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Séquence 1 - Créer, fabriquer : l’invention et l’imaginaire

Jean-François Bellembert

Created on September 3, 2025

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Transcript

Créer, fabriquer : l’invention et l’imaginaire

Séquence 1 :

Sur les chemins de la création

Cette première séquence s’inscrit dans l’objet d’étude « Créer, inventer : l’invention et l’imaginaire ». Ensemble, nous allons découvrir et analyser des œuvres d’art (essentiellement des poèmes), afin de nous interroger sur la création artistique : d’où vient l’inspiration ? Celle-ci suffit-elle à créer une œuvre ? Comment les poètes, les artistes, créent-ils leurs œuvres ? Comment inventer des formes nouvelles ?

Créer

faire naître quelque chose de nouveau, qui n’existait pas.

fabriquer

faire un objet, une œuvre, à partir d’une matière première

invention

action d'imaginer, de créer quelque chose qui n’existait pas

imaginaire

ce qui n’existe pas dans la réalité mais seulement dans l’imagination

Expliquer une démarche : les Tirs de Niki de Saint Phalle

Sculptrice et peintre française, Niki de Saint Phalle est l’une des artistes les plus populaires du XXe siècle. Après une enfance traumatisante (elle est violée par son père à l’âge de 11 ans), elle commence à travailler comme mannequin, mais est victime à 22 ans d’une grave dépression. C’est dans un hôpital psychiatrique que commence sa carrière : « J'ai commencé à peindre chez les fous... J'y ai découvert l'univers sombre de la folie et sa guérison, j'y ai appris à traduire en peinture mes sentiments, les peurs, la violence, l'espoir et la joie. » En 1961, une série de performances intitulée Tirs la rend mondialement célèbre.

Expliquer une démarche : les Tirs de Niki de Saint Phalle

Comment et pourquoi Niki de Saint Phalle a-t-elle créé ses « Tirs » ?

Doc 1. Une œuvre extraite de la série Tirs

Niki de Saint Phalle, Pirodactyl over New York, 1962, peinture, plâtre, bois et objets divers (en deux parties), 250 X 310 X 30 cm, Collection Guggenheim, Abu Dhabi, Émirats Arabes Unis

1. Présentez l’œuvre : nature, titre, auteur, date de réalisation, lieu de conservation. 2. Décrivez cette oeuvre le plus précisément possible. Pour cela, décrivez : a. Le sujet général de l’œuvre. b. Les différents éléments qui composent cette œuvre, en les situant dans l’espace (à gauche, à droite, en haut, en bas). c. Les couleurs.

Doc 1. Une œuvre extraite de la série Tirs

Niki de Saint Phalle, Pirodactyl over New York, 1962, peinture, plâtre, bois et objets divers (en deux parties), 250 X 310 X 30 cm, Collection Guggenheim, Abu Dhabi, Émirats Arabes Unis

3. Cette œuvre est extraite d’une série de performances intitulée "Tirs". À votre avis, pourquoi l’artiste a-t-elle choisi ce titre ?

Niki de Saint Phalle, Tir – séance 26 juin, 1961 – Paris, Impasse Ronsin

B. La démarche de Niki de Saint Phalle

Doc 1. Niki de Saint Phalle explique sa démarche

Dans une lettre adressée à l’un de ses amis, l’historien de l’art suédois Pontus Hulten, Niki de Saint Phalle revient sur l’origine de la série des « Tirs ».

Niki de Saint Phalle, Portrait de mon amoureux, 1961

Niki de Saint Phalle, Le Mur de la Rage, date inconnue

Doc 2 - Le Mur de la Rage, de Niki de Saint Phalle

Séance 2

Revenir sur son travail : les brouillons d’Apollinaire

A quoi voit-on que la création artistique est un véritable travail pour Apollinaire ?

Guillaume Apollinaire (1880-1918), de son vrai Guillaume de Kostrowitzky, est considéré comme l’un des poètes les plus importants du XXe siècle. Il devient célèbre en 1913 avec la publication d’Alcools, un recueil de poèmes composés entre 1898 et 1913. En 1911, Apollinaire est arrêté pour recel : l’un des amis, Géry Piéret, lui a offert de petites statuettes qu’il a en fait volées au Louvre. Suite au vol de La Joconde en août 1911, la police enquête sur Piéret et découvre les statuettes volées chez Apollinaire. Ce dernier est incarcéré pendant six jours à la Prison de la Santé. Cette expérience va le marquer profondément.

A. L’écriture : un long travail :

III - Dans une fosse comme un ours Chaque matin je me promène Tournons tournons tournons toujours Le ciel est bleu comme une chaîne Dans une fosse comme un ours Chaque matin je me promène Dans la cellule d’à côté On y fait couler la fontaine Avec les clefs qu’il fait tinter Que le geôlier aille et revienne Dans la cellule d’à coté On y fait couler la fontaine IV - Que je m’ennuie entre ces murs tout nus Et peint de couleurs pâles Une mouche sur le papier à pas menus Parcourt mes lignes inégales Que deviendrai-je ô Dieu qui connais ma douleur Toi qui me l’as donnée Prends en pitié mes yeux sans larmes ma pâleur Le bruit de ma chaise enchainée Et tous ces pauvres cœurs battant dans la prison L’Amour qui m’accompagne Prends en pitié surtout ma débile raison Et ce désespoir qui la gagne

V - Que lentement passent les heures Comme passe un enterrement Tu pleureras l’heure où tu pleures Qui passera trop vitement Comme passent toutes les heures VI - J’écoute les bruits de la ville Et prisonnier sans horizon Je ne vois rien qu’un ciel hostile Et les murs nus de ma prison Le jour s’en va voici que brûle Une lampe dans la prison Nous sommes seuls dans ma cellule Belle clarté Chère raison

Doc 1. « A la santé », de Guillaume Apollinaire

1. Présentez les 3 documents et expliquez pourquoi, selon vous, ils ont été regroupés dans ce dossier.

Ces trois documents nous montrent le procesus de création d'Apollinaire. - Document 3 : Comment Apolinaire travail ses poèmes - Document 2 : Le brouillon d'un poème - Document 3 : le rendu final

I - Avant d’entrer dans ma cellule Il a fallu me mettre nu Et quelle voix sinistre ulule Guillaume qu’es-tu devenu Le Lazare* entrant dans la tombe Au lieu d’en sortir comme il fit Adieu Adieu chantante ronde Ô mes années ô jeunes filles II - Non je ne me sens plus là Moi-même Je suis le quinze de la Onzième* Le soleil filtre à travers Les vitres Ses rayons font sur mes vers Les pitres Et dansent sur le papier J’écoute Quelqu’un qui frappe du pied La voûte

Guillaume Apollinaire, « A la santé », Alcools, 1913

2. Quelles différences et points communs voyez-vous entre le premier jet du poème « A la santé » (document 2) et sa version définitive (document 1) ?

Différences : - Les 2 premières strophes ne sont pas dutout les mêmes - Les 3 derniers vers de la 3eme strophe non plus - Les strophes 4, 5 et 6 n'existent pas encore

Points communs : - Les 3 premiers vers de la 3ème strophe - Les vers 7, 8, 9 et 10 de la 3ème strophe

Doc 2. Premier jet du poème « A la santé »

3. Dans le document 3, Marcel Adéma dit qu’Apollinaire « travaillait continuellement ses poèmes » : comment cela se traduit-il sur le document 2 ?

Doc 3. Un critique littéraire parle de la méthode de travail d’Apollinaire

Nous pouvons voir qu'Apollinaire travaillait continuellement ses poèmes par le très grand nombre de ratures ainsi que les morceaux entiers du premier jet qui ont disparus.

Apollinaire travaillait continuellement ses poèmes. Le « premier jet » était écrit sous l’inspiration, il le laissait quelque temps de côté. Reprenant ensuite son texte pour impression, il le remaniait, raturait, biffait, élaguait, changeait souvent plusieurs fois de titre. Décidé à réunir les poèmes en un volume, il composait la maquette avec des pages de revue, des fragments de manuscrits, les modifiant à nouveau. Sur épreuves, il les travaillait encore, allant parfois jusqu’à bouleverser complètement l’ordre initial des strophes, le découpage des vers, recherchant des cadences nouvelles avec un souci constant d’unité et de perfection.

Marcel Adéma, Guillaume Apollinaire le mal-aimé, 1952

III - Dans une fosse comme un ours Chaque matin je me promène Tournons tournons tournons toujours Le ciel est bleu comme une chaîne Dans une fosse comme un ours Chaque matin je me promène Dans la cellule d’à côté On y fait couler la fontaine Avec les clefs qu’il fait tinter Que le geôlier aille et revienne Dans la cellule d’à coté On y fait couler la fontaine IV - Que je m’ennuie entre ces murs tout nus Et peint de couleurs pâles Une mouche sur le papier à pas menus Parcourt mes lignes inégales Que deviendrai-je ô Dieu qui connais ma douleur Toi qui me l’as donnée Prends en pitié mes yeux sans larmes ma pâleur Le bruit de ma chaise enchainée Et tous ces pauvres cœurs battant dans la prison L’Amour qui m’accompagne Prends en pitié surtout ma débile raison Et ce désespoir qui la gagne

V - Que lentement passent les heures Comme passe un enterrement Tu pleureras l’heure où tu pleures Qui passera trop vitement Comme passent toutes les heures VI - J’écoute les bruits de la ville Et prisonnier sans horizon Je ne vois rien qu’un ciel hostile Et les murs nus de ma prison Le jour s’en va voici que brûle Une lampe dans la prison Nous sommes seuls dans ma cellule Belle clarté Chère raison

Doc 1. « A la santé », de Guillaume Apollinaire

1. Quel évènement de la vie d’Apollinaire se trouve à la genèse de ce poème ? Quels sont les éléments du texte qui nous permettent de le comprendre ?

I - Avant d’entrer dans ma cellule Il a fallu me mettre nu Et quelle voix sinistre ulule Guillaume qu’es-tu devenu Le Lazare* entrant dans la tombe Au lieu d’en sortir comme il fit Adieu Adieu chantante ronde Ô mes années ô jeunes filles II - Non je ne me sens plus là Moi-même Je suis le quinze de la Onzième* Le soleil filtre à travers Les vitres Ses rayons font sur mes vers Les pitres Et dansent sur le papier J’écoute Quelqu’un qui frappe du pied La voûte

Ce poème prend sa source dans les 6 jours qu'Apollinaire a passé à la prison de la Santé après son arrestation pour recel.

2. Quels sont les différents sentiments exprimés par Apollinaire dans ce poème ? (Justifiez vos réponses grâce à des éléments du texte)

La honte (S1, v 1 à 4) la lassitue (S 3, v 1 à 3 L'ennui (S4, v 1) Le désespoir (S4 v 11 et 12)

3. En vous aidant du mémo ci-dessous, quelles figures d’analogie pouvez-vous repérer dans ce texte ?

Guillaume Apollinaire, « A la santé », Alcools, 1913

C. Les figures d’analogie : exercices :

Exercice 1. Dans les comparaisons ci-dessous, identifiez le comparé, le comparant et l’outil de comparaison

1a. Je suis dévoré de comparaisons, comme on l’est de poux. (Flaubert)

1b. Son regard est pareil au regard des statues. (Verlaine)

1c. J’ai vu passer dans mon rêve - tel l’ouragan sur la grève, - d’une main tenant un glaive et de l’autre un sablier, ce cavalier. (Verlaine)

1d. La terre est bleue comme une orange (Éluard)

1e. Et je m’en vais au vent mauvais qui m’emporte, deçà, delà, pareil à la feuille morte. (Verlaine)

C. Les figures d’analogie : exercices :

Exercice 2. Indiquez si les exemples ci-dessous sont des comparaisons, des métaphores ou des personnifications

métaphore

2a. Cet homme est à l'automne de sa vie. 2b. Les feuilles dansent dans le vent. 2c. Elle a les cheveux blonds comme les blés. 2d. Le poète est semblable au prince des nuées. 2e. La rue assourdissante autour de moi hurlait. 2f. Je suis un vieux boudoir plein de roses fanées. 2g. La bouilloire chantait dans la cuisine. 2h. Tu es le soleil de ma vie. 2i. La vie ressemble à un chemin.

personnification

comparaison

comparaison

personnification

métaphore

personnification

métaphore

comparaison

C. Les figures d’analogie : exercices :

Exercice 3. Dans les métaphores suivantes, dites quel est le comparé, quel est le comparant, et quelle est la signification de cette métaphore.

3a. Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe... (Victor Hugo)

3b. Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage. (Charles Baudelaire)

3c. Un gros serpent de fumée noir (Guy de Maupassant)

3d. Adolphe essaie de cacher l'ennui que lui donne ce torrent de parole. (Honoré de Balzac)

3e. Mon cœur continue à brûler (Jules Supervielle)

Séance 3

Inventer des autres formes : le surréalisme !

Comment les surréalistes veulent-ils révolutionner la poésie ?

Décomposons le mot :

Surréalisme

André Breton (1896-1966)

André Breton est un poète français, célèbre pour avoir été le chef de file du mouvement surréaliste, qu’il fonde en 1924 avec la publication du Manifeste du surréalisme. Profondément marqué par la Première Guerre Mondiale, André Breton est animé par un esprit de révolte à l’encontre des valeurs qui ont conduit tout un continent à sa ruine. Il aspire à la liberté, veut rompre avec toutes les traditions artistiques, créer de nouvelles formes inventives et surprenantes. Ce mouvement surréaliste exerce très vite une grande influence en France et en Europe.

Doc 1. La révolution surréaliste

Chaque matin, dans toutes les familles, les hommes, les femmes et les enfants, S’ILS N’ONT RIEN DE MIEUX À FAIRE, se racontent leurs rêves. Nous sommes tous à la merci du rêve et nous nous devons de subir son pouvoir à l’état de veille. C’est un tyran terrible habillé de miroirs et d’éclairs. Qu’est-ce que le papier et la plume, qu’est-ce qu’écrire, qu’est-ce que la poésie devant ce géant qui tient les muscles des nuages dans ses muscles ? [...] Le surréalisme ouvre les portes du rêve à tous ceux pour qui la nuit est avare. Le surréalisme est le carrefour des enchantements du sommeil, de l’alcool, du tabac, de l’éther, de l’opium, de la cocaïne, de la morphine ; mais il est aussi le briseur de chaînes, nous ne dormons pas, nous ne buvons pas, nous ne fumons pas, nous ne prisons pas, nous ne nous piquons pas et nous rêvons.

Les surréalistes souhaitent amener le monde du rêve dans le réel à travers l'Art. Faire vivre l'expérience du rêve de façon consciente.

Les figures de style employées sont la métaphore et la personnification. Le surréalisme devient portier et la nuit avare. Cela signifie qu'il permet aux personnes dépourvues de rêves de pouvoir les vivre en étant éveillés.

André Breton, La Révolution surréaliste, n°1, 1er décembre 1924

1. Avec vos propres mots, expliquez la démarche des surréalistes.

2. Quelle sont les figures de style employées dans la phrase « Le surréalisme ouvre les portes du rêve à tous ceux pour qui la nuit est avare. » Que signifie-t-elle selon vous ?

Doc 2. Les secrets de l’écriture surréaliste : l’écriture automatique

Faites-vous apporter de quoi écrire. Placez-vous dans l'état le plus passif, ou réceptif, que vous pourrez. Faites abstraction de votre génie, de vos talents et de ceux de tous les autres. Dites-vous bien que la littérature est un des plus tristes chemins qui mènent à tout. Écrivez vite sans sujet préconçu, assez vite pour ne pas retenir et ne pas être tenté de vous relire. La première phrase viendra toute seule, tant il est vrai qu'à chaque seconde il est une phrase étrangère à notre pensée consciente qui ne demande qu'à s'extérioriser. [...] Continuez autant qu’il vous plaira. »

L'écriture automatique est une écriture non réfléchie. On écrit des phrases le plus rapidmeent possible, sans y penser, sans chercher à avoir un sens, en laissant notre inconscient s'exprimer.

André Breton, Manifeste du surréalisme, 1924.

3. Avec vos propres mots, expliquez ce qu’est l’écriture automatique.

Doc 3. Un extrait des Champs magnétiques, premier ouvrage rédigé en écriture automatique

Il se prépare de jolis coups de grisou tandis que, la tête en bas, les élégantes partent pour un voyage au centre de la terre. On leur a parlé de soleils enfouis. Les grands morceaux d'espace créé s'en vont à toute vitesse vers le pôle. La montre des ours blancs marque l'heure du bal. Les agrès stupides de l'air, avant d'arriver, forment des singes qui comprennent vite qu'on s'est moqué d'eux. Ils détendent leur queue d'acier trempé. Leur bonne étoile est l'œil, révulsé à cette hauteur, des femmes qu'ils enlevèrent. La grotte est fraîche et l'on sent qu'il faut s'en aller ; l'eau nous appelle, elle est rouge et le sourire est plus fort que les fentes qui courent comme des plantes sur ta maison, ô journée magnifique et tendre comme cet extraordinaire petit cerceau. La mer que nous aimons ne supporte pas les hommes aussi maigres que nous. Il faut des éléphants à têtes de femmes et des lions volants. La cage est ouverte et l'hôtel fermé pour la deuxième fois, quelle chaleur !

André Breton, Manifeste du surréalisme, 1924.

4. À l’aide d’éléments précis tirés du document 3, montrez que le surréalisme laisse une grande part à l’imaginaire.

Un exemple d’œuvre surréaliste en peinture :

Salvador Dali, Rêve causé par le vol d'une abeille autour d'une grenade, une seconde avant l'éveil, 1944

B - Un jeu d’écriture surréaliste : le cadavre exquis

Un cadavre exquis réalisé par Breton et ses amis, 21 janvier 1934

Comment jouer au cadavre exquis ?

Le cadavre exquis est un jeu inventé par les surréalistes vers 1935. Le principe du jeu est le suivant : chaque participant écrit à tour de rôle une partie d'une phrase (un nom, un verbe, un adjectif*, ...), sans savoir ce que le précédent a écrit. La 1ère phrase qui résulta et qui donna le nom à ce jeu fut : « Le cadavre – exquis – boira – le vin – nouveau. »

Exercice 1. Quelle est la nature grammaticale du mot en majuscules ? 1. La nuit m'ENVELOPPE dans son étau de noirceur. 2. MON imaginaire est le plus coloré de tous. 3. Mon père me parle tous les SOIRS. 4. Un soleil SOMBRE et rouge se dessine devant mes yeux. 5. Il est EXTRÊMEMENT sensible, comme le prouve son attitude. 6. Il serait certainement plus SÛR qu'il soit dans ma poche. 7. TOURNE à droite ! 8. Mais où est donc LA brosse à dents ? 9. Elles se firent TRISTEMENT leurs adieux. 10. Le ciel est gris car la pollution des voitures nous empêche d'en voir la BEAUTÉ bleue.

Verbe

Déterminants possessifs

Nom commun

Adjectif

Adverbe

Adjectif

Verbe

Article défini

Adverbe

Nom

Exercice 2. À quelles catégories appartiennent les différents mots qui composent le 1e r cadavre exquis ? Ecrivez sous chaque mot la catégorie à laquelle il appartient.

« Le cadavre exquis boira le vin nouveau. »

Adjectif

Verbe

Adjectif

Nom commun

Déterminant

Déterminant

Nom commun

Exercice 3. Complétez le cadavre exquis en y ajoutant un adverbe de votre choix :

1. Le cadavre ____________________ exquis boira le vin nouveau.2. Le cadavre exquis boira ____________________ le vin nouveau.3. Le cadavre exquis boira le vin ____________________ nouveau.

À notre tour ! Ensemble, écrivons des cadavres exquis ! Pour cela, divisons la classe en 5 groupes. Chaque groupe écrira une partie de la phrase, comme sur les exemples suivants : - 1er groupe : écrivez un déterminant + un nom, qui serviront à former le sujet de la phrase. Attention : le sujet doit être au singulier. - 2e groupe : écrivez un adjectif au singulier (écrivez le au masculin et au féminin : exemple : heureux/heureuse) - 3e groupe : écrivez un verbe à la troisième personne du singulier, au temps de votre choix (présent, passé composé, imparfait, futur simple, etc...) - 4e groupe : écrivez des adverbes - 5e groupe : écrivez un déterminant + nom, qui serviront à former le complément de la phrase

C. Émettre un jugement personnel

Exprimer un jugement personnel, c’est donner son avis sur un sujet quelconque. L’appréciation que l’on porte peut être très tranchée (« ce film était nul ») ou plus nuancée (« il me semble que ce film n’est pas totalement réussi »). Pour exprimer son point de vue, on peut utiliser :

• Des expressions permettant d’exprimer une position : pour moi, selon moi, d’après moi, à mon avis, personnellement, il me semble que, de mon point de vue, en ce qui me concerne, pour ma part. Exemple : « À mon avis, cette décision est injuste »

• Des verbes d’opinion : croire, penser, considérer, juger, protester, dénoncer, condamner, estimer, approuver,désapprouver...Exemple : « Les professeurs désapprouvent l’attitude de cet élève »

• Des adverbes d’intensité permettant de renforcer ou de nuancer son propos : très, vraiment, certainement,évidemment, probablement, incontestablement, possiblement. Exemple : « Cette série est incontestablement l’une des plus palpitantes de l’année »

• Des termes péjoratifs (négatifs) ou mélioratifs (positifs) :

Noms : Beauté, Chef d'oeuvre / Horreur, Rattage Adjectifs : Merveuilleux, Réussi / Abominable, Ennuyeux Adverbes : Génialement, Merveilleusement / Lamentablement, Horriblement

Exercice 1. Dans les phrases suivantes, relevez les termes qui expriment un jugement :1a. Avec Dunkerque, Christopher Nolan signe peut-être son meilleur film et sans aucun doute l’un des plus fort de cette année.

1b. Je n'ai pas du tout aimé cette exposition, je l'ai trouvée complètement ratée.

1c. De mon point de vue, le réalisateur réussit brillamment son pari : nous faire rire tout en nous émouvant. C'est assurément une véritable réussite.

Exercice 2. Complétez les phrases avec les expressions qui conviennent parmi les choix suivants :

de mon point de vue /

en ce qui me concerne /

je trouve /

je ne crois pas que /

j’estime /

magnifique /

extraordinairement

2a. cette œuvre est navrante, ce n’est pas de l’art.

De mon point de vue

en ce qui me concerne

2b. Au contraire, que c’est mis en scène. Elle est

je trouve

magnifique

extraordinairement

2c. que nous ne partageons pas le même point de vue sur ce qu’est une véritable œuvre d’art !

J’estime

2d. Décidément, nous retournerons ensemble voir ce genre d’exposition.

je ne crois pas que

Séance 4 :

ÉCRIRE SOUS LA CONTRAINTE : L’OULIPO

A. Qu’est-ce que l’OuLiPo ?

François Le Lionnais (1901-1984) Ingénieur chimiste de formation et mathématicien, François Le Lionnais est un scientifique passionné par la littérature. En 1960, il fonde un l’OuLiPo (ouvroir de littérature potentielle), un mouvement littéraire auquel participent plusieurs écrivains célèbres comme Raymond Queneau, Italo Calvino ou Georges Perec. L’OuLiPo a pour objectif d’inventer de nouvelles formes à travers des jeux d’écriture. Les auteurs doivent traiter d’un sujet en respectant des contraintes, ce qui les incite à chercher des solutions originales.

Doc 1. Le manifeste de l’OuLiPo

Toute œuvre littéraire se construit à partir d'une inspiration (c'est du moins ce que son auteur laisse entendre) qui est tenue à s'accommoder tant bien que mal d'une série de contraintes et de procédures qui rentrent les unes dans les autres comme des poupées russes. Contraintes du vocabulaire et de la grammaire, contraintes de la versification générale, contraintes des formes fixes (comme dans le cas du rondeau et du sonnet1 ), etc. Doit-on s'en tenir aux recettes connues et refuser obstinément d'imaginer de nouvelles formules ? Les partisans de l'immobilisme n'hésitent pas à répondre par l'affirmative. Leur conviction ne s'appuie pas tant sur une réflexion raisonnée que sur la force de l'habitude et sur l'impressionnante série de chefs-d’œuvre (et aussi, hélas, d'œuvres moins chefs) qui ont été obtenus dans les formes et selon les règles actuelles. L'humanité doit-elle se reposer et se contenter, sur des pensers nouveaux de faire des vers antiques ? Nous ne le croyons pas.

François Le Lionnais, La littérature potentielle, 1973

1. Rondeau et sonnet : formes de poèmes très codifiées

1. Doc 1. Avec vos propres mots, expliquez quel est le projet de l’OuLiPo.

Doc 2. Un exemple d’écriture oulipienne : La disparition de Georges Perec :

La disparition est un roman de Georges Perec, membre de l’OuLiPo, paru en 1969. Ce roman de 300 pages environ est écrit en respectant une contrainte particulièrement difficile. Mais à la sortie de l'ouvrage, aucune indication sur cette contrainte n'était fournie : le lecteur devait lui-même comprendre « ce qui avait disparu »

Anton Voyl n'arrivait pas à dormir. Il alluma. Son Jaz marquait minuit vingt. Il poussa unprofond soupir, s'assit dans son lit, s'appuyant sur son polochon. Il prit un roman, ill'ouvrit, il lut ; mais il n'y saisissait qu'un imbroglio confus, il butait à tout instant sur unmot dont il ignorait la signification. Il abandonna son roman sur son lit. Il alla à sonlavabo ; il mouilla un gant qu'il passa sur son front, sur son cou. Son pouls battait tropfort. Il avait chaud. Il ouvrit son vasistas, scruta la nuit. Il faisait doux. Un bruit indistinctmontait du faubourg. Un carillon, plus lourd qu'un glas, plus sourd qu'un tocsin, plusprofond qu'un bourdon, non loin, sonna trois coups. Du canal Saint-Martin, un clapotisplaintif signalait un chaland qui passait. Sur l'abattant du vasistas, un animal au thoraxindigo, à l'aiguillon safran, ni un cafard, ni un charançon, mais plutôt un artison,s'avançait, traînant un brin d'alfa. Il s'approcha, voulant l'aplatir d'un coup vif, maisl'animal prit son vol, disparaissant dans la nuit avant qu'il ait pu l'assaillir.

Georges Perec, La disparition, 1969

2. Docs 2 et 3. À quelles contraintes les auteurs de ces textes se sont-ils pliés ?

Doc 3. Une réécriture de la fable « Le corbeau et le renard », façon oulipienne :

La version oulipienne

La fable d’origine

Maître Corbeau, sur un arbre perché,Tenait en son bec un fromage.Maître Renard, par l'odeur alléché,Lui tint à peu près ce langage :Et bonjour, Monsieur du Corbeau.Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !Sans mentir, si votre ramageSe rapporte à votre plumage,Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois.À ces mots, le Corbeau ne se sent pas de joie ;Et pour montrer sa belle voix,Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.Le Renard s'en saisit, et dit : Mon bon Monsieur,Apprenez que tout flatteurVit aux dépens de celui qui l'écoute.Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute.Le Corbeau honteux et confusJura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.

Père Merle perché serre entre le bec le bretzel ; Mère fennec est présente : - Eh, Merle, Révérences ! jette cette Mère Fennec. Père Merle se penche et ... le bretzel descend entre les dents de Mère Fennec. Père Merle blême et berné peste ; Mère Fennec se délecte et rentre chez elle.

Marie Christine Plassard, Atlas de la littérature potentielle, 1981

2. Docs 2 et 3. À quelles contraintes les auteurs de ces textes se sont-ils pliés ?

Jean de la Fontaine, Fables, 1668

Doc 2. Un exemple d’écriture oulipienne : La disparition de Georges Perec :

La disparition est un roman de Georges Perec, membre de l’OuLiPo, paru en 1969. Ce roman de 300 pages environ est écrit en respectant une contrainte particulièrement difficile. Mais à la sortie de l'ouvrage, aucune indication sur cette contrainte n'était fournie : le lecteur devait lui-même comprendre « ce qui avait disparu »

Anton Voyl n'arrivait pas à dormir. Il alluma. Son Jaz marquait minuit vingt. Il poussa unprofond soupir, s'assit dans son lit, s'appuyant sur son polochon. Il prit un roman, ill'ouvrit, il lut ; mais il n'y saisissait qu'un imbroglio confus, il butait à tout instant sur unmot dont il ignorait la signification. Il abandonna son roman sur son lit. Il alla à sonlavabo ; il mouilla un gant qu'il passa sur son front, sur son cou. Son pouls battait tropfort. Il avait chaud. Il ouvrit son vasistas, scruta la nuit. Il faisait doux. Un bruit indistinctmontait du faubourg. Un carillon, plus lourd qu'un glas, plus sourd qu'un tocsin, plusprofond qu'un bourdon, non loin, sonna trois coups. Du canal Saint-Martin, un clapotisplaintif signalait un chaland qui passait. Sur l'abattant du vasistas, un animal au thoraxindigo, à l'aiguillon safran, ni un cafard, ni un charançon, mais plutôt un artison,s'avançait, traînant un brin d'alfa. Il s'approcha, voulant l'aplatir d'un coup vif, maisl'animal prit son vol, disparaissant dans la nuit avant qu'il ait pu l'assaillir.

Georges Perec, La disparition, 1969

3. À votre tour : essayez d’écrire un petit texte d’au moins trois phrases en respectant la contrainte du document 2 !

Séance 4 :

ÉCRIRE SOUS LA CONTRAINTE : L’OULIPO

B. Écrire à la manière de l’OuLiPo :

Viens, mon beau chat, sur mon cœur amoureux ; Retiens les griffes de ta patte, Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux Mêlés de métal et d’agate. Lorsque mes doigts caressent à loisir Ta tête et ton dos élastique, Et que ma main s’enivre du plaisir De palper ton corps électrique, Je vois ma femme en esprit ; son regard, Comme le tien, aimable bête, Profond et froid, coupe et fend comme un dard, Et des pieds jusques à la tête, Un air subtil, un dangereux parfum Nagent autour de son corps brun. Baudelaire, « Le chat », Les fleurs du mal, 1857

Consignes : Le N+7 : 1. Lisez le poème ci-contre. 2. Entourez tous les noms communs. 3. Prenez un dictionnaire. Cherchez chaque nom commun dans le dictionnaire, et remplacez-le par le 7e nom qui suit le nom recherché. (Attention, cherchez bien le 7e nom, pas le 7e mot !) 4. Recopiez le poème modifié, en faisant les modifications nécessaires (accords masculin / féminin, singulier / pluriel) 5. Entrainez-vous à le dire à voix haute.