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Faire face à la répression et à la déportation

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Faire face à la répression et à la déportation

Les juifs dans les Landes

Les rafles dans les Landes

La rafle du 11 janvier 1944

La rafle du 21 Avril 1944

Le durcissement de la répression allemande

L'opération contre le maquis des Glières
L'opération Korporal
Le massacre d'Ascq

Quelle est la date de la grande rafle dans la région de Gabarret ?

Introduire la date (jour mois année)

Le bilan minimum de la rafle du 21 avril 1944 peut s'établir ainsi : - les personnes assassinées : Chimène Pierre, Chimène Maurice, Heymann Joseph à Gabarret, Téchené Louis, Troisième à Saint-Gor, Arrocena à Roquefort, soit cinq personnes.- les personnes disparues, certainement assassinées : Famille Ullmo dont un enfant de trois ans, et leur ami Monsieur Rein Benoît, en tout cinq personnes. - les personnes déportées et décédées en Allemagne : Bourriot-Bergonce : sept personnes - Saint-Justin : trois personnes - Gabarret : six personnes - Allons : deux personnes - Saint-Gor : quatre personnes, soit au total 22 personnes.- les personnes déportées non décédées en Allemagne : Bourriot-Bergonce : quatre personnes - Saint-Justin : six personnes - Gabarret : huit personnes (dont Gabriel Cantal) - Houeillès : une personne - Roquefort : trois personnes, soit au total 25 personnes .- les incendies volontaires : A Bourriot-Bergonce : château de Monsieur Laillet ; à Gabarret : immeuble des époux Morice ; à Allons : trois fermes et une maison, au total 6 incendies.

Les enfants juifs de moins de quinze ans arrêtés sont dans un premier temps soit placés chez des particuliers (un voisin souvent), soit envoyés dans une institution (l'hôpital Lesbazeilles à Mont- de-Marsan). Mais fin juillet 1942, les Allemands, suite à l’insistance des autorités françaises, qui ne veulent pas s’encombrer de ces enfants, désormais orphelins, donnent finalement leur accord pour que les enfants soient déportés. On commence par les plus âgés (13 à 15 ans, puis, à partir du 13 août, 2 à 12 ans) : ils suivent ou rejoignent leurs parents à Mérignac, antichambre de Drancy et d’Auschwitz.

Le bilan est terrible : 86 morts, 11 blessés, 75 veuves et 127 orphelins. Dénoncés, les résistants d'Ascq auteurs du sabotage sont arrêtés quelques semaines plus tard, jugés par un tribunal allemand et exécutés au fort de Seclin le 7 juin 1944.Au lendemain du massacre, les autorités allemandes expliqueront que des coups de feu ont été tirés en direction de leur train, et invoqueront cette raison pour légitimer leur riposte. Les travailleurs de la région, quant à eux, sont mis au courant malgré la censure allemande : ils se mettent en grève et viennent apporter leur soutien à la population meurtrie du village. A Lille, on recense 60 000 grévistes, ce qui représente l’une des plus importantes mobilisations françaises de la Seconde guerre. Les funérailles, le 5 avril, attire une foule considérable.

A partir de l’attaque de l’URSS en juin 1941, les actes de sabotage et les attentats contre des officiers allemands effectués par des communistes entraînent un durcissement de la politique de répression. Près de 500 condamnations à mort sont prononcées par les tribunaux militaires entre août 1941 et mai 1942 et trois quarts sont exécutées. En décembre 1941, Hitler promulgue le décret Nacht und Nebel (Nuit et Brouillard) : il permet la déportation en Allemagne des personnes représentant « un danger pour la sécurité de l'armée allemande” et de les faire disparaître dans un secret absolu. De plus, les Allemands s’engagent dans des mesures de représailles collectives, en procédant à des exécutions d’otages à la suite du premier attentat meurtrier au métro Barbès (le 21 août 1941, l’aspirant Moser est tué par le communiste Pierre Georges alias “colonel Fabien”). Les exécutions se succèdent de semaine en semaine au Mont-Valérien en région parisienne. En représailles aux assassinats les 20 et 21 octobre 1941 du Feldkommandant de Nantes et d’un conseiller d'administration militaire de Bordeaux, 48 otages sont exécutés à Châteaubriant, à Nantes et au Mont Valérien, puis 50 au camp de Souge, près de Bordeaux. Entre septembre 1941 et octobre 1943, ce sont 735 personnes qui sont exécutées comme otages par le commandement militaire allemand de Paris.

Trois jours après la rafle, le 24 avril 1944, à la suite d’une dénonciation, les Allemands se rendent à Herré afin de saisir le contenu du parachutage réalisé dans la nuit du 10 au 11 février 1944 et caché dans la bergerie de la métairie “Aux Marchands”. Une fois les containers chargés, le camion va repartir lorsque deux jeunes hommes, Jean et Antoine Arzu, réfractaires au STO et cachés à Herré, arrivent à proximité. Repérés, ils sont interpellés par les feldgendarmes qui tirent une rafale dans leur direction lorsqu’ils tentent de s’échapper. Ils sont arrêtés près de la bergerie “Aux Marchands”, munis de faux-papiers au nom de Dupuy (fournis par le secrétaire de mairie à Saint-Justin Pierre Pigeonneau). Leur frère Vincent a été arrêté lors de la rafle du 21 avril à Gabarret, interné à Bordeaux et évadé fin avril lors d’une corvée au Fort du Hâ. Jean (21 ans) et Antoine (23 ans) sont conduits d’abord à Pau, puis à Toulouse, Compiègne et déportés à Neuengamme. Ils rentreront de déportation mais mourront des suites de leur internement.

Les 14, 15 et 16 juillet 1942, 10 Juifs apatrides ou étrangers sont arrêtés dans l’arrondissement de Dax par la Gendarmerie et la Police Municipale. Ils sont conduits à la prison de Dax pour être transférés à Mérignac le 17, avec une dizaine de Juifs qui étaient détenus à la maison d’arrêt de Mont-de-Marsan pour franchissement de la ligne de démarcation.

A partir de fin juillet-début août, les Allemands transfèrent de plus en plus aux Français la « gestion » des arrestations, détentions, transports, etc. Les tentatives de franchissement de la ligne s’intensifient après la Rafle du Vél’ d’Hiv’, dans la deuxième quinzaine de juillet et pendant tout le mois d’août. Le 7 août 1942, plus de 40 Juifs sont arrêtés dans les Landes.

Le bilan des arrestations de Juifs dans les Landes s’établit à 522 (c’est un chiffre minimum), entre septembre 1940 et avril 1944, dont 351 en Zone Occupée et 171 en Zone Non Occupée. La majorité correspond à des arrestations pour tentative de franchissement de la ligne de démarcation, puis ce sont les victimes de rafles (46 en zone occupée, 31 en zone non occupée), les infractions diverses comme défauts de documents d’identité, défaut de port de l’étoile, ou sortie après le couvre-feu. Ceux de la Zone Occupée sont regroupés dans les prisons de Dax, Bayonne, Mont-de-Marsan, voire Orthez, puis transférés au camp de Mérignac-Beaudésert, et ensuite à Drancy, avant leur déportation. Ceux de la Zone Non Occupée sont envoyés au camp de Gurs puis également à Drancy. Plus de 200 des Juifs arrêtés, dont une trentaine d’enfants, ont été déportés sans retour vers les centres de mise à mort, pour la très grande majorité Auschwitz-Birkenau. Au total, 76 000 Juifs dont environ 11 400 enfants ont été déportés depuis la France. Seuls 2 500 ont survécu.

Les Glières sont un plateau de Haute Savoie à 1400 m d’altitude. Homologué en tant que futur terrain de parachutages alliés, Henri Romans-Petit, chef de l’Armée secrète en Haute- Savoie, décide d’y établir un maquis à l’hiver 1944 et en confie le commandement au lieutenant Tom Morel. L’objectif est de constituer une équipe permanente et de servir de base et de repli pour les autres camps menacés par la répression. En effet, la Haute-Savoie a été mise en état de siège par Vichy : plus de 2500 hommes des forces de l'ordre, GMR (Groupes mobiles de réserve), gendarmes et surtout 800 franc-gardes miliciens venus renforcer les locaux doivent mater la Résistance en Haute-Savoie.Des groupes de l’AS, deux unités FTP, mais aussi 56 combattants républicains espagnols montent aux Glières. En mars 1944, on y compte 465 hommes, issus pour la première fois d’organisations différentes, soit la plus forte concentration de maquisards de cette période. Les Glières préfigurent ainsi, dès le mois de mars, ce que sera l'union des forces de la Résistance dans le cadre des Forces françaises de l'intérieur. Sur le plateau, la vie s’organise : entraînement militaire, lever des couleurs, travaux quotidiens, ravitaillement.

Tous les détenus sont ensuite transférés au camp de Mérignac fin avril/début mai, puis au camp de Compiègne. 168 civils sont déportés vers le camp de concentration de Neuengamme. Les 152 hommes des Chantiers de Jeunesse, considérés comme réfractaires du S.T.O (dont Albert Cantal, fils de Gabriel) sont envoyés vers des camps de travail dans la région de Weser-Ems (Brême) ou des usines en Tchécoslovaquie. Quelques-uns sont dirigés vers les chantiers de l’Organisation Todt dans le Sud-Ouest. Quelques évasions sont réussies lors du périple à travers la France (un peu plus d’une dizaine).Sur les 136 Landais déportés à Neuengamme, seuls 46 sont rentrés, parmi eux Gabriel Cantal. Le 26 mai, il est transféré au camp de Compiègne, puis déporté par le convoi du 4 juin 1944 (une tentative d’évasion échoue) au camp de concentration de Neuengamme, aux kommandos de Schandelah, puis de Wobbelin. Il est rapatrié le 27 avril 1945, rentré le 28 juin et hospitalisé à Mont-de-Marsan car très diminué physiquement.

De 1940 au 1er juin 1942, la répression est du ressort exclusif du commandement militaire allemand. Pendant la première année d’occupation, les Allemands utilisent des tribunaux militaires qui prononcent les premières peines de mort pour des actes encore rares et isolés (sabotages) contre la puissance occupante. De juin 1940 à la fin juillet 1941, un peu plus de 160 peines de mort sont prononcées par ces tribunaux militaires et un quart sont exécutées. Presque une centaine de détenus jugés sont déportés pour purger leur peine dans une prison du Reich.

Dans la nuit du 1er au 2 avril 1944, les SS du bataillon blindé de reconnaissance de la 12e SS-Panzer-Division « Hitlerjugend » quittent Bruxelles à destination de la Normandie. Le premier convoi de la « Hitlerjugend », dont les plus jeunes soldats se sont engagés à l’âge de dix-sept ans, s’est intercalé entre l’express Bruxelles-Lille et un train de marchandises, visé par un acte de sabotage préparé par des cheminots- résistants du « groupe d’Ascq » (commune à 7 km à l’est de Lille), du mouvement Voix du Nord. Les explosifs posés sur l’aiguillage, près du passage à niveau, ne font que légèrement dérailler la locomotive et les deux premiers wagons seulement chargés de matériel militaire.

Le 20 décembre 1943 (jour où Joseph Darnand est nommé Secrétaire général au Maintien de l’Ordre, ce qui marque encore plus la dérive collaborationniste du Gouvernement de Vichy), la Sipo-SD de Bordeaux demande au préfet de la Gironde la liste des Juifs du département, y compris les Français. Dans les Landes, le 6 janvier 1944, le recensement des Juifs est mis à jour, on ne compte alors plus que 30 Juifs, tous de nationalité française, presque tous réfugiés alsaciens depuis le début de la guerre.Le 10 janvier, à 13 h 30, la Sipo-SD de Bordeaux ordonne à l’Intendant de police Duchon de procéder à l’arrestation de tous les Juifs, y compris de nationalité française, et sans considération d’âge. Laval et Darnand donnent pour consigne d’obéir aux Allemands. Ainsi le 11 janvier 1944, neuf personnes sont arrêtées dans les Landes, à Mont-de-Marsan, Pomarez, Hossegor, Capbreton, ou Mimizan

Suite à des attentats à Paris (exécution de deux officiers allemands), les Nazis ordonnent des opérations de représailles : il est prévu de déporter 2000 hommes juifs étrangers de 16 à 65 ans. Le 23 février 1943, une rafle se déroule en Zone non occupée : Aire-sur-l’Adour, Lussagnet, Geaune, Gabarret, Villeneuve-de-Marsan, etc. 25 hommes sont arrêtés dans les Groupements de Travailleurs Etrangers. Ils sont internés à Gurs avec 1700 autres et transférés les 26 février et 2 mars à Drancy. Il s’agit de Michel Augenlicht, Jacob Cechman, Alfred Elias, Mendel Fajgeles, Maurice Fiszer, Toivi Flaischer, Bruno Frucht, Wolf Fuks, Chiya Gdanski, Abraham Gerbacz (Aire sur l’Adour), Chil Grubsztajn, Mendel Herskovits, Marcus Kohn, Mendel Korcarz, Chaïm Kronengold, Joseph Lachter, Lyon Lenczner, Liber Muszynski, Lajb Myzskowski, Josef Sztajnberg, Alter Szychter, Abraham Szymanowicz, Albert et Georges Tennenbaum (commerçant à Mont-de-Marsan avant la guerre), Moszek Wolf.

Plus de 2000 hommes sont arrêtés lors de la rafle du 21 avril 1944, tant dans les ex-Chantiers de la Jeunesse et Groupements Forestiers que parmi les civils. Vers 17h, depuis Gabarret, par St-Justin et Roquefort, les prisonniers landais, dont Gabriel Cantal, sont transférés à Bazas. Les civils sont séparés du personnel des Chantiers de Jeunesse, et sont internés dans des baraquements ou au stade, passant la nuit à la belle étoile. Le 22 avril dès 8h a lieu un interrogatoire sommaire et un premier tri : une partie des hommes sont libérés en fin d’après-midi (les « civils » âgés de plus de 50 ans, une bonne partie des ouvriers des Papeteries de Roquefort). Les autres (un peu plus de 1.100) sont transférés à Bordeaux dans la nuit et au petit matin du 23 avril. La plupart sont internés à la Caserne Boudet, un peu plus de 230 à la synagogue, enfin une cinquantaine (les plus suspectés et surveillés) au Fort du Hâ. A la date du 8 mai, il reste 290 prisonniers : 181 à la Caserne Boudet (dont 76 étrangers), 55 à la synagogue (dont 17 étrangers), 54 au Fort du Hâ

Cette opération, au nom de code "Unternehem Wildfand" (Entreprise Sauvage), est minutieusement préparée à partir de Bordeaux par la police avec l'aide de l'armée allemande. Est mobilisée l’AOK1 de la Wehrmacht du colonel Mowitz, soit 16 compagnies (2 000 hommes) provenant de Mont-de-Marsan (197e Régiment de Sécurité) et Bordeaux (régiment de la 159e Division d’Infanterie). On trouve aussi la feldgendarmerie, la Waffen-SS (2ème SS-Panzer-Division « Das Reich » qui s’illustrera quelques semaines plus tard à Oradour-sur-Glane) avec le général SS Heinz Lammerding, et la KDS (SiPo-SD, service de sécurité de la SS) avec Dohse. Il y a également des Français de la S. A. P (Section des Affaires Politiques du commissaire Poinsot), la Hauskapelle (corps d’auxiliaires français créé par Dohse), le Groupe Besson-Rapp (des Français en uniforme allemand du « Corps des volontaires », milice créée par Gärtner et financée par l’armée allemande) et des membres des G.M.R (Groupes Mobiles de Réserve, police de Vichy). Sept groupes sont ainsi constitués, pour un total de peut-être 3.000 hommes, voire 4 ou 5.000

Vers 6 heures, ce sont les Papeteries de Roquefort qui sont investies par environ 200 soldats Allemands : 200 à 300 hommes y sont arrêtés. Vers 7h, les Allemands investissent et pillent les cantonnements du Groupement Forestier des Landes n° 4 et des Organes Liquidateurs des Chantiers de la Jeunesse à Gabarret. Le personnel et les jeunes y sont arrêtés, auxquels les Allemands joignent tous les hommes valides de 18 à 60 ans. Gabriel Cantal tente de s’enfuir, mais il est arrêté à quelques centaines de mètres du bourg par une sentinelle, avec son fils Albert, 17 ans. Il a tout juste le temps de se débarrasser de messages compromettants dissimulés dans sa montre à gousset. Ils sont internés, avec une centaine d’autres hommes de Gabarret, dans le Camp de jeunesse de ce village. Il charge des camarades d’aller se débarrasser discrètement dans les WC du revolver qu’il a gardé sur lui.

Le 7 février, à Evosges, quatre hommes soupçonnés d’aider les maquis sont froidement abattus. Alors qu’un peu moins d’une dizaine de fermes préalablement pillées sont en feu, le maire est lui aussi exécuté. A Aranc, trois personnes sont également tuées, douze autres sont déportées et maisons et fermes sont réduites en cendres. A Corlier, cinq Résistants et deux jeunes d’un village voisin sont assassinés, huit fermes incendiées. A Montgriffon, un milicien loge une balle dans la tête du maire délégué, reconnu comme Résistant. Le 8 février, le Camp du Pré Carré est attaqué par l’aviation. Dans un élan de panique, les maquisards se réfugient dans le bois voisin.

Le 10 février, Nantua est elle aussi cernée. Les Allemands doivent là encore procéder à de nombreuses arrestations, mais les hommes se sachant recherchés, se cachent. Ce sont donc les épouses et les mères qui se voient capturées, otages en attendant que les concernés ne se rendent. A la fin de la journée, plus de 40 personnes sont arrêtées dont six gendarmes. Trente d’entre eux seront déportés. Le 11 février, vingt-sept hommes sont arrêtés et déportés à Oyonnax. A Génissiat, trois ouvriers sont lâchement abattus. L’Opération Korporal se termine le 13 février 1944 avec un lourd bilan : 339 personnes sont arrêtées dont 287 déportées, 40 personnes abattues et une centaine de fermes ou maisons brûlées.

Sous l’occupation, les Landes occupées comptent au maximum 134 Juifs. Le recensement de septembre 1941 montrent que 110 Juifs y vivent, à savoir 75 dans l'arrondissement de Dax (dont 45 Français et 30 étrangers), 35 dans celui de Mont-de-Marsan zone occupée (dont 19 Français et 16 étrangers). Dans la zone non occupée, 63 Juifs français sont recensés (4 à Aire-sur-l'Adour ; 2 à Gabarret ; 4 à Grenade-sur-l'Adour ; 6 à Montgaillard ; 2 à Montsoué ; 1 à Peyre ; 2 à Vielle-Soubiran ; 8 à Labastide d'Armagnac ; 6 à Bourriot- Bergonce ; 24 à Villeneuve-de-Marsan ; 1 au Frèche ; 2 à Geaune ; 1 à Sorbets) ainsi que 21 Juifs étrangers (4 à Parleboscq ; 1 à Vielle Tursan ; 3 à Saint Loubouer ; 4 à Villeneuve de Marsan ; 6 à Eugénie-les Bains ; 2 à Aire sur Adour).

La nuit suivante, Maurice Anjot ordonne le repli général, ses 465 hommes ne pouvant faire face à l'aviation et aux 2000 à 3000 chasseurs alpins allemands aguerris et bien armés. Les maquisards qui décrochent font l’objet d’une chasse à l’homme. Cent quarante-neuf sont tués, dont Anjot lui-même, une vingtaine de civils sont fusillés ou mourront en déportation. Les survivants se réorganisent et poursuivent la lutte clandestine jusqu'à la Libération.Les Glières, un des premiers maquis à subir la répression de grande ampleur, devient un enjeu de la bataille radiophonique livrée entre la BBC et Radio-Paris. La propagande de Vichy a fait de Glières " un repaire d'apatrides aux mains d'agents de l'étranger ". Maurice Schumann, porte parole de la France libre, déclare le 6 avril sur les ondes de la BBC : "Héros de Glières, morts, martyrs et vivants, vainqueurs de Glières, ...”

Après les manifestations du 11 novembre 1943 qui ont été l’occasion pour les maquisards de défiler en armes dans certaines communes, comme à Oyonnax, l’occupant accentue la répression contre les maquis, en mobilisant des sections de Feldgendarmes et de la SipoSD. Les premières opérations ont lieu en Haute-Savoie (18 maquisards tués le 15 novembre à la ferme de la Besse et du Treuil, en Corrèze, 42 victimes lors de l’attaque du maquis de Malleval, dans le Vercors, le 29 janvier…). À partir de février 1944, la Wehrmacht est engagée dans la lutte contre les maquis. L’ordonnance du 3 février 1944, du maréchal Hugo Sperrle, adjoint du commandant en chef du front de l’Ouest, est un tournant dans le durcissement des représailles : elle donne l’ordre à la troupe de « répliquer tout de suite en ouvrant le feu » en cas d’attaque « terroriste », autorisant ainsi les abus sous couvert de légitime défense. Le 4 mars 1944, un ordre complémentaire de Berlin prescrit que les « francs-tireurs » capturés avec une arme à la main doivent être fusillés et non plus livrés aux tribunaux militaires. Tous ceux qui ne sont pas pris en flagrant délit doivent toujours être condamnés à mort, mais lors de procès expéditifs après lesquels ils doivent être rapidement exécutés. Ces représailles conduisent également à l’arrestation et à la déportation dans le système concentrationnaire de milliers de civils. Les zones qui concentrent les plus gros maquis sont ciblées lors de grandes actions à la fois militaires et policières comme l’opération « Korporal » dans l’Ain en février 1944 ou l’opération contre le plateau des Glières à la fin du mois de mars

Aucun blessé n’est à déplorer parmi les SS, qui vont lancer immédiatement les représailles collectives : une rafle commence à 23 h 15 et dure pendant deux heures, sur les ordres du chef de convoi, le lieutenant Walter Hauck. Quatre commandos sillonnent les rues de part et d’autre du passage à niveau, défoncent les portes, emmènent, dans un premier temps, des hommes et des femmes de tout âge. Beaucoup sont roués de coup, dix hommes sont abattus dans le bourg dont le curé et le vicaire qui tentent de s’interposer. Soixante-dix hommes de quinze à soixante-quinze ans sont amenés, par pelotons successifs, le long de la voie ferrée, abattus à la mitrailleuse et achevés d’une balle dans la tête. Le massacre s’arrête à 1h 15 le matin du 2 avril, dimanche des Rameaux, grâce à l’intervention de la Feldgendarmerie de Lille, 45 hommes du dernier peloton échappent de justesse au massacre.

Le 1er juin 1942, l'autorité sur les services de police allemande est transférée des militaires aux SS qui annoncent l'arrêt des exécutions d'otages. En effet, l'opinion considère les victimes comme des martyrs et non comme des terroristes, ce qui renforce la résistance. C'est pourquoi la Sipo-SD décide de sanctionner par la déportation “de sécurité” dans les camps de concentration en Allemagne, de toute personne suspecte ou coupable d’agissements anti-allemands sans jugement. De janvier 1943 à août 1944, près de 40 000 personnes sont ainsi déportées depuis les camps de Compiègne et de Romainville vers les camps de concentration nazis. Au total plus de 86 000 personnes (dont 10% de femmes) ont été déportées depuis la France pour des motifs de répression.

De 1940 à 1944, 70 Landais ont été fusillés par les Allemands et les exactions allemandes ont fait 28 victimes civiles dans le département. Le nombre de déportés landais est de 739 (686 hommes et 53 femmes), 332 ne sont pas rentrés des camps : 285 résistants (100 non rentrés), 193 Juifs (108 non rentrés), 29 déportés politiques (10 non rentrés), 69 otages et raflés (28 non rentrés) et 163 pour d’autres raisons non déterminées (76 non rentrés).

Fin août, pour atteindre les engagements français envers les Allemands (“accords Bousquet-Oberg"), la police française arrête en 3 jours plus de 7.000 Juifs en Zone non occupée : le 26 août 1942, ce sont ainsi les 6 membres de la famille Neuburger, du grand-père à la petite Myriam (14 ans), qui sont arrêtés à Grenade-sur-l’Adour.

Le lendemain, à l’aube du 5 février 1944, l’Opération Korporal est déclenchée. Plus de 2500 militaires de la Wehrmacht, assistés de la SS et de la Milice Française investissent le département, prêts à en découdre avec les camps du Maquis, préalablement localisés et même infiltrés par la Gestapo. La population locale voit ainsi ses rues, ses routes et carrefours investis par de nombreuses auto-mitrailleuses, de nombreux véhicules, des motos et même des blindés. Dans le ciel, l’aviation allemande veille alors qu’au sol, dissimulées dans leurs tenues blanches et skis équipés aux pieds, les troupes alpines avancent prudemment dans la neige de plus en plus épaisse.

Les villages et les camps sont pris en état de siège. On y cherche des maquisards et on y fait régner la terreur dans les foyers. Dès le premier jour de l’opération, déjà des affrontements éclatent. Sur la route départementale 31, les Allemands et un petit détachement du Camp Michel ouvrent simultanément le feu. Trois jeunes Résistants sont tués. Un peu plus loin, les cinq villages du Canton de Champagne sont envahis : les hommes, tous sans exception, sont rassemblés et emmenés de force à Vireu-le-Grand. Trente seront déportés. Au même moment, les fermes du Fort, du Pray Guy et du Molard, réputées pour être des repaires des Maquisards, sont incendiées. A Brénod, le lendemain matin, le village se réveille complètement bouclé par les autorités armées qui procèdent avec violence aux arrestations et incendient des maisons. Non loin, une vingtaine de Résistants subissent l’assaut de deux cent cinquante Allemands. Dix sont tués. Le soir même, deux femmes et vingt-quatre hommes prennent eux aussi le chemin de la déportation.

Après l’occupation de la zone sud en novembre 1942 et face à la multiplication des actions de la Résistance, les tribunaux militaires intensifient leur répression en condamnant de plus en plus à la peine capitale : de janvier 1943 à août 1944, plus de 1 700 personnes sont fusillées. À la fin de l’année 1943, lorsque la Résistance devient un phénomène de masse, les autorités allemandes radicalisent leur politique : elles adoptent une stratégie de guerre contre la Résistance et la répression touche l'ensemble de la population. Aux déportations massives s’ajoutent des jugements expéditifs et des « opérations de nettoyage » menées par les militaires et les policiers contre les maquis et les zones réputées « infestées par les bandes terroristes ». Ces expéditions s’accompagnent d’exactions nombreuses contre les populations civiles. Les Allemands s’appuient de plus en plus sur les Français, qui développent leurs propres organes, comme les brigades spéciales des Renseignements généraux ou les Groupes mobiles de réserve (GMR, très actifs face aux maquis), et surtout, à partir de janvier 1943, la Milice.

La journée du 20 avril 1944, les habitants de la région remarquent qu’ils sont survolés en permanence par un avion d’observation. Dans la nuit du 20 au 21 avril 1944, des habitants sont réveillés et intrigués par le passage de nombreux convois allemands. Le 21 vers 2h du matin, une colonne allemande motorisée passe à l’action. Toutes les routes sont surveillées, toutes les entreprises importantes comme les papeteries de Roquefort, les Chantiers de la jeunesse en cours de liquidation, les Groupements forestiers nouvellement formés, les communes censées cacher des « terroristes », sont cernés par les Allemands qui entreprennent un ratissage systématique de la zone. Vers 3h30, les Allemands sont à Lapeyrade à Losse, où ils prennent le contrôle de la cabine téléphonique chez René Barbères. Le téléphone est coupé, toutes les communications sont interrompues. Il y a un Allemand tous les 30 mètres sur la voie ferrée et la route.

Tout ce qui circule sur les routes est appréhendé. Les Chefs et jeunes des Organismes Liquidateurs des Chantiers de Jeunesse arrivés la veille à Casteljaloux afin d’y centraliser et finaliser la liquidation, sont arrêtés et envoyés dans le camp de Bazas. Les civils, français ou étrangers, hommes pour la plupart, âgés de 18 à 50 ans des communes de Roquefort, Saint-Gor, Saint-Justin, Gabarret, Captieux, Houeillès, Casteljaloux, sont raflés.

Les arrestations ont aussi lieu à St-Justin (où la ferme de M. Garbay est pillée et incendiée), Vielle-Soubiran, Bourriot , St-Gor, Lapeyrade, Estampon, Herré, Labastide-d’Armagnac, Captieux, où un jeune de 17 ans qui tente de s’enfuir est abattu, Casteljaloux, Houeillès. Le 22 avril, les arrestations se poursuivent à St-Michel-de-Castelnau, Maillas-Plaisance, Bergonce, Lubbon, Estigarde, Gabarret, St-Justin. A Bourriot-Bergonce, 72 hommes sont regroupés à la mairie. La famille Ullmo et leur ami Benoît Rein, des réfugiés alsaciens juifs, sont détenus à l’école. Ils sont exécutés.

L'occupant allemand entreprend une opération d'envergure pour nettoyer le secteur des Landes, compris entre Casteljaloux, Captieux, Roquefort, Saint Justin, Gabarret et Houeillès. Ils suspectent que là se cachent des réfractaires au STO (dans les grandes entreprises forestières et les Chantiers de jeunesse), des travailleurs étrangers espagnols communistes en situation irrégulière et de nombreux terroristes dans les maquis qui reçoivent des parachutages d'armes d'Angleterre. La raison officiellement invoquée pour cette intervention est la recherche d'un groupe de 31 déserteurs bien armés (des Alsaciens-Lorrains incorporés dans les SS) qui se cacheraient dans les Chantiers de jeunesse.

Gabriel Cantal est d’abord interné à la Caserne Boudet. Mis au secret, il est à plusieurs reprises durement interrogé par des policiers français de la SAP. Vers le 20 mai, il est transféré au Bouscat, siège de la Gestapo, pour 3 jours d’interrogatoire et de torture. Il est ensuite interné à la prison du Fort du Hâ à Bordeaux. Gabriel Cantal a connu les pires services dans les locaux de la Gestapo bordelaise mais il ne fera aucun aveu. Voici sa déclaration le 4 juin 1948, au juge d’instruction de Bordeaux : « J’ai été conduit en voiture dans les locaux de la Gestapo au Bouscat. Il m’a été demandé ce que je savais de la résistance locale. Ils m’ont violemment frappé à coups de poing et de pied et m’ont heurté la tête contre les murs. Ils m’ont fait mettre la tête contre le mur et m’ont frappé à coups de nerfs de bœuf en me posant toujours les mêmes questions. J’ai été frappé de la sorte pendant un quart d’heure. Ensuite, j’ai été porté dans une pièce dans laquelle se trouvait une baignoire au-dessus de laquelle, pendue au plafond, était une corde. Tout vêtu, j’ai été plongé plusieurs fois dans la baignoire pleine d’eau. Puis j’ai été enfermé dans cette pièce pendant vingt-quatre heures sans la moindre nourriture à ma disposition, après quoi un des policiers m’a fait mettre la tête contre le mur et après m’avoir fait ouvrir la bouche, m’a arraché trois dents avec des pinces qu’il avait apportées. Une fois de plus, j’ai été plongé dans la baignoire, tout vêtu, où je suis resté pendant une heure, la tête émergeant hors de l’eau. Ils m’ont abandonné pendant deux heures et sont revenus pour m’arracher, toujours à l’aide des mêmes tenailles, les ongles des orteils des deux pieds. Je me suis évanoui. Lorsque j’ai repris connaissance, un des bourreaux a sorti son revolver et m’en a introduit le canon dans la bouche, me menaçant de me faire sauter la cervelle si je ne parlais pas. »

Attaqués par la Milice et les GMR, les maquisards repoussent ces derniers pendant deux mois. Le 9 mars, les maquisards neutralisent, à Entremonts, les gendarmes du Groupe mobile de réserve (GMR), récupérant leurs armes et faisant 57 prisonniers. Au cours de l’opération, le lieutenant Morel est lâchement abattu par le commandant des GMR, et remplacé par le capitaine Anjot. Les importantes chutes de neige gênent considérablement la réception du grand parachutage du 10 mars, d'autant que les avions allemands bombardent les chalets et suivent les traces des maquisards dans la neige. Le 23 mars, les Allemands et la Milice commencent à cerner le maquis, jusqu'à l'offensive finale déclenchée par l'occupant le 26 mars 1944 (opération Hoch-Savoyen).

Depuis le début de l’année 1943, les maquis de l'Ain ont fait du Valromey et du plateau d'Hauteville le centre du groupement sud que commande Henri Girousse (alias Chabot). Début 1944, de nombreuses forces allemandes se concentrent dans la région, mettant en alerte les maquisards. Le 2 février un important contingent d'Allemands se dirigeant sur la Haute-Savoie par le col de la Rochette se heurte à Ruffieu à un groupe du maquis du Pré Carré qui les oblige à battre en retraite, avec des morts et des blessés. Le 4 février, les obsèques des sept maquisards tués lors des combats sont célébrées à Hotonnes.