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Le Mauvais Sort

Théatre des 13 vents

Created on December 3, 2025

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Transcript

dossier pédagogique

cOMMENCER

Extraits et citations

Présentation de la pièce

Imaginer

Présentation du CDN

Ecrire

Scénographie

Céline Champinot

Réfléchir

Bibliographie

Entretien

Jouer

Photos

Il s'agit de la seconde pièce du cycle de création L’Amour et l’Occident qui s’intéresse à l’amour passion, à la maladie d’amour. La première pièce du cycle, Juliette et Roméo sont morts, a été créée en 2023. Elle a été jouée au Théâtre des 13 vents puis en itinérance dans la région la saison dernière.

« Au temps de la catastrophe, le cabaret du Mauvais Sort déploie ses ruines : un théâtre incendié où l’on purge les images et les passions du monde occidental. Exorcisme jubilatoire aux couleurs hallucinées ou bain d’acide sulfurique, les numéros mêlent sketchs, chansons populaires d’amour malade, tours de magie et striptease. Sur la scène noire de cendre, un policier, une journaliste, un docteur et une chanteuse vedette rejouent notre fièvre insatiable de spectacle et de puissance, révélant le sort jeté à nos imaginaires et cherchant à le conjurer. Leur jouissance du désastre électrise le jeu, jusqu’à ce que le vertige amoureux fissure le cadre et ouvre une brèche. »

Générique

Texte et mise en scène : Céline Champinot ​ Avec Zakary Bairi, Anaïs Gournay, Cléa Laizé, Julien Villa Scénographie : Émilie Roy Lumière : Claire Gondrexon ​​ Costumes : Antonin Fassio ​ Son : Raphaël Mouterde ​ Arrangements : musique Antoine Girard ​ ​ Dramaturgie : Elise Bernard ​ Collaboration maquillage : Rébecca Chaillon ​ Confection costumes : Marie Delphin, atelier costumes du Théâtre des 13 vents Construction : François Fauvel, la Fonderie Stagiaires mise en scène : Salomé Baumgartner, Lucie Bonnefoy ​ ​ Production : groupe LA GALERIE, compagnie associée au Théâtre des 13 vents - CDN de Montpellier et au Studio théâtre de Vitry Coproduction : Théâtre des 13 vents - CDN de Montpellier, Théâtre de la Manufacture - CDN de Nancy, Studio-Théâtre de Vitry, Théâtre Varia Bruxelles, Théâtre de la Bastille, Maison des Métallos, Cie dans le ventre Avec le soutien de L’ENSAD de Montpellier, La Fonderie - Le Mans, Le T2G Centre Dramatique National de Gennevilliers, Le Théâtre Paris-Villette, Le Centre Dramatique National Besançon Franche Comté, L'Oeil-écoute ​

note d'intention

dossier de presse

dates

Le spectacle est coproduit par le Théâtre des 13 vents, qui est un centre dramatique national (CDN). Céline Champinot et son équipe travaillent à sa création au théâtre pendant un mois. Des répétitions sont ouvertes au public. Céline est une artiste associée au théâtre. Elle y a déjà présenté plusieurs pièces : Les Apôtres aux coeurs brisés, Le cercle de craie (création étudiante 2022), Juliette et Roméo sont morts.

+ sur le CDN

Le Centre Dramatique National (CDN)

Un CDN est une structure dirigée par un ou plusieurs artistes directement concernés par l’art dramatique. Il lui est confié une mission d'intérêt public de création dramatique, dans le cadre d'une politique nationale de développement de l'art du théâtre.

C'est un théâtre de service public, c’est-à-dire subventionné par l’Etat et les collectivités territoriales.

Le CDN de Montpellier, le Théâtre des 13 vents, est dirigé par Olivier Saccomano (auteur) et Nathalie Garraud (metteuse en scène) depuis 2018.

Travail de Céline Champinot au Théâtre des 13 vents

© Su Cassiano

Céline Champinot metteuse en scène, autrice et comédienne

sa bio

© Su Cassiano

Entretien avec Céline Champinot

Qu'est-ce qui a déclenché ton envie de devenir metteuse en scène ?
Le rôle que le théâtre doit jouer ?
Comment tu définirais ton théâtre ?

© Su Cassiano

Le titre

  • Que pensez-vous du titre ?
  • A quoi vous attendez-vous ?
Lisez ce que dit Céline Champinot à propos du titre

Faites vos jeux

Imaginez la pièce, à partir des éléments suivants
4 personnages
un policier
des chansons d'amour
le docteur
une journaliste
un cabaret en ruines
une vedette
Faites une liste de vos plus belles chansons d'amour

Faites vos jeux

Jouer

Imaginez que vous montez sur scène un soir, le coeur brisé par une rupture, et la personne est dans la salle. Imaginez. Vous êtes submergée. Vous vous enfuyez, vous sanglotez sur le trottoir, vous appelez un taxi, vous allumez une cigarette… et vous lâchez.

Jouez cette situation.
Comme les personnages de la pièce, faites un lip-sync sur

Pull Marine, chantée par Isabelle Adjani.

Je suis malade, chantée par Serge Lama

Extraits

Prologue - présentation des personnages
Une déclaration
Une remise de prix

Extraits

Voici le Policier : Stripteaseur de service, Autorité en quête de rôle, Fidèle à l’ordre, quel qu’il soit. L’uniforme lui va très bien, Mais il insiste pour l’enlever. Voici madame la Journaliste, Humoriste professionnelle. Journaliste humoriste. Ou humoriste journaliste, on ne sait plus très bien. Elle commente le désastre en riant, C’est commode : ça évite de choisir un camp. Voici notre Chanteuse Vedette. Celle qui chante l’amour comme on chante la mort. Jusqu’au jour où la mort vient chanter à sa place. Et moi, Monsieur le docteur, pour vous servir. Magicien de peu. Psychanalyste de bord de scène. Hypnotiseur sans âge. Au cabaret du mauvais sort Le pouvoir s’effeuille. L’amour se dissèque. Et le reste attend son tour.

Prologue

Extraits

Une déclaration

Un autre espace, un autre temps. La journaliste est assise seule à une table du cabaret. Le policier se change et se maquille en coulisse avec l’aide du docteur. On entend lointainement une reprise de « Je suis malade » à la trompette, quelqu’un siffle, une autre voix scande « Isabelle ! ». La vedette en peignoir monte sur scène et sourit à son public. LA VEDETTE. C’est un rêve et c’est un poème : J’ai rêvé que tu m’aimais. J’entrais dans une pièce où tu m’ahendais, tu étais alitée, et tu… ton visage était un peu boursouflé, tu étais presque laide, en fait tu dormais. Je me suis approchée de toi et tu m’as longuement regardée, avec cehe même intensité que tu as là quand tu me vois, tu as dit mon prénom … «Isabelle »… et tu m'as dit : « Je t’aime. Je pourrais mourir à tel point je t’aime.» La fenêtre était entrouverte et il y avait un rideau blanc qui flohait devant un portrait, et c’était moi en fait, j’étais dans un cadre sur le rebord de ta fenêtre et ce rideau qui était un voile me caressait. Et le vent rapportait des rumeurs de stade, des hymnes en plasTque et des sirènes de la police. Alors sans rien dire tu as pris ma main et tu l’as pressée sur tes lèvres. J’ai voulu m’enfuir, mais quand j’ai marché vers la porte, tu m’as redit : « Je t’aime. Je voudrais mourir, et je veux que tu meurs.» Et c’est là qu’on s’est embrassées, désespérément, on s’est embrassées à pleines bouches, et c’était fort vous comprenez ? C’était un baiser plein de ferveur, un premier baiser dans un monde en ruine, un baiser fou de désir et de malheur, mes joues étaient trempées tellement tu pleurais, tu les léchais avec ta langue. C’était un baiser tellement fort en fait, que je crois que j’ai eu un orgasme rien que de le rêver… Un premier baiser qui était déjà le dernier, le tout dernier baiser avant la catastrophe…

Extraits

Une remise de prix

MONSIEUR LE DOCTEUR. À présent, cher public : le moment est venu de remehre un prix ! Sans quoi, ce soir ne serait qu’un soir comme les autres… Mesdames-messieurs, voici donc l’heure de consacrer la femme qui chante l’amour en feu et nous enivre de ses cendres. Madame la Journaliste, à vous l’honneur ! LA JOURNALISTE à la vedette. Isabelle, tout le monde se souvient de ce concert maudit où tu avais sombré. Juste avant ta dernière chanson, « J’ai touché le fond », tu avais vu dans la salle cet amour passé. Un désespoir violent t’avait submergée. La main sur le coeur, tu regardais le public, bouche bée. Tu avais poussé un cri et tu étais tombée… Tu étais une femme brisée. Isabelle nous t’avons crue morte, mais tu nous es revenue, et plus éclatante, plus vengeresse que jamais. Toi qui sais faire bahre nos cœurs en les broyant sous tes talons. Toi, le meilleur du pire, l’image qui nous dispense de vivre, le gouffre qu’on ne peut combler. Tu es ce que nous voulons voir, l’histoire qu’on voulait raconter. La preuve qu’en souffrant avec style on peut devenir inoubliable. Alors ce soir, je te remets ce prix. Pas parce que tu l’as mérité - non, non, non. Mais parce que je t’aime… et que rien ne m’émeut plus que de te voir t’effondrer. Applaudissements. La vedette s’avance, tenant entre ses mains son coeur arraché, comme une relique.

Citations

I know you’re a good boy.

A votre avis quel est mon prix ? Et qu’est-ce que je vous dois ?

Le pouvoir s’effeuille,L’amour se dissèque, Et le reste attend son tour.

Et te dire que je t’aime n’est pas un abandon non, c’est un vertige, c’est une ouverture.

C’est vrai que ce n’est pas très délicat de rire à ses propres blagues.

Vous voulez guérir, voulez-vous payer ?

Imaginez que vous montez sur scène un soir, le coeur brisé par une rupture, et la personne est dans la salle. Imaginez. Vous êtes submergée. Vous vous enfuyez, vous sanglotez sur le trottoir, vous appelez un taxi, vous allumez une cigarette… et vous lâchez.

Mon âme ! Mon âme ! J’ai perdu mon âme, aidez-moi, je vous en supplie !

Ecrire

Pardon … Pardon ! Sorry for all the disasters, sorry for the catastrophes ! Pardon pour les mensonges, les mystifications, les contaminations, pardon… Pardon pour le temps volé, pardon pour les enfants qui travaillent, pardon pour les famines organisées, pardon pour les banques, le cac 40, le nasdaq, le dow jones, le nikkei…

Et vous, pour quoi demanderiez-vous pardon ? Réécrivez et poursuivez cette réplique du docteur.

Entre nous, il n’y aura pas de baiser. Ni de premier, ni de dernier.Pas de ferveur. Pas de monde en ruine. Pas de désir fou de malheur, mais…

Poursuivez cette réplique de la journaliste

Vous voudriez croire à l’amour, comme vous croyez au pouvoir de ce bout de papier ? (Il fait apparaître un billet de banque qui prend feu et se multiplie.) A un parfum nommé passion ? Au visage d’une célébrité ? (...) A quoi voulez-vous croire ? A qui ?

Que répondriez-vous à la question du docteur ?

Réfléchir

Nos chansons d’amour fou, nos films romantiques, nos tragédies classiques, ces refrains tristes pour jeunes gens exaltés, nous informent à l’avance que l’amour a un prix : la passion torturante, l’attente infernale, la terreur de l’abandon… De quoi sont faites ces oeuvres qui nous électrisent et nous rendent malades ? Et que nous font-elles ? Disent-elles quelque chose de notre rapport à l’obstacle, à la fatalité, à l’impossible ? Influencent-elles nos désirs, notre libido ?

L'amour fait-il nécessairement souffrir ?
Aimons-nous souffrir ?

"Quand la libido est atteinte, l’individu est malade. Notre société est malade. Malade de ses histoires d’amour ?"

Qu'en pensez-vous ?

Scénographie

Le Mauvais Sort se joue dans les ruines d’un cabaret. Le sol est noir, les rideaux sont noirs, le plateau semble avoir brûlé. Tout est suie, carbone et pétrole. À cour, une petite scène surélevée accueille les numéros : elle s’adresse tantôt au public dans la salle, tantôt à un petit public fictif installé à jardin autour de quelques tables. Les interprètes viennent s’y asseoir entre deux apparitions, dans un mélange de fiction et de coulisse à vue. Le plateau est jonché de gravats, noirs eux aussi — ce sont des morceaux de parpaings. Lorsqu’on marche dessus, ils se brisent, et le clair apparaît. L’effondrement est là, sous les pas, mais il révèle aussi. Le rideau de fond, ajouré, troué par le feu, laisse filtrer un arrière-plan mouvant. Derrière lui, plusieurs plans de rideaux – plastique brillant ou mat, coton gratté peint à la manière de Soulages, voilages noirs ou blancs – composent une profondeur visuelle travaillée en lumière et en texture. Il y aura un soin particulier porté à la matière de ces noirs : un noir changeant, vibrant, rugueux ou miroitant, selon les moments.

Dessinez la scénographie à partir des éléments de description de Céline Champinot

Bibliographie

Photos de JL. Fernandez

Contact

Service éducatif du Théâtre des 13 vents

Rolande Le Gal Chargée des relations publiques rolandelegal@13vents.fr et Alexandra Lacroix Professeure missionnée alexandralacroix-gosset@13vents.fr 04 67 99 25 12

reserver

Le Mauvais Sort part donc d’un trouble : celui que suscite la passion amoureuse dans nos sociétés modernes. Si l’Occident se vit comme un fantasme d’uniformité – de l’Amérique à la Chine – il n’est pourtant pas de régime, pas de communauté, qui ne cherche à neutraliser l’excès amoureux. Car l’amour, dans sa forme la plus éperdue, ouvre des zones de puissance et de vulnérabilité qui échappent à l’organisation sociale, à la logique du contrôle, à l’économie des rôles. Il inquiète. On cherche donc à le contenir — par le diagnostic, le rire, ou la mise en spectacle. Le Mauvais Sort est un cabaret pour quatre créatures : une vedette, un policier, une journaliste, un docteur. Quatre figures stylisées, grotesques, familières. Quatre archétypes du pouvoir confrontés à un effondrement intime : le surgissement du désir, la perte de contrôle, la possibilité d’un amour. Il ne s’agit pas de célébrer l’amour en général, mais de prendre au sérieux ce que ses formes les plus déstabilisantes peuvent faire à un individu, à un groupe, à une structure. Ce que cela défait. Ce que cela déplace.

Le Théâtre des 13 vents est un Centre Dramatique National. Maison d’artistes et de création, sa mission première est la production et l’accueil d’œuvres de théâtre contemporain, leur rencontre avec le public. Porté par Nathalie Garraud (metteuse en scène) et Olivier Saccomano (auteur), le projet du Théâtre des 13 vents se déploie depuis cinq ans selon un programme original : chaque mois, une équipe artistique est accueillie sur un temps long, avec la possibilité de présenter plusieurs pièces, et de mener des ateliers, des rencontres, des stages. L’allongement de la durée de présence des équipes artistiques sur le territoire, leur implication au cœur du projet du lieu, constituent un des axes majeurs du projet, répondant à une double nécessité, écologique et pédagogique : passer plus de temps dans un lieu et y jouer plus longtemps, construire un espace critique par l’abord de plusieurs pièces du même artiste, ouvrir un espace de recherche et d’expérimentation, développer la qualité des échanges avec le public, intervenir auprès de jeunes gens ou de publics spécifiques, dispenser des formations professionnelles… Le Théâtre des 13 vents développe également un programme de résidence pour les équipes artistiques de la région, sous l’appellation Studio Libre ; un programme d’itinérance avec des créations spécialement pensées et produites dans ce cadre ; un séminaire de recherche mensuel ; des formations professionnelles régulières au sein de La Fabrique, réunissant l’ensemble des outils et compétences du CDN, notamment les ateliers décor et costumes. Nathalie Garraud et Olivier Saccomano poursuivent au Théâtre des 13 vents leur travail de création, ils ont réuni autour d’eux une troupe de cinq acteur.ice.s permanent.e.s, engagés sur les créations comme sur les activités de formation, de sensibilisation, d’itinérance… augmentant encore la vie du théâtre d’une présence artistique quotidienne.