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Panorama du théâtre français

Virginie Le Guennou

Created on March 19, 2025

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PANORAMA DU THÉÂTRE FRANÇAIS

XIXe SIÈCLE

ANTIQUITÉ

XVIIe SIÈCLE

XXe SIÈCLE ET XXIe siècle

XVIIIe SIÈCLE

DU MOYEN-ÂGE AU XVIe SIÈCLE

« Empr. au latin classique theatrum « théâtre, lieu de représentations ; les spectateurs, le public » et au fig. « lieu où se produit quelque chose d'important », empr. au grec θ ε ́ α τ ρ ο ν « id. », dér. de θ ε ́ α ο μ α ι, -ε ω ̃ μ α ι « regarder, contempler ». » CNRTL

LE THÉÂTRE DANS L'ANTIQUITÉ

GRÈCE ANTIQUE

La Grèce est considérée comme le berceau du théâtre européen : les pièces écrites les plus anciennes sont grecques. Les premiers spectacles de théâtre sont donnés à l'occasion des fêtes en l'honneur du dieu Dionysos. Ils ont pour mission de divertir le public et de l’instruire. Des concours dramatiques ont lieu deux fois par an pendant dix jours, en journée et en plein air (ils seront nettement plus fréquents dans la Rome antique). Chaque auteur présente une tragédie, une comédie et un drame satyrique. La plupart des citoyens assistent à ces concours. On ignore si les femmes y étaient admises.

Théâtre d'Épidaure - Grèce

LE MASTIGOPHORE Il est chargé de fouetter les comédiens qui jouent mal...

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LA TRAGÉDIE

Sur scène

  • Trois comédiens, au maximum ; toujours des hommes. Semblables à des mannequins effrayants, ils portent une lourde robe, de hautes sandales (les cothurnes), un masque.
  • Le chœur, composé d’une quinzaine de citoyens. Commente l’action, s’interroge, réfléchit : c’est le relais du public.

La thymélé est l'autel dédié à Dynoysos.

Figure décorative d'un masque de théâtre représentant Dionysos.

llustration extrait d'Histoire du Théâtre, A. Degaine, 1993

LA TRAGÉDIE

Le plus souvent, les tragédies reposent sur des légendes que le public connaît par cœur : la guerre de Troie, les malheurs d’Œdipe, des malédictions familiales. Les dramaturges s'appuient sur des histoires racontées par Homère, qui vivait 3 siècles avant eux ; les faits, semi-légendaires, ont eu lieu encore 4 ou 5 siècles auparavant. Les tragédies traitent de la condition humaine et du rôle du citoyen. Aristote, philosophe grec de l'Antiquité, explique que la tragédie, suscitant terreur et pitié, a une fonction cathartique : elle doit purger les spectateurs de leurs passions.

Oedipe face au sphynx, vers 470 av. J.-C. , céramique

« La pitié d'un malheur où nous voyons tomber nos semblables nous porte à la crainte d'un pareil pour nous ; cette crainte au désir de l'éviter ; et ce désir à purger, modérer, rectifier, et même déraciner en nous la passion qui plonge à nos yeux dans ce malheur les personnes que nous plaignons. » Pierre Corneille, 1660

LA COMÉDIE LE DRAME SATYRIQUE

LA COMÉDIE La comédie emploie le rire comme instrument de satire politique ou sociale.Les acteurs sont des hommes, peu nombreux, et portent des masques grotesques. Il y a également un chœur.LE DRAME SATYRIQUEIl s’agit d’une tragédie traitée de façon bouffonne.

Masque satyrique

DRAMATURGES GRECS

Très peu de pièces nous sont parvenues : elles ont été perdues ou délibérément détruites à partir du IIe siècle après J.-C. D’autres ont été brûlées au Moyen-Âge.

ESCHYLE

ARISTOPHANE

SOPHOCLE

EURIPIDE

vers 525 av. J.-C. 456 av. J.-C.

495 av. J.-C. 406 av. J.-C.

480 av. J.-C. 406 av. J.-C.

vers 445 av. J.-C. entre 385 et 375 av. J.-C

le théâtre grec - EXERCICE

Aristote

Le philosophe grec pour qui la tragédie doit susciter terreur et pitié se nomme .

Platon

Aristote

Diogène

Le choeur

est le processus par lequel la tragédie, tel un exutoire, purge les passions du spectateur et le rend meilleur.

La catharsis

La catharsis

La thymélé

le pouvoir

Composé d’une quinzaine de citoyens, le choeur représente sur la scène.

le public

le public

Dionysos

LE THÉÂTRE DANS L'ANTIQUITÉ

ROME ANTIQUE

Les représentations théâtrales sont bien plus fréquentes que dans la Grèce Antique. Elle font partie des ludi, les jeux (courses de char, boxe, combats d'animaux...) qui rythment la vie des Romains. Toutes les catégories sociales peuvent ainsi se détendre - sans se mêler cependant. Les jeux sont financés par des magistrats cherchant à accroître leur popularité avec des spectacles fastueux. Les acteurs, appelés histriones, portent toujours des costumes et des masques ; admirés, ils sont aussi méprisés : tout homme libre montant sur scène perd des droits civiques et politiques : il ne peut plus être ni soldat, ni électeur.

L'architecture des théâtres évolue et se complexifie.

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Visite virtuelle d'un théâtre romain

DRAMATURGES ROMAINS

SÉNÈQUE

PLAUTE

4 av. J.-C. 64 aP. J.-C.

vers 254 av. J.-C. 184 av. J.-C.

Cours video sur le théâtre antique

DU MOYEN-ÂGE AU XVIE SIÈCLE

À partir de la chute de l’empire romain (Ve siècle), le théâtre disparaît pendant environ 600 ans.EN FRANCELe théâtre renaît au XIe siècle sous la forme de pièces religieuses illustrant des épisodes de la Bible.Entre le XIe et la 1ère moitié du XVIe siècle, le drame liturgique, le miracle puis le mystère cherchent à compléter l’instruction religieuse du public. Ces pièces sont jouées dans les églises ou sur le parvis de celles-ci, mais également sur la place publique, pour le mystère. Au milieu du XVIe siècle, l’Église interdit les mystères.Entre le XVe et la 1ère moitié du XVIe siècle, il existe également un théâtre profane : soties, farces et moralités.

Cours video sur la farce

Cours video sur le théâtre médiéval

DU MOYEN-ÂGE AU XVIE SIÈCLE

EN ITALIE : LA COMMEDIA DELL'ARTELa commedia dell’arte naît au XVIe siècle et influence durablement le théâtre français. Pour la première fois, les comédiens et comédiennes sont rémunéré.e.s. Les comédiens de l’Art, itinérants, jouent, masqués, des pièces improvisées à partir d’un scénario. Chaque troupe comporte des personnages stéréotypés : par exemple, Arlequin, Brighella, Pantalon, Colombine, Matamore, Polichinelle... En France, au XVIIe siècle, la commedia dell’arte inspirera Molière puis, au XVIIIe siècle, Marivaux.

Peintre anonyme figurant des comédiens de l'Art Vers 1580Dimensions : 95 cm X 147 cm.

Cours video sur la commedia dell'arte

DU MOYEN-ÂGE AU XVIE SIÈCLE

EN ANGLETERRE : LE THÉÂTRE ÉLISABÉTHAINLe théâtre prospère en Angleterre au XVIe siècle sous le règne d'Elizabeth I (1538-1633).Londres s'agrandit, il faut divertir les Londoniens ; on construit de nombreux théâtres en Angleterre dès 1575.Le dramaturge le plus célèbre est William Shakespeare (1564-1616). Il fait construire le théâtre du Globe. Il écrit des drames historiques, des tragédies et des comédies ; 37 pièces lui sont attribuées. Shakespeare mélange les genres : il y a du comique dans toutes ses pièces, même les plus sombres.Tous les comédiens sont des hommes ; les personnages féminins sont joués par de jeunes garçons travestis en femme.Shakespeare inspirera de nombreux auteurs français, notamment les romantiques, au XIXe siècle.

Cours video sur le théâtre élisabethain

William Shakespeare

LE XVIIE SIÈCLE : BAROQUE ET CLASSICISME

THÉÂTRE ET POUVOIR Ministre de Louis XIII, Richelieu promeut le théâtre à partir de 1635 : cet art est pour lui un outil de propagande morale et politique. Il réhabilite les comédiens, valorise et protège les dramaturges qui glorifient la monarchie. Il subventionne des troupes. Louis XIV agit en mécène : de nombreuses pièces seront créées à la Cour, et le Roi Soleil lui-même monte parfois sur scène.

Théâtre du Marais. Scène du Cid, de Corneille

LE XVIIE SIÈCLE

CONDITIONS DE REPRÉSENTATION Au XXIème siècle, le spectacle se déroule dans l'obscurité, les spectateurs doivent arriver à l'heure, ne pas manger ni boire, être silencieux et attentifs pendant le spectacle. Cette exigence est relativement récente.De même, l'architecture des théâtres a évolué.

llustration extrait d'Histoire du Théâtre, A. Degaine, 1993

Extrait vidéo reconstituant l'ambiance d'une représentation

LE XVIIE SIÈCLE

UN ART ÉTROITEMENT SURVEILLÉ En France, entre 1402 et 1791, une autorisation officielle est nécessaire pour pouvoir ouvrir un théâtre. Alors que Londres compte de nombreux théâtres, Paris, au cours du XVIIe siècle en comporte un seul, puis deux, puis trois. À partir de 1673, il n’y a en plus que deux, et plus qu’un à partir de 1680. Certaines troupes décident donc de devenir itinérantes. Elles jouent en province dans des auberges, des jeux de paume, des châteaux. C’est le cas de la troupe de Molière, "L’Illustre théâtre", qui parcourt la France pendant 12 ans avant d’obtenir le droit de s’installer à Paris.

Paysage avec théâtre ambulant, Job et Gerrit Berckheyde (1689)

LE XVIIE SIÈCLE

LE THÉÂTRE POPULAIRE Parallèlement au théâtre officiel, étroitement surveillé par le pouvoir, il existe un théâtre populaire. Des pièces sont jouées en plein air à Paris sur le Pont Neuf - et font rêver le petit Jean-Baptiste Poquelin, le futur Molière. Toujours à Paris, des danseurs, circassiens, chanteurs et comédiens se produisent lors de deux foires annuelles jusqu’en 1789, la Foire St Germain et la Foire St Laurent. Jaloux, les comédiens soutenus par le pouvoir obtiennent que ces spectacles soient réglementés. Il est interdit aux forains de dialoguer : ils monologuent ou chantent. Il leur est interdit de chanter : ils inscrivent les dialogues sur des écriteaux, ou miment, ou font chanter les spectateurs.

Théâtre de la foire Saint-Laurent, dessin anonyme, 1786

LE XVIIE SIÈCLE

Jaloux, les comédiens soutenus par le pouvoir obtiennent que les spectacles joués lors des foires soient réglementés.

llustration extrait d'Histoire du Théâtre, A. Degaine, 1993

LE XVIIE SIÈCLE

TRAGÉDIE, COMÉDIE ET TRAGI-COMÉDIE

La tragédie met en scène des personnages de la mythologie ou de l'histoire antique ou biblique. Comme dans l'Antiquité, elle doit purger le spectateur de ses passions en suscitant terreur et pitié. La comédie ne renonce pas aux ressorts comiques hérités de la farce et à l'aspect satirique de la Commedia dell'arte, mais a également une ambition morale: "corriger les mœurs par le rire". La tragi-comédie se définit par une intrigue tragique et un dénouement heureux digne d'une comédie. On trouve aussi un aspect romanesque dans les actions, avec notamment de multiples rebondissements et des coups de théâtre - des faits imprévus qui modifient la situation.

LE XVIIE SIÈCLE

COMÉDIE

  • Personnages de bourgeois
  • Sujet : famille, vie sociale, argent, mariage (sphère privée)
  • Forme assez libre ; vers ou prose
  • Fin heureuse
  • Le destin n'y joue aucun rôle

TRAGÉDIE

  • Personnages nobles
  • Sujet : pouvoir, politique, amour (sphère publique)
  • Cinq actes ; vers ; style soutenu
  • Dénouement funeste
  • Le destin y joue la plupart du temps un rôle important
RÉGLES PROPRES À LA TRAGÉDIE CLASSIQUE La règle dite des « trois unités » impose que le sujet traité par une pièce :
  • ait lieu en 24 heures
  • se passe dans un seul lieu
  • soit uni par une cohérence forte (on ne raconte pas plusieurs « histoires » à la fois).
Le dramaturge doit également observer la règle de bienséance : pas de sang ni de scène choquante sur scène.

Info

LE XVIIE SIÈCLE

DRAMATURGES MAJEURS

PIERRE CORNEILLE (1606-1684)Il est connu pour mettre en scène des personnages affrontant des dilemmes dits cornéliens : que choisir, entre leur réputation et leurs sentiments ?

JEAN RACINE (1639-1699) Il met en scène des personnages écrasés par leur passions.

MOLIÈRE (1622-1673)Molière a rénové le genre de la comédie et inventé la comédie-ballet, qui mêle musique, danse et théâtre.

Cours video sur le théâtre classique

Classez correctement les items

Bourgeois

Fin funeste

Absence de fatalité

Vers ou prose

Registre soutenu

Registre courant ou familier

Famille, argent, mariage

Aristocrates

Vers

Politique, pouvoir

Présence de la fatalité

Fin heureuse

Comédie classique

Tragédie classique

Solution

LE XVIIIE SIÈCLE

Les philosophes des Lumières prennent violemment parti contre le clergé et son attitude autoritaire envers le théâtre. Voltaire et Diderot soutiennent l'idée selon laquelle la représentation des vices et des vertus peut « éclairer » les hommes. La tragédie décline - Voltaire rêve de devenir célèbre avec les tragédies qu'il écrit, mais elles ne sont plus jouées.

La Comédie-Française, Antoine Meunier (1765-1808)

LE XVIIIE SIÈCLE

MARIVAUX Ses personnages, complexes, s’interrogent sur eux-mêmes. Dans plusieurs comédies, ils cachent leur identité à leur promis.e, en prenant le costume de son valet (ou de sa suivante). Cela leur permet de découvrir celle ou celui qu’ils épouseront, mais également de mieux se connaître grâce à ce jeu de masques. Tout ceci porte le nom de « marivaudage ». Marivaux écrit également des pièces politiques, comme l'utopie L’île des Esclaves (1725), où il met en scène une sorte de rééducation imposée à des maîtres devant renoncer à leurs privilèges et être des valets. BEAUMARCHAIS Avec Le Barbier de Séville (1775) ou Le Mariage de Figaro (1784), il place le valet au centre de ses pièces : il revendique la justice et l'égalité sociale. La Révolution française approche.

En 1777, Beaumarchais, révolté par le fait que les dramaturges sont exploités par la Comédie-Française (qui détient le monopole et ne leur verse qu’une maigre rétribution), fonde ce qui deviendra au XIXe siècle la Société des auteurs. La notion de propriété intellectuelle est née, et bientôt, les dramaturges et tous les auteurs perçoivent des droits d'auteur.

LE XVIIIE SIÈCLE

LE DRAME BOURGEOIS Le philosophe des Lumières Denis Diderot invente le drame bourgeois. Marivaux (La mère Confidente (1731) et Beaumarchais (La Mère coupable (1792)) en écrivent également. Le drame bourgeois :

  • Il tient de la comédie et de la tragédie
  • Refuse l'unité de temps et de lieu
  • Met en scène des personnages bourgeois, contemporains du public
  • Accorde une place importante au pathos et au romanesque

LE XIXE SIÈCLE

LE DRAME ROMANTIQUE

Les règles du théâtre classique sont définitivement abandonnées : les auteurs romantiques ont redécouvert Shakespeare, la liberté et la puissance de ses pièces, et veulent révolutionner le théâtre. Ils rejettent les règles classiques : règle des trois unités, bienséance et vraisemblance. Les lieux se multiplient : intérieurs, extérieurs. Leurs pièces mêlent tragique, pathétique et comique afin de représenter le monde dans sa totalité : à la fois grotesque et sublime. Ces dramaturges veulent émouvoir le spectateur en faisant appel à sa sensibilité. Le héros romantique est un révolté souffrant du « mal du siècle ». C’est un être déchiré, torturé, en proie aux passions mais souffrant aussi d’aspirations contradictoires comme Lorenzaccio, dans le drame de Musset, Ruy Blas, le héros de Victor Hugo ou Chatterton, le personnage tourmenté de Vigny.

« Le romantisme n’était autre chose que l’alliance du fou et du sérieux, du grotesque et du terrible, du bouffon et de l’horrible, autrement dit, si vous l’aimez mieux, de la comédie et de la tragédie. » (Musset, 1836)

LE XIXE SIÈCLE

LA BATAILLE D'HERNANI

En 1830, Victor Hugo obtient l'autorisation de représenter son drame romantique Hernani dans la salle prestigieuse de la Comédie Française, où sont joués les classiques : Racine, Molière... Le dramaturge s'attend à ce que sa pièce choque : au XIXe siècle, un dialogue comme « Est-il minuit ? — Minuit bientôt » entre le roi et don Ricardo est jugé inapproprié car trop trivial. Hugo fait en sorte que la première représentation d'Hernani soit mémorable.

Dessin de Paul Albert Besnard (1849- 1934) représentant la première d'Hernani.

LE XIXE SIÈCLE

LA BATAILLE D'HERNANI

Pour la première représentation, Victor Hugo recrute des amis, de jeunes romantiques anticonformistes, et leur offre leur place. Ils doivent "faire la claque" : applaudir aux moments clés de la pièce. Ils arrivent des heures avant le début de la représentation. Le public est composé des des jeunes partisans de Victor Hugo, de ses adversaires, âgés, et de curieux. La pièce fait un triomphe, mais les représentations suivantes sont gâchées par les adversaires de l'auteur, qui sifflent, crient, dérangent les comédiens - on a calculé que ceux-ci étaient interrompus 150 fois par représentation. Par la suite, deux auteurs romantiques, Alexandre Dumas et Théophile Gautier, transforment cet épisode en guerre épique.

Granville (1836)

Cours video sur le drame romantique

LE XIXE SIÈCLE

LE MÉLODRAME

Ce genre théâtral populaire se caractérise par des situations violentes (assassinats, vols, naufrages...) compliquées et invraisemblables. Les personnages sont manichéens : un maître odieux, corrompu et cruel ; un traître ; une héroïne vertueuse et maltraitée ; un jeune amant, justicier prêt à tout pour sauver la victime et punir son tyran ; enfin un niais, peureux et gourmand. Les théâtres spécialisés dans le mélodrame rencontrent un succès extraordinaire. Ils se situent sur le boulevard du Crime, surnom donné au XIXe siècle au boulevard du Temple à Paris.

Honoré Daumier

"En 20 ans, Tantin a été poignardé 16321 fois. Marty a subi 11000 empoisonnements avec variantes. (...) Mlle Dupuis a été 75000 fois "innocente", séduite, enlevée ou noyée..." L'Almanach des spectacle 1823, à propos de plusieurs comédiens du Boulevard du crime.

le théâtre AU XIXe - EXERCICE

Vigny

Lorenzzaccio est le héros de la pièce éponyme écrite par .

Musset

Musset

Hugo

1805

La Bataille d'Hernani a lieu en .

1830

1830

1870

Shakespeare

Le drame romantique est influencé par le théâtre de .

Racine

Shakespeare

Diderot

drames romantiques

Les Parisiens vont sur le boulevard du crime assister à des .

mélodrames

mélodrames

comédies

LE XXE SIÈCLE

QUELQUES JALONS

Le rôle du metteur en scène prend de l'ampleur : il est désormais reconnu comme un artiste à part entière, ses mises en scène constituent son oeuvre. RETOUR DE LA MYTHOLOGIE Jean Cocteau, Jean Anouilh, Jean Giraudoux reprennent des mythes antiques comme celui d'Œdipe, d'Antigone ou d'Electre, tout en les modernisant. Ils montrent ainsi d'une part la permanence des interrogations humaines, d'autre part le sens nouveau que l'on peut donner à ces mythes, dans le contexte bouleversé de la Première Guerre mondiale et de la montée des fascismes.

LE XXE SIÈCLE

QUELQUES JALONS

LE THÉÂTRE ENGAGÉ Après la Seconde Guerre mondiale, dans un monde désorienté, Albert Camus (Les Justes, 1949) et Jean-Paul Sartre (Les Mains sales, 1948, Huis clos, 1945) défendent un théâtre plus engagé politiquement, illustrant leurs réflexions philosophiques sur l’action, la révolution ou la responsabilité individuelle et sociale. Dans les années 50 et 60, Jean Genet, avec Les Bonnes (1947) ou Le Balcon (1956), développe un théâtre de la transgression, de nature toujours plus politique. La représentation des Paravents en 1966 qui fait allusion à la guerre d’Algérie et condamne le colonialisme et le racisme, entraîne de violentes manifestations.

LE XXE SIÈCLE

QUELQUES JALONS

LE THÉÂTRE DE L'ABSURDE Le théâtre de l’absurde reflète la perte des repères et la défiance vis-à-vis du langage manipulateur. Samuel Beckett (En attendant Godot (1952), Oh les beaux jours (1963)) et Eugène Ionesco ((La Cantatrice chauve (1950), Les Chaises (1952)) renouvellent l’art dramatique, tout en mélangeant tragique, métaphysique et humour. Les personnages, dénués de psychologie, évoquent des pantins, la possibilité d'une communication avec autrui est remise en cause, et l’intrigue n’a plus de cohérence.

Cours video sur le théâtre après-guerre

LE XXIE SIÈCLE

Aujourd'hui, le théâtre demeure un art bien vivant : femmes et hommes de théâtre écrivent des pièces et mettent en scène textes actuels et anciens.

DEUX SITES POUR EN SAVOIR PLUS SUR LE THÉÂTRE CONTEMPORAIN :

Théâtre en acte Théâtre contemporain

Qu’en un lieu, qu’en un jour, un seul fait accompliTienne jusqu’à la fin le théâtre rempli.Jamais au spectateur n’offrez rien d’incroyable :Le vrai peut quelquefois n’être pas vraisemblable.Une merveille absurde est pour moi sans appas :L’esprit n’est point ému de ce qu’il ne croit pas.Ce qu’on ne doit point voir, qu’un récit nous l’expose :Les yeux en le voyant saisiroient mieux la chose ;Mais il est des objets que l’art judicieuxDoit offrir à l’oreille et reculer des yeux.

Le poète et théoricien de la littérature Nicolas Boileau résume les règles du théâtre classique dans L'Art poétique (1669-1674)

Bourgeois - famille, argent, mariage - vers ou prose - registre courant et familier - fin heureuse - absence de fatalité

Aristocrates - politique pouvoir - vers - registre soutenu - fin funeste - présence de la fatalité