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Le rôle décisif du Débarquement de Provence dans la Libération de la France

JonAnaïs

Created on March 17, 2025

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Transcript

Le rôle décisif du Débarquement de Provence dans la Libération de la France

Concours national de la résistance et de la déportation

3. Le rôle de la résistance

15 août 2024

1. Il y a 80 ans, le Débarquement !

En quoi le débarquement de Provence a-t-il joué un rôle décisif dans la Libération de la France ?

4. Les enjeux politiques du débarquement

2. L'enjeu militaire

15 août 2024

Il y a 80 ans...

La genèse du débarquement

Les forces en présence

Le débarquement

Le rôle de la 1re armée

La 1re armée dans le Débarquement de Provence et la Libération de la France

Le général Jean de Lattre de Tassigny

Naissance de la 1re armée

Le rôle de la Résistance française

L'amalgame des FFI et le blanchiment de l'armée

La participation de la Résistance à l'opération "Dragoon"

Portraits de résistantes du Sud

Les enjeux politiques du Débarquement

L'importance du Général de Gaulle

Conclusion : "N'oublions pas !"

Bibliographie et sitographie

Bibliographie : -Sous la direction d’Antoine Champeaux et Paul Gaujac, LE DÉBARQUEMENT EN PROVENCE, Lavauzelle, 2008 -Philibert de Loisy, 1944, LES FFI DEVIENNENT SOLDATS, Histoire et collections, 2014 -Dominique François-Henri Julien, Opération DRAGOON, Cheminements, 2007 -Jean-Luc Guillet, 1939-1945, Saint-Raphaël dans la guerre et dans le débarquement de Provence, Ville de Saint-Raphaël, 2024 -Paul Gaujac, QUI A LIBÉRÉ LA PROVENCE ?, éditions HEIMDAL, 2024 -Claire Miot, LA PREMIÈRE ARMÉE FRANÇAISE, Perrin, 2021 -Claire Miot, LE DÉBARQUEMENT DE PROVENCE, Août 1944, Ministère des Armées ECPAD, 2024 -Odile Rudelle, De Gaulle, pour mémoire, Gallimard, 1990 Sitographie :
  • www.charles-de-gaulle.org
  • www.var.gouv.fr
  • www.ordredelaliberation.fr
  • www.cheminsdememoire.gouv.fr
  • www.museedelaresistanceenligne.org
  • www.terramag.defense.gouv.fr
  • www.musee-marine.fr
  • www.theatrum-belli.com
  • www.france3-regions.francetvinfo.fr
  • www.ville-saintraphel.fr
  • www.ecpad.fr

Le Débarquement : dans la nuit du 14 au 15 août

Parachutistes et commandos américains, canadiens, britanniques et français attaquent des points stratégiques de la défense côtière allemande. LA RUGBY FORCE agit entre la Motte et le Muy, une division aéroportée de 7 000 et 9 000 hommes américains et britanniques est parachutée pour s’emparer des environs du Muy et bloquer l’envoi de renforts ennemis depuis l’ouest vers le littoral. Sur les flancs est et ouest, des actions doivent détruire des batteries allemandes et égalemant empêcher les Allemands d’envoyer des renforts. LA SITKA FORCE, constituée d’ Américains et de Canadiens, débarque sur l’île du Levant et celle de Port-Cros avec pour cible les batteries allemandes contrôlant l’accès de la plage de Cavalaire. LA ROMEO FORCE est composée du Groupe des commandos d’Afrique (GCA) qui est chargé de détruire les batteries du Cap Nègre et de débarquer sur les plages du Rayol-Canadel.

LA ROSIE FORCE avec 67 fusiliers marins du groupe naval d’assaut français, est débarquée près de Théoule pour empêcher une éventuelle contre-offensive allemande venant de l’est.

Le maréchal de Lattre de Tassigny (2)

Pendant le débarquement de Provence, il s’illustre grâce à son panache, son institution et son sens de la stratégie. Lorsque les Alliés filent vers la vallée du Rhône, il obtient des victoires rapides à Toulon et Marseille, permettant aux Alliés de bénéficier de deux ports importants pour décharger toute la logistique. Il mène ensuite une campagne victorieuse du Rhin et du Danube contre les Allemands. Il se retrouve même au commandement de quatre divisions américaines en janvier 1945.Avec la Première armée, il franchit le Rhin fin mars et s’empare des villes de Karlsruhe et Stuttgart début avril. Il atteint ensuite le Danube, puis la frontière suisse et l’Autriche.Le 8 mai 1945, le général de Lattre de Tassigny est présent à Berlin pour représenter la France à la signature de la capitulation allemande. Il lui faut s’imposer et exiger que la France soit mentionnée dans chaque allocution, dans chaque communiqué mais la France se retrouve à la table des vainqueurs, auprès des grandes puissances et obtient même une zone d’occupation en Allemagne auprès des trois grands vainqueurs. La France vaincue en 1940 retrouve une place de choix dans la diplomatie.

Le général de Lattre de Tassigny signe la capitulation allemande le 8 mai 1945

La 1re armée dans le Débarquement (3)

Les libérations de Toulon et de Marseille :Le jour J, les troupes terrestres françaises n’ont pas participé au débarquement. Mais dès le lendemain, l’armée B entre en action et va pouvoir débarquer pendant plusieurs jours. Alors que les forces Alliées remontent la vallée du Rhône, l’armée française doit s’occuper de libérer les villes portuaires de Toulon et Marseille. Même si l’armée allemande a reçu l’ordre de se replier vers le Nord, les divisions stationnées dans ces deux ports ont reçu l’ordre de les défendre jusqu’au bout. Le général de LATTRE de TASSIGNY décide de constituer deux groupes d’attaque.Les combats pour libérer Toulon ont lieu du 20 au 26 août. 15 000 soldats sont mobilisés, et le 20 août, une première compagnie de tirailleurs pénètre dans la cité. A l’intérieur, des Résistants se battent déjà contre les Allemands. Les troupes qui progressent sur l’est de Toulon doivent venir à bout de plusieurs poches de résistance. Au nord, le bataillon de choc, le 3e régiment de tirailleurs algériens et les FFI prennent position sur le Mont Faron. La ville est encerclée le 22 août. Les combats prennent fin le 26 et le 27, soldats et Résistants défilent dans la ville. Les combats pour libérer Marseille ont eu lieu entre le 21 et le 28 août. Dès le 19 août, les Résistants ont déclenché une insurrection armée dans la ville, tandis que les troupes françaises, notamment la 3e Division d'Infanterie Algérienne et les Tabors marocains, ont encerclé et attaqué les positions allemandes. Ils entrent dans Marseille le 23 août. Les combats intenses et meurtriers vont durer cinq jours jusqu’à ce que le 28, les Allemands se rendent. La ville est libérée à J+13, soit un mois avant les objectifs fixés.Même si les deux ports ont été rendus inutilisables par les bombardements alliés pendant quelques semaines, ils vont s’avérer capital une fois remis en état au niveau logistique. Les Alliés peuvent recevoir 18 000 tonnes de fret quotidiennement.

Les forces en présence : les forces alliées

Le Général américain Patch est placé à la tête de la VIIe armée américaine chargée de la partie terrestre de l’opération.Les besoins humains nécessaires au débarquement s’élèvent à 11 divisions :• 3 divisions d’infanterie américaines ;• 1 division aéroportée anglo-britannique ;• 7 divisions françaises dont 2 blindés. Sans oublier des unités de forces spéciales américaines ou de commandos français. Les deux tiers de l’effectif au moins sont à la charge de l’armée française. Ces unités sont stationnées en Corse, en Afrique du nord ou sont engagées dans des opérations en Italie.Les besoins logistiques pour assurer le débarquement des troupes et du matériel le jour J ont mobilisé au sein de la « Naval Western Task Force » de l’amiral américain Hewitt environ :• 600 navires de transport • 200 bâtiments de guerre en protection • 1370 barges de débarquement.Ils sont appuyés par environ 2 000 appareils de la « Mediterranean Allied Air Force » du général américain Eaker.

La naissance de la 1re armée française (3)

Les 250 000 soldats de l’armée B sont d’une grande diversité. Plus des deux tiers de ces soldats viennent de l’empire colonial français : la plupart sont d’Afrique du Nord, en particulier d’Algérie et de Tunisie, soumises à la conscription, mais aussi du Maroc où l’engagement est volontaire. Il y a donc de nombreux pieds-noirs et des Européens des colonies mais aussi des Maghrébins et des Africains subsahariens d’Afrique de l’ouest et du centre. D’autres sont venus de territoires coloniaux plus éloignés : Tahiti, les Antilles, la Guyane, la Nouvelle-Calédonie et Saint-Pierre et Miquelon. L’armée B compte aussi parmi ses rangs les anciens de la France Libre (FFL), des évadés de France, des mobilisés et volontaires de Corse, des soldats de l’armée de l’Armistice dissoute officiellement en 1942 après l’invasion de la zone libre par les Allemands. En septembre 1944, après avoir participé brillamment à l’opération Dragoon, l’Armée B devient officiellement la Première armée française, composée des Ier et IIe corps d’armée. Elle forme avec la VIIe armée américaine le 6e groupe d’armées qui progresse aux côtés des autres Alliés au nord-est de la France puis en Allemagne, jusqu’à la victoire finale.

La 1re armée dans le Débarquement

L’opération Dragoon marque le retour de l’Armée française, après la défaite de 1940 et l’Armistice du 22 juin 1940 et rend la France actrice de sa propre libération par la participation de l'armée B, devenue ensuite la 1re armée. Il était donc primordial qu’elle participe au débarquement de Provence après avoir été évincée de l’opération « Overlord » en Normandie. Quelles forces françaises participent au débarquement sous le commandement du général de LATTRE de TASSIGNY ?

  • 4 divisions terrestres :
  • La 1re DMI (Division de marche d’infanterie) ;
  • La 3e DIA (Division d’infanterie algérienne) ;
  • La 9e DIC (Division d’infanterie coloniale) ;
  • La 1re DB (Division blindée).
  • 2 unités spéciales de commandos :
    • le groupe naval d’assaut de Corse ;
    • le groupe des commandos d’Afrique ;
  • De nombreuses unités de service (transmissions, génie, train, santé…) ;
  • Une flotte aérienne (1 escadre de Spitfire, une escadre de Thunderbolt, 4 groupes de bombardiers, 1 escadrille de reconnaissance Lightning, des hydravions) ;
  • Des forces navales (1 cuirassé, 6 croiseurs, 6 divisions, soit 16 navires, d’escorteurs et torpilleurs, 2 navires de transport et 3 pétroliers au 15 août).

La naissance de la 1re armée française

Les Français veulent participer à la libération de leur territoire. Cette participation fut l’objet de dures négociations avec les Alliés et la France devait retrouver une armée digne de ce nom. En janvier 1943, lors de la conférence d’Anfa, le Président F. D. ROOSEVELT promet, non sans difficultés, au général GIRAUD (représentant de la France en Afrique du Nord) d’équiper en armements américains la nouvelle armée française et son aviation. Un accord définitif obtenu en février 1944 doit permettre d’équiper 256 000 combattants, soit 8 divisions dont 3 blindées plus les unités de soutien. Les livraisons s’étaleront sur l’année. En juillet 1943, le Comité Français de Libération Nationale (CFLN) formé à Alger le 3 juin 1943 décide de fusionner dans une seule armée les deux groupes militaires importants que constituent les Gaullistes (soldats des Forces Françaises Libres) et les Giraudistes (soldats de l’Armée d’Afrique restés fidèles au gouvernement de Vichy jusqu’au débarquement allié en Afrique du Nord).Pendant l’été 1943, le Corps Expéditionnaire Français (CEF) est créé.En novembre 1943, lors de la conférence du Caire, les Alliés acceptent d’engager le CEF dans la guerre mais avant de pouvoir être utilisé en France, il devra faire ses preuves dans la campagne d’Italie.

Tirailleurs sénégalais sur le paquebot S. S Batory en direction vers les plages du débarquement de Provence -1944

Le rôle de la Résistance française (2)

Les rumeurs annonçant un débarquement en France ne font qu’augmenter. Avant le débarquement du 15 août, de nombreux parachutages d’armes sont réalisés pour alimenter les maquis. Des émissaires venus d’Alger ont été parachutés dans le sud de la France pour préparer une partie de la Résistance à cet événement. Onze détachements de « jedburghteams », composés chacun d’un officier allié, d’un officier interprète français et d’une radio, sont envoyés également dans le sud du pays avec pour missions d’établir des contacts avec les réseaux de résistants, d’évaluer les besoins des maquis et de repérer des terrains de parachutages. Les Alliés confient à la Résistance différentes missions: • destruction et sabotage des voies et moyens de communication des Allemands, de leur terrain d’aviation ;• attaque de dépôt d’armes et de carburants ;• actions de harcèlement contre les forces allemandes ;• missions de renseignements avec des éléments sur la topographie, l’hydrographie, le climat, les marées et les courants, la nature du sol, les voies de communications, les ressources industrielles, les ouvrages de défense… Tous ces renseignements sont fichés pour les Alliés.La Résistance intérieure aide ainsi les Alliés à « préparer le terrain » pour le 15 août.

Résistants et soldats américains

La naissance de la 1re armée française (2)

•En janvier 1944, les Forces Françaises d’Afrique du Nord sont réparties en deux groupes :

  • L’armée A ou CEF regroupe 4 divisions, soit environ 100 000 hommes sous les ordres du Général JUIN, utilisées en Italie à partir de décembre 1943. Cette participation est importante, elle rassure les Alliés sur la valeur des soldats français au combat, ils pourront donc participer au débarquement de Provence.
  • L’armée B comprend les 3 autres divisions basées en Corse ou en Afrique du nord, sous les ordres du général de LATTRE de TASSIGNY.
Une unité blindée participera à l’opération Overlord en Normandie (mais seulement à partir du mois d’août) : c’est la 2e DB du général LECLERC.Le 23 janvier 1944, le commandement allié et le CFLN décident que les 7 divisions des armées A et B participeront au débarquement en Provence. Le CEF est alors intégré à l’armée B en juillet 1944.

Corps expéditionnaire français en Italie - 1944

Les forces en présence : les forces allemandes

Suite au débarquement des Alliés en Afrique du nord en novembre 1942, les Allemands ont envahi la zone libre. Afin de protéger la côte, ils ont construit le Südwall, le mur de la Méditerranée : une succession de bunkers, de batteries d’artillerie, de champs de mines, de nids de mitrailleuses et de défenses antiaériennes organisés autour des trois forteresses de Marseille,Toulon et Nice. La XIXe armée du général von Wiese compose la troupe avec 250 000 hommes et une division blindée, les meilleures unités ayant été envoyées en Normandie. Ce sont des soldats déjà usés, fatigués et beaucoup ne sont pas allemands. Ils proviennent des unités de l’Ostlegion, recrutées dans les pays d’Europe de l’est.

La 1re armée dans le Débarquement (2)

À quelles missions importantes participe l’armée B ?Dans la nuit du 14 au 15 août, deux groupes ont été chargés à l’est et à l’ouest de se positionner sur les flancs du débarquement pour sécuriser le débarquement.La Rosie Force doit couper la Route Nationale et la route côtière pour empêcher l’arrivée de renforts allemands des Alpes-Maritimes dans le secteur de Saint-Raphaël. Les 67 hommes du Groupe Naval d’Assaut partis de Corse débarquent à Théoule sur Mer mais les Allemands ont dû être prévenus car la plage a été minée la veille et ils les accueillent avec des tirs. Bilan : 11 morts, 19 blessés et 27 prisonniers conduits à Grasse. Laissés sur place, les blessés sont récupérés par la 36e DI US le 16 août. Les prisonniers sont libérés par un groupe de Résistants cannois du groupe MUR-AS (Mouvements Unis de la Résistance et de l’Armée Secrète : Marie GIORDANENGO, Francis et Fernand TONNER, Raymond BARBERO, Pierre BORGHESE et Lucien ALLOIS). La Romeo Force constituée des commandos d’Afrique débarque côté ouest et va accomplir l’un des plus remarquables faits d’armes de ce débarquement. Cette unité, créée à Alger en 1943 sous les ordres du commandant Bouvet, est déjà aguerrie au combat, elle a notamment participé à la prise de l’île d’Elbe. Ce sont les premiers soldats à débarquer en Provence. Arrivés peu avant minuit, un groupe 35 hommes, attaque une ascension de 80 m des falaises du cap Nègre, situé à proximité du Lavandou et s’emparent des batteries défensives allemandes qui menacent les navires du débarquement. Le groupe réalise ensuite la conquête d’une tête de pont, de la plage du Rayol-Canadel au Cap Nègre, libère La Fossette, le Lavandou, s’empare d’une autre batterie côtière et de celle du fort du Coudon le 21 août. Ils sont aussi présents à Toulon puis dans les combats des Vosges, en Alsace et en Allemagne.

Le Débarquement : les jours d'après

Une deuxième vague de débarquement a lieu le 16 août avec LA GARBO FORCE composée d’Américains et surtout des troupes de l’Armée B, l’armée française. Débarqués sur 70 km entre Agay et Cavalaire, les Alliés occupent dès le 16 au soir une poche de plus de 30 km de profondeur : la blue line.Le 17, Hitler ordonne le retrait de ses troupes, sauf à Toulon et Marseille, libérées par les Français les 27 et 28 août alors que les troupes alliées sont déjà en marche vers la vallée du Rhône.Le 28 août, le général de LATTRE de TASSIGNY écrit au général de GAULLE : "Aujourd'hui J+13, dans le secteur de mon armée, il ne reste plus un Allemand autre que mort ou captif". La Provence a été libérée en 2 semaines. Pendant le mois de septembre, les troupes de l’armée française continuent de débarquer. Les Forces alliées remontent vers la

vallée du Rhône et rejoignent les armées du front de l’ouest le 12 septembre en Bourgogne pour attendre ensuite l’est du pays où se déroulent désormais les combats. L’opération Dragoon par sa rapidité a été un véritable succès stratégique et militaire en affaiblissant l’armée allemande, obligée de se replier et en permettant la libération d’une grande partie du territoire français.

Le rôle de la Résistance française (3)

Le 9 juin: la Résistance française entend à la BBC le message suivant : « Méfiez-vous du toreador ». Il leur demande en fait de harceler l’ennemi pour le déstabiliser avec des actions de déraillement de convois ferroviaires, de sabotage des voies de communications, d’insurrection dans certains villages ou certaines villes. Par ces actions, les Résistants ont attiré des troupes allemandes à l’intérieur des terres et ils ont permis d’alléger le nombre de soldats présents sur le littoral.Après le débarquement, ils ont été de précieux guides pour les armées alliés tout en continuant leurs actions de déstabilisation. Ils ont, par leurs insurrections, contribué à libérer de nombreuses villes, et plus particulièrement Toulon et Marseille.Mais ils ont payé le prix fort pour ces actions. Les Allemands ont accentué la lutte contre les maquis en cette année 1944 et les FFI ont participé à de nombreux combats meurtriers. Ils ont amplement contribué au succès de l’opération Dragoon dont la réussite est due en partie à la collaboration entre les forces militaires et les mouvements de Résistance. Le commandant en chef de l’Etat-major allié, le général PATCH reconnait leur valeur en prononçant ces paroles le 29 août 1944 : « Je suis fier d’avoir eu sous mes ordres des hommes tels que vous ».

Action de sabotage

Genèse du Débarquement de Provence (2)

Ces deux débarquements devaient avoir lieu en même temps mais les plans furent sans cesse revus et l’idée fut abandonnée à cause du manque d’effectifs et de matériels, notamment de barges de débarquement, les LST (Landing Ship Tanks). Le débarquement de Provence fut donc reporté. Winston Churchill, 1er Ministre britannique ne cessa, de plus, de s’y opposer, préférant après le débarquement en Italie se diriger vers les Balkans puis l’Autriche et le sud de l’Allemagne pour devancer l’arrivée de l’URSS. 1er août 1944, l’opération Anvil, rebaptisée Dragoon pour des raisons de sécurité, est enfin décidée. Les objectifs de l’opération Dragoon sont de :

  • prendre les ports vitaux de Marseille et de Toulon qui sont des ports en eaux profondes qui permettront de décharger le matériel militaire nécessaire aux troupes, la logistique étant fondamentale pour remporter la victoire.
  • faire la jonction avec les armées alliées qui progressent dans le nord du pays pour ensuite marcher sur l’Allemagne.

Le maréchal de Lattre de Tassigny (1)

Jean de Lattre de Tassigny (1889-1952), est issu d'une famille aristocratique des Flandres françaises. Pendant la Première guerre mondiale, en tant que jeune officier, il se bat sur différents fronts, dont Verdun. Blessé cinq fois, il termine la guerre, décoré de huit citations, de la Légion d'honneur et de la Military cross. Son rôle primordial dans la Seconde Guerre mondiale lui vaudra d’être élevé au rang de compagnon de la Libération et de maréchal de France à titre posthume. Sous le régime de Vichy, après la défaite de 1940, il reste dans l'armée de l’Armistice. Lorsque la zone libre est envahie par les Allemands, suite au débarquement Allié en Afrique du Nord en Novembre 1942, il commande la 16e division militaire à Montpellier. Refusant cette invasion, il ordonne à ses troupes de s’opposer et il est condamné à dix ans de prison pour désobéissance. Il réussit à s’échapper et il gagne Londres puis Alger où il rallie le CFLN et de Gaulle en 1943. Il prend alors la tête de l’armée B. Tout comme le général de Gaulle, il doit s’imposer auprès du commandement Allié pour être informé des plans qui se préparent et pour y être associé. Il doit de plus s’attacher à construire une armée nouvelle, très diverse dans ses composantes.

Le rôle de la Résistance française (1)

En 1943, au sein de la Résistance française intérieure, on retrouve deux grandes tendances opposées :• L’Organisation de la Résistance Armée (ORA) créée à partir de soldats de l’Armée d’armistice ;• Le Conseil National de la Résistance (CNR) créé à l’initiative du général de Gaulle.Tandis que l’ORA mène des opérations de renseignements ou d’infiltration des services allemands et se prépare au débarquement de l’Armée d’Afrique, le CNR mène des actions immédiates, comme des attentats contre l’occupant ou le gouvernement de Vichy. La Résistance a l’habitude d’agir dans des réseaux fermés, recevant des aides de la part des Alliés.

Résistants et soldats américains

En février 1944, les Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) vont unifier différents mouvements de Résistance comme l’armée secrète, les corps francs de Libération ou les Francs-Tireurs-Partisans (FTP)… La Provence est intégrée à la région R2 comprenant les Alpes-Maritimes, les Hautes-Alpes, les basses-Alpes, les Bouches du Rhône, le Gard, le Vaucluse et le Var et en mai, le colonel Henri ZELLER est nommé coordinateur des régions R1 (Alpes du Nord) et R2. Des réseaux de guérillas spéciaux sont mis en place en R2 comme le réseau Jockey sur la route Napoléon. La Résistance s’organise et coordonne ses actions.

Genèse du Débarquement de Provence (1)

L’opération Anvil-Dragoon a été incertaine jusqu’aux premiers jours du mois d’août 1944 principalement en raison de l’hostilité des Anglais.

  • Janvier 1943 - conférence d’Anfa (Casablanca) : décision d’organiser un débarquement des forces alliées en Europe.
  • Mai 1943- conférence de Washington : un débarquement en Provence est évoqué pour venir appuyer le débarquement de Normandie. Les Anglais ne souhaitent pas de débarquements en Europe de l’ouest mais après la libération de l’Afrique du nord et de l’Italie, les Etats-Unis obtiennent que le débarquement en Normandie devienne une priorité.
  • Novembre 1943 - conférence de Téhéran : engagement du Président américain F.D Roosevelt auprès de J. Staline de soulager le front à l’est en projetant un deuxième débarquement encore mal défini qui aura au lieu dans le sud de la France avec pour objectif d’isoler les troupes allemandes dans le pays et de les prendre en tenaille. D’où le nom des opérations « Sledgehammer » (marteau du forgeron) en Normandie (qui deviendra l’opération Overlord) et « Anvil » (enclume) dans le sud de la France.

Le Débarquement : avant le jour J

L’organisation d’un débarquement d’une telle complexité a demandé un travail de préparation de plusieurs mois qui a été rendu possible grâce aux missions de reconnaissance aérienne et aux comptes-rendus d’agents spéciaux envoyés en France et de la Résistance. Le plan va coordonner l’action de l’aviation, de la marine et de forces terrestres sur une zone allant du Lavandou à Théoule sur Mer, zone moins bien défendue que Toulon et Marseille. Dès le printemps 1944, les avions alliés bombardent lourdement la côte méditerranéenne, ciblant notamment les voies de communication, les batteries de défense, les navires allemands dans les ports, les aérodromes... À l’approche du débarquement, les attaques aériennes s’intensifient sur le Var et les routes de la vallée du Rhône. Dans le même temps, les Résistants français multiplient également les coups de force et les sabotages.

Le Débarquement : le 15 août 1944, le jour J

Sur mer, à l’arrière, la KODAK FORCE, composée de 3 divisions de la VIIe armée américaine et de la 1re DB française fut répartie sur trois secteurs et à 8 h, les premières vagues d’assaut sont lancées :

  • L’ALPHA FORCE (3e DI US) débarqua à l’ouest, de la baie de Cavalaire jusqu’à Ramatuelle.
  • LA DELTA FORCE (54e DI US) débarqua au centre, à Sainte Maxime, Plage de la Nartelle.
  • LA CAMEL FORCE (36e DI US) débarqua à l’est sur trois plages : face à la base aéronautique navale de Fréjus, au Dramont (plage non minée et adaptée au débarquement de matériels lourds) et sur la plage d’Anthéor à Agay.
  • Le 15 au soir, deux têtes de pont sont établies, l'une à l'est de Fréjus et l'autre enjambant les Maures : 320 soldats alliés sont morts, 2000 Allemands ont été capturés.

Débarquement de troupes de l’armée B dans la baie de Saint-Tropez

Portraits de résistantes : Germaine Michel-Jaffard

Pendant la guerre, Germaine Michel-Jaffard quitte Lille pour se réfugier à Fayence où elle s’occupe d’un cinéma itinérant. Elle s’engage dans la Résistance avec les MUR - AS (Mouvements Unis de la Résistance - Armée secrète). Elle est affectée à la SAP (Section Atterrissage et Parachutage), organisée en septembre 1943. Ses missions sont nombreuses. Elle récupère les parachutages d’armes et de munitions opérés par les Alliés. Elle est également agent de liaison sur plateau de Canjuers. Elle sert de boites aux lettres et de caches d’armes. Elle héberge des personnes qui fuient le régime de Vichy ou les Nazis comme les réfractaires au Service du Travail Obligatoire (S.T.O). Lors du Débarquement de Provence, Germaine MICHEL-JAFFARD accomplit l’exploit d’obtenir la réddition de 200 Allemands qui étaient en poste au nord de Fayence. Avec un Drapeau blanc, elle part à leur rencontre et négocie directement avec le Major de cette unité pour qu’ils se rendent afin d’éviter des combats sanglants. Il accepte à condition d’être remis aux Alliés et non à des résistants. Le 21 août, elle est nommée responsable de la sécurité militaire du secteur et secrétaire du comité local de Libération.

1896 - 1973Décorée de la Médaille de la Résistance

Portraits de résistantes : Esther Poggio

Au début de la guerre, Esther Poggio vit à Toulon. Elle vend des fruits et legumes aux Halles de Toulon. À la fin de l’année 1942, elle rejoint ses parents qui avaient dû fuir en 1940 pour Menton à cause d’infractions qu’ils avaient commises dans le cadre de leurs activités marchandes. Elle s’engage alors dans le réseau de renseignement Reims-Jenny-Coty, attaché au service de renseignement du MUR ,dans le secteur de Monaco. Sa mission principale est de servir de boîte aux lettres à René Borghini (secrétaire de la présidence du Conseil national de la principauté).Elle est également agent de liaison entre Grenoble et Monaco. Le 7 juillet 1944, elle est arrêtée par la Gestapo à Monaco. Emprisonnée à Nice, elle est exécutée le 15 août avec 20 autres résistants dont Borghini au quartier de l’Ariane à Nice en représailles du Débarquement de Provence. Morte pour la France, son nom fut donné aux Halles municipales de Toulon le 13 octobre 1956.

(1912-1944) Décorée à titre posthume de la Légion d’honneur, de la Croix de Guerre avec palmes, de la médaille de Résistance Reconnue « Mort pour la France ».

L'amalgame et le blanchiment de l'armée française (1)

En débarquant en France avec l’Armée B, un nouveau défi se pose au général de Gaulle. Il s’agit d’intégrer les résistants des F.F.I à l’armée régulière afin de ne pas laisser d’unités militaires hors de contrôle. Cette procédure s’appelle l’amalgame, c’est-à-dire la réunion, en 1944-1945, des unités F.F.I, engagées volontaires, et celles de la 1re Armée française, commandée par le général de Lattre de Tassigny. Mission bien difficile pour lui car il doit l’imposer à ses troupes régulières aguerries au combat et aux combattants des maquis, plus jeunes, plus adaptés à des combats de guérilla mais aussi indépendants et très attachés à leurs propres chefs mais ce fut la réussite pour lui la réussite dont il fut le plus fier et il écrit à ce sujet : « L’âme commune de l’armée Rhin et Danube est née de l’amalgame intime et fraternel des 250 000 soldats venus de l’Empire et des 137 000 FFI. ». Cette fusion est décidée officiellement par le décret du 23 septembre 1944. Les FFI vont alors être progressivement intégrées aux unités régulières. Dès l’automne 1944, l’Etat-Major procède au remplacement de soldats de l’Afrique noire de la 9e DIC, soit 9200 Africains et de la 1re DMI, soit 6000 Africains lors d’une opération de « blanchiment ». Il est décidé de remplacer les unités issues de l’Afrique coloniale subsaharienne par des soldats blancs issus des FFI. Les Africains doivent leur céder leur équipement et leur armement, auxquels ils tenaient. Ils sont dans un premier temps transférés dans le sud de la France, affectés à des tâches subalternes avant d’être rapatriés en Afrique.

L'amalgame et le blanchiment de l'armée française (2)

Au mois de février 1945, afin de rajeunir les troupes nord-africaines et de relever ces soldats qui sont au combat depuis la dure campagne d’Italie au sein du Corps Expéditionnaire Français, continua l’amalgame en remplaçant un régiment de tirailleurs dans chacune des trois principales divisions nord-africaines. Ainsi le 8e RTM de la 2e DIM, le 7e RTA de la 3e DIA et le 1er RTA de la 4e DMM furent remplacés par des régiments de FFI entre mars et avril 1945.La 1re armée qui arrive en Allemagne est donc très de celle qui a débarqué en Provence quelques mois auparavant : composée en grande majorité de soldats issus des colonies françaises, elle a su intégrer 137 000 soldats issus des F.F.I. En mars 1945, les effectifs de la 1ère armée française sont alors répartis ainsi : 67% de Français (c’est-à-dire de soldats issus de l’Europe), 14% d’Algériens, 13% de Marocains, 4% de soldats issus des colonies no originaires d’Afrique du Nord. Cette armée réussit donc l’union de tous ceux, bien différents, qui ont œuvré à la Libération de leur pays, derrière laquelle le peuple français pourra à son tour retrouver une unité.

L'importance du Général de Gaulle (1)

14 juillet 1940, le général de GAULLE, à Londres, passe en revue la troupe de 7000 hommes que compte la France Libre. « Comme elle est courte, l’épée de la France », avait-il dit ce jour-là. 4 ans plus tard environ, c’est une armée de 250 000 hommes environ qui va débarquer en Provence. Le chemin parcouru est remarquable mais il ne fut pas sans difficultés.Le 18 juin 1940, le général de GAULLE a été le premier à avoir lancé l’appel à résister et, après le vote du 10 juillet à l’Assemblée nationale qui a mis fin à la IIIe République en France, c’est à lui désormais d’incarner cette République. De GAULLE est un homme déterminé, qui a une vision du rôle important qu’il doit jouer pour la France. Même s’il a su rapidement trouver le soutien de W.CHURCHILL, son parcours pour se faire entendre auprès des Alliés ne va pas être simple. Du côté des États-Unis, le Président Roosevelt n’est pas décidé à le reconnaitre comme le représentant de la France. Il lui préfère le général GIRAUD. Mais l’inaptitude politique de ce général lui permet de réussir peu à peu s’imposer comme seul chef de la France. D’autant plus que parmi les généraux (Giraud, Juin et de Lattre de Tassigny) qui pouvaient prétendre à représenter la France Résistante, il est le seul à ne pas s’être compromis avec le gouvernement de Vichy.

L'importance du Général de Gaulle (2)

Après le débarquement des Alliés en Afrique du Nord, de Gaulle arrive à Alger le 30 mai 1943. Il accepte la co-présidence (avec Giraud) du CFLN créé le 3 juin mais Giraud est peu à peu écarté. De Gaulle est non seulement reconnu par les chefs de l’armée qui se constitue en Afrique du nord mais aussi par le Conseil National de la Résistance dont il est à l’origine. Il apparait comme plus légitime aux Français pour les représenter. Avec le CFLN, il dispose d’un organe politique pour préparer le retour à la République.Malgré cela, les relations entre Roosevelt et lui sont toujours difficiles. Ainsi, de Gaulle n’est informé du débarquement en Normandie que la veille (l’opération prévue le 5 juin sera repoussée d’un jour à cause du mauvais temps). Roosevelt a des projets pour la France : il veut un gouvernement élu au suffrage universel par les Français mais après la défaite allemande. En attendant, il souhaite mettre en place en France une autorité d’occupation : l’AMGOT (American Military Government in Occupied Territories) qui nommera des fonctionnaires et frappera monnaie. De Gaulle ne compte pas laisser faire : en septembre 1943, le CFLN (comité français de la libération nationale) a annoncé aux Alliés qu’il exercera le pouvoir politique en France au moment de la libération. Il prépare alors l’administration qui sera chargée de diriger le pays. Michel Debré, qui est en France ,est chargé de nommer les futurs commissaires de la République et les préfets de la Libération qui entreront en action dès la libération du territoire.

L'importance du Général de Gaulle (3)

Le 14 juin 1944, en se rendant à Bayeux, après l’accueil que lui a réservé le peuple français, les Etats-Unis ne peuvent plus le mettre de côté : le général de Gaulle a montré aux Alliés qu’il avait le plein soutien des Français et a ainsi réussi à stopper ce projet d’administration AMGOT. Vichy s’effondre et la nouvelle administration sort de la clandestinité. De Gaulle de son côté entame en juillet une tournée pour obtenir la reconnaissance diplomatique de son gouvernement.De Gaulle a bien conscience de l’importance de la place des troupes françaises dans la libération de la France. Si elles n’ont pas pu participer à l’opération Overlord en juin 1944, le débarquement de Provence pourra permettre aux Français de corriger ce problème. Le général savait très bien l’impact qu’aurait le débarquement puis la libération de la France par sa propre armée, en particulier pour consolider la position de la France dans l’après-guerre. C’est pour cela que contrairement au général Juin, commandant du CEF français, il refuse le plan de Churchill qui veut poursuivre après la campagne d’Italie la reconquête de l’Europe par les Balkans. De Gaulle veut récupérer ses troupes en Italie afin de les engager dans un débarquement en France. Grâce à la présence de la Première armée française dans les combats de la victoire, la France a pu s’imposer comme le 4e allié. Le débarquement de Provence a permis de démontrer la valeur de nos combattants et a été décisif pour la France et pour la place dans le cercle des puissances victorieuses. En retrouvant la liberté, la France retrouvait non seulement sa souveraineté mais aussi une place de choix dans la diplomatie internationale. Elle est à la table des vainqueurs, qui le 8 mai 1945, ont signé la capitulation allemande. Elle obtiendra ensuite une zone d’occupation à administrer dans l’Allemagne vaincue et même une place permanente au Conseil de sécurité de l’ONU. Ce qui place la France au rang des puissances mondiales d’après-guerre.