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Pavie

Mélanie Marty

Created on March 20, 2025

Le 24 février 1525, les plaines de Pavie furent le théâtre d’une bataille décisive, un événement qui marqua durablement l’histoire de la Renaissance et bouleversa l’équilibre des puissances en Europe.

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25 février 1525

La bataille de Pavie

©KHM-Museumsverband

Giovanni Bernardi da Castelbolognose, Sceptre en cristal de roche avec la représentation de la bataille de Pavie

Le 24 février 1525, les plaines de Pavie furent le théâtre d’une bataille décisive, un événement qui marqua durablement l’histoire de la Renaissance et bouleversa l’équilibre des puissances en Europe. Pour célébrer le 500ᵉ anniversaire de cet affrontement, le musée national de la Renaissance propose une publication numérique qui invite à revisiter cet épisode fondateur sous un angle à la fois stratégique, politique et humain. Articulée en trois grandes parties, cette publication offre une exploration approfondie des enjeux qui ont conduit à cette confrontation, du déroulement de la bataille elle-même et des répercussions sur le royaume de France, notamment sur sa politique extérieure et sa diplomatie. Fil rouge de cette analyse, la figure d’Anne de Montmorency, maréchal de France et acteur notable de cet épisode, éclaire chaque étape de cette histoire tumultueuse. Par son rôle dans la préparation, l'exécution et les suites de la bataille, Montmorency incarne les ambitions, les défis et les revers d’une époque où l’honneur et la stratégie militaire se mêlaient intimement aux jeux diplomatiques. Le lecteur y trouvera aussi une galerie de portraits qui viendra compléter cette plongée historique, mettant en lumière les protagonistes majeurs de cette bataille : François Ier, Charles Quint et bien d’autres figures dont les choix et les actions ont façonné l’issue de cet affrontement et ses conséquences.

©Bibliothèque nationale de France

Jörg Breu (attribué à), La Bataille de Pavie, 1525

Sommaire

Contexte et enjeux pour la couronne de France

Galerie des portraits

Description de la bataille

Bibliographies

Conséquences de la défaite sur la diplomatie française

Lexique

Les guerres d'Italie

Contexte et enjeux pour la couronne de France

Les guerres d’Italie (1494-1559)
Origines et motivations

À la fin du XVe siècle, la monarchie française sort renforcée de la Guerre de Cent Ans, mais elle doit encore affirmer sa prééminence en Europe. Les campagnes italiennes offrent l’opportunité de démontrer la puissance militaire française et d’imposer la royauté française comme un acteur central dans le jeu des alliances et des rivalités européennes. Les ambitions françaises en Italie ne se limitent pas aux gains territoriaux. Elles s’inscrivent également dans une volonté d’intégration culturelle et d’influence intellectuelle. L’Italie, berceau de la Renaissance, héritière de la Rome antique, fascine les souverains français, qui voient dans cette conquête une manière d’absorber et de s’approprier l’héritage artistique et scientifique de la péninsule. La cour de François Ier, grand mécène et admirateur des arts, reflète cette aspiration à incarner l’idéal de la Renaissance. Le déclenchement des guerres d’Italie coïncide avec l’ascension de la maison des Habsbourg, qui constitue une menace directe pour la France. Dans ce contexte, les guerres d’Italie apparaissent comme un théâtre où se joue l’avenir des équilibres de pouvoir sur le continent. Pour la couronne de France, elles incarnent une ambition de domination, et aussi une nécessité stratégique face à une concurrence implacable. La bataille de Pavie, point culminant de cette rivalité, illustre à la fois les espoirs et les limites de cette entreprise.

© GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Mathieu Rabeau

Entrée de serrure aux armes de France, XVIe siècle

Les guerres d’Italie (1494-1559)
Principaux antagonistes

Parmi les états italiens, les principaux acteurs sont Milan, Florence, Venise, Ferrare, Mantoue et les États pontificaux. Ces entités, bien que prospères économiquement et culturellement, sont politiquement divisées, cela en fait des cibles et des alliés convoités par les grandes puissances et transforme l’Italie en véritable champ de bataille. Milan est l’enjeu central de la bataille de Pavie. Passée sous contrôle français après la bataille de Marignan en 1515, le duché reste un territoire disputé par les Sforza soutenus par Charles Quint. Venise et Florence, opulentes cités-états, cherchent à préserver leur indépendance et leurs intérêts commerciaux. Leurs positions prudentes oscillent entre les camps français et impériaux au gré de leurs intérêts et d’alliances opportunistes. Enfin, les États pontificaux, dirigés par le pape Clément VII, cherchent avant tout à préserver l’équilibre des puissances en Italie provoquant également des revirements d’alliance.

Gouverné par un seul et même souverain à partir de 1519, Charles Quint, le royaume d’Espagne et le Saint-Empire romain germanique voient leur intérêt converger vers les territoires italiens. Pour la couronne espagnole, il s’agit de consolider son influence sur la Méditerranée, de conserver la mainmise sur le royaume de Naples et de contrer les ambitions françaises. Pour la vaste entité qu’est le Saint-Empire romain germanique, il est surtout question de conserver les cités-états d’Italie du Nord dans sa sphère d’influence. Ainsi le duché de Milan est-il gouverné par Francesco Maria Sforza depuis sa reconquête dans les années 1521-1522 par les forces impériales. Sur le plan militaire, Espagnols comme Impériaux disposent de forces d’infanteries – fantassins espagnols et lansquenets – bien entrainées, bien équipées et épaulées par une solide artillerie. Sur le plan économique, les deux puissances peuvent s’appuyer sur des grandes cités allemandes comme Augsbourg ou Nuremberg ou encore sur les richesses en provenance des Amériques pour financer l’effort de guerre.

©Rijksmuseum

©Rijksmuseum

Les cités-états italiennes

Les terres de Charles Quint

Milan, Venise, Florence, Etats pontificaux

Royaume d'Espagne et Saint-Empire

Les guerres d’Italie (1494-1559)
Revendications françaises sur le duché de Milan et le royaume de Naples

L’héritage des Visconti et des Sforza sur Milan, ainsi que celui des Anjou sur Naples, fournit aux souverains français un argument légitime pour revendiquer ces territoires. Le roi de France Louis XI (1423-1483) avait déjà tenté d’exercer une influence sur Milan par le mariage de son frère Charles de France avec une princesse Sforza. Mais c'est sous Louis XII (1498-1515) que la France revendique officiellement le duché de Milan. En tant que petit-fils de Valentine Visconti, fille de Gian Galeazzo Visconti, Louis XII considère Milan comme un fief légitime de la couronne de France. Par le mariage de François Ier, également descendant de Valentine Visconti, avec Claude de France, fille de Louis XII et d'Anne de Bretagne, ces droits dynastiques sont consolidés et intégrés dans la politique expansionniste du roi. La couronne de France revendique également le royaume de Naples, cette fois par l’héritage de la maison d’Anjou. Dès le XIIIᵉ siècle, Charles d’Anjou, frère de Saint Louis, conquiert Naples et fonde une dynastie qui règne sur le sud de l’Italie. Cependant, au XIVᵉ siècle, une rivalité éclate entre la branche angevine et la couronne d’Aragon, aboutissant à la perte progressive du royaume au profit des Espagnols. Louis XII et François Ier estiment néanmoins que la France détient toujours des droits légitimes sur Naples, notamment par l’héritage de la maison d’Anjou transmis à Claude de France. François Ier comprend que la reconquête de Naples ne pourra se faire qu’en reprenant d’abord Milan. Naples reste un objectif lointain mais stratégique, et les alliances conclues avec divers États italiens visent, en arrière-plan, à maintenir cette revendication vivante.

Les guerres d’Italie (1494-1559)
Importance stratégique et économique de l'Italie

À la Renaissance, la péninsule constitue un carrefour commercial et un centre financier d’une importance capitale. Son contrôle permet non seulement d’accéder à d’importantes richesses, mais aussi d’influer sur les dynamiques de pouvoir en Europe. L’Italie est située au cœur de la Méditerranée, elle est une zone de transit essentielle entre l’Europe occidentale, l’Empire ottoman et les routes commerciales asiatiques. Au XVIe, les principales routes marchandes relient l’Orient et l’Occident via les ports de Gênes, Venise et Naples. Le contrôle de l’Italie signifie donc la maîtrise des axes commerciaux qui assurent l’approvisionnement en épices, textiles précieux, or et argent. La finance et les banques sont deux autres piliers de la richesse italienne. Florence et Milan sont des centres bancaires majeurs. La famille des Médicis à Florence et les banquiers génois financent de nombreuses monarchies européennes, y compris les campagnes militaires des rois de France et des empereurs Habsbourg. Le dynamisme économique de la péninsule en fait un territoire indispensable pour qui veut contrôler les flux financiers et commerciaux de l’Europe. Posséder Milan ou Naples, c’est s’assurer une place prépondérante dans l’économie continentale. Enfin, l’Italie n’est pas seulement convoitée pour sa richesse matérielle ; elle est aussi le berceau de la Renaissance, un mouvement qui influence toute l’Europe par ses avancées artistiques, scientifiques et philosophiques. Dominer l’Italie, c’est aussi s’approprier cet héritage culturel et affirmer un prestige symbolique face aux autres puissances européennes. François Ier, par exemple, cherche à importer la culture italienne en France, attirant à sa cour des artistes tels que Léonard de Vinci et initiant la construction de châteaux basés sur le modèle des vestiges de la Rome antique.

Les guerres d’Italie (1494-1559)
Rivalité entre François Ier et Charles Quint

La rivalité entre François Ier et Charles Quint est l’un des affrontements les plus marquants du XVIᵉ siècle. Opposant la monarchie française au puissant empire des Habsbourg, elle façonne les relations européennes pendant plusieurs décennies et atteint son paroxysme avec la bataille de Pavie en 1525. Deux moments clés expliquent cette tension croissante :

  • l’élection impériale de 1519

© GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / René-Gabriel Ojeda

  • l’accroissement spectaculaire de la puissance des Habsbourg qui menace l’équilibre des forces en Europe.

Giovanni Bernardi da Castelbolognese, Allégorie des guerres entre Charles Quint et François Ier

Les guerres d’Italie (1494-1559)
Anne de Montmorency : rôle de conseiller auprès de François Ier

Anne de Montmorency (1493-1567) est l’une des figures majeures du règne de François Ier. D’abord page à la cour, il devient un homme de confiance du roi et un protagoniste essentiel des guerres d’Italie. Son ascension fulgurante au sein de l’armée et de l’entourage royal fait de lui un conseiller influent et un stratège de premier plan. À l’aube de la bataille de Pavie, il joue un rôle essentiel à la fois dans les décisions politiques de François Ier et dans la préparation de la campagne militaire de 1524-1525. Dès le début du règne de François Ier, il est présent lors des grandes campagnes militaires, notamment à Marignan en 1515, où il s’illustre par son courage et son sens tactique. Grâce à cette victoire, il gagne la confiance du roi et devient l’un de ses principaux interlocuteurs sur les affaires militaires et diplomatiques. Montmorency est également un acteur clé dans la diplomatie française. Dans le contexte tendu de la rivalité avec Charles Quint, il participe aux négociations avec l’Angleterre et les États italiens pour assurer des alliances favorables à la France. Il joue un rôle dans l’organisation du Camp du Drap d’Or en 1520. Malgré cet effort diplomatique, la guerre contre Charles Quint reprend en 1521. Montmorency devient alors un élément incontournable de la stratégie française en Italie, travaillant aux côtés du roi, qui l’a nommé maréchal de France, pour élaborer les plans de reconquête du duché de Milan.

© GrandPalaisRmn (Domaine de Chantilly) / René-Gabriel Ojeda

Jean Clouet, Anne de Montmorency, maréchal de France, vers 1525

La bataille de Pavie

Déroulement de la bataille

La bataille de Pavie (24 février 1525)
Situation militaire avant la bataille : le siège de Pavie par François Ier

© BNF

À l’automne 1524, après avoir traversé les Alpes avec une armée imposante, François Ier parvient à reprendre Milan sans combat, perdue trois ans plus tôt au profit des impériaux. Encouragé par ce succès, le roi décide d’assiéger Pavie, ville fortifiée du duché tenue par Antonio de Leyva, un commandant espagnol fidèle à Charles Quint. L’objectif est clair : reprendre le duché de Milan et affirmer la domination française en Italie du Nord. Le siège commence en novembre 1524. L’armée française bombarde la ville avec son artillerie, espérant obtenir une reddition rapide. Cependant, Antonio de Leyva organise une défense efficace, exploitant les remparts et mobilisant ses hommes avec discipline. Malgré des conditions hivernales difficiles, les assiégés tiennent bon, aidés par des renforts intermittents et des sorties nocturnes qui harcèlent les troupes françaises. Durant les mois qui suivent, les ressources françaises s’amenuisent et la lassitude gagne l’armée. Certains officiers, comme Anne de Montmorency, suggèrent de lever le siège pour éviter d’être surpris par une contre-attaque. Mais François Ier, conforté par Guillaume de Bonnivet, confiant dans sa position et dans sa supériorité numérique, choisit de poursuivre l’encerclement de la ville.

Anonyme, La bataille de Pavie (24 et 25 février 1525), 1525

La bataille de Pavie (24 février 1525)
Situation militaire avant la bataille : arrivée des renforts impériaux

Pendant ce temps, Charles Quint ordonne à ses capitaines généraux, le marquis de Pescara, l’ancien connétable de France Charles de Bourbon, et au vice-roi de Naples Charles de Lannoy, de lever une armée de secours pour briser le siège de Pavie. En février 1525, les forces impériales, composées de fantassins espagnols, lansquenets allemands et cavaliers italiens, se regroupent et avancent vers Pavie. Le 23 février 1525, les Impériaux arrivent dans la plaine au nord de la ville. La bataille provoquée par les forces impériales n’est pas une réponse à un risque politique ou militaire immédiat mais la conséquence d’une pénurie financière qui menaçait l’armée impériale. L’impossibilité de payer la solde due aux mercenaires et hommes d’armes avait déjà entrainé de nombreuses défections. Plutôt que de voir l’inaction avoir raison de son armée, le marquis de Pescara décide de l’engagement avec l’espoir de pouvoir payer ses troupes avec le butin fait dans le camp français. Cependant au lieu d’attaquer frontalement, les impériaux adoptent une tactique audacieuse : une attaque surprise au lever du jour. Ils profitent du fait que l’armée française est dispersée autour de Pavie et que ses lignes de communication sont vulnérables.

© Musée national de la Renaissance / Chevalier

Jean Baudouyn d'après Giulio Romano, Fructus belli : la paye des soldats, 1540-1546

La bataille de Pavie (24 février 1525)
Forces en présence : l'armée française, composition et effectifs

L’armée du roi de France n’est pas une armée « nationale » dans le sens où l’on sait que plus d’étrangers que de Français y sont présents. Elle est composite et compte dans ses rangs des régiments des lansquenets allemands enrôlés en dépit des ordres impériaux, ainsi que quelques Espagnols mécontents et enfin et surtout des Suisses combattants à pied ainsi que quelques chevau-légers italiens. Dès le soir de la bataille, l’évaluation des forces en présence a montré de fortes divergences à l’exception notable des pièces d’artillerie. On sait ainsi qu’environ 60 canons étaient présents dans le camp français. Les historiens et les sources divergent toujours quant à la réalité des forces en présence mais l’on peut estimer que François Ier a réuni pour le siège de Pavie environ 20 000 fantassins, 2 000 chevau-légers ainsi qu’une cavalerie lourde de 1 200 lances. Les forces françaises sont installées dans le parc de chasse au nord de la ville entre le château des ducs et la chartreuse clos par un mur de 2,5 mètres. Tandis que l’arrière garde commandée par le duc d’Alençon s’est établie plus à l’ouest en bordure du Tessin, les Suisses, commandés par Floranges, sont installés dans les abbayes plus au sud et l’avant-garde dirigé par Anne de Montmorency occupe les faubourgs.

© Jean-Marie Le Gall / L'honneur perdu de François Ier

Plan du Parc et de la bataille

La bataille de Pavie (24 février 1525)
Forces en présence : l'armée impériale, composition et effectifs

Toute aussi cosmopolite que l’armée française, l’armée impériale compte dans ses rangs les mêmes nationalités quoique dans des proportions différentes. Un consensus évalue les forces impériales en présence à un total de 23 000 hommes. L’infanterie est majoritairement composée par les unités de tercios espagnols, environ 6 000 hommes, et par des lansquenets allemands, environ 12 000 hommes. L’armée impériale a moins de 20 pièces d’artillerie à sa disposition. Le reste est réparti entre les différents types de cavalerie. Enfin, il ne faut pas oublier les quelques milliers d’hommes qui composent la garnison de Pavie, mise en ordre d’attaque et qui fera une sortie.

Graphique représentant les principales forces armées (en milliers d'hommes)

La bataille de Pavie (24 février 1525) : l'attaque
Une attaque "suprise"

Avant de lancer la bataille, le marquis de Pescara et Antonio de Leyva avaient pris la peine de multiplier les alertes les nuits précédents l’engagement afin d’émousser la vigilance des assiégeants. C’est finalement dans la nuit du 23 au 24 février que Pescara entre à la tête des fantassins impériaux dans le parc de Mirabello où les Français ont monté le camp. Il fait également pratiquer des brèches dans le mur d’enceinte à l’est ou au nord. L’effet de surprise n’est pas total et l’engagement a bien lieu aux premières lueurs du jour. Les sources confirment que dans un premier temps l’artillerie française inflige de lourdes pertes aux assaillants avant de s’arrêter sans que l’on puisse affirmer avec certitude si c’est parce qu’elle se trouve engagée avec les forces ennemies ou bien sur ordre du roi.

© Museo e Real Bosco di Capodimonte

Willem Dermoyen (atelier de) d'après Bernard van Orley, Avancée des troupes impériales et attaque de la gendarmerie française commandée par François Ier, 1528-1531

La bataille de Pavie (24 février 1525) : l'attaque
La charge

© Museo e Real Bosco di Capodimonte

S’ensuit une charge de cavalerie lourde menée par François Ier lui-même tandis que des arquebusiers espagnols embusqués derrières les arbres tirent et terrifient les chevaux. C’est cette charge malheureuse qui conduit le camp français à la défaite.

Willem Dermoyen (atelier de) d'après Bernard van Orley, Défaite de la cavalerie française. L'infanterie impériale s'empare de l'artillerie ennemie, 1528-1531

La bataille de Pavie (24 février 1525) : l'attaque
La débandade

Une incertitude demeure sur la conduite des Suisses. Le témoignage de leur commandant les présente comme totalement surpris si bien qu’ils n’ont pas eu le temps de se munir de leurs arquebuses. Mais d’après le capitaine Frundsberg qui dirige les lansquenets impériaux, c’est la déroute de la cavalerie française qui désorganise les troupes avant de les faire si bien paniquer qu’une bonne part finira noyée dans le fleuve.

© Museo e Real Bosco di Capodimonte

Willem Dermoyen (atelier de) d'après Bernard van Orley, Sortie des assiégés et déroute des Suisses qui se noient en grand nombre dans le Tessin, 1528-1531

La bataille de Pavie (24 février 1525) : la réddition
La réddition

Dans la mêlée suivant la charge, le cheval du roi est tué sous lui et, alors qu’il combat à pied, François Ier finit par se rendre à un gentilhomme basque nommé Juan de Urbieta. Celui-ci laisse le soin à Diego de Avila de protéger le souverain avant qu’il ne soit formellement reconnu par M. de la Mothe, un gentilhomme français proche du connétable de Bourbon, qui le prendra sous sa protection. Il le remettra alors au vice-roi de Naples à qui le souverain donne « son épée et sa foi », c’est-à-dire la promesse qu’il ne cherchera pas à fuir. À la suite du roi, de nombreux autres combattants sont faits prisonniers. Si, pour les simples soldats, la liberté est vite recouvrée contre la promesse de ne pas reprendre les armes contre l’empire pendant quelques mois, de nombreux autres sont retenus prisonniers dont certains noms ont été conservés sur des listes parmi lesquels : le roi de Navarre Henri d’Albret, le comte de Saint-Pol, Anne de Montmorency et son frère François, seigneur de la Rochepot, le légat du pape le cardinal Aléandre. Certaines archives estiment à 2 000 les prisonniers français.

© Museo e Real Bosco di Capodimonte

Willem Dermoyen (atelier de) d'après Bernard van Orley, Capture du roi de France François Ier, 1528-1531

La bataille de Pavie (24 février 1525) : la réddition
Les morts de la bataille

Bien d’autres sont tombés à Pavie, principalement du côté français où la défaite a été lourdement payée. Les historiens évaluent les pertes globales entre 18 et 23% des combattants, principalement dans l’infanterie suisse. Un décompte des morts enterrés établi en mars dénombre 11 000 hommes tombés lors de la bataille. Nombre d’officiers figurent parmi eux, comme Guillaume de Bonnivet, amiral de France, Louis de la Trémoille lieutenant général, Jacques de la Palisse ou encore René de Savoie, grand maître de France.

© GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Thierry Le Mage

Bernard van Orley (d'après), Fuite des civils du camp français. Les Suisses refusent d'avancer malgré les ordres de leurs chefs, 1526-1532

Anne de Montmorency : action sur le champ de bataille

À partir de novembre 1524, Montmorency participe au siège de Pavie. Il commande l’avant-garde de l’armée royale et prend les faubourgs et la tour de Gravelonne qui protégeait un pont après avoir défait le petit contingent d’impériaux qui l’occupait. Plus avancé que le gros de l’armée française, le maréchal de Montmorency déduit du bruit de l’artillerie que le combat a lieu dans le parc de Mirabello. Il marche vers le combat avec cinq cents hommes d’armes. Il est alors confronté à un premier contingent de chevau-légers qu’il repousse tant bien que mal pour poursuivre et venir au secours du roi. Cependant une force d’infanterie bien supérieure en nombre, commandée par le marquis del Vasto l’attaque. Atteint par des tirs d’arquebusiers et blessé, Anne est jeté à terre et contraint de se rendre au capitaine Herrera qui le fait prisonnier.

Les conséquences de la défaite

et la diplomatie française

Les conséquences de la défaite sur la diplomatie française
Captivité de François Ier

Vaincu, le roi est retenu captif sur le lieu de sa reddition et les témoignages s’accordent pour souligner le bon traitement et les marques de respect que lui prodiguent les vainqueurs. Pescara, Lannoy et le connétable de Bourbon vont s’agenouiller et le servir à table avant de l’installer au château de Pizzighettone à quelques kilomètres de Pavie. Pour éviter toute tentative de libération, il est finalement transféré en Espagne où les villes de Barcelone, Valence et Alcala lui font bon accueil. S’il est logé dans le vieux château de Madrid, les missives reçues témoignent d’une certaine liberté royale : François Ier reçoit des ambassadeurs, visite des monastères ou rencontre des dames chez elles. À la fin du mois d’août 1525, la santé du roi décline. Pris de fortes fièvres, le monarque est dans un état critique à tel point que, craignant de le voir mourir, Charles Quint lui rend visite le 18 septembre. Cependant, le monarque n’y laissera pas sa santé et commencera à se rétablir à compter du 25 septembre. Si la captivité est longue, c’est parce que les nombreuses négociations achoppent sur l’intransigeance des deux parties qui se refusent à céder ce que l’autre demande : la liberté du Roi de France d’un côté, le duché de Bourgogne de l’autre. Ainsi ce n’est qu’à la signature du traité de Madrid en 1526 que François Ier quittera sa prison, échangeant sa liberté contre celle de ses deux fils aînés François et Henri.

© GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Michel Urtado

François Clouet ou atelier, Portrait équestre de François Ier

Les conséquences de la défaite sur la diplomatie française

© BNF

Régence de Louise de Savoie

Pendant la captivité de François Ier, la régence du royaume de France est assurée par sa mère, Louise de Savoie installée à Lyon. Elle avait déjà exercé cette fonction lors de précédentes absences du roi, notamment en 1515-1516. La défaite de Pavie a été particulièrement désastreuse pour le gouvernement français : les offices de maréchal, amiral, grand-maître et grand écuyer sont vacants depuis la mort de leurs titulaires lors de la bataille ; neuf provinces ont perdu leur gouverneur. Néanmoins, grâce à l’appui du premier prince du sang, le duc de Vendôme, Louise de Savoie peut s’appuyer sur les restes du conseil et les parlements, notamment celui de Paris, pour gouverner et négocier. Les actes émis par la régente témoignent de la permanence du gouvernement en dépit de l’absence prolongée du Roi. Parallèlement, elle reçoit les nombreux négociateurs et lettres qui l’informe de l’avancer des pourparlers de Tolède. Louise envoie sa propre fille, Marguerite d’Alençon, parlementer directement avec Charles Quint, tandis que le roi désigne des seigneurs faits prisonniers en même temps que lui, Anne de Montmorency et Philippe Chabot de Brion, qui feront d’innombrables voyages entre la France, l’Italie et l’Espagne munis de sauf-conduit pour négocier.

Etienne Le Blanc, Louise de Savoie tient le gouvernail, symbole de sa régence, et porte des ailes d'ange, Les Gestes de Blanche de Castille, 1524-1526

Les conséquences de la défaite sur la diplomatie française
Le traité de Madrid (1526)

Le traité de Madrid, signé le 14 janvier 1526, met fin à la captivité de François Ier. Cet accord, imposé par Charles Quint, contraint le roi de France à d’importantes concessions territoriales et diplomatiques. Parmi les principales clauses, François Ier est forcé de renoncer à toutes ses prétentions en Italie, notamment sur le duché de Milan et le royaume de Naples, consolidant ainsi l’hégémonie des Habsbourg sur la péninsule. De plus, il accepte de céder le duché de Bourgogne à l’Empire, une perte territoriale considérable pour la France, et renonce à ses droits sur Arras, Tournai, Lille et Douai de même qu’aux comtés de Mâconnais et de l’Auxerrois. En contrepartie de sa libération, il doit livrer ses deux fils, François et Henri, en otage à Charles Quint, garantissant ainsi l’exécution du traité. L’accord prévoit également son mariage avec Éléonore d’Autriche, sœur de l’empereur, afin de préserver la paix à long terme. D’après ce texte, le dauphin est promis à Marie, infante du Portugal et fille d’Éléonore qui rejoindra la cour de France lorsqu’elle aura douze ans. Enfin, le roi s’engage à cesser toute alliance hostile envers l’Empire, notamment avec l’Angleterre et les cités italiennes. L’impact du traité est immédiat, mais contesté. À peine rentré en France, François Ier déclare son engagement nul, affirmant avoir signé sous la contrainte. Son refus d’appliquer les termes du traité provoque une reprise des hostilités et mène à la formation de la Ligue de Cognac, une coalition comprenant la France, l’Angleterre, le pape Clément VII et plusieurs États italiens, tous unis contre Charles Quint.

© GrandPalaisRmn (Domaine de Chantilly) / René-Gabriel Ojeda

Jean Clouet, Henri II enfant, 1524

Les conséquences de la défaite sur la diplomatie française
Anne de Montmorency : négociation pour la libération de François Ier

Anne de Montmorency joue un rôle crucial dans les événements qui suivent la bataille. Bien qu'il ait été capturé aux côtés du monarque, sa libération anticipée lui permet de s'engager activement dans les négociations pour la libération de François Ier. Dès avril 1525, le roi affirme son désir de quitter sa captivité italienne pour rejoindre l’Espagne afin de rencontrer Charles Quint. Une lettre de l’empereur adressée à son frère nous apprend que c’est Anne de Montmorency qui a plaidé en faveur de ce voyage. Début juillet, Montmorency est à Tolède pour informer l’empereur que François Ier met à disposition une flotte de six galères françaises et leurs équipages. En effet le roi de France préfère être retenu en Espagne plutôt qu’à Naples jusqu’alors envisagé comme lieu de captivité afin d’éviter une attaque en mer. Il obtient également de l’empereur une trêve qui doit durer tant que les pourparlers sont en cours ainsi que le sauf -conduit nécessaire à la venue de la sœur du roi, Marguerite d’Alençon. De retour en France, il est envoyé outre-Manche par la Régente pour négocier secrètement la neutralité du roi d’Angleterre Henri VIII, chose faite par la signature du traité de Moore le 30 août 1525. Il retourne ensuite en Espagne informer le roi de ce revirement d’alliance ; et c’est encore lui qui porte le projet d’abdication de François Ier en faveur de son fils aîné à l’Empereur d’abord et à la régente ensuite. Anne est encore du voyage pour la dernière reprise des négociations qui mènera au traité de Madrid et c’est aussi à lui que revient l’honneur d’amener les petits princes jusqu’à la Bidassoa où se fait l’échange avec leur père.

© GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Benoît Touchard

Guido Durantino (atelier), Coupe aux armes d’Anne de Montmorency (fable de Pelias), 1535)

Conclusion

La défaite française à la bataille de Pavie en 1525 a profondément modifié l'équilibre géopolitique européen. La capture de François Ier a renforcé la position de Charles Quint, consolidant l'hégémonie des Habsbourg sur une grande partie de l'Europe. Ce bouleversement a affaibli les ambitions françaises en Italie, marquant un recul significatif de l'influence française dans la région. La rupture du traité de Madrid par François Ier en 1526 a provoqué des réactions significatives sur la scène géopolitique européenne. Charles Quint, empereur du Saint-Empire romain germanique, a perçu cette décision comme une trahison flagrante, exacerbant les tensions entre les deux souverains. Les provinces italiennes, initialement sous influence impériale, ont vu dans cette rupture une opportunité de se libérer de la domination de Charles Quint. Cette situation a conduit à la formation de la Ligue de Cognac en 1526, une alliance visant à contrecarrer l'hégémonie impériale en Italie. Les conséquences immédiates pour le royaume de France ont été marquées par la détention des fils de François Ier, le dauphin François et son frère Henri, en otage en Espagne. Bien que traités selon leur rang, leur captivité a exercé une pression constante sur la monarchie française, limitant sa marge de manœuvre diplomatique et militaire. Sur le plan des alliances, la rupture du traité a renforcé la méfiance entre les puissances européennes, complexifiant les relations diplomatiques de la France. La Ligue de Cognac, malgré des intentions ambitieuses, a échoué à atteindre ses objectifs. Les forces alliées ont subi des revers militaires, notamment le sac de Rome en 1527 par les troupes impériales, illustrant la fragilité de la coalition. Cet échec a conduit à la nécessité d’établir une paix durable, aboutissant à la Paix des Dames en 1529. Négociée par Louise de Savoie, mère de François Ier, et Marguerite d'Autriche, tante de Charles Quint, à Cambrai, cette paix a permis de redéfinir les relations franco-impériales, mettant fin à une période d'hostilités ouvertes et ouvrant la voie à une nouvelle ère diplomatique en Europe.

© Archives nationales

Ratification du traité de Cambrai, 1529

Galerie des portraits

Galerie des portraits

François Ier, roi de France

Né le 12 septembre 1494 à Cognac, François d'Angoulême est le fils de Charles, comte d'Angoulême, et de Louise de Savoie. À la mort de son père en 1496, il devient comte d'Angoulême et est élevé sous la tutelle attentive de sa mère. En 1514, il épouse Claude de France, fille de Louis XII, renforçant ainsi sa position au sein de la dynastie royale. À la mort de Louis XII le 1ᵉʳ janvier 1515, François Ier monte sur le trône à l'âge de vingt ans et est sacré à Reims le 25 janvier de la même année. Dès le début de son règne, François Ier manifeste une ambition militaire en relançant les guerres d'Italie pour affirmer les prétentions françaises sur le duché de Milan. Sa victoire à la bataille de Marignan en septembre 1515 lui permet de conquérir Milan et de renforcer son prestige en Europe. Cependant, son règne est rapidement marqué par une rivalité intense avec Charles de Habsbourg, devenu empereur sous le nom de Charles Quint en 1519. Cette opposition conduit à plusieurs conflits, dont la bataille de Pavie en 1525, où François Ier est fait prisonnier. Sa captivité en Espagne aboutit à la signature du traité de Madrid en 1526, par lequel il est contraint de céder des territoires et de renoncer à certaines revendications, bien qu'il répudie cet accord dès son retour en France. Sur le plan intérieur, François Ier s'attache à renforcer l'autorité royale et à promouvoir la centralisation du pouvoir. Il est également un mécène fervent de la Renaissance, attirant à sa cour des artistes et des intellectuels de renom, et encourageant le développement des arts et des lettres en France. Son règne jusqu'en 1526 est ainsi caractérisé par une volonté de modernisation culturelle et administrative, malgré les défis politiques et militaires auxquels il doit faire face.

© GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Stéphane Maréchalle

Portrait de François Ier, roi de France, XVIe siècle

NdA : Afin de respecter la temporalité de l’ouvrage, les petites biographies suivantes s’arrêtent en 1526.

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Anne de Montmorency, maréchal de France

Né le 15 mars 1493 à Chantilly, Anne de Montmorency est le fils de Guillaume de Montmorency et d'Anne Pot. Filleul de la reine Anne de Bretagne, il porte son prénom en son honneur. Élevé aux côtés du futur François Ier, il développe une relation étroite avec le prince, ce qui influencera sa future carrière. Dès son jeune âge, Montmorency s'engage dans la carrière militaire. À 19 ans, il participe à la bataille de Ravenne en 1512, démontrant son courage et son dévouement. Sous le règne de François Ier, il devient l'un des principaux conseillers du roi. Il joue un rôle important lors de la bataille de Marignan en 1515, contribuant à la victoire française. En reconnaissance de ses services, il est nommé capitaine de la Bastille en 1516 et gouverneur de Novare en 1522. Sa carrière diplomatique est également notable. En 1518, il est envoyé en Angleterre comme otage pour garantir les engagements financiers de la France envers le roi Henri VIII concernant la ville de Tournai. Il participe également au Camp du Drap d'Or en 1520, visant à renforcer les liens entre la France et l'Angleterre. Anne de Montmorency s'impose comme un élément fort de la cour de François Ier, alliant compétences militaires et diplomatiques pour servir les intérêts du royaume de France.

© GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) /Tony Querrec

Anonyme allemand, Portrait d’Anne de Montmorency, maréchal de France, 1601

NdA : Afin de respecter la temporalité de l’ouvrage, les petites biographies suivantes s’arrêtent en 1526.

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Guillaume de Bonnivet, amiral de France

Né vers 1488, Guillaume Gouffier, seigneur de Bonnivet, est issu d'une famille noble influente du Poitou. Il est le fils de Guillaume Gouffier, seigneur de Boisy, et de Philippine de Montmorency. Son frère, Artus Gouffier, est le précepteur du jeune François d’Angoulème. Proche de François Ier, il devient l'un de ses favoris et joue un rôle important à la cour. En 1515, après l'avènement de François Ier, Bonnivet est nommé amiral de France, succédant à Louis II de La Trémoille. Il participe activement aux campagnes d'Italie, notamment à la bataille de Marignan en 1515, où il se distingue par sa bravoure. En 1518, il est envoyé en Angleterre pour négocier des alliances, renforçant ainsi les relations diplomatiques entre les deux royaumes. Cependant, son ambition et son influence croissante suscitent des jalousies à la cour. Lors de la campagne de 1524-1525 en Italie, il est chargé de diriger les troupes françaises. Malgré son dévouement, les opérations militaires tournent mal, culminant avec la défaite de Pavie le 24 février 1525. Bonnivet y trouve la mort, laissant derrière lui une réputation mêlée de courage et de controverses.

© GrandPalaisRmn (Domaine de Chantilly) / René-Gabriel Ojeda

Jean Clouet, Portrait de Guillaume II Gouffier, seigneur de Bonnivet; amiral de France, 1516

NdA : Afin de respecter la temporalité de l’ouvrage, les petites biographies suivantes s’arrêtent en 1526.

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Louise de Savoie, mère de François Ier et régente

Née le 11 septembre 1476 à Pont-d'Ain, Louise de Savoie est la fille du duc Philippe II de Savoie et de Marguerite de Bourbon. Orpheline de mère à l'âge de sept ans, elle est élevée à la cour de France sous la tutelle d'Anne de Beaujeu. En 1490, elle épouse Charles de Valois, comte d'Angoulême, avec qui elle a deux enfants : Marguerite en 1492 et François en 1494. Veuve en 1496, elle se consacre entièrement à l'éducation et à l'ambition de ses enfants. Lorsque François Ier monte sur le trône en 1515, Louise de Savoie devient une conseillère influente. Elle assure la régence lors des absences du roi, notamment pendant la campagne d'Italie en 1515 et après la capture de François Ier à la bataille de Pavie en 1525. Durant cette période, elle gère habilement les affaires du royaume et négocie la libération de son fils. Louise de Savoie joue également un rôle clé dans la diplomatie, contribuant à la conclusion de la paix des Dames en 1529, mettant fin aux guerres entre la France et le Saint-Empire romain germanique.

© Fondation Bemberg / Mathieu Lombard

Jean Clouet (atelier), Portrait de Louise de Savoie, première moitié du XVIe siècle

NdA : Afin de respecter la temporalité de l’ouvrage, les petites biographies suivantes s’arrêtent en 1526.

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Jacques II de Chabannes, maréchal et grand maître de France

Né vers 1470, Jacques II de Chabannes, seigneur de La Palice, est le fils de Geoffroy de Chabannes et de Charlotte de Prie. Issu d'une famille noble, il embrasse une carrière militaire et sert sous les règnes de Charles VIII, Louis XII et François Ier. Dès 1488, il participe à la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier, marquant le début de son engagement militaire. Lors des campagnes d'Italie, il se distingue notamment à la bataille de Fornoue en 1495. En 1502, il est nommé vice-roi des Abruzzes, mais est capturé en 1503 lors de la bataille de Ruvo par Gonzalve de Cordoue. Libéré en 1504, il reprend du service et joue un rôle clé lors de la bataille d'Agnadel en 1509. En 1511, après la mort de Charles II d'Amboise, Jacques II de Chabannes devient grand maître de France et commandant en chef des troupes françaises en Italie. Il participe à la bataille de Ravenne en 1512, où la victoire française est ternie par la mort de Gaston de Foix. En 1513, il est fait prisonnier lors de la bataille des Éperons, mais est rapidement libéré.Sous François Ier, il est nommé maréchal de France en 1515 et contribue à la victoire de Marignan la même année. En 1525, lors de la bataille de Pavie, Jacques II de Chabannes est capturé et exécuté par des lansquenets allemands. C’est en composant une chanson en l’honneur de feu leur commandant que les soldats du grand-maître de France vont donner naissance à la fameuse « lapalissade », le premier quatrain d’origine aurait été « Hélas! La Palice est mort,Il est mort devant Pavie,Hélas! S'il n'était pas mort,Il ferait encore envie » Une mauvaise transcription aurait entrainé la confusion entre le « f » et le « s » dans le dernier vers le transformant en « il serait encore en vie ».

© BNF

André Thevet, Portrait de Jacques II de Chabannes, seigneur de la Palisse, 1594

NdA : Afin de respecter la temporalité de l’ouvrage, les petites biographies suivantes s’arrêtent en 1526.

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Charles Quint, empereur du Saint-Empire romain germanique

Né le 24 février 1500 à Gand, Charles de Habsbourg est le fils de Philippe le Beau et de Jeanne la Folle héritière des royaumes d’Espagne. À la mort de son père en 1506, il hérite des Pays-Bas bourguignons. En 1516, il devient roi d'Espagne sous le nom de Charles Ier, unifiant ainsi les couronnes de Castille et d'Aragon, et étendant son règne aux territoires américains récemment découverts. Son ascension se poursuit en 1519 lorsqu'il est élu empereur du Saint-Empire romain germanique sous le nom de Charles V, connu en France sous le nom de Charles Quint. Cette élection fait de lui l'un des monarques les plus puissants de son époque, régnant sur un vaste empire s'étendant de l'Europe aux Amériques. Dès le début de son règne impérial, Charles Quint est confronté à plusieurs défis majeurs. En Allemagne, la montée de la Réforme protestante initiée par Martin Luther en 1517 menace l'unité religieuse de l'Empire. En 1521, lors de la Diète de Worms, Charles Quint tente sans succès de concilier les divergences religieuses, mais Luther refuse de renier ses thèses, exacerbant les tensions confessionnelles. Parallèlement, Charles Quint doit faire face à l'expansion de l'Empire ottoman en Europe centrale, notamment après la bataille de Mohács en 1526, où le roi Louis II de Hongrie est vaincu, laissant la Hongrie vulnérable aux incursions turques. Sur le plan politique, Charles Quint entretient une rivalité persistante avec le roi de France, François Ier. Cette opposition conduit à plusieurs conflits armés, dont la bataille de Pavie en 1525, où François Ier est capturé, renforçant temporairement la position de Charles Quint en Europe. Cependant, les ambitions territoriales et les alliances fluctuantes maintiennent une instabilité constante dans les relations franco-impériales.

© 1995 GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Hervé Lewandowski

D’après Titien, Portrait de Charles Quint, XVIe siècle

NdA : Afin de respecter la temporalité de l’ouvrage, les petites biographies suivantes s’arrêtent en 1526.

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Charles III de Bourbon, connétable de France passé au service de Charles Quint

Né le 17 février 1490 à Montpensier, Charles de Bourbon est le fils de Gilbert de Bourbon, comte de Montpensier, et de Claire de Gonzague. À la mort de son père en 1496, il hérite des titres et possessions familiales, devenant ainsi l'un des plus puissants seigneurs du royaume de France. En 1505, il épouse sa cousine Suzanne de Bourbon, héritière du duché de Bourbon, consolidant son influence et ses vastes domaines. Brillant militaire, Charles participe activement aux campagnes d'Italie, notamment au siège de Gênes en 1507 et à la bataille d'Agnadel en 1509. Reconnu pour ses compétences, il est nommé connétable de France par François Ier en 1515, jouant un rôle déterminant lors de la bataille de Marignan la même année. Cependant, des tensions naissent entre Charles et le roi, exacerbées par des querelles successorales et des rivalités à la cour. À la suite du décès de son épouse en 1521, une dispute sur l'héritage oppose Charles à Louise de Savoie, mère de François Ier et fille de Marguerite de Bourbon. Se sentant lésé et menacé, il entre en négociations secrètes avec l'empereur Charles Quint et le roi d'Angleterre Henri VIII, projetant de diviser le royaume de France. Découvert, il est accusé de trahison, dépouillé de ses titres et contraint de fuir en Italie en 1523. Au service de Charles Quint, il contribue à la défaite française lors de la bataille de Pavie en 1525, où François Ier est fait prisonnier. En 1526, il est chargé de mener une armée impériale contre le pape Clément VII, marquant une étape décisive dans sa carrière militaire.

© Château de Versailles, Dist. GrandPalaisRmn / image château de Versailles

Thomas de Leu, Portrait de Charles III de Bourbon, duc de Bourbon; ancien connétable de France, 1585-1600

NdA : Afin de respecter la temporalité de l’ouvrage, les petites biographies suivantes s’arrêtent en 1526.

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Fernando d’Avalos, marquis de Pescara, commandant des forces impériales

Né le 11 novembre 1489 à Naples, Fernando Francesco d'Ávalos, marquis de Pescara, est issu d'une famille noble d'origine espagnole. À l'âge de six ans, il est fiancé à Vittoria Colonna, fille du général Fabrizio Colonna, et leur mariage est célébré en 1509 sur l'île d'Ischia. D'Ávalos se distingue rapidement dans la carrière militaire. En 1512, lors de la bataille de Ravenne, il commande un contingent de cavalerie légère mais est blessé et fait prisonnier par les Français. Durant sa captivité, il compose un "Dialogue de l'amour" dédié à son épouse. Libéré contre une rançon de 6 000 ducats, il reprend les armes et participe à la reconquête du duché de Milan, notamment lors de la bataille de Vicence en 1513 et de la Bicoque en 1522, où il sert en tant que commandant en second sous Prospero Colonna. En 1524, face à l'invasion de l’armée française menée par François Ier, d'Ávalos est nommé commandant en chef des armées impériales en Italie. Malgré des difficultés financières et des troupes mécontentes, il parvient à maintenir la cohésion de son armée. Le 24 février 1525, lors de la bataille de Pavie, il inflige une défaite décisive aux Français et capture François Ier en personne. Après cette victoire, Girolamo Morone, secrétaire du duc de Milan, propose à d'Ávalos de se joindre à une conspiration visant à expulser les forces étrangères d'Italie et à lui offrir une couronne. Fidèle à Charles Quint, d'Ávalos révèle le complot, entraînant l'arrestation de Morone. Cependant, affaibli par ses blessures et les épreuves des campagnes, il décède à Milan le 3 décembre 1525, sans laisser de descendance. Ses titres sont transmis à son cousin, Alfonso d'Ávalos, marquis del Vasto.

© Rijksmuseum

Nicollo Nelli, Portrait de Ferdinand François d'Avalos, marquis de Pescara; commandant des armées impériales, 1569

NdA : Afin de respecter la temporalité de l’ouvrage, les petites biographies suivantes s’arrêtent en 1526.

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Charles de Lannoy, vice-roi de Naples

Né vers 1487 à Valenciennes, Charles de Lannoy est issu d'une famille noble des Pays-Bas. Il est le fils de Jean III de Lannoy et de Jeanne de Ligne. Dès son jeune âge, il entre au service des Habsbourg, d'abord auprès de Philippe le Beau, puis de Maximilien Ier. Sa bravoure et ses compétences militaires le distinguent rapidement. En 1515, il est nommé au conseil de Charles de Bourgogne, le futur empereur Charles Quint, à Bruxelles. L'année suivante, il est fait chevalier de l'Ordre de la Toison d'or. Sa carrière progresse avec sa nomination en tant que gouverneur de Tournai en 1521, puis vice-roi de Naples en 1522. À la mort de Prospero Colonna en 1523, Lannoy assume le commandement en chef des armées impériales en Italie. Son rôle est crucial lors de la bataille de Pavie en 1525, où les forces impériales capturent François Ier. C'est à Lannoy que le roi de France remet son épée, marquant sa reddition. Outre ses exploits militaires, Lannoy est également ambassadeur en France et grand bailli du Hainaut. Il décède subitement le 23 septembre 1527 à Gaète, en Italie.

©Österreichische Nationalbibliothek

Portrait de Charles de Lannoy, 1527

NdA : Afin de respecter la temporalité de l’ouvrage, les petites biographies suivantes s’arrêtent en 1526.

Lexique

Lexique

Tercio

Ce terme regroupe plusieurs compagnies d’infanteries espagnoles dont l’organisation se met en place durant le XVIe siècle. Historiquement parlant le terme ne nait qu’en 1534 puisqu’il désigne les trois regroupements de compagnie qui défendent respectivement Naples, la Lombardie et la Sicile. Par extension il a fini par désigner les troupes d’infanteries des armées espagnoles du XVIe et XVIIe siècle. Chaque tercio est composé de plusieurs compagnies, totalisant environ 3 000 soldats professionnels, hautement entraînés et disciplinés. Les tercios regroupent principalement trois types de fantassins : • Piquiers : équipés de piques longues d'environ 5 à 6 mètres, ils forment le noyau central du tercio, offrant une défense efficace contre la cavalerie ennemie.• Arquebusiers : munis d'arquebuses, ils apportent une puissance de feu à distance, affaiblissant les rangs adverses avant l'engagement rapproché. • Rodeleros : également appelés "escrimeurs", ces soldats sont armés d'épées et protégés par de petits boucliers ronds appelés "rodela". Ils excellent dans le combat rapproché, exploitant les brèches créées par les arquebusiers. Cette organisation polyvalente permet aux tercios de s'adapter à diverses situations tactiques, combinant défense solide et capacité offensive. La formation typique des tercios sur le champ de bataille est le "carré espagnol", une disposition en carré ou rectangle avec les piquiers au centre et les arquebusiers aux angles, offrant une protection mutuelle et une flexibilité face aux différentes menaces. L'équipement des soldats varie selon leur rôle. Les piquiers portent des corselets, ou demi-armures, pour conserver leur mobilité, tandis que les arquebusiers et rodeleros privilégient une protection plus légère pour faciliter leurs mouvements. Cette combinaison d'armes et d'équipements au sein des tercios confère à l'infanterie espagnole une supériorité notable sur les champs de bataille européens du XVIᵉ siècle.

© GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Philippe Fuzeau

Allemagne, Arquebuse, 1666

Lexique

Lansquenet

Ce vocable désigne les mercenaires d’origines germanophones durant les XVe et XVIe siècle. Le mot dérive de l’allemand « Landsknecht » composé du terme « Knecht », valet et Lands « pays » dans le sens de campagne. Ces compagnies de mercenaires se distinguaient par leur formation et leur équipement. Ils étaient généralement organisés en régiment de 4 000 hommes, recrutés par un mécène au moyen d'une lettre de mission dans laquelle, comme c’est le cas durant les guerres d’Italie, les règles d'engagement, la structure du régiment et la solde étaient définies. Leur armement principal comprenait des piques d'environ 4 mètres, légèrement plus courtes que celles des mercenaires suisses, ainsi que des épées courtes appelées "Katzbalger" pour le combat rapproché. Comme les piquiers suisses et les tercios, la tactique appliquée par les lansquenets repose sur le carré. Les piquiers étaient soutenus par des hallebardiers et des soldats équipés d’épées à deux mains : ils étaient les plus expérimentés et précédaient les carrés de fantassins. Les régiments qui pouvaient se le permettre protéger leur flanc avec des arquebusiers.

© musée national de la Renaissance / Adeline Derivery

Chevau-leger

Les chevau-légers étaient des unités de cavalerie légère par opposition aux gendarmes de la cavalerie lourde. Leur équipement se composait généralement de lances plus courtes que celles des gendarmes, adaptées à des manœuvres rapides. Ils portaient des armures plus légères, offrant un équilibre entre protection et mobilité. Les chevau-légers étaient organisés en compagnies, chacune composée d'environ 100 cavaliers. Leur formation tactique leur permettait d'exécuter des missions variées, telles que la reconnaissance, les attaques rapides et la protection des flancs lors des batailles.

Italie, Morion

Lexique

Office

Charge publique, inamovible mais non héréditaire, dont les titulaires étaient attachés au service du souverain.

Maréchal

Grade le plus élevé d'officiers généraux depuis le XIIe siècle, auxquels étaient confiées de hautes fonctions de commandement ou d'administration dans les armées royales.

Connétable

© GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Tony Querrec

Commandant en chef des armées royales. En France, le connétable fait partie des grands officiers de la couronne.

Amiral

Grade le plus élevé dans la marine de guerre, d’un rang équivalent à celui de maréchal.

Alphonse Lejeune, Élément de pavement du château d'Ecouen aux armes et devises du connétable de Montmorency

Lexique

Grand-maître

Le Grand-Maître de France était l'un des principaux officiers de la couronne sous l'Ancien Régime, chargé de superviser la Maison du Roi. Cette fonction englobait la gestion des services domestiques et cérémoniels du souverain, ainsi que la nomination des officiers de la cour. Le Grand-Maître avait autorité sur des offices tels que le grand chambellan, le grand écuyer et le grand panetier, coordonnant les activités liées à la vie quotidienne du roi. Il jouait également un rôle dans l'organisation des cérémonies officielles et des réceptions diplomatiques. Au fil des siècles, la charge de Grand-Maître de France a été occupée par des personnalités influentes, souvent issues de la haute noblesse. Par exemple, sous François Ier, la fonction fut confiée à des figures telles qu'Artus Gouffier et Anne de Montmorency, reflétant l'importance politique de cette position.

Grand Ecuyer

Le Grand Écuyer de France était l'un des grands officiers de la couronne sous l'Ancien Régime. Cette charge faisait de son titulaire le responsable des écuries royales.

Gouverneur de province

Responsable de l'administration et de la défense d'une province ou d'une ville stratégique du royaume de France. Ces gouverneurs étaient souvent issus de la haute noblesse et jouaient un rôle clé dans la consolidation du pouvoir royal sur l'ensemble du territoire. Le gouverneur avait pour mission principale de représenter l'autorité royale dans sa juridiction. Il veillait à l'application des lois, supervisait la collecte des impôts et assurait le maintien de l'ordre public. En temps de guerre, il était chargé de la défense de sa province, mobilisant les troupes locales et organisant la résistance face aux envahisseurs. Cette fonction combinait ainsi des responsabilités civiles et militaires, faisant du gouverneur un pilier de l'administration territoriale

Bibliographie

Bibliographie

Bedos-Rezak, Brigitte, Brigitte Bedos Rezak, et Alain Erlande-Brandenburg. Anne de Montmorency, seigneur de la Renaissance. Paris. Editions Publisud. 1990. 416 Decrue, Francis. Anne Duc de Montmorency Connétable et Pair de France sous les Rois Henri II, François II et Charles IX. Plon. Paris. 1885. 2 Vol. ; 24 cm p. Fournel, Jean-Louis et Jean-Claude Zancarini. Les Guerres d’Italie : Des batailles pour l’Europe, 1494-1559. Gallimard. [Paris]. 2003. 1 vol. (143 p.) ; ill. 18 cm p. (Découvertes Gallimard). Frantzwa, Guillaume, Sylvie Le Clech, et Damien Fontvieille. La paix des dames, 1529 : faire la paix à la Renaissance. Paris. École des chartes. 2024. 1 vol. (222 p.-16 p. de pl.) ; 24 cm p. (Diplomatie et Histoire). Konstam, Angus. Pavia 1525: the climax of the Italian wars. London, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord. Osprey Military. 1996. 95 p. La Diana (Loire). « Bulletin de la Diana », Gallica. 1987, L no 4. p. 199. Le Gall, Jean-Marie. L’honneur perdu de François Ier : Pavie : 1525. Payot. Paris. 2015. 1 vol. (495 p.). Rendu, Athanase. « Quelques documents inédits sur la bataille de Pavie. », Bibliothèque de l’École des chartes. 1864, vol.25 no 1. p. 35 44. Spinosa, Nicola, Emmanuel Coquery, Marina Santucci, et al. La Bataille de Pavie. Réunion des musées nationaux. Paris. 1999. 113 p

Pour aller plus loin

Guinand, Julien. Pavie 1525: l’échec italien de François Ier. Paris. Perrin : ministère des Armées et des anciens combattants. 2025. 311 p. (Champs de bataille (Paris. 2022)). Guinand, Julien et Nicolas Le Roux. La guerre du roi aux portes de l’Italie : 1515-1559. Rennes. Presses universitaires de Rennes. 2020. 1 vol. (347 p.-VIII p. de pl.) ; 24 cm ; 1 feuillet d’erratum p. (Histoire (Rennes)). Konstam, Angus. Pavia 1525: the climax of the Italian wars. London, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord. Osprey Military. 1996. 95 p. Le Fur, Didier. Les guerres d’Italie: un conflit européen, 1494-1559. 1re édition. Paris. Passés composée. 2022. 492 p. Le Gall, Jean-Marie. Les guerres d’Italie, 1494-1559 : une lecture religieuse. Genève. Droz. 2017. 1 vol. (218 p.) ; 23 cm p. (Cahiers d’Humanisme et Renaissance). Le Roux, Nicolas. Le crépuscule de la chevalerie : noblesse et guerre au siècle de la Renaissance. Ceyzérieu. Champ Vallon. 2015. 1 vol. (409 p.) ; 24 cm p. (Epoques).

Liste des illustrations
  • Giovanni Bernardi da Castelbolognose, Sceptre en cristal de roche avec la représentation de la bataille de Pavie, or et cristal de roche, 16,1 x 7,2 cm, Kunsthistorisches museum Vienne, kunstkammer, Inv. 2244
  • Jörg Breu (attribué à), La Bataille de Pavie, 1525, gravure, 38,1 x 52,5 cm, BNF, département des estampes et de la photographies, RÉSERVE EA-11 (1)-FOL
  • Anonyme, Entrée de serrure aux armes de France, XVIe siècle, 27 x 25 cm, Musée national de la Renaissance, Ec. 357
  • Willem de Pannemaker, Tapisserie avec les armes de l'empereur Charles Quint, ca. 1540-1555, laine, soie fils d'or et d'argent, 201 x 172,5, Rijksmuseum, BK-17260-A
  • Johann Sadeler, L'Italie avec Venus et Apollon, 1588-1595, gravure, 22,2 x 25,9, Rijksmuseum, RP-P-OB-7442
  • Giovannni Bernardi da Castelbolognese, Allégorie des guerres entre Charles Quint et François Ier, argent, 6,6 x 5,5 cm, XVIe siècle, Musée national de la Renaissance, Ec. 1852
  • Jean Clouet, Anne de Montmorency, connétable de France, dessin, vers 1525, musée Condé, MN 145
  • Anonyme, La bataille de Pavie (24 et 25 février 1525), 1525, dessin, Bibliothèque nationale de France, département des estampes et de la photographie, QB-1 (1525)-FOL
  • Jean Baudouyn d'après Giulio Romano, Fructus belli : la paye des soldats, 1540-1546, laine et lin, 435 x 818 cm, Musée national de la Renaissance, Ec. 101 a
  • Plan du parc de chasse de Pavie, tirée de Jean-Marie Le Gall, L'honneur perdu de François Ier,Paris, Payot, 2015
  • Willem Dermoyen (atelier de) d'après Bernard van Orley, Avancée des troupes impériales et attaque de la gendarmerie française commandée par François Ier, 1528-1531, laine, soie, fil d’or et d’argent, 439 x 867 cm, , Musée de Capodimonte, I.G.M.N 144483
  • Willem Dermoyen (atelier de) d'après Bernard van Orley, Défaite de la cavalerie française. L'infanterie impériale s'empare de l'artillerie ennemie, 1528-1531, laine, soie, fil d’or et d’argent, 439 x 867 cm, Musée de Capodimonte, I.G.M.N 144484
  • Willem Dermoyen (atelier de) d'après Bernard van Orley, Sortie des assiégés et déroute des Suisses qui se noient en grand nombre dans le Tessin, 1528-1531, laine, soie, fil d’or et d’argent, 435 x 789 cm, Musée de Capodimonte, I.G.M.N 144488
  • Willem Dermoyen (atelier de) d'après Bernard van Orley, Capture du roi de France François Ier, 1528-1531, laine, soie, fil d’or et d’argent, 435 x 880 cm, Musée de Capodimonte, I.G.M.N 144489
  • Bernard van Orley (d'après), Fuite des civils du camp français. Les Suisses refusent d'avancer malgré les ordres de leurs chefs, 1526-1532, dessin, 40 x 75,7 cm, musée du Louvre, cabinet des arts graphiques, Inv. 20167
  • François Clouet ou atelier, Portrait équestre de François Ier, miniature, 27 x 22cm, musée du Louvre, département des arts graphiques, MI 1092 recto
  • Etienne Le Blanc, Louise de Savoie tient le gouvernail, symbole de sa régence, et porte des ailes d'ange, Les Gestes de Blanche de Castille, 1524-1526, manuscrit, Bibliothèque nationale de France, ms fr. 5715 f°5
  • Jean Clouet, Henri II enfant, 1524, huile sur bois, 31,3 x 23 cm, musée Condé, PE 259
  • Jean Clouet, François de France, dauphin de Viennois et duc de Bretagne, 1524, dessin, 28,5 x 20,4 cm, musée Condé, MN 5
  • Guido Durantino (atelier), Coupe aux armes d’Anne de Montmorency (fable de Pelias), 1535, majolique, 3,7 x 26 cm, musée national de la Renaissance, D 213.1 (D)
  • Ratification du traité de Cambrai, 1529, parchemin et cire, 45 x 33 cm et 13 cm, Archives nationales, AE III 251
  • Anonyme français, Portrait de François Ier, roi de France, XVIe siècle, cire, 10.7 cm, musée national de la Renaissance, E.Cl. 2049
  • Jörg Seusenhofer et Degen Pirger, Armure de François Ier, 1539-1540, fer, laiton, cuivre, textile et or, 202 x 83 cm, musée de l’Armée, inv. 982 l
  • Anonyme allemand, Portrait d’Anne de Montmorency, maréchal de France, 1601, estampe, 46,5 x 31,5 cm, musée national de la Renaissance, Ec. 270 a
  • Jean Clouet, Portrait de Guillaume II Gouffier, seigneur de Bonnivet; amiral de France, 1516, dessin, 25 x 20 cm, musée Condé, MN 153
  • Jean Clouet (atelier), Portrait de Louise de Savoie, première moitié du XVIe siècle, huile sur bois, 21,7 x 17,5 cm, fondation Bemberg, inv. 1013
  • Jean Pichore, Rondeau des vertus, dédicace à Louise de Savoie, Humilité contre Orgueil, vers 1500, miniature, 18,3 x 12,3 cm, musée national de la Renaissance, E.Cl. 22718 a
  • André Thevet, Portrait de Jacques II de Chabannes, seigneur de la Palisse, 1594, gravure, Bibliothèque nationale de France, RES-G-732
  • D’après Titien, Portrait de Charles Quint, XVIe siècle, huile sur bois, 95 x 75 cm, musée nationale de la Renaissance, D RF 995
  • Thomas de Leu, Portrait de Charles III de Bourbon, duc de Bourbon; ancien connétable de France, 1585-1600, gravure, 15 x 10 cm, Château de Versailles, INV.GRAV.LP 9.81.2
  • Nicollo Nelli, Portrait de Ferdinand François d'Avalos, marquis de Pescara; commandant des armées impériales, 1569, gravure, 16,9 x 17 cm, Rijksmuseum, RP-P-OB-36.705
  • Portrait de Charles de Lannoy, gravure, 1527, 14 x 16,9 cm, Österreichische Nationalbibliothek, 978-01 POR MAG
  • Allemagne, Arquebuse, 1666, acier, bois et ivoire, 119 cm, musée national de la Renaissance, E.Cl. 11035
  • Italie, Morion, fer, 31 x24 cm, musée national de la Renaissance, E.Cl. 713
  • Alphonse Lejeune, Élément de pavement du château d'Ecouen aux armes et devises du connétable de Montmorency, aquarelle sur papier, 43 x 41 cm, musée national de la Renaissance, Ec. 2095

Élection impériale de 1519

Théoriquement, l’empereur du Saint-Empire n’est pas un roi héréditaire mais un souverain élu par un collège de sept électeurs, composé de grands princes et archevêques germaniques. Ce titre prestigieux confère une autorité symbolique sur l’ensemble de la chrétienté occidentale et un pouvoir d’influence sur l’Allemagne et l’Italie. En pratique les Habsbourg règnent sur le Saint-Empire depuis l’élection de Frederic III en 1452. À la mort de Maximilien Ier, fils du précédent empereur, en janvier 1519, le titre d’empereur du Saint-Empire romain germanique devient vacant. Deux candidats se détachent rapidement dans cette élection :

  • François Ier, roi de France, qui voit dans le titre impérial l’opportunité d’étendre son influence en Europe centrale et d’empêcher l’encerclement de la France.
  • Charles de Habsbourg, petit-fils de Maximilien Ier, roi d’Espagne, qui, par ses héritages, contrôle déjà une grande partie de l’Europe et cherche à légitimer cette domination.
Malgré une intense campagne diplomatique et financière du souverain français pour convaincre les électeurs impériaux, c’est Charles Quint qui est élu empereur le 28 juin 1519. Il réunit ainsi sous son autorité un empire colossal, englobant l’Espagne, les Pays-Bas, l’Autriche, le Saint-Empire romain germanique et les territoires nouvellement découverts en Amérique. Dès lors, la France se retrouve encerclée par les possessions des Habsbourg, ce qui renforce la rivalité entre les deux souverains et pousse François Ier à adopter une politique plus agressive en Italie pour contrer cette domination grandissante.

© GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Adrien Didierjean

Jean Pichore, Rondeau des vertus, dédicace à Louise de Savoie, Humilité contre Orgueil, vers 1500

©GrandPalaisRmn (musée de la Renaissance, château d'Ecouen) / Thierry Ollivier

Anonyme, épée de Ferdinand François d’Avalos, acier doré, 102 x 15.5 cm, 1er quart du XVIe siècle, musée national de la Renaissance, E.Cl. 12081 a

© GrandPalaisRmn (Domaine de Chantilly) / René-Gabriel Ojeda

Jean Clouet, François de France, dauphin de Viennois et duc de Bretagne, 1524

Accroissement de la puissance des Habsbourg

À travers les héritages familiaux et les alliances matrimoniales, Charles Quint devient le souverain le plus puissant d’Europe, réunissant sous son contrôle un empire sans précédent. Par son élection, il contrôle le Saint-Empire romain germanique et hérite de son grand-père Maximilien Ier de l’Autriche, tandis que sa grand-mère Marie de Bourgogne lui transmet les Pays-Bas bourguignons et le comté de Bourgogne. Par ses parents, il est roi d’Espagne, incluant la Castille, l’Aragon, Naples, la Sicile et les territoires du Nouveau Monde mais aussi duc de Luxembourg et revendique le duché de Bourgogne. Cette accumulation de territoires est rompue en son centre par le royaume de France. Face à cette situation, François Ier tente d’attirer Henri VIII d’Angleterre dans son camp pour contrer l’influence des Habsbourg. En juin 1520, il organise le Camp du Drap d’Or, évènement diplomatique fastueux, où les souverains affichent leur puissance. Cependant, cette tentative d’alliance échoue, et Henri VIII finit par se rapprocher de Charles Quint voyant en lui un allié plus fiable que la France. Ce rapprochement anglo-habsbourgeois isole davantage la France qui se retrouve contrainte de multiplier les alliances avec d’autres puissances, notamment avec les États italiens et plus tard l’Empire ottoman.

(C) Paris - Musée de l'Armée, Dist. RMN-Grand Palais / Fanny Reynaud

Jörg Seusenhofer et Degen Pirger, Armure de François Ier, 1539-1540