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Soleil et chair

Oceane Blanchard

Created on March 24, 2025

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Transcript

— Ô Vénus, ô Déesse ! Je regrette les temps de l’antique jeunesse, Des satyres lascifs, des faunes animaux, Dieux qui mordaient d’amour l’écorce des rameaux Et dans les nénufars baisaient la Nymphe blonde ! Je regrette les temps où la sève du monde, L’eau du fleuve, le sang rose des arbres verts Dans les veines de Pan mettaient un univers ! Où le sol palpitait, vert, sous ses pieds de chèvre ; Où, baisant mollement le clair syrinx, sa lèvre Modulait sous le ciel le grand hymne d’amour ; Où, debout sur la plaine, il entendait autour Répondre à son appel la Nature vivante ; Où les arbres muets, berçant l’oiseau qui chante, La terre berçant l’homme, et tout l’Océan bleu Et tous les animaux aimaient, aimaient en Dieu !

Soleil et chair

Rimbaud

Le Soleil, le foyer de tendresse et de vie, Verse l’amour brûlant à la terre ravie, Et, quand on est couché sur la vallée, on sent Que la terre est nubile et déborde de sang ; Que son immense sein, soulevé par une âme, Est d’amour comme Dieu, de chair comme la femme, Et qu’il renferme, gros de sève et de rayons, Le grand fourmillement de tous les embryons ! Et tout croît, et tout monte !
Je regrette les temps de la grande Cybèle Qu’on disait parcourir, gigantesquement belle, Sur un grand char d’airain, les splendides cités ; Son double sein versait dans les immensités Le pur ruissellement de la vie infinie. L’Homme suçait, heureux, sa mamelle bénie, Comme un petit enfant, jouant sur ses genoux. — Parce qu’il était fort, l’Homme était chaste et doux. Misère ! Maintenant il dit : Je sais les choses, Et va, les yeux fermés et les oreilles closes.
Champ lexical NATURE AMOUR CORPS
Le Soleil, le foyer de tendresse et de vie, Verse l’amour brûlant à la terre ravie, Et, quand on est couché sur la vallée, on sent Que la terre est nubile et déborde de sang ; Que son immense sein, soulevé par une âme, Est d’amour comme Dieu, de chair comme la femme, Et qu’il renferme, gros de sève et de rayons, Le grand fourmillement de tous les embryons ! Et tout croît, et tout monte !
allégorie+personnification
personnification
présent de vérité générale + verbe d'état
alternance rimes masculines et féminines
comparaison
comparaison

I/La fertilité

parallélisme + polysindète

— Ô Vénus, ô Déesse ! Je regrette les temps de l’antique jeunesse, Des satyres lascifs, des faunes animaux, Dieux qui mordaient d’amour l’écorce des rameaux Et dans les nénufars baisaient la Nymphe blonde ! Je regrette les temps où la sève du monde, L’eau du fleuve, le sang rose des arbres verts Dans les veines de Pan mettaient un univers ! Où le sol palpitait, vert, sous ses pieds de chèvre ; Où, baisant mollement le clair syrinx, sa lèvre Modulait sous le ciel le grand hymne d’amour ; Où, debout sur la plaine, il entendait autour Répondre à son appel la Nature vivante ; Où les arbres muets, berçant l’oiseau qui chante, La terre berçant l’homme, et tout l’Océan bleu Et tous les animaux aimaient, aimaient en Dieu !

Champ lexical AMOUR COULEUR NATURE
o vocatif
anaphore
lieu
imparfait
métonymie
sens du goût
CC lieu

II/La nostalgie de l’Antiquité

= flûte
propositions plus longues avec des points virgules à la fin de 3 vers
répétition
Je regrette les temps de la grande Cybèle Qu’on disait parcourir, gigantesquement belle, Sur un grand char d’airain, les splendides cités ; Son double sein versait dans les immensités Le pur ruissellement de la vie infinie. L’Homme suçait, heureux, sa mamelle bénie, Comme un petit enfant, jouant sur ses genoux. — Parce qu’il était fort, l’Homme était chaste et doux. Misère ! Maintenant il dit : Je sais les choses, Et va, les yeux fermés et les oreilles closes.
déesse, mére des dieux
pronom indéfini

III/Critique de la modernité de l’époque

périphrase = lait
comparaison
= pureté, innocence
lien logique de cause-conséquence
BASCULEMENT
mot déictique (=désigne le lieu)
exclamation + interjection
pantonyme
présent
phrases courtes désagréables
double négation lexicale

Réecriture

-Ô Hécate, ô Déesse ! Je regrette les temps du Titan Persès, Quand l'ombre et la flamme aux cieux s'enlaçaient Des héros antiques sous les yeux s'étraignaient Et dans le désordre et le bruit, Le pur sentiment d'une vie partie ! Je regrette les temps où le royaume des morts, Lieu souterrain, de crânes blancs et de sang gore ! Dans les veines d'Hadès mettaient un enfer ! Où le sol tremblant, noir, sous les pieds de cerbère ; Où, touchant la tranchante lame Vanatha, Pouvait frapper d'une grande puissance à bas ; Où, debout sur son siège de l'oubli Retient les vivants qui dessus ce sont assis ; Où les âmes muettes, berçant l'esprit fatale, L'enfer berçant la douleur, et tout le mal Et toutes les consciences détestaient, détestaient en Dieu !
Lune et âme
La Lune, le foyer de pénombre et de nuit, Verse de doux rêves à la terre endormie, Et, quand on est couché sur notre lit, on sent Que le matelas est moelleux, satisfaisant; Et que là-haut, la grande dame Séléné, Est d'éclat comme discret, de silence comme secret, Et qu'elle renferme, gros de rêves et de songes, Un grand sommeil dans lequel elle nous plonge ! Et tout ronfle, et tout dort !
Je regrette les temps du grand Chaos Qu'on disait être, de tout là-haut, Le premier Dieu, d'une profondeur béante ; Créant le monde de manière persistante Et le pur ruissellement de la mort infinie. L'Homme petit, peureux, inquiet d'esprit, Comme un petit craintif, pleurait à ses pieds. - Parce qu'il était lâche, l'Homme était faible et niais. Misère ! Maintenant il dit : J'appréhende les choses, Et meurt, le coeur fermé et l'âme morose.