Bibliothécaire-formateur 2048
Et si...
Plénière
Descriptif
Programme
Iktsuarpok
Sketchnote
Infos pratiques
Bibliographie
Le 20 juin 2024 de 9h à 17h
Bibliothèque BCPR-Sorbonne Université 4 place Jussieu 75005 Paris
FORMABIB Réseau des formateurs des bibliothèques à vocation universitaire d'Ile-de-France
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Descriptif
Et si on réfléchissait ensemble à ce que sera notre métier de bibliothécaire-formateur en 2048, au
prisme des problématiques écologiques et numériques ? Et si on pouvait d’ores et déjà imaginer les bibliothèques du futur et notre rôle en tant que
professionnels de l'enseignement supérieur ?
Et si on interrogeait les transformations de la société de l'information et leur impact sur le métier de
bibliothécaire-formateur dans les 30 prochaines années ? Et si on interrogeait les compétences et les outils nécessaires pour accompagner au mieux nos publics
dans un environnement en constante évolution ?
Et si on pouvait mettre en place dès aujourd’hui des formations pour créer un futur plus désirable ? Et si on prévoyait une journée d'échange et de réflexion collective, où chacun puisse partager son
expertise et ses réflexions sur l'avenir de notre métier dans les bibliothèques du futur ?
Et si ça c'était passé le 20 juin sur le campus Pierre et Marie Curie (métro Jussieu) à la bibliothèque BCPR de 9h à
17h30 ?
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Visite optionnelle Les espaces pédagogiques innovants des bibliothèques de Sorbonne Université.
L'université dans les limites planétaires : enseigner vers une société désirable ? Conférence plénière de Guillaume Blanc - Maître de conférences en physique à Université Paris Cité.
Pique-nique
Iktsuarpok World Café à la sauce FormaBib : réfléchissons ensemble, à partir des trajectoires esquissées par Guillaume Blanc durant la plénière, aux évolutions et à l'avenir de notre métier.
Restitution et clôture Par Guillaume Blanc et les animateurs d'Iktsuarpok.
Accueil
9h
9h30-10h15
10h40-12h30
12h30-14H
14h-15h30
16h-17h
Programme
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Conférence plénière
L'université dans les limites planétaires : enseigner vers une société désirable ? Guillaume Blanc a développé le concept de limites planétaires et de ce que cela nous dit sur notre société. Dans ce cadre, il considère que l'enseignement des enjeux socioécologiques dans le supérieur est fondamental pour penser une société désirable. Dans cette conférence, Guillaume Blanc a abordé ce qui est fait en ce sens à l'université, illustré par un retour d'expérience.
Support de la conférence
Guillaume Blanc est physicien, maître de conférences à Université Paris Cité et chercheur au laboratoire de physique des deux infinis Irène Joliot-Curie à Orsay. Il a notamment publié en 2023 un manuel numérique issu d'un enseignement de Licence : Blanc Guillaume. (2023). Physique et enjeux de société : Radioactivité, réchauffement climatique, énergie, ondes électromagnétiques et santé. Université Paris Cité.
Photos de la conférence
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Iktsuarpok
Iktsuarpok est un mot inuktitut qui décrit l'impatience qui pousse à aller regarder dehors lorsqu'on attend quelqu'un qui est sur le point d'arriver. Regarder le monde qui vient est ce que nous avons essayé de faire dans ce world café revisité à la sauce Formabib en envisageant deux trajectoires possibles : la décroissance subie et la décroissance choisie à travers 4 ateliers : Les compétences des étudiants Les compétences des formateur.ice.s La technologie et nous Et l'humain dans tout ça ?
Sketchnote des ateliers
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Sketchnote des ateliers
Véronique Nunes est médiatrice documentaire et formatrice à la bibliothèque Clignancourt au sein de Sorbonne Université. Sketchnoteuse talentueuse, elle a croqué son après-midi de bibliothécaire-formatrice en 2048.
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Bibliographie
Comme nous sommes bibliothécaires, nous n'avons pas résisté à l'envie de vous présenter la bibliothèque Zotero qui nous a servie a preparer la journée. Le nom de la journée doit beaucoup à l'ouvrage éponyme : Hopkins, Rob, et al. Et si, on libérait notre imagination pour créer le futur que nous voulons ? Actes Sud Colibris, 2020.
Consulter la bibliothèque Zotero
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Infos pratiques
Bibliothèque de Biologie-Chimie-Physique Recherche Campus Pierre et Marie Curie 4 place Jussieu 75005 Patio 13/24 - Rez-de-chaussée
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Près du campus € Chaud les sandwichs (omni, végé) - 4 rue des Boulangers €€€ Le Squab (poke bowl, bo-bun, omni, végé, vegan) - 32 rue des Fossés Saint-Bernard €€ Falafelo (libanais omni, végé) - 28 rue des Fossés Saint-Bernard €€ Hoa Sen (thaïlandais, omni, végé) - 16 rue Linné €€ Jardin Burger (omni, hallal, végé) - 4 rue Linné €€€ Boulangerie Atelier Huré (omni, végé) - 6 rue Linné
Sur le campusPossibilité de payer avec son compte IZLY pour avoir un prix raisonnable. Sans, le tarif visiteur s'applique.
- Restaurant universitaire Cuvier - Bâtiment F
- Cafétéria Cuvier - Bâtiment F
- Cafétéria de l'Ouest - Barre 25/26
- Cafétéria de l'Atrium
- Cafétéria Jussieu
Quelles compétences pour les formateurices ?
Avec le premier groupe :
· Ont été évoquées les questions de l’IA et des données, et notamment de se former à l’Open Source
· Est-ce qu’il y aurait plus ou moins d’étudiants ?
· Il faudrait également penser à intégrer les étudiants en formation continue et en reprise d’études.
· Penser le rôle de bibliothécaire-formateur comme médiateur.
Avec le deuxième groupe :
· Se former pour pouvoir transmettre des compétences « responsables » : réparation...
· Se former à l’utilisation de médias et outils éthiques
· Inclure l’activité physique dans l’offre de formation
· Nous avons élargi la réflexion autour de l’utilisation de l’IA pour évaluer, pour traiter des questionnaires par exemple.
Avec le troisième groupe :
- · Nous avons abordé les softs skills avec les notions de convivialité et de co-construction
- · L’IA a également été abordé avec le prisme des limites, du « bon usage », de l’éthique, et notamment des questions de droit d’auteur.
- · L’inclusion du corps dans les formations est apparu (cours de yoga, le toucher).
L'université dans les limites planétaires : enseigner vers une société désirable ? Guillaume Blanc parlera du concept de limites planétaires et de ce que cela nous dit sur notre société. Dans ce cadre, il considère que l'enseignement des enjeux socioécologiques dans le supérieur est fondamental pour penser une société désirable. Il abordera ce qui est fait en ce sens à l'université, illustré par un retour d'expérience.
Guillaume Blanc Guillaume Blanc est physicien, maître de conférences à Université Paris Cité et chercheur au laboratoire de physique des deux infinis Irène Joliot-Curie à Orsay. Il a notamment publié en 2023 un manuel numérique issu d'un enseignement de Licence : Blanc Guillaume. (2023). Physique et enjeux de société : Radioactivité, réchauffement climatique, énergie, ondes électromagnétiques et santé. Université Paris Cité.
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Métro et RER Station Jussieu (lignes 7 et 10) Station Cluny - La Sorbonne (RER B) à 700m Station Austerlitz (lignes 5, 10 et RER C) à 1km
Bus Ligne 24 : arrêt Quai Saint-Bernard Ligne 63 : arrêt Rue des Fossés St-Bernard ou Quai St-Bernard Ligne 67 : arrêt Jussieu (sur la place Jussieu) Ligne 89 : arrêt Jussieu, Cardinal Lemoine ou Quai St-Bernard
Vélo Stations de Vélib : rue Guy de la Brosse ou rue des Fossés St-Bernard Possibilité de rentrer avec un vélo et de le garer sur le campus
Quelles compétences voudrons-nous faire acquérir à nos étudiants en 2048, si nos universités choisissaient une trajectoire de décroissance planifiée et de frugalité souhaitée?
Les compétences des étudiants en 2048 s’organiseraient autour du prendre soin : prendre soin de soi, prendre soin du collectif, prendre soin de la Terre. Il s’agirait pour elles et eux d’avoir accès à une offre qui aboutisse à renforcer le bien-être étudiant, en soutenant leur sentiment de compétences ou leur sentiment de sécurité, dans un monde en constante évolution. Ce pourrait se faire à travers un accès à des techniques de gestion du stress comme la médiation animale, à des médecines douces et soutenantes, à l’apprentissage du respect des autres et de soi-même dans lequel on saurait dire non, on connaîtrait et on saurait poser ses limites, tout autant que développer l’empathie et les savoir-être ensemble.
Pour s’adapter à un monde en mutation permanente, les étudiants et étudiantes pourraient cultiver un nouveau rapport à la connaissance, non plus imposée et sur-imprimée sur les individus, mais accessible, utile, désirable où chacun puisse se trouver et se retrouver. Il serait idéal de faire de l’université un lieu d’émancipation et de liberté, un lieu où les savoirs acquis empuissanceraient les individus, ou chaque étudiant ou étudiante construirait en autonomie son parcours d’apprentissage, dans le choix des modalités et la liberté de se former à son rythme, tout en portant une attention particulière à humaniser les étapes de l’apprentissage et l’accompagnement des étudiant.e.s.
· Il serait important pour les formateurices de leur faire acquérir les compétences utiles pour cultiver la résilience, individuelle et collective. Il s’agirait de savoir à la fois être un humain augmenté (avec de l’IA ou autre) et d’avoir les compétences pour utiliser des technologies frugales (papiers et stylos !), avec la bonne dose d’esprit critique pour mettre les usages des techniques en perspective. Il s’agirait surtout de cultiver des communs, de donner la priorité aux interactions humaines et au partage, d’apprendre à vivre ensemble, c’est-à-dire aussi de développer une pensée critique, de savoir co-construire un consensus et d’acquérir ensemble les bases d'une citoyenneté éclairée et responsable.
Cette journée n'aurait pas existé sans ceux qui l'ont tricoté à la main et avec passion, ceux sans lesquels les débats auraient été moins passionnés et le café moins bon, j’ai nommé :
Pauline BELVEZE
Lorette BONNETAIN
Lise DACHET
Emilie EFTHER
Myriam GORSSE
Camille GUEDON
Anne GUICHARD CAZENAVE
Anne-Louise HILY
Samuel JAMET
Pauline MANCINA Joan MONNIER
Gilles MORINIERE
Nora OUCHTAR
Sébastien PERRIN
Julien PROST
Clara SALGADO
Magali THIEBAUD
Pauline WALTREGNY
Norredine ZEHGOUD
Merci beaucoup à toutes et à tous !
La technologie et nous
Dans cette expérience de pensée, le futur du point de vue de la techno pouvait être sombre. Dans une société marchandisée et autoritaire, la technologie se retrouverait réservée à une élite, dans un système universitaire à deux vitesses, où l’IA serait omniprésente et où la liberté d’enseigner diminuerait autant que les libertés individuelles.Arrivés à ce point, les formateurs se sont interrogés sur leur existence : est-ce que notre profession existera encore ? faudra-t-il démissionner ? De quoi les bibliothèques auront-elles la garde? Serons-nous conservateurs d’un savoir cadenassé ou passeurs d’un libre savoir ? Et dans quelles universités ? Des universités réservées à une élite, design et luxueuses ou des universités pour le tout-venant, mal dotées en personnel comme en moyen, vétustes et défavorisées à tout point de vue ? Dans une situation aussi contrastée voire désespérée pour certain.e.s, la résistance des bibliothécaires pourrait s’organiser entre les différents types de structures universitaires ? entre les fac défavorisées devenues zadistes ? entre ceux qui ont encore des BU et les autres ? Nous pourrions devenir des « zadistes en bibliothèque », des Robins des bois low tech « reconstituteurs de compétences ».
Nous pourrions voler ou dupliquer des livres des BU qui existent encore pour les partager. Nous pourrions monter des réseaux clandestins de partages de données et des bibliothèques pirates (en utilisant le Dark Net ?). Résister pour traverser ensemble les tempêtes.
Et l’humain dans tout ça ?
Dans la bibliothèque du futur, peut-être que les automates de prêt fonctionneront 24/24h sans personnel, que les formations seront données en visio par des formateurs synthétiques dont l’IA génèrera à la demande des déroulés pédagogiques. Peut-être que nos bibliothèques deviendront des espaces self-services, des lieux souples et impersonnels où des chabots répondront (à côté de la plaque) pendant que les bibliothécaires seront en travail à distance et de manière souple sur un modèle de smartworking. Alors, est-ce que moins d’humain pourrait être mieux d’humain ?
Les bibliothécaires du futur devront probablement apprendre à mieux s’organiser collectivement pour dire NON et répondre aux besoins sans s’épuiser. S’organiser individuellement pour ne pas laisser le travail à distance déborder sur leur vie privée et inversement ne pas devenir les « doudous » des étudiants. Ils pourront se montrer plus organisés collectivement face à leurs tutelles pour orienter les décisions et faire pression, monter des réseaux pour bénéficier de regards croisés, s’organiser pour plus de coworking, de temps de travail qui soient aussi des temps de rencontre, pour avoir des échanges interdisciplinaires et travailler la transversalité.
En imaginant 2048, il semble dangereux de penser céder à une servilité des services aux publics : un bibliothécaire invisible qui ne viendrait que lorsqu'on l’appelle, où les besoins des étudiants seraient mal compris et déformés parce que traités automatiquement, où les mauvaises orientations/programmation des robots ou IA deviendraient nuisibles, où l’autonomie des usagers deviendrait solitude.
Nous marcherons peut-être sur une ligne de crête entre le manque de chaleur humaine et l’adaptation à des changements drastiques.
Et si les bibliothécaires étaient moins monopolisés par l’accès et l’accueil en bibliothèque, on pourrait se concentrer sur un accompagnement qualitatif et mieux gérer les conditions d’apprentissages. Et si les bibliothécaires-formateurs étaient « présents autrement », on dresserait des IA pour en faire des tuteurs individualisés adaptés aux besoins personnalisés des étudiants, on ferait évoluer les lieux bibliothèques vers un modèle à la finlandaise basé sur la confiance faite aux usagers et l’autonomie des étudiants, on aurait les leviers pour organiser leur travail de manière plus concertée, mais aussi plus structurée horizontalement, on s’adapterait aux besoins des étudiants ou aux demandes des tutelles tout en posant leurs limites et en prenant soin de nous-mêmes.
Quelles compétences pour les étudiants ?
Les réflexions menées autour de cette question ont conduit à des scénarios variés, marqués dans tous les cas par de profondes inégalités entre les étudiants : · Pour certains, la technologie sera omniprésente, mais uniquement pour étudiants les plus favorisés, dans un contexte d’études extrêmement concurrentiel.
· Pour d’autre, la décroissance subie entraînera une quasi-disparition des technologies.
Des besoins récurrents ont été identifiés :
· Maîtrise des compétences numériques : cela concernerait particulièrement les étudiants les plus privilégiés, qui devront maîtriser l’utilisation des outils (réseaux sociaux, IA, ...) pour se démarquer.
· Fondamentaux de la recherche : les étudiants devront renforcer leur capacité à comprendre et à analyser l’information (quand on est face à une information, face à un texte, quelle démarche doit-on adopter ?). La maîtrise des documents physiques sera également nécessaire (s’orienter dans un ouvrage, ...).
· L’importance de l’oralité : pour compenser l'absence de ressources numériques et le peu de ressources physiques, il faudra savoir apprendre par cœur, savoir mémoriser, savoir s'exprimer.Face à ces enjeux, les bibliothécaires auraient à se positionner : faudrait-il devenir des bibliothécaires « clandestins » pour garantir l’accès au savoir pour l'ensemble des étudiants, ou bien se concentrer sur des contenus très numériques et élitistes pour les quelques étudiants qui auront l'opportunité de pouvoir être en études ? C'est en tout cas la première voie qui semblait attirer la plupart des participants.
Et l’humain dans tout ça ?
Nous ne sommes pas des robots sans cœur et sans émotions, les étudiants non plus, et nos collègues pareillement.
Comment ajouter davantage d’humanité dans notre métier, et dans la manière dont nous l’envisageons, dès à présent et pour l’avenir ? Comment réussir à prendre soin du public au service duquel nous avons choisi de nous placer, mais aussi les uns des autres ? Des questions ont été soulevées, porteuses de discussions autour du soin. Le soin porté aux étudiants :
On ne peut pas jouer sur les inégalités, mais :
- sur quoi a-t-on de la marge ?
- quel rôle veut-on tenir ?
- quel rôle doit-on tenir ?
- quel rôle peut-on tenir ? (en terme de liberté institutionnelle mais aussi de protection individuelle pour éviter de se laisser envahir soi-même par les problèmes des autres).
Il est ressorti l’importance de prendre en compte le corps, avec du mobilier et des installations agréables, accessibles, y compris au delà de nos salles de cours, sur tout le campus, en reproduisant si possible des espaces naturels. Dans le même ordre d’idée, les étudiants devraient pouvoir choisir leurs conditions d’apprentissage.
Egalement, l’idée d’une entraide intergénérationnelle a été évoquée.
Le soin porté à soi-même :
- Si on est empathique : comment fait-on pour ne pas se laisser envahir par les émotions négatives ou l’anxiété ?
- Comment est-on formé sur cet aspect ?
- Quel espace avons-nous pour prendre soin de nous ?
- Ne serait-ce que pour prendre en charge agréablement le service public ?
Le soin porté aux collègues :
- Quelles sont les valeurs du service ? Comment se parle-t-on ? Sur quel.s canal.ux ?
- Comment gère-t-on l’affect dans nos relations quotidiennes ?
- Quel temps cela prend-il de prendre soin les uns des autres ?
Encourager une économie des contenus, pour privilégier la médiation plutôt que la simple diffusion de l’information.– Rompre avec l’hyperconnexion : proposition d’un « semestre déconnecté » pour expérimenter des formes d’apprentissage sans numérique.– Privilégier le présentiel en mobilisant le corps pour favoriser l’ancrage cognitif (ex. « les étudiants pédalent pendant les formations ») · Infrastructures et supports
– Stockage des données en local, avec un désherbage numérique automatique des documents.
– Développement d’un « score numérique » (comme le nutriscore) pour mesurer l’impact écologique des formations (en présentiel et distanciel).
– Encouragement des licences libres et du libre accès aux publications universitaires.
– Développement de services mutualisés pour le réemploi du matériel (FabLab, recycleries).
· Rôle du bibliothécaire-formateur
– Évolution vers un rôle plus intégré au sein des universités, avec des compétences pluridisciplinaires et une implication dans la définition des valeurs et des objectifs pédagogiques.
– Sensibilisation des publics à l’impact écologique des usages numériques et accompagnement vers des pratiques plus responsables.
Cette réflexion collective met en évidence un appel à plus de sobriété, d’éthique et de convivialité. Il s’agit d’envisager un usage des technologies de manière raisonnée et adaptée aux besoins réels, en plaçant l’humain au centre de nos pratiques.
Une interrogation soulevée lors de la restitution orale : C’est surprenant que la perspective « optimiste » soit de continuer comme on fait. Que faut-il comme élément déclencheur ?
La technologie et nous
Les participants se sont intéressés aux enjeux d’une approche sobre et raisonnée des technologies dans nos pratiques professionnelles et pédagogiques.
L’atelier a mis en lumière plusieurs axes :
· Mutualisation et technologies libres : adoption de logiciels libres, développement de supports mutualisés et ouverts, et orientation vers des solutions low-tech favorisant l’accessibilité et la pérennité.
· Humanité et présentiel : malgré les avancées du numérique, la nécessité du contact humain est primordiale. La formation et l’accompagnement en présentiel restent essentiels pour créer du lien et soutenir les apprentissages.
· Sobriété numérique et infrastructures responsables : les bibliothèques du futur devront s’intégrer dans des bâtiments écoconçus, avec des serveurs mutualisés servant au chauffage, et une gestion responsable des ressources énergétiques et des matières premières.
· Obsolescence programmée et réparabilité : mise en place d’ateliers de réparation et de recyclerie, favorisant l’auto-réparation et la prolongation de la durée de vie des équipements numériques.
· Éthique et régulation de l’IA : l’IA sera incontournable, mais l’enjeu sera de transmettre aux étudiants la capacité de s’en détacher et de développer leur esprit critique face à ses usages.
Pratiques et solutions envisagées Usages et pratiques pédagogiques– Réintégrer les outils analogiques (tableau-craie, ardoises) pour certaines formations méthodologiques.– Favoriser la co-construction et la solidarité entre collègues et étudiants.–
IktsuarpokMot inuktitut qui décrit l'impatience qui pousse à aller regarder dehors lorsqu'on attend quelqu'un qui est sur le point d'arriver.
Quelles compétences pour les formateurices ?
Désemparés par les évènements : la décroissance subie coupe les jambes des formateurs, déprime et peu de perspectives se dessinent dans un premier temps :
- augmentation des températures,
- des inégalités sociales en général et plus encore dans l’éducation (privatisation de l’enseignement, universités à 2 vitesses),
- changement des étudiants et du public (notation des bibliothécaires par les étudiants),
- changement des conditions pratiques d’exercice (coupures électriques, rationnement des serveurs informatiques qui tourneront la nuit),
- cadre hiérarchique et vertical orienté vers la rentabilité (suradministration, mobilité constante, peu de contacts humains) …
Après la déprime, le sursaut : comment à s’organiser autour des besoins très primaires des étudiants ? Est-ce que les compétences informationnelles font partie des besoins de base ? Quelles sont les dynamiques sur lesquelles on peut agir ? Ne faudrait-il pas se concentrer sur des choses qui sont utiles aux étudiantes ?
Développer chez les formateurs des compétences de résistance à « agir dans le système » : se passer des paywalls ou contourner les blocages des éditeurs, s’organiser en réseau, produire sa propre documentation, produire et transmettre un savoir autre que les connaissances académiques transmises par les enseignants.Les bibliothécaires pourraient former à autre chose que les compétences académiques : aller rechercher dans des "environnements gris", faire des formations secrètes et former secrètement notamment ceux qui n’ont pas accès à l’éducation dans un contexte d’université payante et très sélective.
Journée FormaBib 2024 - Restitution
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Created on June 20, 2025
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Bibliothécaire-formateur 2048
Et si...
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Le 20 juin 2024 de 9h à 17h
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Et si on réfléchissait ensemble à ce que sera notre métier de bibliothécaire-formateur en 2048, au prisme des problématiques écologiques et numériques ? Et si on pouvait d’ores et déjà imaginer les bibliothèques du futur et notre rôle en tant que professionnels de l'enseignement supérieur ? Et si on interrogeait les transformations de la société de l'information et leur impact sur le métier de bibliothécaire-formateur dans les 30 prochaines années ? Et si on interrogeait les compétences et les outils nécessaires pour accompagner au mieux nos publics dans un environnement en constante évolution ? Et si on pouvait mettre en place dès aujourd’hui des formations pour créer un futur plus désirable ? Et si on prévoyait une journée d'échange et de réflexion collective, où chacun puisse partager son expertise et ses réflexions sur l'avenir de notre métier dans les bibliothèques du futur ?
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L'université dans les limites planétaires : enseigner vers une société désirable ? Guillaume Blanc a développé le concept de limites planétaires et de ce que cela nous dit sur notre société. Dans ce cadre, il considère que l'enseignement des enjeux socioécologiques dans le supérieur est fondamental pour penser une société désirable. Dans cette conférence, Guillaume Blanc a abordé ce qui est fait en ce sens à l'université, illustré par un retour d'expérience.
Support de la conférence
Guillaume Blanc est physicien, maître de conférences à Université Paris Cité et chercheur au laboratoire de physique des deux infinis Irène Joliot-Curie à Orsay. Il a notamment publié en 2023 un manuel numérique issu d'un enseignement de Licence : Blanc Guillaume. (2023). Physique et enjeux de société : Radioactivité, réchauffement climatique, énergie, ondes électromagnétiques et santé. Université Paris Cité.
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Guillaume Blanc Guillaume Blanc est physicien, maître de conférences à Université Paris Cité et chercheur au laboratoire de physique des deux infinis Irène Joliot-Curie à Orsay. Il a notamment publié en 2023 un manuel numérique issu d'un enseignement de Licence : Blanc Guillaume. (2023). Physique et enjeux de société : Radioactivité, réchauffement climatique, énergie, ondes électromagnétiques et santé. Université Paris Cité.
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Vélo Stations de Vélib : rue Guy de la Brosse ou rue des Fossés St-Bernard Possibilité de rentrer avec un vélo et de le garer sur le campus
Quelles compétences voudrons-nous faire acquérir à nos étudiants en 2048, si nos universités choisissaient une trajectoire de décroissance planifiée et de frugalité souhaitée?
Les compétences des étudiants en 2048 s’organiseraient autour du prendre soin : prendre soin de soi, prendre soin du collectif, prendre soin de la Terre. Il s’agirait pour elles et eux d’avoir accès à une offre qui aboutisse à renforcer le bien-être étudiant, en soutenant leur sentiment de compétences ou leur sentiment de sécurité, dans un monde en constante évolution. Ce pourrait se faire à travers un accès à des techniques de gestion du stress comme la médiation animale, à des médecines douces et soutenantes, à l’apprentissage du respect des autres et de soi-même dans lequel on saurait dire non, on connaîtrait et on saurait poser ses limites, tout autant que développer l’empathie et les savoir-être ensemble. Pour s’adapter à un monde en mutation permanente, les étudiants et étudiantes pourraient cultiver un nouveau rapport à la connaissance, non plus imposée et sur-imprimée sur les individus, mais accessible, utile, désirable où chacun puisse se trouver et se retrouver. Il serait idéal de faire de l’université un lieu d’émancipation et de liberté, un lieu où les savoirs acquis empuissanceraient les individus, ou chaque étudiant ou étudiante construirait en autonomie son parcours d’apprentissage, dans le choix des modalités et la liberté de se former à son rythme, tout en portant une attention particulière à humaniser les étapes de l’apprentissage et l’accompagnement des étudiant.e.s.
· Il serait important pour les formateurices de leur faire acquérir les compétences utiles pour cultiver la résilience, individuelle et collective. Il s’agirait de savoir à la fois être un humain augmenté (avec de l’IA ou autre) et d’avoir les compétences pour utiliser des technologies frugales (papiers et stylos !), avec la bonne dose d’esprit critique pour mettre les usages des techniques en perspective. Il s’agirait surtout de cultiver des communs, de donner la priorité aux interactions humaines et au partage, d’apprendre à vivre ensemble, c’est-à-dire aussi de développer une pensée critique, de savoir co-construire un consensus et d’acquérir ensemble les bases d'une citoyenneté éclairée et responsable.
Cette journée n'aurait pas existé sans ceux qui l'ont tricoté à la main et avec passion, ceux sans lesquels les débats auraient été moins passionnés et le café moins bon, j’ai nommé : Pauline BELVEZE Lorette BONNETAIN Lise DACHET Emilie EFTHER Myriam GORSSE Camille GUEDON Anne GUICHARD CAZENAVE Anne-Louise HILY Samuel JAMET
Pauline MANCINA Joan MONNIER Gilles MORINIERE Nora OUCHTAR Sébastien PERRIN Julien PROST Clara SALGADO Magali THIEBAUD Pauline WALTREGNY Norredine ZEHGOUD Merci beaucoup à toutes et à tous !
La technologie et nous
Dans cette expérience de pensée, le futur du point de vue de la techno pouvait être sombre. Dans une société marchandisée et autoritaire, la technologie se retrouverait réservée à une élite, dans un système universitaire à deux vitesses, où l’IA serait omniprésente et où la liberté d’enseigner diminuerait autant que les libertés individuelles.Arrivés à ce point, les formateurs se sont interrogés sur leur existence : est-ce que notre profession existera encore ? faudra-t-il démissionner ? De quoi les bibliothèques auront-elles la garde? Serons-nous conservateurs d’un savoir cadenassé ou passeurs d’un libre savoir ? Et dans quelles universités ? Des universités réservées à une élite, design et luxueuses ou des universités pour le tout-venant, mal dotées en personnel comme en moyen, vétustes et défavorisées à tout point de vue ? Dans une situation aussi contrastée voire désespérée pour certain.e.s, la résistance des bibliothécaires pourrait s’organiser entre les différents types de structures universitaires ? entre les fac défavorisées devenues zadistes ? entre ceux qui ont encore des BU et les autres ? Nous pourrions devenir des « zadistes en bibliothèque », des Robins des bois low tech « reconstituteurs de compétences ».
Nous pourrions voler ou dupliquer des livres des BU qui existent encore pour les partager. Nous pourrions monter des réseaux clandestins de partages de données et des bibliothèques pirates (en utilisant le Dark Net ?). Résister pour traverser ensemble les tempêtes.
Et l’humain dans tout ça ?
Dans la bibliothèque du futur, peut-être que les automates de prêt fonctionneront 24/24h sans personnel, que les formations seront données en visio par des formateurs synthétiques dont l’IA génèrera à la demande des déroulés pédagogiques. Peut-être que nos bibliothèques deviendront des espaces self-services, des lieux souples et impersonnels où des chabots répondront (à côté de la plaque) pendant que les bibliothécaires seront en travail à distance et de manière souple sur un modèle de smartworking. Alors, est-ce que moins d’humain pourrait être mieux d’humain ? Les bibliothécaires du futur devront probablement apprendre à mieux s’organiser collectivement pour dire NON et répondre aux besoins sans s’épuiser. S’organiser individuellement pour ne pas laisser le travail à distance déborder sur leur vie privée et inversement ne pas devenir les « doudous » des étudiants. Ils pourront se montrer plus organisés collectivement face à leurs tutelles pour orienter les décisions et faire pression, monter des réseaux pour bénéficier de regards croisés, s’organiser pour plus de coworking, de temps de travail qui soient aussi des temps de rencontre, pour avoir des échanges interdisciplinaires et travailler la transversalité. En imaginant 2048, il semble dangereux de penser céder à une servilité des services aux publics : un bibliothécaire invisible qui ne viendrait que lorsqu'on l’appelle, où les besoins des étudiants seraient mal compris et déformés parce que traités automatiquement, où les mauvaises orientations/programmation des robots ou IA deviendraient nuisibles, où l’autonomie des usagers deviendrait solitude. Nous marcherons peut-être sur une ligne de crête entre le manque de chaleur humaine et l’adaptation à des changements drastiques.
Et si les bibliothécaires étaient moins monopolisés par l’accès et l’accueil en bibliothèque, on pourrait se concentrer sur un accompagnement qualitatif et mieux gérer les conditions d’apprentissages. Et si les bibliothécaires-formateurs étaient « présents autrement », on dresserait des IA pour en faire des tuteurs individualisés adaptés aux besoins personnalisés des étudiants, on ferait évoluer les lieux bibliothèques vers un modèle à la finlandaise basé sur la confiance faite aux usagers et l’autonomie des étudiants, on aurait les leviers pour organiser leur travail de manière plus concertée, mais aussi plus structurée horizontalement, on s’adapterait aux besoins des étudiants ou aux demandes des tutelles tout en posant leurs limites et en prenant soin de nous-mêmes.
Quelles compétences pour les étudiants ?
Les réflexions menées autour de cette question ont conduit à des scénarios variés, marqués dans tous les cas par de profondes inégalités entre les étudiants : · Pour certains, la technologie sera omniprésente, mais uniquement pour étudiants les plus favorisés, dans un contexte d’études extrêmement concurrentiel. · Pour d’autre, la décroissance subie entraînera une quasi-disparition des technologies. Des besoins récurrents ont été identifiés : · Maîtrise des compétences numériques : cela concernerait particulièrement les étudiants les plus privilégiés, qui devront maîtriser l’utilisation des outils (réseaux sociaux, IA, ...) pour se démarquer. · Fondamentaux de la recherche : les étudiants devront renforcer leur capacité à comprendre et à analyser l’information (quand on est face à une information, face à un texte, quelle démarche doit-on adopter ?). La maîtrise des documents physiques sera également nécessaire (s’orienter dans un ouvrage, ...).
· L’importance de l’oralité : pour compenser l'absence de ressources numériques et le peu de ressources physiques, il faudra savoir apprendre par cœur, savoir mémoriser, savoir s'exprimer.Face à ces enjeux, les bibliothécaires auraient à se positionner : faudrait-il devenir des bibliothécaires « clandestins » pour garantir l’accès au savoir pour l'ensemble des étudiants, ou bien se concentrer sur des contenus très numériques et élitistes pour les quelques étudiants qui auront l'opportunité de pouvoir être en études ? C'est en tout cas la première voie qui semblait attirer la plupart des participants.
Et l’humain dans tout ça ?
Nous ne sommes pas des robots sans cœur et sans émotions, les étudiants non plus, et nos collègues pareillement. Comment ajouter davantage d’humanité dans notre métier, et dans la manière dont nous l’envisageons, dès à présent et pour l’avenir ? Comment réussir à prendre soin du public au service duquel nous avons choisi de nous placer, mais aussi les uns des autres ? Des questions ont été soulevées, porteuses de discussions autour du soin. Le soin porté aux étudiants : On ne peut pas jouer sur les inégalités, mais :
- sur quoi a-t-on de la marge ?
- quel rôle veut-on tenir ?
- quel rôle doit-on tenir ?
- quel rôle peut-on tenir ? (en terme de liberté institutionnelle mais aussi de protection individuelle pour éviter de se laisser envahir soi-même par les problèmes des autres).
Il est ressorti l’importance de prendre en compte le corps, avec du mobilier et des installations agréables, accessibles, y compris au delà de nos salles de cours, sur tout le campus, en reproduisant si possible des espaces naturels. Dans le même ordre d’idée, les étudiants devraient pouvoir choisir leurs conditions d’apprentissage. Egalement, l’idée d’une entraide intergénérationnelle a été évoquée.Le soin porté à soi-même :
- Si on est empathique : comment fait-on pour ne pas se laisser envahir par les émotions négatives ou l’anxiété ?
- Comment est-on formé sur cet aspect ?
- Quel espace avons-nous pour prendre soin de nous ?
- Ne serait-ce que pour prendre en charge agréablement le service public ?
Le soin porté aux collègues :Encourager une économie des contenus, pour privilégier la médiation plutôt que la simple diffusion de l’information.– Rompre avec l’hyperconnexion : proposition d’un « semestre déconnecté » pour expérimenter des formes d’apprentissage sans numérique.– Privilégier le présentiel en mobilisant le corps pour favoriser l’ancrage cognitif (ex. « les étudiants pédalent pendant les formations ») · Infrastructures et supports – Stockage des données en local, avec un désherbage numérique automatique des documents. – Développement d’un « score numérique » (comme le nutriscore) pour mesurer l’impact écologique des formations (en présentiel et distanciel). – Encouragement des licences libres et du libre accès aux publications universitaires. – Développement de services mutualisés pour le réemploi du matériel (FabLab, recycleries). · Rôle du bibliothécaire-formateur – Évolution vers un rôle plus intégré au sein des universités, avec des compétences pluridisciplinaires et une implication dans la définition des valeurs et des objectifs pédagogiques. – Sensibilisation des publics à l’impact écologique des usages numériques et accompagnement vers des pratiques plus responsables. Cette réflexion collective met en évidence un appel à plus de sobriété, d’éthique et de convivialité. Il s’agit d’envisager un usage des technologies de manière raisonnée et adaptée aux besoins réels, en plaçant l’humain au centre de nos pratiques. Une interrogation soulevée lors de la restitution orale : C’est surprenant que la perspective « optimiste » soit de continuer comme on fait. Que faut-il comme élément déclencheur ?
La technologie et nous
Les participants se sont intéressés aux enjeux d’une approche sobre et raisonnée des technologies dans nos pratiques professionnelles et pédagogiques. L’atelier a mis en lumière plusieurs axes : · Mutualisation et technologies libres : adoption de logiciels libres, développement de supports mutualisés et ouverts, et orientation vers des solutions low-tech favorisant l’accessibilité et la pérennité. · Humanité et présentiel : malgré les avancées du numérique, la nécessité du contact humain est primordiale. La formation et l’accompagnement en présentiel restent essentiels pour créer du lien et soutenir les apprentissages. · Sobriété numérique et infrastructures responsables : les bibliothèques du futur devront s’intégrer dans des bâtiments écoconçus, avec des serveurs mutualisés servant au chauffage, et une gestion responsable des ressources énergétiques et des matières premières. · Obsolescence programmée et réparabilité : mise en place d’ateliers de réparation et de recyclerie, favorisant l’auto-réparation et la prolongation de la durée de vie des équipements numériques. · Éthique et régulation de l’IA : l’IA sera incontournable, mais l’enjeu sera de transmettre aux étudiants la capacité de s’en détacher et de développer leur esprit critique face à ses usages. Pratiques et solutions envisagées Usages et pratiques pédagogiques– Réintégrer les outils analogiques (tableau-craie, ardoises) pour certaines formations méthodologiques.– Favoriser la co-construction et la solidarité entre collègues et étudiants.–
IktsuarpokMot inuktitut qui décrit l'impatience qui pousse à aller regarder dehors lorsqu'on attend quelqu'un qui est sur le point d'arriver.
Quelles compétences pour les formateurices ?
Désemparés par les évènements : la décroissance subie coupe les jambes des formateurs, déprime et peu de perspectives se dessinent dans un premier temps :
- augmentation des températures,
- des inégalités sociales en général et plus encore dans l’éducation (privatisation de l’enseignement, universités à 2 vitesses),
- changement des étudiants et du public (notation des bibliothécaires par les étudiants),
- changement des conditions pratiques d’exercice (coupures électriques, rationnement des serveurs informatiques qui tourneront la nuit),
- cadre hiérarchique et vertical orienté vers la rentabilité (suradministration, mobilité constante, peu de contacts humains) …
Après la déprime, le sursaut : comment à s’organiser autour des besoins très primaires des étudiants ? Est-ce que les compétences informationnelles font partie des besoins de base ? Quelles sont les dynamiques sur lesquelles on peut agir ? Ne faudrait-il pas se concentrer sur des choses qui sont utiles aux étudiantes ?Développer chez les formateurs des compétences de résistance à « agir dans le système » : se passer des paywalls ou contourner les blocages des éditeurs, s’organiser en réseau, produire sa propre documentation, produire et transmettre un savoir autre que les connaissances académiques transmises par les enseignants.Les bibliothécaires pourraient former à autre chose que les compétences académiques : aller rechercher dans des "environnements gris", faire des formations secrètes et former secrètement notamment ceux qui n’ont pas accès à l’éducation dans un contexte d’université payante et très sélective.