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Le bien-être À TRAVERS la vision de la CERC "Une Seule Santé Urbaine"

Solene

Created on November 23, 2025

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Le bien-être À TRAVERS la vision de la CERC "Une Seule Santé Urbaine"

Pourquoi et comment penser le bien-être dans une perspective Une Seule Santé ?

COMMENCER

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01

MISE EN CONTEXTE

06

URBAIN ET BIEN-ÊTRE

02

07

NATURE ET BIEN-ÊTRE

CONCEPTUALISATION

TROIS APPROCHES THÉORIQUES

CONSIDÉRATIONS POUR LA CERC

08

03

CRITIQUES DES APPROCHES THÉORIQUES

09

04

RÉSUMÉ

10

05

RÉFÉRENCES

ÉCHELLES D'ACTION

MENU

Mise en contexte

01

Approche conceptuelle

Une Seule Santé Urbaine

En pratique

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02.

LA DIMENSION PHILOSOPHIQUE

Au coeur de tout questionnement sur le bien-être réside une prise de position sur sa dimension philosophique. Cette prise de position est normative, elle repose sur des valeurs et des conceptions du monde qui dépassent le domaine scientifique, donc : "To endorse a measure of well-being is to take a philosophical stand." (Margolis et al, 2021, p.402).

Ce parti-pris philosophique influence non seulement la conceptualisation du bien-être, mais aussi son évaluation auprès des populations ainsi que son opérationnalisation, notamment dans les processus de gouvernance. Ainsi, le positionnement philosophique sur le bien-être devrait résulter d'un cheminement démocratique pour éviter son instrumentalisation selon des agendas particuliers qui pourraient nuire à la collectivité ainsi qu'à la nature.

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02.

LES CONCEPTIONS DU BIEN-ÊTRE

Ainsi, étudier une multitude de critères spécifiques à diverses conceptions du bien-être permettrait d'en avoir une meilleure compréhension. De plus, : "(...) in deciding which among many possible measures to use, choices will inevitably vary depending on the guiding questions of the research along with theoretical and contextual considerations." (Ryff et al, 2021, p.552).

Selon Margolis et al. (2021), cinq conceptions sont discutées dans la littérature contemporaine et occidentale sur le bien-être. Les différents critères pour mesurer le bien-être qui en découlent mettent en lumière des facettes différentes de la notion, d'où l'importance de mesurer une diversité de critères plutôt que de se focaliser exclusivement sur certains associés spécifiquement à une conception du bien-être ou sur un indicateur qui les amalgame (c'est souvent le cas avec des indicateurs sur la satisfaction de la vie).

Bien-être eudémonique
listes objectives
Bien-être hédonique
Satisfaction des désirs
satisfaction de la vie
Le bien-être découle de la satisfaction d'un ensemble de critères considérés comme bénéfiques pour un individu ou une collectivité et pouvant être adaptés selon les contextes
Le bien-être découle d'un processus d’épanouissement de son daimon (vrai soi/nature)
Le bien-être découle de la maximisation du plaisir et de la réduction de la souffrance
Le bien-être découle de la satisfaction de nos désirs et objectifs personnels
Le bien-être découle de la satisfaction de notre vie dans son ensemble selon nos idéaux, valeurs, attentes, etc.

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03.

TROIS APPROCHES THÉORIQUES

Il existe trois grandes approches théoriques du bien-être dans la recherche occidentale. Chacune articule divers concepts relatifs au bien-être (le bonheur et l’épanouissement par exemple) selon une manière spécifique de comprendre et de mesurer la notion.

Bien-être subjectif (SWB)
Les besoins humains et les capabilités
Bien-être psychologique

Ces théories : " (…) arise from different disciplinary traditions and tend to reflect the scope or concern of the academic discipline concerned. " (Joseph et McGregor, 2020, p.16).

  • Les psychologues s’intéressent surtout aux évaluations subjectives liées à l’état mental et émotionnel des individus.
  • Les spécialistes de la santé se concentrent sur des déterminants liés à la santé physique et mentale des individus.
  • Les économistes se focalisent sur les conditions matérielles liées au bien-être.

Néanmoins, leurs frontières conceptuelles et méthodologiques sont floues : des critères similaires pour mesurer le bien-être peuvent être partagés par les diverses théories

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Le bien-être Subjectif

  • La théorie du bien-être subjectif se focalise sur des états hédoniques comme le bonheur et la satisfaction des désirs/de la vie à partir d’auto-évaluations de ces états. Selon cette théorie, le bien-être résulte d’une prépondérance d’affects positifs plutôt que d’affects négatifs, un haut degré de satisfaction de sa vie ainsi qu’un sentiment de sens et de but.
  • En se focalisant sur les réponses subjectives des individus, la théorie du bien-être subjectif essaye de ne pas être orientée par les aprioris des chercheurs en demandant directement aux individus ce qu’ils pensent de leur propre état de bien-être. Ainsi, les tenants de cette théorie prétendent transformer des expériences subjectives en connaissances "objectives" à travers une approche conceptuelle "neutre" et une méthodologie empirique standardisée qui permet de quantifier des réponses subjectives.

En pratique

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Le bien-être psychologique

  • Conceptualisée par Caroll D. Ryff durant les années 1990 dans les champs de la psychologie positive et sociale, la théorie du bien-être psychologique s’intéresse aussi au bien-être en tant qu’un état mental étudié selon les réponses subjectives des individus.
  • Cependant, les critères ne sont plus hédoniques comme dans la théorie du bien-être subjectif, mais eudémoniques, relatifs au fonctionnement social et psychologique de la personne. Il est ici question d’étudier les fonctions positives qui permettent à une personne de vivre une bonne vie selon une perspective eudémonique.
  • Pour étudier ces fonctions positives, Ryff propose un modèle multi-dimensionnel du bien-être psychologique composé de six dimensions:
  1. Autonomie
  2. Sens de la vie
  3. Développement personnel
  4. Acceptation de soi
  5. Relations positives
  6. Contrôle de l’environnement

En pratique

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LES BESOINS HUMAINS ET LES CAPABILITÉS

  • Issues de critiques de la théorie du bien-être subjectif, diverses théories s’inscrivant dans l’approche "objective" du bien-être ont émergé en économie, en psychologie et dans les sciences du développement.
  • À partir des travaux de Maslow (1943) (sa théorie de la motivation humaine selon une hiérarchie de besoins) et de Rawls (1971) (sa théorie de la justice), trois approches théoriques du bien-être selon les besoins humains « objectifs » ont connu un certain succès dans la recherche sur le bien-être.

Approche des capabilités

Approche des besoins de base

Approche des besoins fondamentaux

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04.

LES CRITIQUES DES APPROCHES THÉORIQUES

Ces différentes approches théoriques mènent à la production de connaissances sur le bien-être reposant sur une grande quantité de données. La triangulation de leurs différentes perspectives permet de concevoir une approche holistique du bien-être. Toutefois, la mise en œuvre de chacune d’entre elles fait l’objet de critiques relatives à leur conceptualisation, leur prisme individuel et leurs biais culturels.

Critiques des biais culturels

Critiques du prisme individuel

Critiques conceptuelles

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BIEN-ÊTRE ET GOUVERNANCE

Qu'en est-il de la place du bien-être au sein des mécanismes de gouvernance ?

Le bien-être est à présent reconnu à sa juste valeur au regard de son utilité pour les processus de gouvernance et de prise de décisions. Depuis le début du 21ᵉ siècle, les méthodes pour l'intégrer dans la gouvernance se multiplient, variant selon les acteurs impliqués, les secteurs concernés et les différentes échelles d’action.

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05.

LES ÉCHELLES D'ACTIONS

LOCALE
NATIONALE
INTERNATIONALE

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Échelle internationale

Les organismes internationaux à l’échelle internationale jouent un rôle stratégique sur les processus de gouvernance. Leurs actions facilitent le travail aux autres échelles par le partage de connaissances et la mise en réseau des parties-prenantes. Plusieurs organismes internationaux mènent des recherches pour mesurer le bien-être et proposent des guides en la matière. Ainsi, ils rendent disponibles des connaissances relatives au bien-être, dont des données statistiques, des méthodes de recherche ainsi que des recommandations concernant son opérationnalisation dans le cadre de processus de gouvernance.

OECD

WHR

WEA

OMS

OECD framework

Wellbeing Economy Alliance

Word Happiness Report

OMS framework

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Échelle nationale

Des dizaines de pays mesurent le bien-être subjectif à travers le recueil de données statistiques et plusieurs d’entre eux ont mis en place des politiques visant sa promotion à des degrés différents dans leurs processus de gouvernance.

Tandis que certains pays s’en tiennent aux méthodes développées par des organisations internationales (comme celles de l’OCDE), d’autres les ont complétées avec des conceptions et des mesures reflétant leur culture, leurs valeurs et leurs intérêts. Ils ont diversement intégré les connaissances sur le bien-être dans leurs systèmes de gouvernance respectifs, certains se contentant d'en faire un outil d'aide aux décisions relativement "passif" alors que d'autres encadrent son intégration pour s'assurer qu'elle ait un impact sur l'élaboration des politiques publiques et les dépenses budgétaires. Jusqu'à présent, l'intégration du bien-être dans les processus de gouvernance nationaux a généralement eu un impact limité sur les tendances politiques et budgétaires. En effet, un décalage persiste entre la théorie, voulant remplacer la croissance économique par le bien-être comme objectif premier du système économique, et sa mise en pratique.

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Échelle locale

Étant donné les difficultés pour transformer les sociétés via le bien-être aux échelles internationales et nationales, l’échelle locale serait davantage propice tant à la conceptualisation du bien-être qu’à son opérationnalisation (Grimes, 2021).

Concevoir le bien-être comme une notion relationnelle et située implique qu'il n’y en a pas de définition apriori ou objective, car il émerge de nos relations complexes et dynamiques avec la communauté, l’environnement, le système économique, etc. Sa compréhension nécessite donc de passer par des processus à une échelle micro comme converser avec les populations locales ainsi que réaliser des exercices participatifs avec elles. De plus, une telle approche participative permet aux diverses parties prenantes de s'impliquer dans un processus de réflexion collectif sur leur vie ensemble et dans les actions qui en découlent. Cette conception partagée du bien-être permet de dépasser son prisme individuel et de le concevoir comme un processus (plutôt qu’une fin en soi) pour faire advenir un monde souhaitable, durable et équitable. Voici deux exemples d'approches à cette échelle permettant de faire émerger une conception collective du bien-être et d'avoir un impact sur les communautés.

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ZOOM SUR LA NOUVELLE-ZÉLANDE

RECHERCHE ACTION

INITIATIVES COMMUNAUTAIRES

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06.

URBAIN ET LE BIEN-ÊTRE

L'échelle urbaine est de première importance pour faire face aux enjeux mondiaux ayant des répercussions sur le bien-être (échelle "glocale"). D'un côté, elle en est un des moteurs des plus importants compte tenu de sa masse démographique, son influence sur le système économique mondial et son poids environnemental. D'un autre côté, elle en est aussi le théâtre puisque les crises écologiques et sociales y sont particulièrement exacerbées, résultant en diverses conséquences néfastes sur la santé et le bien-être de ses habitants. De nombreuses études soulignent l'impact, à ces égards, de certaines des dimensions physiques (densité, aménagement, pollution, artificialisation, etc.) et des phénomènes psycho-sociaux (inégalités socio-économiques/spatiales, relations sociales, capital social, sentiment d'appartenance, etc.) qui caractérisent la vie urbaine.

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URBAIN ET LE BIEN-ÊTRE

Ainsi, une gouvernance urbaine efficace, notamment des secteurs liés à la planification et au développement urbain, est indispensable pour le bien-être de tous.tes. L'approche Une Seule Santé Urbaine mobilise plusieurs principes pour mener à bien un modèle de gouvernance favorable au bien-être holistique : - Le bien-être est compris dans toute sa complexité puis intégré dans l'ensemble des processus de gouvernance. -La transdisciplinarité et l'intersectorialité sont de mise afin de mobiliser un ensemble de parties prenantes à diverses échelles du système de gouvernance, brisant ainsi les silos traditionnels et replaçant les acteurs locaux, notamment civils et marginalisés, au coeur du processus décisionnel. -L'équité, entre humains et plus qu'humains, est à prendre en compte dans chaque décision, du fait de notre interdépendance commune et de la nécessité de lutter contre les inégalités sociales et l'anthropocentrisme.

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07.

LA NATURE ET LE BIEN-ÊTRE

Notre rapport à la nature est anthropocentré : les intérêts humains sont priorisés au détriment des systèmes écologiques, résultant en d'innombrables conséquences sur ces derniers (observables notamment à travers l'évaluation des neuf limites planétaires). Étant donné que notre bien-être dépend de la nature (notamment ses ressources naturelles, ses services écosystémiques et sa valeur culturelle), la détérioration de celle-ci a des impacts humains désastreux, particulièrement sur des populations déjà vulnérables dû à leur précarité socio-économique et leur localisation géographique par exemple. Parallèlement à un réchauffement climatique global, les enjeux environnementaux tels les feux de forêt, les inondations, les évènements météorologiques extrêmes et la perte de la biodiversité continuent de s'accentuer occasionnant un appauvrissement du bien-être humain et plus qu'humain.

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LA NATURE ET LE BIEN-ÊTRE

En contexte urbain, diverses formes d'espaces verts comme les jardins, les parcs, les corridors verts et les espaces végétalisés (pelouses, arbres, buissons, etc.) sont associées à de multiples bénéfices sur le cadre de vie, concernant tant les écosystèmes locaux que les humains/non humains. Pourtant, malgré l'abondance d'études confirmant leurs bienfaits, l'intégration d'espaces verts urbains peut passer derrière des intérêts alternatifs dans la planification et l'aménagement urbain (comme ceux de la rentabilité et du profit économique). De plus, le manque d'espaces verts peut venir accentuer des inégalités socio-spatiales entre des quartiers. Une volonté politique forte est nécessaire pour permette à une diversité de partie prenantes de travailler ensemble afin d'augmenter tant la quantité que la qualité des espaces verts urbains.

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08.

QUELLES CONSIDÉRATIONS POUR LA CERC ?

Considérations épistémologiques

Considérations conceptuelles et théoriques

Considérations méthodologiques

Considérations pour l'opérationnalisation

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CONSIDÉRATIONS CONCEPTUELLES ET THÉORIQUES

La nature multi-dimensionnelle du bien-être Le bien-être est une notion complexe imbriquée dans d'innombrables systèmes, notamment politiques, culturels, sociaux, économiques, etc. Tant ses dimensions subjectives (perceptions individuelles et collectives relatives à des critères hédoniques, eudémoniques et autres) que ses facteurs objectifs (indicateurs contextuels, matériels, etc.) doivent être pris en compte lors de son étude puisqu'ils sont complémentaires. Chaque champ disciplinaire apporte son grain de sel pour comprendre le bien-être. L’intégration de l'ensemble des connaissances qui en découlent dans une approche transdisciplinaire permet la compréhension holistique du bien-être dans toute sa complexité. La conceptualisation du bien-être holistique Une conceptualisation holistique du bien-être reconnaît la notion comme située plutôt qu’universelle, comme un processus émergent plutôt qu’un état statique et comme traversant de multiples niveaux plutôt que confiné au domaine de l’individu. Cette conceptualisation du bien-être se fonde sur deux concepts clés, ceux de "relationnalité" et de "système complexe". Parmi d'autres approches pertinentes, la théorie du bien-être socio-écologique intègre ces diverses considérations conceptuelles.

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CONSIDÉRATIONS ÉPISTÉMOLOGIQUES

Le rôle performatif de la recherche

  • La recherche sur le bien-être et les connaissances qui en découlent sont performatives du bien-être, c’est-à-dire que les conceptions dominantes du bien-être sont influencées par la description qu’en fait la science. Selon Gibson-Graham (2014), nos représentations du monde contribuent à le façonner et cela vaut aussi pour la science : celle-ci, en influençant nos représentations, façonne finalement la société. Ainsi, le concept de bien-être peut non seulement décrire le monde, mais aussi le construire.
  • Plutôt que d'appliquer à différentes communautés leur propre conception du bien-être, potentiellement biaisée par des questions normatives, les chercheur.es devraient d'abord faire émerger une conception du bien-être spécifique à une communauté pour, ensuite, la proposer aux acteurs de la gouvernance.
  • Pour identifier cette conception holistique et relationnelle du bien-être, les chercheur.es peuvent utiliser une approche transdisciplinaire et inclusive.

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CONSIDÉRATIONS ÉPISTÉMOLOGIQUES

Une approche transdisciplinaire et inclusive

  • La transdisciplinarité est un mode alternatif de production des connaissances qui reconnait la complexité des enjeux contemporains et, donc, la nécessité de prendre en compte des connaissances de sources variées, provenant tant de disciplines différentes que de secteurs différents. Plutôt que strictement considérer les connaissances scientifiques, les savoirs qui découlent du vécu des individus/groupes sociaux (lay knowledge) sont aussi utilisés dans l'élaboration de solutions innovantes pour faire face aux enjeux contemporains.
  • Ainsi, une approche transdisciplinaire permet de comprendre les expériences et les perceptions humaines à la lumière des relations avec leur environnement. Plutôt qu’un état défini selon des catégories préétablies, le bien-être est compris comme un "open-ended phenomenon" émergeant de nos relations sociales et avec l’environnement.

"Wellbeing must be conceptualised as a system, within which the interconnectedness of the individual in relation to their communities and environments must be explored while appreciating the impacts of socio-contextual factors (e.g., inequality, culture) that influence wellbeing and behaviour change theory to identify sustainable solutions for improving wellbeing." (Mead et al, 2021, p.2).

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CONSIDÉRATIONS MÉTHODOLOGIQUES

Pour faire émerger une conception holistique du bien-être, la recherche est : "(…) best supported by a mix of methods that provide qualitative narratives to explain them." (Searle et al, 2021, p.8).

D’un côté, les approches étiques et quantitatives sont utiles pour identifier des tendances/similitudes ainsi que des corrélations sur de grands échantillons afin de répondre à la question « how happy are people? ». D’un autre côté, les approches émiques et qualitatives révèlent la nature complexe et relationnelle du bien-être à travers les expériences subjectives des individus et l’étude des relations dynamiques dont découle le bien-être afin de répondre à la question «how are people happy ? »

APPROCHES ÉTIQUES ET ÉMIQUES
MÉTHODOLOGIE PARTICIPATIVE
méthodologies qualitatives et quantitatives

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CONSIDÉRATIONS OPÉRATIONNELLES

échelle locale
ÉCHELLES INTERNATIONAES ET NATIONALES

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ÉCHELLE LOCALE

Compte tenu de sa proximité avec la population locale et de la nature émergente et située du bien-être, l'échelle locale est propice à l'élaboration d'une définition collective du bien-être à travers une approche bottom-up, participative et inclusive. D'abord, cette méthode pour étudier le bien-être permet de faire émerger une conception holistique du bien-être difficilement mesurable par des méthodes préétablies, standardisées et quantitatives. En effet, une approche émique et proche du terrain est favorable à l’utilisation de méthodes qualitatives qui permettent d’étudier en profondeur les dynamiques et les relations complexes sous-jacentes au bien-être. Ensuite, l’opérationnalisation des connaissances sur le bien-être qui découle d'un tel processus à cette échelle est davantage démocratique, représentative des besoins/intérêts locaux ainsi que bénéfique pour l’identité et la cohésion de la communauté. En effet, à travers une approche participative, une diversité de parties prenantes incluant la société civile peut participer à l’identification du bien-être ainsi qu’à l’élaboration des mesures pour mettre en œuvre leur vision collective. De plus, la réalisation de cette dernière est d’autant plus probable qu’une diversité de parties prenantes a activement participé à la façonner à travers un processus discursif et collectif.

Diverses méthodes d'opérationnalisation à cette échelle locale ont été mises en oeuvre pour agir sur le bien-être des communautés en les faisant participer activement. Voici deux exemples :

Urban Living Labs

Nature Based Solutions

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Urban living lab

Les "Urban Living Labs" (ULL) sont des initiatives urbaines qui visent à concevoir des solutions innovantes aux enjeux urbains complexes via des méthodes de recherche transdisciplinaires, de co-création et d'expérimentation. Les ULL représentent un nouveau mode de gouvernance et de planification urbaine basé sur une collaboration accrue d'une diversité d'acteurs (publics, privés, académiques et citoyens) à travers un processus flexible ouvert à l'évaluation, la modification et l'amélioration continue permettant la mise en œuvre de solutions durables, équitables et représentatives des besoins locaux . Ainsi, l'approche de co-création et l'intervention urbaine concrète qui découlent des ULL améliorent le le bien-être des communautés puisqu'elles répondent rapidement à des besoins urgents tout en créant des bases pour des développements sur le long terme à travers le design de scénarios alternatifs et l'élaboration d'une définition collective du bien-être permettant de souder la population derrière un objectif commun.

Aurora Apartment Building

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Nature based solutions (NBS)

Les "Nature Based Solutions" (NBS) sont des actions visant à utiliser l'exposition à la nature pour améliorer la santé et le bien-être humains tout en luttant contre divers enjeux socio-écologiques comme la perte de biodiversité, les catastrophes naturelles et le réchauffement climatique Divers organismes internationaux les promeuvent pour leur efficacité, leur rentabilité et leur inclusivité. La forme des NBS varie grandement selon divers facteurs comme le système de gouvernance, le contexte local et la nature de l’enjeu combattu. De manière générale, les NBS peuvent être répartis en trois types : les NBS basés sur la protection et la gestion durables de systèmes naturels existants, comme les forêts, avec une intervention minimale ou nulle (type 1); les NBS basés sur la restauration ou la gestion d’écosystèmes traditionnels, comme l’agroforesterie, pouvant nécessiter une intervention significative (type 2); les NBS basés sur la création de nouveaux écosystèmes, comme des murs et des toitures végétalisés.

Koa Hill

Pour répondre aux besoins locaux et mobiliser les parties prenantes sur le terrain, les NBS sont de plus en plus implémentées dans des contextes urbains. L'objectif est de renforcer les liens entre les humains et la nature en ville tout en mettant de l'avant les principes de justice sociale, de participation et d'inclusivité afin d'intégrer des populations et des savoirs (autochtones par exemple) potentiellement marginalisés. Ainsi, en plus de produire des actions davantage efficaces localement, les acteurs communautaires deviennent des agents du changement.

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ÉCHELLES INTERNATIONALES ET NATIONALES

L'opérationnalisation de connaissances sur le bien-être à ces échelles est difficile à mettre en œuvre pour de nombreuses raisons, tant conceptuelles (simplification de la notion par l’agrégation de ses composants et conception en tant qu’état statique plutôt que processus relationnel), qu'épistémologiques (l’approche étique occulte sa nature émergente et complexe) et méthodologiques (questions standardisées, traduction en données quantitatives, réponses influençables par des variables parasites, etc.). Certains pays avant-gardistes, comme le Pays de Galles, montrent qu'il est possible d'avancer vers un nouveau narratif dominant qui se base sur l'objectif collectif du "vivre bien collectivement", justifiant ainsi une participation active du gouvernement dans la société afin que l'ensemble de la population, notamment ses groupes vulnérables, disposent de ressources suffisantes pour vivre bien. Ainsi, l’opérationnalisation du bien-être à travers les processus de gouvernance macro devrait se focaliser sur l’environnement dans lequel les individus vivent ainsi que sur leurs capabilités (leur capacité à vivre comme bon leur semble) plutôt que sur la maximisation du bien-être individuel et subjectif. Pour ce faire, plusieurs méthodes peuvent être mises en œuvre à cette échelle macro de la gouvernance :

Empowerment

Grille multi-dimensionnelle

Sensibilisation

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RÉSUMÉ

09.

Selon les principes (justice, équité, écologie) et la mission (conseiller les processus de gouvernance urbains) de la Chaire d'USSU, le bien-être devrait être conceptualisé et utilisé selon une approche holistique. Cette approche peut être envisagée selon ces quatre angles :

Conceptuel

Épistémologique

Opérationnel

Méthodologique

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10.

RÉFÉRENCES SCIENTIFIQUES

Articles et chapitres : 1- Blezer, S., Abujidi, N., & Sap, H. (2024). Urban living labs as innovation infrastructure for local urban intervention acceleration and student social learning : The impacts on community wellbeing in Heerlen. Frontiers in Public Health, 11. https://doi.org/10.3389/fpubh.2023.1242151 2- Chovancová, J., Kabus, J., & Piersiala, L. (2024). Urban Lab as a Tool to Improve the Quality of Life of City Dwellers According to the Smart City Concept. In The Use of In-formation and Communication Technologies (ICT) in the Management of the Innova-tive and Smart City. CRC Press. 3- Cieslik, M. (2021). Developing qualitative, biographical research into happiness and wellbeing : A sociological perspective. In A Modern Guide to Wellbeing Research (p. 68 83). Edward Elgar Publishing. https://china.elgaronline.com/edcollchap/edcoll/9781789900156/9781789900156.00013.xml 4- Manzo, L., & Desanto, R. (2025). Chapter 5—City life and well-being. In A. S. Devlin (Éd.), Environmental Psychology and Human Well-Being (Second Edition) (p. 123 146). Academic Press. https://doi.org/10.1016/B978-0-443-23536-8.00005-8 5- McEvoy, D., Tara, A., Vahanvati, M., Ho, S., Gordon, K., Trundle, A., Rachman, C., & Qomariyah, Y. (2024). Localized nature-based solutions for enhanced climate resilience and community wellbeing in urban informal settlements. Climate and Development, 16(7), 600‑612. https://doi.org/10.1080/17565529.2023.2277248 6- McGregor, S. L. T. (2020). Conceptualizing Trans Well-being within Transdisciplinarity. Transdisciplinary Journal of Engineering & Science, 11. https://doi.org/10.22545/2020/00130 7- Mesa-Vieira, C., Gonzalez-Jaramillo, N., Díaz-Ríos, C., Pano, O., Meyer, S., Menassa, M., Minder, B., Lin, V., Franco, O. H., & Frahsa, A. (2023). Urban Governance, Multisectoral Action, and Civic Engagement for Population Health, Wellbeing, and Equity in Urban Settings : A Systematic Review. International Journal of Public Health, 68, 1605772. https://doi.org/10.3389/ijph.2023.1605772 8- Nayak, P. K., & Pradhan, S. K. (2023). Interdisciplinary Perspectives on Social-ecological Wellbeing. In S. Chetri, T. Dutta, M. K. Mandal, & P. Patnaik (Éds.), Hand-book of Happiness : Reflections and Praxis from Around the World (p. 205 219). Springer Nature. https://doi.org/10.1007/978-981-99-2637-4_10

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RÉFÉRENCES SCIENTIFIQUES

9- O’Mahony, T. (2022). Toward Sustainable Wellbeing : Advances in Contemporary Concepts. Frontiers in Sustainability, 3. https://doi.org/10.3389/frsus.2022.807984 10- 42. Ryff, C. D., Boylan, J. M., & Kirsch, J. A. (2021). Eudaimonic and Hedonic Well-Being : An Integrative Perspective with Linkages to Sociodemographic Factors and Health. In M. T. Lee, L. D. Kubzansky, & T. J. VanderWeele (Éds.), Measuring Well-Being : Inter-disciplinary Perspectives from the Social Sciences and the Humanities (p. 0). Oxford University Press. https://doi.org/10.1093/oso/9780197512531.003.0005 11- Salerno, J., Aguirre, A. A., Aguirre, L. F., Bonacic, C., Bosco-Lauth, A., Breck, S. W., Gitonga, P. N., Goldstein, T., Gonzalez, M. N., Hoag, D. L. K., Mayo, C., Mizia, J., Raynor, E. J., Ritten, J., Sherman, T. J., Shockley, K., Sukumar, R., Thekaekara, T., Titcomb, G., … Crooks, K. R. (2025). Transdisciplinary research priorities for a One Health approach to human–wildlife coexistence. BioScience, biaf026. https://doi.org/10.1093/biosci/biaf026 12- Searle, B. A., Pykett, J., & Alfaro-Simmonds, M. J. (2021). Introduction to wellbeing re-search. In A Modern Guide to Wellbeing Research (p. 1 21). Edward Elgar Publishing. https://china.elgaronline.com/edcollchap/edcoll/9781789900156/9781789900156.00008.xml 13- Smith, T. S., & Dombroski, K. (2021). Practicing wellbeing through community econo-mies : An action research approach. In A Modern Guide to Wellbeing Research (p. 84 102). Edward Elgar Publishing. https://www.elgaronline.com/display/edcoll/9781789900156/9781789900156.00014.xml 14- Sollis, K., Biddle, N., Maulana, H., Yap, M., & Campbell, P. (2024). Measuring Wellbeing Across Culture and Context – are we Getting it Right? Evaluating the Variation in Wellbeing Conceptualisations Throughout the World. Social Indicators Research, 174(1), 123 155. https://doi.org/10.1007/s11205-024-03382-z 15- VanderWeele, T. J., & Johnson, B. R. (2025). Multidimensional versus unidimensional approaches to well-being. Nature Human Behaviour, 9(5), 857 863. https://doi.org/10.1038/s41562-025-02187-5 16- White, S. C. (2017). Relational wellbeing: Recentring the politics of happiness, policy and the self. Policy & Politics, 45(2), 121-136. https://doi.org/10.1332/030557317X14866576265970

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RÉFÉRENCES SCIENTIFIQUES

17- Yates, A., Dombroski, K., & Dionisio, R. (2023). Dialogues for wellbeing in an ecologi-cal emergency : Wellbeing-led governance frameworks and transformative Indige-nous tools. Dialogues in Human Geography, 13(2), 268 287. https://doi.org/10.1177/20438206221102957

Ouvrages : 1- Fabian, M. (2022). A theory of subjective wellbeing. Oxford University Press; WorldCat. https://search.ebscohost.com/login.aspx?direct=true&scope=site&db=nlebk&db=nlabk&AN=33144682- Joseph, J., & McGregor, J. A. (2020). Wellbeing, Resilience and Sustainability : The New Trinity of Governance. Springer International Publishing. https://doi.org/10.1007/978-3-030-32307-3 3- Lee, M. T., Kubzansky, L. D., & VanderWeele, T. J. (2021). Measuring Well-Being : In-terdisciplinary Perspectives from the Social Sciences and the Humanities. Oxford University Press. https://doi.org/10.1093/oso/9780197512531.001.0001 4- Searle, B. A., Pykett, J., & Alfaro-Simmonds, M. J. (2021). A Modern Guide to Wellbeing Research. Edward Elgar Publishing. https://doi.org/10.4337/9781789900163 5- Smith, T. S. J. (2019). Sustainability, Wellbeing and the Posthuman Turn. Springer In-ternational Publishing. https://doi.org/10.1007/978-3-319-94078-

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RÉFÉRENCES INSTITUTIONNELLES

Publications : 1. Government of Canada. (2021, avril). A recovery plan for jobs, growth and resilience. Budget 2021, Government of Canada. https://budget.canada.ca/2021/home-accueil-en.html 2. New Zealand Government. (2025, mai). Budget at a Glance, The Growth Budget, Budget 2025, New Zealand Government. https://www.treasury.govt.nz/publications/glance/budget-glance-2025 3. OECD. (2024). How's Life? 2024: Well-being and Resilience in Times of Crisis, OECD Publishing, Paris. https://doi.org/10.1787/90ba854a-en 4. StatCan. (2025, février). Biennial Review of the Quality of Life Indicators. https://www.statcan.gc.ca/hub-carrefour/quality-life-qualite-vie/biennial-review-examen-biennal-eng.htm#b1 5. The Treasury (2022, avril). The Living Standards Framework Dashboard, New Zealand Treasury. https://www.treasury.govt.nz/publications/tp/livingstandards-framework-dashboard-april-2022 6. WeAll. (2021). Wellbeing economy policy design guide. How to design economic pol-icies that put the wellbeing of people and the planet first. Wellbeing Economy Alli-ance. https://www.weall.org/policyguide 7. Welsh Government. (2015). Well-being of Future Generations (Wales) Act 2015, Essentials Guide. Welsh Government. https://www.gov.wales/well-being-future-generations-act-essentials 8. WHO. (2023). Achieving well-being : A global framework for integrating well-being in-to public health utilizing a health promotion approach. World Health Organization. https://iris.who.int/handle/10665/376200 Pages web : 1. Quality of life hub (Statistics Canada). https://www.statcan.gc.ca/hub-carrefour/quality-life-qualite-vie/index-eng.htm 2. Wellbeing Economy Alliance (WeAll). https://weall.org/

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oneurbanhealth.ca

Issu du travail de maîtrise réalisé par Pablo Aguiar dans le cadre de la maîtrise en environnement et en développement durable avec une spécialisation en perspectives d'aménagement à l'Université de Montréal. Avec le soutien de Solène Dupont.

Théorie du bien-être socio-écologique

Découlant de la théorie du bien-être social, celle du bien-être socio-écologique repose sur une conceptualisation holistique du bien-être qui distingue trois dimensions : matérielle (besoins tangibles et physiques), subjective (perceptions et expériences individuelles) et relationnelle (interactions entre les individus et l'environnement), auxquelles s’ajoute une dimension environnementale (facteurs écologiques et environnementaux). Dans chacune de ces dimensions, divers facteurs peuvent être définis comme participant au bien-être dont, par exemple, l'accès à suffisamment de nourriture, le sentiment d'épanouissement, la qualité des relations interpersonnelles ainsi que la proximité avec des espaces verts. En plus d'intégrer une dimension collective du bien-être à travers la prise en compte de facteurs qui dépassent le prisme individuel comme le sentiment d'appartenance ou celui de sécurité dans un certain contexte, la dimension environnementale met en avant l’interdépendance entre les humains et la nature, dépassant une vision anthropocentrique et strictement individuelle du bien-être. Celui-ci est le produit de l'interaction complexe entre des réalités contextuelles composées de nombreuses conditions (sociales, économiques, environnementales, politiques et culturelles) et des individus/groupes humains.

Impact de la dimension philosophique

À titre d'exemple, si le bien-être est considéré comme relevant du plaisir et de la satisfaction des désirs individuels (école hédonique), il est étudié et mesuré selon ces critères plutôt que d'autres. L'opérationnalisation des connaissances ainsi produites risque alors de se limiter à promouvoir ces critères, faisant l'impasse sur d'autres dimensions du bien-être, notamment sociales, collectives et liées à la nature. Ainsi, il est primordial de reconnaître que derrière sa façade technocratique et "objective", toute conception du bien-être se fonde sur des positions philosophiques qui devraient découler d'un processus démocratique compte tenu de leur caractère normatif. "Different conclusions drawn from different measures of well-being can lead to major differences in recommended public policy and major differences in the assessment of people’s lives." (Margolis et al, 2021, p.402).

Chaque composante doit être analysée séparément des autres (par exemple, un affect négatif n’est pas le contraire d’un affect positif). Pour ce faire, les chercheurs utilisent des questions relativement simples et directes visant à mesurer les évaluations individuelles du bien-être comme, par exemple, cette question populaire pour mesurer la satisfaction de la vie :

De nombreuses études ont mesuré le bien-être à travers cette théorie, souvent en se basant sur le modèle tripartite développé par Ed Diener (1984). Celui-ci comprend trois composantes :

  • Affects positifs
  • Affects négatifs
  • Satisfaction de vie

"Overall, how satisfied are you with life as a whole these days? (…), with response options typically varying from 0 = completely unsatisfied to 10 = completely satisfied." (VanderWeele et Johnson, 2025, p.858).

Empowerment
Un exemple intéressant à l'échelle internationale est celui des WeAll hubs. Ce dernier est un réseau de hubs locaux répartis dans plusieurs pays, désireux d’initier une transformation de leur territoire selon leur conception située du bien-être. Ainsi, les hubs servent de catalyseurs pour faciliter la communication entre une diversité de parties prenantes à diverses échelles, le partage de connaissances et de pratiques et la co-création d’initiatives intersectorielles. Grâce à leur intégration dans un réseau international, de nombreux hubs travaillent ensemble pour partager leurs ressources, leurs idées/expériences et faire des collaborations entre membres facilitant ainsi leur fonctionnement et augmentant leur impact sur le terrain. (https://weall.org/hubs-guide) Un autre exemple concerne les Urban Living Labs et les Nature Based Solutions. À l’échelle locale, ces deux approches permettent de relier la qualité de l’environnement bâti, la nature et le bien-être des communautés afin d’aligner les actions locales sur les objectifs mondiaux convenus et de faire face aux enjeux urbains. De plus, puisque ces deux approches intègrent diverses parties prenantes locales dans leurs processus, elles permettent non-seulement de mieux répondre à leurs besoins, mais aussi de renforcer leur confiance envers le système démocratique et les institutions.
Les acteurs de la gouvernance à l'échelle macro peuvent soutenir des initiatives (empowerment) aux échelles micro. Le risque ici est qu’ils se contentent de "gouverner à distance" en n’offrant que des recommandations ainsi qu’en repoussant leurs responsabilités sur les individus et les collectivités. Néanmoins, à travers une approche de démocratie active passant par un soutien tangible aux communautés et un regard sur les enjeux de solidarité et de justice sociale (plutôt que les conditions matérielles individuelles), un processus d’empowerment peut faciliter le développement d’initiatives territoriales qui reflètent les intérêts des populations sans effacer le rôle du gouvernement sur les causes systémiques et structurelles du bien-être.

Une seule santé urbaine

La chaire de recherche Une Seule Santé Urbaine a pour mission d’accompagner les systèmes de gouvernance dans leur lutte face aux enjeux "glocaux" à travers une approche One Health et des solutions innovantes qui s’en inspirent. Selon Salerno et al. (2025), l’approche One Health vise à intégrer le bien-être humain avec celui des animaux (domestiques et autres) et des écosystèmes au sein de : " (…) systems where humans, wildlife, and domestic animals share space and where the complexity of coexistence demands innovative, trans-disciplinary approaches. " (Salerno et al, 2025, p.1).

Besoins de base

L'approche des besoins de base met l’emphase sur la satisfaction de certains besoins essentiels comme vivre décemment et sortir de la pauvreté. En effet, elle a développé un : "(…) moral and political argument to address poverty, in the form of core physiological needs for food, water, shelter and clothing. " (O’Mahony, 2022, p.5). La focalisation sur les besoins de base s’est retrouvée dans les principes du développement durable et ses « besoins essentiels ». Cette approche a rapidement été critiquée compte tenu de la portée limitée des besoins de bases pour comprendre et répondre à des enjeux complexes comme la pauvreté et le bien-être. En effet, ces besoins de base sont, en pratique, généralement axés sur des besoins matériels, comme des ressources financières et alimentaires, au détriment des besoins non-matériels, pourtant eux aussi très importants, comme l’autonomie et la liberté.

  • À titre d'exemple, un projet de NBS a eu lieu à "Koa Hill", un campement informel à Honiara (capitale des îles Salomon) afin de mitiger les impacts d'inondations et de glissements de terrain ainsi qu'améliorer le cadre de vie de la communauté et le bien-être collectif.
  • Concrètement, le projet à suivi ces 8 étapes : (1) consultations communautaires d'informations; (2) enquêtes de terrain; (3) tables rondes de co-production; (4) préparation des sites avec les parties prenantes; (5) ateliers de formation sur l'utilisation d'herbe de vétiver; (6) réalisation des projets de NBS; (7) retour de fin de projet et présentation des résultats; (8) processus d'évaluation et de suivi en continu.
  • Le succès du projet réside non seulement dans la mise en œuvre d'actions ayant amélioré la résilience de la communauté locale, mais surtout dans la participation de cette dernière durant les phases de conception, de réalisation et, surtout, de suivi du projet. Ainsi, l'agentivité et l'expertise de la communauté locale a été renforcée, tout en mitigeant les impacts d'aléas naturels, améliorant le bien-être collectif ainsi qu'en soudant la population derrière le projet. Étant donné leur efficacité et l'engouement de la population locale, le maintien des actions sur un temps long, ce NBS a inspiré d'autres communautés à suivre un tel processus

Bien-être holistique

Critiquant une conception partielle du bien-être mobilisée dans de nombreuses recherches, des auteur.es suggèrent plutôt d'en étudier une conception holistique.Une conception holistique du bien-être considère ses diverses dimensions et niveaux. Elle reconnait que le bien-être humain est dépendant de nombreux systèmes socio-écologiques. Ainsi, une approche holistique nécessite la mobilisation d'une diversité de pratiques et de savoirs, tant subjectifs qu'objectifs et tant scientifiques qu'alternatifs, à travers une approche transdisciplinaire.

Bénéfices des espaces verts urbains

Les espaces verts urbains améliorent les écosystèmes locaux en limitant les ruissellements, en réduisant les îlots de chaleur, en améliorant la qualité de l’air et en créant des zones tampons, tout en soutenant la biodiversité. Ils offrent aussi de nombreux bénéfices pour le bien-être humain. Collectivement, ils facilitent les rencontres et les activités sociales ou culturelles, renforçant la cohésion, l’inclusion et la sécurité du quartier. Individuellement, ils favorisent la santé physique (moins de stress, de problèmes cardio-vasculaires, de sédentarité), la santé mentale (réduction de la fatigue, de l’anxiété, de la dépression) et l’épanouissement grâce aux activités qu’ils rendent possibles.

Biais culturels

  • Les diverses théories présentées sont critiquées pour leurs biais culturels liés aux narratifs dominants dans nos sociétés occidentales et aux champs disciplinaires dont elles émergent. Ces biais se reflètent dans leurs conceptions du bien-être et leurs méthodologies (choix des critères, questions, populations à l’étude, etc.).
  • Par ailleurs, le simple acte de mesurer implique une échelle culturelle commune (commun cultural scale) qui privilégie certaines conceptions plutôt que d’autres. Les différentes approches théoriques se basent sur une conceptualisation du bien-être qui valorise notamment la maximisation des affects positifs ainsi que des ressources matérielles et économiques. Selon certains auteurs, les études réalisées dans des contextes occidentaux ont tendance à adopter ces biais matérialistes et individualistes, allant même jusqu’à les universaliser.
  • Ainsi, dans des contextes davantage "collectivistes" (comme le Japon), le bien-être serait mieux conceptualisé et mesuré par, notamment, des critères comme l’harmonie sociale, l’impact/rôle individuel dans sa société ainsi que la persévérance individuelle.

En pratique

D’un point de vue méthodologique, la Chaire de recherche met en œuvre une approche inclusive mobilisant une diversité de savoirs et de pratiques provenant d’acteurs variés, tant scientifiques que citoyens. Ainsi, pour mener à bien sa mission, la chaire promeut l’intersectorialité ainsi que la transdisciplinarité. D’un point de vue opérationnel, la Chaire tente d’avoir un impact sur les processus de gouvernance à travers des projets innovants. Plutôt que de se focaliser sur les comportements individuels, elle se préoccupe davantage des structures sociétales.

Grille multi-dimensionnelle

La grille multi-dimensionnelle du bien-être holistique, composée de multiples dimensions et indicateurs plutôt qu'une seule mesure de la satisfaction de la vie, est utilisée comme un outil d’aide aux décisions (notamment pour l'élaboration de politiques et de dépenses publiques) dans plusieurs systèmes de gouvernance à travers le monde. Malgré les difficultés liées à l'élaboration d'une telle grille, sa conception nécessite d'être la plus démocratique et représentative possible des besoins/identités territoriales. Aussi, la création de mécanismes législatifs encadrant la mise en œuvre de la grille, de ses principes et de ses objectifs devrait nettement augmenter son impact sur l'ensemble des politiques et le monde humain/non-humain.

Besoins humains fondamentaux

L'approche des besoins fondamentaux postule que certains besoins universels et non-hiérarchisés (chaque besoin a la même importance) doivent être satisfaits pour qu’un individu puisse se développer et vivre bien. Plusieurs chercheur.es ont développé des listes objectives de ces besoins, attrayantes pour leur caractère intuitif et les résultats de la recherche empirique qui soutient la corrélation entre ces besoins et le bien-être. D’une part, on peut mentionner l’échelle de développement humain développée par Max-Neefs et al. (1989). Selon cette liste, neuf besoins fondamentaux non-hiérarchiques existeraient dans toutes les cultures et à toutes les périodes historiques : la subsistance, la protection, l’affection, la compréhension, la participation, l’oisiveté, la création, l’identité et la liberté (O'Mahony, 2022). D’autre part, la théorie de Doyal et Gough (1991) repose sur une conception universelle des besoins humains permettant de guider les politiques sociales. Leur liste comprend deux besoins humains fondamentaux, la santé et l’autonomie, et ces derniers sont satisfaits à travers 11 catégories de besoins prenant des formes différentes selon les sociétés. Ces 11 catégories de besoins sont : "(…) adequate nutritional food and water, adequate protective housing, non-hazardous work and physical environments, appropriate health care, security in childhood, significant primary relationships, physical and economic security, safe birth control and childbearing, and appropriate basic and cross-cultural education. " (Joseph et Mcgregor, 2020, p.19).

Sensibilisation /éducation

Les acteurs à l'échelle macro peuvent sensibiliser la population sur la richesse d'une conception holistique du bien-être dépassant, par exemple, une compréhension strictement individuelle et hédonique basée sur les émotions positives et la satisfaction des désirs. Ainsi, il serait pertinent de partager des connaissances permettant aux individus de prendre des décisions davantage éclairées par rapport au bien-être. De plus, des pratiques permettant aux individus de mieux appréhender leur bien-être holistique pourraient leur être enseignées.

Notamment, la recherche sur le bien-être subjectif à partir du champ de la psychologie positive a mené au développement de nombreuses pratiques et d’outils améliorant la capacité des individus à gérer les aléas de la vie afin d’accroître leur bien-être subjectif. Ainsi, l'éducation à des outils touchant à la gestion de l'humeur, la motivation et l'introspection pourrait avoir des bénéfices sur le bien-être humain. De plus l’apprentissage de capacités cognitives permettant d’analyser de façon critique des enjeux complexes à travers un important volume de connaissances variés (systems-thinking) ainsi que de développer une vision sur le long terme faciliterait la conceptualisation holistique du bien-être.

En anthropologie culturelle, l’approche émique consiste à identifier et utiliser les catégories de perception et d’interprétation du monde des membres du groupe étudié, tandis que l’approche étique utilise celles d’un·e chercheur·euse extérieur·e à ce groupe et les appliques à divers terrains d’étude.

Le bien-être devrait être étudié à travers une approche transdisciplinaire et inclusive qui intègre une multitude de parties prenantes et de savoirs, provenant notamment de populations locales (société civile et organismes communautaires par exemple) et marginalisées (communautés autochtones par exemple).

Gouvernance urbaine

La gouvernance urbaine réfère au travail conjoint d'un ensemble de parties prenantes à travers multiple secteurs et échelles pour réaliser diverses actions liées à la gestion et au développement des villes passant, par exemple, de grands projets de transport collectifs à des projets communautaires de ruelles vertes. "Good urban governance is defined as the process of interaction and decision-making to generate collective solutions through co-creation of practices and institutional engagement as part of a whole-of government and whole-of society approaches." (Mesa-Vieira et al, 2023, p.2).

Le bien-être devrait être étudié à travers une multitude de méthodes, tant étiques qu'émiques et tant qualitatives que quantitatives ainsi que participatives afin de produire des connaissances qui reflètent sa complexité et qui permettent d'avoir un impact durable et équitable sur le monde.

Les connaissances sur le bien-être devraient être mises en œuvre dans des processus de gouvernance à diverses échelles, chacune étant particulièrement propice à certaines formes d'opérationnalisation. D'un côté, les échelles macros sont mieux placées pour avoir un impact sur les conditions générales des sociétés humaines et de la nature à travers, par exemple, des programmes politiques stratégiques, des politiques publiques, l'accompagnement d'initiatives territoriales et des campagnes d'éducation/sensibilisation. D'un autre côté, les échelles micro sont propices à des modes d'opérationnalisation actifs sur le terrain qui se fondent sur une conception située du bien-être, élaborée via des processus participatifs et collaboratifs prenant la forme, par exemple, de recherches actions, d'"Urban Living Labs" et de "Nature Based Solutions".

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Le Canada

Le Canada s’intéresse au bien-être mais indirectement, à travers la notion de "qualité de vie", notamment via son guide pour la qualité de vie (Quality of life framework), publié en 2021 et utilisé dans le budget de la même année. Le guide présente une figure avec un cercle centré par la qualité de vie et entouré de cinq domaines d’actions (prospérité, santé, société, environnement et bonne gouvernance) regroupant un total de 91 indicateurs statistiques. L’objectif du guide est d’orienter les processus de gouvernance, notamment l’élaboration du budget et des politiques publiques, à partir de données empiriques sur divers domaines de la qualité de vie.

Quality of life hub. Statistics Canada. https://www.statcan.gc.ca/hub-carrefour/quality-life-qualite-vie/infosheet-infofiche-eng.htm

👉 Par exemple, des critères liés aux émotions positives et la satisfaction personnelle (caractéristiques de l'approche psychologique du bien-être subjectif) pourraient figurer sur des listes objectives de besoins humains. "However, because positive emotions and personal satisfaction are among the goods that plausibly belong on objective lists of well- being, and because desire-fulfillment accounts often emphasize the objective fulfillment of one’s desires (rather than the subjective judgment that one’s desires are fulfilled), the subjective- objective distinction is not quite as sharp as suggested by this simple portrayal." (Margolis et al, 2021, p.379).

Les approches participatives, quand elles sont mobilisées pour produire et opérationnaliser des connaissances (techniques de collecte de données, choix des questions utilisées, méthodes d'analyse des résultats, etc.), reposent sur l’engagement et la consultation de la communauté afin que les données obtenues reflètent ses opinions et ses intérêts. En plus de rendre plus démocratique ces processus, les méthodologies participatives peuvent augmenter la portée des résultats de recherche scientifique (avancée de la science et impact politique concret) ainsi que bénéficier aux participant.es eux-mêmes qui, étant écouté.es, se sentent valorisé.es et empowered tout en prenant conscience de leur conception du bien-être.

La recherche sur le bien-être est dominée par des méthodologies quantitatives plutôt que qualitatives. Ainsi, les réponses individuelles sont généralement traduites en une métrique quantifiable (réponses sur une échelle de 1 à 10 par exemple) à partir d'évaluations subjectives. Bien que les connaissances quantitatives s’articulent aisément aux processus décisionnels de la gouvernance, elles risquent de refléter une version réductive et statique du bien-être, limitant ainsi la compréhension de dynamiques sous-jacentes à son émergence.

De nombreux chercheur.es soutiennent que des méthodologies qualitatives permettraient d’étudier davantage les relations dynamiques dont découle le bien-être. En effet, les études qualitatives permettent d’étudier: "(…) the subjectively complex, emotional and performative aspects of wellbeing that flow from everyday relationships as people age." (Cieslik, 2021, p.81). Par exemple, à travers les explications détaillées des répondant.es, il est possible de comprendre l’influence de processus structurels sur le bien-être (comme l’impératif d’avoir un emploi et de payer un loyer) ainsi que l’agentivité des individus à travers des "pouvoirs créatifs" pour faire face à leurs difficultés.

Initiatives à Christchurch

Smith et Dombroski (2021) présentent deux cas d'étude dans la ville de Christchurch qui, à la suite de tremblements de terre dévastateurs (2010/2011) et à travers la mise en œuvre d'une conception collective et relationnelle du bien-être, ont permis de répondre à certains besoins de la population par la mise en commun d’espaces où se retrouver selon le narratif collectif de « survivre bien ensemble ».

La seconde initiative à Christchurch, du nom de "Cultivate Christchurch", est celle d’une ferme urbaine ayant comme objectif de soigner les problèmes de santé mentale des jeunes à la suite des séismes. Pour ce faire, l’entreprise sociale a permis aux jeunes d’intégrer la communauté de producteur.es urbains d’aliments nutritifs utilisant, notamment, des "déchets" (green waste) provenant des restaurants de la ville. Renforçant le bien-être communautaire via des pratiques de care non hiérarchiques, des rythmes adaptés et un travail inclusif, l'initiative a aussi transmi aux jeunes ses valeurs de durabilité (pratiques de circuit court, d’économie circulaire et de production "presque biologique").

La première initiative porte sur des projets de régénération urbains visant à créer des espaces favorables au bien-être collectif. Portés notamment par les organismes communautaires "Gapfiller" et "Life in vacant spaces (LiVS)", ces projets urbains ont permis de revitaliser la communauté en rendant accessibles des espaces communs où les résident.es peuvent se côtoyer et partager diverses pratiques ensemble. Ces projets ont joué un rôle important pour alléger l’impact (notamment mental) des séismes sur la population en répondant à leur besoin de se retrouver dans des espaces communs.

Selon Sollis et al. (2024), : "(...) a participatory wellbeing study is defined as one that engages with a community or population group of interest through methods such as surveys, interviews, focus groups, or creative pieces to better understand what wellbeing means to that community. The output of such studies is a wellbeing framework - comprised of a set of wellbeing dimensions, indicators, or themes that reflect how the community conceptualises wellbeing." (Sollis et al, 2024, p.124).

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Pays de Galles

Le Pays de Galles est l'un des pays les plus avancés dans le processus de transition vers une économie du bien-être étant donné le degré d'institutionnalisation de ses objectifs de durabilité et de bien-être des générations futures. Adopté en 2015, le "Wellbeing of future generations act" contraint légalement les acteurs publics à mettre en œuvre des actions promouvant le développement durable ainsi qu’à travailler à l’atteinte de sept objectifs liés au bien-être. Les acteurs mobilisés par l'Acte doivent continuellement viser l'atteinte des objectifs et faire part de leurs progrès à travers des indicateurs nationaux, des jalons nationaux (national milestones) ainsi que des rapports sur les prédictions futures.

Source: Welsh Government (2015). Well-being of Future Generations (Wales) Act 2015, Essentials Guide.

  • À titre d'exemple, un ULL a vu le jour pour améliorer la qualité de vie et le bien-être communautaire dans le complexe d'appartement d'un quartier vulnérable d'Heerlen-Noord (Pays-Bas).
  • Concrètement, le stationnement du "Aurora Appartement Building", autrefois un lieu d'activités illégales et de stress pour les habitant.es, a été transformé, à travers un processus de co-création, en un lieu de vie communautaire résilient qui soutient les pratiques quotidiennes de la population. Ce processus de co-création est passé à travers plusieurs étapes et a mobilisé divers parties prenantes dont des professionnel.les, des étudiant.es et des habitant.es du complexe.
  • D'abord, la population locale a été rencontrée afin d'identifier ses besoins/volontés et d'élaborer un design du projet via des activités sociales comme des repas informels, des discussions de groupe autour de photos et des évènements de marche et discussion.
  • Puis, la réalisation de la nouvelle cour a suivi un processus d'expérimentation actif en intégrant les commentaires des habitant.es sur, par exemple, le choix des mobiliers utilisés. Reflétant les désirs de la population locale, le stationnement a été transformé en une cour collective composée de places pour s'assoir, de meubles circulaires (conçu localement), de végétaux comestibles, d'un échiquier, d'une table de ping-pong et d'espaces de détente végétalisés.

Vie urbaine

Discutant de la relation entre la vie urbaine et le bien-être, Manzo et Desanto (2025) nous rappellent que :"(...) the urban design manifesto put forward by Jacobs and Appleyard (1987) revitalized a focus on the experiential dimensions of city life by emphasizing seven goals: (1) livability; (2) identity and control; (3) access to opportunity, imagi-nation, and joy; (4) authenticity and meaning; (5) open communities and public life; (6) self-reliance; and (7) justice. At the time they were put forth, these seven goals for urban life were a significant departure from dominant approaches to urban design and planning, not only in their focus on the experiential and psychosocial dimensions of city life but also in the way they directly tied the physical environment to well-being. Thirty-five years later, these goals continue to be critical aspects and goals of urban life that are in urgent need of both celebrating and safeguarding." (Manzo et Desanto, 2025, p.124)

Guide de l'OMS

En 2023, l'OMS a publié le "Achieving well-being framework". L’objectif de ce dernier est de fournir un cadre mondial pour promouvoir le bien-être à la lumière des principes de l’Agenda 2030 et de ses 17 Objectifs de développement durable (ODD).Ainsi, le guide rassemble des orientations stratégiques et politiques facilitant la collaboration intersectorielle et multiscalaire de l’ensemble des parties prenantes jouant un rôle dans le processus de transformation globale vers des sociétés du bien-être durables, équitables et résilientes. Concrètement, le guide identifie six directions stratégiques principales, chacune définissant une ligne directive pour les acteurs nationaux et locaux. Ces directions stratégiques sont accompagnées d’exemples d’orientations politiques aux niveaux nationaux et locaux. Bien que le guide fournisse des exemples d’interventions au niveau national pour concrétiser les orientations politiques, ces dernières nécessitent d’être adaptées à chaque contexte spécifique pour être implémentées efficacement.

World Health Organization (2023). Achieving well-being: a global framework for integrating well-being into public health utilizing a health promotion approach. World Health Organization. https://iris.who.int/handle/10665/376200. License: CC BY-NC-SA 3.0 IGO

Enjeux glocaux

Parmi les enjeux qui menacent l'avenir de nos sociétés, certains dépassent les échelles des villes, des régions et même des nations. À titre d'exemple, la crise écologique est alimentée par de nombreuses causes à travers le monde et ses impacts traversent les frontières. Le concept de glocal réfère donc aux acteurs/actions qui font face à ces enjeux mondiaux à l'échelle locale. Plutôt que d'attendre des changements à l'échelle internationale, les acteurs glocaux tentent de lutter contre ces enjeux en transformant leurs réalités locales et en mutualisant leurs efforts par le partage de connaissances et la coopération à travers des réseaux internationaux de gouvernements locaux et communautaires.

Concept de relationnalité

Concept de système complexe

Dans la littérature critique en sciences sociales, le concept de relationnalité fait du bien-être un processus émergent qui découle des relations et des interactions entre les humains et leur environnement. Le bien-être résulte notamment des relations sociales (interpersonnelles) et environnementales (entre les humains et leur environnement) spécifiques à un territoire qui façonnent les expériences vécues des individus. Selon le concept de relationnalité et la pensée de White (2017), : "Wellbeing is emergent, the outcome of accommodation and interaction that happens in and over time through the dynamic interplay of personal, societal and environmental structures and processes, interacting at a range of scales, in ways that are both reinforcing and in tension." (White, 2017, p.133).

Dans la littérature sur le développement durable, le bien-être est compris à travers une approche de système socio-écologique, c’est-à-dire qu’il fait partie d’un système complexe dans lequel les humains et la nature sont intrinsèquement liés. C’est notamment le cas des dimensions sociales et écologiques qui interagissent pour favoriser le bien-être. À travers diverses échelles, les sous-systèmes sociaux et écologiques sont composés de nombreux composants étroitement liés dans un processus continu d’interactions complexes et d’influence mutuelle. Qui plus est, : "This complex relationship demands systems thinking by appreciating multiple non-linear feedbacks and the emergence of subsystem behaviours across scales and levels that shape individual and collective preferences and choices in life." (Nayak et Pradhan, 2023, p.214).

Prisme individuel

  • Jusqu'à présent, la plupart des études sur le bien-être se sont focalisées sur les expériences vécues des individus, l’agrégation de ces dernières ainsi que leur corrélation avec des données "objectives". Ainsi, il leur est reproché de faire l’impasse sur la nature émergente et située du bien-être : l'étude de données individuelles explique difficilement les dynamiques complexes derrière le bien-être des individus, notamment le "quand" (temporalité), le "où" (dans quels contextes) et le "comment" (à travers quels mécanismes).
  • En effet, l'analyse d'évaluations individuelles de l’expérience subjective du bien-être sous-estime l’impact des contextes dynamiques et des expériences quotidiennes sur les diverses dimensions du bien-être individuel (biaisant les réponses via des variables difficilement contrôlables) ainsi que sur la capacité des individus à l’évaluer.
  • En plus de simplifier la notion, la quantification du bien-être (via des échelles de 1 à 10 par exemple) pérennise une approche technocratique et positiviste de la recherche ainsi qu’un modèle d’opérationnalisation passant par des connaissances empiriques et "objectives" produites par des expert.es.

L'alliance des économies du bien-être (WeAll)

L’alliance des économies du bien-être (Wellbeing Economy Alliance) est un organisme de collaboration mondiale visant à mobiliser et à accompagner une diversité d’acteurs vers un système économique basé sur le bien-être. Sa vision d’une économie du bien-être prend la forme d’un système qui "(…) puts our human and planetary needs at the centre of its activities, ensuring that these needs are all equally met, by default." (WeAll, 2021). Concrètement, WeAll a mis au point un guide politique pour soutenir les acteurs intéressés par la conception et la mise en œuvre d’une économie du bien-être. Le guide est composé de ressources, d’outils, d’études de cas et de recommandations pour développer une vision du bien-être, concevoir une stratégie pour la réaliser, décider des politiques requises, mettre en œuvre ces dernières puis évaluer et faire un suivi du processus. WeAll est aussi une plateforme pour soutenir les acteurs (organisations, communautés et individus) désireux de construire une économie du bien-être ainsi que faciliter leur collaboration. En 2018, l’alliance a participé à la création des Wellbeing Governements (WeGo), une collaboration nationale et régionale de gouvernements dans laquelle l’Écosse, l’Islande, la Nouvelle-Zélande, le pays de Galles et la Finlande partagent leurs expériences dans le processus de transition vers une économie du bien-être.

WeAll. (2021). Wellbeing economy policy design guide. How to design economic pol-icies that put the wellbeing of people and the planet first. Wellbeing Economy Alli-ance. https://www.weall.org/policyguide

Approche conceptuelle

D’un point de vue conceptuel, la Chaire a une approche holistique de la santé : elle reconnaît les multiples dimensions et déterminants de la santé individuelle et collective. De plus, elle adopte une approche relationnelle et intégrée de la santé, c’est-à-dire qu’elle considère que la santé humaine est liée aux systèmes écologiques à travers des relations interdépendantes entre les humains et leur environnement. Aussi, compte tenu des inégalités systémiques dont pâtissent certaines populations défavorisées, l’équité fait partie intégrante de la mission de la chaire.

Rapport mondial sur le bonheur

Ce rapport annuel est le fruit d'une collaboration entre le "Centre de recherche sur le bien-être" de l’Université d’Oxford, l'organisme Gallup et le "Réseau de solutions de développement durables des Nations Unis". Il se focalise sur la production et l’analyse de données statistiques provenant principalement du World Data Poll mis en œuvre par l’organisme "Gallup", à partir de méthodes de collecte de données standardisées. Son objectif est de guider les institutions et les politiques publiques à la lumière des constats liés à ses données empiriques. Chaque rapport présente des statistiques nationales relatives au bien-être subjectif (emphase sur la satisfaction de la vie et sur les affects positifs et négatifs) ainsi qu'à six déterminants lui étant liés (le PIB par habitant, l’espérance de vie en bonne santé, le soutien social, la liberté perçue de faire ses propres choix de vie, la générosité et la perception de la corruption). De plus, chaque rapport s'intéresse au bien-être à travers un thème ou un espace (pays ou région) en particulier.

Helliwell, J. F., Layard, R., Sachs, J. D., De Neve, J.-E., Aknin, L. B., & Wang, S. (Eds.). (2025). World Happiness Report 2025. University of Oxford: Wellbeing Research Centre.

Le guide de l'OCDE

Dans le cadre de son "Initiative pour une meilleure vie" (Better life Initiative), l’OCDE a publié en 2011 la première parution de son rapport intitulé "Comment va la vie?" (How’s life?). Les rapports de l’OCDE sont des rapports statistiques qui servent d’outil d’aide aux décisions politiques par l’identification de domaines nécessitant une intervention politique. Chaque rapport se base sur un guide qui utilise une approche basée sur la théorie des capabilités à travers un tableau d’indicateurs regroupant diverses dimensions du bien-être. Le OECD Wellbeing Framework mesure 80 indicateurs répartis à travers 11 dimensions : trois relatives aux ressources matérielles et huit à la qualité de vie (comment vivent les individus, objectivement et subjectivement, et dans quel contexte). De plus, pour renforcer la portée de son évaluation, le guide prend aussi en compte l’état actuel et les dynamiques liées à quatre ressources (économiques, naturelles, humaines et sociales) nécessaires à la pérennité du bien-être.

Source: OECD (2020) How’s Life? 2020: Measuring Well-being, OECD Publishing, Paris, https://doi.org/10.1787/23089679

Critiques conceptuelles

  • Bien-être subjectif : la recherche de maximisation des dimensions hédoniques du bien-être peut avoir des effets pervers (tant individuels que collectifs).
  • Bien-être psychologique : dépendamment des critères qu'elles mesurent, les approches découlant d'une conception eudémonique du bien-être sont parfois critiquées pour imposer des critères universels/élitistes et négliger les préférences individuelles.
  • Théories des besoins humains :

Besoins de base → tendance à hiérarchiser et simplifier le bien-être à la satisfaction de certains besoins essentiels. Capabilités → manque de clarté sur le choix des critères et sur des concepts clés, dont la liberté et la justice.

  • L’approche étique domine la recherche sur le bien-être, notamment à travers des grilles multi-dimensionnelles élaborées par des scientifiques. Néanmoins, une telle approche top-down soulève des enjeux de paternalisme en réduisant l’agentivité des individus, car elle leur impose certaines conceptions du bien-être. Sans surprise, ces dernières peuvent être différentes de celles des individus si elles ignorent des facteurs contextuels pertinents.
  • L’approche émique, au contraire, permet l'expression de l’agentivité des répondant.es et la prise en compte des spécificités locales, notamment via leur participation à la conceptualisation du bien-être et au choix des dimensions/critères étudiées.

À titre d'exemple, des chercheur.es mesurant le bien-être psychologique s'intéressent aux réponses individuelles par rapport aux six dimensions présentées précédemment. Concernant la dimension relative à l'autonomie, Ryff et al. (2021) donnent cet exemple avec l'autonomie :

  • High scorer: Is self- determining and independent; able to resist social pressures to think and act in certain ways; regulates social pressures to think and act in certain ways; regulates behavior from within; evaluates self by personal standards. Sample item: “I have confidence in my own opinions, even if they are different from the way most other people think.”
  • Low scorer: Is concerned about the expectations and evaluations of others; relies on judgments of others to make important decisions; conforms to social pressures to think and act in certain ways.Sample item: “I tend to be influenced by people with strong opinions.” (Ryff et al, 2021, p.99)

Cas à Rotorua

Le travail de Yates et al. (2023) est une recherche-action en collaboration avec une diversité de parties prenantes (institutionnelles, communautaires, autochtones, etc.), provenant de divers secteurs et échelles de la gouvernance, dans l’objectif de guider les processus de gouvernance du bien-être par la co-création d’outils de transition adaptables à chaque contexte local. Cette recherche s'est déroulée dans la ville de Rotorua. Les acteurs impliqués dans la recherche ont élaboré un outil d’aide à la gouvernance pour orienter le développement urbain et immobilier de la ville selon la conception traditionnelle du bien-être Mauri Ora. Concrètement, l’outil présente un ensemble d’actions relatives au développement urbain et immobilier liées au bien-être holistique. Concernant sa mise en pratique, le navigateur est principalement un outil de collaboration et de communication. Les processus de gouvernance qui découlent de ces outils co-créés sont davantage démocratiques et efficaces, car ils émergent du contexte local et ils abordent l’enjeu immobilier à travers la conception holistique de Mauri Ora.

Yates et al, 2023, p.279. DOI: 10.1177/20438206221102957 Organisme local : https://www.tetatau.nz/te-arawa-housing-model/

Complexité du bien-être

Après avoir étudié les corrélations entre les critères associés aux cinq conceptions du bien-être, Margolis et al. (2021) expliquent que même lorsque : "(...) the correlations among the five types of well-being were disattenuated, they mostly did not approach 1. Undoubtedly, the types of well-being are highly correlated. However, the correlations are not so high as to prevent the possibility that researchers could obtain different results depending on the type of well-being measured." (Margolis et al, 2021, p.399)

La Trésorerie néo-zélandaise a créé le Living Standards Framework (LSF) pour mesurer les différentes dimensions du bien-être, inspiré en grande partie du guide How’s Life de l’OCDE. Le cadre comprend trois niveaux : 12 domaines de bien-être, six catégories de parties prenantes et quatre types de ressources nationales. Chaque niveau est accompagné de nombreux indicateurs permettant de faire un constat global du bien-être en Nouvelle-Zélande et de mettre en lumière les lacunes pour orienter les processus de gouvernance. En 2019, la Nouvelle-Zélande a créé le premier "Wellbeing Budget", fondé notamment sur le LSF, afin de soutenir les processus de gouvernance (politiques et dépenses publiques) dans de multiples domaines (éducation, santé, développement urbain, etc.) liés au bien-être humain et à la Nature. De plus, le Public Finance Act requiert que les acteurs publics justifient leurs investissements prévus dans le budget selon leur impact par rapport aux priorités identifiées pour le bien-être sur le long terme. Néanmoins, le nouveau gouvernement (de 2023) a entamé un retour en arrière sur la mise en œuvre d’une économie du bien-être, remplaçant le fameux budget du bien-être par le “Growth budget” en 2025.

La Nouvelle-Zélande

New Zealand Treasury. The Living Standards Framework (LSF) Dashboard. https://lsfdashboard.treasury.govt.nz/wellbeing/

L'approche des capabilités

Dans les années 1980 et 1990, l’approche des "capabilités" développée notamment par Sen (1985; 1999) et Nussbaum (2005) propose une conception du développement humain davantage eudémonique, s’éloignant des approches utilitaristes en économie et subjectivistes en psychologie (hédonique). Sen est critique de ces approches dominantes du bien-être puisque, selon lui, les attentes des individus par rapport à leur vie et à leur bien-être sont relatives à leur expérience personnelle et donc, sujettes à des biais (preferences adaptation). Ainsi, une personne en situation de précarité se contenterait de moins qu’une personne bien nantie pour être heureuse : leurs besoins sont différents et la quantification du bien-être à une métrique comme le revenu est donc problématique. De plus, satisfaire un besoin de base (comme de la nourriture) d'une personne en précarité permettrait à celle-ci de ressentir, certes, une forme de bonheur contribuant à son bien-être, mais cela serait loin d’être suffisant pour prétendre que ce bien-être est avéré dans sa multi-dimensionnalité. L’approche des capabilités se focalise sur les conditions permettant à chacun.e de vivre une bonne vie, tel qu’il/elle le considère et le souhaite, en mettant l’emphase sur les libertés et opportunités individuelles. Par ailleurs, elle prend en compte les différentes dimensions (économiques, sociales, politiques et culturelles) qui influencent l’agentivité des individus. Ainsi, la conception du bien-être ne se limite pas à des dimensions matérielles et hédoniques, : "It seeks to account for all of the relevant dimensions of life, as mental and physical states conceived through freedom." (O’Mahony, 2022, p.5). Il est donc question d’évaluer l’agentivité des individus selon deux notions clés : leurs capabilités (opportunités de fonctionnement) et leurs fonctionnements (l’accomplissement d’actes et de manières d’être).

Le bien-être devrait être étudié dans sa multi-dimensionnalité en tant qu'un phénomène complexe et dynamique qui découle de relations situées entre des individus/groupes sociaux et d'un contexte particulier. De plus, il est crucial d'intégrer un niveau collectif (pour lutter contre les inégalités de bien-être) et un niveau non-humain (pour garantir un bien-être durable) à toute conception du bien-être dans une optique de gouvernance pour faire face aux enjeux urbains. Enfin, comprendre le bien-être, non seulement comme un état souhaitable à atteindre qui dépend de divers facteurs, mais aussi comme un processus permettant de définir, tant individuellement que collectivement, ce qui est nécessaire pour "vivre bien ensemble", permet d'enclencher un processus de transformation profond de nos sociétés et de nos narratifs dominants.

Impact de la dimension philosophique

Réfléchir au bien-être en revient à se poser des questions, tant individuellement que collectivement, comme : "qu'est-ce qui caractérise une vie bonne ?"; "quelle place/rôle occupons-nous sur Terre?"; "de quoi dépend notre bien-être et quelles sont nos responsabilités pour que tous.tes, humains et non-humains, puissent vivre bien?"