant-Gagnant" ("Win-Win" en anglais) est souvent mal interprété. Dans le cadre de mon travail de modélisation de la bienveillance présenté sur autourdelabienveillance.fr, il n'est pas synonyme d'une maximisation égoïste des bénéfices, mais au contraire, le pilier d'une Bienveillance Globale fidèle à :

  • Les 3 enjeux de la bienveillance : Faire du bien, ne pas faire de mal, et signaler, dénoncer et faire face au mal.
  • L'échelle de la Bienveillance à 3 segments : bienveillance, absence de bienveillance et malveillance.
  • Les 4 dimensions indissociables et réplicables aux échelles individuelle, interpersonnelle, collective et sociétale : Moi, Je - Toi et Moi - Moi dans des Nous - Vous en Moi.
C'est le choix d'une coopération éclairée visant la richesse relationnelle et la pérennité, en cherchant le plus possible à prendre soin de soi et de toutes les autres parties prenantes, humaines et autres qu'humaines impactées par nos prises de décisions et nos actions.

L'Acceptation, pour absorber les inévitables fluctuations C'est le pilier philosophique, écologique, éthique et psychologique qui rend la tempérance possible. Elle permet notamment d’embrasser la limite comme source de sagesse. L'acceptation nous permet donc de faire face à d'éventuelles frustrations de se retreindre pour éviter d'exploiter d'autres humains et d'exploiter abusivement les autres qu'humains et les ressources planétaires. L'acceptation concerne aussi les situations à problème où il n'est pas possible de trouver une solution à notre portée, individuellement et collectivement. L'enjeu est de ne pas laisser notre système nerveux autonome dans un état d'immobilisation défavorable à l'émergence de la bienveillance et délétère sur les 3 dimensions de la santé : physique, psychique et sociale. C'est une acceptation active - à l'opposé de la résignation et de l'impuissance solitaire - qui invite à s'engager dans des actions à notre portée, en lien avec nos aspirations profondes et tant que faire se peut dans la coopération.

Je propose 4x3 principes pour guider à la co-construction d'une Société et des Territoires de la Bienveillance :

  • 3 principes sans lequels rien n'est possible : le fait que la bienveillance est conditionnée par l'état de notre système nerveux du moment, du temps et de la joie pour vivre la bienveillance dans la conscience et la présence, et la prise de conscience que la Bienveillance n'est pas toujours agréable ni confortable.
  • 3 principes de bon sens : interdépendance et coopération, priorité aux besoins vitaux, et vie décente pour ceux qui n'ont pas assez et moins de superflu pour ceux qui n'en ont pas vraiment besoin
  • 3 principes éthiques : se connaître soi-même, le mieux est l'ennemi du bien, et une éthique pour les avancées de la science et de la technologie
  • 3 principes à combattre ; 3 principes sur lesquels s'appuie la société libérale, individualiste, de consommation, de compétition, de défiance, ... et de destruction des écosystèmes et de ce qui devraient être considérés comme nos richesses et nos biens communs : le cynisme, la primauté de l'argent, et les 5 dérives poussées par une partie de notre cerveau, le striatum : Tout de suite, encore, et encore plus, sans limite et après moi le déluge !

L’interdépendance n’est pas une idée abstraite : c’est un phénomène biologique, relationnel et écologique. Elle est cet invisible circulant qui :

  1. commence à l’intérieur de chaque être humain,
  2. se prolonge dans chaque groupe auquel il appartient,
  3. dans les communautés qui l’entourent,
  4. et s’étend jusqu’aux dynamiques lointaines qui influencent nos vies sans que nous les voyions.
Cette interdépendance est symétrique : nous recevons des autres forêts, et nous émettons nous aussi. Nos décisions locales deviennent des influences globales, des climats globaux. Elle constitue un pilier central de la culture individuelle et collective de la bienveillance.

L’écoute vivante est une posture active de présence. Elle ne se contente de recevoir : elle accueille, relie, ajuste. Elle est le geste fondamental qui permet à la relation de respirer, à la parole de se déposer, à la relation de se modeler dans la fluidité, à la coopération de s’ancrer dans le réel. Dans une approche de robustesse, l’écoute n’est pas un supplément d’âme : elle est une condition de régulation, une porte d’accès au discernement, une source d’ajustement collectif. Elle permet de capter les signaux faibles, d'identifier et reconnaître les besoins implicites, de prévenir les tensions avant qu’elles ne deviennent des crises, de réguler au plus juste. L’écoute vivante est aussi une posture éthique : elle implique de suspendre le jugement, de ralentir le rythme, de créer un espace de sécurité. Elle est le contraire de l’écoute stratégique ou instrumentale : elle ne cherche surtout pas à répondre, mais à comprendre. Dans les collectifs, elle devient geste de soin, acte de reconnaissance, mouvement de robustesse partagée. Elle permet à chacun de se sentir entendu, reconnu, ajusté — et donc capable d’agir sans se suradapter ni se retirer.

Le système de valeurs et de principes qui oriente notre intention de Bienveillance. L'éthique ne peut être opérante dans une situation que si notre Système Nerveux Autonome est en état de sécurité.

Je me suis inspiré notamment de l'holacratie pour modéliser la prévention et la gestion de tensions. Et il s'agit déjà de passer par une définition que j'ai travaillée et que je propose ci-dessous : "Une tension individuelle ou collective naît de l'écart entre la situation actuelle rencontrée et celle attendue, espérée, projetée précédemment, relativement à une action ou à une relation. Elle peut naître aussi de la perception d'un danger, d'un risque ou d'un sentiment diffus de mal-être ou d'une envie émergente d'exploration ou de changement. Elle nécessite d'être signalée, détectée et traitée comme enjeu d'homéostasie." La prévention des tensions consiste donc en particulier à s'assurer de viser des ambitions, des espoirs, des objectifs réalistes pour ne pas créer des tensions inutiles et inévitables du fait de l'attente d'une situation idéale qui ne pourra jamais être atteinte. La gestion des tensions intègre le fondement premier de la bienveillance : le fondement biologique et la porte neurophysiologique de la bienveillance. Elle s'appuie sur la connaissance de la théorie polyvagale qui met en évidence la "neuroception", à savoir le processus permanent et en-dessous de la conscience de notre Système Nerveux Autonome (SNA) de détection des signaux de sécurité et de danger. Ainsi, une tension n'est pas forcément la résultante de la conscience d'une situation.

Ne nous le cachons pas : investir vraiment la bienveillance, c'est indéniablement du sérieux et cela demande du sérieux dans un certain nombre de prises de décision stratégiques et quotidiennes. Seulement, vivre la bienveillance, c'est en même temps retrouver l'insouciance que l'on a pu avoir dans son enfance, avec par exemple justement nos enfants, dans nos moments de détente, de jeu, dans nos moments d'intimité. L'insouciance se combine bien avec l'émerveillement de choses extraordinaires et aussi de toutes petites choses ou événements qui glissent souvent sur nous et puis qui un jour d'insouciance nous sautent à la figure. Ce sont autant de moments qui nous permettent de prendre conscience de la préciosité et d'en faire de nouveaux sujets et objets de bienveillance.

La bienveillance n’est pas seulement une valeur morale ou une disposition éthique : elle est profondément enracinée dans notre biologie. Les découvertes récentes en neurophysiologie et en psychologie montrent que l’humain est câblé pour la connexion, l’entraide et l’empathie. Par extension, je développe l'idée que l'humain est câblé physiologiquement pour la bienveillance. Cette approche nous invite à voir la bienveillance comme une dynamique corporelle, émotionnelle et relationnelle, profondément enracinée dans notre physiologie. Elle éclaire les mécanismes invisibles et méconnus de la plupart d'entre nous qui nous permettent de nous connecter, de ressentir, de prendre soin — et parfois, (voire souvent quand on est sous pression) aussi malheureusement inversement de nous en couper inconsciemment, donc malgré nous, y compris avec des valeurs profondes d'humanité.

Dans un monde où beaucoup de choses sont vues à travers une vision en noir et blanc, et où on s'appuie facilement sur les opposés bien/mal, valeur/anti-valeur, ... il est assez facile de réduire l'évaluation de la bienveillance dans une situation avec deux états : bienveillance et malveillance. Et encore pire, de mettre une une de ces deux étiquettes sur une personne, et notamment l'étiquette "malveillante". Or, si on veut tracer une échelle avec à gauche la malveillance et à droite la bienveillance, on peut ajouter un segment médian : l'absence de bienveillance. Sa position centrale n'a rien de neutre et le mieux est de référer à une citation de Elie Wiesel : "Le contraire de l’amour, ce n’est pas la haine c’est l’indifférence, le contraire de la justice, ce n’est pas l’injustice c’est encore l’indifférence. C’est l’indifférence qui tue, c’est l’indifférence qu’il faut combattre". Le segment Malveillance est aussi intéressant à décortiquer car il concerne non seulement les actes d'agression, et plus généralement le mal qu'on fait, mais aussi les situations où on ne réagit pas face à de la maltraitance ou de la négligence ayant des impacts importants (et pour lesquelles on pourrait être condamné, notamment pour non-assistance à personne en danger).

A compléter

"La bienveillance n’est pas d’abord une intention morale : elle devient possible lorsque le vivant est nourri, régulé et sécurisé dans son corps, son environnement et ses relations."Le fondement biologique explore plusieurs aspects :

  • Le trio Gènes, Environnement et Epigénétique : le potentiel biologique modulable
  • Les structures cérébrales et la neuroplasticité
  • Les neurones miroirs
  • Les neurotransmetteurs
  • Le métabolisme et l'énergie disponible
  • L'axe intestin-cerveau
  • Le 3R-SABA : nourrir les racines biologiques
  • Le Cocon de la Bienveillance
  • La porte neurophysiologique

La confiance est déterminante, en lien avec la porte neurophysiologique qui s'ouvre quand le Système Nerveux Autonome active l'état de sécurité.Elle relie les niveaux :

  • (Moi Je) : la confiance en soi, ce qui facilite l'auto-régulation
  • (Toi et Moi) :confiance dans l'autre, ce qui facilite la co-régulation
  • (Moi dans des Nous) : confiance dans les écosystèmes d'appartenance (famille, entreprise, cercle amical, Etat, ...)
  • (Vous en Moi) : confiance dans ses capacités physiques. Au niveau d'un collectif, c'est la confiance qu'il accorde à ses membres, à l'inverse du climat de défiance qui existe dans bien des collectifs de travail et dans les strates administratives de l'Etat où le citoyen a tendance à être infantilisé

La curiosité, comme disposition du vivant, permet d’explorer sans peur. Elle est l’énergie adaptative qui entretient la plasticité. La curiosité est le désir de savoir et de comprendre. Sans elle, la lucidité se fige dans le connu. Elle pousse à explorer l'état réel (physique, émotionnel, écosystémique), même lorsqu'il est inconfortable. Elle initie la boucle d'apprentissage. Face à une fluctuation, elle pose la question : "Que s'est-il passé ? Qu'est-ce que cela m'apprend ?" . Elle relie les niveaux :

  • (Moi Je) : curiosité pour ses propres aspirations profondes.
  • (Toi et Moi) : curiosité pour l'autre, son vécu, ses sentiments, ses besoins, sa santé, son niveau d'engagement.
  • (Moi dans des Nous) : curiosité pour la grande diversité des écosystèmes d'appartenance.
  • (Vous en Moi) : curiosité pour le fonctionnement du corps et de l'esprit. Pour un collectif, c'est la curiosité envers l'engagement des membres, leurs sentiments, leurs aspirations, les difficultés qu'ils rencontrent, leurs réussites, leurs contributions au bien vivre ensemble, ...

Le 3R-SABA est une proposition de méthode concrète pour maintenir l'ancrage et la vitalité des racines du Hêtre de la Bienveillance. Il s'agit d'une boîte à outils essentiels pour ouvrir et maintenir ouverte la Porte Neurophysiologique, l'état polyvagal de sécurité qui permet d'accéder à nos capacités d'empathie, d'éthique et de rationalité. Le 3R-SABA se décompose en deux :

  • 3R : le cadre d'activation Rythmes - Régulation - Respiration
  • SABA : 4 piliers d'entretien vital pour le corps et pour le Système Nerveux Autonome (SNA) Sommeil-Alimentation-Bouger-Apaiser

Le Hêtre de la Bienveillance est une structure avec des éléments du Hêtre qui représentent les fondements de la Bienveillance :

  • Les racines : fondement premier Biosociologique
  • Une porte neurophysiologique entre racines et tronc
  • Le tronc : fondement Ethique
  • Les branches : fondement des Postures
  • Les feuilles : fondement des Capacités
  • Les fruits : fondements des Dynamiques
Un principe premier : l'éthique est conditionnée par l'état du système nerveux autonome. Un état de sécurité intérieur, environnemental et relationnel.

"La bienveillance n’est pas d’abord une intention morale : elle devient possible lorsque le vivant est nourri, régulé et sécurisé dans son corps, son environnement et ses relations."Le fondement biologique explore plusieurs aspects :

  • Le trio Gènes, Environnement et Epigénétique : le potentiel biologique modulable
  • Les structures cérébrales et la neuroplasticité
  • Les neurones miroirs
  • Les neurotransmetteurs
  • Le métabolisme et l'énergie disponible
  • L'axe intestin-cerveau
  • Le 3R-SABA : nourrir les racines biologiques
  • Le Cocon de la Bienveillance
  • La porte neurophysiologique

Dans un système optimisé et sous pression, le temps est considéré largement comme une ressource à maximiser, avec un proverbe dans toutes les têtes "Le temps, c'est de l'argent". La vision de la Bienveillance proposée ici postule, elle, que le temps n'est pas un coût mais une marge de sécurité. Le Temps régulateur est la posture active qui consiste à se donner de l'air, à ralentir consciemment, et à refuser l'urgence chronique comme norme, voire comme diktat. Il s'agit d'intégrer consciemment de la lenteur stratégique pour permettre l'ajustement non-panique et non-frénétique des systèmes. Ce temps non optimisé n'est pas perdu : il est la condition sine qua non pour que la Régulation puisse s'opérer sans basculer dans la crise. Il permet de discerner avant d'agir, et de s'entraider sans être dans l'urgence sacrificielle. Le Temps Régulateur génère en réalité des marges de manœuvre et du temps pour deux raisons fondamentales et très concrètes, quantitativement (la quantité de crises et des tensions) et qualitativement (leur intensité), justifiant son efficacité à long terme : Le gain par la prévention et le gain par l'efficacité.

L’interdépendance n’est pas une idée abstraite : c’est un phénomène biologique, relationnel et écologique. Elle est cet invisible circulant qui :

  1. commence à l’intérieur de chaque être humain,
  2. se prolonge dans chaque groupe auquel il appartient,
  3. dans les communautés qui l’entourent,
  4. et s’étend jusqu’aux dynamiques lointaines qui influencent nos vies sans que nous les voyions.
Cette interdépendance est symétrique : nous recevons des autres forêts, et nous émettons nous aussi. Nos décisions locales deviennent des influences globales, des climats globaux. Elle constitue un pilier central de la culture individuelle et collective de la bienveillance.

C'est une adaptation plus bienveillante d'une stratégie de coopération considérée comme optimale dans la théorie des jeux : la stratégie CRP (Coopération-Réciprocité-Pardon) aussi appelée "win-win" en anglais, que l'on peut traduire plus justement par "donnant-donnant" que la traduction littérale "gagnant-gagnant". La stratégie CRP consiste à :

  • la coopération en première intention, et à ne pas trahir, ou agresser ou ne plus jouer le jeu en premier
  • une réciprocité stricte : tant que l'autre joue la coopération, on continue la coopération ; en revanche si l'autre trahit, agresse, ne joue plus le jeu, on répond à l'identique (œil pour œil, dent pour dent)
  • au pardon, si l'autre après avoir fait un accroc à la coopération, se remet à coopérer.
Cette stratégie "coopérenne", assemblage de "coopération" et "pérenne" a vocation à répondre à des enjeux :
  • Activer la coopération dans des situations où nous ne le faisons pas assez.
  • Gérer avec fluidité et bienveillance les situations où la coopération est grippée ou fait des couacs. La priorité absolue étant de lever les éventuels malentendus et d'activer des réponses non-violentes à des situations d'agression ou de trahison
  • Mettre la qualité de la relation à soi, à autrui et à nos écosystèmes d'appartenance au centre de nos motivations et de nos comportements.

Les attitudes intérieures et extérieures qui vont faciliter la pratique de la Bienveillance.

La bienveillance rime avec indulgence. L'indulgence face aux erreurs que nous commettons toutes et tous dans nos différentes sphères de vie, qu'elles portent sur l'éthique, le mode de pensée (distorsion des pensées), les gestes techniques, les raisonnements, les calculs, ...Parmi ces erreurs, il y a celles qui peuvent être considérées comme des accrocs à la bienveillance.Le droit à l'erreur concerne tous ces types d'erreurs ; un droit que l'on doit accepter de se donner soi-même, le droit qu'autrui nous donne, et par effet miroir et par justice : le droit qu'on donne à autrui. Ces droits qui doivent conduire au non-jugement.La bienveillance conduit donc à ne pas juger et encore moins de manière inconditionnelle (juger la personne plutôt que l'acte, ce qui particulièrement délétère).Deux points importants de compréhension :

  • il ne s'agit nullement de le confondre avec de la complaisance
  • le droit à l'erreur est à articuler au devoir de réparation s'il y a eu des dégâts

Poser les fondements de la bienveillance, c'est ce que donne la structure de l'arbre. La connaissance de cette structure n'est qu'une étape au sein d'une spirale de maturation de la bienveillance en 3 étapes qui permet de passer d'une curiosité envers cette modélisation et son architecture à une mise en action. Cela passe par des seuils psychologiques, dont notamment celui qui fait passer de l'intention de bienveillance, éventuellement bloquée par un sentiment d'impuissance, à l'action de bienveillance et au cheminement de la bienveillance.

Les différents chemins que peut prendre la bienveillance pour le développement individuel, la culture des relations, et le rayonnement aux différentes strates de notre société.

Une bienveillance opérationnelle passe par deux dynamiques "voir" et "donner à voir", à investir aussi bien individuellement que collectivement. Donner à voir (Etre vu) Donner à voir les tensions rencontrées permet de se donner la chance de trouver d'autres collectifs et communautés qui auraient trouvé des solutions, ou tout simplement d'envisager un travail d'intercoopération pour construire des solutions en profitant d'un changement d'échelle (ce qui n'est pas à notre portée à notre échelle peut l'être à une échelle plus grande). Voir Je distingue 3 dynamiques de bienveillance par rapport à la responsabilité de voir les tensions :

  • Vigilance : une attention permanente pour être en capacité de détecter des tensions.
  • Réactivité : la responsabilité de répondre à l'expression d'une tension qui nous est adressée explicitement et qui attend un accusé de réception et un traitement.
  • Proactivité : une dynamique de curiosité exploratrice qui, chemin faisant, peut nous conduire à identifier ou à faciliter l'expression de tensions.

Le trio appréciation, gratitude, reconnaissance, qui mène au contentement agit comme le grand régulateur émotionnel de la robustesse. L'appréciation et la gratitude sont fondamentalement des émotions, et des émotions qui nous font du bien. Un des objets de l'appréciation est la bienveillance qu'autrui nous porte, ou cela peut être aussi la bienveillance dont on peut être l'observatrice ou l'observateur et qui nous réconforte sur l'humanité dans nos écosystèmes qui nous semblent justement de plus en plus inhumains. La bienveillance qu'on nous porte appelle assez naturellement à l'émotion de gratitude et à l'expression de cette gratitude, la deuxième ne découlant pas systématiquement de l'autre, et c'est tout un enjeu de bienveillance de passer du ressenti de l'émotion à l'acte de remerciement. La reconnaissance est plus large que la gratitude puisque l'on peut apporter de la reconnaissance également par un bonjour, un sourire, un geste d'encouragement, un geste de considération, ...

L’écologie de la relation est le principe fondamental sur lequel repose mes travaux de modélisation de la bienveillance et l'idée d'une Société et de Territoires de la Bienveillance. Elle ne se limite pas aux relations interhumaines, mais s’étend à tous les écosystèmes, soulignant l’interdépendance vitale qui nous unit. L’écologie de la relation est l’idée que nos interactions, qu’elles soient avec d’autres personnes, notre environnement autre qu'humain ou nous-mêmes, constituent un système complexe et interconnecté. Cultiver une « écologie de la relation » signifie prendre soin de ces liens avec la même conscience et la même rigueur que l’on protègerait un environnement naturel. C'est en premier considérer que la relation est précieuse aussi bien que l'autre partie de la relation. Etre négligent par rapport à la relation, porte le risque d'être négligent à l'autre et plus ou moins directement avec un impact négatif sur soi-même. C’est aussi reconnaître que la santé de nos relations est indissociable de notre bien-être physique, psychique et social.

Le concept du « Cercle vertueux et rayonnant » est au cœur de la Bienveillance vivante et régénérative. Il établit la relation bidirectionnelle et causale (mais asymétrique) entre notre capacité à être bienveillant et l'état de sécurité de notre Système Nerveux Autonome (SNA), régi par la Théorie Polyvagale. Il relie la transformation personnelle avec la transformation sociétale par son côté rayonnant. La relation bidirectionnelle :

  • SNA >>> Bienveillance : La bienveillance est conditionnée par notre SNA qui doit nous considérer comme en sécurité. A un instant donné, si ce n'est pas le cas, la porte pour accéder à la bienveillance est fermée.
  • Bienveillance >>> SNA : La bienveillance contribue, par l'hygiène de vie et par les mécanismes de régulation, à mettre le SNA en condition de sécurité, et donc de lui faire ouvrir la porte

Nul doute qu'une bienveillance en capacité de faire face à la malveillance repose sur la responsabilité de l'individu et des collectifs à refuser l'indifférence pour signaler, intervenir, ... Dans le monde du travail, la responsabilité envers les parties prenantes externes s'appelle la Responsabilité Sociétale des Entreprises. Il y a aussi la responsabilité pénale du dirigeant à préserver la santé des salariés. Dans la sphère familiale, il y a la responsabilité parentale de prendre soin des enfants. Autant de responsabilités dans notre société qui interpellent la bienveillance. L'engagement juste est l'état d'un système robuste qui alloue ses ressources de manière équilibrée (tempérance) en fonction des informations reçues (lucidité) pour maintenir sa structure (bienveillance en 4D). Il est crucial car il est la manière dont le système agit et dépense son énergie après avoir été informé par la Lucidité et régulé par la Tempérance et le Contentement. Il est l'interface entre l'intention et l'action.

La Joie, comme énergie vitale. La plupart d’entre nous ont appris à penser la joie comme quelque chose qui vient après l’effort, et particulièrement après l’effort au travail : on réussit → on est fier → alors, on peut être heureux. Dans une approche d'une bienveillance vivante et robuste, on renverse cette logique. On s’intéresse non pas seulement à l’aval de l’action, mais à son amont : à ce qui nous met en mouvement. La joie, avant d’être la récompense de l’action, en est le carburant. L'énergie vitale est la posture qui nous enjoint à préserver notre propre source d'énergie, pour que l'engagement bienveillant juste ne dégénère jamais en sacrifice. La disparition de la joie devant être considéré comme un signal d'alerte.

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Les 4 dimensions interdépendantes, indissociables et réplicables de la Bienveillance, ou "Bienveillance 4D" modélisées sont le fruit d'une réflexion sur l'idée de reconnexion et de bienveillance : à soi, à autrui, à nos nombreux collectifs et communautés d'appartenance, à la nature sous toutes ses formes, sans que pour autant la nature soit considérée comme une dimension à part. Elle est partout, et l'humain en fait partie. Cette modélisaiton s'appuie sur le concept de "holon" : toute entité est à la fois un tout et une partie d'un tout. Une entité peut être un individu ou collectif/communauté d'individus au sein d'écosystèmes comportant des humains et autres qu'humains. Ce qui rend cette modélisation "fractale" (applicable à plusieurs échelles différentes). La notion d'holon apparaît avec les deux axes verticaux : "Moi dans des Nous" (vers le haut) et "Vous en Moi" (vers le bas). Les 4 dimensions sont indissociables dans le sens où tout sous-investissement sur une ou plusieurs dimensions au profit d'une ou d'autres dimensions crée potentiellement un déséquilibre de bienveillance. Les entités reliées les unes aux autres forment un réseau où les enjeux de réciprocité se jouent à travers les connexions entre entités.

Le Rituel du Miroir Polyvagal est une pratique de ma conception de 3 à 5 minutes qui tisse ensemble la Théorie Polyvagale, la pleine conscience, la compassion envers soi et l’ancrage émotionnel. Il transforme des concepts qui peuvent sembler complexes en une routine simple, accessible et puissante. Il utilise un objet que nous avons quasiment toutes et tous à tout moment à portée de main : le téléphone mobile. Et nul besoin d'une application particulière à télécharger, moyennant paiement ou pas. C'est totalement gratuit et sans risque pour sa sécurité numérique. Ce rituel ne sert pas à juger son propre visage, mais à l’utiliser comme miroir bienveillant et comme porte d’entrée vers le l'état de sécurité/connexion du Système Nerveux Autonome (vagal ventral).

Une relation transformatrice, qu’est-ce que c’est ? C’est une relation qui ne se contente pas de relier deux pôles, deux acteurs — qu’ils soient individuels ou collectifs — mais qui agit comme un espace de transformation mutuelle. La transformation n'est pas passive. Elle nécessite un engagement conscient de prendre soin de manière indissociable :

  • de soi,
  • de l'autre
  • et de la relation.
Le terme "transformatrice" implique que chacun contribue activement à cette évolution et par ailleurs s'en trouve transformé lui-même, faisant de chaque interaction l'opportunité de transformation. Ce qui nécessite d'avoir cette disposition et cette intention en abordant l'interaction. Une relation transformatrice, dans ce contexte, n'est pas seulement un changement, mais un changement positif, constructif, guidé par l'attention, le soin et le soutien mutuel, et non pas focalisé sur un enjeu d'amélioration de la performance. Elle repose sur trois piliers :
  • La responsabilité : chacun est gardien de soi, de l’autre et du lien.
  • La réciprocité : les gestes de bienveillance circulent, se répondent, se régulent, dans une réciprocité qui n'a rien de comptable car il ne s'agit pas d'une approche donnant-donnant, mais d'une approche gagnant-gagnant, pour chacun des deux pôles, pour la relation, et en n'oubliant pas une dimension écologique, à savoir : prendre en compte les effets extérieurs aux deux pôles.
  • La culture du lien : la relation est conçue puis cultivée comme un jardin, avec soin, attention et vision partagée.

Le système de valeurs et de principes qui oriente notre intention de Bienveillance. L'éthique ne peut être opérante dans une situation que si notre Système Nerveux Autonome est en état de sécurité.

La respiration régulatrice est le rythme du vivant. Elle est le geste fondamental qui permet d’alterner tension et relâchement, action et pause, engagement et retrait. C'est une posture active : celle qui crée de l’espace, du souffle, du discernement. Dans les systèmes sous pression, la respiration est souvent comprimée, ignorée, sacrifiée au nom de l’efficacité. Pourtant, c’est elle qui permet de prévenir l’emballement, de réguler les élans, de accueillir l’imprévu sans panique. Respirer, c’est refuser la saturation. C’est créer de la sécurité pour le Système Nerveux Autonome, créer des marges de sécurité dans le corps, dans le collectif, dans le temps. C’est permettre à l’écoute de s’installer, au discernement de s’affiner, à l’engagement de rester juste et c'est une pratique de régulation. La respiration régulatrice est aussi un geste symbolique : elle incarne le rythme du vivant, la pulsation du lien, la danse entre le dedans et le dehors. Elle peut être ritualisée, partagée, amplifiée — comme un enjeu collectif qui soutient la robustesse. C'est aussi un enjeu d'éducation : qui a appris à (bien) respirer dans son enfance comme on lui a appris à lire et à compter ?

Ce Modèle de la Bienveillance Rayonnante propose une lecture probablement innovante de la bienveillance humaine, en la décrivant comme un chemin de développement en cinq niveaux progressifs, qui s’expriment aussi bien à l’échelle individuelle qu’à l’échelle relationnelle, collective, organisationnelle ou sociétale. Ce modèle articule deux dimensions fondamentales :

  • la qualité extérieure (comportements, interactions, pratiques), qui peut s'entendre également comme une façon d'aborder la bienveillance à travers des motivations extrinsèques (qui font agir par obligation ou par conformité).
  • la qualité intérieure (intention, conscience, maturité émotionnelle), qui peut s'entendre aussi par un investissement de la bienveillance par les motivations intrinsèques (qui font agir par conviction, relié-e avec nos valeurs propres).
Il intègre par ailleurs deux polarités complémentaires :
  • l’amabilité (douceur, accueil, soin),
  • la force (limites, courage, intégrité).
Les 5 niveaux sont :
  1. Bienveillance Réglementaire
  2. Bienveillance Aimable
  3. Bienveillance Aimante
  4. Bienveillance Juste et Intègre
  5. Bienveillance Rayonnante

C'est le mantra du Passeur-Alchimiste de Bienveillance : "Recevoir, faire circuler, bonifier, protéger, contribuer et donner là où la vie a réellement besoin de nous, à la juste mesure de nos forces." On peut noter que tout part de la bienveillance que l'on reçoit dont une bonne partie ressort généralement de l'invisible. Ce qui fait dire souvent "Je donne beaucoup plus que je reçois", et notamment donc sur le champ de la bienveillance. Une illusion perceptive.

Nos savoir-faire et compétences, un peu comme notre boîte à outils de la Bienveillance dans laquelle nous pouvons piocher avec discernement en fonction des situations dans lesquelles nous nous trouvons.

L’Attention Réciproque (AR) est une attention à autrui (ou de collectif à collectif) réciproque portant sur la réalité, dont la santé, la perception de la réalité et les aspirations. Elle invite à se mettre à la place de l’autre, à travers son prisme à lui et à comprendre ce qui l’anime … et mutuellement, ce qui fait la réciprocité. L’AR est un enjeu central puisqu’elle est à la base de la reconnaissance, de la confiance et de la coopération. Elle permet notamment de réduire les méconnaissances, l’asymétrie (ex : parent/enfant, professeur/élève, manager/subordonné soignant/patient, ...) et la dichotomie (ex : commercial/technicien, automolobiste/cycliste, intellectuel/manuel, ...) entre parties prenantes. Elle est considérée comme un préalable à la coopération pour l’amélioration de la Qualité de Vie au Travail (QVT) et comme attitude à valoriser et à cultiver dans la vie au travail pour se sentir mieux, pour mieux comprendre autrui, pour travailler avec autrui dans une approche gagnant-gagnant. Mieux se connaître, pour mieux travailler ensemble et mieux de reconnaître mutuellement. L’idée d’Attention Réciproque telle qu'évoquée sur laqvt.fr est un travail de modélisation de ma part en 2017 sur plusieurs aspects :

  • poser les enjeux et les freins
  • identifier 3 grands niveaux d’attention : la réalité, la perception de la réalité et les aspirations
  • lister (de manière non exhaustive) des modalités permettant de concrétiser l’Attention Réciproque
L'AR constitue en quelque sorte la genèse de mon travail ultérieur sur la Bienveillance et conserve toute sa pertinence en tant que levier de la Bienveillance dans les organisations.

Nos savoir-faire et compétences, un peu comme notre boîte à outils de la Bienveillance dans laquelle nous pouvons piocher avec discernement en fonction des situations dans lesquelles nous nous trouvons.

"La bienveillance n’est pas d’abord une intention morale : elle devient possible lorsque le vivant est nourri, régulé et sécurisé dans son corps, son environnement et ses relations."Le fondement biologique explore plusieurs aspects :

  • Le trio Gènes, Environnement et Epigénétique : le potentiel biologique modulable
  • Les structures cérébrales et la neuroplasticité
  • Les neurones miroirs
  • Les neurotransmetteurs
  • Le métabolisme et l'énergie disponible
  • L'axe intestin-cerveau
  • Le 3R-SABA : nourrir les racines biologiques
  • Le Cocon de la Bienveillance
  • La porte neurophysiologique

Le Hêtre de la Bienveillance est une structure avec des éléments du Hêtre qui représentent les fondements de la Bienveillance :

  • Les racines : fondement premier Biologique
  • Une porte neurophysiologique entre racines et tronc
  • Le tronc : fondement Ethique
  • Les branches : fondement des Postures
  • Les feuilles : fondement des Capacités
  • Les fruits : fondements des Dynamiques
Un principe premier : l'éthique est conditionnée par l'état du système nerveux autonome. Un état de sécurité intérieur, environnemental et relationnel.

On peut symboliquement se représenter une porte entre les racines et le tronc puis tous les autres éléments du hêtre où la sève va le nourrir (branches, feuilles, fleurs/fruits).Quand cette porte est fermée, la sève est bloquée. Inversement, quand elle est ouverte, la sève circule. Pour l'être humain et la bienveillance, il s'agit du Système Nerveux Autonome (SNA) qui en fonction des signaux de sécurité et de danger, active ou non l'état polyvagal de sécurité et de connexion permettant à la bienveillance de se déployer pleinement, à travers les capacités activées d'empathie, de rationalité et d'éthique. Un des enjeux, est de savoir identifier l'état dans lequel on se trouve, et quand la porte est fermée de pouvoir essayer de la rouvrir sans tarder. Le dispositif de Miroir polyvagal est destiné à faciliter l'identification de son état polyvagale et l'ouverture de la porte.

On peut avoir une vision limitée de la bienveillance, à savoir : faire du bien et (essayer de) ne pas faire du mal. Cette vision limitée peut conduire à considérer la bienveillance comme molle, insipide, galvaudée, inopérante, façon Bisounours, ... outre le fait que formulé ainsi, pour certains, elle peut être urticante par un côté moralisateur qu'ils peuvent percevoir. L'actualité qui défile jour après jour nous invite à voir un 3ème enjeu de la bienveillance : signaler, dénoncer le mal et y faire face. En d'autres terme, une telle bienveillance invite à une grande tolérance, avec une limite d'importance : l'intolérable, l'inacceptable face auxquelles il faut savoir faire face. L'intolérance face à l'intolérable. Ce qui fait d'ailleurs écho à la législation dans certains pays dont la France : notamment, l'obligation légale d'assistance à personne en danger.

L’improvisation vivante est l’art d’ajuster en temps réel, avec souplesse, créativité et présence. Elle ne relève pas du chaos ni de l’impréparation, mais d’une capacité à danser avec l’imprévu, à composer avec les contraintes, à inventer des réponses situées sans perdre le cap. Improviser ne signifie pas réagir dans la panique, mais agir avec discernement, en mobilisant les ressources disponibles, les liens présents, les rythmes du moment. C’est une dynamique adaptative, fondée sur la confiance, la plasticité et l’écoute du vivant. L’improvisation vivante repose sur plusieurs piliers :

  • La curiosité ouverte qui permet d’explorer sans rigidité
  • L'écoute qui permet de s'ajuster à l'autre, dans le moment
  • Le contentement qui autorise à faire avec ce qui est là
  • La respiration régulatrice qui crée l’espace nécessaire à l’ajustement
  • L’interdépendance vivante qui offre des appuis relationnels pour co-créer
Improviser, c’est reconnaître que le vivant ne suit pas de plan fixe, mais évolue par ajustements successifs, par bifurcations fécondes, par réponses situées. C’est une compétence collective, une posture d’agilité, une dynamique de transformation.

Capacité à reconnaître, articuler et intégrer des pôles en tension (responsabilité ET insouciance, liberté ET contrainte, coopération ET concurrence), sans les confondre ni les opposer, mais en les tenant ensemble dans une dynamique vivante, régénérative et robuste. C'est une capacité à la pondération dialogique. La pensée dialogique est portée par Edgar Morin, grand spécialiste de la complexité. Fonctions :

  • Sortir du piège du OU binaire et du consensus mou.
  • Créer des ponts entre postures, valeurs, enjeux, disciplines.
  • Soutenir la robustesse des modèles, des relations et des actions.
  • Favoriser la cohabitation fertile des contraires dans les pratiques collectives.
Associé à la curiosité et l'exploration, le "ET pondéré" a permis à des travaux de réflexion sur les enjeux de société de traverser des disciplines très diversifiées et de produire de la fécondité. C'est très exactement cette mécanique qui a contribué à cette conception de la bienveillance.

Le Discernement est absolument centrale pour une conception robuste de la Bienveillance. Agissant comme une boussole éthique, son rôle est d'évaluer la situation, et de traduire l'état d'esprit (Postures) en une intention d'action juste. C'est l'étape cruciale où l'on se demande : « Au regard de la Bienveillance 4D, quelle est la réponse la plus adéquate ? ». Le Discernement évite l'action automatique ou réactive. Il utilise la conscience humble pour accepter l'incertitude et la tempérance pour trouver la juste mesure. Le résultat direct du discernement est le choix précis du niveau d'effort, incarné par un engagement juste (autre capacité centrale).

La Bienveillance VRÉ est une approche de la bienveillance qui ne relève ni de l’injonction morale ni du sacrifice de soi (bien souvent silencieux), ni sur une posture naïve ou bisounours. Elle est Vivante, Robuste et Émergente. Elle s’appuie sur une compréhension fine des dynamiques biologiques, relationnelles et collectives qui rendent la bienveillance possible, durable et régénérative. Elle part d’un constat simple : la bienveillance ne se décrète pas. Elle émerge lorsque les conditions du vivant sont réunies, faisant de la biologie et la neuro-physiologie un élément central de la compréhension des ressorts de la bienveillance. Cela met en évidence le rôle central de notre Système Nerveux Autonome (SNA). Le fondement premier de la bienveillance est ainsi biosociologique.

Le "cocon [de la bienveillance] est un dispositif créé pour faciliter le développement de la bienveillance lors de réunions, de rencontres entre plusieurs personnes, dans un même lieu physique ou à distance. Même s'il a été créé au départ pour répondre des enjeux d'éthique, de coopération et de prévention des tensions et des conflits, Il répond en premier lieu au fondement biologique de la bienveillance : mettre en sécurité les personnes présentes en s'efforçant d'activer l'état polyvagal de sécurité et de connexion de leur Système Nerveux Autonome (SNA). Le cocon est ce qui évite à l’individu de porter seul la charge de sa régulation. Le cocon est en quelque sorte la racine environnementale collective de la sécurité biologique.

On peut se baser sur 2 citations qui peuvent faire mantras pour la tempérance :

  • "Rien de trop !" (inscription sur le fronton du Temple de Delphes)
  • "Le mieux est l'ennemi du bien" (Montesquieu puis Voltaire)
La tempérance replace la sobriété (heureuse, en lien avec l'idée de contentement) comme condition de robustesse de la bienveillance, et non comme privation (lien avec la posture Acceptation). Dans nos actes de consommation, avec les impacts écologiques et sociaux engendrés, elle peut prendre la forme d'une question "En ai-je vraiment besoin ?" La tempérance renvoie aussi à nos capacités de gérer les tensions et les conflits de manière non agressive et non violente.

Le Hêtre de la Bienveillance ne décrit pas un état à atteindre, mais un cheminement vivant, un mouvement continu par lequel une personne, un collectif ou un territoire apprend à se relier autrement. Comme un arbre qui croît, se régule, s’adapte et se déploie, la bienveillance n’est jamais figée : elle se cultive, se pratique, se réajuste. Elle se manifeste dans la manière dont nous nous enracinons, dont nous nous tenons debout, et dont nous laissons circuler la lumière entre nous. Le Hêtre rappelle que la bienveillance n’est pas un trait de caractère, mais une dynamique relationnelle, un art de se relier au vivant.Ce cheminement s’appuie sur plusieurs modèles complémentaires, qui forment ensemble une écologie cohérente. Le Modèle de la Bienveillance Rayonnante décrit la manière dont une personne ou un collectif peut devenir source de sécurité, de clarté et de régulation pour son environnement. Le Processus en 6 Verbes offre une grammaire d’action simple et opérante pour incarner la bienveillance dans les gestes du quotidien. Les 7 Dynamiques d’une Relation Transformatrice éclairent les mouvements internes et interpersonnels qui permettent à une relation de devenir un espace de croissance mutuelle. La Coopération Gagnant‑Gagnant et la Stratégie Coopérenne (coopération + prévention et gestion des tensions) fournissent une base relationnelle robuste : elles permettent de naviguer les désaccords sans rompre le lien, et de transformer les tensions en ressources. L’Attention Réciproque rappelle que la bienveillance n’existe que dans la circulation : elle se tisse dans le regard partagé, dans la reconnaissance mutuelle, dans la capacité à se laisser toucher et à toucher juste. Enfin, ces dynamiques prennent tout leur sens lorsqu’elles s’inscrivent dans une vision plus large : celle des archipels imbriqués de la bienveillance. Chaque personne, chaque groupe, chaque initiative devient un îlot autonome mais relié, contribuant à une constellation plus vaste. Le Hêtre devient alors une métaphore de l’archipel : enraciné localement, relié souterrainement, ouvert à la lumière des autres. La bienveillance se déploie comme une écologie fractale, du plus intime au plus collectif, du geste individuel à la transformation systémique. Elle devient une manière d’habiter le monde, ensemble.

A La Bienveillance en Archipels est un projet qui propose de fédérer les initiatives, les personnes et les territoires autour d’une vision commune : faire de la bienveillance un levier de transformation sociale, relationnelle et politique. Le site pose d’emblée une question simple mais structurante : qu’est‑ce que la bienveillance, et comment la rendre opérante dans nos pratiques quotidiennes ? En s’appuyant sur des apports issus des sciences humaines, de l’écologie relationnelle et de la physiologie (notamment l’état polyvagal), le projet offre une boussole conceptuelle et pratique pour comprendre ce qui favorise — ou entrave — la qualité des liens humains. L’approche archipélique, inspirée des travaux sur les organisations en archipel, permet de penser la bienveillance comme un écosystème : un ensemble d’îlots autonomes mais reliés, capables de coopérer sans se fondre dans une structure centralisée. Chaque îlot — une personne, un collectif, une commune, une initiative — peut ainsi contribuer à une dynamique plus vaste, tout en préservant sa singularité. Cette logique relationnelle favorise la circulation, la réciprocité et la mise en commun des ressources, notamment via des outils comme la cartographie des archipels ou les pirogues‑projets. Enfin, le projet se veut résolument opérationnel. Il propose des ressources pour agir : régulation de l’état polyvagal, outils de prise de conscience, accompagnement des collectivités, et même une feuille de route pour intégrer la bienveillance dans un projet municipal. L’ambition est claire : faire de la bienveillance non pas un idéal abstrait, mais une pratique collective, incarnée, structurante, capable d’influencer les politiques publiques et les cultures locales. Une invitation à transformer nos manières d’être ensemble, en archipels vivants et reliés.

Le mot "Bienveillance" est scindé en deux "Bien" et "Veillance". Il faut lire cet enchaînement de deux mots en commençant par le deuxième : pour prendre soin (de quelqu'un, d'un collectif, d'une communauté, d'un écosystème, d'un autre qu'humain, de la planète), il faut commencer par avoir une attention, par observer, par une forme de vigilance : "veillance". Tout ce qui est recueilli par ce mouvement d'attention, permet alors de nourrir un processus de décision qui conduira des actes qui prennent soin : "Bien". Le tout formant un cercle vertueux : le fait de prendre soin rapproche, rend le sujet du soin plus précieux, et donc renforce l'attention qu'on lui porte. La boucle étant bouclée quand la "veillance" conduit à l'action qui conduit elle-même à la "veillance" des impacts de l'action.

Fondement premier de la Bienveillance, originalité de cette modélisation. Elle s'appuie sur les enseignements des dernières décennies notamment dans les domaines des neurosciences, des disciplines métaboliques et de la psychologie. Un modèle alternatif à une vision de la Bienveillance mettant l'éthique en première fondation. Ancrage primaire et gestion de l'énergie vitale. Le modèle 3R-SABA pour réguler notre Système Nerveux Autonome (SNA). Rythmes, Régulation, Respiration - Sommeil, Alimentation, Bouger, Apaiser

Les attitudes intérieures et extérieures qui vont faciliter la pratique de la Bienveillance.

La lucidité n’est pas une froide observation : c’est une veille vivante sur les signaux du corps, du psychisme, des liens et des milieux. La lucidité ne se ment pas et ne ment pas quel que soit le tableau. L'humilité est une juste conscience de soi et de ce qui n'est pas soi. Elle considère de manière systémique et systématique l'interdépendance qu'elle valorise. Elle est le mécanisme d’adaptation qui permet de rester ouvert à la rétroaction du monde. C’est aussi une condition de la régulation collective : reconnaître ses angles morts pour accueillir la corégulation. L’humilité s’applique :

  • à soi (écouter son corps et reconnaître la place déterminante et première du système nerveux autonome (SNA), et plus globalement de la santé).
  • à l’autre (ne pas savoir à sa place).
  • et et aux écosystèmes (ne pas prétendre maîtriser le vivant).
L'humilité et la lucidité donnent accès au droit à l'erreur et à l'indulgence.

Poser les fondements de la bienveillance, c'est ce que donne la structure de l'arbre. La connaissance de cette structure n'est qu'une étape au sein d'une spirale de maturation de la bienveillance en 3 étapes qui permet de passer d'une curiosité envers cette modélisation et son architecture à une mise en action. Cela passe par des seuils psychologiques, dont notamment celui qui fait passer de l'intention de bienveillance, éventuellement bloquée par un sentiment d'impuissance, à l'action de bienveillance et au cheminement de la bienveillance.

L'Émotion Transformatrice (ET) est le chaînon actif qui relie la bienveillance reçue ou observée à un changement durable de nos comportements. L’émotion transformatrice est celle qui, lorsqu’on est touché par un acte de bienveillance, ne se contente pas de provoquer un ressenti passager (joie, apaisement, gratitude) et des sensations qui peuvent être intenses, mais ouvre un espace de changement durable C'est un catalyseur qui ouvre un espace de transformation personnelle et de rayonnement social.

L'engagement juste est un pilier de la bienveillance répondant également à des problèmes sociétaux : d'un côté le burnout, de l'autre le sous-investissement et la sous-contribution, notamment par rapport aux enjeux écologiques (réchauffement climatique, destruction du vivant). Il interpelle particulièrement deux dimensions de la bienveillance en 4D.

  • Équilibre sous/sur-engagement : C'est la gestion comportementale de la fenêtre de tolérance. Le sur-engagement (burn-out) est la sortie par l'hyper-activation ; le sous-engagement (bore-out, retrait) est la sortie par l'hypo-activation. Il est lié au pilier Régulation.
  • Engagement dans les valeurs : C'est ce qui connecte le "Moi Je" (mes aspirations) au "Moi dans des Nous" (ma contribution au collectif).
L'engagement juste est l'état d'un système robuste qui alloue ses ressources de manière équilibrée (tempérance) en fonction des informations reçues (lucidité) pour maintenir sa structure (bienveillance en 4D). Il est crucial car il est la manière dont le système agit et dépense son énergie après avoir été informé par la lucidité et régulé par la tempérance et le ccontentement. Il est l'interface entre l'intention et l'action.

La pratique de la Bienveillance est conditionnée par l'état de notre Système Nerveux Autonome. S'il perçoit un danger, il ferme la porte à l'empathie, la rationalité et l'éthique.

"La bienveillance n’est pas d’abord une intention morale : elle devient possible lorsque le vivant est nourri, régulé et sécurisé dans son corps, son environnement et ses relations."Le fondement biologique explore plusieurs aspects :

  • Le trio Gènes, Environnement et Epigénétique : le potentiel biologique modulable
  • Les structures cérébrales et la neuroplasticité
  • Les neurones miroirs
  • Les neurotransmetteurs
  • Le métabolisme et l'énergie disponible
  • L'axe intestin-cerveau
  • Le 3R-SABA : nourrir les racines biologiques
  • Le Cocon de la Bienveillance
  • La porte neurophysiologique