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André Cuny 1924-1944

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Created on March 10, 2025

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Transcript

Un resistant en haute-savoie

André Cuny 1924-1944

Ecole de CordonCNRD 2025

Notre enquête

Nous avons mené une véritable enquête pour retrouver des informations sur M. André Cuny. Tout a commencé avec une photo transmise par M. Zampin : celle du monument aux morts de Sallanches. Intrigués, nous avons commencé nos recherches sur internet, sans savoir précisément où cela allait nous mener.Au fil de nos découvertes, nous avons compris que M. Cuny avait été un résistant et avait pris part à la libération de Sallanches . Nous avons pris soin de noter chaque information trouvée, mais de nombreuses questions restaient encore sans réponse.Un jour, nous avons trouvé un article du Dauphiné mentionnant M. Cuny. Nous avons alors pris contact avec le correspondant local du journal pour obtenir l'article complet. À partir des noms cités dans ce document, nous avons poursuivi nos recherches dans les pages blanches, ce qui nous a permis de joindre une personne qui nous a orientés vers Mme Contin.Mme Contin est la petite cousine de M. Cuny et membre de l’ANACR (Association Nationale des Anciens Combattants et Ami(e)s de la Résistance). Nous l’avons invitée en classe pour l’interroger. Elle est venue accompagnée de trois autres membres de l’association. Grâce à elles nous avons pu poser toutes nos questions. Elles nous ont apporté de précieuses informations qui nous ont permis de compléter nos recherches.

André Cuny: 1924-1944 UN PARCOURS DE VIE: de Val et Châtillon à Neuengamme en passant par la Haute-Savoie

Neuengamme jusqu'au 14 avril 1945

Naissance 1924

Compiègnes 15 juillet 1944

Fort Montluc 14 juillet 1944

En Haute-Savoie

1928 juin 1944

Chambéry

André Cuny: de sa naissance à ses 18 ans 1924 - 1942
Maison d'André Cuny
Déclaration de la guerre
La France coupée en 2
André Cuny En Haute-Savoie en 1943-1944
Les actions de la résistance en Haute-Savoie
L'Etat de Siège
Parachutage d'armes en Haute-Savoie
André Cuny: son implication dans l'Armée secrète à partir du 15 octobre 1943
L'Ecole Nationale d'Horlogerie

CLUSES

L'AS de Cancellieri

MAGLAND

BOIS NOIR

SALLANCHES

Plaque à l'ENH

André Cuny: son arrestation 17 juin 1944
Attaque du 16 juin au Bois Noir à Sallanches
Libération de la Haute-Savoie

ARRESTATION AU BOIS NOIR

André Cuny: à Fort Montluc 14 juillet 1944
Fort Montluc: qu'est ce que c'est?
© Archives Départementales du Rhône et Métropolitaines 4544 W 17 et Mémorial National de la prison de Montluc / ONaCVG
André Cuny: à Compiègne 15 juillet 1944
Que se passait-il à Compiègne?
site: chemin de memoire
André Cuny: à Neuengamme 18 juillet 1944
Le camp: que faisait-il?
La déshumanisation
Les conditions de vie
André Cuny: l'évacuation du camp
Le débarquement allié
La fin de la guerre
plaque à Morette @N. Contin
André Cuny: sa petite cousine Nicole CONTIN
Nous tenons à remercier chaleureusement Mme Nicole Contin. Quelle belle rencontre !Nicole est venue dans notre classe pour nous aider et répondre à nos questions avec une grande bienveillance. Elle a également assisté à la cérémonie du 8 mai à Cordon, partageant ce moment de mémoire avec nous.Un immense merci du fond du cœur pour votre gentillesse, votre disponibilité et votre écoute !Vous nous avez aussi confié une anecdote pour le moins surprenante, qui nous a beaucoup marqués. Cette histoire nous rappelle que, malgré toutes les épreuves traversées par André Cuny, la vie continue.
Une anecdote surprenante...
Avant d’être arrêté puis déporté, André Cuny avait une petite amie prénommée Yvette. Après la guerre, sans jamais avoir revu André, Yvette a poursuivi sa vie. Elle s’est mariée avec Fernand Mendez, avec qui elle a eu un fils, Jean-Jacques.Des années plus tard, Jean-Jacques a rencontré Nicole. Ensemble, ils ont eu une fille.Quelle ne fut pas la surprise lors de la rencontre entre les deux familles ! Yvette a immédiatement reconnu la maman d'André. Les souvenirs ont refait surface, et dans un moment chargé d’émotion, les deux femmes se sont jetées dans les bras l’une de l’autre.Une histoire inattendue, bouleversante, qui montre une fois de plus à quel point les liens du passé peuvent ressurgir là où on ne les attend pas.
arbre généalogique
Le monument aux morts de Sallanches
Liste des actions
Liste des résistants (extrait)

Nous sommes en 1944. Quelques années auparavant, mon papa,Léon ABEL est décédé dans un accident de voiture à 43 ans, avec ma petite sœur Jeanine alors âgée de 8 ans et ma petite cousine Arlette âgée elle aussi de 8 ans. J’habite désormais seul avec ma maman Marie Louise, avenue de Genève, à Sallanches. J’ai maintenant 19 ans et j’ai une petite amie qui se nomme Yvette. Je vais en vélo à l’E.N.H pour travailler, je suis maître d’internat. Je pars le soir et je reviens le lendemain matin. Ma maman attend chaque jour impatiemment mon retour.

Je suis né le 27 mai 1924 à Val et Châtillon dans le département de Meurthe et Moselle en France. Ma maman s’appelle Marie Louise, elle est originaire de Magland. Mon père s’appelle Léon Abel. J’ai aussi une sœur qui s’appelle Janine, elle est née en 1929. Nous déménageons à Sallanches durant mon enfance car ma maman avait de la famille à Magland . Mon père gère l’aérodrome de Sallanches.

Je suis né le 27 mai 1924 à Val et Châtillon dans le département de Meurthe et Moselle en France. Ma maman s’appelle Marie Louise, elle est originaire de Magland. Mon père s’appelle Léon Abel. J’ai aussi une sœur qui s’appelle Janine, elle est née en 1929. Nous déménageons à Sallanches durant mon enfance car ma maman avait de la famille à Magland . Mon père gère l’aérodrome de Sallanches.

Nous sommes le 17 juin 1944. Je travaille à l’école d’Horlogerie de Cluses et,comme chaque matin, je rentre chez moi à vélo. Quelques jours auparavant j’avais participé à une embuscade au Bois Noir. Avec d’autres résistants, nous avions fait exploser des véhicules de hauts gradés nazis. La Haute-Savoie est sur le point d’être libérée par les résistants, les Allemands sont donc très tendus. Je suis arrêté aux Vorziers à Sallanches par des douaniers allemands et une patrouille S.S de Cluses. Malheureusement, j’ai des armes à feu dans mes sacoches. Or la Haute–Savoie est en état de siège ! Je suis donc immédiatement arrêté et jugé.

Alors que je rentre à vélo chez moi à Sallanches le matin du 17 Juin 1944 après ma journée de travail, je suis arrêté par les allemands aux Vorziers . Je suis immédiatement interné à la prison Saint-François à Annecy. Puis je suis envoyé à Chambéry. Ensuite on me déplace à la prison de Fort Montluc à Lyon le 14 juillet 1944.C’est aussi la prison dans laquelle Jean Moulin a été torturé.Je suis moi même torturé.

Les Allemands ont compris qu’ils avaient perdu. Ils ne veulent pas laisser de traces des camps alors ils les évacuent, ils brûlent les preuves . Les allemands me mettent dans un wagon à bestiaux. Ils dessinent la croix gammée sur le train pour que les alliés nous bombardent. Ils veulent nous emmener au Nord, dans la baie de Lubeck. Nous sommes 80 dans chaque wagon. Seuls les malades peuvent monter dans les wagons, les autres doivent marcher. Je ne sais pas si c’est une opportunité, mais bon... A chaque arrêt on évacue les corps. Nous passons 8 jours sans boire ni manger. Bientôt, il ne reste plus que moi et mon ami. Malheureusement, à cause des conditions d’hygiène horribles , j’attrape le typhus. Je sens les forces me manquer et je meurs le 14 avril 1945 quelques semaines avant la fin de la guerre.

J’arrive le 18 juillet 1944 au camp de Neuengamme. Je suis immédiatement tatoué. On m’attribue le matricule 36 567. Ce numéro est tatoué sur mon avant-bras. Je n’ai plus de nom, je ne suis plus qu’un numéro. Je suis transféré au kommando Bremen Farge. C’est un camp satellite dans lequel je fabrique des sous-marins pour l armée allemande. Je travaille toujours dehors même en hiver lorsqu’il fait froid. Je travaille plus de 12 heures par jour. Dans le camp il y a une sorte de « bunker » énorme, je dois descendre dedans pour dormir. Nous sommes entassés, il fait froid, humide, il y a de la vermine et des rongeurs. Les kappos nous frappent si nous ne faisons pas ce qu’ils veulent. Les conditions sont tout simplement horribles. La durée de vie dans ce camp est de 4 mois environ, je réussis à tenir presque 9 mois.

Puis je transite par le camp de Compiègnes. Un convoi d’environ 1500 hommes est envoyé en direction de l’Allemagne. Nous sommes entassés dans des wagons à bestiaux. Le voyage dure 2 jours et demi. 17 détenus s’évadent durant le trajet. Nous ne sommes ravitaillés en nourriture et en eau qu’une seule fois, à Coblence. Nous arrivons au camp de Neuengamme le mardi 18 juillet 1944.

Je suis le maître d’internat de l’ENH (Ecole Nationale D’Horlogerie) à Cluses. Je m’y rends tous les jours à vélo. Mon travail consiste à surveiller les internes. Je m’arrête tous les jours à Magland pour dire bonjour à ma cousine. Pendant la seconde guerre mondiale, l’ENH est un QG de la Gestapo. Avec mon collègue Auguste RIONDET, le cuisinier, nous récoltons des informations concernant les nazis pour aider la résistance. Je suis d’ailleurs membre de l’Armée Secrète. Je rentre à la maison tous les matins en vélo après mon travail.

Je suis le maître d’internat de l’ENH (Ecole Nationale D’Horlogerie) à Cluses. Je m’y rends tous les jours à vélo. Mon travail consiste à surveiller les internes. Je m’arrête tous les jours à Magland pour dire bonjour à ma cousine. Pendant la seconde guerre mondiale, l’ENH est un QG de la Gestapo. Avec mon collègue Auguste RIONDET, le cuisinier, nous récoltons des informations concernant les nazis pour aider la résistance. Je suis d’ailleurs membre de l’Armée Secrète. Je rentre à la maison tous les matins en vélo après mon travail.