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Monde nouveau

Théatre des 13 vents

Created on March 19, 2025

Création 2025 de Nathalie Garraud et Olivier Saccomano

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Transcript

Nathalie Garraud et Olivier Saccomano

Dossier pédagogique

Commencer

Sommaire

Présentation de la pièce
Inspirations
Présentation des artistes
Entretiens
Bibliographie
Lire, écrire, réfléchir, créer avec le spectacle
Galerie photos
13 minutes aux 13 vents

Présentation de la pièce

Dans Monde nouveau, notre sujet est le contemporain, pris d’un bloc, dans sa massivité pressante, son épaisseur géologique, ses lignes de force et de fracture. Si vaste et indéterminé que soit ce motif, il nous donne une échelle, celle d’une pièce-monde, d’une machinerie qui exhibe ses rouages. En son sein tournent, à moins qu’ils ne la fassent tourner, des hommes et des femmes : des représentants de l’espèce humaine. Ce sont nos contemporains. Ils vivent à l’âge des nouveautés. Nouvelles technologies, nouvelle économie. Et ce contemporain se tient lui-même au point de bascule entre deux « néo » : un néolibéralisme qui forme les jours et les nuits du monde à son image et un néofascisme qui surgit en miroir.

générique

Info

Présentation des artistes

Elle et il codirigent le CDN Théâtre des 13 vents de Montpellier depuis janvier 2018. Nathalie Garraud est metteuse en scène, Olivier Saccomano est auteur.

Un CDN est une structure dirigée par un ou plusieurs artistes directement concerné.es par l’art dramatique. Il lui est confié une mission d'intérêt public de création dramatique, dans le cadre d'une politique nationale de développement de l'art du théâtre.

C'est un théâtre de service public, c’est-à-dire subventionné par l’Etat et les collectivités territoriales.Il y a 38 CDN en France.

Visite virtuelle du théâtre

La Troupe Associée

Nathalie Garraud et Olivier Saccomano travaillent avec deux actrices et deux acteurs.
Conchita Paz
Charly Totterwitz
Florian Onnéin
Lorie-Joy Ramanaïdou
Dans Monde nouveau, il y a sept actrices et acteurs. Vous verrez aussi...
Elena Doratiotto
Jules Puibaraud
ou
Mitsu Doudeau
Cédric Michel

Réfléchir sur...

La nouveauté
L'attention
Le rapport au temps
L'ère numérique

La nouveauté

Le titre

Expliquez comment vous comprenez le titre. A quel type de monde s'attend-on ?

Qu'appelle-t-on habituellement "le nouveau monde" ?

Dans quelle mesure la place de l'adjectif après le nom a-t-elle une importance ?

"Monde grand" est le titre de la prochaine création de la troupe. Quel rapprochement faites-vous avec "Monde nouveau" ?

Extrait 1 à lire

Extrait 1

K2.- Combien de siècles depuis que Christophe Colomb a découvert le Nouveau Monde… Alice.- Qui existait déjà depuis des siècles… K1.- Le Nouveau monde n’avait rien de nouveau… K2.- Mais le Monde nouveau n’est pas un Nouveau monde…

La nouveauté

Olivier Saccomano explique dans l'interview (que vous pouvez lire ici) que :

Le point de départ de la pièce est plutôt cette injonction à la nouveauté de façon permanente et offensive qui se produit à peu près à tous les étages de l'existence.

Lisez l'extrait 2 et écrivez les répliques suivantes

Extrait 2

K2.- Un nouveau projet ? K3.- Un nouveau départ ? K4.- Une nouvelle étape ? K5.- Une nouvelle coupe ? K6.- Un nouvel amour ?

Et vous, que voulez-vous de nouveau ? Pourquoi le voulez-vous ?

Lorie-Joy Ramanaïdou sur le désir de la nouveauté

Jeanne Guien : Le Désir de nouveautés

"C'est nouveau, ça vient de sortir, c'est la mode... " Pourquoi ces discours font-ils vendre ? Comment expliquer qu'un produit mis récemment sur le marché paraisse plus désirable et plus fiable que les autres, aussitôt déclassés et considérés comme vieux, dépassés, obsolètes ? Au gré de la diffusion du capitalisme depuis le XVIe siècle, la nouveauté est devenue un étalon de valeur. Dans la publicité et la communication des entreprises, elle est appliquée à tout et n'importe quoi, n'importe comment : des voitures restent nouvelles un an, des styles vestimentaires le redeviennent tous les vingt ans, des objets jetables le sont pendant quelques minutes, voire quelques secondes... Pourtant, en dépit de leur obsession pour le sujet, économistes et marketeurs peinent à définir la nouveauté et à justifier l'aura qu'ils lui prêtent. Ils sont incapables de mesurer le nombre de " nouveaux produits " commercialisés chaque année et constatent que la grande majorité de ces " lancements " échouent, cette offre ne répondant à aucune demande. Les acteurs du marché n'en continuent pas moins à encourager et à encenser l'" innovation "

L'attention

Dans le texte et la mise-en-scène, l'attention des spectateur.ices est sollicitée et déviée en permanence. Quels sont les éléments qui créent la distraction ?
Que ressentez-vous à la lecture de cet extrait ? Expliquez.

Extrait 3

K3.- Et pour dormir, vous avez quelque chose ? K2.- Un chiffre d’affaires de 4 milliards… K6.- Il a fait sa journée de recensement ? K5.- Y a un problème… K2.- Cocaïne, héroïne, produits synthétiques… K5.- Dans vingt ans, on va faire quoi si on peut plus accéder aux terres ? K2.- Le problème, c’est que les réseaux sont très plastiques… Alice.- Chien… K2.- Parce qu’il n’y a aucune règle... K5.- On va faire quoi ? K4.- Loup…

Alice est le personnage qui regarde ce qui se passe sur la scène et qui découvre un nouveau monde.
Quel(s) effet(s) sa présence a-t-elle sur les spectateur.ices ?
Lorie-Joy Ramanaïdou parle de son personnage

Alice.- On n’est pas obligé de croire tout ce qui se dit… Sinon, la vérité ne serait qu’un mensonge auquel tout le monde s’est mis à croire…

Le rapport au temps

Le rapport au temps

24/7 A l'assaut du sommeil

On considère en général le besoin de dormir soit comme une perte de temps, soit comme un relâchement fâcheux de la vigilance. Le sommeil sert par exemple de métaphore pour illustrer l’apathie des peuples face à l’oppression. A l’heure où le capitalisme prétend faire de la vie humaine un processus de production et de consommation ininterrompues, ne faudrait-il pas réviser ces représentations ?

Lisez l'extrait 4.

Extrait 4

1, 2, 3, 4… Normalement je compte dans ma tête… On apprend ça dans les hôtels… Une chambre c’est quinze minutes… Quatre chambres en une heure… On fait d’abord la salle de bain - poubelle, toilettes, lavabo, douche, sol, flacons, et puis on fait la chambre - poubelle, placard, fenêtre, draps, couvertures, oreillers, sol, et puis on passe à la chambre d’après… Ça fait poubelle trente secondes, toilettes une minute, lavabos une minute, douche deux minutes, sol une minute, flacons trente secondes, poubelle trente secondes, placard une minute, draps trois minutes, couvertures deux minutes, oreillers une minute, sol deux minutes… Une chose après l’autre…

Le rapport au temps

Qui parle à votre avis ?
Comment qualifieriez-vous le rapport au temps de ce personnage ?
Lisez cette tirade de façon expressive. Commentez le rythme que vous avez choisi.

L'ère numérique

Des nouvelles technologies ancrées dans le quotidien des Français

La cyberdépendance, nouveau mal du siècle ?

L'IA et le nouvel esprit du capitalisme numérique

L'ère numérique

Une résonnace du théâtre de l'ère scientifique ?

Les œuvres de Brecht se veulent didactiques, politiques et réflexives, les spectateur.ices étant acteur.ices du jeu se déroulant sous leurs yeux. La Vie de Galilée (1955) illustre également la volonté de créer un théâtre de «l’ère scientifique». Bien plus qu’une transposition des théories scientifiques dans le domaine théâtral, il s’agit de questionner les connaissances produites, le rôle du chercheur et d’éclairer les spectateur.ices sur les conditions sociales de son époque.

Dans Monde nouveau, les spectateur.ices peuvent réfléchir aux effets de l'omniprésence du numérique et de l'IA dans leur vie.

L'ère numérique

Des nouvelles technologies ancrées dans le quotidien des Français

Neuf personnes sur dix sont internautes, et 82 % de la population âgée de 12 ans et plus résidant en France métropolitaine se connecte tous les jours à internet. Cette inscription d'internet dans la vie des Français.es concerne également les plus âgés : désormais 64 % des personnes âgées de 70 ans ou plus sont internautes.

Pour accéder à Internet, l’appareil le plus utilisé n’est plus l’ordinateur mais le smartphone.Les ventes de smartphones sont passées de 139 millions d'unités en 2008 à 1,43 milliard d'unités en 2023.

L'enquête du CREDOC

Charly Totterwitz sur le téléphone

La cyberdépendance, nouveau mal du siècle ?

Les applications et services en ligne nous libèrent autant qu’ils nous asservissent. Comment garder son libre arbitre face à ces outils qui sont pilotés par des algorithmes qui permettent de scruter nos réponses, de renforcer le prévisible en nous sollicitant sans cesse ? En pensant pour nous ?

Julien Benguigui, dans sa thèse intitulée « La cyberdépendance. Données de la littérature et résultats d’une étude sur 48 cas », définit les usages pathologiques d'internet.

La dépendance communicationnelle

La dépendance aux jeux en réseau

La dépendance aux jeux d’argent en ligne

La dépendance au travail ou workaholisme

L’achat compulsif en ligne

La dépendance à la cyber sexualité

L'ère numérique

L'IA

Sept Français sur dix ont déjà entendu parler des outils d’intelligence artificielle comme ChatGPT, Google Bard, Midjourney ou Dall-E : 38 % savent ce que sont ces outils, et 20 % les ont déjà expérimentés. Une expérimentation qui s’est pour le moment davantage réalisée dans un cadre privé (16 %) que professionnel ou scolaire (12 %). 43 % des 18-24 ans les ont utilisés dans leur vie privée et 31 % des cadres et professions intellectuelles supérieures dans leur vie professionnelle.

84% des Français affirment avoir déjà entendu parler des logiciels utilisant l’IA générative, mais 50% disent ne pas avoir une bonne compréhension de son fonctionnement.

L'IA est la conjonction de trois facteurs : - l'augmentation constante de la performance des ordinateurs; - le développement spectaculaire des données massives (big data) donnant accès à de larges volumes de données; - le développement d'algorithmes d'apprentissage machine (machine learning) plus sophistiqués, dont les limites historiques peuvent précisément être dépassées grâce au dynamisme des deux premiers facteurs. Les méthodes d'apprentissage machine permettent d'apprendre « automatiquement » des structures caractéristiques dans des bases de données massives, et parmi ces méthodes, c'est l'apprentissage profond (deep learning) qui est développé.

IA et société, machinisme, symbolisme et politique

Cette étude montre que les dispositifs de l'IA ne sont pas de simples artefacts techniques, mais bien des faits sociaux. En effet, lorsqu'on assiste à un battage médiatique intense soutenu par des intérêts économiques et politiques importants, il est essentiel de déconstruire les mythes et discours et de démêler qui est derrière ceux-ci.

Qu'est-ce qui importe ? Qui pense, qui agit, qui parle encore et pour qui ? Si le sens et la finalité disparaissent, si nous ne pouvons même plus les déclarer dans une praxis, rien n'a d'importance ni d'intérêt. Et si les capacités de « l'être humain », la technique, la science, l'imagination, l'art, ou son absence, s'érigent en puissances autonomes et que la pensée réfléchissante se contente de ce constat, l'absence de « sujet », que répliquer ? que faire ?

L'IA et le nouvel esprit du capitalisme numérique

La « course à l'IA » répond à une une pulsion de totalisation du capitalisme contemporain consistant à court-circuiter le « Réel » en abolissant les formes de médiation (symbolique, conventionnelle, institutionnelle...), tout en absolutisant la contingence.

"Il est facile de faire correspondre à chaque société des types de machines, non pas que les machines soient déterminantes, mais parce qu'elles expriment les formes sociales capables de leur donner naissance et de s'en servir"

Pour un algorithme apprenant, le sujet humain, comme d'ailleurs n'importe quel autre objet, n'est rien de plus qu'un agrégat temporaire de signaux numériques.

Pourtant, la« « smartification », parce qu'elle « désintermédie », est parfois propulsée comme favorisant l'« humanisation » des conditions de travail grâce aux « interactions homme-machine », permettant une gestion « plus intelligente », plus fine, plus individualisée des ressources humaines.

En réalité, ce qui importe à l'entreprise, c'est de rendre les moindres attitudes, gestes, comportements des travailleurs calculables dans un paradigme data-comportementaliste.

L'ère numérique

Quand la machine pense à notre place
La privation de liberté
Extrait 5

K5.- Les cellules critiques, signalées en bleu, font l’objet d’un rapport hebdomadaire… K6.- Permettant d’engager les premières mesures de réorientation progressive… K5.- Qui servent elles-mêmes de socle de décision optimale… K6.- Une fois acté par les partenaires le point de bascule vers une évolution structurelle… K5.- L’accompagnement humain, coextensif à l’ensemble du processus, s’appuie sur une réélaboration partagée du langage interne… K6.- La mise en place d’outils simplifiés de repérage des contenus… K5.- Une nouvelle dynamique de transmission des objectifs à court terme… K6.- Le pilotage opérationnel privilégie les organisations souples…

Les cadres

Regardez les éléments de la scénographie ici
Définition du nom CADRE

Comment expliquez-vous la présence des cadres ?

Prêtez attention aux acteurs et actrices qui montent et descendent les cadres. Que pensez-vous de cette machinerie apparente ?

La mise-en-scène de Nathalie Garraud

Activités de plateau Faites des propositions de jeu dans lesquelles un objet sera détourné de sa fonction première, et deviendra une métaphore, comme le cadre dans Monde nouveau. Vous pouvez aussi faire une proposition sur la polysémie de l'objet choisi (cadre de tableau = porte automatique = fenêtre d'ordinateur)

Activités de plateau

Divisez-vous en deux groupes : un au plateau, l'autre spectateur.
Marchez dans l'espace et choisissez un geste que vous répèterez aléatoirement. Quelle est l'impression provoquée chez les spectateur.ices ?
Imaginez une improvisation où les interlocuteur.ices terminent la réplique commencée par le ou la précédant.e.
Ecrivez une scène avec deux conversations distinctes entre les 4 personnages. Vous jouerez simultanément les deux conversations, en intercalant chaque réplique. Quel est l'effet provoqué ?

Inspirations

Le Procès, de Kafka

Les Temps Modernes, de Chaplin

Umwelt, de Maguy Marin

L'art de la fugue, de Bach

Les Temps Modernes, de Chaplin (1936)

Les Temps Modernes, de Chaplin

Le taylorisme
Le New Deal américain

Pour améliorer la productivité des entreprises industrielles, l’Américain Frédéric W. Taylor (1856-1915) a imaginé une organisation scientifique du travail, connue sous le nom de travail à la chaîne : l’industrie automobile a été l’une des grandes bénéficiaires de cette mécanisation du travail. La célèbre Ford T, l’une des premières voitures populaires, fabriquée à 10 600 exemplaires en 1909, est passé à 248 000 deux ans plus tard. Mais les cadences de production ont provoqué de nombreux traumatismes tant physiques que psychiques chez les ouvriers. Après-guerre, on a compris que le “bien-être” des travailleurs était un facteur de rentabilité. Et aujourd’hui, les robots remplacent de plus en plus les ouvriers.

Le New Deal américain Les États-Unis ont connu en 1929 une très grave crise économique : faillite des banques, fermeture d’usines, chômage record à la ville comme à la campagne… Des milliers de vagabonds, comme Charlot, errent à la recherche de travail. À partir de 1933, le Président F. W. Roosevelt rompt avec la politique libérale traditionnelle des USA, pour proposer un New Deal (une nouvelle donne) : aides aux chômeurs, lancement de grands travaux publics, réduction du temps de travail, pour relancer l’économie et créer des emplois. En 1936, à l’époque où Chaplin tourne les Temps modernes, cette politique commence à porter ses fruits

Umwelt, de Maguy Marin

Conçu comme un milieu doté de ses propres règles, Umwelt repose sur un dispositif perceptif constitué de portes et de miroirs, d’ouvertures et de fermetures qui organisent le battement de la vision. À l’intérieur de ce cadre mis en vibration par le son amplifié de trois guitares, des corps défilent, apparaissent, disparaissent, amorcent des bribes de situations quotidiennes : brandir un objet, s’étreindre, marcher, manger, disparaître. Cette suite ininterrompue d’entrées et de sorties dresse une galerie d’attitudes, comme une bobine aléatoire glissée dans un projecteur défectueux. Progressivement, la machine s’emballe, coupe, se répète, recommence ; les corps se dédoublent, restant au bord de leur propre existence.

Le Procès, de Kafka (1925)

Joseph K., cadre de banque, est arrêté chez lui, un beau matin, sans raison, le jour de son trentième anniversaire. Si on le laisse libre d’aller et venir, il ne cesse de se heurter à des obstacles absurdes, à des êtres étranges, à une réalité qui semble se dérober à mesure qu’il tente de percer le mystère de son « arrestation ». Une justice invisible mais menaçante, qui ne définit jamais la faute qu’il a pu commettre, le cerne de toutes parts. Le Procès, que Kafka considérait comme inachevé, et qui parut en 1925, moins d’un an après sa mort, est un livre d’une originalité radicale, sans sources ni modèles, qui entraîne son personnage, tout comme les lecteurs, sur un terrain de plus en plus instable, à la manière des sables mouvants.

L'art de la fugue de Bach (1740-1750)

La fugue, qu'est-ce que c'est en quelques mots ?

C'est un motif que vous entendez d'abord seul, donc : a capella / à une seule voix. Et puis, une fois ce motif énoncé, vous l'entendez à nouveau, en parallèle au premier mais en imitation, soit un peu plus grave, soit un peu plus aigu. Lorsque ce deuxième énoncé arrive à son terme, voici une troisième voix, toujours en imitation, et toujours en parallèle aux deux précédents, et parfois, il y a une quatrième voix, voire même une cinquième voix. Donc, toute la difficulté pour les compositeurs réside dans le fait de coordonner toutes ces voix entre elles à partir du motif initial constamment repris. C'est un éternel recommencement.

L'art de la fugue de Bach (1740-1750)

Ressources

Interview d'Olivier Saccomano

Entretiens avec les acteur.ices

Vidéo de la costumière

Dessins de la scénographe

Photos du spectacle

13 minutes aux 13 vents de Valérie Mitteaux
Interview d'Olivier Saccomano sur Monde nouveau

Propos recueillis par Fabrice Massé, dans Artdeville, numéro 92 du 20 avril 2025

Interview d'Olivier Saccomano sur Monde nouveau page 1/4

Le titre de votre pièce, Monde nouveau, résonne aujourd'hui de manière assez spectaculaire. Rarement, en effet, a-t-on eu autant l'impression de vivre dans un monde aussi nouveau. Le spec- tacle que vous créez pour ce Printemps des comédiens va-t-il évoquer cette actualité internationale si mouvementée ou parle-t-il d'autre chose ?

Oui, mais de façon plus lointaine que strictement collée à l'actualité qui, de toute façon va à une vitesse telle que l'idée n'est pas d'essayer de lui courir après. En fait, il est question de cette injonction à la nouveauté, sous les formes diverses d'innovation qu'on a pu connaître. Et ça va de ce qu'on a appelé la nouvelle économie dans les années 80, aux nouvelles technologies, aux nouveaux outils, etc. Cette injonction à la nouveauté laisse déjà penser, idéologiquement, à une espèce de révolution d'ordre pratiquement anthropologique, comme si on était entré dans une nouvelle ère.

Des ruptures notamment technologiques, il y en a depuis que le monde est monde. Chaque décennie dernièrement, certes, mais en quoi cela est-il nouveau précisément ?

Dans la forme nouvelle qu'a pris ce qui a démarré de façon claire, nette et offensive dans les années 80, c'est-à-dire un néo, le néo du néolibéralisme en fait. Il s'est appuyé sur une espèce de machine à appeler et à générer de la nouveauté, presque d'heure en heure. Le point de départ de la pièce est plutôt cette injonction à la nouveauté de façon permanente et offensive qui produit à peu près à tous les étages de l'existence, dans nos jours et dans nos nuits, un rythme ou une espèce d e course en avant , dans laquelle on pourrait dire que l'humanité s'engouffre. C'est le point de départ. L'idée que l'on devait essayer de donner une forme théâtrale à cette nouveauté - là .

Interview d'Olivier Saccomano sur Monde nouveau page 2/4

Quelle forme avez-vous donc choisi d e donner à votre pièce ?

Juste à titre de comparaison, parce que c'est vrai qu'il y a toujours eu des nouveautés dans le temps, on avait en tête Les temps modernes de Charlie Chaplin. C e n 'est pas du tout la forme que ça va prendre finalement, mais on se disait qu'il y avait aussi une nouveauté, le travail à la chaîne. Et on voyait très clairement u n représentant de l'espèce humaine accroché à une machine qui lui faisait faire ce qu'elle voulait, à ce moment-là de l'Histoire. C'est donc moins une pièce d'actualité au sens strict, qu'une sorte de farce anthropologique - c'est comme ça qu'on a appelé la pièce au début. Le terme est savant, mais c'était quelque chose de cet ordre, au plus près du contemporain, à l'échelle de l'espèce humaine, où il y a des mutations très fortes et où, aussi, la question de l'espèce se pose en tant que telle, puisque cette vitesse et cette course en avant installent dans les esprits d'un monde nouveau mais aussi possiblement d'une fin du monde.

Vous avez puisé dans d'autres registres ?

J'ai pensé aussi aux Tweedledum et Tweedledee de Alice au pays des merveilles, ces jumeaux un peu grotesques qui se jouent entre eux d'une espèce de logique un peu absurde, mais qui mouline, mouline, mouline du discours jusqu'à ce que... Bref, on s'est dit en pensant aussi à Brecht - qui s'interrogeait sur ce qu'était de jouer du théâtre à l'ère scientifique*- qu'est-ce que cela pouvait donner une manière de faire du théâtre, à l'ère du numérique, des algorithmes? Comment cette idée guide les acteurs, actrices, sur u n plateau de théâtre ? C'est ce qui nous a intéressés.

Interview d'Olivier Saccomano sur Monde nouveau page 3/4

Comment le contexte institutionnel, aussi, formate nos faits et gestes ?

Oui, absolument, mais au sens large bien sûr. Ce ne sont pas les institutions qui donnent des directives si formulées que ça, mais comment la vie des êtres humains entre eux s'institue, est travaillée... Est-ce que le téléphone que je tiens dans les mains est une institution ? Je pense que oui. Il institue une forme de parole; ça passe aussi par l'écran... Ça régit d'une certaine manière notre façon d e nous parler d e nous aimer, de se gouverner, etc...

Votre pièce est-elle aussi une vision du théâtre sur le théâtre ?

Non. Au début de la pièce, il y a une femme qui est un peu extérieure à tout ça, prise dans un certain nombre d'événements. Je ne peux pas en dire plus mais, disons qu'elle va accompagner ces événements. Selon un fonctionnement extrêmement rapide - et ça marche - ou alors non, et la machine s'emballe [...] les choses se mettent à chanceler. Ça finit par un procès à la Alice au pays des merveilles, celui de cette femme, parmi les agents de cette machine. Voilà à gros traits la trame. Il y a une phrase de Kafka que j'adore qui dit qu'il faudrait que l'art soit moins un miroir qu'une montre qui avance. Eh bien, cette montre qui avance, le retard qu'on prend et la précipitation que ça engendre... on s'est dit qu'il ne fallait pas qu'on reste sur une représentation formalisée du temps présent. Il fallait qu'on arrive à emballer la machine. Il y a une déclaration de guerre, des éléments très concrets avec une machine très abstraite.

Interview d'Olivier Saccomano sur Monde nouveau page 4/4

On rit beaucoup, semble-t-il, malgré le sujet ?

Oui. Ce n'est pas la fonction du théâtre que de nous écraser avec c e q u ' o n sait déjà, mais o n peut prendre appui sur des troubles qui nous traversent, dépasser le temps présent - qui a bien des raisons de nous déprimer - pour trouver un souffle, se donner la liberté de la farce La farce a cette fonction de s'emparer des éléments du monde qui nous entoure, de les faire tourbillonner à une autre vitesse que celle habituelle, pour en montrer autre chose. Ça demande des efforts surhumains par les temps qui courent (rire), mais c'est l'idée.

Êtes-vous sûr que la toute dernière actualité ne trouvera pas une petite place d'ici à ce que la pièce soit montée ?

Non. Ou, peut-être, à u n moment de la pièce. On a des sortes de marionnettes vivantes , un discours à trois têtes : Trump, Meloni et Milei, dans une courte conférence de presse... Mais c'est très court.

À propos d'actualité, alors qu'on a créé la cité européenne du théâtre à Montpellier, le Printemps des comédiens semble mal en point, financièrement. De manière plus générale, la culture aussi. Quel impact cela a sur votre travail ?

Pour l'instant, on est dans l'incertitude, comme tout le monde, ce qui fait des conditions de travail disons particulières. Sans qu'on sache les tenants et les aboutissements des décisions.

Lorie-Joy Ramanaïdou actrice de la troupe associée

Le désir de la nouveauté

Mon rôle dans la pièce

De l'improvisation au texte

Charly Totterwitzacteur de la troupe associée

Enjeux de Monde nouveau

Le travail d'improvisation

Le téléphone

Sarah Leterrier, costumière

Vidéo de présentation du travail de Sarah pour Monde nouveau

Bibliographie

A lire, à voir...

Pièces

Essais, romans

Fictions, documentaires

Essais, romans

24/7 le capitalisme à l'assaut du sommeil de Jonathan Crary Les Sociétés de contrôle, de Gilles Deleuze Personne ne sort les fusils de Sandra Lucbert Vallée du Silicium d'Alain Damasio Etat d'urgence et business de la sécurité de Mathieu Rigouste

Fictions, documentaires

Rêver sous le capitalisme, de Sophie Bruneau

Le régime politique sous lequel on vit a une incidence certaine sur nos rêves, selon la thèse développée par Charlotte Beradt dans son ouvrage "Rêver sous le IIIème Reich". Avec "Rêver sous le capitalisme", la cinéaste Sophie Bruneau prolonge cette étude, et l'étend au monde du travail. Douze témoignages, étayés par un remarquable sens du hors-champ.

Les Temps modernes, de Charlie Chaplin
Alice au pays des merveilles, de Lewis Carroll

Scénographie

Dessin de Marie Bonnemaison

Galerie photos

Photos de Jean-Louis Fernandez(répétitions)

reserver

Contact

Service éducatif du Théâtre des 13 vents

Rolande Le Gal Chargée des relations publiques rolandelegal@13vents.fr et Alexandra Lacroix Professeure missionnée alexandralacroix-gosset@13vents.fr 04 67 99 25 12

La dépendance à la cyber sexualité : la cyberpornographie est née avec l’apparition de l’internet. En 2006, la cyberpornographie était une industrie qui cumulait 57 milliards de dollars de chiffre d’affaires dans le monde dont 12 milliards aux États-Unis. On dénombre en France environ vingt millions de visiteurs uniques de sites pornographiques par mois. En outre, 80 % des mineurs ont déjà vu des contenus pornographiques, et à 12 ans, près d’un enfant sur trois a déjà été exposé à de telles images. Ces sites sont visités par des personnes de plus en plus jeunes car déjà 90 % des 8-16 ans ont été confrontés au moins une fois à un site pornographique. L’addiction du patient peut avoir des effets sur la vie scolaire, professionnelle et sociale. Elle provoque aussi de nombreux problèmes conjugaux et de nombreux signalements auprès des services de protection de l’enfance.

BIOGRAPHIE DE CHAPLINNé dans un quartier pauvre de Londres en 1889, Chaplin connaît une enfance difficile. Dès l’âge de dix ans, il entame une carrière d'artiste de music-hall. Au cours d'une tournée en Amérique, Mack Sennet lui adresse une proposition de contrat. Pour Chaplin, l'aventure du cinéma commence. Un an après ses débuts à Hollywood, en 1913, Chaplin crée le personnage de Charlot. Le succès est immédiat. Il décide de prendre en main la mise en scène de ses films. Le Kid , en 1921, bouleverse le monde entier. Chaplin fait peu à peu entrer dans son univers comique celui du mélodrame et de la réalité sociale : la Ruée vers l'or (1925) et le Cirque (1928). Lorsque le cinéma devient parlant, Chaplin, mime génial, refuse le parlant. Il tourne encore deux chefs-d’œuvre muets : les Lumières de la ville (1931) et les Temps modernes (1936). En 1940, il interprète Hitler dans le Dictateur, une violente satire contre le fascisme. Après guerre, victime d’attaques politiques, il tourne son film le plus dur, Monsieur Verdoux, une “comédie de meurtres” amère et critique. Puis vient Limelight (1952) où le cinéaste décrit la triste fin d'un clown dans le Londres de son enfance. L’année suivante, il se retire avec sa famille en Suisse. Après deux films diversement appréciés (Un Roi à New York et la Comtesse de Hong Kong, 1954 et 1967), et l’écriture de son autobiographie, le monde entier lui rend hommage. Anobli par la reine d’Angleterre, Sir Charles Spencer Chaplin s'éteint le 25 décembre 1977.

BIOGRAPHIE DE CHAPLINNé dans un quartier pauvre de Londres en 1889, Chaplin connaît une enfance difficile. Dès l’âge de dix ans, il entame une carrière d'artiste de music-hall. Au cours d'une tournée en Amérique, Mack Sennet lui adresse une proposition de contrat. Pour Chaplin, l'aventure du cinéma commence. Un an après ses débuts à Hollywood, en 1913, Chaplin crée le personnage de Charlot. Le succès est immédiat. Il décide de prendre en main la mise en scène de ses films. Le Kid , en 1921, bouleverse le monde entier. Chaplin fait peu à peu entrer dans son univers comique celui du mélodrame et de la réalité sociale : la Ruée vers l'or (1925) et le Cirque (1928). Lorsque le cinéma devient parlant, Chaplin, mime génial, refuse le parlant. Il tourne encore deux chefs-d’œuvre muets : les Lumières de la ville (1931) et les Temps modernes (1936). En 1940, il interprète Hitler dans le Dictateur, une violente satire contre le fascisme. Après guerre, victime d’attaques politiques, il tourne son film le plus dur, Monsieur Verdoux, une “comédie de meurtres” amère et critique. Puis vient Limelight (1952) où le cinéaste décrit la triste fin d'un clown dans le Londres de son enfance. L’année suivante, il se retire avec sa famille en Suisse. Après deux films diversement appréciés (Un Roi à New York et la Comtesse de Hong Kong, 1954 et 1967), et l’écriture de son autobiographie, le monde entier lui rend hommage. Anobli par la reine d’Angleterre, Sir Charles Spencer Chaplin s'éteint le 25 décembre 1977.

De mai à juillet 2019 se tient le procès France Télécom – Orange. Sept dirigeants sont accusés d'avoir organisé la maltraitance de leurs salariés. Parfois jusqu’à la mort. On les interroge longuement, leur fait expliquer beaucoup. Rien à faire : ils ne voient pas le problème. Le P-DG a un seul regret : « Cette histoire de suicides, c'est terrible, ils ont gâché la fête. » Il y avait donc une fête ? Parlons-nous la même langue ? Sandra Lucbert est née en 1981. Normalienne, agrégée de lettres, elle a écrit deux romans, Mobiles (Flammarion, 2013) et La Toile (Gallimard, 2017).

L’état d’urgence décrété après les attentats de novembre 2015, ainsi que les débats autour de la déchéance de nationalité et la constitutionnalisation de cette juridiction d’exception, viennent souligner avec force les politiques sécuritaires déjà à l’œuvre depuis de nombreuses années en France. Au regard de ces événements récents, Mathieu Rigouste analyse le nouveau modèle de militarisation du territoire qu’il qualifie de “rhéostatique”, c’est-à-dire capable d’être en permanence nivelé, en fonction des besoins de contrôle social des classes dominantes. Il revient sur les origines coloniales de l’état d’urgence, et sur la manière dont le contrôle militaro-policier du territoire et la guerre menée à l’extérieur s’inscrivent dans une seule et même logique: celle du capitalisme de la sécurité et du business des marchands d’armes. L’imbrication croissante de la police et de l’armée est, selon lui, révélatrice de l’expansion de ce marché sécuritaire.

L’achat compulsif en ligne : cette pratique est caractérisée par une irrésistible envie d’acheter, une tension avant l’action et sa résolution par la réalisation d’achats. Une pratique grandement facilitée par le commerce en ligne « ce qui est spécifique à pour ce genre de comportement, c’est que l’acte d’acheter est plus important que le fait de posséder l’objet. Paradoxalement, cet objet est dissimulé aux yeux de l’entourage : l’objet n’a aucune valeur sociale, il est pour soi. Ne pas le posséder est perçu comme un sentiment d’échec " rapporte Julien Benguigui. Les conséquences de l’achat compulsif sont sociales et particulièrement connues des travailleurs sociaux : interdiction de crédits, problèmes de couple allant jusqu’au divorce, perte de travail, insomnies.

La dépendance communicationnelle : les discussions instantanées, les messageries, les forums, les réseaux sociaux, mais aussi les sites de rencontres sont des supports qui permettent souvent à la personne qui s’y adonne « d’échapper à la solitude ».

Cette dépendance est liée à la volonté d’acquérir de meilleurs résultats pour atteindre des niveaux supérieurs. Certains jeux permettent par ailleurs de faire appel à des processus d’identification et d’obtenir une reconnaissance notable par les autres joueurs qui interviennent en simultané. Ces jeux dits de MMORPG (de l’anglais Massively Multiplayer Online Role-Playing Game) sont considérés comme hautement addictifs car ils permettent aux joueurs de faire évoluer le héros en niveaux, en puissance, en compétences, et surtout, dans la hiérarchie sociale du jeu. Il n’existe pas de fin dans ce type de jeu.

La dépendance aux jeux d’argent en ligne : les jeux d’argent sur l’internet sont très variés : ce sont les casinos en ligne, les loteries, les paris sportifs, le poker en ligne ainsi que opérations de bourse (le trading est aussi considérées comme un jeu/pari d’argent). Les joueurs pathologiques seraient en majorité des jeunes, dont une grande proportion d’étudiants. Les classes minoritaires et défavorisées seraient plus touchées que les autres

C’est un comportement compulsif qui consiste à consacrer à son travail toujours plus de temps et d’énergie. Le phénomène est durable et persiste en dépit des conséquences négatives sur la santé physique ou sur la vie sociale de l’individu. Les outils numériques ont décuplé ce risque notamment avec le télétravail lié à la pandémie car la frontière entre la vie privée et la vie professionnelle s’est effacée pendant cette période récente. Le sujet travaille sans cesse sur son ordinateur personnel, envoie des messages jusque dans la nuit.

Une étude pilotée par le laboratoire Kaspersky Lab auprès des Français et d’autres habitants de pays européens a démontré leur engouement pour leur smartphone. Nombreux sont ceux qui ont du mal à s’en séparer même au moment de se coucher. (dans cette étude 29,4 % des participants ont déclaré que leur smartphone était tout aussi important, voire plus important, pour eux que leurs parents – 21,2 % ont déclaré que leur smartphone était égal ou plus important que leur partenaire – 16,7 % ont classé leur smartphone dans la catégorie la plus importante, mais 1,1% des répondants ont déclaré que leur smartphone était plus important que toute autre chose dans leur vie). Selon cette enquête menée par les universités de Würzburg et de Nottingham Trent auprès de 2 478 propriétaires européens de smartphones de France et d’autres pays européens, un Français sur cinq avoue ainsi avoir besoin de son téléphone portable au moment de se coucher. Ils sont 22 % en Angleterre. Il ne s’agirait pas ici d’un simple engouement, mais là aussi d’une véritable addiction. Nous sommes aussi désormais sujet à ce que l’on appelle désormais l’amnésie numérique : nous oublions des informations essentielles que nous connaissions par le passé pour les confier à un appareil chargé de s’en souvenir à notre place. Notre mémoire mentale s’appauvrit au bénéfice de notre mémoire numérique.

SYNOPSISTel un troupeau de moutons, les ouvriers se rendent à l’usine, où ils sont soumis au rythme du travail à la chaîne. Un ouvrier, Charlot, perturbe régulièrement la chaîne par sa distraction… Le patron surveille le travail à l’aide d’un circuit de télévision interne, ne cesse de demander d’accélérer le travail et fait expérimenter par Charlot une nouvelle machine, un robot pas très au point permettant aux ouvriers de manger sans cesser de travailler. Bientôt, Charlot, absorbé par les rouages de la chaîne, en ressort délirant : il est hospitalisé. À sa sortie, il est pris pour un dangereux meneur parce qu’il veut restituer un drapeau rouge tombé d’un camion ! En prison, l’absorption malencontreuse d’une drogue fait de lui un héros qui préserve les gardiens de l’intrusion de gangsters. Chouchouté, il est déçu de regagner le monde quotidien et se fait volontairement arrêter.Il rencontre, dans un “panier à salade”, la “Gamine”, une fille de chômeur qui refuse de mourir de faim. Tous deux s’enfuient grâce à un accident. Ils rêvent d’une vie bourgeoise dans une petite maison et d’un ventre chaque jour plein... Gardien de nuit dans un grand magasin, Charlot retrouve le gangster Big Jim. Mais leurs retrouvailles trop arrosées ramènent Charlot au poste de police... Le travail reprend. Il joue des coudes pour être embauché, jusqu’à ce qu’une grève mette fin à un nouveau travail déjà mal engagé. Lorsque la Gamine est engagée dans un restaurant comme danseuse, elle introduit Charlot. Celui-ci ne fait pas merveille en serveur, mais sa chanson aux paroles involontairement improvisées fait merveille. Las, la Gamine étant recherchée pour vagabondage depuis la mort de son père, le couple doit s’enfuir, Charlot redonne courage à sa compagne effondrée et ils partent vers un horizon incertain, mais commun...

Dans une perspective dialectique, cet article cherche à saisir les fondements sociohistoriques des catégories centrales qui sont mobilisées dans le domaine de l’intelligence artificielle : la communication, la commande, le contrôle et l’information. L’intention est de poser les bases conceptuelles de l’élaboration d’une théorie critique de la gouvernance algorithmique en montrant comment les développements contemporains de l’intelligence artificielle participent d’une disqualification de la lettre au profit du nombre, c’est-à-dire à la substitution de la langue par le code (informatique). Au plan sociopolitique, cette mutation conduit à la mise en place d’une nouvelle forme algorithmique de régulation de la pratique sociale, la gouvernance algorithmique, qui repose sur un processus d’automatisation de la production de connaissances.

« Ce qui manque furieusement à notre époque, c’est un art de vivre avec les technologies. Une faculté d’accueil et de filtre, d’empuissantement choisi et de déconnexion assumée. Des pratiques qui nous ouvrent le monde chaque fois que l’addiction rôde, un rythme d’utilisation qui ne soit pas algorithmé, une écologie de l’attention qui nous décadre et une relation aux IA qui ne soit ni brute ni soumise. » À San Francisco, au coeur de la Silicon Valley, Alain Damasio met à l’épreuve sa pensée technocritique, dans l’idée de changer d’axe et de regard. Il arpente « le centre du monde » et se laisse traverser par un réel qui le bouleverse. Composé de sept chroniques littéraires et d’une nouvelle de science-fiction inédite, Vallée du silicium déploie un essai technopoétique troué par des visions qui entrelacent fascination, nostalgie et espoir. Du siège d’Apple aux quartiers dévastés par la drogue, de rencontres en portraits, l’auteur interroge tour à tour la prolifération des IA, l’art de coder et les métavers, les voitures autonomes ou l’avenir de nos corps, pour en dégager une lecture politique de l’époque et nous faire pressentir ces vies étranges qui nous attendent.