Les monstres de l'eau 2
niveau cm1
Start
Selon le livre « Urquhart and Glenmoriston : Olden times in a highland parish » publié en 1914 par William Mac Kay :
« La légende veut que l’immense vallon aujourd’hui submergé par les eaux du Loch Ness était jadis une magnifique vallée, abritée de tous les vents par de hautes montagnes, couverte d’arbres et d’herbe aux teintes splendides… Il y avait dans cette combe heureuse une source qui avait été bénie par un druide nommé Daly, dont les eaux devinrent un remède infaillible à toute maladie. L’ouverture de ce puits sacré était protégée par une pierre placée par le druide, qui avait ordonné que chaque fois qu’elle serait retirée pour qu’y soit puisée de l’eau elle devrait être aussitôt remise en place. « Le jour où l’on négligera mon commandement, avait-il dit, la désolation envahira cette terre ». Le peuple n’oublia pas les paroles de Daly et elles demeurèrent force de loi : ainsi se suivirent les jours, et les années succédèrent aux années. Mais une fois, une femme laissa l’enfant qu’elle allaitait auprès du feu et sortit puiser de l’eau. A peine avait-elle ôté la pierre qu’un cri parvint à son oreille, l’avertissant que l’enfant rampait vers le feu. Se précipitant chez elle, elle sauva le bébé, mais elle oublia les paroles du druide et omit de remettre la pierre en place. Les eaux s’élevèrent et inondèrent la vallée, et le peuple s’enfuit dans les montagnes en emplissant l’air de ses lamentations, et les rochers se renvoyèrent le cri désespéré : « Tha loch ‘nis ann, tha loch ‘nis ann ! »(« Il y a un lac maintenant, il y a un lac maintenant ! »). Et le lac demeura et s’appelle Loch Ness à ce jour. »
De façon plus crédible, Ness dérive sans doute d'un ancien mot picte (celte) désignant une rivière.
De forme très allongée, le loch s'étend sur environ 39 km[3] et sa largeur varie de 1,2 à 3 km. Situé sur le parcours de la faille géologique du Great Glen qui correspond à la ligne des lochs, sa profondeur maximale est de 272 m. Avec 56,4 km2, c'est le deuxième plus grand lac d'Écosse en superficie, après le loch Lomond, mais le plus grand en volume (7,5 km3), car il est plus profond[4]. Grâce à un système de pompes et de turbines, ses eaux sont utilisées pour produire de l'électricité.
Dans ce lac oligotrophe, la biomasse de 20 tonnes de poissons (estimation la plus haute) est juste suffisante pour nourrir un animal de 2 tonnes comme le monstre du loch Ness, mais insuffisante pour nourrir une population de plusieurs dizaines d'individus, nombre nécessaire pour la survie d'une espèce[5].
Le loch Ness se situe au nord du Royaume-Uni, sur le trajet du canal calédonien qui relie la côte est à la côte ouest de l'Écosse. Son point le plus au sud, près de Fort Augustus, permet d'apercevoir la seule île du loch, Cherry Island, créée artificiellement à la préhistoire (ce qu'on appelle un crannog).
Les ruines du château d'Urquhart, sur la rive nord, comptent parmi les principaux sites touristiques de la région. Mais, ce qui rend avant tout le loch célèbre de par le monde est la légende du monstre du Loch Ness, créature marine censée hanter ses eaux depuis la fin du vie siècle. Depuis les années 1930, la légende est devenue une attraction touristique et un petit musée a été créé à Drumnadrochit pour présenter des informations concernant Nessie (surnom affectueux donné à des fins touristiques)
Bien que le nom kraken n'apparaisse jamais dans les sagas scandinaves, cette créature vient de Norvège. Il existe des monstres marins, le Hafgufa et le Lyngbakr, décrits dans l’Örvar-Odds saga (la saga d'Örvar-Oddr (en)) et dans le Konungs skuggsjá, œuvre norvégienne de 1250.
Dans la première édition de son Systema Naturae (1735), Carl von Linné inclut, dans une classification taxonomique des organismes vivants, le kraken comme un céphalopode avec le nom scientifique de Microcosmus mais l'animal est exclu des éditions ultérieures. Le kraken a également été largement décrit par Erik Pontoppidan, évêque de Bergen, dans son Histoire Naturelle de Norvège (Copenhague, 1752-1753).
Les premiers contes, y compris celui de Pontoppidan, décrivent le kraken comme un animal « de la taille d'une île flottante » dont le vrai danger, pour les marins, n'était pas la créature elle-même, mais le tourbillon qu'elle engendrait après sa descente rapide dans l'océan. Toutefois, Pontoppidan décrit également le potentiel destructeur de l'immense bête : « Il est dit que, si elle attrape le plus gros navire de guerre, elle parviendra à le tirer vers le fond de l'océan » (Sjögren, 1980). Le Kraken a toujours été distingué des serpents de mer, également dans les traditions scandinaves (Jörmungand par exemple). L'une des premières descriptions est donnée par le Suédois, Jacob Wallenberg dans son livre Min son på galejan (Mon fils sur la galère) à partir de 1781 :
« … Le kraken est aussi appelé "crabe-poisson" et n'est pas, d'après des pilotes norvégiens, tellement énorme, tête et tentacules comprises. Il n'est pas plus grand que notre Öland (c'est-à-dire moins de 16 km)… Il reste à la mer, constamment entouré par d'innombrables petits poissons qui lui servent de nourriture et qui sont alimentés par celui-ci en retour : pour son repas, si je me souviens bien, écrit E. Pontoppidan, ne dure pas plus de trois mois, et trois autres sont ensuite nécessaires pour le digérer. Ses excréments nourrissent par la suite une armée de poissons, et pour cette raison, les pêcheurs sondent les fonds après son passage… Peu à peu, le kraken monte à la surface, et, quand il est à dix ou douze brasses de celle-ci, les bateaux ont mieux à sortir de son voisinage ou ils devront craindre leur destruction. Telle une île flottante, l'eau jaillissant de ses terribles narines forme des vagues spiralées autour de lui pouvant atteindre un grand nombre de miles. Peut-on douter qu'il s'agisse du Leviathan de Job ? »
— Jacob Wallenberg, Min son på galejan.
Selon Pontoppidan, les pêcheurs norvégiens ont souvent pris le risque d'essayer de pêcher près du kraken car la capture y est bonne. Si un pêcheur a une très bonne prise, ils ont l'habitude de transmettre cette information. Pontoppidan a également affirmé que le monstre est parfois confondu avec une île et que les cartes comportent des îles qui ne sont pas toujours présentes et qui étaient donc en fait le kraken. Pontoppidan a également raconté qu'une fois, un jeune spécimen du monstre est mort et s'est échoué à Alstahaug (Sjögren, Bengt, 1980).
Depuis la fin du xviiie siècle, le kraken a été décrit dans un certain nombre d'ouvrages, comme une grande créature ressemblant au poulpe, et il a souvent été affirmé que le kraken de Pontoppidan aurait pu être fondé sur des observations du calmar géant. Toutefois, dans les premières descriptions, la créature se rapproche plus du crabe que du poulpe et, en général, possède des traits qui sont associés aux grandes baleines plutôt qu'au calmar géant. !... »
En 1802, le malacologiste français Pierre Denys de Montfort a reconnu l'existence de deux types de poulpes géants dans son Histoire Naturelle Générale et Particulière des Mollusques, une description encyclopédique des mollusques. Montfort a fait valoir que le premier type, le « kraken-pieuvre », a été décrit par les marins norvégiens et baleiniers américains ainsi que les anciens écrivains comme Pline l'Ancien. En effet, un passage de L'Histoire naturelle du Romain Pline l'Ancien (ier siècle) narre également le cas d'un monstre marin à tentacules attaquant des réserves de poissons en saumure. La description correspond tout à fait à celle du kraken. Le deuxième type de bien plus grande taille, l'immense poulpe, aurait attaqué un bateau à voile de Saint-Malo, au large de la côte de l'Angola (voir illustration en haut de page).
Montfort a osé la plus sensationnelle des revendications. Il a proposé que dix navires de guerre britanniques qui avaient mystérieusement disparu, une nuit en 1782 devaient avoir été attaqués et coulés par une pieuvre géante. Malheureusement pour Montfort, les Britanniques savaient ce qui était arrivé aux navires (ils avaient été perdus dans un ouragan au large de Terre-Neuve en septembre 1782) et ont démenti la supposition de Montfort. La carrière de Montfort ne s'en est jamais remise et il est mort de faim, pauvre, à Paris vers 1820 (Sjögren, 1980). Pour la défense de Montfort, il convient de noter que beaucoup de sources décrivant le « poulpe-kraken » ont probablement décrit le véritable calmar géant, prouvant son existence en 1857.
En 1830, peut-être conscient du travail de Montfort, Alfred Tennyson a publié un célèbre poème intitulé The Kraken (essentiellement un sonnet irrégulier), qui diffuse l'histoire du Kraken en anglais. Le poème, dans ses trois dernières lignes, porte également des similitudes avec la légende du Léviathan, un monstre marin, qui doit remonter à la surface à la fin des jours[4].
La description de Tennyson a apparemment influencé Jules Verne qui imaginait l'antre du fameux calmar géant de Vingt mille lieues sous les mers de 1870. Verne fait aussi de nombreuses références au Kraken et à l'évêque Pontoppidan dans ce roman, ainsi que dans l’œuvre postérieure Les Histoires de Jean-Marie Cabidoulin (1901) :
« Et n'a-t-on pas été jusqu'à parler d'un kraken, long d'une demi-lieue, lequel entraînait les bâtiments dans les profonds abîmes de l'Océan! [...] Puis, dix à douze siècles plus tard, l'évêque norvégien Pontopiddan affirma l'existence d'un monstre marin dont les cornes ressemblaient à des mâts armés de vergues, et, lorsque les pêcheurs se croyaient sur de grands fonds, ils les trouvaient à quelques pieds seulement, parce que l'animal flottait sous la quille de leur chaloupe
Les monstres de l'eau 2
Léo
Created on September 1, 2025
Start designing with a free template
Discover more than 1500 professional designs like these:
View
Urban Illustrated Presentation
View
Geographical Challenge: Drag to the map
View
Decisions and Behaviors in the Workplace
View
Tangram Game
View
Process Flow: Corporate Recruitment
View
Weekly Corporate Challenge
View
Wellbeing and Healthy Routines
Explore all templates
Transcript
Les monstres de l'eau 2
niveau cm1
Start
Selon le livre « Urquhart and Glenmoriston : Olden times in a highland parish » publié en 1914 par William Mac Kay : « La légende veut que l’immense vallon aujourd’hui submergé par les eaux du Loch Ness était jadis une magnifique vallée, abritée de tous les vents par de hautes montagnes, couverte d’arbres et d’herbe aux teintes splendides… Il y avait dans cette combe heureuse une source qui avait été bénie par un druide nommé Daly, dont les eaux devinrent un remède infaillible à toute maladie. L’ouverture de ce puits sacré était protégée par une pierre placée par le druide, qui avait ordonné que chaque fois qu’elle serait retirée pour qu’y soit puisée de l’eau elle devrait être aussitôt remise en place. « Le jour où l’on négligera mon commandement, avait-il dit, la désolation envahira cette terre ». Le peuple n’oublia pas les paroles de Daly et elles demeurèrent force de loi : ainsi se suivirent les jours, et les années succédèrent aux années. Mais une fois, une femme laissa l’enfant qu’elle allaitait auprès du feu et sortit puiser de l’eau. A peine avait-elle ôté la pierre qu’un cri parvint à son oreille, l’avertissant que l’enfant rampait vers le feu. Se précipitant chez elle, elle sauva le bébé, mais elle oublia les paroles du druide et omit de remettre la pierre en place. Les eaux s’élevèrent et inondèrent la vallée, et le peuple s’enfuit dans les montagnes en emplissant l’air de ses lamentations, et les rochers se renvoyèrent le cri désespéré : « Tha loch ‘nis ann, tha loch ‘nis ann ! »(« Il y a un lac maintenant, il y a un lac maintenant ! »). Et le lac demeura et s’appelle Loch Ness à ce jour. » De façon plus crédible, Ness dérive sans doute d'un ancien mot picte (celte) désignant une rivière.
De forme très allongée, le loch s'étend sur environ 39 km[3] et sa largeur varie de 1,2 à 3 km. Situé sur le parcours de la faille géologique du Great Glen qui correspond à la ligne des lochs, sa profondeur maximale est de 272 m. Avec 56,4 km2, c'est le deuxième plus grand lac d'Écosse en superficie, après le loch Lomond, mais le plus grand en volume (7,5 km3), car il est plus profond[4]. Grâce à un système de pompes et de turbines, ses eaux sont utilisées pour produire de l'électricité. Dans ce lac oligotrophe, la biomasse de 20 tonnes de poissons (estimation la plus haute) est juste suffisante pour nourrir un animal de 2 tonnes comme le monstre du loch Ness, mais insuffisante pour nourrir une population de plusieurs dizaines d'individus, nombre nécessaire pour la survie d'une espèce[5]. Le loch Ness se situe au nord du Royaume-Uni, sur le trajet du canal calédonien qui relie la côte est à la côte ouest de l'Écosse. Son point le plus au sud, près de Fort Augustus, permet d'apercevoir la seule île du loch, Cherry Island, créée artificiellement à la préhistoire (ce qu'on appelle un crannog). Les ruines du château d'Urquhart, sur la rive nord, comptent parmi les principaux sites touristiques de la région. Mais, ce qui rend avant tout le loch célèbre de par le monde est la légende du monstre du Loch Ness, créature marine censée hanter ses eaux depuis la fin du vie siècle. Depuis les années 1930, la légende est devenue une attraction touristique et un petit musée a été créé à Drumnadrochit pour présenter des informations concernant Nessie (surnom affectueux donné à des fins touristiques)
Bien que le nom kraken n'apparaisse jamais dans les sagas scandinaves, cette créature vient de Norvège. Il existe des monstres marins, le Hafgufa et le Lyngbakr, décrits dans l’Örvar-Odds saga (la saga d'Örvar-Oddr (en)) et dans le Konungs skuggsjá, œuvre norvégienne de 1250. Dans la première édition de son Systema Naturae (1735), Carl von Linné inclut, dans une classification taxonomique des organismes vivants, le kraken comme un céphalopode avec le nom scientifique de Microcosmus mais l'animal est exclu des éditions ultérieures. Le kraken a également été largement décrit par Erik Pontoppidan, évêque de Bergen, dans son Histoire Naturelle de Norvège (Copenhague, 1752-1753). Les premiers contes, y compris celui de Pontoppidan, décrivent le kraken comme un animal « de la taille d'une île flottante » dont le vrai danger, pour les marins, n'était pas la créature elle-même, mais le tourbillon qu'elle engendrait après sa descente rapide dans l'océan. Toutefois, Pontoppidan décrit également le potentiel destructeur de l'immense bête : « Il est dit que, si elle attrape le plus gros navire de guerre, elle parviendra à le tirer vers le fond de l'océan » (Sjögren, 1980). Le Kraken a toujours été distingué des serpents de mer, également dans les traditions scandinaves (Jörmungand par exemple). L'une des premières descriptions est donnée par le Suédois, Jacob Wallenberg dans son livre Min son på galejan (Mon fils sur la galère) à partir de 1781 : « … Le kraken est aussi appelé "crabe-poisson" et n'est pas, d'après des pilotes norvégiens, tellement énorme, tête et tentacules comprises. Il n'est pas plus grand que notre Öland (c'est-à-dire moins de 16 km)… Il reste à la mer, constamment entouré par d'innombrables petits poissons qui lui servent de nourriture et qui sont alimentés par celui-ci en retour : pour son repas, si je me souviens bien, écrit E. Pontoppidan, ne dure pas plus de trois mois, et trois autres sont ensuite nécessaires pour le digérer. Ses excréments nourrissent par la suite une armée de poissons, et pour cette raison, les pêcheurs sondent les fonds après son passage… Peu à peu, le kraken monte à la surface, et, quand il est à dix ou douze brasses de celle-ci, les bateaux ont mieux à sortir de son voisinage ou ils devront craindre leur destruction. Telle une île flottante, l'eau jaillissant de ses terribles narines forme des vagues spiralées autour de lui pouvant atteindre un grand nombre de miles. Peut-on douter qu'il s'agisse du Leviathan de Job ? » — Jacob Wallenberg, Min son på galejan. Selon Pontoppidan, les pêcheurs norvégiens ont souvent pris le risque d'essayer de pêcher près du kraken car la capture y est bonne. Si un pêcheur a une très bonne prise, ils ont l'habitude de transmettre cette information. Pontoppidan a également affirmé que le monstre est parfois confondu avec une île et que les cartes comportent des îles qui ne sont pas toujours présentes et qui étaient donc en fait le kraken. Pontoppidan a également raconté qu'une fois, un jeune spécimen du monstre est mort et s'est échoué à Alstahaug (Sjögren, Bengt, 1980). Depuis la fin du xviiie siècle, le kraken a été décrit dans un certain nombre d'ouvrages, comme une grande créature ressemblant au poulpe, et il a souvent été affirmé que le kraken de Pontoppidan aurait pu être fondé sur des observations du calmar géant. Toutefois, dans les premières descriptions, la créature se rapproche plus du crabe que du poulpe et, en général, possède des traits qui sont associés aux grandes baleines plutôt qu'au calmar géant. !... »
En 1802, le malacologiste français Pierre Denys de Montfort a reconnu l'existence de deux types de poulpes géants dans son Histoire Naturelle Générale et Particulière des Mollusques, une description encyclopédique des mollusques. Montfort a fait valoir que le premier type, le « kraken-pieuvre », a été décrit par les marins norvégiens et baleiniers américains ainsi que les anciens écrivains comme Pline l'Ancien. En effet, un passage de L'Histoire naturelle du Romain Pline l'Ancien (ier siècle) narre également le cas d'un monstre marin à tentacules attaquant des réserves de poissons en saumure. La description correspond tout à fait à celle du kraken. Le deuxième type de bien plus grande taille, l'immense poulpe, aurait attaqué un bateau à voile de Saint-Malo, au large de la côte de l'Angola (voir illustration en haut de page). Montfort a osé la plus sensationnelle des revendications. Il a proposé que dix navires de guerre britanniques qui avaient mystérieusement disparu, une nuit en 1782 devaient avoir été attaqués et coulés par une pieuvre géante. Malheureusement pour Montfort, les Britanniques savaient ce qui était arrivé aux navires (ils avaient été perdus dans un ouragan au large de Terre-Neuve en septembre 1782) et ont démenti la supposition de Montfort. La carrière de Montfort ne s'en est jamais remise et il est mort de faim, pauvre, à Paris vers 1820 (Sjögren, 1980). Pour la défense de Montfort, il convient de noter que beaucoup de sources décrivant le « poulpe-kraken » ont probablement décrit le véritable calmar géant, prouvant son existence en 1857. En 1830, peut-être conscient du travail de Montfort, Alfred Tennyson a publié un célèbre poème intitulé The Kraken (essentiellement un sonnet irrégulier), qui diffuse l'histoire du Kraken en anglais. Le poème, dans ses trois dernières lignes, porte également des similitudes avec la légende du Léviathan, un monstre marin, qui doit remonter à la surface à la fin des jours[4]. La description de Tennyson a apparemment influencé Jules Verne qui imaginait l'antre du fameux calmar géant de Vingt mille lieues sous les mers de 1870. Verne fait aussi de nombreuses références au Kraken et à l'évêque Pontoppidan dans ce roman, ainsi que dans l’œuvre postérieure Les Histoires de Jean-Marie Cabidoulin (1901) : « Et n'a-t-on pas été jusqu'à parler d'un kraken, long d'une demi-lieue, lequel entraînait les bâtiments dans les profonds abîmes de l'Océan! [...] Puis, dix à douze siècles plus tard, l'évêque norvégien Pontopiddan affirma l'existence d'un monstre marin dont les cornes ressemblaient à des mâts armés de vergues, et, lorsque les pêcheurs se croyaient sur de grands fonds, ils les trouvaient à quelques pieds seulement, parce que l'animal flottait sous la quille de leur chaloupe