Ma biblio de vacances - Tome i
Pour réviser les notions de Français, ouvrez chacun des livres. Vous aurez besoin de feuilles et de stylos. Bonne lecture !
1. Candide, Voltaire, 1759
2. A la recherche du temps perdu, M. Proust, 1906-1922
3. Les Contemplations, V. Hugo, 1831
4. Cent ballades d’amants et de dames, Christine de Pizan, 1402-1410
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5. Cyrano de Bergerac, Edmond Rostand
Vers le tome II
Tome II
I am a great subtitle, ideal for providing more context about the topic you are going to discuss.
6. Fables, La Fontaine, 1668
7. Petit Pays, Gaël Faye, 2016
8. Mémoires d'une jeune fille rangée, Simone de Beauvoir, 1958
Conseils de lecture
Un voyage en Eldorado Candide, Voltaire, Chapitre 18, 1759
Candide et Cacambo montent en carrosse ; les six moutons volaient, et en moins de quatre heures on arriva au palais du roi, situé à un bout de la capitale. Le portail était de deux cent vingt pieds de haut, et de cent de large ; il est impossible d’exprimer quelle en était la matière. On voit assez quelle supériorité prodigieuse elle devait avoir sur ces cailloux et sur ce sable que nous nommons or et pierreries.
En attendant, on leur fit voir la ville, les édifices publics élevés jusqu’aux nues, les marchés ornés de mille colonnes, les fontaines d’eau pure, les fontaines d’eau rose, celles de liqueurs de cannes de sucre qui coulaient continuellement dans de grandes places pavées d’une espèce de pierreries qui répandaient une odeur semblable à celle du girofle et de la cannelle. Candide demanda à voir la cour de justice, le parlement ; on lui dit qu’il n’y en avait point, et qu’on ne plaidait jamais. Il s’informa s’il y avait des prisons, et on lui dit que non. Ce qui le surprit davantage, et qui lui fit le plus de plaisir, ce fut le palais des sciences, dans lequel il vit une galerie de deux mille pas, toute pleine d’instruments de mathématiques et de physique.
Vingt belles filles de la garde reçurent Candide et Cacambo à la descente du carrosse, les conduisirent aux bains, les vêtirent de robes d’un tissu de duvet de colibri ; après quoi les grands officiers et les grandes officières de la couronne les menèrent à l’appartement de Sa Majesté au milieu de deux files, chacune de mille musiciens, selon l’usage ordinaire. Quand ils approchèrent de la salle du trône, Cacambo demanda à un grand officier comment il fallait s’y prendre pour saluer Sa Majesté : si on se jetait à genoux ou ventre à terre ; si on mettait les mains sur la tête ou sur le derrière ; si on léchait la poussière de la salle ; en un mot, quelle était la cérémonie. « L’usage, dit le grand officier, est d’embrasser le roi et de le baiser des deux côtés. » Candide et Cacambo sautèrent au cou de Sa Majesté, qui les reçut avec toute la grâce imaginable, et qui les pria poliment à souper.
Tips
Du côté de chez Swann, Marcel Proust, 1913
On reconnaissait le clocher de Saint-Hilaire de bien loin, inscrivant sa figure inoubliable à l’horizon où Combray n’apparaissait pas encore ; quand du train qui, la semaine de Pâques, nous amenait de Paris, mon père l’apercevait qui filait tour à tour sur tous les sillons du ciel, faisant courir en tous sens son petit coq de fer, il nous disait : « Allons, prenez les couvertures, on est arrivé. »
Et dans une des plus grandes promenades que nous faisions de Combray, il y avait un endroit où la route resserrée débouchait tout à coup sur un immense plateau fermé à l’horizon par des forêts déchiquetées que dépassait seule la fine pointe du clocher de Saint-Hilaire, mais si mince, si rose, qu’elle semblait seulement rayée sur le ciel par un ongle qui aurait voulu donner à ce paysage, à ce tableau rien que de nature, cette petite marque d’art, cette unique indication humaine. Quand on se rapprochait et qu’on pouvait apercevoir le reste de la tour carrée et à demi détruite qui, moins haute, subsistait à côté de lui, on était frappé surtout du ton rougeâtre et sombre des pierres ; et, par un matin brumeux d’automne, on aurait dit, s’élevant au-dessus du violet orageux des vignobles, une ruine de pourpre presque de la couleur de la vigne vierge.
L'église de Varengeville, Claude Monet, 1882
Tips
Amour de jeunesse "Vieille chanson du jeune temps", Les Contemplations, Victor Hugo
Je ne songeais pas à Rose ;
Rose au bois vint avec moi ;
Nous parlions de quelque chose,
Mais je ne sais plus de quoi.
J’étais froid comme les marbres ;
Je marchais à pas distraits ;
Je parlais des fleurs, des arbres ;
Son œil semblait dire : Après ?
La rosée offrait ses perles,
Le taillis ses parasols ;
J’allais ; j’écoutais les merles,
Et Rose les rossignols.
Moi, seize ans, et l’air morose.
Elle vingt ; ses yeux brillaient.
Les rossignols chantaient Rose
Et les merles me sifflaient.
Rose, droite sur ses hanches, Leva son beau bras tremblant Pour prendre une mûre aux branches; Je ne vis pas son bras blanc. Une eau courait, fraîche et creuse, Sur les mousses de velours ; Et la nature amoureuse Dormait dans les grands bois sourds. Rose défit sa chaussure, Et mit, d’un air ingénu, Son petit pied dans l’eau pure ; Je ne vis pas son pied nu.
Je ne savais que lui dire ;Je la suivais dans le bois, La voyant parfois sourire Et soupirer quelquefois. Je ne vis qu’elle était belle Qu’en sortant des grands bois sourds. — Soit ; n’y pensons plus ! dit-elle. Depuis, j’y pense toujours. Paris, juin 1831.
Tips
"Roman", Cahiers de Douai, Arthur Rimbaud, 1893
I
On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.
- Un beau soir, foin des bocks et de la limonade,
Des cafés tapageurs aux lustres éclatants !
- On va sous les tilleuls verts de la promenade.
Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin !
L'air est parfois si doux, qu'on ferme la paupière ;
Le vent chargé de bruits - la ville n'est pas loin -
A des parfums de vigne et des parfums de bière...
III Le coeur fou robinsonne à travers les romans, - Lorsque, dans la clarté d'un pâle réverbère, Passe une demoiselle aux petits airs charmants, Sous l'ombre du faux col effrayant de son père... Et, comme elle vous trouve immensément naïf, Tout en faisant trotter ses petites bottines, Elle se tourne, alerte et d'un mouvement vif... - Sur vos lèvres alors meurent les cavatines...
II - Voilà qu'on aperçoit un tout petit chiffon D'azur sombre, encadré d'une petite branche, Piqué d'une mauvaise étoile, qui se fond Avec de doux frissons, petite et toute blanche... Nuit de juin ! Dix-sept ans ! - On se laisse griser. La sève est du champagne et vous monte à la tête... On divague ; on se sent aux lèvres un baiser Qui palpite là, comme une petite bête...
IV Vous êtes amoureux. Loué jusqu'au mois d'août. Vous êtes amoureux. - Vos sonnets La font rire. Tous vos amis s'en vont, vous êtes mauvais goût. - Puis l'adorée, un soir, a daigné vous écrire !... - Ce soir-là..., - vous rentrez aux cafés éclatants, Vous demandez des bocks ou de la limonade... - On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans Et qu'on a des tilleuls verts sur la promenade.
L'amour déçu "Seulette", Cent ballades d’amants et de dames, Christine de Pizan, 1402-1410
Seulette suis et seulette veux être, Seulette m’a mon doux ami laissée,
Seulette suis sans compagnon ni maître,
Seulette suis, dolente et courroucée,
Seulette suis en langueur malaisée,
Seulette suis plus que nulle égarée,
Seulette suis, sans ami demeurée.
Seulette suis à huis ou à fenêtre,
Seulette suis en un angle mussée ,
Seulette suis pour de pleurs me repaître,
Seulette suis, dolente ou apaisée,
Seulette suis, rien n’est qui tant me siée ,
Seulette suis en ma chambre enserrée,
Seulette suis, sans ami demeurée.
Seulette suis partout en tout estre .
Seulette suis où j’aille et où je siée
Seulette suis plus qu’autre rien terrestre,
Seulette suis de chacun délaissée,
Seulette suis durement abaissée,
Seulette suis souvent toute éplorée,
Seulette suis, sans ami demeurée.
Princes, or est ma douleur commencée :
Seulette suis de tout deuil menacée,
Seulette suis plus sombre que morée
Seulette suis, sans ami demeurée.
Tips
Retournez les cartes pour en savoir plus
"Degas est un peintre foncièrement urbain, qui aime peindre les lieux clos des spectacles, des loisirs et des plaisirs.
Dans un café, lieu de rencontre à la mode, une femme et un homme, bien qu'assis côte à côte, sont murés chacun dans son isolement silencieux, le regard vide et triste, les traits défaits, l'air accablé. L'oeuvre peut être vue comme une dénonciation des fléaux de l'absinthe". Pour en savoir plus, RDV sur le site du Musée d'Orsay, où il est conservé:
Millais est un des fondateurs du mouvement des Préraphaëlites, en Angleterre. Ils reviennent aux peintres italiens de la Renaissance, et s'inspirent de la littérature. Dans Hamlet, de Shakespeare, Ophélie incarne une forme d'innocence sacrifiée. Pour en savoir plus, cliquez ici:
Edward Hopper est un peintre américain qui prend souvent la solitude comme sujet. Pour creuser cette question :
Morning Sun
Dans un café
Ophélie
Edward Hopper, 1952
Edgar Degas, 1875
John Everett Millais, 1852
Une déclaration masquée Cyrano de Bergerac, Edmond Rostand, 1897
ROXANE, (avec un mouvement) Je descends. CYRANO, (vivement) Non ! ROXANE, (lui montrant le banc qui est sous le balcon) Grimpez sur le banc, alors, vite ! CYRANO, (reculant avec effroi dans la nuit) Non ! ROXANE Comment…non ? CYRANO, (que l’émotion gagne de plus en plus) Laissez un peu que l’on profite… De cette occasion qui s’offre…de pouvoir / Se parler doucement, sans se voir. ROXANE Sans se voir ? CYRANO Mais oui, c’est adorable. On se devine à peine. Vous voyez la noirceur d’un long manteau qui traîne, /J’aperçois la blancheur d’une robe d’été : Moi, je ne suis qu’une ombre, et vous qu’une clarté ! Vous ignorez pour moi ce que sont ces minutes ! Si quelquefois je fus éloquent…
ROXANE Vous le fûtes ! CYRANO Mon langage jamais jusqu’ici n’est sorti /De mon vrai cœur… ROXANE Pourquoi ? CYRANO Parce que … jusqu’ici / Je parlais à travers… ROXANE Quoi ? CYRANO …le vertige où tremble / Quiconque est sous vos yeux !…Mais ce soir, il me semble… Que je vais vous parler pour la première fois ! ROXANE C’est vrai que vous avez une tout autre voix. CYRANO, (se rapprochant avec fièvre) Oui, tout autre, car dans la nuit qui me protège / J’ose enfin être moi-même, et j’ose… (Il s’arrête et avec égarement). Où en étais-je ? Je ne sais…tout ceci, -pardonnez mon émoi,- C’est si délicieux…c’est si nouveau pour moi !
Tips
On ne badine pas avec l'amour, Alfred de Musset, 1834
+Info
A l'aventure ? "LE TORRENT ET LA RIVIERE", Fables, Livre VIII, fable 23, Jean de La Fontaine, 1668
Ce succès lui donnant courage,
Et les mêmes voleurs le poursuivant toujours,
Il rencontra sur son passage
Une Rivière dont le cours
Image d'un sommeil doux, paisible et tranquille
Lui fit croire d'abord ce trajet fort facile.
Point de bords escarpés, un sable pur et net.
Il entre, et son cheval le met
A couvert des voleurs, mais non de l'onde noire :
Tous deux au Styx3 allèrent boire ;
Tous deux, à nager malheureux,
Allèrent traverser, au séjour ténébreux,
Bien d'autres fleuves que les nôtres.
Avec grand bruit et grand fracas
Un Torrent tombait des montagnes :
Tout fuyait devant lui ; l'horreur suivait ses pas,
Il faisait trembler les campagnes.
Nul voyageur n'osait passer
Une barrière si puissante :
Un seul1 vit des voleurs, et se sentant presser,
Il mit entre eux et lui cette onde menaçante.
Ce n'était que menace, et bruit, sans profondeur ;
Notre homme enfin n'eut que la peur2.
1. Un seul voyageur 2. Il eut plus de peur que de mal 3. Styx : rivière des morts dans la mythologie grecque
Les gens sans bruit sont dangereux ; Il n'en est pas ainsi des autres.
Tips
Mémoires d’une jeune fille rangée, Simone de Beauvoir, 1958
Le premier de mes bonheurs, c’était, au petit matin, de surprendre le réveil des prairies ; un livre à la main, je quittais la maison endormie, je poussais la barrière ; impossible de m’asseoir dans l’herbe embuée de gelée blanche ; je marchais sur l’avenue, le long du pré planté d’arbres choisis que grand-père appelait « le parc paysagé » ; je lisais, à petits pas, et je sentais contre ma peau la fraîcheur de l’air s’attendrir ; le mince glacis qui voilait la terre fondait doucement ; le hêtre pourpre, les cèdres bleus, les peupliers argentés brillaient d’un éclat aussi neuf qu’au premier matin du paradis : et moi j’étais seule à porter la beauté du monde, et la gloire de Dieu, avec au creux de l’estomac un rêve de chocolat et de pain grillé.
Quand les abeilles bourdonnaient, quand les volets verts s’ouvraient dans l’odeur ensoleillée des glycines, déjà je partageais avec cette journée, qui pour les autres commençaient à peine, un long passé secret. Après les effusions familiales et le petit déjeuner, je m’asseyais sous le catalpa, devant une table de fer, et je faisais mes « devoirs de vacances » ; j’aimais ces instants, où, faussement occupée par une tâche facile, je m’abandonnais aux rumeurs de l’été : le frémissement des guêpes, le caquetage des pintades, l’appel angoissé des paons, le murmure des feuillages ; le parfum des phlox se mêlait aux odeurs de caramel et de chocolat qui m’arrivaient par bouffées de la cuisine ; sur mon cahier dansaient des ronds de soleil. Chaque chose et moi-même nous avions notre place juste ici, maintenant, à jamais.
Tips
Petit Pays, Gaël Faye, 2016
Chaque fois que je lui rapportais un livre, Mme Economopoulos voulait savoir ce que j’en avais pensé. Je me demandais ce que cela pouvait bien lui faire. Au début, je lui racontais brièvement l’histoire, quelques actions significatives, le nom des lieux et des protagonistes. Je voyais qu’elle était contente et j’avais surtout envie qu’elle me prête à nouveau un livre pour filer dans ma chambre le dévorer.
Et puis, j’ai commencé à lui dire ce que je ressentais, les questions que je me posais, mon avis sur l’auteur ou les personnages. Ainsi je continuais à savourer mon livre, je prolongeais l’histoire. J’ai pris l’habitude de lui rendre visite tous les après-midi. Grâce à mes lectures, j’avais aboli les limites de l’impasse, je respirais à nouveau, le monde s’étendait plus loin, au-delà des clôtures qui nous recroquevillaient sur nous-mêmes et sur nos peurs. Je n’allais plus à la planque, je n’avais plus envie de voir les copains, de les écouter parler de la guerre, des villes mortes, des Hutu et des Tutsi.
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Les oeuvres au programme de 1e
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Pour des lectures plus divertissantes, voir la liste de Mme Dehili envoyée par mail.
Bonnes vacances !
Du corps à l'esprit
La pièce de Cyrano de Bergerac raconte l'amour d'un homme laid, Cyrano, pour sa cousine, Roxane. Celle-ci tombe amoureuse de Christian, beau soldat sans esprit. Cyrano aide Christian à séduire Roxane en écrivant les lettres et même, comme ici, en parlant à sa place.
Le motif du balcon comme lieu de déclaration d'amour est un topos de la littérature. On le retrouve notamment dans Roméo et Juliette, de Shakespeare. Vous en trouverez un extrait joué comme à l'époque de l'écriture, au Globe Theatre, à Londres.
La scène du balcon, Roméo et Juliette, mise en scène de Dominic Dromgoole
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JE PRENDS DE L'AVance !
Pourquoi Hugo parle-t-il de rossignol et de merles?
Depuis le Moyen-Âge, le rossignol est associé à l'amour. La beauté de son chant traduit souvent la délicatesse de l'amour. Au point que Marie de France, au XIIe siècle, écrit un conte versifié, appelé le Lai du Rossignol. L'oiseau y devient le symbole de l'amour entre deux amants. Pour l'écouter en Ancien Français, cliquez sur le Laüstic. Et pour la traduction, voir Le Rossignol A l'inverse, on parle du merle "moqueur", on dit que le merle "siffle". Hugo joue donc sur la polysémie du mot "siffler", qui désigne le chant de l'oiseau mais aussi le fait d'exprimer son désaccord ou sa désapprobation, de critiquer (comme huer quelqu'un).
Le poète matérialise ainsi l'opposition entre la jeune fille, qui est prête pour un rendez-vous galant, amoureux, et le jeune homme qu'était Hugo, qui ne comprend pas ce qu'il se passe et dont le poète, à travers les merles, se moque.
Pour voir une ballade composée sous vos yeux ébahis par Cyrano dans la pièce Cyrano de Bergerac, Edmond Rostand, 1897. Adaptation au cinéma par Jean-Paul Rappeneau en 1990.
Mise en scène de Denis Podalydès à la Comédie Française créée en 2006 avec Michel Villermoz (Cyrano), Eric Ruff (Christian) et Françoise Gillard (Roxane).
Du corps à l'esprit
La pièce de Cyrano de Bergerac raconte l'amour d'un homme laid, Cyrano, pour sa cousine, Roxane. Celle-ci tombe amoureuse de Christian, beau soldat sans esprit. Cyrano aide Christian à séduire Roxane en écrivant les lettres et même, comme ici, en parlant à sa place.
Le motif du balcon comme lieu de déclaration d'amour est un topos de la littérature. On le retrouve notamment dans Roméo et Juliette, de Shakespeare. Vous en trouverez un extrait joué comme à l'époque de l'écriture, au Globe Theatre, à Londres.
La scène du balcon, Roméo et Juliette, mise en scène de Dominic Dromgoole
Comparez ce poème avec celui d'Hugo
En quoi y a-t-il des ressemblances ? Quelles différences voyez-vous? Cliquez sur la flèche ci-dessous pour revenir au texte d'Hugo.
Pour découvrir la vie de l'écrivaine, qui raconte ici ses souvenirs d'enfance. Elle passait ses vacances d'été dans la maison familiale, à la campagne, tandis que le reste du temps, elle vivait à Paris.
Pour vous aider:
I- La lecture comme refuge
1) De la planque au jardin paradisiaque
2) La dilatation du temps
II- Un espace de découverte de l’autre et de soi
1) La rencontre progressive de Mme Economopoulos
2) Une découverte de soi
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"1897 Boulevard Montmartre, effet de nuit", Camille Pissaro
Comme Monet, Camille Pissaro est un des pères de l'impressionisme. Il a peint, comme Monet, de nombreuses fois ce même boulevard, depuis la fenêtre. On retrouve le travail sur la couleur par touches, donnant un aspect un peu flou. Vous pouvez en découvrir plus sur le travail de Pissaro en cliquant ici:
https://www.parisladouce.com/2020/05/paris-camille-pissarro-la-ville-lumiere.html
Pour revoir les valeurs du passé :
Rédiger une partie
Montrez que cette scène reprend les codes de la poésie pastorale ou bucolique.
Vous devrez montrer que :
- le lieu joue un rôle essentiel dans cette scène amoureuse
- les actions de la jeune fille sont codifiées.
Sur la poésie pastorale
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Pour réviser les figures de style d'analogie :
Pour en savoir un peu plus sur Christine de Pizan et sur son invisibilsation, lancez la vidéo ! Et cliquez là si vous cherchez une biographie de 3 min à écouter.
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Réponses
1) Ici, le torrent est personnifié, puisqu'on parle de ses "pas" (v.3). Il est associé à une force maléfique avec le champ lexical de la peur : "fuyait" "horreur", "menaçante". Les adjectifs "grands" répétés, ainsi que l'adverbe d'intensité "si" créent une exagération visant à appuyer sur la terreur créée par le torrent. 2) Le présent de narration ici permet de rendre la scène plus impressionnante, comme si elle se déroulait soudain sous nos yeux. 3) Ce texte est construit sur une opposition entre le torrent, associé à une force négative, comme nous l'avons montré, et la rivière, décrite, elle, par des adjectifs mélioratifs comme "paisible" et "tranquille". On peut donc dégager trois mouvements : le passage du torrent, celui de la rivière, qui se découpent à chaque fois en deux sous-parties distinctes : la description du lieu et l'action. Le troisième mouvement est la morale de l'histoire.
Une description impressionniste
La fin du XIXe siècle est marquée par l'émergence d'un nouveau style de peinture : l'impressionnisme. Il s'agit de représenter des couleurs, et non plus des formes. Ce que fait Proust ici. Ainsi, Claude Monet a peint 30 fois la façade de la cathédrale de Rouen, à chaque heure du jour et à chaque variation de lumière. Vous pouvez en voir un exemple au Musée d'Orsay (visite gratuite pour les ressortissants européens de moins de 26 ans).
https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9rie_des_Cath%C3%A9drales_de_Rouen
Avec Mme Economopoulos, nous nous asseyions dans son jardin sous un jacaranda mimosa. Sur sa table en fer forgé, elle servait du thé et des biscuits chauds. Nous discutions pendant des heures des livres qu’elle mettait entre mes mains. Je découvrais que je pouvais parler d’une infinité de choses tapies au fond de moi et que j’ignorais. Dans ce havre de verdure, j’apprenais à identifier mes goûts, mes envies, ma manière de voir et de ressentir l’univers. Mme Economopoulos me donnait confiance en moi, ne me jugeait jamais, avait le don de m’écouter et de me rassurer. Après avoir bien discuté, lorsque l’après-midi s’évanouissait dans la lumière du couchant, nous flânions dans son jardin comme de drôles d’amoureux. J’avais l’impression d’avancer sous la voûte d’une église, le chant des oiseaux était un chuchotis de prières. Nous nous arrêtions devant ses orchidées sauvages, nous faufilions parmi les haies d’hibiscus et les pousses de ficus. Ses parterres de fleurs étaient des festins somptueux pour les souimangas6 et les abeilles du quartier. Je ramassais des feuilles séchées au pied des arbres pour en faire des marque-pages. Nous marchions lentement, presque au ralenti, en traînant nos pieds dans l’herbe grasse, comme pour retenir le temps, pendant que l’impasse, peu à peu, se couvrait de nuit.
Cher..., chère...
Ecrivez une carte postale à quelqu'un en lui décrivant SOIT: - le paysage que vous voyez en ce moment quand vous regardez par la fenêtre - un paysage d'enfance qui vous a marqué, qui vous apaise.
Pour avoir de l'aide sur la rédaction d'une description cliquez ici .
Vous utiliserez au moins une métaphore et une comparaison, et vous utiliserez l'imparfait. Vous pouvez l'envoyer à quelqu'un ou juste l'écrire, sur du brouillon, sans l'envoyer.
Analyse linéaire
Ce texte fait partie des textes que vous aurez à présenter au Bac, à l'oral
Pour vous préparer, vous pouvez répondre aux questions en cliquant sur les strophes. Vous trouverez les réponses à la suite, mais il est plus utile de vous corriger APRES avoir fait l'exercice.
Rédaction
1) Au brouillon, relevez tous les éléments qui montrent que ce texte relève du registre merveilleux. 2) Vous rédigerez un paragraphe de sous-partie qui vise à montrer que le texte utilise le registre merveilleux pour créer une utopie. En cas de doute sur les registres :
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Cahier de vacances 2025
CBardin
Created on June 21, 2025
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Ma biblio de vacances - Tome i
Pour réviser les notions de Français, ouvrez chacun des livres. Vous aurez besoin de feuilles et de stylos. Bonne lecture !
1. Candide, Voltaire, 1759
2. A la recherche du temps perdu, M. Proust, 1906-1922
3. Les Contemplations, V. Hugo, 1831
4. Cent ballades d’amants et de dames, Christine de Pizan, 1402-1410
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5. Cyrano de Bergerac, Edmond Rostand
Vers le tome II
Tome II
I am a great subtitle, ideal for providing more context about the topic you are going to discuss.
6. Fables, La Fontaine, 1668
7. Petit Pays, Gaël Faye, 2016
8. Mémoires d'une jeune fille rangée, Simone de Beauvoir, 1958
Conseils de lecture
Un voyage en Eldorado Candide, Voltaire, Chapitre 18, 1759
Candide et Cacambo montent en carrosse ; les six moutons volaient, et en moins de quatre heures on arriva au palais du roi, situé à un bout de la capitale. Le portail était de deux cent vingt pieds de haut, et de cent de large ; il est impossible d’exprimer quelle en était la matière. On voit assez quelle supériorité prodigieuse elle devait avoir sur ces cailloux et sur ce sable que nous nommons or et pierreries.
En attendant, on leur fit voir la ville, les édifices publics élevés jusqu’aux nues, les marchés ornés de mille colonnes, les fontaines d’eau pure, les fontaines d’eau rose, celles de liqueurs de cannes de sucre qui coulaient continuellement dans de grandes places pavées d’une espèce de pierreries qui répandaient une odeur semblable à celle du girofle et de la cannelle. Candide demanda à voir la cour de justice, le parlement ; on lui dit qu’il n’y en avait point, et qu’on ne plaidait jamais. Il s’informa s’il y avait des prisons, et on lui dit que non. Ce qui le surprit davantage, et qui lui fit le plus de plaisir, ce fut le palais des sciences, dans lequel il vit une galerie de deux mille pas, toute pleine d’instruments de mathématiques et de physique.
Vingt belles filles de la garde reçurent Candide et Cacambo à la descente du carrosse, les conduisirent aux bains, les vêtirent de robes d’un tissu de duvet de colibri ; après quoi les grands officiers et les grandes officières de la couronne les menèrent à l’appartement de Sa Majesté au milieu de deux files, chacune de mille musiciens, selon l’usage ordinaire. Quand ils approchèrent de la salle du trône, Cacambo demanda à un grand officier comment il fallait s’y prendre pour saluer Sa Majesté : si on se jetait à genoux ou ventre à terre ; si on mettait les mains sur la tête ou sur le derrière ; si on léchait la poussière de la salle ; en un mot, quelle était la cérémonie. « L’usage, dit le grand officier, est d’embrasser le roi et de le baiser des deux côtés. » Candide et Cacambo sautèrent au cou de Sa Majesté, qui les reçut avec toute la grâce imaginable, et qui les pria poliment à souper.
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Du côté de chez Swann, Marcel Proust, 1913
On reconnaissait le clocher de Saint-Hilaire de bien loin, inscrivant sa figure inoubliable à l’horizon où Combray n’apparaissait pas encore ; quand du train qui, la semaine de Pâques, nous amenait de Paris, mon père l’apercevait qui filait tour à tour sur tous les sillons du ciel, faisant courir en tous sens son petit coq de fer, il nous disait : « Allons, prenez les couvertures, on est arrivé. »
Et dans une des plus grandes promenades que nous faisions de Combray, il y avait un endroit où la route resserrée débouchait tout à coup sur un immense plateau fermé à l’horizon par des forêts déchiquetées que dépassait seule la fine pointe du clocher de Saint-Hilaire, mais si mince, si rose, qu’elle semblait seulement rayée sur le ciel par un ongle qui aurait voulu donner à ce paysage, à ce tableau rien que de nature, cette petite marque d’art, cette unique indication humaine. Quand on se rapprochait et qu’on pouvait apercevoir le reste de la tour carrée et à demi détruite qui, moins haute, subsistait à côté de lui, on était frappé surtout du ton rougeâtre et sombre des pierres ; et, par un matin brumeux d’automne, on aurait dit, s’élevant au-dessus du violet orageux des vignobles, une ruine de pourpre presque de la couleur de la vigne vierge.
L'église de Varengeville, Claude Monet, 1882
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Amour de jeunesse "Vieille chanson du jeune temps", Les Contemplations, Victor Hugo
Je ne songeais pas à Rose ; Rose au bois vint avec moi ; Nous parlions de quelque chose, Mais je ne sais plus de quoi. J’étais froid comme les marbres ; Je marchais à pas distraits ; Je parlais des fleurs, des arbres ; Son œil semblait dire : Après ? La rosée offrait ses perles, Le taillis ses parasols ; J’allais ; j’écoutais les merles, Et Rose les rossignols. Moi, seize ans, et l’air morose. Elle vingt ; ses yeux brillaient. Les rossignols chantaient Rose Et les merles me sifflaient.
Rose, droite sur ses hanches, Leva son beau bras tremblant Pour prendre une mûre aux branches; Je ne vis pas son bras blanc. Une eau courait, fraîche et creuse, Sur les mousses de velours ; Et la nature amoureuse Dormait dans les grands bois sourds. Rose défit sa chaussure, Et mit, d’un air ingénu, Son petit pied dans l’eau pure ; Je ne vis pas son pied nu.
Je ne savais que lui dire ;Je la suivais dans le bois, La voyant parfois sourire Et soupirer quelquefois. Je ne vis qu’elle était belle Qu’en sortant des grands bois sourds. — Soit ; n’y pensons plus ! dit-elle. Depuis, j’y pense toujours. Paris, juin 1831.
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"Roman", Cahiers de Douai, Arthur Rimbaud, 1893
I On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans. - Un beau soir, foin des bocks et de la limonade, Des cafés tapageurs aux lustres éclatants ! - On va sous les tilleuls verts de la promenade. Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin ! L'air est parfois si doux, qu'on ferme la paupière ; Le vent chargé de bruits - la ville n'est pas loin - A des parfums de vigne et des parfums de bière...
III Le coeur fou robinsonne à travers les romans, - Lorsque, dans la clarté d'un pâle réverbère, Passe une demoiselle aux petits airs charmants, Sous l'ombre du faux col effrayant de son père... Et, comme elle vous trouve immensément naïf, Tout en faisant trotter ses petites bottines, Elle se tourne, alerte et d'un mouvement vif... - Sur vos lèvres alors meurent les cavatines...
II - Voilà qu'on aperçoit un tout petit chiffon D'azur sombre, encadré d'une petite branche, Piqué d'une mauvaise étoile, qui se fond Avec de doux frissons, petite et toute blanche... Nuit de juin ! Dix-sept ans ! - On se laisse griser. La sève est du champagne et vous monte à la tête... On divague ; on se sent aux lèvres un baiser Qui palpite là, comme une petite bête...
IV Vous êtes amoureux. Loué jusqu'au mois d'août. Vous êtes amoureux. - Vos sonnets La font rire. Tous vos amis s'en vont, vous êtes mauvais goût. - Puis l'adorée, un soir, a daigné vous écrire !... - Ce soir-là..., - vous rentrez aux cafés éclatants, Vous demandez des bocks ou de la limonade... - On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans Et qu'on a des tilleuls verts sur la promenade.
L'amour déçu "Seulette", Cent ballades d’amants et de dames, Christine de Pizan, 1402-1410
Seulette suis et seulette veux être, Seulette m’a mon doux ami laissée, Seulette suis sans compagnon ni maître, Seulette suis, dolente et courroucée, Seulette suis en langueur malaisée, Seulette suis plus que nulle égarée, Seulette suis, sans ami demeurée. Seulette suis à huis ou à fenêtre, Seulette suis en un angle mussée , Seulette suis pour de pleurs me repaître, Seulette suis, dolente ou apaisée, Seulette suis, rien n’est qui tant me siée , Seulette suis en ma chambre enserrée, Seulette suis, sans ami demeurée.
Seulette suis partout en tout estre . Seulette suis où j’aille et où je siée Seulette suis plus qu’autre rien terrestre, Seulette suis de chacun délaissée, Seulette suis durement abaissée, Seulette suis souvent toute éplorée, Seulette suis, sans ami demeurée.
Princes, or est ma douleur commencée : Seulette suis de tout deuil menacée, Seulette suis plus sombre que morée Seulette suis, sans ami demeurée.
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"Degas est un peintre foncièrement urbain, qui aime peindre les lieux clos des spectacles, des loisirs et des plaisirs. Dans un café, lieu de rencontre à la mode, une femme et un homme, bien qu'assis côte à côte, sont murés chacun dans son isolement silencieux, le regard vide et triste, les traits défaits, l'air accablé. L'oeuvre peut être vue comme une dénonciation des fléaux de l'absinthe". Pour en savoir plus, RDV sur le site du Musée d'Orsay, où il est conservé:
Millais est un des fondateurs du mouvement des Préraphaëlites, en Angleterre. Ils reviennent aux peintres italiens de la Renaissance, et s'inspirent de la littérature. Dans Hamlet, de Shakespeare, Ophélie incarne une forme d'innocence sacrifiée. Pour en savoir plus, cliquez ici:
Edward Hopper est un peintre américain qui prend souvent la solitude comme sujet. Pour creuser cette question :
Morning Sun
Dans un café
Ophélie
Edward Hopper, 1952
Edgar Degas, 1875
John Everett Millais, 1852
Une déclaration masquée Cyrano de Bergerac, Edmond Rostand, 1897
ROXANE, (avec un mouvement) Je descends. CYRANO, (vivement) Non ! ROXANE, (lui montrant le banc qui est sous le balcon) Grimpez sur le banc, alors, vite ! CYRANO, (reculant avec effroi dans la nuit) Non ! ROXANE Comment…non ? CYRANO, (que l’émotion gagne de plus en plus) Laissez un peu que l’on profite… De cette occasion qui s’offre…de pouvoir / Se parler doucement, sans se voir. ROXANE Sans se voir ? CYRANO Mais oui, c’est adorable. On se devine à peine. Vous voyez la noirceur d’un long manteau qui traîne, /J’aperçois la blancheur d’une robe d’été : Moi, je ne suis qu’une ombre, et vous qu’une clarté ! Vous ignorez pour moi ce que sont ces minutes ! Si quelquefois je fus éloquent…
ROXANE Vous le fûtes ! CYRANO Mon langage jamais jusqu’ici n’est sorti /De mon vrai cœur… ROXANE Pourquoi ? CYRANO Parce que … jusqu’ici / Je parlais à travers… ROXANE Quoi ? CYRANO …le vertige où tremble / Quiconque est sous vos yeux !…Mais ce soir, il me semble… Que je vais vous parler pour la première fois ! ROXANE C’est vrai que vous avez une tout autre voix. CYRANO, (se rapprochant avec fièvre) Oui, tout autre, car dans la nuit qui me protège / J’ose enfin être moi-même, et j’ose… (Il s’arrête et avec égarement). Où en étais-je ? Je ne sais…tout ceci, -pardonnez mon émoi,- C’est si délicieux…c’est si nouveau pour moi !
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On ne badine pas avec l'amour, Alfred de Musset, 1834
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A l'aventure ? "LE TORRENT ET LA RIVIERE", Fables, Livre VIII, fable 23, Jean de La Fontaine, 1668
Ce succès lui donnant courage, Et les mêmes voleurs le poursuivant toujours, Il rencontra sur son passage Une Rivière dont le cours Image d'un sommeil doux, paisible et tranquille Lui fit croire d'abord ce trajet fort facile. Point de bords escarpés, un sable pur et net. Il entre, et son cheval le met A couvert des voleurs, mais non de l'onde noire : Tous deux au Styx3 allèrent boire ; Tous deux, à nager malheureux, Allèrent traverser, au séjour ténébreux, Bien d'autres fleuves que les nôtres.
Avec grand bruit et grand fracas Un Torrent tombait des montagnes : Tout fuyait devant lui ; l'horreur suivait ses pas, Il faisait trembler les campagnes. Nul voyageur n'osait passer Une barrière si puissante : Un seul1 vit des voleurs, et se sentant presser, Il mit entre eux et lui cette onde menaçante. Ce n'était que menace, et bruit, sans profondeur ; Notre homme enfin n'eut que la peur2.
1. Un seul voyageur 2. Il eut plus de peur que de mal 3. Styx : rivière des morts dans la mythologie grecque
Les gens sans bruit sont dangereux ; Il n'en est pas ainsi des autres.
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Mémoires d’une jeune fille rangée, Simone de Beauvoir, 1958
Le premier de mes bonheurs, c’était, au petit matin, de surprendre le réveil des prairies ; un livre à la main, je quittais la maison endormie, je poussais la barrière ; impossible de m’asseoir dans l’herbe embuée de gelée blanche ; je marchais sur l’avenue, le long du pré planté d’arbres choisis que grand-père appelait « le parc paysagé » ; je lisais, à petits pas, et je sentais contre ma peau la fraîcheur de l’air s’attendrir ; le mince glacis qui voilait la terre fondait doucement ; le hêtre pourpre, les cèdres bleus, les peupliers argentés brillaient d’un éclat aussi neuf qu’au premier matin du paradis : et moi j’étais seule à porter la beauté du monde, et la gloire de Dieu, avec au creux de l’estomac un rêve de chocolat et de pain grillé.
Quand les abeilles bourdonnaient, quand les volets verts s’ouvraient dans l’odeur ensoleillée des glycines, déjà je partageais avec cette journée, qui pour les autres commençaient à peine, un long passé secret. Après les effusions familiales et le petit déjeuner, je m’asseyais sous le catalpa, devant une table de fer, et je faisais mes « devoirs de vacances » ; j’aimais ces instants, où, faussement occupée par une tâche facile, je m’abandonnais aux rumeurs de l’été : le frémissement des guêpes, le caquetage des pintades, l’appel angoissé des paons, le murmure des feuillages ; le parfum des phlox se mêlait aux odeurs de caramel et de chocolat qui m’arrivaient par bouffées de la cuisine ; sur mon cahier dansaient des ronds de soleil. Chaque chose et moi-même nous avions notre place juste ici, maintenant, à jamais.
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Petit Pays, Gaël Faye, 2016
Chaque fois que je lui rapportais un livre, Mme Economopoulos voulait savoir ce que j’en avais pensé. Je me demandais ce que cela pouvait bien lui faire. Au début, je lui racontais brièvement l’histoire, quelques actions significatives, le nom des lieux et des protagonistes. Je voyais qu’elle était contente et j’avais surtout envie qu’elle me prête à nouveau un livre pour filer dans ma chambre le dévorer.
Et puis, j’ai commencé à lui dire ce que je ressentais, les questions que je me posais, mon avis sur l’auteur ou les personnages. Ainsi je continuais à savourer mon livre, je prolongeais l’histoire. J’ai pris l’habitude de lui rendre visite tous les après-midi. Grâce à mes lectures, j’avais aboli les limites de l’impasse, je respirais à nouveau, le monde s’étendait plus loin, au-delà des clôtures qui nous recroquevillaient sur nous-mêmes et sur nos peurs. Je n’allais plus à la planque, je n’avais plus envie de voir les copains, de les écouter parler de la guerre, des villes mortes, des Hutu et des Tutsi.
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Les oeuvres au programme de 1e
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Pour des lectures plus divertissantes, voir la liste de Mme Dehili envoyée par mail.
Bonnes vacances !
Du corps à l'esprit
La pièce de Cyrano de Bergerac raconte l'amour d'un homme laid, Cyrano, pour sa cousine, Roxane. Celle-ci tombe amoureuse de Christian, beau soldat sans esprit. Cyrano aide Christian à séduire Roxane en écrivant les lettres et même, comme ici, en parlant à sa place.
Le motif du balcon comme lieu de déclaration d'amour est un topos de la littérature. On le retrouve notamment dans Roméo et Juliette, de Shakespeare. Vous en trouverez un extrait joué comme à l'époque de l'écriture, au Globe Theatre, à Londres.
La scène du balcon, Roméo et Juliette, mise en scène de Dominic Dromgoole
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JE PRENDS DE L'AVance !
Pourquoi Hugo parle-t-il de rossignol et de merles? Depuis le Moyen-Âge, le rossignol est associé à l'amour. La beauté de son chant traduit souvent la délicatesse de l'amour. Au point que Marie de France, au XIIe siècle, écrit un conte versifié, appelé le Lai du Rossignol. L'oiseau y devient le symbole de l'amour entre deux amants. Pour l'écouter en Ancien Français, cliquez sur le Laüstic. Et pour la traduction, voir Le Rossignol A l'inverse, on parle du merle "moqueur", on dit que le merle "siffle". Hugo joue donc sur la polysémie du mot "siffler", qui désigne le chant de l'oiseau mais aussi le fait d'exprimer son désaccord ou sa désapprobation, de critiquer (comme huer quelqu'un). Le poète matérialise ainsi l'opposition entre la jeune fille, qui est prête pour un rendez-vous galant, amoureux, et le jeune homme qu'était Hugo, qui ne comprend pas ce qu'il se passe et dont le poète, à travers les merles, se moque.
Pour voir une ballade composée sous vos yeux ébahis par Cyrano dans la pièce Cyrano de Bergerac, Edmond Rostand, 1897. Adaptation au cinéma par Jean-Paul Rappeneau en 1990.
Mise en scène de Denis Podalydès à la Comédie Française créée en 2006 avec Michel Villermoz (Cyrano), Eric Ruff (Christian) et Françoise Gillard (Roxane).
Du corps à l'esprit
La pièce de Cyrano de Bergerac raconte l'amour d'un homme laid, Cyrano, pour sa cousine, Roxane. Celle-ci tombe amoureuse de Christian, beau soldat sans esprit. Cyrano aide Christian à séduire Roxane en écrivant les lettres et même, comme ici, en parlant à sa place.
Le motif du balcon comme lieu de déclaration d'amour est un topos de la littérature. On le retrouve notamment dans Roméo et Juliette, de Shakespeare. Vous en trouverez un extrait joué comme à l'époque de l'écriture, au Globe Theatre, à Londres.
La scène du balcon, Roméo et Juliette, mise en scène de Dominic Dromgoole
Comparez ce poème avec celui d'Hugo
En quoi y a-t-il des ressemblances ? Quelles différences voyez-vous? Cliquez sur la flèche ci-dessous pour revenir au texte d'Hugo.
Pour découvrir la vie de l'écrivaine, qui raconte ici ses souvenirs d'enfance. Elle passait ses vacances d'été dans la maison familiale, à la campagne, tandis que le reste du temps, elle vivait à Paris.
Pour vous aider:
I- La lecture comme refuge 1) De la planque au jardin paradisiaque 2) La dilatation du temps II- Un espace de découverte de l’autre et de soi 1) La rencontre progressive de Mme Economopoulos 2) Une découverte de soi
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"1897 Boulevard Montmartre, effet de nuit", Camille Pissaro
Comme Monet, Camille Pissaro est un des pères de l'impressionisme. Il a peint, comme Monet, de nombreuses fois ce même boulevard, depuis la fenêtre. On retrouve le travail sur la couleur par touches, donnant un aspect un peu flou. Vous pouvez en découvrir plus sur le travail de Pissaro en cliquant ici:
https://www.parisladouce.com/2020/05/paris-camille-pissarro-la-ville-lumiere.html
Pour revoir les valeurs du passé :
Rédiger une partie
Montrez que cette scène reprend les codes de la poésie pastorale ou bucolique.
Vous devrez montrer que :
Sur la poésie pastorale
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Pour réviser les figures de style d'analogie :
Pour en savoir un peu plus sur Christine de Pizan et sur son invisibilsation, lancez la vidéo ! Et cliquez là si vous cherchez une biographie de 3 min à écouter.
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Réponses
1) Ici, le torrent est personnifié, puisqu'on parle de ses "pas" (v.3). Il est associé à une force maléfique avec le champ lexical de la peur : "fuyait" "horreur", "menaçante". Les adjectifs "grands" répétés, ainsi que l'adverbe d'intensité "si" créent une exagération visant à appuyer sur la terreur créée par le torrent. 2) Le présent de narration ici permet de rendre la scène plus impressionnante, comme si elle se déroulait soudain sous nos yeux. 3) Ce texte est construit sur une opposition entre le torrent, associé à une force négative, comme nous l'avons montré, et la rivière, décrite, elle, par des adjectifs mélioratifs comme "paisible" et "tranquille". On peut donc dégager trois mouvements : le passage du torrent, celui de la rivière, qui se découpent à chaque fois en deux sous-parties distinctes : la description du lieu et l'action. Le troisième mouvement est la morale de l'histoire.
Une description impressionniste
La fin du XIXe siècle est marquée par l'émergence d'un nouveau style de peinture : l'impressionnisme. Il s'agit de représenter des couleurs, et non plus des formes. Ce que fait Proust ici. Ainsi, Claude Monet a peint 30 fois la façade de la cathédrale de Rouen, à chaque heure du jour et à chaque variation de lumière. Vous pouvez en voir un exemple au Musée d'Orsay (visite gratuite pour les ressortissants européens de moins de 26 ans).
https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9rie_des_Cath%C3%A9drales_de_Rouen
Avec Mme Economopoulos, nous nous asseyions dans son jardin sous un jacaranda mimosa. Sur sa table en fer forgé, elle servait du thé et des biscuits chauds. Nous discutions pendant des heures des livres qu’elle mettait entre mes mains. Je découvrais que je pouvais parler d’une infinité de choses tapies au fond de moi et que j’ignorais. Dans ce havre de verdure, j’apprenais à identifier mes goûts, mes envies, ma manière de voir et de ressentir l’univers. Mme Economopoulos me donnait confiance en moi, ne me jugeait jamais, avait le don de m’écouter et de me rassurer. Après avoir bien discuté, lorsque l’après-midi s’évanouissait dans la lumière du couchant, nous flânions dans son jardin comme de drôles d’amoureux. J’avais l’impression d’avancer sous la voûte d’une église, le chant des oiseaux était un chuchotis de prières. Nous nous arrêtions devant ses orchidées sauvages, nous faufilions parmi les haies d’hibiscus et les pousses de ficus. Ses parterres de fleurs étaient des festins somptueux pour les souimangas6 et les abeilles du quartier. Je ramassais des feuilles séchées au pied des arbres pour en faire des marque-pages. Nous marchions lentement, presque au ralenti, en traînant nos pieds dans l’herbe grasse, comme pour retenir le temps, pendant que l’impasse, peu à peu, se couvrait de nuit.
Cher..., chère...
Ecrivez une carte postale à quelqu'un en lui décrivant SOIT: - le paysage que vous voyez en ce moment quand vous regardez par la fenêtre - un paysage d'enfance qui vous a marqué, qui vous apaise.
Pour avoir de l'aide sur la rédaction d'une description cliquez ici .
Vous utiliserez au moins une métaphore et une comparaison, et vous utiliserez l'imparfait. Vous pouvez l'envoyer à quelqu'un ou juste l'écrire, sur du brouillon, sans l'envoyer.
Analyse linéaire
Ce texte fait partie des textes que vous aurez à présenter au Bac, à l'oral
Pour vous préparer, vous pouvez répondre aux questions en cliquant sur les strophes. Vous trouverez les réponses à la suite, mais il est plus utile de vous corriger APRES avoir fait l'exercice.
Rédaction
1) Au brouillon, relevez tous les éléments qui montrent que ce texte relève du registre merveilleux. 2) Vous rédigerez un paragraphe de sous-partie qui vise à montrer que le texte utilise le registre merveilleux pour créer une utopie. En cas de doute sur les registres :
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