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Copy - La Grèce classique 3

PAUL AGNANI

Created on September 21, 2025

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Transcript

La Grèce classique

CAPES - Épreuve d'admissibilité

Cours III

Guerre et polis dans la Grèce classique

480-338 av. J.-C.

Détail d'une Hydria attique, céramique à figures rouges ( v. 500 - 480), Vaticani Musei

Et le divin Achille ordonnait à ses peuples, par un signe de tête, de ne point lancer contre Hector de flèches mortelles, de peur que quelqu'un le tuât et remportât cette gloire avant lui. Mais, comme ils revenaient pour la quatrième fois aux fontaines du Scamandre, le Père Zeus déploya ses balances d'or, et il y mit deux Kères de la mort violente, l'une pour Achille et l'autre pour Hector dompteur de chevaux. Et il les éleva en les tenant par le milieu, et le jour fatal de Hector descendit vers les demeures d'Hadès, et Phoibos Apollon l'abandonna (...)

Iliade, chant XII

Introduction : La Guerre, un maître violent

  • État quasi-naturel de la polis
  • Principe organisateur de la réalité sociale
  • Culture guerrière indélébile
  • Citoyen-soldat = idéal civique

Introduction : une realité Ecrasante

  • Marathon (490) → Chéronée (338)
  • Athènes : plus de 2/3 du temps en guerre
  • Paix = trêves armées = reconstituer forces et alliances.
  • Aucune cité ne traverse l'époque classique sans prendre les armes.

Introduction : avant l'âge classique

  • Époque archaïque : cités voisines pour territoires, sanctuaires, routes.
  • Chôra = espace sacré → intrusion étrangère = souillure religieuse.
  • Équilibre général du monde grec préservé.

Introduction : les guerres mediques (490 - 479)

  • Union face à ennemi commun.
  • Identité collective forgée contre les Perses.
  • Conséquence : grandes alliances structurent l'espace grec.

Introduction : guerre du péloponnèse (431 - 404)

  • Opposition Athènes/Sparte transforme chaque conflit local.
  • Conflit Corcyre-Corinthe qui embrase tout le monde grec.

La guerre (polemos) est un maître (didaskalos) violent qui règle la plupart des choses selon les circonstances du moment.

Thucydide, La Guerre du Péloponnèse, III, 82.

Citoyens & soldats

La guerre comme matrice de l'identité civique

A. fusion de l'identité civique et militaire

Politês (citoyen)

  • Hoplitês (hoplite)
  • Propriétaire = défenseur de l'oïkos et de la cité
Marathon (490) : le modèle idéologique 11 000 Athéniens/Platéens écrasent l'armée perse → Supériorité du citoyen-soldat grec

A. fusion de l'identité civique et militaire

Hiérarchie censitaire / militaire

(Solon 594 / Clisthène 508)

  • Pentacosiomédimnes → cavalerie
  • Hippeis/zeugites → phalange hoplitique
  • Thètes → rameurs
Droits civiques liés à la capacité d'armement

B. L'honneur militaire et ideal heroïque

Épopée homérique : aristeia (exploit guerrier) → gloire immortelle (kléos) Mort pour la patrie = accomplissement suprême du citoyen Mort au combat → héros mythique dans la mémoire collective Fonction : légitimer les sacrifices / souder la communauté

Fondement aristocratique : le kaloskagathos

Dans une société de face-à-face où, pour se faire reconnaître, il faut l'emporter sur ses rivaux dans une incessante compétition pour la gloire, chacun est placé sous le regard d'autrui, chacun existe par ce regard. On est ce que les autres voient de soi. L'identité d'un individu coïncide avec son évaluation sociale. Soi-même et l’autre, identité et altérité vont de pair, se construisent réciproquement.

Jean-Pierre Vernant, Entre mythe et politique, 2017

B. L'honneur militaire et ideal heroïque

x Tombeaux : uniquement en cas de mort héroïque (Plutarque, Lycurgue 27,3) Belle mort (kalos thanatos) → immortalité civique Funérailles héroïques = renforçant la cohésion Sanction de la lâcheté : atimia Tresantes (qui ont "tremblé") → perte droits civiques

Exemple de Sparte

Ces Athéniens sont morts à Potidée. [trois lignes difficilement restituables] Morts, ils ont apporté le témoignage d'un grand exploit guerrier. L'air (aithèr) a reçu leurs âmes (psychai), la terre a reçu leurs corps ; ils sont tombés devant les portes de Potidée. De leurs ennemis, certains ont connu la destinée du tombeau, les autres ont fui et fait de la muraille le plus sûr espoir de leur vie. La cité et le peuple d'Érechthée pleurent ces hommes, morts dans les combats (promachoi) devant Potidée. Enfants d'Athéniens, eux qui mirent leurs vies dans la balance, ils reçurent l'honneur (aretè) en échange et apportèrent la gloire à leur patrie.

Fragment d'épigramme pour les Athéniens tombés à Potidée, Chr. W. Clairmont, Patrios Nomos, n° 41

C. de la guerre ritualisée à la guerre totale

Dualité symbolique Arès "destructeur des hommes" → guerre sauvage (destruction récoltes/cités) Athéna surgit armée du crâne de Zeus → guerre juste, disciplinée "à la mesure de l'homme" Volonté de codifier la violence : éviter offense divine / souillure civique

Malheureux, pourquoi vous tenez-vous assis ? Quitte ta demeure et les hauts sommets de ta ville circulaire ; fuis aux extrémités de la terre. Ni la tête ne reste solide ni le corps ; ni l'extrémité des jambes ni les mains ni rien de ce qui est au milieu n'est épargné ; tout est réduit à un état pitoyable, détruit par l'incendie et l'impétueux Arès monté sur un char Syrien. Il ruinera aussi beaucoup d'autres forteresses et pas seulement la tienne ; il livrera à la violence du feu bien des temples des dieux, dont maintenant les images, debout, ruissellent de sueur et tremblent d'épouvante, cependant qu'au faîte du toit coule un sang noir, présage de calamités inévitables.

Hérodote, Histoires, VII, 140.

C. de la guerre ritualisée à la guerre totale

Rupture : guerre du Péloponnèse (431-404)Thucydide : analyse rationnelle → Élimination intervention divine / recherche causes humaines Érosion progressive de l'idéal héroïque :Morts sans gloire évidente Expédition de Sicile (415-413) : hubris → désastre

II

Ordre civique et ideal militaire

Les mutations institutionnelles

A. La phalange hoplitique, miroir de l'ordre civique

Principe : chaque guerrier protège son voisin de droite Efficacité : cohésion + discipline collective Panoplia : ~30 kg Formation : 8 rangs / affrontement frontal

Formation tactique

Les Lacédémoniens s'avançaient lentement et au son des flûtes, selon leur coutume de guerre, non par sentiment religieux, mais pour marcher en mesure et éviter que leur ligne ne se rompe

Thucydide a propos de la bataille de Mantinée (418), Guerre du Péloponnèse, V, 70

Néréides de Xanthos (Lycie), v. 390

A. La phalange hoplitique, miroir de l'ordre civique

Coût équipement → accessible aux classes moyennes Sparte : l'égalité du bouclier Protège la troupe vs l'individu Primauté solidarité collective / protection individuelle

B. Formation de l'empire maritime athénien (478-450)

Symmachía (alliance défensive) → Archè (empire)"Ligue d'Athènes et de ses alliés" : alliés deviennent sujets Contexte : post-Guerres médiquesMycale (479) : adhésion Grecs insulairesAttitude Pausanias → hégémonie athénienneChoix spartiate : isolement Affirmation progressive de la domination

B. Formation de l'empire maritime athénien (478-450)

Révolte Naxos (475-469)Eurymédon (469-466) → butin finance AcropoleTransfert trésor Délos → Athènes (454)Paix de Callias (449 ?) - indépendance de l'Ionie. Ligue perd sa raison d'être officiellePhóros (tribut) désormais versé aux Athéniens Démocratie interne / impérialisme externe

C. Sparte et l'idéal guerrier

Agôgê = soldat professionnel dès l'enfance "Militantisme citoyen" plutôt que militarisme absolu (Paul Veyne)

C. Sparte et l'idéal guerrier

Discipline militaire produit de la discipline civique Potentialités totalitaires et déclin Système : subordination individu/État + surveillance + ascétisme imposé Hypertrophie militaire affaiblit Sparte ? Guerre du Péloponnèse : abandon isolationnisme + or perse → corruption de l'idéal

III

Athènes et la révolution navale

analyse des transformations démocratiques

A.thalassocratie et démocratie

Lien nécessaire impérialisme/démocratie ?

Constitution des Athéniens (27, 41) : flotte oblige partage pouvoir Magistratures + droit de parole étendus aux thètes (marins) "C'est le dêmos qui fait avancer les navires et qui donne la puissance à la cité"

A.thalassocratie et démocratie

Puissance athénienne (Thucydide) :Défensive : Longs MursMaritime : flotteÉconomique : trésor Ligue de Délos

Alliance → hégémonie → tyrannie Expansion génère sa propre contradiction

B. Les mécanismes de l'impérialisme athénien

Instruments de domination (Thucydide I, 99) Désarmement progressif : alliés préfèrent verser le tribut vs/ aux navires et équipages

Nous espérions donc, dans la guerre, le réduire aisément, et, après cela, étendre notre commandement (archein) à la Grèce tout entière. Quant à l’argent et aux vivres pour faciliter les choses dans l’exécution de ces projets, les territoires que nous nous serions adjoints là-bas devaient, sans qu’on eût à toucher aux revenus de Grèce, nous les fournir largement

Thucydide, Guerre du Péloponnèse, VI, 90.

B. Les mécanismes de l'impérialisme athénien

Empire ? Perte moyens militaires → dépendance Intégration territoriale : clérouquies athéniennes Centralisation judiciaire : procès à Athènes Unification économique : monnaies/poids/mesures athéniens (445 ou 425-422) Zone économique intégrée

B. Les mécanismes de l'impérialisme athénien

Résistances et tensions Révolte Samos (441-439) Thucydide : Athéniens "ne peuvent ni connaître tranquillité, ni en laisser au monde" (I, 70, 9)

D’aprés G. Duby (dir.), Atlas historique Larousse, 1978, p. 14.

C. l'escalade des tensions (461-446)

"Première guerre du Péloponnèse" (461-446)Rupture alliance athéno-spartiate (462)Incident séisme : Cimon + 4000 hoplites renvoyés par SparteApogée athénien : constructions + croissance démographique et expansion coloniale (Thourioi, Bréa, Amphipolis)

IV

La guerre du Péloponnèse (431-404)

la polis à l’épreuve de la guerre

A. deux modèles hégémoniques

Opposition de deux conceptions

Thucydide (I, 23, 6) : véritable raison = crainte suscitée par l'accroissement puissance athénienne"Modèles antagonistes

  • Thalassocratie athénienne : intégration économique + expansion commerciale
  • Hégémonie terrestre spartiate : autonomie cités alliées + isolationnisme

A. deux modèles hégémoniques

Mécanisme de l'escalade

Prétextes immédiats : Corcyre (433) + Potidée (432) + décret mégarien Logique : impérialismes rivaux transforment incident local → crise générale Distinction thucydidienne : causes apparentes (aitiai) ≠ causes profondes

B. de la guerre traditionnelle à la guerre totale

Rupture stratégique ≠ Guerre hoplitique (affrontement terrestre direct) Défense passive derrière Longs Murs Abandon territoire rural ≠ idéal hoplitique Citoyens-soldats → spectateurs passifs dévastation biens

B. de la guerre traditionnelle à la guerre totale

Radicalisation après Périclès (429) Émergence Cléon → radicalisation conflit Stratégie Alcibiade Expédition Sicile (415-413) : guerre défensive → aventure coloniale Guerre prolongée génère ses propres dérives Hubris collective

Quant à ceux qu'ils avaient décidés à s'embarquer, ils les firent descendre à terre et les mirent à mort. Ils pénétrèrent dans le téménos d'Héra, décidèrent environ cinquante suppliants à se présenter devant la justice et les condamnèrent tous à mort. La plupart d'entre eux ne voulurent rien entendre et, quand ils virent le sort réservé à leurs compagnons, ils se tuèrent les uns les autres dans l'enceinte consacrée. Quelques-uns se pendirent à des arbres. Bref chacun se donna la mort comme il put. Pendant les sept jours qu'Eurymédôn demeura à Corcyre avec ses soixante vaisseaux, les Corcyréens massacrèrent ceux qu'ils considéraient comme leurs ennemis ; accusant les uns d'être hostiles au régime démocratique ; en mettant à mort quelques-uns pour assouvir des vengeances privées ; d'autres furent massacrés par leurs débiteurs. La mort parut sous mille formes ; comme il arrive en de pareilles circonstances, on commit tous les excès, on dépassa toutes les horreurs. Le père tuait le fils. Des suppliants étaient arrachés aux temples des dieux et massacrés sur les autels mêmes ; il en est qui périrent murés dans le temple de Dionysos.

Thucydide, Guerre du Péloponnèse, III, 81

C. guerre civile et crise des valeurs civiques

Exemples de Corcyre et de Mytilène (427) Stasis (guerre civile) → effondrement valeurs traditionnelles (modération/justice) Première réflexion brutalisation des sociétés Abandon progressif références morales traditionnelles

C. guerre civile et crise des valeurs civiques

Le procès des Arginuses (406) Condamnation : stratèges victorieux condamnés à mort (impiété) Guerre prolongée pervertit fonctionnement démocratique Incompatibilité croissante : exigences militaires/procédures démocratiques → dérives démagogiques IVe s.

D. 404, vers un nouveau monde grec ?

Émergence du mercenariat et fracture sociale Inégalité croissante : qui peut se faire remplacer vs qui doit servir personnellement Les cités complètent armée civique par non-citoyens Rupture définitive service militaire/droits politiques

D. 404, vers un nouveau monde grec ?

Inadaptation du modèle civique traditionnel ≠ simple épuisement matériel Impérialisme exige : expéditions lointaines, prolongées, maritimes Incompatibles avec : obligations agricoles + civiques des citoyens Réalités géopolitiques nouvelles

D. 404, vers un nouveau monde grec ?

Mutation forcée de l'hégémonie spartiate Impossibilité restaurer l'ordre ancien Sparte contrainte : rôle impérial ≠ traditions lacédémoniennes Transformations : Installation harmostes (cités dominées) Acceptation or perse Corruption élite dirigeante Mutation préparant déclin lacédémonien (IVe s.)

Puissance et impérialisme

symmachía et hégémôn

A. Sparte et l'hégémonie terrestre (VIe-Ve siècle)

Premier modèle d'hégémonie systématique Principale force militaire (guerres médiques) Équilibre :

  • autonomie des cités (conservent institutions internes)
  • contrôle politique extérieure

A. Sparte et l'hégémonie terrestre (VIe-Ve siècle)

Supériorité phalange lacédémonienne + crainte révoltes serviles Limites structurelles

  • incapacité hors Péloponnèse
  • diminution démographique
Déclin après Leuctres (371)

B. des Déinoménides à Denys de Syracuse (V-IVe siècle)

Déinoménides : première phase (début Ve s.) Syracuse : unification régionale par colonies militaires Potentiel exceptionnel dès 481 Denys de Syracuse : État territorial (405-367) Sicile unifiée après expulsion Carthaginois + réduction résistance indigène État de fait né de la conquête

B. des Déinoménides à Denys de Syracuse (Ve-IVe siècle)

Méthode : populations non-grecques intégrées par la force + colonies militaires Conception territoriale du pouvoir ≠ modèle civique Recours systématique aux mercenaires Innovation militaire : industrie militaire + art guerre de siège = Annonce transformations techniques IVe siècle

C. Philippe II et la Ligue de Corinthe (359-338)

Fondation du pouvoir (359) Armée = instrument du pouvoir + autorité = charisme victoire militaire Stratégie d'expansion Annexion Thrace → détroits (gouvernements militaires) Protectorat Épire Contrôle Thessalie Intervention Grèce centrale (346)

C. Philippe II et la Ligue de Corinthe (359-338)

Chéronée (338) : transformation institutionnelle Ligue de Corinthe : symmachía mais hégémonie héréditaire Fin du modèle civique (hégémonie ≠ supériorité militaire temporaire d'une cité)

Philippe, cet homme qui, non seulement n’est pas un Grec et n’a rien de commun avec les Grecs, mais qui n’est même pas un barbare d’une origine honorable, misérable Macédonien, issu d’un pays où l’on ne pouvait pas même acheter naguère un esclave honnête

Démosthène, Philippique III, 31

Tétradrachme, argent, Philippe II de Macédoine, Pella (Macédoine), vers 342

VI

Mutations de la guerre et crise de la polis traditionnelle

Les transformations du IVe siècle

A. professionnalisation militaire

Pertes humaines massives : de 40 000 à 30 000 citoyens athéniens Nécessité de reconstruction : démographique et militaire Suspension temporaire : critères stricts de citoyenneté assouplis

Choc démographique et ajustements

A. innovation tactique et mutations de l'art militaire

Dynamiques sociales émergentesMétèques enrichis : dépassent parfois économiquement les citoyensÉvolution féminine : nouveaux espaces d'action (familles métèques, mobilité)Statuts intermédiaires : multiplication et diversification des hiérarchies

conclusion

Structure de la vie civique

Institutions : stratèges athéniens, éphores spartiates, assemblée (guerre/paix) Économie : tributs alliés, liturgies (trières), pillages → trésors publics Culture : guerre nourrit réflexion politique/philosophique

conclusion

Unité culturelle / fragmentation politique maintenue par la violence

Paradoxe grec

IVe siècle - épuisement

IVe s. : épuisement → nostalgie de la concorde Athènes (375) : statue Eirenè (Paix) + enfant Ploutos (Richesse) = Aspiration prospérité > conquêtes

conclusion

Guerre du Péloponnèse = tournant décisif

Épuisement du modèle civique traditionnelMilitaire : fin du citoyen-soldatSocial : nouvelles élitesDislocation de l'unité organiqueGuerre prolongée + évolution mentalités

conclusion

Innovation macédonienne et mutations

Supériorité tactique d'AlexandrePhalange macédonienne (sarissa) + cavalerie lourde (hetairoi)Granique (334) : face aux armées orientales Capacités : campagnes milliers km/années ≠ milices civiques Guerre = affaire de professionnels (≠ contraintes agricoles/familiales) Espace : ouverture sur l'œkoumène → horizon transformé

conclusion

Crise de l'idéal civique Cosmopolitisme : dissolution particularismes locaux Guerre : de fondement de la citoyenneté → affaire de professionnels

Les Atheniens consultent la pythie

Document 1

I. L'oracle de Delphes, instrument de légitimation politique

Les Atheniens consultent la pythie

Document 1

II. La guerre comme fait politique total

Document 2

Stèle funéraire avec scène de combat v. 390

53.4 x 40.6 cms

Metropolitan Museum of Art

Contexte

Après défaite athénienne (404) tentative restauration puissance Guerre de Corinthe (395-386) : coalition (Athènes, Thèbes, Corinthe, Argos) + soutien Perse vs hégémonie lacédémonienne

Nature et fonction funéraire

Double commémoration : public/privéPratique spécifique : cité organise retour cendres + funérailles collectives = Intrication sphères publique/privée dans sacralisation mort militaire Enclos familiaux (periboloï)Portraits héroïques individuelsDéfunt toujours représenté victorieux Répertoire épique v/s réalité guerrière contemporaine

Description

Deux fantassinsNaturalisme expressif - mouvement et expressivitéOeuvre incomplète - inscription ? Temporalité suspendueEgalité tragique dans la mortTension dramatique Figure du « guerrier en action » (ex : Pollis v. 480-470) Polychromie ? stèles funéraires ointes et parfumées = véritables autels

Nature et fonction funéraire

Assaillant : chiton ceinturé koplos, hoplon et épée courteBouclier : attribut essentielGuerrier à terre : cape de campagne, pilos, nudité héroïque Calme face à la mort = mort conscienteDisposition au combat Codes épiques de l'excellence individuelle

Nature et fonction funéraire

Combat singulier (l'Iliade) logique de l'aristeia v/s combat collectif en phalange Esthétisation de la mort militaire Deuil militaire = canalysé = sublime la douleur sans la nierAnnonce développements hellénistiques = pathétique et émotions individuelles Préfigure avènement des naiskoi monumentaux avec figures en ronde-bosse

Les évolution militaire au IVe siècle par Démosthène

Document 3

I. Contexte

Déclin athénien et montée macédonienne (357-338)Fragilisation d'Athènes (357)Révolte des alliés → domination fragiliséePoids militaire → dépenses sur citoyens fortunésStratégie défensive : Eubée prioritaire sur Chalcidique (siège d'Olynthe)Clivage politique athénienIsocrate : Philippe = nouvel hégémon → concorde durable des GrecsDémosthène : chef parti anti-macédonienEnjeu : sauver Olynthe = dernière résistance au nordDanger stratégiqueÉviction progressive des régions proches Macédoine= Menace majeure pour Athènes

Il est donc un certain discours naïf de la part de ceux qui veulent consoler la cité. Philippe, disent-ils, n'a pas encore atteint ce degré de puissance où parvinrent autrefois les Lacédémoniens; maîtres sur mer et sur terre, alliés au grand roi, ceux-ci faisaient tout plier sous leur empire, mais cependant la cité [Athènes] les repoussa et na pas été détruite. Je réponds : tout a reçu des accroissements prodigieux. Rien n’est plus comme avant, il n’est rien qui ait plus évolué et progressé que l’art militaire. J’ai appris que, dans le temps, les Lacédémoniens et tous les autres Grecs n’envahissaient un territoire que durant les quatre ou cinq mois de la belle saison, le dévastaient avec leurs hoplites et leurs armées de citoyens, puis rentraient chez eux. De plus, ils avaient ainsi des mœurs antiques, ou plutôt civiques (πολιτικῶς) qu’ils n’achetaient aucun service à personne : la guerre était loyale et claire. Mais aujourd’hui, vous le voyez, les traitres ont presque tout détruit, les armées en ligne et les combats ne servent à rien. Vous apprenez que Philippe se déplace là où il le désire, non avec une phalange d’hoplites mais avec des troupes légères, des cavaliers, des archers, des mercenaires car telle est son armée. Et quand, de surcroît, il arrive chez un peuple affaibli par des dissensions internes, où personne ne tente une sortie pour défendre le territoire en raison de la défiance qui y règne, il installe des machines et assiège la ville. Pour couronner le tout, il ne connaît ni été ni hiver et il n’y a pas de morte saison pour ses opérations

Démosthène, Troisième Olynthienne, passages 47-50.

L'identité grecque à l'épreuve de l'altérité (Ve-IVe siècles av. J.-C.)