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1.1 Comprendre les CdP

Annie Chaloux

Created on June 9, 2025

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Transcript

« UNFCCC logo » par UNclimatechange, CC BY 2.0

Volet 1

Capsule 1 - Comprendre les CdP

Explorer l’histoire, les mécanismes institutionnels et les dynamiques politiques des Conférences des Parties (CdP) à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) afin de mieux comprendre leur rôle dans la gouvernance climatique et adopter une posture éclairée au sein du processus.

Cliquez pour amorcer la capsule

Commencer

OBJECTIFS PÉDAGOGIQUES DE LA CAPSULE

Comprendre l’origine historique des CdP et leur rôle dans l’évolution du régime climatique international.
Découvrir comment se prennent les décisions, qui y participe et comment s’organisent les négociations.
Saisir les CdP comme un processus vivant et continu où se construisent les décisions et dynamiques de l’action climatique mondiale.

Aperçu des activités d’apprentissage de la capsule

Apprenez, pratiquez et appliquez de nouvelles connaissance grâce à ces activités complémentaires
Ressources internes
Exercices pratiques
Ressources externes

Accédez à des contenus essentiels pour situer les CdP dans l’histoire du climat.Explorez des vidéos, frises, accords majeurs et ressources pour aller plus loin.

Mettez en pratique vos apprentissages grâce à des exercices interactifs qui vous aident à tester et à renforcer vos compétences.

Familiarisez-vous avec les notions de base liées aux CdP, explorez leur origine et comprenez comment elles encadrent les négociations climatiques internationales.

Équipe

Team

L’équipe de recherche et de conception pédagogique derrière cette capsule

Annie Chaloux Professeure agrégée à l’Université de Sherbrooke, Directrice du Climatoscope 360

Mathilde Germain Étudiante à la Maîtrise en environnement, type recherche, Auxiliaire de recherche

Elisabeth Fournier Professionnelle de recherche, Titulaire d’une maîtrise en environnement, cheminement politique appliquée

Claude Bruderlein Directeur, Centre de formation Frontline Associates

Cet icone vous permet de naviguer facilement entre les sections et d’explorer la capsule à votre rythme.

Révéler une astuce de navigation

TABLE DES MATIÈRES

01

Contexte historique

Moments clés du régime climatique international

02

03

Le fonctionnement des CdP

La table des matières qui suit présente les principaux éléments de cette capsule. Celle-ci vous guidera pas à pas pour mieux comprendre l’histoire, le fonctionnement et les dynamiques des Conférences des Parties, et situer leur rôle au cœur de la gouvernance climatique internationale.

04

Le climat en négociation permanente

05

Les retombées multiples d’une CdP

1. Genèse du régime climatique international

Le régime climatique international s’est bâti progressivement, des premiers signaux scientifiques à la création de la CCNUCC. Cette chronologie illustre comment le climat est devenu un enjeu politique mondial.
Cliquez sur les différentes étapes pour explorer leur rôle et leur importance dans la genèse du régime climatique.

1970 & 1980 — Premiers signaux d’alerte

Les scientifiques commencent à observer des perturbations climatiques inhabituelles.

1990 — 1er rapport du GIEC

Les changements climatiques sont reconnus comme globaux, avec une influence humaine probable.

1992 — Rio et la CCNUCC

154 pays signent la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

1995 - 1re Conférence des Parties (CdP1)

La CdP1 se tient à Berlin en 1995 et lance officiellement les négociations climatiques internationales sous la CCNUCC.

2. Moments clés du régime climatique international

Depuis 1992, certaines CdP ont marqué des tournants décisifs dans les négociations climatiques. Ces moments-clés permettent de mieux comprendre l’évolution et les enjeux du régime climatique international.

Cliquez sur les différentes CdP marquantes pour en apprendre plus sur leur rôle et leur impact dans l’histoire du régime climatique.

Adoption du Protocole de Kyoto

CdP3 - 1997

CdP15 - 2009

Échec politique et crise de confiance
Entrée en vigueur du protocole de Kyoto

CdP11 - 2005

2. Moments-clés du régime climatique international (suite)

Cliquez sur les différentes CdP marquantes pour en apprendre plus sur leur rôle et leur impact dans l’histoire du régime climatique.

CdP28- 2023 CdP29 - 2024

CdP21 - 2015

Adoption de l'Accord de Paris et changement de régime
Bilan mondial et financements

CdP26 - 2021

Avancées politiques et limites structurelles

Cliquez pour explorer la ligne du temps interactive de la CCNUCC

Solution

ACTIVITÉ

Testez vos connaissances : Les grands accords issus du régime climatique Associez chaque moment-clé des négociations climatiques à l’accord ou texte qui en est issu.

CdP3

Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC)

CdP15

Nouvel Objectif Collectif Quantifié (NCQG)

Sommet de la Terre – Rio

Accord de Copenhague

CdP26

Fonds pour les pertes et préjudices

Mention de la sortie des énergies fossiles

CdP21

Protocole de Kyoto

CdP28

Accord de Paris

CdP29

3. La Fonctionnement des CdP

Derrière les discours et les images officielles, les CdP sont des arènes diplomatiques complexes et structurées.Dans cette section, nous présenterons les éléments essentiels pour comprendre comment s’y joue l’action climatique : leur architecture institutionnelle, la place des différents acteurs qui les composent, le rôle stratégique de la présidence, ainsi que l’organisation des espaces.

Les organes de décision – La structure du régime climatique

Cliquez sur le bouton animation pour explorer le rôle des organes de décision dans les CdP

CdP

CMP & CMA

SBI

SBSTA

C'est l’organe suprême de la CCNUCC. Elle réunit tous les États parties pour prendre des décisions globales sur le régime climatique.

La CCNUCC a donné naissance à deux grands accords distincts, doté de leur propre organe de supervision : • Le CMP (Conférence des Parties siégeant en tant que réunion des Parties au Protocole de Kyoto) • Le CMA (Conférence des Parties siégeant en tant que réunion des Parties à l’Accord de Paris)

Organe subsidiaire chargé de fournir des avis scientifiques et technologiques

Organe subsidiaire de mise en œuvre

+info

+info

+info

Où se passent les CdP ?

Cliquez sur les pastilles ci-dessous pour explorer la Zone bleue et la Zone verte : deux espaces aux rôles bien distincts lors des CdP.

Zone verte

Zone bleue

Explorez ici différentes configurations de la Zone bleue et de la Zone verte

Le rôle de la présidence

Un rôle décisif dans l’issue des CdP

« COP29 Presser_Inger_NAY-6 » par UNEP, CC BY-NC-SA 2.0

Président de la COP29, Mukhtar Babayev

Cliquez sur l'audio pour explorer le rôle de la Présidence dans une CdP

Les acteurs du régime climatique

Cliquez sur les icônes pour explorer le rôle de chaque acteur dans les négociations climatiques

Organisations internationales

Parties

Ce sont les acteurs centraux du processus : ils négocient et adoptent les décisions officielles.

Elles n'ont pas de pouvoir décisionnel, mais apportent expertise, données et appui technique aux négociations.

Société civile

Secteur privé

Divisée en 9 circonscriptions, les organisations de la société civile ne prennent pas part aux décisions, mais jouent un rôle crucial d’expertise, de plaidoyer ou de surveillance.

Acteurs influent dans les solutions techniques et financières, ils cherche à faire entendre ses intérêts et innovations.

4. Le climat en négociation permanente

Cliquez sur l'audio pour démarrer les explications

  • Les décisions sont préparées et négociées en amont durant l’année
  • Négociations dans des formats discrets :
    • Intersessions à Bonn, ateliers techniques, dialogues politiques
  • SBSTA et SBI mènent les travaux sur les nouveaux programmes
  • Les chantiers s’ajoutent à un agenda déjà dense
Un processus continu entre les COP
  • Décidé à la COP27, adopté formellement à la COP28
  • 1 an de discussions pour finaliser le texte
  • Encore en négociation : modalités, accès, financement
Un exemple concret : le Fonds pertes & préjudices
Les CdP : moment-clé du processus climatique
  • Constituent le sommet politique du régime climatique
  • Seul cadre où les décisions peuvent être officiellement adoptées
  • Requiert un consensus entre Parties pour faire avancer le régime
« Team Rwanda at COP29 - UN Climate Change Conference - Baku, Azerbaijan » par Ministry of Environment - Rwanda, CC BY-ND 2.0

Cliquez pour voir un résumé

Une année dans le régime climatique

Novembre-Décembre

C’est le sommet de l’année, où se conclut (ou se prolonge) le travail entamé des mois auparavant.

CdP : Adoption des décisions, évaluation des progrès, engagements

Juin-Novembre

Cette phase vise à débloquer les négociations et aligner les ambitions politiques avant la CdP.

Travail technique et négociations en vue de la CdP

Mai-Juin

Un moment charnière pour identifier les points de convergence et de friction.

Intersessions (Bonn) : Discussions techniques entre organes subsidiaires (SBI/SBSTA)

Cliquez sur les boutons pour en savoir plus

Cliquez sur l'audio pour démarrer les explications

Janvier-mai

Les délégations amorcent les consultations techniques et politiques en vue de la prochaine CdP.

Travail préparatoire

5. LES Retombées multiples d’une CdP

Texte de décision
Mobilisation financière

Une CdP produit des retombées variées. Certaines sont directes et officielles, d’autres plus indirectes, mais toutes marquent le cours des négociations et leurs suites.

Dynamique hors négociation
Visibilité médiatique & plaidoyer

Cliquez sur les boutons pour les découvrir.

Pour conclure la capsule, cliquez sur la pastille ci-dessous pour révéler le message de fin

Fin de la capsule

partenaires du projet

Projet de vulgarisation scientifique et de mobilisation des connaissances en français qui met en valeur les recherches sur les changements climatiques.

Centre de formation spécialisé en négociation collaborative et en gestion de conflits, utilisant des approches innovantes appuyées par l’IA.

Université reconnue pour son engagement envers l’innovation, le développement durable et la formation pratique.

Lien

Lien

Lien

Les acteurs des cdp

Les Parties

Consultez la ressource ci-dessous pour visualiser les coalitions de négociation et leur complexité.

Survolez les icônes pour explorer les 4 dimensions clés du rôle des Parties dans les négociations climatiques.

Qui sont-elles ?

Comment décident-elles ?

Quels défis ?

Coalitions de négociation

Les retombés des cdp
Dynamique hors négociations
  • Les CdP déclenchent une dynamique parallèle d’engagements volontaires.
  • Initiatives d’acteurs voulant aller plus vite ou plus loin que les négociations officielles.

Cliquez sur l'audio pour démarrarer les explications

  • Poids politique et médiatique fort.
  • Ils servent à expérimenter des solutions, créer une dynamique entre acteurs, et influencer les négociations officielles.

1970 & 1980 — Premiers signaux d’alerte

À partir des années 1970, la question environnementale entre dans l’agenda international. Les premières conférences et alertes scientifiques posent les bases d’une coopération mondiale, bientôt renforcée par la création du GIEC en 1988, qui ancre la diplomatie climatique dans un savoir partagé.

Cliquez sur l'audio pour demarrer les explications

1988 Création du GIEC : le climat devient affaire d’expert et de diplomatie.

1979 Genève : première alerte mondiale sur le climat.

1987 Montréal : succès du protocole contre les CFC.

1972Stockholm : l’environnement entre dans l’arène diplomatique.

Vous avez maintenant les clés pour comprendre l’origine, la structure et les dynamiques des CdP. Cette base vous permettra d’analyser plus facilement les négociations climatiques et de situer leur rôle dans la gouvernance internationale du climat.

Les retombés des cdp

Textes de décisions

  • Résultat attendu : négociés ligne par ligne puis adoptés par consensus, les textes de décisions sont la production centrale des CdP.
  • Statut juridique : les textes de décisions ce ne sont pas des traités, mais des décisions collectives qui interprètent et précisent la mise en œuvre des accords existants (CCNUCC, Kyoto, Paris). Celles-ci peuvent fixer des règles ou procédures obligatoires.
  • Fonctions :
    • Réaffirmer des orientations politiques (ex. objectif 1,5 °C),
    • Établir des règles techniques (ex. marchés carbone),
    • Ouvrir la voie à de nouveaux enjeux (ex. pertes et préjudices).

Cliquez sur l'audio pour démarrarer les explications

  • Ambivalence : les textes de décisions traduisent ce que les États acceptent collectivement… tout en laissant apparaître leurs lignes de fracture.
Les retombés des cdp

Mobilisation financière

Les CdP sont des moments clés pour mobiliser des financements climatiques, surtout en faveur des pays en développement. Elles permettent d’annoncer des contributions, de lancer ou de renforcer des fonds existants.

Exemple récent

Une ambition… souvent en décalage

Les annonces financières font régulièrement la une, mais :

  • Leur mise en œuvre est lente
  • Leur efficacité reste discutée
  • La confiance Nord–Sud en dépend fortement.

À la CdP28 (2023), le lancement officiel du Fonds pour pertes et préjudices a créé un fort élan financier, avec plus de 661,39 M$ annoncés.Mais la dynamique s’est essoufflée : la CdP29 n’a mobilisé que 58,61 M$ supplémentaires, portant les contributions annoncées à 788,80 M$ mi-2025.

1995 — CdP1

Décisions majeures

  • Adoption du Mandat de Berlin, qui reconnaît que les engagements de la CCNUCC — contraignants sur les moyens mais non sur des réductions chiffrées d’émissions — sont insuffisants.
  • Lancement d’un processus visant à négocier de nouveaux engagements contraignants de réduction des émissions pour les pays industrialisés.
  • Les pays en développement sont exemptés de ces nouvelles obligations, conformément au principe de responsabilités communes mais différenciées.

Contexte

  • Première Conférence des Parties (CdP) de la CCNUCC, trois ans après son adoption à Rio (1992).
  • Objectif : mettre en œuvre la Convention et poser les bases de négociations futures.

les acteurs des cdp

La société civile

BINGO – Business and Industry Non-Governmental Organizations → Regroupe les acteurs du secteur privé et des associations industrielles. ENGO – Environmental Non-Governmental Organizations → Organisations environnementales et écologistes. Farmers – Farmers Organizations → Associations agricoles et représentants du monde rural. IPO – Indigenous Peoples Organizations → Organisations représentant les peuples autochtones. LGMA – Local Governments and Municipal Authorities → Gouvernements locaux, villes et municipalités.
RINGO – Research and Independent Non-Governmental Organizations → Universités, centres de recherche et instituts indépendants. TUNGO – Trade Union Non-Governmental Organizations → Syndicats et organisations de travailleuses et travailleurs. Women and Gender – Women and Gender Constituency → Organisations féministes et de défense des droits des femmes et minorités de genre. YOUNGO – Youth Non-Governmental Organizations → Organisations de jeunes et réseaux étudiants mobilisés pour le climat.

Des groupes non étatiques, organisés en neuf circonscriptions, participent au processus climatique en tant qu’observateurs officiels de la CCNUCC. Devenus un maillon essentiel des négociations, ces acteurs apportent expertise, mobilisation et diversité de perspectives au sein des CdP.

Leur rôles

  • Relayer les points de vue de la société civile
  • Proposer des recommandations aux Parties
  • Surveiller l’ambition et l’équité des textes
  • Mobiliser sur des enjeux sous-représentés (justice climatique, genre, jeunesse…)

Une influence croissante mais inégale : accès limité à certains espaces, déséquilibres entre circonscriptions, inégalités de ressources.

Cliquez sur l'audio pour démarrer les explications sur la société civile comme acteurs des CdP

Cliquez pour afficher les 9 circonscriptions

1992 — Rio et la CCNUCC

Le Sommet de la Terre de Rio de 1992 marque une étape fondatrice de l’éco-politique internationale en consacrant l’environnement comme un enjeu central de la coopération mondiale. Il permet notamment l’adoption de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), aux côtés de la Convention sur la diversité biologique (CDB). La Convention sur la lutte contre la désertification (CLD) sera adoptée en 1994, dans la continuité des engagements pris à Rio. Ensemble, ces instruments forment les « trois conventions de Rio ». La CCNUCC reconnaît officiellement les changements climatiques comme un problème global nécessitant une réponse collective. Elle fixe pour objectif la stabilisation des concentrations de gaz à effet de serre à un niveau qui empêche toute perturbation dangereuse du système climatique. Elle introduit le principe des responsabilités communes mais différenciées, fondé à la fois sur la responsabilité historique des États en matière d’émissions et sur leurs capacités respectives d’action face aux changements climatiques. La Convention institue également les Conférences des Parties (CdP), des réunions annuelles où les États coordonnent et négocient les réponses internationales à la crise climatique.

Pour approfondir sur la CCNUCC, consultez cette ressource

Le SBSTA – Sciences et techniques

Le SBSTA sert de pont entre la science et la politique climatique. Il traite :

  • Des données scientifiques, en s’appuyant sur les rapports du GIEC
  • De la technologie (transfert, coopération, innovation)
  • Des méthodologies de suivi des émissions, des puits de carbone et des marchés carbone
  • De la coopération en matière d’adaptation et de recherche
Son rôle est d’informer les décisions politiques avec une base technique solide, rigoureuse et à jour.

Cliquez sur le bouton audio pour écouter les explications

CMP & CMA

En parallèle de la CdP, deux conférences supervisent les traités climatiques :

  • CMP (Kyoto) : depuis 2005, mais marginal aujourd’hui.
  • CMA (Accord de Paris) : actif depuis 2016, désormais central.
Seuls les États ayant ratifié chaque traité y participent. Chaque organe adopte ses propres décisions, parfois conjointes mais pas nécessairement.

Cliquez sur l’icône audio pour écouter l’explication.

1990 — 1er Rapport du GIEC

  • Créé en 1988, le GIEC évalue et synthétise les connaissances scientifiques existantes ; il ne produit pas de recherche originale.
  • Dans son premier rapport (1990), le GIEC conclut que l’augmentation des concentrations de gaz à effet de serre d’origine humaine est susceptible de renforcer l’effet de serre, tout en soulignant les incertitudes scientifiques encore présentes.
  • Ce rapport constitue la base scientifique de la création de la CCNUCC (1992).

Envie d’approfondir? Visionnez cette vidéo explicative sur le rôle du GIEC.

Dubaï, CdP28

Bakou, CdP29

Charm el-Cheikh, CdP27

Les retombés des cdp

Visibililté médiatique & plaidoyer

Chaque CdP devient, pendant deux semaines, le centre de l’attention médiatique mondiale sur le climat. Ce contexte offre une occasion unique, non seulement pour les acteurs non étatiques, mais aussi pour les gouvernements, de faire entendre leur voix et d’influencer l’agenda international.

Ce que les CdP rendent possible :

  • Mobilisation et plaidoyer : manifestations, performances ou prises de parole stratégiques, tant dans la zone verte (espace de la société civile) que dans la zone bleue (espace officiel des négociations). Ces initiatives peuvent émaner aussi bien d’organisations citoyennes que de délégations gouvernementales.
  • Couverture médiatique mondiale : des centaines de journalistes et des milliers de contenus produits chaque jour amplifient les messages et les positions défendues.

À noter : le niveau de liberté civile du pays hôte influence la capacité des acteurs (qu’ils soient issus de la société civile ou représentants d’États) à se mobiliser, à interpeller et à rendre leurs messages visibles.

CdP 15 - Échec politique et crise de confiance

Attendue comme le moment d’un grand basculement post-Kyoto, cette CdP déçoit : pas d’accord multilatéral, mais un virage stratégique vers les engagements volontaires.

Écoutez l’explication audio de la CdP15

Ce qu’il faut retenir :

  • Reconnaît officiellement l’objectif des 2 °C
  • Lance le Fonds vert pour le climat
  • Pas d’accord juridiquement contraignant
  • Désaccords profonds Nord/Sud
  • Pose les bases de l’approche par contributions volontaires
  • Prépare le terrain pour l’Accord de Paris (2015)

Pour en savoir plus sur la CdP15 et l’Accord de Copenhague, consultez cet article.

Les acteurs des Cdp

Les organisations internationales

Les organisations internationales jouent un rôle central dans les CdP. Plus de 30 entités onusiennes travaillent sur le climat, témoignant de l’importance transversale de cet enjeu. Leur présence permet de partager expertises, données et recommandations, sans participer directement aux négociations. Actrices influentes mais non décisionnelles, elles apportent un soutien technique, scientifique ou financier. Leur action renforce la crédibilité du processus et fait le lien entre acteurs étatiques et non étatiques.

Avancées politiques et limites structurelles

La COP26 devait traduire les promesses de Paris en actions concrètes. Elle a permis des avancées majeures : l’adoption des règles de mise en œuvre de l’Accord de Paris (Rulebook), la reconnaissance du besoin d’agir sur les pertes et préjudices, et un engagement inédit sur la sortie progressive du charbon. Glasgow a réitéré la nécessité de visé un monde à 1,5 °C, mais sans garantie sur les moyens pour l’atteindre.

Visionnez cette vidéo pour comprendre les progrès et les limites qui ont marqué cette CdP.

Cycle annuel de négociation

Négociations techniques

  • 2 semaines en mai/juin
  • Sessions SBI et SBSTA
  • Rendez-vous important pour le bon déroulement de la CdP à venir
  • 2 semaines en novembre/décembre
  • Point culminant du cycle annuel des négociations climatiques, où les décisions officielles sont adoptées

Intersessions, Bonn

  • Hors CdP et intersessions, des événements techniques sont organisés toute l’année pour approfondir certains enjeux, favoriser les échanges et préparer le terrain aux futures décisions
  • ex: Dialgues de Glasgow, Programme de travail sur l’objectif mondial d’adaptation

CdP

Le SBI – Mise en œuvre

Le SBI a pour mission de suivre l’application concrète des décisions prises dans le cadre de la CdP, CMP et CMA Il examine :

  • Les rapports nationaux des États (transparence, efforts de réduction, besoins)
  • Les questions budgétaires et administratives
  • Le renforcement des capacités, notamment pour les pays en développement
  • Les mécanismes de transparence et de financement climatique
Son objectif est d’assurer que les engagements pris se traduisent en actions concrètes, mesurables et suivies.

Cliquez sur le bouton audio pour écouter les explications

Adoption du Protocole de Kyoto

Adopté en 1997, le Protocole de Kyoto est le premier accord international juridiquement contraignant visant la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Il impose aux pays industrialisés des objectifs chiffrés — environ 5 % en moyenne sur la période 2008-2012 par rapport à 1990. Pour atteindre ces objectifs, les pays industrialisés ont mis en œuvre des politiques de réduction des émissions sur leur propre territoire, complétées par des mécanismes de flexibilité — tels que les mécanismes de développement propre (MDP), la mise en œuvre conjointe et l’échange de quotas — conçus comme des outils complémentaires.

Pour approfondir votre compréhension du Protocole de Kyoto, consultez la vidéo suivante.

Limites du Protocole : L’absence d’objectifs contraignants pour les grands pays émergents fortement émetteurs, combinée au retrait de certains États, dont les États-Unis, a alimenté des tensions et limité la portée du Protocole. Malgré ces limites, Kyoto marque une étape historique en instaurant pour la première fois un régime international contraignant de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Entrée en vigueur du Protocole de Kyoto

La CdP 11 est la première depuis l’entrée en vigueur du Protocole de Kyoto (février 2005). Elle adopte le Plan d’action de Montréal, qui ouvre deux chantiers:

  • La seconde période d’engagement du Protocole (post-2012).
  • Un nouveau processus de dialogue pour associer aussi les pays en développement et les États-Unis, en dehors de Kyoto.
Cette CdP marque un tournant : elle consolide le régime de Kyoto tout en amorçant une réflexion plus large et plus inclusive sur l’avenir des négociations climatiques.

Vers la CdP30

COP29 - Bakou (2024)
COP28 – Dubaï (2023)
  • Accord sur un nouvel objectif collectif de financement climatique de 300 milliards USD par an d’ici 2035.
  • Objectif pensé pour dépasser les 100 milliards USD, en élargissant les sources de financement au-delà des seuls fonds publics.
  • Des désaccords persistent sur la répartition des efforts et la prévisibilité des financements.
  • Le suivi des décisions clés de la COP28, notamment sur la transition hors des fossiles, est reporté à la COP30.
  • Premier bilan mondial de l’Accord de Paris, évaluant les progrès collectifs.
  • Bilan destiné à orienter le troisième cycle de CDN et le rehaussement de l’ambition.
  • Première mention de la transition hors des énergies fossiles dans une décision officielle.
  • Lancement opérationnel du fonds pour les pertes et préjudices, destiné à soutenir les pays les plus vulnérables.

La COP28 marque une inflexion politique. Le bilan mondial est censé orienter le troisième cycle de CDN, mais la mise en œuvre concrète de cette ambition reste en suspens.

La COP29 précise le cadre financier, sans encore garantir la crédibilité de sa mise en œuvre.

Écoutez cet audio pour explorer les conclusions de la CdP28

Pour approfondir les conclusion de la CdP29, consultez cette ressource

Écoutez cet audio pour explorer les conclusions de la CdP29

Pour approfondir les conclusion de la CdP28, consultez cette ressource

Adoption de l'Accord de Paris (AdP) et nouveau régime climatique

Cliquez ici pour débuter les explication sur l'adoption de l'AdP

  • Adopté en 2015, l’AdP marque une rupture : il remplace les objectifs fixés «top-down» (Kyoto) par une logique de contributions volontaires («bottom-up»).
  • L'AdP « sera appliqué conformément à l’équité et au principe des responsabilités communes mais différenciées et des capacités respectives, eu égard aux différentes situations nationales.

Un mécanisme d’ambition dynamique

  • Les pays soumettent des CDN (contributions déterminées au niveau national), révisées tous les 5 ans, sans régression possible.
  • Pas de sanctions, mais un cycle de transparence (art. 13) et un bilan mondial (Global Stocktake) tous les cinq ans.
  • Fonctionnement souple et universel qui repose sur la volonté politique des États

Cliquez pour poursuivre

Une gouvernance ouverte et inclusive

  • Reconnaît le rôle des acteurs non étatiques (ONG, villes, entreprises…) dans l’action climatique.
  • Encourage la coopération volontaire entre Parties (ex. : mécanismes de marché, article 6).
  • Instaure une normativité souple, qui évolue par accumulation de décisions et d’engagements successifs.

Un régime coopératif… mais sous tension

  • Repose sur la confiance mutuelle et l’incitation à faire mieux, pas sur la coercition.
  • L’absence de contrainte légale directe rend l’accord fort politiquement mais fragile juridiquement.
  • La mise en œuvre dépend fortement du soutien aux pays du Sud (financements, technologies, renforcement des capacités).

Cliquez pour poursuivre

Cliquez ici pour débuter les explication sur la gouvernance de l'AdP

Cliquez ici pour débuter les explication sur les objectifs de l'AdP

Cliquez ici pour débuter les explication sur le mécanisme d'ambition dynamique

Cliquez ici pour débuter les explication sur le régime coopératif de l'AdP

Cliquez pour poursuivre

Trois objectifs indissociables

  1. Limiter le réchauffement «bien en dessous de 2°C», avec un effort vers 1,5°C.
  2. Renforcer l’adaptation aux changements climatiques.
  3. Aligner les financements publics et privés sur la transition bas carbone.

Consultez l'Accord de Paris ici

Les acteurs des Cdp

Le secteur privé

Le secteur privé occupe une place de plus en plus visible dans les CdP. Ses contributions sont importantes : financements, innovations technologiques, expertise sectorielle et capacité à transformer rapidement les chaînes de valeur. Son engagement peut donner de la crédibilité aux trajectoires climatiques et accélérer la mise en œuvre des décisions prises par les États. Ce rôle demeure toutefois ambivalent : certaines entreprises soutiennent activement la transition, tandis que d’autres privilégient encore leurs intérêts fossiles ou recourent à des stratégies de communication discutables (par exemple par l'écoblanchimment). Le lobbying n’est pas problématique en soi lorsqu’il est transparent et constructif, mais il peut le devenir lorsqu’il sert des intérêts contraires aux objectifs du régime climatique. Enfin, la prédominance des grandes multinationales, souvent au détriment d’acteurs plus modestes, soulève d’importants enjeux d’équité.