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L’hôtel Ferraris :
une oeuvre de Germain Boffrand ?
L’hôtel Ferraris :
Une oeuvre de Germain Boffrand ?
L’hôtel Ferraris :
LE QUARTIER
L'ÉDIFICE
LES ACTEURS
CRÉDITS
Le quartier du Bourget
LE QUARTIER « du Bourgeois » tient son nom de « bourget », terme désignant le faubourg entre le village Saint-Dizier (aujourd’hui quartier des Trois Maisons) et le Prieuré Notre-Dame. Inclus dans l’enceinte urbaine au 14e siècle, il ne s’urbanise qu’au début du 17e siècle. Dès lors, deux rues sont percées, appelées du Haut-Bourgeois et du Petit-Bourgeois. Elles figurent sur le plan gravé par de la Ruelle en 1611. Le quartier est encore aujourd’hui caractérisé par l’abondance de ces hôtels attribués à Germain Boffrand (Ferraris, Fontenoy, Curel...) ou encore à Jennesson, Guesnon ou Révérend... Quant à la rue du Petit-Bourgeois, elle dessert les issues de service des édifices nobles de ses voisines du Haut-Bourgeois et de Guise.
Plan de Belprey : détail (Arch. municipales de Nancy)
Le quartier du Bourget
LE QUARTIER reste enclavé à l’intérieur de la limite
des remparts, malgré le projet de François
Lecreult (1739–1812) qui envisagea de percer
la rue du Haut-Bourgeois jusqu’au Cours
Léopold, ce qui fut réalisé au début du 19e siècle,
il fallut attendre 1934 pour le percement
de la rue des frères Henry.
Depuis le 17e siècle, les deux rues ont conservé
leur appellation à l’exception de la période
révolutionnaire qui donna le nom de rue
de l’Égalité à la rue du Haut-Bourgeois et celui
de l’Espérance (ou de l’Humanité pour certains
auteurs) à celle du Petit-Bourgeois.
DÉCOUVRIR LES HÔTELS À PROXIMITÉ
Plan en perspective de la ville Nanceium Nancy [vers 1634–1637], d’après une réduction du plan de Mérian, ex colorié. (Arch. municipales de Nancy, 1 Fi 1306)
À proximité
À proximité de l’hôtel Ferraris, s’élèvent d’autres hôtels attribuables avec plus ou moins de certitude à l’architecte Boffrand. Deux d’entre eux présentent un parti assez rare à Nancy d’hôtel entre cour et jardin.
Hôtel de Mahuet
Hôtel des Loups
état avant 1929 (fonds Manias)
vue d’ensemble
À proximité
À proximité de l’hôtel Ferraris, s’élèvent d’autres hôtels attribuables avec plus ou moins de certitude à l’architecte Boffrand.
Hôtel de Fontenoy
Hôtel de Custine
Façade de l’hôtel de Fontenoy, dessin
Façade de l’hôtel de Custine, dessin anonyme du 18e siècle (coll. Part.)
L’hôtel Ferraris :
L'édifice
La sévérité d'un parti classique
La subtilité du décor intérieur
La peinture monumentale de l'escalier
L'élégance du décor d'architecture
La sévérité d’un parti classique
L'ARCHITECTE adopta le parti classique de l’hôtel
parisien : un corps principal aligné sur la rue
(comme pour les hôtels de Fontenoy, Custine,
et de Craon) flanqué de deux ailes d’égale
longueur en apparence. En effet, le plan montre
le savoir-faire du maître d’oeuvre qui réalisa
un édifice régulier sur une parcelle trapézoïdale
au plan ingrat : l’aile droite est large mais courte,
l’aile gauche est longue et en trapèze.
L’élégance du décor d’architecture
Le visiteur
assez privilégié pour accéder à la cour découvre
au centre du corps de passage la fontaine
au bassin chantourné surmontée de la statue
de Neptune flanquée autrefois de deux enfants
jouant avec des dauphins dans un décor peint
de fausse grotte.
Seules les travées d’axe portent un décor dont
l’élégance souligne la symétrie du parti
architectural : la tête grimaçante du porche
et le cartouche du premier étage.
Façade antérieure, détail de l'agrafe du portail
La subtilité du décor intérieur
Les grands principes de Boffrand
Si beaucoup d’hôtels particuliers ont perdu leurs
dispositifs et leur décor intérieur, l’hôtel Ferraris
offre une illustration des grands principes
publiés dans Le Livre d’architecture (Germain Boffrand, 1745).
Cette hiérarchie s’organise subtilement le long d’une enfilade qui aiguise la curiosité du visiteur selon un principe déjà ancien. Elle est d’ailleurs souvent accrue par un usage subtil des glaces.
Le choix des lambris et des décors indiquent l’importance de la pièce : lambris de hauteur pour les antichambres, et lambris à la parisienne pour les salons, parquet Versailles pour les plus belles pièces et point de Hongrie ou « fougère » à grand cadre pour les autres…
La peinture monumentale de l’escalier
La grande originalité de l’escalier de l’hôtel
Ferraris, outre le choix d’un volume à l’italienne,
est l’exceptionnel décor en trompe l’oeil de la
sous-face de la galerie qui assure la liaison entre
les pièces de part et d’autre de la cage d’escalier
au second étage.
Le décor en grisaille de la sous-face chantournée
est construit avec une symétrie parfaite en
harmonie avec le parti architectural de Boffrand :
dans le plus grand axe, les caissons
de la quadratura se répondent, l’un portant un
trophée d’armes, l’autre un trophée de musique.
La peinture monumentale de l’escalier
La structure du décor est très proche de celle des projets de l’opéra et du plafond du château de Champigneulles (auj. École du Centre) : même encadrement, même type de trophée militaire, même bouton feuillagé. Ce décor encore conservé dans son état d’origine est attribué à Giacomo Barilli (1723).
La découpe du jour faite de courbe et de contrecourbe d’inspiration toute baroque s’ouvre sur la perspective du plafond peint (au 19e siècle ?) d’une nuée peuplée d’oiseaux des îles et de têtes de putti.
L’hôtel Ferraris :
Les acteurs
Giacomo Barilli, un décorateur bolognais
La famille Ferraris-Fontette
Germain Boffrand, un architecte au service de la Cour de Lorraine
Joseph Beunat, un nouveau décor
La famille Ferraris-Fontette
L'HÔTEL FERRARIS doit son nom à son
commanditaire Louis de Ferraris (aussi
orthographié Ferrary, Ferrari), issu d’une famille
originaire d’Italie (Piémont ou Milanais),
chambellan de l’Empereur d’Autriche, grand
chambellan de l’électeur de Trêves et mari
d’Anne-Thérèse de Saint-Remy de Fontette,
demoiselle d’honneur de la duchesse
de Lorraine, tous deux proches de la famille
ducale et impériale.
Une partie de la
famille de Ferraris
y vécut au moins
jusqu’en 1754,
comme l’atteste
l’inventaire après décès
dressé à la
mort d’Anne-Thérèse
de Fontette. Grâce à ce document, on connaît l’affectation d’une bonne part des pièces et la description des meubles et des objets de la vie quotidienne. Il mentionne aussi sept domestiques : maître d’hôtel, femmes de chambre, gouvernante, fille de garde-robe, cuisinière et domestique. Un fondé de pouvoir habitait sur place : François Baillot, conseiller Intendant général des affaires de son Altesse royale la princesse Charlotte de Lorraine.
Germain Boffrand
Un architecte parisien au service de la Cour de Lorraine
Germain Boffrand (Nantes 1667 – Paris 1754) était fils d’architecte. Introduit dans les milieux artistiques parisiens par son maître Jules Hardouin-Mansart, il acquiert une notoriété indéniable vers 1709–1710. En 1711, il devint premier architecte du duc de Lorraine et travailla jusqu’en 1726 dans le duché tout en gardant d’importants chantiers à Paris. Sa réputation s’étendit jusqu’en Allemagne (projet pour le palais épiscopalde Würzburg, palais Törring à Munich…).
Son activité lorraine fut surtout une réponse aux commandes du duc pour lequel il intervint à Lunéville (château 1709 et 1719–1723, chapelle 1719), à Nancy (Palais ducal en 1714, « Louvre de Boffrand »), à la Malgrange ou encore à Commercy.
On fit aussi appel à lui pour remettre au goût du jour des châteaux aux allures encore médiévales : Haroué pour la famille de Craon et peut-être Aulnois-sur-Seille (Moselle). L’architecte lui se fit construire un petit château à Thuillières (Vosges).
Germain Boffrand
Un architecte parisien au service de la Cour de Lorraine
La cour ducale ne fut pas en reste, commandant à Boffrand des hôtels à Nancy. Un seul fut publié sous son nom, l’hôtel de Craon (auj. Cour d’appel de Justice) dont l’élévation inspira largement Emmanuel Héré dans le dessin des grands projets urbanistiques de Stanislas un quart de siècle plus tard. Quatre hôtels sont attribués à Boffrand en raison des similitudes de conception avec le reste de son oeuvre, tandis que les autres ne sont peut-être que le reflet de son influence sur les architectes actifs à Nancy.
Membre de l’Académie royale d’architecture depuis 1730, il publia un recueil de gravures de ses propres constructions (Livre d’architecture, 1745) où il recommandait la lisibilité du plan depuis l’extérieur, la distinction du décor entre extérieur et intérieur, la hiérarchisation des ornements et l’alternance des formes courbes (adoucissement) et droites. On retrouve ces grands principes dans les hôtels qui lui sont attribués en Lorraine.
Giacomo Barilli
Un décorateur bolognais
Spécialisé dans la peinture du décor architectural
sur toile marouflée ou a fresco, Giacomo Barilli fait équipe
avec Claude Charles qui exécute les « figures ».
De son oeuvre religieuse, on ne connait plus
que des dessins conservés au Musée Lorrain.
Seuls subsistent deux décors réalisés pour
des hôtels particuliers : hôtel Ferraris et château
du Bas de Champigneulles. Le somptueux
ensemble peint pour l’hôtel de Mahuet (avant
1721) n’est plus connu que par la description
qu’en fit l’historien Jean-Jacques Lionnois en 1805.
Joseph Beunat
Un nouveau décor au début du 19e siècle
Fortement influencé par l’Antiquité classique et le fameux Recueil des décorations intérieures de Percier et Fontaine publié en 1812, Beunat dessina de nombreux modèles de génies ailés porteurs de couronnes de lauriers ou de trompettes, ces motifs réalisés en stuc moulé, peint ou doré. Edités en 1823 dans un Recueil des dessins et ornements d’architecture, certains de ces motifs se retrouvent dans les grands salons de l’hôtel Ferraris.
L’embellissement des salons de l’aile gauche de l’hôtel Ferraris fut confié, au début du 19e siècle, à l’ornemaniste Joseph Beunat dont la manufacture était installée à Sarrebourg de 1805 à 1824 puis à Strasbourg avec un magasin à Paris. Les lambris des pièces et les adoucissements des plafonds furent conservés et enrichis d’éléments en carton-pierre doré tandis que les cheminées furent changées.
Cliquez sur le texte pour en découvrir les photos du décor !
Le principe de hiérarchie des corps de bâtiment entre eux est scrupuleusement respecté avec un volume moins important pour les corps de service car ils abritent des fonctions moins nobles : écuries à droite, cuisine et puits à gauche.
Coupe du bâtiment :
les hauteurs et largeurs des corps de bâtiment
sont proportionnelles à leur valeur sociale.
Le corps principal sur rue est pourvu d’un passage central ouvert par une haute porte cochère. La sévérité du parti architectural est renforcée par la stricte symétrie, l’ordonnancement régulier des travées et le choix du linteau droit préféré à l’habituel linteau segmentaire délardé. Un léger avant-corps est souligné par l’emploi de bossages.
Photogrammétrie
de la façade sur la rue du Haut-Bourgeois.
Livre d’architecture, (Bibl. mun. de Nancy).
L’hôtel de Fontenoy
Hôtel de Fontenoy.
Face au balcon de l’aile entre cour et jardin s’élève sur le mur des maisons un décor d’architecture de fausse arcature autrefois en fond de jardin, aujourd’hui séparé par la rue.
rue du Haut-Bourgeois
Construit avant 1723 (la date figure sur le balcon) l’hôtel porte le nom du second de ses propriétaires, la famille de Fontenoy. Disposant d’une parcelle d’une taille assez vaste, l’architecte a choisi un parti semblable à celui des hôtels de Ferraris et de Custine, avec un corps principal sur rue s’ouvrant sur une cour bordée de deux ailes et s’achevant par un corps de bâtiment abritant des communs.
Ainsi, l’une des ailes profitait de la disposition enviée mais assez rare en Lorraine des hôtels entre cour et jardin.
Sous le Second Empire, Georges Froissard vicomte de Broissia y fait réaliser un certain nombre de travaux. La rue des frères Henry et le square Bichat (1934–1935) ont séparé le décor du jardin du reste de l’édifice. L’hôtel de Fontenoy abrite depuis 1989 la Cour d’Appel administrative.
La place disponible sur le côté a permis la réalisation d’un parti assez inhabituel puisqu’un jardin installé à l’est de la parcelle s’achevait sur une arcature aveugle amortie par des pots couverts et abritant sans doute une statue.
Le principe de hiérarchie des corps de bâtiment entre eux est scrupuleusement respecté avec un volume moins important pour les corps de service car ils abritent des fonctions moins nobles : écuries à droite, cuisine et puits à gauche.
Coupe du bâtiment :
les hauteurs et largeurs des corps de bâtiment
sont proportionnelles à leur valeur sociale.
Le corps principal sur rue est pourvu d’un passage central ouvert par une haute porte cochère. La sévérité du parti architectural est renforcée par la stricte symétrie, l’ordonnancement régulier des travées et le choix du linteau droit préféré à l’habituel linteau segmentaire délardé. Un léger avant-corps est souligné par l’emploi de bossages.
Photogrammétrie
de la façade sur la rue du Haut-Bourgeois.
L’hôtel de Custine
Place des Dames
Située dans l’axe de symétrie de la cour, la fontaine montre un discret mais efficace décor aquatique évoquant sa fonction.
Construit entre 1713 et 1715, l’hôtel porte le nom du marquis de Custine, gouverneur de Nancy. L’architecte a choisi un parti semblable à celui des hôtels de Ferraris ou de Fontenoy, avec un corps principal sur rue s’ouvrant sur une cour aujourd’hui bordée de deux ailes (en grande partie postérieures) et fermée par un corps de bâtiment de plan curviligne abritant des communs. Le décor se limite à la travée centrale, soulignée par l’emploi de pilastres corinthiens aux socles dissimulés par des pots couverts.
D’après un dessin anonyme du 18e siècle, l’ensemble était amorti par des armoiries encadrées de deux « sauvages ». Au cours du 19e siècle, l’hôtel a été remanié à plusieurs reprises. Il abrite aujourd’hui les services fiscaux.
Qui était Giacomo Barilli ?
Originaire de Bologne, la ville de la quadratura,
(décor peint en trompe-l’oeil imitant une
perspective architecturale), Giacomo Barilli
est un collaborateur de Francesco Galli
dit Bibiena (1659–1739) membre d’une famille
de scénographes et d’architectes bolognais
particulièrement réputée. Il commence
sa carrière en Italie, en 1701, au service du
vice-roi de Naples puis des Farnèse (1703–1706).
Comme d’autres peintres que le duc avait fait
venir à sa cour, il se rend à Nancy en 1707,
à la suite de son maître pour construire l’opéra
(disparu). Barilli s’installe définitivement à
Nancy où il se marie. Il s’intègre au petit groupe
des peintres nancéiens : Claude Charles
(1661–1747) et Claude Jacquart (1686–1736)
auteur du décor de la primatiale de Nancy
(1723–1727). Son oeuvre nancéienne témoigne
de la permanence d’un goût pour la quadratura
qui avait donné ses derniers feux en France
avec les réalisations de Giovanni Gherardini
(1654–1723), autre bolognais quasi
contemporain, à Nevers, Moulins et Paris
entre 1684 et 1698.
L’hôtel de Curel ou hôtel des Loups
Rue des Loups
Les communs ne sont pas placés dans les courtes ailes latérales mais dans le demi-soussol. La cour est close d’un mur percé en son centre d’un portail (refait au 19e siècle) dont les piliers sont amortis de loups en ronde-bosse qui passent pour être l’oeuvre du sculpteur Lépy. Le décor se limite à la travée centrale et l’examen du motif de trophée de chasse a montré un fusil à capsule de fulminate donc de la 1re moitié du 19e siècle. L’hôtel à fait l’objet d’une importante restauration des extérieurs en 2003.
Construit aussi dans les deux premières décennies du 18e siècle, l’hôtel de Curel porte le nom de Nicolas-François Hennequin, baron de Curel, Grand Maître de Louveterie de Lorraine, puis Conseiller d’État.L’architecte a choisi un parti semblable à celui de l’hôtel de Mahuet. Une autre originalité consiste ici en un développement modeste en hauteur (un rez-de-chaussée surélevé et un étage d’attique peu développé).
Recherche
Photographie
Documentation
graphique
Sources et documentation
Réalisation
Extrait du Livre d’architecture, 1745, passim
« Les chambres doivent être ornées et meublées par
rapport à leur usage et à la gradation… des chambres
occupées par les domestiques à celle du maître… On doit
placer chaque pièce dans l’ordre qui convient au maître
de maison, dans la grandeur et avec la décoration
qui conviennent à son usage et on doit avoir l’attention
de réserver les ornemens les plus précieux à mesure
qu’on avance. » « On boise quelquefois les chambres, mais les
tapisseries conviennent mieux aux chambres à coucher
que les lambris de menuiserie, qui sont plus
convenables à des cabinets et à de petites pièces. » « Les glaces dans les appartements y sont un grand
ornement lorsqu’elles sont bien placées et
principalement lorsqu’elles réfléchissent la lumière
et une vue agréable, …/… lorsqu’elles sont placées
les unes vis à vis des autres ; ce qui augmente
les enfilades des appartements et réfléchit en différentes
façons la lumière. » « Les décorations intérieures consistent en des plafonds
et des corniches de plâtre, quelquefois unies, quelquefois
ornées de sculptures : ils font un ornement et beaucoup
de propreté …/… Si ces moulures sont ornées
de sculptures, il y faut observer la même variété.
Recherche
Photographie
Documentation
graphique
Sources et documentation
Réalisation
Il ne subsiste aujourd’hui de cette époque que quelques fenêtres dont le module presque carré trahit l’ancienneté. Il faut attendre le retour à la paix après le Traité de Ryswick (1697), la reprise en main du duché par Léopold (1698–1729) et la fin de la dernière occupation française (1702–1714) pour que le quartier proche du palais ducal se couvre, comme toute la ville, de chantiers de construction, témoins de la vitalité retrouvée du duché. De profondes mutations foncières se traduisent par le regroupement de petites parcelles en un seul lot permettant la construction d’hôtels particuliers.
À gauche, rue du Petit-Bourgeois.
À droite, rue du Haut-Bourgeois depuis le balcon de l’hôtel Ferraris.
Détails des décors du grand salon de l’aile droite et de l'aile gauche.
Cliquez sur les images pour zoomer !
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L’hôtel de Mahuet
rue Saint-Dizier
Construit dans les deux premières décennies du 18e siècle, l’hôtel de Mahuet porte le nom de Jean-Baptiste de Mahuet (1649–1721), Conseiller d’État et premier Président de la Cour souveraine de Lorraine et Barrois. Il présente plusieurs originalités : son parti entre cour et jardin et l’importance du toit brisé percé de lucarnes à fronton cintré selon un principe que Boffrand n’utilisa qu’à Paris. La cour était fermée à l’origine d’un mur percé d’un portail déplacé vers 1929 au Parc Olry (av. de Strasbourg). D’une grande austérité, l’hôtel était orné de peintures de Giacomo Barilli et de Claude Charles.
Celles du salon, évoquaient les vertus du magistrat dans un décor de jardin à l’italienne ; celles de l’escalier étaient proches, selon les descriptions contemporaines, du décor de l’hôtel Ferraris ou du château du Bas de Champigneulles. À la suite de l’incendie de 1988, l’hôtel a été profondément remanié. Seules les façades et la toiture témoignent encore de l’oeuvre de Boffrand.
Hôtel Ferraris VDEF
REGION GRAND EST
Created on July 3, 2025
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L’hôtel Ferraris :
une oeuvre de Germain Boffrand ?
L’hôtel Ferraris :
Une oeuvre de Germain Boffrand ?
L’hôtel Ferraris :
LE QUARTIER
L'ÉDIFICE
LES ACTEURS
CRÉDITS
Le quartier du Bourget
LE QUARTIER « du Bourgeois » tient son nom de « bourget », terme désignant le faubourg entre le village Saint-Dizier (aujourd’hui quartier des Trois Maisons) et le Prieuré Notre-Dame. Inclus dans l’enceinte urbaine au 14e siècle, il ne s’urbanise qu’au début du 17e siècle. Dès lors, deux rues sont percées, appelées du Haut-Bourgeois et du Petit-Bourgeois. Elles figurent sur le plan gravé par de la Ruelle en 1611. Le quartier est encore aujourd’hui caractérisé par l’abondance de ces hôtels attribués à Germain Boffrand (Ferraris, Fontenoy, Curel...) ou encore à Jennesson, Guesnon ou Révérend... Quant à la rue du Petit-Bourgeois, elle dessert les issues de service des édifices nobles de ses voisines du Haut-Bourgeois et de Guise.
Plan de Belprey : détail (Arch. municipales de Nancy)
Le quartier du Bourget
LE QUARTIER reste enclavé à l’intérieur de la limite des remparts, malgré le projet de François Lecreult (1739–1812) qui envisagea de percer la rue du Haut-Bourgeois jusqu’au Cours Léopold, ce qui fut réalisé au début du 19e siècle, il fallut attendre 1934 pour le percement de la rue des frères Henry. Depuis le 17e siècle, les deux rues ont conservé leur appellation à l’exception de la période révolutionnaire qui donna le nom de rue de l’Égalité à la rue du Haut-Bourgeois et celui de l’Espérance (ou de l’Humanité pour certains auteurs) à celle du Petit-Bourgeois.
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Plan en perspective de la ville Nanceium Nancy [vers 1634–1637], d’après une réduction du plan de Mérian, ex colorié. (Arch. municipales de Nancy, 1 Fi 1306)
À proximité
À proximité de l’hôtel Ferraris, s’élèvent d’autres hôtels attribuables avec plus ou moins de certitude à l’architecte Boffrand. Deux d’entre eux présentent un parti assez rare à Nancy d’hôtel entre cour et jardin.
Hôtel de Mahuet
Hôtel des Loups
état avant 1929 (fonds Manias)
vue d’ensemble
À proximité
À proximité de l’hôtel Ferraris, s’élèvent d’autres hôtels attribuables avec plus ou moins de certitude à l’architecte Boffrand.
Hôtel de Fontenoy
Hôtel de Custine
Façade de l’hôtel de Fontenoy, dessin
Façade de l’hôtel de Custine, dessin anonyme du 18e siècle (coll. Part.)
L’hôtel Ferraris :
L'édifice
La sévérité d'un parti classique
La subtilité du décor intérieur
La peinture monumentale de l'escalier
L'élégance du décor d'architecture
La sévérité d’un parti classique
L'ARCHITECTE adopta le parti classique de l’hôtel parisien : un corps principal aligné sur la rue (comme pour les hôtels de Fontenoy, Custine, et de Craon) flanqué de deux ailes d’égale longueur en apparence. En effet, le plan montre le savoir-faire du maître d’oeuvre qui réalisa un édifice régulier sur une parcelle trapézoïdale au plan ingrat : l’aile droite est large mais courte, l’aile gauche est longue et en trapèze.
L’élégance du décor d’architecture
Le visiteur assez privilégié pour accéder à la cour découvre au centre du corps de passage la fontaine au bassin chantourné surmontée de la statue de Neptune flanquée autrefois de deux enfants jouant avec des dauphins dans un décor peint de fausse grotte.
Seules les travées d’axe portent un décor dont l’élégance souligne la symétrie du parti architectural : la tête grimaçante du porche et le cartouche du premier étage.
Façade antérieure, détail de l'agrafe du portail
La subtilité du décor intérieur
Les grands principes de Boffrand
Si beaucoup d’hôtels particuliers ont perdu leurs dispositifs et leur décor intérieur, l’hôtel Ferraris offre une illustration des grands principes publiés dans Le Livre d’architecture (Germain Boffrand, 1745).
Cette hiérarchie s’organise subtilement le long d’une enfilade qui aiguise la curiosité du visiteur selon un principe déjà ancien. Elle est d’ailleurs souvent accrue par un usage subtil des glaces.
Le choix des lambris et des décors indiquent l’importance de la pièce : lambris de hauteur pour les antichambres, et lambris à la parisienne pour les salons, parquet Versailles pour les plus belles pièces et point de Hongrie ou « fougère » à grand cadre pour les autres…
La peinture monumentale de l’escalier
La grande originalité de l’escalier de l’hôtel Ferraris, outre le choix d’un volume à l’italienne, est l’exceptionnel décor en trompe l’oeil de la sous-face de la galerie qui assure la liaison entre les pièces de part et d’autre de la cage d’escalier au second étage.
Le décor en grisaille de la sous-face chantournée est construit avec une symétrie parfaite en harmonie avec le parti architectural de Boffrand : dans le plus grand axe, les caissons de la quadratura se répondent, l’un portant un trophée d’armes, l’autre un trophée de musique.
La peinture monumentale de l’escalier
La structure du décor est très proche de celle des projets de l’opéra et du plafond du château de Champigneulles (auj. École du Centre) : même encadrement, même type de trophée militaire, même bouton feuillagé. Ce décor encore conservé dans son état d’origine est attribué à Giacomo Barilli (1723).
La découpe du jour faite de courbe et de contrecourbe d’inspiration toute baroque s’ouvre sur la perspective du plafond peint (au 19e siècle ?) d’une nuée peuplée d’oiseaux des îles et de têtes de putti.
L’hôtel Ferraris :
Les acteurs
Giacomo Barilli, un décorateur bolognais
La famille Ferraris-Fontette
Germain Boffrand, un architecte au service de la Cour de Lorraine
Joseph Beunat, un nouveau décor
La famille Ferraris-Fontette
L'HÔTEL FERRARIS doit son nom à son commanditaire Louis de Ferraris (aussi orthographié Ferrary, Ferrari), issu d’une famille originaire d’Italie (Piémont ou Milanais), chambellan de l’Empereur d’Autriche, grand chambellan de l’électeur de Trêves et mari d’Anne-Thérèse de Saint-Remy de Fontette, demoiselle d’honneur de la duchesse de Lorraine, tous deux proches de la famille ducale et impériale.
Une partie de la famille de Ferraris y vécut au moins jusqu’en 1754, comme l’atteste l’inventaire après décès dressé à la mort d’Anne-Thérèse de Fontette. Grâce à ce document, on connaît l’affectation d’une bonne part des pièces et la description des meubles et des objets de la vie quotidienne. Il mentionne aussi sept domestiques : maître d’hôtel, femmes de chambre, gouvernante, fille de garde-robe, cuisinière et domestique. Un fondé de pouvoir habitait sur place : François Baillot, conseiller Intendant général des affaires de son Altesse royale la princesse Charlotte de Lorraine.
Germain Boffrand
Un architecte parisien au service de la Cour de Lorraine
Germain Boffrand (Nantes 1667 – Paris 1754) était fils d’architecte. Introduit dans les milieux artistiques parisiens par son maître Jules Hardouin-Mansart, il acquiert une notoriété indéniable vers 1709–1710. En 1711, il devint premier architecte du duc de Lorraine et travailla jusqu’en 1726 dans le duché tout en gardant d’importants chantiers à Paris. Sa réputation s’étendit jusqu’en Allemagne (projet pour le palais épiscopalde Würzburg, palais Törring à Munich…).
Son activité lorraine fut surtout une réponse aux commandes du duc pour lequel il intervint à Lunéville (château 1709 et 1719–1723, chapelle 1719), à Nancy (Palais ducal en 1714, « Louvre de Boffrand »), à la Malgrange ou encore à Commercy.
On fit aussi appel à lui pour remettre au goût du jour des châteaux aux allures encore médiévales : Haroué pour la famille de Craon et peut-être Aulnois-sur-Seille (Moselle). L’architecte lui se fit construire un petit château à Thuillières (Vosges).
Germain Boffrand
Un architecte parisien au service de la Cour de Lorraine
La cour ducale ne fut pas en reste, commandant à Boffrand des hôtels à Nancy. Un seul fut publié sous son nom, l’hôtel de Craon (auj. Cour d’appel de Justice) dont l’élévation inspira largement Emmanuel Héré dans le dessin des grands projets urbanistiques de Stanislas un quart de siècle plus tard. Quatre hôtels sont attribués à Boffrand en raison des similitudes de conception avec le reste de son oeuvre, tandis que les autres ne sont peut-être que le reflet de son influence sur les architectes actifs à Nancy.
Membre de l’Académie royale d’architecture depuis 1730, il publia un recueil de gravures de ses propres constructions (Livre d’architecture, 1745) où il recommandait la lisibilité du plan depuis l’extérieur, la distinction du décor entre extérieur et intérieur, la hiérarchisation des ornements et l’alternance des formes courbes (adoucissement) et droites. On retrouve ces grands principes dans les hôtels qui lui sont attribués en Lorraine.
Giacomo Barilli
Un décorateur bolognais
Spécialisé dans la peinture du décor architectural sur toile marouflée ou a fresco, Giacomo Barilli fait équipe avec Claude Charles qui exécute les « figures ». De son oeuvre religieuse, on ne connait plus que des dessins conservés au Musée Lorrain. Seuls subsistent deux décors réalisés pour des hôtels particuliers : hôtel Ferraris et château du Bas de Champigneulles. Le somptueux ensemble peint pour l’hôtel de Mahuet (avant 1721) n’est plus connu que par la description qu’en fit l’historien Jean-Jacques Lionnois en 1805.
Joseph Beunat
Un nouveau décor au début du 19e siècle
Fortement influencé par l’Antiquité classique et le fameux Recueil des décorations intérieures de Percier et Fontaine publié en 1812, Beunat dessina de nombreux modèles de génies ailés porteurs de couronnes de lauriers ou de trompettes, ces motifs réalisés en stuc moulé, peint ou doré. Edités en 1823 dans un Recueil des dessins et ornements d’architecture, certains de ces motifs se retrouvent dans les grands salons de l’hôtel Ferraris.
L’embellissement des salons de l’aile gauche de l’hôtel Ferraris fut confié, au début du 19e siècle, à l’ornemaniste Joseph Beunat dont la manufacture était installée à Sarrebourg de 1805 à 1824 puis à Strasbourg avec un magasin à Paris. Les lambris des pièces et les adoucissements des plafonds furent conservés et enrichis d’éléments en carton-pierre doré tandis que les cheminées furent changées.
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Le principe de hiérarchie des corps de bâtiment entre eux est scrupuleusement respecté avec un volume moins important pour les corps de service car ils abritent des fonctions moins nobles : écuries à droite, cuisine et puits à gauche.
Coupe du bâtiment : les hauteurs et largeurs des corps de bâtiment sont proportionnelles à leur valeur sociale.
Le corps principal sur rue est pourvu d’un passage central ouvert par une haute porte cochère. La sévérité du parti architectural est renforcée par la stricte symétrie, l’ordonnancement régulier des travées et le choix du linteau droit préféré à l’habituel linteau segmentaire délardé. Un léger avant-corps est souligné par l’emploi de bossages.
Photogrammétrie de la façade sur la rue du Haut-Bourgeois.
Livre d’architecture, (Bibl. mun. de Nancy).
L’hôtel de Fontenoy
Hôtel de Fontenoy. Face au balcon de l’aile entre cour et jardin s’élève sur le mur des maisons un décor d’architecture de fausse arcature autrefois en fond de jardin, aujourd’hui séparé par la rue.
rue du Haut-Bourgeois
Construit avant 1723 (la date figure sur le balcon) l’hôtel porte le nom du second de ses propriétaires, la famille de Fontenoy. Disposant d’une parcelle d’une taille assez vaste, l’architecte a choisi un parti semblable à celui des hôtels de Ferraris et de Custine, avec un corps principal sur rue s’ouvrant sur une cour bordée de deux ailes et s’achevant par un corps de bâtiment abritant des communs.
Ainsi, l’une des ailes profitait de la disposition enviée mais assez rare en Lorraine des hôtels entre cour et jardin.
Sous le Second Empire, Georges Froissard vicomte de Broissia y fait réaliser un certain nombre de travaux. La rue des frères Henry et le square Bichat (1934–1935) ont séparé le décor du jardin du reste de l’édifice. L’hôtel de Fontenoy abrite depuis 1989 la Cour d’Appel administrative.
La place disponible sur le côté a permis la réalisation d’un parti assez inhabituel puisqu’un jardin installé à l’est de la parcelle s’achevait sur une arcature aveugle amortie par des pots couverts et abritant sans doute une statue.
Le principe de hiérarchie des corps de bâtiment entre eux est scrupuleusement respecté avec un volume moins important pour les corps de service car ils abritent des fonctions moins nobles : écuries à droite, cuisine et puits à gauche.
Coupe du bâtiment : les hauteurs et largeurs des corps de bâtiment sont proportionnelles à leur valeur sociale.
Le corps principal sur rue est pourvu d’un passage central ouvert par une haute porte cochère. La sévérité du parti architectural est renforcée par la stricte symétrie, l’ordonnancement régulier des travées et le choix du linteau droit préféré à l’habituel linteau segmentaire délardé. Un léger avant-corps est souligné par l’emploi de bossages.
Photogrammétrie de la façade sur la rue du Haut-Bourgeois.
L’hôtel de Custine
Place des Dames
Située dans l’axe de symétrie de la cour, la fontaine montre un discret mais efficace décor aquatique évoquant sa fonction.
Construit entre 1713 et 1715, l’hôtel porte le nom du marquis de Custine, gouverneur de Nancy. L’architecte a choisi un parti semblable à celui des hôtels de Ferraris ou de Fontenoy, avec un corps principal sur rue s’ouvrant sur une cour aujourd’hui bordée de deux ailes (en grande partie postérieures) et fermée par un corps de bâtiment de plan curviligne abritant des communs. Le décor se limite à la travée centrale, soulignée par l’emploi de pilastres corinthiens aux socles dissimulés par des pots couverts.
D’après un dessin anonyme du 18e siècle, l’ensemble était amorti par des armoiries encadrées de deux « sauvages ». Au cours du 19e siècle, l’hôtel a été remanié à plusieurs reprises. Il abrite aujourd’hui les services fiscaux.
Qui était Giacomo Barilli ?
Originaire de Bologne, la ville de la quadratura, (décor peint en trompe-l’oeil imitant une perspective architecturale), Giacomo Barilli est un collaborateur de Francesco Galli dit Bibiena (1659–1739) membre d’une famille de scénographes et d’architectes bolognais particulièrement réputée. Il commence sa carrière en Italie, en 1701, au service du vice-roi de Naples puis des Farnèse (1703–1706). Comme d’autres peintres que le duc avait fait venir à sa cour, il se rend à Nancy en 1707, à la suite de son maître pour construire l’opéra (disparu). Barilli s’installe définitivement à Nancy où il se marie. Il s’intègre au petit groupe des peintres nancéiens : Claude Charles (1661–1747) et Claude Jacquart (1686–1736) auteur du décor de la primatiale de Nancy (1723–1727). Son oeuvre nancéienne témoigne de la permanence d’un goût pour la quadratura qui avait donné ses derniers feux en France avec les réalisations de Giovanni Gherardini (1654–1723), autre bolognais quasi contemporain, à Nevers, Moulins et Paris entre 1684 et 1698.
L’hôtel de Curel ou hôtel des Loups
Rue des Loups
Les communs ne sont pas placés dans les courtes ailes latérales mais dans le demi-soussol. La cour est close d’un mur percé en son centre d’un portail (refait au 19e siècle) dont les piliers sont amortis de loups en ronde-bosse qui passent pour être l’oeuvre du sculpteur Lépy. Le décor se limite à la travée centrale et l’examen du motif de trophée de chasse a montré un fusil à capsule de fulminate donc de la 1re moitié du 19e siècle. L’hôtel à fait l’objet d’une importante restauration des extérieurs en 2003.
Construit aussi dans les deux premières décennies du 18e siècle, l’hôtel de Curel porte le nom de Nicolas-François Hennequin, baron de Curel, Grand Maître de Louveterie de Lorraine, puis Conseiller d’État.L’architecte a choisi un parti semblable à celui de l’hôtel de Mahuet. Une autre originalité consiste ici en un développement modeste en hauteur (un rez-de-chaussée surélevé et un étage d’attique peu développé).
Recherche
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Documentation graphique
Sources et documentation
Réalisation
Extrait du Livre d’architecture, 1745, passim
« Les chambres doivent être ornées et meublées par rapport à leur usage et à la gradation… des chambres occupées par les domestiques à celle du maître… On doit placer chaque pièce dans l’ordre qui convient au maître de maison, dans la grandeur et avec la décoration qui conviennent à son usage et on doit avoir l’attention de réserver les ornemens les plus précieux à mesure qu’on avance. » « On boise quelquefois les chambres, mais les tapisseries conviennent mieux aux chambres à coucher que les lambris de menuiserie, qui sont plus convenables à des cabinets et à de petites pièces. » « Les glaces dans les appartements y sont un grand ornement lorsqu’elles sont bien placées et principalement lorsqu’elles réfléchissent la lumière et une vue agréable, …/… lorsqu’elles sont placées les unes vis à vis des autres ; ce qui augmente les enfilades des appartements et réfléchit en différentes façons la lumière. » « Les décorations intérieures consistent en des plafonds et des corniches de plâtre, quelquefois unies, quelquefois ornées de sculptures : ils font un ornement et beaucoup de propreté …/… Si ces moulures sont ornées de sculptures, il y faut observer la même variété.
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Réalisation
Il ne subsiste aujourd’hui de cette époque que quelques fenêtres dont le module presque carré trahit l’ancienneté. Il faut attendre le retour à la paix après le Traité de Ryswick (1697), la reprise en main du duché par Léopold (1698–1729) et la fin de la dernière occupation française (1702–1714) pour que le quartier proche du palais ducal se couvre, comme toute la ville, de chantiers de construction, témoins de la vitalité retrouvée du duché. De profondes mutations foncières se traduisent par le regroupement de petites parcelles en un seul lot permettant la construction d’hôtels particuliers.
À gauche, rue du Petit-Bourgeois. À droite, rue du Haut-Bourgeois depuis le balcon de l’hôtel Ferraris.
Détails des décors du grand salon de l’aile droite et de l'aile gauche.
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L’hôtel de Mahuet
rue Saint-Dizier
Construit dans les deux premières décennies du 18e siècle, l’hôtel de Mahuet porte le nom de Jean-Baptiste de Mahuet (1649–1721), Conseiller d’État et premier Président de la Cour souveraine de Lorraine et Barrois. Il présente plusieurs originalités : son parti entre cour et jardin et l’importance du toit brisé percé de lucarnes à fronton cintré selon un principe que Boffrand n’utilisa qu’à Paris. La cour était fermée à l’origine d’un mur percé d’un portail déplacé vers 1929 au Parc Olry (av. de Strasbourg). D’une grande austérité, l’hôtel était orné de peintures de Giacomo Barilli et de Claude Charles.
Celles du salon, évoquaient les vertus du magistrat dans un décor de jardin à l’italienne ; celles de l’escalier étaient proches, selon les descriptions contemporaines, du décor de l’hôtel Ferraris ou du château du Bas de Champigneulles. À la suite de l’incendie de 1988, l’hôtel a été profondément remanié. Seules les façades et la toiture témoignent encore de l’oeuvre de Boffrand.