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La ballade des pendus
Lena Asselineau
Created on March 22, 2025
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Transcript
La ballade des pendus, François Villon
La ballade des pendus
Pastiche : La ballade des brûlés
Analyse linéaire
La ballade des pendus, François Villon
Frères humains, qui après nous vivez, N’ayez les cœurs contre nous endurcis, Car, si pitié de nous pauvres avez, Dieu en aura plus tôt de vous merci. Vous nous voyez si attachés, cinq, six : Quant à la chair, que trop avons nourrie, Elle est piéça dévorée et pourrie, Et nous, les os, devenons cendre et poudre. De notre mal personne ne s’en rie ; Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre ! Si frères vous clamons, pas n’en devez Avoir dédain, quoique fûmes occis Par justice. Toutefois, vous savez Que tous hommes n’ont pas bon sens rassis. Excusez-nous, puisque sommes transis, Envers le fils de la Vierge Marie, Que sa grâce pour nous ne soit tarie, Nous préservant de l’infernale foudre. Nous sommes morts, âme ne nous harie, Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !
La pluie nous a débués et lavés, Et le soleil desséchés et noircis. Pies, corbeaux nous ont les yeux cavés, Et arraché la barbe et les sourcils. Jamais nul temps nous ne sommes assis Puis ça, puis là, comme le vent varie, A son plaisir sans cesser nous charrie, Plus becquetés d’oiseaux que dés à coudre. Ne soyez donc de notre confrérie ; Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre ! Prince Jésus, qui sur tous a maistrie, Garde qu’Enfer n’ait de nous seigneurie : A lui n’ayons que faire ni que soudre. Hommes, ici n’a point de moquerie ; Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !
Analyse linéaire
- Frères humains, qui après nous vivez,
- N’ayez les cœurs contre nous endurcis,
- Car, si pitié de nous pauvres avez,
- Dieu en aura plus tôt de vous merci.
- Vous nous voyez si attachés, cinq, six :
- Quant à la chair, que trop avons nourrie,
- Elle est piéça dévorée et pourrie,
- Et nous, les os, devenons cendre et poudre.
- De notre mal personne ne s’en rie ;
- Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !
- Si frères vous clamons, pas n’en devez
- Avoir dédain, quoique fûmes occis
- Par justice. Toutefois, vous savez
- Que tous hommes n’ont pas bon sens rassis.
- Excusez-nous, puisque sommes transis,
- Envers le fils de la Vierge Marie,
- Que sa grâce pour nous ne soit tarie,
- Nous préservant de l’infernale foudre.
- Nous sommes morts, âme ne nous harie,
- Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !
- La pluie nous a débués et lavés,
- Et le soleil desséchés et noircis.
- Pies, corbeaux nous ont les yeux cavés,
- Et arraché la barbe et les sourcils.
- Jamais nul temps nous ne sommes assis
- Puis ça, puis là, comme le vent varie,
- A son plaisir sans cesser nous charrie,
- Plus becquetés d’oiseaux que dés à coudre.
- Ne soyez donc de notre confrérie ;
- Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !
- Prince Jésus, qui sur tous a maistrie,
- Garde qu’Enfer n’ait de nous seigneurie :
- A lui n’ayons que faire ni que soudre.
- Hommes, ici n’a point de moquerie ;
- Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !
Pastiche
Frères humains qui après nous vivez, N’ayez les cœurs contre nous trop roussis, Car si pitié de nous pauvres avez, Dieu en aura plus tôt de vous merci. Vous nous voyez si calcinés cinq, six : Quant à la chair que trop avons nourrie, Elle est piéça consumée et brunie, Et nous, les os, devenons cendre et poudre De notre mal personne ne s’en rie : Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre ! Si frères vous clamons, pas n’en devez Avoir dédain, quoique fûmes occis Par justice. Toutefois, vous savez Que tous hommes n’ont pas bon sens rassis. Excusez-nous puisque sommes transis, Envers le fils de la Vierge Marie Que sa grâce ne soit pour nous tarie, Nous préservant de l’angoissante foudre. Nous sommes cendres, âme ne nous harie, Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !
Les flammes nous ont cramés, carbonisés, Et le vent balayés et semés. Pies, corbeaux nous ont les restes glanés, Feu, incendié la barbe et les sourcils. Jamais nul temps nous ne sommes assis Puis ça, puis là, comme la braise varie, A son plaisir sans cesser nous rôtis Plus becquetés d’oiseaux que dés à coudre Ne soyez donc de notre confrérie : Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre ! Prince Jésus qui sur tout a maistrie, Gardez qu’Enfer n’ait de nous seigneurie : A lui n’avons que faire ni que soudre. Hommes, ici n’a point de moquerie ; Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !